jeudi 29 septembre 2016

LES HUIT SALOPARDS


LES HUIT SALOPARDS

Quelques années après la fin de la guerre de Sécession, le chasseur de primes John Ruth fait route vers la ville de Red Rock où il doit livrer à la justice sa prisonnière, Daisy Domergue. Ils rencontrent sur la route le major Marquis Warren, un ancien soldat de l'Union devenu lui aussi chasseur de primes et Chris Mannix, qui se présente comme étant le nouveau shérif de Red Rock. Alors qu'ils sont surpris par le blizzard, ils trouvent refuge dans un relais de diligence où se trouvent déjà quatre autres personnes : Bob, qui s'occupe du relais en l'absence de la propriétaire, Oswaldo Mobray, le bourreau de Red Rock, le conducteur de troupeaux Joe Gage et le général confédéré Sanford Smithers. Coincés par la tempête, les huit voyageurs vont s'engager dans une série de tromperies et de trahisons.


Les Huit Salopards
Réalisation : Quentin Tarantino
Scénario : Quentin Tarantino
Musique : Ennio Morricone
Production : The Weinstein Company
Genre : Western
Titre en vo : The Hateful Eight
Pays d'origine : États-Unis
Langue d'origine : anglais
Date de sortie : 31 décembre 2015
Durée : 167 mn

Casting :
Samuel L. Jackson : le major Marquis Warren « le Chasseur de primes »
Kurt Russell : John Ruth « le Bourreau »
Jennifer Jason Leigh : Daisy Domergue « la Prisonnière »
Walton Goggins : Chris Mannix « le Shérif »
Demián Bichir : Bob « le Mexicain » / Marco le Mexicain
Tim Roth : Oswaldo Mobray « le Court-sur-pattes » / Hicox l’Anglais
Michael Madsen : Joe Gage « le Cowboy » / Douglas la Grogne
Bruce Dern : le général Sanford Smithers « le Confédéré »
Channing Tatum : Jody Domergue
James Parks : O. B. Jackson, le cocher
Zoë Bell : Six-Horse Judy
Dana Gourrier : Minnie Mink
Gene Jones : Dave « La bonne pâte »
Lee Horsley : Ed
Craig Stark : Chester Charles Smithers
Belinda Owino : Gemma
Bruce Del Castillo : Homer Van Hootin
Keith Jefferson : Charly
Quentin Tarantino : le narrateur

Mon avis : Dernier long métrage en date du fantasque Quentin Tarantino, Les Huit Salopards est, à l’image des derniers films du réalisateur comme Inglorious Basterds et Django Unchained, une œuvre qui divise a la fois les critiques comme le public. Il faut dire que pour beaucoup, Tarantino, depuis quelques années, ne fait que se recycler, se contentant du stricte minimum et ce, sans prises de risques ; d’autres, eux, se lamentent encore et toujours de ces longs dialogues a n’en plus finir, de cette violence exacerbée, oubliant au passage que c’est un peu le cas depuis le début de la carrière du réalisateur. Après, il y a un fait que l’on ne peut contester, Tarantino, ce n’est plus un petit nouveau non plus et cela fait longtemps que l’effet de surprise des débuts n’est plu, ce qui ne l’empêche nullement de continuer, bon gré mal gré, a nous pondre de bons, que dis-je, de très bons films car oui, incontestablement, ces Huit Salopards en est un ! Car en restant dans le genre western qui lui avait si bien réussi avec Django Unchained, Quentin Tarantino nous livre, aider en cela par un casting cinq étoiles composé pour la plupart d’anciens compagnons de route – Samuel L. Jackson, Kurt Russell, Tim Roth, Michael Madsen – un formidable huit-clos captivant de bout en bout et qui, bien évidement et comme souvent avec le réalisateur, se conclura par un bain de sang. Bien entendu, les dialogues, souvent savoureux, sont au cœur de l’intrigue et les personnages, pour la plupart antagonistes et contraints de se supporter dans ce relais au beau milieu de nulle part, passeront une bonne partie de leur temps a s’invectiver, s’insulter et se menacer, et ce, pour notre plus grand plaisir. Mais les dialogues, c’est une chose, l’intrigue et ses nombreux rebondissements, c’en est une autre et justement, si pendant une très grande partie du film, on a un peu l’impression que celle-ci n’avance guère et qu’il ne se passe pas grand-chose, une fois qu’arrive une certaine scène (aucun spoiler, je vous laisse le plaisir de la découverte) et que, au sens propre comme au figuré, tout part en couilles et que l’on comprend enfin qui est qui et pourquoi chaque protagoniste agissait de la sorte, alors là, c’est un pur régal jusqu’à cette fameuse conclusion terrible mais, finalement, tellement logique… Alors bien sur, il faut tout de même relativiser les choses car si Les Huit Salopards est incontestablement un bon film, ce n’est pas un grand film ni même un grand Tarantino, le réalisateur ayant fait bien mieux auparavant ; cela étant dut au fait que même si l’on passe incontestablement un bon moment, tout cela ne laisse pas non plus un souvenir impérissable comme ce put être le cas, par exemple, en son temps avec Kill Bill… Mais bon, parfois, il faut savoir prendre les choses pour ce qu’elles sont avant tout, c’est-à-dire, comme un bon divertissement, et sur ce point, il est incontestable que Les Huit Salopards en est un, et franchement, c’est le principal !


