lundi 27 mars 2017

L'ISLAMISME, VRAI VISAGE DE L'ISLAM


L'ISLAMISME, VRAI VISAGE DE L'ISLAM

Traducteur et journaliste indépendant, Hamid Zanaz collabore à différentes publications arabes et françaises. Contributeur permanent à la revue de la ligue des rationalistes arabes, Al Awan, il donne aussi des conférences sur l'islam. Il est l'auteur de nombreux essais, tant en arabe qu'en français, sur différents problèmes sociétaux touchant à la religion, à la sexualité, à la politique ou à la science dans le monde islamique.


L'Islamisme, vrai visage de l'Islam
Auteur : Hamid Zanaz
Type d'ouvrage : Essai politique, Essai religieux, Société
Première Parution : 8 mars 2012
Edition Poche : 8 mars 2012
Titre en vo : L'Islamisme, vrai visage de l'Islam
Pays d’origine : France
Langue d’origine : français
Traduction : Néant
Editeur : Les Editions de Paris
Nombre de pages : 80

Mon avis : Ici, rien que le titre pourrait non seulement prêter a polémique mais, surtout, a choqué plus d’un. Il faut dire, et j’en ai conscience, que celui-ci n’y va pas par le dos de la cuillère, allant a contre courant absolu avec ce que l’on nous dit régulièrement dans les médias, c’est-à-dire, que l’Islamisme et l’Islam n’ont rien a voir l’un avec l’autre, que le premier ne serait qu’une déviance du second, etc. Or, ici, l’auteur de ce très court essai – un peu moins de 80 pages, principal défaut de celui-ci – ose affirmer que l’Islamisme, c’est-à-dire, ne nous voilons pas la face, l’extrémisme islamiste, en fait, c’est Islam, et puis point barre ! Alors bien sur, on pourrait croire que cet essai a été écrit par un occidental aux idées d’extrême droite, un islamophobe de la première heure, et, quelque part, cela aurait été plus facile a admettre pour certains, or, les choses sont un petit plus compliquées qu’on pourrait le penser de prime abord, et ce, au grand dam de certains car oui, Hamid Zanaz, car il est temps de le nommer, n’est certes pas musulman mais il est d’origine arabe et a très longtemps baignée dans la culture musulmane. Un athée arabe, voilà comment l’auteur se présente, ce qui peut étonner, certes, du moins au jour d’aujourd’hui – car il fut un temps, finalement pas si lointain, où la chose était plus commune. Et forcément, en tant qu’athée assumé, Hamid Zanaz est l’équivalent moderne des anciens athées catholiques, ceux de ces derniers siècles en occident, c’est-à-dire qu’il voue une haine non dissimulée a l’Islam en tant que religion tout en ne s’en prenant pas a ceux qui croient… même s’il ne se fait guère d’illusions sur ces derniers, du moins pour la plupart. Alors bien sur, cela choque, surtout a notre époque moderne où le politiquement correct est devenu la parole officielle et où l’on n’ose plus critiquer les religions, sauf que, a la lecture de cet essai, il apparait que, ce que Hamid Zanaz écrit, ce qu’il dit, ce qu’il critique, finalement, cela peut sembler très dur, injuste, exagéré, mais, finalement, ce n’est ni plus ni moins que l’équivalent de ce que d’autres ont fait bien avant vis-à-vis d’autres religions. L’Islam un siècle après le Catholicisme ? Oui et non car, selon l’auteur, avec l’Islam, tout est biaisé dès la base avec un Livre Sacré qui, en tant que parole divine, ne peut être changé, ce qui serait la source de tous les problèmes des pays musulmans de part le monde et d’une communauté de fidèles qui mettront toujours le Coran avant les lois de la République. Alors bien sur, nombreux seront ceux qui crieront au scandale, nombreux seront ceux qui affirmeront haut et fort que tout cela n’est qu’ineptie et, accessoirement, il en aura aussi un certain nombre qui verraient d’un bon œil l’auteur six pieds sous terre, mais bon, sans être aussi extrémiste qu’Hamid Zanaz, en me disant que les choses sont un poil plus compliquées et en sachant parfaitement que bien des musulmans mettent tout de même les lois de la République avant celles du Coran – il ne faut pas exagéré, tout le monde n’est pas extrémiste – je n’en conseille pas moins la lecture de cet essai au titre choc et aux propos qui en font un brulot mais qui, dans l’ensemble, n’est pas inintéressant, bien au contraire…


Points Positifs :
- Ici, l’Islam en prend plein la gueule et ce n’est pas le fait d’un quelconque membre d’un parti d’extrême droite ou d’un vulgaire raciste mais d’un auteur d’origine arabe et qui se dit, avant tout, athée. Parfaitement connaisseur de sa culture et de la religion de celle-ci, il sait de quoi il parle et il est sans la moindre piété a l’égard de cette dernière.
- La quasi-totalité de toutes les religions du monde ont été ou sont encore énormément critiquées, souvent a raisons, alors, pourquoi prendre des gants avec l’Islam ? Après tout, critiquer une religion ce n’est pas critiquer des personnes, critiquer les origines de ces dernières et ce n’est surement pas être raciste.
- Cet essai est tellement a mille lieux du politiquement correct que cela fait un bien fou par les temps qui courent.

