jeudi 14 décembre 2017

LA LIGUE DES GENTLEMEN EXTRAORDINAIRES – NEMO – FLEUVE DE FANTÔMES


LA LIGUE DES GENTLEMEN EXTRAORDINAIRES – NEMO – FLEUVE DE FANTÔMES

En 1975, sur Lincoln Island, nombreuses sont les personnes à conseiller à Janni Dakkar de passer à autre chose, en vain. Elle ne décolère toujours pas et traque méticuleusement chacune des apparitions de la Reine Ayesha, celle qui a tué son défunt époux. Elle n'écoute même pas sa fille et préfère prendre conseil auprès des esprits de ses amis passés qui restent à ses côtés. D'après certains journaux, son ennemie se trouverait dans le sud de l'océan Atlantique. Janni ordonne alors la préparation de son expédition vengeresse. Pour parvenir à ses fins, elle sollicite Hugo Coghlan, un colosse dont la force dépasse l'entendement. Une fois le Nautilus parti, des indices laissent penser que la Reine Ayesha a emprunté le fleuve Amazone. Alors que Janni ordonne de poursuivre leur traque, le colonel Mors l'avertit du danger qui les guette. Le fond du fleuve Amazone est si chaotique qu'il risquerait de couler le Nautilus...


La Ligue des Gentlemen Extraordinaires – Nemo – Fleuve de Fantômes
Scénario : Alan Moore
Dessins : Kevin O'Neill
Encrage : Kevin O'Neill
Couleurs : Ben Dimagmaliw
Couverture : Kevin O'Neill
Genre : Super-héros, Fantastique, Etrange
Editeur : DC Comics
Titre en vo : The League of Extraordinary Gentlemen – Nemo – River of Ghosts
Pays d’origine : Angleterre, Etats-Unis
Parution : 07 avril 2015
Langue d’origine : anglais
Editeur français : Panini Comics
Date de parution : 01 juillet 2015
Nombre de pages : 48

Liste des épisodes
The League of Extraordinary Gentlemen – Nemo – River of Ghosts

Mon avis : Troisième volet de la trilogie Nemo, ce Fleuve de Fantômes apparait, après coup, parfaitement représentatif de ce que fut cette suite de la cultissime Ligue des Gentlemen Extraordinaires, c’est-à-dire, une œuvre plutôt sympathique et plaisante mais loin d’être du même niveau que ses devancières comme Le Dossier Noir ou Century. Pourtant, si on ne peut s’empêcher de ressentir comme une toute légère pointe de déception a l’issu de la lecture de l’intégralité de cette trilogie, même s’il faut convenir qu’Alan Moore a déjà été bien plus inspiré auparavant, force est de constater que, dans l’ensemble, le niveau reste suffisamment bon pour faire de cet ultime volet de Nemo un album que tout fan de La Ligue se doit de lire, et ce, pour des raisons qui me semblent évidentes… Déjà, ne serais-ce que pour connaitre le fin de mot de l’histoire, découvrir ce qu’il adviendra de Janni Dakkar, nouveau Capitaine Nemo et vieillissante dans ce volume ; cela semble logique mais bon, il me semble bon de le rappeler. Ensuite, car Moore, même moins inspiré, cela reste du Moore et le bougre ne sait pas être mauvais, bien au contraire, surtout quand on ajoute a cela l’univers de La Ligue qui, ma foi, est d’une telle richesse qu’on ne s’y ennuie jamais tout a fait. Ensuite, et ce point n’est pas négligeable, parce que ce Fleuve de Fantômes est bon, plutôt bon même et que ce grand final pour Janni, a défaut d’être culte, n’en reste pas moins réussi. Bref, vous l’avez compris, La Trilogie Nemo est probablement la suite de La Ligue des Gentlemen Extraordinaires la moins réussie mais ce constat est surtout dut au fait que les reste des publications de cet univers est encore meilleur, ce qui, ma foi, relativise pas mal les choses, non !?