Points Positifs :
- Un formidable huit-clos où le spectateur passe son temps à se demander qui est qui et qui trahira qui, et ce, a quel moment ? Un scénario maitrisé de bout en bout et terriblement efficace puisque l’on finit par être surpris lorsque vient le temps des révélations.
- C’est un Tarantino donc, forcément, on a droit a de nombreux dialogues oh combien savoureux et travaillés, tout un tas de références cinématographiques – y compris a d’autres films du réalisateur – une violence excessive a l’excès, une bonne dose d’humour et, bien entendu, un scénario diabolique et oh combien captivant.
- Constitué, pour la plupart, de fidèles de Tarantino – Samuel L. Jackson, Kurt Russell, Tim Roth, Michael Madsen – nous avons droit a un casting cinq étoiles qui est pour beaucoup pour la réussite de ce film.
- Saluons la performance de Jennifer Jason Leigh tout simplement excellente dans son rôle de Daisy Domergue, la fameuse prisonnière complètement cintrée.
- Une bande originale du grand Ennio Morricone, cela ne se refuse pas !

Points Négatifs :
- Malheureusement, tous les protagonistes ne sont pas logés a la même enseigne et on regrettera qu’un film intitulé Les Huit Salopards n’en mette vraiment que la moitié en avant.
- Quelques fautes de raccords pour le moins regrettables comme Daisy Domergue qui a la bouche en sang et qui, deux secondes plus tard, a le visage entièrement propre.
- Oui, on sait que la violence fait partie du cinéma de Quentin Tarantino, mais il y a des moments où ce coté excessif tombe un peu dans le grand guignolesque comme dans la scène où deux des protagonistes, empoisonnés, ne cessent de cracher des litres de sang.
- Les Huit Salopards est un bon film et l’on passe indéniablement un bon moment en le regardant, cependant, si on doit le comparer a d’autres œuvres de Tarantino, il manque un petit je ne sais quoi qui fait qu’on ne peut pas vraiment le considérer comme un incontournable absolu.

Ma note : 8/10

mercredi 28 septembre 2016

LE TEMPLE DE LA TERREUR


LE TEMPLE DE LA TERREUR

Le sinistre Malbordus est arrivé au faîte de sa puissance. Mais, pour rassembler l'armée qui lui permettra de réduire votre pays en esclavage, il lui faut accomplir une dernière épreuve : retrouver les cinq statuettes de dragon qui sont cachées depuis des siècles dans la cité perdue de Vatos située, d'après la légende, dans le Désert des Crânes. Chaque jour qui passe le rapproche un peu plus du but qui lui a été fixé, et VOUS seul pouvez l'arrêter. Votre mission consiste à atteindre Vatos avant Malbordus, et à détruire les statuettes qu'il recherche. Mais prenez garde ! Chacun de vos pas peut vous mener à votre perte... Deux dés, un crayon et une gomme sont les seuls accessoires dont vous aurez besoin pour vivre cette aventure. VOUS seul déciderez de la route à suivre, des risques à courir et des créatures à combattre. Bonne chance…


Le Temple de la Terreur
Série : Défis Fantastiques n°14
Auteur : Ian Livingstone
Illustration de la couverture : Christos Achilleos
Illustrations intérieures : Bill Houston
Titre original : Temple of Terror
Traduction : Denise May
Année de l’édition Anglaise : 1985
Sortie de l'édition Française : octobre 1985
Edition Française : Editions Gallimard (Folio Junior)
Nombre de paragraphes : 400