Points Négatifs :
- Dommage que cet essai soit beaucoup trop court – un peu moins de 80 pages, ce n’est pas beaucoup, surtout au vu du sujet traité et qui mériterait un tout autre développement.
- Je trouve que l’auteur est un peu trop extrémiste par moments et non, tous les musulmans ne sont pas des islamistes ! Alors bien sur, cela s’explique par le fait que, dans leur genre, les athées le sont souvent, eux aussi – des extrémistes. Bien sur, cela n’enlève rien au fait que oui, on devrait avoir le droit de critiquer toutes les religions, et donc l’Islam, mais bon, ce n’est pas non plus la peine de tomber dans l’excès inverse…

Ma note : 7/10

samedi 25 mars 2017

AJIN – TOME 8


AJIN – TOME 8

Kei Nagai a choisi le siège de Forge sécurité comme arène pour affronter Sato et ses complices. Deux des onze personnalités visées par le groupuscule terroriste serviront d’appât, dans ce plan qui se met en action dès l’arrivée du commando Ajin dans les locaux. Menés par Tanaka, les immortels progressent rapidement dans les étages, loin de se douter qu’ils devront bientôt faire face à l’unité spéciale formée par Kei, Tosaki et leurs subordonnés. Les échanges de tirs entre mortels et immortels s’intensifient et les balles fusent de tous côtés dans cette tour désormais isolée de l’extérieur…


Ajin – Tome 8
Scénariste : Gamon Sakurai
Dessinateur : Gamon Sakurai
Genre : Seinen
Type d'ouvrage : Fantastique, Action, Seinen
Titre en vo : Ajin vol.8
Parution en vo : 6 mai 2016
Parution en vf : 15 février 2017
Langue d'origine : Japonais
Editeur : Glénat
Nombre de pages : 192

Mon avis : Alternant entre les tomes assez bons et les tomes plutôt bons, Ajin, Seinen du sieur Gamon Sakurai poursuit tranquillement son petit bonhomme de chemin et, même si l’originalité n’est peut-être pas le point fort de la série – quoi que, ces types quasiment immortels qui ne cessent de mourir et de ressusciter, c’est peu commun – force est de constater que, depuis ses débuts, on reste toujours aussi captiver, la tension étant, la plupart du temps, a son comble. Et celle-ci est toujours aussi intense dans le huitième volume de la saga, suite directe de son prédécesseur où, pour rappel, Kei Nagai et ses compagnons se préparaient à protéger deux cibles de Sato traquées par les sbires de ce dernier. L’action, comme il fallait s’en douter, est omniprésente – en tous cas, davantage que dans certains tomes – et renoue avec réussite avec les plus grands moments de la saga : sincèrement, on ne s’ennui pas une seule seconde, il y a quelques coups de théâtre pour le moins surprenants, quant a l’intensité, disons que l’auteur sait nous tenir en haleine de la première a la dernière page. Curieusement, cela passe mieux avec les hommes de Sato que lorsque ce dernier entre vraiment en action, peut-être tout bonnement parce que celui-ci est tellement supérieur aux autres qu’il apparait comme étant trop invincible ; mais bon, ne vous inquiétez pas, outre une entrée en scène qui vous laissera bouche bée et quelques coups d’éclats, notre psychopathe immortel sera une fois de plus fidèle a lui-même, c’est-à-dire, totalement imprévisible et, comme dirait l’autre, le meilleur dans sa partie… Bref, vous l’avez compris, a mes yeux, ce huitième tome de Ajin, sans révolutionner le genre, n’en reste pas moins fidèle a ce que cette série nous a proposer jusque là, c’est-à-dire, une intrigue spectaculaire et oh combien captivante ; en espérant, bien entendu, que la suite soit du même acabit !


Points Positifs :
- L’opposition entre Kai et ses compagnons d’un coté, et les hommes de Sato de l’autre. C’est spectaculaire, on ne s’ennui pas une seconde et, rien que pour la manière dont ils se font avoir suite au plan pour le moins audacieux de Kai, le jeu en vaut la chandelle.
- Depuis son apparition, Sato nous a souvent époustouflés et il est clair que le grand méchant de ce manga est le personnage le plus marquant, et de loin ! Mais si l’on pensait que celui-ci ne nous étonnerai plus, attendez de voir comment celui-ci rejoint l’immeuble où se trouvent ses hommes… disons que des téléportation comme ça, j’en avais jamais vu !
- Entre une action omniprésente et pas mal de coup de théâtre, on ne s’ennui pas une seule seconde a la lecture de ce huitième tome de Ajin.
- Coté dessins, Gamon Sakurai livre une fois de plus un travail de grande qualité et, franchement, c’est par moments un régal pour les yeux.