Points Positifs :
- Un final plutôt bon et qui conclut convenablement les aventures de la fille du Capitaine Nemo, la terrible Janni Dakkar, ici vieillissante mais qui n’a rien perdu de sa superbe !
- Après Lovecraft dans le premier volet, Metropolis et les nazis dans le second, voila que ces derniers reviennent faire un tour dans ce dernier tome de la série, et ce, dans une ambiance tropicale du plus bel effet qui rappellera, par ailleurs, quelques souvenirs a certains lecteurs plus attentifs.
- Une fois de plus, une multitude de références à tout un tas d’œuvres de la culture populaire du vingtième siècle pullulent dans cet album. Ainsi, entre les bimbos nazis en petites tenues et quelques clones d’Heinkel qui renvoient à ceux d’Hitler dans le film Ces garçons qui venaient du Brésil, l’amateur du genre sera en terrain familier.
- Pour ce qui est des dessins, c’est du Kevin O'Neill et si celui-ci possède un style particulier – que l’on aime ou on déteste – force est de constater que celui-ci est indissociable de l’univers de La Ligue.

Points Négatifs :
- C’est sympa, ça se lit bien mais il est clair que le format me semble trop court – moins de cinquante pages par volume – pour que le scénario soit suffisamment développé. Me demande bien ce qu’aurait donné la Trilogie Nemo avec quelques pages supplémentaires par albums ?
- Euh, je l’aime bien Kevin O'Neill mais tout de même, par moments, il y a de quoi être perplexe avec certaines planches ; ainsi, elle fait vachement jeune la fille de Janni lorsque débute l’histoire alors qu’elle est censée approcher de la cinquantaine…

Ma note : 7,5/10

mardi 12 décembre 2017

LA LIGUE DES GENTLEMEN EXTRAORDINAIRES – NEMO – LES ROSES DE BERLIN


LA LIGUE DES GENTLEMEN EXTRAORDINAIRES – NEMO – LES ROSES DE BERLIN

En 1941, Adolf Hitler se rend en Afrique avec ses plus proches collaborateurs afin de passer un accord d'importance avec un mystérieux partenaire... Janni Nemo, fille du célèbre Capitaine, est devenue la reine des pirates et s'attaque depuis quelques mois exclusivement aux navires allemands. Alors que son équipage dépouille un bateau, Janni apprend que son gendre, Robbur, et sa fille Hira ont été fait prisonniers à Berlin. Elle décide alors de se rendre au plus vite sur place avec le Nautiloïde. Accompagnée par Jack, son bras droit et mari, Janni s'inquiète pour sa fille. Ils arrivent à la tombée de la nuit mais sont attendus par des sortes de soldats endormis qui leur tirent dessus. Janni et Jack fuient et découvrent que Berlin n'a plus rien à voir avec la ville d'antan, la cité est ultra moderne, futuriste, même, sur bien des points. Un écran géant diffuse dessus le crash d'un zeppelin. Les deux pirates sont repérés au bout d'un moment et constatent très vite que parmi leurs ennemis se cachent des mécanismes vivants, des robots menaçants...


La Ligue des Gentlemen Extraordinaires – Nemo – Les Roses de Berlin
Scénario : Alan Moore
Dessins : Kevin O'Neill
Encrage : Kevin O'Neill
Couleurs : Ben Dimagmaliw
Couverture : Kevin O'Neill
Genre : Super-héros, Fantastique, Etrange
Editeur : DC Comics
Titre en vo : The League of Extraordinary Gentlemen – Nemo – The Roses of Berlin
Pays d’origine : Angleterre, Etats-Unis
Parution : 03 mars 2014
Langue d’origine : anglais
Editeur français : Panini Comics
Date de parution : 14 janvier 2015
Nombre de pages : 48

Liste des épisodes
The League of Extraordinary Gentlemen – Nemo – The Roses of Berlin