Mon avis : Fichtre, cela faisait belle lurette que je ne vous parlais pas de Livres dont vous êtes le héros sur ce blog puisque la dernière fois remonte a plus d’un an, juillet 2015 pour être précis, avec l’original Combattant de l’autoroute, œuvre du sieur Ian Livingstone, l’un des co-fondateurs de la série des Défis Fantastiques. Et donc, après cette fort longue absence, revoilà les livres-jeux de retour avec un autre titre de Livingstone, Le Temple de la Terreur. Un LDVELH plutôt particulier a mes yeux puisque, curieusement, il faisait parti des rares titres auxquels je n’avais jamais joué lors de l’age d’or du genre – surtout qu’en plus, celui-ci faisait parti des tous premiers, ce qui est encore plus notable. Bref, ce fut avec un certain enthousiasme que je me suis lancé dans l’aventure, tout en gardant, malgré tout, une certaine méfiance puisqu’il faut dire que lorsque l’on aborde une œuvre d’Ian Livingstone, on est toujours en droit de se méfier, l’auteur étant réputé pour ses one-true-path infernaux, choix narratif qui nuit souvent, et a juste titre, au plaisir du jeu. Et malheureusement, malgré tout un tas de bonnes idées, Le Temple de la Terreur est un exemple parfait de ce que peut être un mauvais Livingstone. Ainsi, si l’on prendra un certain plaisir à retrouver des figures connues comme Yaztromo, les nains de Pont-de-Pierre, Port de Sable Noir – la fameuse Cité des Voleurs – et d’autres références aux Défis Fantastiques précédents, s’il y a un coté dépaysant avec cette traversée du désert plutôt bien trouvée, force est de constater que, une fois arrivés dans le fameux Temple de la Terreur, la cité perdue de Vatos, eh ben, on retrouve tous les travers du genre : ainsi, l’aventure se limite malheureusement a une succession de rencontre dans des salles, des couloirs et ce, comme d’habitude, sans qu’il y ait la moindre possibilité de retour en arrière. Ajoutons a cela le fait que, comme je l’ai dit, il s’agit d’un one-true-path et que donc, si par malheur, vous ne choisissez pas le bon chemin, vous perdrez, quoi qu’il arrive – ce qui, accessoirement, est un peu ridicule puisque Malbordus cherche lui aussi les statuettes de dragons et que s’il ne les a pas tous, eh ben, il ne peut pas réussir ses plans – et vous comprendrez ma franche déception vis-à-vis de ce titre. Reste quelques bonnes idées comme l’utilisation de la magie ou cette malédiction que l’on subit assez rapidement, mais bon, tout cela ne suffit pas a sauver Le Temple de la Terreur qui apparait au final comme étant un titre trop moyen pour véritablement marquer les esprits…


Points Positifs :
- Le début de l’aventure est plutôt sympa et nous permet de refaire un tour du coté de la forêt des Ténèbres – voir La Forêt de la Malédiction dont ce titre est la suite – ou du Port de Sable Noir avant de s’engager dans la traversée d’un désert, ce qui est une petite nouveauté du coté des LDVELH.
- Les nombreuses références a d’autres Défis Fantastiques, ce qui apporte une touche de cohérence a l’univers crée par Steve Jackson et Ian Livingstone.
- L’idée de la malédiction que l’on subit rapidement une fois entrée dans la cité perdue est plutôt pas mal ; cela apporte un danger supplémentaire non négligeable.
- Livingstone s’essaye a la magie, de façon limitée, certes, mais cela apporte un petit plus a l’aventure – et se révèle indispensable suivant vos choix.
- L’originalité de certaines créatures – le ver des sables, l’œil porc-épic, messager de la mort, etc.
- La superbe couverture illustrée par Christos Achilleos.

Points Négatifs :
- Malheureusement, Le Temple de la Terreur, Livingstone oblige, est un one-true-path, bref, si a un moment ou un autre, vous avez le malheur de prendre le mauvais embranchement, eh ben, c’en est finit de vos chances de réussite… Ce choix narratif, oh combien contestable, peu fonctionner parfois – voir Le Labyrinthe de la Mort du même auteur – mais la plupart du temps, cela entraine plus de frustrations qu’autre chose.
- Porte, monstre, trésor, couloir, porte, monstre, piège, couloir, tournez a droite, tournez a gauche… et surtout, ne faites jamais demi-tour ! Mouais, on retrouve tous les défauts du genre dans ce titre…
- Malbordus cherche les cinq statuettes de dragon afin de parvenir a ses fins, or, même s’il n’en a qu’une seule, on perd !? Allez donc comprendre pourquoi ?!
- Encore un méchant sorcier qui veut conquérir le monde ; originalité, quant tu nous tiens…
- Euh, il advient quoi de la maitresse des lieux à la fin de l’aventure ?!