Points Négatifs :
- Il est clair que Ajin n’est pas la série la plus original qui soit et que certains personnages sont un peu trop stéréotypés pour être honnêtes. Cela ne gênera pas vraiment si l’on souhaite surtout passer un bon moment sans grande prise de tête, par contre, les moins conciliants y trouveront peut-être a redire.
- Curieusement, j’ai préféré l’affrontement contre les hommes de Sato que contre celui-ci en personne. Il faut dire que ce dernier est tellement fort – dans tous les sens du terme – que ce coté par moments excessif peut nuire à force.

Ma note : 7,5/10

vendredi 24 mars 2017

WALKING DEAD – UNE AUTRE VIE


WALKING DEAD – UNE AUTRE VIE

La guerre contre Negan est enfin terminée. Cela fait maintenant quelques années que les hostilités ont cessé et que la reconstruction d'un semblant de société a lieu. Rick occupe la place de chef d'une des communautés de survivants. Tout se passe idéalement, les cultures sont florissantes et l'élevage prometteur. Des tournées d'exploration sont régulièrement organisées afin de neutraliser toute présence de zombie alentour. C'est d'ailleurs l'équipe de Jésus qui a repéré qu'une horde se dirigeait droit vers la communauté. Grâce au talent d'Eugène et à ses stratagèmes, les morts vivants dévient de leur direction et repartent ailleurs. Seulement, la vague de marcheurs a atteint un petit groupe de survivants qui traînait alentour. Jésus et ses hommes les sauvent et les conduisent au village. Ils sont amenés à Rick qui les reçoit chaleureusement, tout en exigeant d'eux leurs armes. Ces nouveaux-venus ne savent pas vraiment s'ils sont bien tombés et craignent les mystères entourant cette communauté où tout a l'air trop parfait. De son côté, Carl n'attend qu'une chose : que son père le laisse devenir apprenti. La nuit, le fils de Rick se confie à celui qui aurait pu devenir son ami dans d'autres circonstances : Negan. Derrière les barreaux, l'ancien adversaire de Rick a l'air détendu...


Walking Dead – Une autre vie
Scénario : Robert Kirkman
Dessins : Charlie Adlard
Encrage : Stefano Gaudiano
Couleurs : Cliff Rathburn
Couverture : Charlie Adlard
Genre : Fantastique, Etrange, Horreur
Editeur : Image Comics
Titre en vo : Walking Dead – A New Beginning
Pays d’origine : Etats-Unis
Parution : 5 novembre 2014
Langue d’origine : anglais
Editeur français : Delcourt
Date de parution : 21 janvier 2015
Nombre de pages : 168

Liste des épisodes
Walking Dead 127-132

Mon avis : Le tome précédant de Walking Dead, Guerre totale, avait indéniablement marqué un tournant dans la saga culte de Robert Kirkman car, non seulement, elle concluait de fort belle manière le long affrontement entre les troupes de Rick et celles de Negan mais, accessoirement, et on s’en rend compte dans ce nouveau volume, elle marquait également la fin d’un très long cycle qui, en quelque sorte, avait débuté dans le premier volume… Pourquoi une telle affirmation ? Eh bien, pour une simple phrase comme « quelques années plus tard », que l’on trouve en préambule de ce vingt-deuxième tome, mais aussi et surtout, parce que la longue quête de Rick et des siens qui avait débuté lors du réveil de celui-ci dans le tout premier épisode de la série, une quête remplie de morts, d’affrontements en tous genres et d’errances, semble enfin avoir prit fin avec la défaite de Negan et l’alliance entre les trois communautés humaines : Alexandria, la Colline et le Royaume. Quelque part, Walking Dead aurait put s’achever ainsi mais cela aurait été, finalement, fort dommage, surtout qu’à la lecture de ce nouveau tome, sobrement nommé Une autre vie, force est de constater que Robert Kirkman en avait encore sous la main pour nous étonné, et pas qu’un peu ! Car bon, comment dire… vous trouviez que les derniers volumes de la saga tournaient un peu en rond par moments et que cette guerre contre Negan avait durée trop longtemps ? Certes, ce n’était pas faux mais si vous pensiez également que Walking Dead ne retrouverait plus jamais le niveau de ses heures de gloire ? Là, vous aviez tout faux et moi aussi d’ailleurs car ce vingt-deuxième tome le prouve, indéniablement : oui, la série se relance de fort belle manière ! Car en faisant un saut dans le temps, en nous dévoilant, petit a petit, ce qu’il est advenu de la communauté survivante dirigée par Rick, et ce, par le biais d’un groupe de survivants composé de nouveaux personnages, Kirkman a non seulement toucher juste mais surtout, fort ; ainsi, tout cela nous renvoi le plus naturellement du monde a l’arrivée du groupe de Rick a Alexandria, dans le douzième tome, et si vous trouvez qu’il y a bon nombre de points communs, si certains dialogues, réactions et autres méfiances vous rappellent quelque chose, c’est tout a fait naturel. Et justement, c’est cela qui est intéressant car en inversant les rôles, en mettant Rick a la place de Douglas Monroe et Magna a la place de… Rick, l’auteur réussit le tour de force de nous montrer que, malgré tous les événements, certains vieux réflexes restent les mêmes. Mais si les nouvelles têtes et le plaisir de retrouver les anciens personnages quelques années plus tard sont au cœur de ce volume, il en est un événement tout aussi important voir plus qui marque davantage les esprits et qui, franchement, nous laisse bouche bée lors des dernières pages : des zombies qui parlent !? Ou plutôt des humains déguisés en zombies et qui risquent fort de représentée une toute nouvelle menace pour nos héros qui croyaient, un peu trop rapidement d’ailleurs, que le pire était derrière eux…