Mon avis : Deuxième volet, après Cœur de Glace, des aventures de la fille du Capitaine Nemo, nouvelle suite de La Ligue des Gentlemen Extraordinaires, ces Roses de Berlin, comme son nom l’indique, nous entraine cette fois ci, après le continent Antarctique et HP Lovecraft, du coté de l’Allemagne, des nazis, de la Seconde Guerre Mondiale mais aussi de Metropolis et autres œuvres portées a l’écran par un certain Fritz Lang, sans oublier, au passage, un certain Le Dictateur du non moins célèbre Charlie Chaplin… Bref, un sacré melting-pot plutôt intéressant et qui ravira les amateurs du genre mais qui, il faut le reconnaitre, n’est pas des plus originaux puisque d’autres auteurs ont déjà abordés une Seconde Guerre Mondiale alternative un usant des références culturelles germaniques de l’époque – il suffit, pour s’en convaincre, de relire La Brigade Chimérique du sieur Serge Lehman, auteur qui, au passage, s’est énormément inspiré du travail d’Alan Moore sur La Ligue… Cependant, si Les Roses de Berlin n’est pas la création la plus originale qui soit et même s’il faut reconnaitre – au bout de deux tomes, il me semble que cela devient évidant – que cette trilogie Nemo est loin d’être aussi bonne que d’autres œuvres antérieures de l’auteur britannique, force est de constater que, dans l’ensemble, la qualité n’en reste pas moins assez élevée. Cela, pour la simple et bonne raison que l’univers de La Ligue est si riche – en plus de s’étaler sur un laps de temps assez important – que l’on en veut toujours davantage mais aussi parce que ce bougre de Moore, même quand il semble moins inspirer n’en reste tout de même suffisamment doué pour nous pondre des intrigues captivantes, bourrées de références et qui raviront les amateurs. Bref, ici, Alan Moore fait un peu du neuf avec du vieux mais, et c’est le principal, cela fonctionne plutôt bien, même si, il faut le reconnaitre, l’auteur a déjà fait bien mieux précédemment…


Points Positifs :
- Une seconde guerre mondiale alternative avec une Allemagne fantasmée, une Tomanie qui rappellera quelques souvenirs a certains, une Metropolis tout droit sortie de Fritz Lang, un Docteur Mabuse et même quelques références a l’Allemagne décadente de la République de Weimar et a ce chef d’œuvre de Chaplin qu’est Le Dictateur ! Bref, une fois de plus avec Moore, les références sont nombreuses et elles raviront les amateurs.
- Un second volet plutôt intéressant pour cette trilogie Nemo : Janni, plus âgée, part sur les traces de sa fille et de son gendre, affronte bien des dangers, y perd l’amour de sa vie et se débarrasse au passage d’une vieille ennemi. Pas le temps de s’ennuyer dans cet album !
- Pas de grosses surprises pour ce qui est des dessins, Kevin O'Neill livre une prestation égal a ce qu’il nous a habitué depuis longtemps, c’est-à-dire, plutôt bonne. Après, c’est une affaire de gouts, son style étant particulier.

Points Négatifs :
- Il faut reconnaitre que cette Allemagne fantasmée où se mêlent de multiples références a Fritz Lang, au Dictateur et autres joyeusetés du même acabit a déjà été utilité d’en d’autres œuvres du même genre et que, pour l’originalité, on a déjà vu mieux.
- Même si la trilogie Nemo est plutôt plaisante a la lecture, ce n’est pas du grand Alan Moore qui, accessoirement, a déjà fait beaucoup mieux précédemment, y compris dans le même univers.

Ma note : 7,5/10

dimanche 10 décembre 2017

LA LIGUE DES GENTLEMEN EXTRAORDINAIRES – NEMO – CŒUR DE GLACE


LA LIGUE DES GENTLEMEN EXTRAORDINAIRES – NEMO – CŒUR DE GLACE

En 1925, sur les quais de New-York, Janni Dakkar, fille du capitaine Nemo, et ses hommes du Nautilus dérobent les biens de la reine de Kôr, une principauté d'Afrique centrale. La souveraine particulièrement en colère et mandate un magnat de l'édition pour qu'il récupère tout cela. Ce dernier engage trois aventuriers connus pour leur génie de l'invention afin qu'ils mettent la main sur la fille de Nemo, qui en a d'ailleurs assez de jouer les pirates et n'a qu'une idée en tête : faire mieux que son père. Pour cela, elle se met en tête de réussir là où Nemo a échoué, dans la traversée de l'Antarctique. Sur le continent glacé, une course poursuite entre les membres du Nautilus et les mercenaires engagés par la reine Kôr se dessine...