Ma note : 6/10

CRISIS ON INFINITE EARTHS


CRISIS ON INFINITE EARTHS

Sur Terre-3, le Syndicat du Crime aussi bien qu'Alexander Luthor doivent faire face à une menace sans précédent : un mur blanc d'antimatière s'approche à grande vitesse de leur monde et rien ne semble pouvoir l'arrêter. Tous sont impuissants, y compris un homme étrange qui semble être apparu peu avant l'arrivée de la vague et qui disparaît juste avant la destruction de cette Terre. Il y a bien un survivant : Alex Luthor, le fils d'Alexander, propulsé par-delà la vague d'antimatière grâce au génie de son père. Pendant ce temps, dans un étrange vaisseau spatial, un être apparemment surpuissant et déterminé à sauver le multivers charge une jeune femme se nommant Harbinger de partir à la recherche de héros forts afin de les réunir et de combattre la menace venue d'un autre monde. Les héros réunis, l'être se dévoile : il s'agit du Monitor, un être venu de la nuit des temps. Il prévient les héros de la destruction prochaine de notre monde par une vague d'antimatière générée par sa Némésis, l'Anti-Monitor. Hélas, il est peut-être déjà trop tard car Paria, l'homme qui était apparu sur Terre-3, arrive sur Terre-1 et pour son plus grand désespoir, il sait que son apparition sonne le glas pour notre monde.


Crisis on Infinite Earths
Scénario : Marv Wolfman
Dessins : George Perez, Paul Ryan
Encrage : Bob Macleod, Tom Mccraw
Couleurs : Carl Gafford, Karl Kesel, Anthony Tollin, Tom Ziuko, Jerry Ordway
Couverture : Alex Ross
Genre : Super-Héros
Editeur : DC
Titre en vo : Crisis on Infinite Earths
Pays d’origine : Etats-Unis
Parution : avril 1985 – mars 1986
Langue d’origine : anglais
Editeur français : Urban Comics
Date de parution : 08 juillet 2016
Nombre de pages : 544

Liste des épisodes
Crisis on Infinite Earths 1-12
Crisis on Infinite Earths – The Untold Story

Mon avis : Plus de trente ans après sa sortie, j’ai enfin eu l’occasion de lire ce véritable monument du genre comics qu’est Crisis on Infinite Earths, un truc monumental considéré par beaucoup comme le plus grand event de tous les temps, rien que ça ! Il faut dire que le projet en lui-même, a la base, était on ne peut plus ambitieux puisque les pontes de DC, vers le milieu des années 80, soucieux de rendre cohérant leur univers – où, pour rappel, existaient moult versions de certains personnages, tout un tas de Terre parallèles et autres joyeusetés qui ne faisaient que compliquer les choses – décidèrent de, sous couvert d’un énorme event cataclysmique, remettre tout a plat pour que l’on arrive a la fin a une seule Terre, un seul Univers, un seul Superman, etc. La tache fut alors confier au duo Wolfman et Perez, le premier, scénariste de talent qui rêvait depuis des lustres d’inventer une histoire où tous les personnages de l’univers DC apparaitraient, le second, excellent dessinateur au style précis et reconnaissable entre mille et qui fut pour beaucoup pour la réussite du projet. Car bien entendu, le résultat, lui, est connu de tous et oui, en son temps, Crisis on Infinite Earths fut bel et bien le raz de marée attendu, et ce, sans discussions possible – il suffit de le comparer au très médiocre Secret Wars de Marvel paru sensiblement a la même époque et dont le scénario tenait sur un timbre poste pour s’en rendre compte ! Après, bien entendu, il faut tout de même reconnaitre que tout cela est bigrement compliquer a suivre par moments et que oui, a moins d’être un expert absolu de l’univers DC, il vous sera impossible de reconnaitre tous les protagonistes qui apparaissent au fil des pages – et ils sont nombreux vu que Marv Wolfman tenait absolument a que ce soit le cas – de plus, une fois passer, sensiblement, la moitié de l’event et les deux premiers affrontements contre l’Anti-Monitor, il y a comme un certain essoufflement et l’on ne peut s’empêcher de se dire que, quelque part, Crisis aurait peut-être gagner a être un poil plus court – que de temps perdu avec la révolte des vilains de DC… Mais bon, en dehors de cela, comment ne pas reconnaitre le coté grandiloquent de la chose, comment ne pas louer la cohérence scénaristique de l’ensemble ? Des héros meurent, des mondes disparaissent, il y a tout un tas de scènes cultes et un méchant, enfin, a la hauteur et qui représente une menace mortelle – ce qui, mine de rien, n’est pas toujours le cas – et ce, avant qu’a la fin, il n’y ait plus de Multivers et que, en quelque sorte, DC puisse repartir de bonnes bases bien plus saines et, surtout, moins complexes pour le néophyte… Alors certes, il faut lire ce Crisis on Infinite Earths en le remettant dans son contexte et se souvenir que cet event est paru en 1985, que les comics de l’époque étaient fort éloignés de ce qu’ils sont devenus, que oui, il y a énormément de dialogues, de bulles de pensées et que oui, mille fois oui, tout ce petit monde use et abuse d’un langage soutenu qui fera sourire les plus jeunes d’entre nous – et je ne parle pas de certains héros et vilains aux noms ou aux looks complètement ringards de nos jours, surtout que DC a toujours eu le don de nous en pondre des tas ! Tout cela fera que nombreux seront ceux qui n’accrocheront pas a Crisis on Infinite Earths, mais bon, je pense que chaque œuvre appartient a son époque et il ne faut pas oublier que ce qui nous parait excellent et moderne de nos jours apparaitra comme complètement dépassé et ringard dans dix ou vingt ans ; de plus, en toute franchise, pour une œuvre de 1985, je trouve que Crisis n’a pas si mal vieillit que cela, mais bon, ce n’est que mon avis… Quoi qu’il en soit, ne serais-ce que pour son importance dans l’univers de DC et des comics en général mais aussi par le simple fait que oui, il s’agit bel et bien du plus grand event de tous les temps – le Secret Wars moderne de Marvel ne lui arrive pas a la cheville – si vous êtes un amoureux de bande dessinée nord-américaine, alors, vous ne pouvez pas passer a coté de Crisis on Infinite Earths : il se peut que vous ne l’appréciez pas pour tout un tas de raisons, mais bon, certaines œuvres se doivent d’être lues, le reste, ce n’est qu’une affaire de gouts personnels…