Points Positifs :
- Un véritable tournant pour la série mais, surtout, un tournant réussi car après quelques volumes un peu en deçà – quoi que assez bons dans l’ensemble – il est évidant que Robert Kirkman relance complètement Walking Dead par le biais de l’introduction de nouveaux personnages, de se saut dans le temps de quelques années et, bien entendu, avec ces biens singuliers humains déguisés en zombies…
- Le plaisir de retrouver Rick, Andrea, Maggie, Jésus et les autres, quelques années plus tard, et de voir ce qui leur est arrivé dans ce petit paradis qu’ils sont créés. Quoi que, au vu de certaines réactions, on se demande si tout est vraiment tout rose dans le petit monde de Rick Grimes ?!
- Pas mal de nouveaux personnages que l’on a envie de suivre, comme le groupe de Magna, bien sur, mais aussi Dante, un membre de la communauté de la Colline.
- Negan est encore là et franchement, plus le temps passe et plus je l’apprécie celui-là.
- Les humains déguisés en zombies, les fameux Chuchoteurs, et qui se cachent au milieu des morts vivants. Plutôt original tout cela…
- Coté dessins, après quelques hésitations, force est de constater que le duo Adlard/ Gaudiano fonctionne à merveille !

Points Négatifs :
- Michonne brille par son absence et elle est à peine mentionnée.
- J’espère juste qu’avec l’arrivée des Chuchoteurs, on ne retombe pas dans une guerre interminable identique a celle qui opposa Rick a Negan…

Ma note : 8,5/10

GUNNM – TOME 3


GUNNM – TOME 3

Dans le futur, la majeure partie de l’humanité est regroupée dans la super-mégalopole qu’on appelle la Décharge. En lévitation au-dessus d’elle se trouve l’inaccessible cité flottante de Zalem, dont tous les déchets sont déversés au centre de la décharge, lui donnant ainsi son nom. C’est dans la partie où sont entassés les déchets cybernétiques qu’Ido, docteur pour androïdes et robots en tout genre, cherche des pièces détachées. C’est alors qu’il tombe sur la tête complète d’un androïde féminin en bon état. Il la ramène à son atelier et la remet en marche, mais la jeune fille ne se rappelle plus de son passé ni de son nom. Il décide de la nommer Gally et celle-ci, suivant les traces de son sauveteur, décide de devenir Hunter Warrior… De Zalem aux circuits de Motorball, Gally continue sa quête de sens, perdue dans les nimbes de l’amnésie. Mais une nouvelle rencontre est sur le point de bouleverser sa vie…


Gunnm – Tome 3
Scénariste : Yukito Kishiro
Dessinateur : Yukito Kishiro
Genre : Seinen
Type d'ouvrage : Cyberpunk
Titre en vo : Gunnm vol.3
Parution en vo : 17 Juillet 1992
Parution en vf : 22 mars 2017
Langue d'origine : Japonais
Editeur : Glénat
Nombre de pages : 212