La Ligue des Gentlemen Extraordinaires – Nemo – Cœur de Glace
Scénario : Alan Moore
Dessins : Kevin O'Neill
Encrage : Kevin O'Neill
Couleurs : Ben Dimagmaliw
Couverture : Kevin O'Neill
Genre : Super-héros, Fantastique, Etrange
Editeur : DC Comics
Titre en vo : The League of Extraordinary Gentlemen – Nemo – Heart of Ice
Pays d’origine : Angleterre, Etats-Unis
Parution : 12 mars 2013
Langue d’origine : anglais
Editeur français : Panini Comics
Date de parution : 06 novembre 2013
Nombre de pages : 48

Liste des épisodes
The League of Extraordinary Gentlemen – Nemo – Heart of Ice

Mon avis : Paru au tout début des années 2000, La Ligue des Gentlemen Extraordinaires de l’auteur britannique Alan Moore est non seulement l’une de ses œuvres les plus célèbres mais aussi celle qui connut le plus de suites. Ainsi, entre Le Dossier Noir ou Century, j’ai déjà eu l’occasion de vous parler de certaines d’entre elles sur ce blog, mais il m’en restait une, la fameuse trilogie Nemo dont je m’attèle enfin a sa lecture en cette fin d’année, en commençant, donc, par ce Cœur de Glace, premier volet mettant en avant la fille du célèbre Capitaine Nemo, Janni Dakkar. Bon, disons le tout de suite, dans ce premier tome, qualitativement parlant, nous sommes loin de l’excellence de La Ligue des Gentlemen Extraordinaires ; certes, cela reste plutôt bon dans l’ensemble, certes, retrouver cet univers si original et travailler est assez plaisant pour les fans de ce dernier, quant aux dessins de Kevin O’Neill, malgré le style particulier de ceux-ci, force est de constater qu’ils sont toujours aussi efficace et sont, depuis longtemps, indissociables de l’œuvre dans son ensemble. Là où le bat blesse, c’est que, scénaristiquement, ce Cœur de Glace est un poil plus léger que d’habitude… Certes, Alan Moore multiplie les références, principalement a Lovecraft, et il faut reconnaitre que les fans du reclus de Providence retrouveront avec plaisir lieux et créatures qui leurs sont familiers, cependant, dans l’ensemble, cet album n’est, dans les grandes lignes, qu’une longue course poursuite où les protagonistes passent par les cités antédiluviennes des Anciens… Bref, on se retrouve au final avec une impression mi-figue, mi-raisin, en se disant qu’il y a un tas de bonnes choses dans ce Cœur de Glace mais avec l’impression qu’il y avait nettement de quoi mieux faire. Mais bon, vu qu’il s’agit d’une trilogie, on ne perd pas non plus espoir, sachant qu’il faudra juger sur place l’ensemble lorsque l’on viendra à bout de celle-ci…


Points Positifs :
- Le plaisir de retrouver un univers, celui de La Ligue des Gentlemen Extraordinaires, qui est peut-être l’un des plus réussis parmi toutes les créations d’Alan Moore, surtout que, si dans Century et Le Dossier Noir, on savait ce qu’il était advenu de Mina Murray et Quatermain, la fille de Nemo était un peu perdue de vue…
- Les très nombreuses références à l’univers de Lovecraft, au point même que celui-ci soit omniprésent tout au long des pages de cet album. Un régal, bien sur, pour les fans de l’écrivain.
- Si Janni Dakkar ne possède bien évidement pas le charisme de son père, le Capitaine Nemo, force est de constater qu’elle est loin d’être inintéressante, loin de là.
- Pour ce qui est des dessins, on reste en terrain familier avec un Kevin O'Neill égal a lui-même.
- Elle est plutôt intrigante la Reine de Kôr, vous ne trouvez pas !?