Points Positifs :
- Grandiloquent, audacieux, terriblement inventif, spectaculaire, bourré de bonnes idées, de divers retournements de situations et de tout un tas de scènes cultes, Crisis on Infinite Earths, même s’il n’est pas parfait, est l’exemple même de ce que devrait être un event : un véritable événement qui fera parler de lui des décennies plus tard et pas les pétards mouillés que l’on se coltine depuis trop longtemps a mon gout…
- Scénaristiquement, Marv Wolfman nous livre quelque chose d’énorme où tout, ou presque, est savamment bien pensé et mis en scène.
- Les dessins de George Perez, bien sur. Je ne suis pourtant pas son plus grand fan, mais là, sincèrement, chapeau bas a ce dernier qui dessine l’intégralité des douze épisodes (dont certains sont doubles) avec un souci du détail que l’on ne peut qu’admirer.
- Tous les personnages de l’univers DC sont au rendez vous : certes, souvent, c’est un peu fouillis et la plupart seront de parfaits inconnus a vos yeux – a moins d’être un grand spécialiste de DC – mais bon, ce coté grandiloquent et exagéré n’est pas désagréable, bien au contraire.
- Jamais les héros de DC n’auront eu à faire a une telle menace et oui, l’Anti-Monitor est probablement l’un des vilains les plus puissants qu’il m’a été donné de découvrir dans un comics.
- Supergirl qui meurt en combattant l’Anti-Monitor, Flash qui passe l’arme à gauche lui aussi, pour ne citer que les deux victimes les plus importantes, car ce ne sont pas les seuls… Oui, il y a de la casse dans cet event, et ce, a une époque où les héros ne ressuscitaient pas tout les quatre matins.
- Monitor, Paria, Harbinger, Alex Luthor : ces nouveaux personnages jouent un rôle majeur dans l’intrigue et marquent plutôt les esprits.
- Le premier Superman bien sur, Kal-L : un des protagonistes majeurs de la saga et qui possède une classe incroyable ; accessoirement, il connait une belle fin…
- Accessoirement, le pari de DC de rendre cohérant son univers fut réussi.