Mon avis : Manga culte datant du début des années 90, Gunnm, œuvre du sieur Yukito Kishiro, bénéficie depuis quelques mois d’une réédition fort réussie de la part des éditions Glénat et donc, après deux premiers volumes qui m’avaient laisser une fort bonne impression, voici qu’en ce début de printemps, arrive enfin ce troisième tome tant attendu des aventures de notre cyborg préférée, Gally. Bon, reconnaissons le tout de suite, d’entrée de jeu, il est difficile de ne pas être rebuté par une couverture peu engageante : cela est fort dommage car après celles des tomes précédents qui étaient franchement réussies, celle de ce troisième volume n’a rien de bien engageant. Fort heureusement, ce qui compte, c’est le contenu et, sur ce point, cela démarre très fort avec la conclusion attendue de l’intrigue du volume précédent où notre belle cyborg doit faire ses adieux, dramatiques bien sur, au jeune Yugo, obnubilé par la cité volante de Zalem et qui perdra la vie en essayant de l’atteindre. La scène est touchante et marque les esprits mais on regrettera tout de même que, une fois de plus, la conclusion d’une intrigue prenne fin dans les premières pages du tome suivant… Car en effet, dans ce volume, on passe une nouvelle fois a tout autre chose et, ici, on retrouve notre jeune héroïne amnésique devenue joueuse d’un sport oh combien spectaculaire et dangereux : le Motorball ! Cette course d’une violence rare où tous les coups sont permis est donc au cœur de l’intrigue de ce troisième tome de la saga, et, accessoirement, nous permet de faire la connaissance de tout un tas de nouveaux personnages : ceux qui prennent Gally sous leur protection, bien sur, dont Esdoc, mais aussi et surtout le charismatique Jashugan, le champion incontesté de la discipline qui deviendra, forcément, le rival a battre pour notre héroïne. Par certains cotés, on peut trouver que le Motorball prend un peu trop d’importance au sein de l’intrigue, cependant, au fil des pages et des réactions des protagonistes – particulièrement celle de Ido, fou de jalousie et qui est prêt a tout pour récupérer Gally – on se prend au jeu et il s’avère que tout cela, a défaut d’être d’une originalité a toute épreuve, n’en reste pas moins suffisamment captivant pour réussir a nous captiver toujours autant. Alors, pourquoi bouder notre plaisir au vu de ce manga qui, décidément, reste toujours aussi bon !?


Points Positifs :
- Le virage scénaristique prit lors de ce troisième tome est plutôt singulier car autant on pouvait être dubitatif quant a l’importance prise par le Motorball, autant, au final, voir Gally pratiquer ce sport ultra-violent s’avère être une bonne idée.
- De nouveaux protagonistes font leur apparition et si Shumira reste trop stéréotypé pour véritablement marquer les esprits – même si elle est sympa – il en est tout autrement de son frère, Jashugan, le champion en titre de Motorball, charismatique en diable et qui, bien évidement, devient le grand rival de Gally.
- Le comportement de Ido qui semble basculer un peu dans le coté obscur tellement il est désespéré que Gally l’ait quitté.
- La conclusion de l’intrigue du tome précédent, dramatique et touchante, où le jeune Yugo, échoue a atteindre la cité volante de Zalem.
- Coté dessins, il n’y a rien à redire, c’est toujours aussi bon !

Points Négatifs :
- Encore une fois, comment ne pas pester avec ces intrigues qui occupent l’intégralité d’un tome et qui s’achèvent en quelques pages dans celui d’après !? Franchement, c’est un peu n’importe quoi…
- C’est en lisant une œuvre comme Gunnm et en découvrant ce fameux Motorball qu’on se dit que le genre Cyberpunk nous pondait toujours le même genre de sport futuriste ultraviolent ; originalité, quant tu brille par ton absence !
- Une couverture pour le moins ratée et qui ne donne pas franchement envie…

Ma note : 7,5/10

mercredi 22 mars 2017

LE CYCLE D’ELRIC – LA SORCIÈRE DORMANTE


LE CYCLE D’ELRIC – LA SORCIÈRE DORMANTE

Elric est de retour. Une sombre fête commence. Les regards rouges du prince albinos percent l'apocalypse et défient l'entropie, les monstres assoiffés de sang, les tourbillons furieux des barbares en sueur quêtant n'importe quoi ! Mais son plus mortel ennemi, c'est peut-être sa propre épée, Stormbringer, au pouvoir maléfique, buvant les âmes de ses victimes et communiquant leur force à l'homme qui la porte... Est-il son maître ou son esclave ? A-t-elle partie liée avec Arioch des Sept Ténèbres, seigneur du Chaos, qu'il s'épuise à combattre ? Faible et sarcastique, maladif et sans scrupules, fataliste à ses heures, poète et désespéré, Elric doute. Il dit : «La justice n'existe pas. Il faut l'inventer» Faites comme lui, inventez ce que vous faites. N'obéissez pas.