Points Négatifs :
- Malgré quelques bonnes idées, quelques protagonistes réussis et les nombreuses références a Lovecraft et son univers, nous restons loin de ce que Moore a fait de mieux dans La Ligue des Gentlemen Extraordinaires.
- Peut-être est ce le format de cet album qui est trop court mais en tous cas, l’impression qu’il en ressort et que le scénario, limité dans les grandes lignes a une course poursuite, parait moins travaillé que d’habitude.

Ma note : 7,5/10

samedi 9 décembre 2017

LES ANNALES DU DISQUE-MONDE – PIEDS D’ARGILE


LES ANNALES DU DISQUE-MONDE – PIEDS D’ARGILE

A Ankh-Morpork, le Guet a de nouveau fort à faire. Deux vieillards ont été assassinés tandis que le Patricien est victime d'un empoisonnement. Pour l'équipe de police (troll, nain, louve garou et autres non humains), le mystère est total, le coupable insaisissable. Les différentes guildes de la ville profitent de la panique générale pour comploter... Et chose étrange, les golems se mettent soudain à se comporter d'une drôle de manière. Comme s'ils étaient vivants. Et contrôlés par un mystérieux maître... Mais le commissaire Samuel Vimaire en a vu d'autres et son équipe a fait de remarquables progrès...


Les Annales du Disque-Monde – Pieds d’Argile
Auteur : Terry Pratchett
Type d'ouvrage : Fantasy Burlesque
Première Parution : 07 février 1996
Edition Française : 07 janvier 2011
Titre en vo : Feet of Clay
Pays d’origine : Grande-Bretagne
Langue d’origine : Anglais
Traduction : Patrick Couton
Editeur : Pocket
Nombre de pages : 416

Mon avis : Le Guet est de retour dans ce dix neuvième volume des Annales du Disque-Monde qui nous entraîne donc, une fois de plus, dans une enquête trépidante et tout autant passionnante que dans les deux tomes, Au Guet ! et Le Guet des Orfèvres, où les hommes de Vimaire étaient les protagonistes principaux. Et si, l’on pouvait craindre, à juste raison, une certaine lassitude, au final, et comme cela arrive, par exemple, avec les Sorcières de Lancre, Terry Pratchett réussit, sans se réinventer ou être original (depuis le temps, on a l’habitude), à nous captiver avec une histoire solide, tout en distillant quelques petites comparaisons acerbes avec notre monde réel. Ainsi, Pieds d’Argile débute avec, apparemment, deux énigmes différentes : l’assassinat étrange de deux vieillards, peut-être lié au comportement plutôt suspect des golems, ainsi que, l’empoisonnement du Patricien. Bien évidemment, comme il fallait s’y douter, les deux sont liées, et le complot s’avère être assez diabolique, mêlant à la fois notables de la cité, lignées nobles et guildes. Alors, même si l’on se doute que les « hommes » du Guet finiront par trouver la solution, tout l’intérêt repose sur le « comment » et le « pourquoi », et pas sur le « qui », puisque, assez rapidement, l’identité du coupable est dévoilée, du moins, pour les lecteurs attentifs. Mais si le genre Polar/Fantasy auquel on commence à avoir l’habitude fonctionne tout autant que dans les précédents volumes, et que l’humour, propre à la série n’est jamais bien loin, l’intérêt de ce Pieds d’Argile est ailleurs : la relation entre les personnages, en particulier autour d’Angua et de ses problèmes de cœur, mais également, et surtout avec le Caporal Peticul (dont je ne vous révèle rien afin de ne pas vous gâcher la surprise mais qui tient une place importante dans l’intrigue), et,  la place de la femme ainsi que les différences de classes sociales, déjà abordées grâce à Vimaire, mais dont le développement est cette fois ci poussé à son paroxysme. Car, forcement, notre Commissaire Divisionnaire éprouve une sainte horreur pour la haute bourgeoisie de la ville et pour tous les nobles qui se pavanent avec leur « prestigieuses » lignées et leur mépris des gueux. Et dans ce dix-neuvième volume des Annales, notre irascible Vimaire sera gâté. A ce propos, notons que celui-ci nous revient en grande forme, après une légère éclipse dans Le Guet des Orfèvres et que les fans du personnage (dont j’en fais parti) seront ravis. Cependant, comment écrire une critique de Pieds d’Argile sans vous parler des golems ? Car ceux-ci, de part leur implication et leur présence, sont indissociable de l’intrigue qui tourne énormément autour d’eux : ce qu’ils sont, ce qu’ils représentent, leurs buts dans la « non vie » et, surtout, comment les autres (bref, les êtres dits vivants, qu’ils soient morts ou non) les perçoivent. Et là-dessus, Pratchett s’en donne à cœur joie, au point que l’on croirait parfois lire du Asimov : golem/robot, même combat ? Parfaitement, puisque tous les considèrent que comme de vulgaires machines. Alors certes, Pieds d’Argile est loin d’être le meilleur des volumes des Annales ; si ses qualités sont nombreuses, il n’est pas exempté de quelques défauts mineurs, et, il faut bien l’avouer, il est loin d’être follement original. Mais bon, malgré cela, l’histoire est captivante, surtout après un départ, assez longuet, et l’ensemble se lit avec un certain plaisir. De plus, les comparaisons entre les golems et les robots, la dénonciation des classes sociales et de la place de la femme ainsi que le machiavélisme du complot contre le Patricien donnent à l’ensemble une consistance fort agréable et font que, une fois de plus, la qualité est toujours aussi présente dans cette longue saga.