Points Négatifs :
- Malheureusement, a moins d’être un expert absolu de l’univers DC, vous passerez a coté de tout un tas de références et la plupart des personnages seront pour vous (comme pour moi) de parfaits inconnus. Le prix a payer pour que tout le monde ait droit a son petit quart d’heure de gloire, certes, mais bon, du coup, ce n’est pas toujours facile a suivre… même si loue la volonté de Marv Wolfman d’avoir fait ce choix.
- Un certain essoufflement scénaristique une fois passé la moitié de l’event : il faut dire que l’on se serait bien passer de la trahison des vilains qui essaient de prendre le contrôle des planètes restantes alors que la menace de la fin du monde est toujours présente… Heureusement que la fin remonte le niveau.
- Il faut reconnaitre que malgré toutes ses qualités, Crisis on Infinite Earths accuse tout de même son age et que oui, bien des lecteurs modernes auront bien du mal avec cet event d’une autre époque : narration omniprésente, gentils très gentils et méchants très méchants, bulles de pensées, dialogues souvent soutenus… oui, une toute autre époque…

Ma note : 9/10

lundi 26 septembre 2016

COMPUTER WORLD


COMPUTER WORLD

Kraftwerk

1 - Computer World (Ralf Hütter, Florian Schneider, Emil Schult, Karl Bartos) 5:05
2 - Pocket Calculator (Ralf Hütter, Emil Schult, Karl Bartos) 4:55
3 - Numbers (Ralf Hütter, Florian Schneider, Karl Bartos) 3:19
4 - Computer World 2 (Ralf Hütter, Florian Schneider, Karl Bartos) 3:21
5 - Computer Love (Ralf Hütter, Emil Schult, Karl Bartos) 7:15
6 - Home Computer (Ralf Hütter, Florian Schneider, Karl Bartos) 6:17
7 - It's More Fun to Compute (Ralf Hütter, Florian Schneider, Karl Bartos) 4:13


Computer World
Musicien : Kraftwerk
Parution : 11 mai 1981
Enregistré : 1979 – 1981
Durée : 34:21
Genre : Electronique, Pop
Producteur : Ralf Hütter, Florian Schneider
Label : Kling Klang

Musiciens :
Ralf Hütter : effets eléctroniques, synthétiseurs, mixage, orchestration, claviers, chant
Florian Schneider : effets eléctroniques, mixage, synthétiseurs
Karl Bartos : percussion électronique
Emil Schult : percussion électronique

Mon avis : Trois ans après leur chef d’œuvre absolu que fut The Man-Machine, les allemands de Kraftwerk refirent parler d’eux avec ce Computer World, album moins marquant que son prédécesseur, certes, mais qui n’en reste pas moins d’excellente facture, au point même qu’on peut le qualifier sans problème, la aussi, de pure merveille de la musique électronique voir tout court en général. Car oui, malgré cette jaquette pour le moins particulière avec les visages des quatre membres du groupe matérialisés dans l’écran d’un ordinateur du début des années 80 – mine de rien, qu’est ce qu’ils étaient moches a l’époque – d’entrée de jeu, dès le premier titre, l’amateur du groupe sait qu’il aura a faire a un grand album de Kraftwerk avec ce Computer World, la chanson pas l’album, premier grand moment de cet opus. Ainsi, on retrouve ce coté électro-pop toujours aussi plaisant, cette voix de Ralf Hütter dématérialisée et qui sonne moins robotique que dans The Man-Machine (mais de peu), ces bruitages particuliers, ces effets sonores travaillés et, bien entendu, cette ligne mélodique toujours aussi imparable ; oui, et certains l’oublient bien trop rapidement, si Kraftwerk fut le groupe le plus samplé et copié de l’histoire de la musique, ce ne fut pas tout à fait par hasard… Pocket Calculator suit, dans la même veine que Computer World, tout aussi bon, puis arrive un autre gros morceau de cet opus, Numbers, titre que l’on peut qualifier sans problème d’ancêtre de la Techno, genre qui connaitra un succès monstrueux… une décennie plus tard ! Quand je vous disais que Kraftwerk furent les précurseurs de bien des choses… Mais ce n’était pas finit, fort heureusement, car dans cet album où ordinateurs et calculatrices ont prit la place de l’Homme, il restait une dernière merveille, un certain Computer Love, véritable réussite pop a la mélodie imparable et qui, accessoirement, inspira bien d’autres groupes par la suite – qui a dit Coldplay ? Bref, vous l’avez compris, sans atteindre l’excellence absolue de The Man-Machine, avec Computer World, Kraftwerk, groupe inventif, génial et terriblement doué, entrait de plein pied dans une nouvelle décennie, donnant le ton de ce que sera la musique populaire des deux décennies suivantes. La suite, malheureusement, ne fut plus jamais aussi bonne pour nos amis d’outre-Rhin, malgré quelques belles réalisations de temps en temps, mais bon, pour sa place dans l’histoire de la musique, pour son innovation permanente, pour son indéniable talent, si vous aimez la musique, alors, vous ne pouvez pas passer a coté de Kraftwerk, groupe précurseur s’il en est et qui inspira bien des vocations… et, bien entendu, parmi leurs meilleurs albums, ce Computer World trône indéniablement en fort bonne place !