Le Cycle d’Elric – La Sorcière dormante
Auteur : Michael Moorcock
Type d'ouvrage : Dark Fantasy
Première Parution : 17 mai 1971
Edition Française : 27 février 2006
Titre en vo : The Sleeping Sorceress
Pays d’origine : Royaume-Uni
Langue d’origine : anglais
Traduction : Michel Demuth
Editeur : Pocket
Nombre de pages : 187

Mon avis : Le Cycle d’Elric poursuit son petit bonhomme de chemin, alternant entre les premiers textes et d’autres, plus ou moins récents, et, dans ce cinquième volume, La Sorcière dormante, datant du tout début des années 70, Michael Moorcock, nous propose, avec les trois nouvelles qui composent ce roman, de retrouver le prince albinos aux prises avec son nouvel ennemi, le sorcier de Pan Tang, le cruel et fort vindicatif Theleb K'aarna. De plus, l’auteur britannique en profite pour réutiliser un personnage intéressant du cycle, la sorcière Myshella, que l’on avait rencontrée dans le tome précédant, Elric le nécromancien, et plus précisément dans la nouvelle Le songe du Comte Aubec. D’ailleurs, si la lutte entre Elric et Theleb K'aarna semble occuper la majeur partie de l’intrigue, la relation que le dernier prince de Melniboné entretient au cour de cette ouvrage avec la belle et fascinante Myshella (qui lui rappelle tant sa douce Cymoril) est primordiale pour l’ensemble du cycle, nous montrant que petit à petit, l’ancien serviteur du Chaos, commence à basculer vers la Loi, de part sa rencontre avec l’une des servantes de celle-ci, évidement, mais surtout en se rendant compte que ses actes, depuis longtemps, étaient plus qu’ambigus à l’encontre de ses prétendus seigneurs. Les trois nouvelles sont assez agréables à lire et suffisamment captivantes pour que l’on ne s’ennuie pas une seule seconde. Dans la première, Le Tourment du dernier Seigneur, l’on découvre comment, alors qu’Elric et Tristelune pourchassaient Theleb K'aarna, se fait la rencontre avec Myshella la sorcière, qui, forcement, a mal à partir avec le sorcier qui souhaite se débarrasser d’elle. Bien évidement, nos deux héros réussiront à la sauver mais la nouvelle qui n’aurait put être qu’un simple prétexte à justifier la rencontre entre Elric et Myshella, se retrouve sublimée par un final apocalyptique où le prince sanguinaire est tout simplement pris d’une folie meurtrière. Ensuite, dans Piège pour un prince pâle, on a le plaisir de retrouver un personnage assez charismatique que l’on avait rencontré dans le premier tome, Rackhir le Rouge, qui depuis, vit dans la mythique Tanelorn. Encore une fois, il faudra déjouer les pièges tendus par le maléfique Theleb K'aarna, cette fois ci allié aux mendiants de Nadsokor, une ville digne de la Cour des Miracles mais en puissance mille. Nouvelle sympathique, certes, mais inférieur, selon moi, aux autres nouvelles qui composent ce cinquième tome. Quant à la dernière de celle-ci, Trois héros pour un seul dessein, on voit l’union d’Elric avec deux autres incarnations du Champion Eternel : Corum et Erekosë. Les trois hommes se voient, au court de leurs aventures respectives, dans l’obligation de joindre leurs forces afin de libérer le compagnon de Corum, le fantasque Jhary-A-Conel, emprisonné dans une tour qui ne cesse de naviguer entre les divers plans, ne restant que quelques instants dans chacun d’eux. Une nouvelle assez plaisante qui nous en apprend beaucoup sur le multivers et le Champion Eternel. Au final, même si tout n’est pas parfait, La Sorcière dormante se révèle être un bon cru de Moorcock, qui se lit assez rapidement tant les nouvelles qui la composent sont captivantes : de l’action, de sombres sortilèges, des créatures redoutables, de véritables combats homériques (eh, Elric abat un Dieu !), mais aussi de l’amour et le désespoir le plus total. « Maudit, maudit, maudit ! » hurle Elric dans un final dramatique, mais comme chacun sait, c’est lui qui est véritablement maudit, ce qui, bien entendu, fait tout le charme du personnage. Vivement la suite !


Points Positifs :
- Il est évidant que La Sorcière dormante n’est pas le meilleur tome du cycle, cependant, par le biais de trois nouvelles plutôt captivantes, il n’en reste pas moins suffisamment plaisant et réussi pour satisfaire les fans du Prince albinos.
- La première nouvelle, Le Tourment du dernier Seigneur se révèle indispensable quant au lent basculement d’Elric quant à ses allégeances futures. De plus, il met en scène une certaine reine Myshella, personnage qui marque grandement ce cinquième tome.
- Trois héros pour un seul dessein pour la rencontre entre Elric, Corum et Erekosë et qui nous renvoi bien entendu a celle qui avait eu lieu dans Le Navigateur sur les mers du destin – manque Hawkmoon à l’appel.
- Piège pour un prince pâle pour Elric qui abat un Dieu, rien que ça !
- Un cinquième tome qui brille par une action omniprésente, ce qui nous change un peu des autres volumes, plus contemplatifs par moments.