Points Positifs :
- La dénonciation des problèmes de différences de classes entre noblesse et gens du commun, la place de la femme dans la société et la manière dont les hommes ont tendance a les dévalorisés, la problématique sur ce qui est vivant ou pas – ce qui nous renvoi aux robots – ainsi qu’un soupçon de politique, c’est un Pratchett en grande forme que l’on retrouve dans cet ouvrage.
- Bien évidement, les golems renvoient aux robots et ce Pieds d’Argiles doit énormément aux ouvrages d’Isaac Asimov pour ce qui est de sa thématique principale.
- Comme c’est souvent le cas dans les ouvrages des Annales où apparait le Guet, nous avons droit à un très bon polar et qui est franchement captivant.
- Le plaisir de retrouver Vimaire, Angua, Carotte et les autres agents du Guet, sans oublier, bien sur, la petite nouvelle, le Caporal Peticul !
- Même si Pieds d’Argile n’est pas le tome des Annales où on rigole le plus, l’humour n’en reste pas moins présent, comme a chaque fois.

Points Négatifs :
- Une première partie qui s’étire un poil en longueur selon moi.
- On devine rapidement qui est le coupable pour peu que l’on sache lire entre les lignes.
- Mine de rien, Carotte a un petit coté pénible par moments…

Ma note : 8/10

AJIN – TOME 10


AJIN – TOME 10

Avec la mise à feu et à sang des locaux de Forge Sécurité, Kei Nagai a perdu plus qu’une bataille. La défaite a porté un coup fatal à la stratégie qu’il avait mise en place avec Tosaki et le pousse à abandonner ses camarades. Sato poursuit quant à lui sur sa lancée, fort d’avoir déjoué le guet-apens tendu par ses adversaires. Mais au lieu de terminer sa série d’assassinats – la « deuxième vague » de ses actes terroristes – c’est vers la troisième qu’il avance à grands pas. L’heure est venue pour Kei Nagai de montrer ce qu’il vaut vraiment.


Ajin – Tome 10
Scénariste : Gamon Sakurai
Dessinateur : Gamon Sakurai
Genre : Seinen
Type d'ouvrage : Fantastique, Action, Seinen
Titre en vo : Ajin vol.10
Parution en vo : 07 avril 2017
Parution en vf : 22 novembre 2017
Langue d'origine : Japonais
Editeur : Glénat
Nombre de pages : 194