Points Positifs :
- Le dernier grand album de Kraftwerk, certes, mais quel album ! Cohérant, précurseur musicalement parlant, mélodies imparables et expérimentations innovantes sont la marque de fabrique de cet opus qui mérite plus que le détour !
- Computer World, Pocket Calculator, Numbers et Computer Love sont les titres les plus marquants de cet album, de véritables petites merveilles comme ce groupe savait nous en offrir.
- Computer Love pour son coté pop, Numbers pour être l’ancêtre de la Techno.
- Ce coté détaché et dématérialisé du chant de Ralf Hütter.

Points Négatifs :
- Il n’est jamais facile pour un groupe de faire aussi bien après un chef d’œuvre, du coup, Computer World souffre un peu de la comparaison avec l’exceptionnel The Man-Machine, ce qui est injuste, bien entendu, mais terriblement humain.
- Une fois passé Computer Love, je ne dit pas que la suite est mauvaise mais bon, il y a comme un très léger essoufflement avec deux titres moins marquants que les autres.
- Pas vraiment fan de la jaquette : on a déjà connu le groupe plus inspirer… même s’il faut reconnaitre que celles des albums suivants seront vraiment moches, ce qui n’est pas le cas ici.

Ma note : 8,5/10

HOUSE OF CARDS – SAISON 2


HOUSE OF CARDS – SAISON 2

Frank Underwood, nouvellement sélectionné par Tusk en tant que vice-président, apprend par Doug Stamper que des journalistes ont ouvert une enquête au sujet de la récente mort du membre du Congrès Peter Russo. Alors que Zoe Barnes lui fait connaître les soupçons que les trois journalistes font peser sur lui, Frank Underwood se résout à la tuer en la poussant sous une rame de métro, afin d'éliminer tout lien avec l'assassinat. La nouvelle ayant été relayée par les médias et après avoir reçu anonymement des photos de nu de Zoe Barnes, Janine Skorsky, la deuxième journaliste mêlée à l'enquête, est effrayée au point de l'abandonner en quittant son emploi chez Slugline et en déménageant. Lucas Goodwin, dernier journaliste impliqué, qui était aussi le petit ami de Zoe Barnes, tient malgré tout à poursuivre l'enquête seul, motivé par la vengeance et l'évidence qui lie les indices au meurtre.


House of Cards – Saison 2
Réalisation : David Fincher, James Foley, Joel Schumacher
Scénario : Beau Willimon, Keith Huff, Rick Cleveland, Sarah Treem, Sam Forman
Musique : Jeff Beal
Production : Media Rights Capital, Trigger Street Productions, Wade/Thomas Productions
Genre : Politique, Thriller
Titre en vo : House of Cards – Season 2
Pays d’origine : États-Unis
Chaîne d’origine : Netflix
Diffusion d’origine : 14 février 2014 – 14 février 2014
Langue d'origine : anglais
Nombre d’épisodes : 13 x 55 minutes

Casting :
Kevin Spacey : Frank Underwood
Robin Wright : Claire Underwood
Michael Kelly : Doug Stamper
Michel Gill : Garrett Walker
Mahershala Ali : Remy Danton
Molly Parker : Jacqueline Sharp
Gerald McRaney : Raymond Tusk
Nathan Darrow : Edward Meechum
Rachel Brosnahan : Rachel Posner
Derek Cecil : Seth Grayson
Sakina Jaffrey : Linda Vasquez
Sebastian Arcelus : Lucas Goodwin
Jimmi Simpson : Gavin Orsay
Kristen Connolly : Christina Gallagher
Jayne Atkinson : Catherine Durant
Mozhan Marnò : Ayla Sayyad
Elizabeth Marvel : Heather Dunbar
Constance Zimmer : Janine Skorsky
Kate Mara : Zoe Barnes