Points Négatifs :
- Si dans l’ensemble, La Sorcière dormante reste plutôt plaisant a la lecture, force est de constater que ce n’est pas le meilleur tome de la saga, loin de là. Les nouvelles sont sympathiques, tout cela se lit bien et vite, mais il manque un petit quelque chose qui fait qu’aucune d’entre elles n’est indispensable.
- Encore une fois, on retrouve un des principaux défauts de la saga, surtout pour ce qui est de ses tomes les plus anciens, je veux bien évidement parler du fait que ces romans, ces nouvelles, sont beaucoup trop courtes. Dommage car lorsque Moorcock prendra davantage de temps pour soigner son écriture, ce sera sur des histoires plus récentes et franchement moins réussies.

Ma note : 7,5/10

mardi 21 mars 2017

LE CYCLE D’ELRIC – ELRIC LE NÉCROMANCIEN


LE CYCLE D’ELRIC – ELRIC LE NÉCROMANCIEN

Le glorieux Empire de Melniboné s'est effondré sous l'assaut de Puissances surnaturelles. Ses fils se sont dispersés à la surface de la Terre et s'éteignent lentement, haïs et craints des hommes, perdant le souvenir de leur antique fortune. Elric, le prince des ruines, descendant des empereurs, est le dernier adorateur de leurs dieux grotesques et merveilleux aux temples à demi oubliés. L'Ordre lentement le cède au Chaos. Elric est l'héritier de secrets terribles qui désormais ne peuvent que retarder l'échéance et portent surtout malheur à celui qui les détient. Alors il vit d'expédients, d'orgies et d'aventures, pillard sans scrupules, tueur cynique et désabusé, hanté par le remords, l'humour et la mélancolie. Constamment il nargue la mort, en attendant qu'elle le rattrape.


Le Cycle d’Elric – Elric le nécromancien
Auteur : Michael Moorcock
Type d'ouvrage : Dark Fantasy
Première Parution : 12 février 1977
Edition Française : 02 janvier 2006
Titre en vo : The Weird of the White Wolf
Pays d’origine : Royaume-Uni
Langue d’origine : anglais
Traduction : Frank Straschitz, Michel Demuth
Editeur : Pocket
Nombre de pages : 160