Mon avis : Indéniablement, ce dixième volume de Ajin, manga du sieur Gamon Sakurai apparait tout de suite comme étant un tome de transition ; il faut dire que son prédécesseur, au vu des événements qui y étaient relatés, c’est-à-dire, l’échec de nos héros a empêcher Sato et les siens de parvenir a leur but – assassiner le président de Forge Sécurité – un de plus alors que, accessoirement, jamais ils n’avaient été aussi proches de la victoire, avait de quoi leur porter un coup au moral, surtout que, histoire d’enfoncer le clou, certains des leurs y avaient perdu la vie… Forcément, après les volumes précédents où l’on était captiver par l’action, les coups de théâtre et des affrontements dantesques, il est clair que ce dixième tome, plus calme, plus axé sur les dialogues, apparait un peu en retrait vis-à-vis d’une intrigue qui, depuis ses débuts, nous a quasiment toujours tenus en haleine. Mais bon, malgré ce calme que l’on devine arrivé avant la tempête, tout n’est pas inintéressant dans ce dixième volume de Ajin, loin de là : ainsi, celui-ci nous permet d’en apprendre davantage au sujet du passé de certains des protagonistes et si, bien entendu, Sato est encore dans le coup, questions révélations, ce n’est pas le seul. Bien évidement, le fan préférerait que les choses bougent un peu plus, quoi que, a bien y regarder, un tome un peu plus calme de temps en temps, cela ne fait pas de mal, en espérant, tout de même, que Gamon Sakurai parvienne a nous surprendre par la suite, car bon, le souci avec Ajin, c’est que Sato apparait comme étant tellement puissant et malin qu’au bout d’un moment, on finisse par douter qu’il puisse un jour commettre une erreur… a moins d’une énorme surprise, mais bon, je ne demande que cela !


Points Positifs :
- Quelques nouvelles révélations sur le passé de certains des protagonistes avec, bien entendu, Sato en tête de liste – et où on découvre que du temps où ce dernier était handicapé, il n’en restait pas moins un adversaire redoutable, alors, en tant que Ajin, je vous laisse imaginer…
- Un tome plus calme, sans quasiment aucune action et davantage axé sur les dialogues et le passé de certains des protagonistes mais qui permet de faire une pause dans une intrigue qui s’était grandement emballé dans les derniers volumes.
- Pour ce qui est des dessins, il n’y a pas grand-chose à redire et si Gamon Sakurai n’est pas le plus grand dessinateur de mangas, force est de constater que certaines planches sont fort plaisantes et que, coté dynamisme, on se régale – surtout avec Sato.

Points Négatifs :
- Un tome tout de même un peu trop contemplatif par moments et où il ne se passe pas grand-chose en dehors des quelques révélations sur le passé de certains des protagonistes. Certes, c’est intéressant, mais bon, vivement que la pause prenne fin et que l’on passe a la suite.
- Sato à la classe, il est puissant, ne commet aucune faute, etc. Euh, on en vient à se demander comment nos héros, plus faibles que jamais, vont en venir à bout !?

Ma note : 7/10

vendredi 8 décembre 2017

DAVID LIVE


DAVID LIVE

David Bowie

1 - 1984 (David Bowie) 3:20
2 - Rebel Rebel (David Bowie) 2:40
3 - Moonage Daydream (David Bowie) 5:10
4 - Sweet Thing (Sweet Thing / Candidate / Sweet Thing (Reprise)) (David Bowie) 8:48
5 - Changes (David Bowie) 3:34
6 - Suffragette City (David Bowie) 3:45
7 - Aladdin Sane (David Bowie) 4:57
8 - All the Young Dudes (David Bowie) 4:18
9 - Cracked Actor (David Bowie) 3:29
10 - Rock 'n' Roll With Me (Bowie, Peace) 4:18
11 - Watch That Man (David Bowie) 4:55
12 - Knock on Wood (Floyd, Cropper) 3:08
13 - Here today, Gone tomorrow (David Bowie) 3:40
14 - Diamond Dogs (David Bowie) 6:32
15 - Big Brother (Big Brother / Chant of the Ever-Circling Skeletal Family) (David Bowie) 4:08
16 - The Width of a Circle (David Bowie) 8:12
17 - Jean Genie (David Bowie) 5:13
18 - Rock 'n' Roll Suicide (David Bowie) 4:30


David Live
Musicien : David Bowie
Parution : 29 octobre 1974
Enregistré : 8–12 juillet 1974
Durée : 80:37
Genre : Glam Rock, Blue-Eyed Soul
Producteur : Tony Visconti
Label : RCA