Mon avis : Si j’avais apprécié la première saison de House of Cards, série américaine qui nous entrainait au sein des luttes de pouvoir a Washington, et ce, en suivant les Underwood, couple diabolique s’il en est – les très bons Kevin Spacey et Robin Wright – force est de constater que, dès l’entame de cette seconde saison, les choses m’apparaissaient nettement moins enthousiasmantes. Certes, Frank Underwood était parvenu à obtenir le poste de Vice-président et, d’entrée de jeu, nous le retrouvions plus puissant que jamais, quelque part, très proche de la fonction que, on le devinait aisément, il visait depuis longtemps, cependant, là où on était en droit d’attendre un départ en fanfare sur la lignée de la saison précédente, curieusement, l’intrigue tardait a décollée véritablement. Il faut dire que, sans parler de véritable déception – car il restait le jeu de ces acteurs vraiment excellents – les premiers épisodes de cette seconde saison de House of Cards n’étaient guère emballants, peut-être la faute a une intrigue qui partait dans tous les sens, l’apparition de nouvelles têtes ou la montée en puissance d’autres qui complexifiaient le tout, sans oublier, tout de même, une scène franchement exagérée et qui nuisait, selon moi, a la crédibilité de la série, je veux bien évidement parler de l’assassinat de Zoe Barnes par Frank Underwood en personne – déjà, Peter Russo, c’était limite, mais là, en plein jour, dans une station de métro, avec des témoins et des caméras partout, vous imaginez un type aussi puissant et connu que le sieur Underwood se salir les mains de la sorte ? Fort heureusement, sensiblement vers la moitié de la saison, les choses ont, enfin, commencer à décoller… certes, il aura fallut trop de temps et on ne pourra que regretter, au final, toutes ces tergiversations du début, mais une fois tout un tas d’éléments mis en place, une fois les enjeux de chacun dévoilés et, ne le cachons pas, la guerre déclarée entre le couple Underwood et Raymond Tusk, ce qui entrainera coups bats et trahisons jusqu’à la fin, avec, au centre de celle-ci, ce pauvre et complètement dépassé Président Walker, eh ben, reconnaissons que tout cela devient franchement jouissif pour ne pas dire captivant vers la fin surtout que, comme on l’avait deviner depuis longtemps, Frank Underwood, malgré bien des embuches, parviendra a ses fins, c’est-à-dire, au Bureau Ovale, tout le plaisir, étant, bien évidement, de découvrir comment ?! Cependant, malgré ce sursaut final, cette seconde saison de House of Cards, si elle reste de qualité, apparait plus bancale du fait de ces fichus premiers épisodes loin d’être a la hauteur de ce que la série nous avait habitué jusque là et après ; dommage car, dans l’ensemble, tout cela reste plutôt bon et je suis curieux de découvrir comment tout cela va tourner avec le couple Underwood a la Maison Blanche ?


Points Positifs :
- Une fois de plus, le plaisir de suivre le diabolique et pourtant si charismatique couple Underwood : capables de tout, y compris le pire, sans les moindres scrupules, il faut reconnaitre que c’est un véritable régal de voir comment ils parviennent a leurs fins, malgré bien des embûches. Et puis, il faut dire que les deux acteurs qui les interprètes, Kevin Spacey et Robin Wright, sont tout bonnement excellents !
- A partir de la moitié de la saison, et jusqu’à la fin, c’est une montée en puissance scénaristique qui s’achève en apothéose avec l’accès a la présidence du sieur Underwood – chose que l’on devinait depuis longtemps, tout l’intérêt étant, finalement, de savoir comment il allait y parvenir.
- Lutte de pouvoir au sein de la Maison Blanche, du Congrès, lutte commerciale avec la Chine, tractations secrètes, pouvoir des industriels qui peuvent faire et défaire un gouvernement, etc. Oui, House of Cards reste une fiction mais, quelque part, bien des choses ne sont que le reflet de la réalité…
- Peter Russo avait été la victime des Underwood dans la première saison, ici, c’est tout bonnement le Président en personne ; franchement, le voir complètement manipuler et finir par tomber est triste mais cela est tellement bien amener que l’on ne peut que saluer bien bas le sieur Underwood.
- Mise en scène, dialogues, jeu des acteurs, on retrouve tous les éléments qui ont fait le succès de la première saison.

Points Négatifs :
- Une première moitié de saison loin d’être a la hauteur de ce que cette série nous avait habitué jusque là – et ensuite – et qui s’attarde trop sur des points de détails parfois obscurs et qui dénote par un manque de rythme plutôt dérangeant par moments – au point que l’on puisse parler d’un certain ennui…
- Le meurtre de Zoe Barnes par Frank Underwood en personne, et ce, dans un lieu public, n’est pas crédible pour un sou.
- Un coté un peu « too much » par moments.
- Il est possible de se perdre au beau milieu de tous ces voltes-faces, retournements de situations et trahisons qui parsèment cette saison.

Ma note : 7,5/10
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