Mon avis : C’est avec Elric le Nécromancien, quatrième tome du cycle majeur de Michael Moorcock que l’on rentre véritablement dans le vif du sujet avec les premiers textes écrit par l’auteur de l’aventurier albinos et d’ailleurs, cela se ressent tout de suite : nouvelles plus courtes, un Elric légèrement différent, bien plus cruel par moments et insensible, mais un souffle épique toujours présent et qui laisse songeur. Alors bien sur, le lecteur moderne, blasé, pourra être dubitatif devant les états d’âmes du dernier héritier de l’antique Melniboné, après tout, depuis les années 60, on a eu l’occasion d’en voir défilé par semi remorques des antihéros ; cependant, imaginez un instant, à l’époque, ce que put représenter un personnage comme Elric, littéralement à contre courant de la production habituelle (qui oscillait entre Tolkien et Conan et ses clones) put représenter : tout simplement une révolution. Et les quatre nouvelles composants ce quatrième tome, même si tout n’est pas parfait et que, par moment, on tout cela accuse un peu son age, le démontre plutôt bien. La première, Le songe du Comte Aubec, est assez particulière puisque Elric n’y apparaît pas le moins du monde, son nom n’apparaissant d’ailleurs même pas. Alors, me direz vous, quel intérêt sa présence dans un tel ouvrage ? Pour commencer, le récit se déroule dans le passé, à l’époque de la jeunesse des Jeunes Royaumes, dont on apprend, à la fin, que leur création fut pour le moins particulière. Ensuite, les plus attentifs d’entre vous se rappellent probablement qu’avant de trouver Stormbringer, l’arme de notre albinos préféré était l’épée d’un certain… Aubec. Bref, sans être véritablement extraordinaire, cette nouvelle se relève pour le moins indispensable pour la compréhension globale de la saga, justifiant sa place dans le cycle. Avec La Cité qui rêve, c’est tout simplement à la mythologie Moorcockienne que l’on s’attaque ; en effet, dans ce (trop) court récit, tout ce qui fait, et fera la légende d’Elric est là : la chute de Melniboné, la mort de Cymoril par les mains de son amant, la fuite et la trahison d’Elric, dont les remords ne le quitteront plus. Nouvelle en elle-même excellente, son seul, mais important, défaut est que, comme Moorcock écrivit son cycle dans le désordre le plus total (pour ne pas dire le bordel intégral) y revenant par la suite parfois quelques décennies plus tard, le lecteur aura tout d’abord un peu de mal à reconnaître le mélancolique personnage des premiers tomes (comme dit plus haut), mais, et là c’est bien plus grave, les incohérences sont plus que nombreuses et dommageables pour l’ensemble de la saga. Car là, on est au-delà des boulettes : si Cymoril, dans La Cité qui rêve, est victime d’un sort de sommeil de son frère Yyrkoon, pourquoi diable Moorcock, dans Elric des Dragons, censé se déroulé bien avant mais écrit plus tard, réutilise le même procédé, tout en oubliant qu’Elric avait laissé le trône, ponctuellement certes, a son cousin ? Boulettes et répétitions inutiles… Vraiment dommage pour le coup… La troisième nouvelle, Tandis que rient les Dieux, est l’un des grands moments de ce quatrième tome. Tout d’abord, celui qui deviendra l’un des personnages les plus importants du cycle, Tristelune, le fidèle compagnon et ami du dernier prince de Melniboné y fait son apparition, et rien que pour cela, le récit se devait d’être souligné. Cependant, plus qu’une simple histoire servant de prétexte à l’entrée en scène du second rôle de la saga, Tandis que rient les Dieux est fort d’une intrigue vraiment captivante, où l’on retrouve tout le fatalisme du cycle et où Elric se lance en quête d’un livre, censé lui apporté toutes les réponses qu’il ne cesse de se poser sur le but de sa vie et sur les finalités, plus globales, du destin et des forces qui le contrôlent ou qui luttent depuis la nuit des temps sans parvenir à la victoire. Et alors, après être venu à bout de maintes épreuves, au moment où il croit que toutes ses questions trouveront finalement une réponse, le livre tombe en poussière dans ses mains, le plongeant dans le plus profond des désespoir… scène superbe, où tout le pathétisme et la futilité de l’espérance de connaissance des hommes est mise en avant. Vraiment excellant ! Pour finir, je dois reconnaître que La Citadelle qui chante, malgré une intrigue intéressante et qui se lit bien, doit bien plus à l’apparition de celui qui deviendra la nouvel némésis d’Elric, l’inquiétant et fourbe Theleb K'aarna, ainsi que celle de la Reine Yishana qu’à son histoire, sympathique mais loin d’être extraordinaire et qui permet surtout de faire le lien avec Le songe du Comte Aubec. Certes, elle à sa place dans la saga, mais on à déjà et l’on connaîtra bien mieux… Quoi qu’il en soit, Elric le Nécromancien marque un tournant incontestable dans la saga et c’est bel et bien dans ce quatrième tome que le lecteur rentrera de plein pied dans le cycle, suivant désormais les péripéties d’Elric et de son compagnon Tristelune dans maintes aventures où la lute de la Loi et du Chaos n’est jamais bien loin, et ce, jusqu’à leur sort funeste et inoubliable. Inoubliable comme certaines nouvelles qui composent ce roman et dont les seules faiblesses, malheureusement,  sont qu’elles sont trop courtes mais aussi aux nombreuses incohérences qui parsèment le récit et qui sont dues, à des parutions, comme vous le savez, dans le plus parfait désordre.


Points Positifs :
- Chronologiquement, c’est le véritable début du Cycle d’Elric puisque les nouvelles qui composent cet Elric le nécromancien sont les premières écrites par Moorcock et dans celles-ci, on a droit a un héros ambivalent, oh combien charismatique, et qui connait les plus grands drames de son existence : la mort de Cymoril et la destruction d’Imrryr, la Cité qui rêve…
- La Cité qui rêve et Tandis que rient les Dieux sont deux des meilleures nouvelles de l’intégralité du cycle, la première pour son coté dramatique qui fera de notre héros ce qu’il est, la seconde, pour l’apparition du compagnon d’Elric, le sympathique Tristelune, mais aussi pour ce fatalisme qui, jamais, ne quitte le dernier prince de Melniboné.
- Elric est tout de même l’une des figures les plus charismatiques de la Fantasy et c’est toujours un plaisir que de suivre ses aventures, surtout que le personnage est d’une complexité rare, surtout pour l’époque.
- Le songe du Comte Aubec s’avère indispensable pour la compréhension du monde où vit Elric.
- La Citadelle qui chante apparait en retrait vis-à-vis des autres nouvelles mais reste de qualité.

Points Négatifs :
- Quel dommage que toutes ces nouvelles soient beaucoup trop courtes. Il y avait pourtant tant a dire de plus et l’impression finale et que, malheureusement, on survole plus les événements qu’on ne les vit.
- Comme Moorcock a eu l’idée, au fil des ans – et jusqu’à ce jour – de revenir régulièrement a son personnage fétiche, nous avons droit, par la force des choses, a bon nombre d’incohérences vis-à-vis de romans écrits plus récemment mais dont les histoires sont censées s’être déroulées avant celles de Elric le nécromancien.

Ma note : 8/10
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