Musiciens :
David Bowie : chant
Earl Slick : guitare
Herbie Flowers : basse
Gui Andrisano : chœurs
Warren Peace : chœurs
Michael Kamen : piano électrique, synthétiseur Moog, hautbois
Tony Newman : batterie
Pablo Rosario : percussion
David Sanborn : saxophone alto, flûte
Richard Grando : saxophone baryton, flûte
Mike Garson : piano, mellotron

Mon avis : Premier live officiel – Ziggy Stardust – The Motion Picture n’étant en fait été officialisé que bien plus tard – David Live est un opus parfaitement représentatif d’un moment charnière de la longue carrière de David Bowie. En effet, ce dernier ayant déjà tué depuis un certain temps son alter-ego qui lui valut la célébrité, Ziggy mais loin encore d’aller faire un tour du coté de Berlin en compagnie de Brian Eno pour la célèbre trilogie qui s’en suivra, était alors en train de lorgner de plus en plus du coté de la musique noire, et venait de sortir un certain Diamond Dogs, album aux sonorités soul qui trouvera son aboutissement dans l’excellent et étonnant Young Americans, quelques mois, donc, après la sortie de ce David Live. Le contexte étant posé, nous pouvons donc nous intéresser au contenu de cet album et, bien entendu, sans surprises, il sonne parfaitement comme l’amateur du Mince Duc Blanc pouvait s’y attendre, c’est-à-dire, comme Diamond Dogs, bref, avec du bon et du moins bon. Du bon car, indéniablement, et même si Bowie fera bien mieux par la suite avec le somptueux Station to Station, deux années plus tard, le chanteur aux yeux vairons reste égal a lui-même et livre une interprétation pour le moins bonne voir carrément inspiré sur certains titres. Certes, passer du glam à la soul ne se fait pas sans heurs par moments et si certains peuvent tiquer, force est de constater que ce Bowie aux faux-airs cadavériques – et après il va nous dire que ce ne sont pas les effets de la cocaïne, la bonne blague – en possède encore suffisamment sous la pédale pour faire le job de fort belle manière. Cependant, je vous disais qu’il y avait également du moins bon dans ce David Live et si cela n’a rien de catastrophique non plus, il est clair que l’arrivée, par la suite, d’un Carlos Alomar, par exemple, apportera beaucoup, musicalement parlant, comme on peut le voir dans un autre live, un certain Stage. Quoi qu’il en soit, avec ses qualités mais aussi ses défauts, David Live reste un bon opus, certes loin des chefs d’œuvres studios datant de la même époque mais qui n’en reste pas moins indispensable pour tout bon fan qui se respecte et qui, surtout, nous prouve que Bowie, lui aussi, pouvait être une sacrée bête de scène !


Points Positifs :
- Un très bon live sortit en une période charnière dans la carrière de David Bowie, c’est-à-dire, celle où il abandonne le glam pour la soul. Certains titres s’en sortent certes mieux que d’autres avec ce changement de style mais l’ensemble reste de qualité.
- Un Bowie plutôt inspiré au chant alors que, physiquement, eh ben, la poudre blanche faisait ses effets.
- Certes, un enregistrement live ne sonnera jamais comme un album studio et il y a du coup quelques imperfections ici et là, mais bon, c’est ce qui fait le charme du genre et, accessoirement, ce David Live nous démontre, une fois de plus, que Bowie était également une bête de scène.
- Une pochette fort réussie avec ce Bowie cadavérique…

Points Négatifs :
- Ne nous voilons pas la face : nous sommes tout justes après Diamond Dogs et encore loin d’un chef d’œuvre comme Station to Station, bref, c’est du bon Bowie mais pas un Bowie exceptionnel, et cela se ressent à l’écoute.
- Il est clair que certains titres ont bien du mal à passer à une sonorité plus soul.
- Attiré par l’Amérique et la musique noire, Bowie se lance dans la soul et s’il maitrisera à merveille son sujet dans Young Americans, ce n’est pas encore vraiment le cas ici.

Ma note : 7,5/10
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