samedi 23 septembre 2017

LES ANNALES DU DISQUE-MONDE – AU GUET !


LES ANNALES DU DISQUE-MONDE – AU GUET !

Une société secrète d'encagoulés complote pour renverser le seigneur Vétérini, Patricien d'Ankh-Morpork, et lui substituer un roi. C'est sans compter avec le guet municipal et son équipe de fins limiers. Enfin une affaire à la mesure du capitaine Vimaire, alcoolique frénétique, et de ses non moins brillants adjoints. Et lorsqu'on retrouve au petit jour dans les rues les corps de citoyens transformés en biscuits calcinés, l'enquête s'oriente résolument vers un dragon de vingt-cinq mètres qui crache le feu ; on aurait quelques questions à lui poser. Peut-être la collaboration du bibliothécaire de l'Université ne serait-elle pas inutile. Certes, à force de manipuler les grimoires de la plus vaste collection de livres magiques du Disque-Monde, il a depuis quelque temps été métamorphosé en singe, mais qui a vraiment remarqué la différence ?


Les Annales du Disque-Monde – Au Guet !
Auteur : Terry Pratchett
Type d'ouvrage : Fantasy Burlesque
Première Parution : 18 septembre 1989
Edition Française : 31 mai 2011
Titre en vo : Guards! Guards!
Pays d’origine : Grande-Bretagne
Langue d’origine : Anglais
Traduction : Patrick Couton
Editeur : Pocket
Nombre de pages : 352

Mon avis : Avec Au Guet !, huitième tome des Annales du Disque-Monde, il est évidant que nous avons droit a un des tous meilleurs ouvrages de la saga, rien que ça ! Il faut dire que celui-ci est un pur chef d'œuvre de Fantasy humoristique tout en étant également un véritable polar, et, cette fois, on peut dire que l'auteur britannique aura parfaitement réussi le mélange des genres, ce qui, a première vu, n'est pas chose aisée. Et pour ce qui est de l’intrigue en elle-même, celle-ci, une fois de plus, se déroule dans la si peu agréable cité d' Ankh-Morpork, cependant, cette fois-ci, c'est au guet que nous allons avoir a faire, ou plutôt a ce qui en reste tant celui ci est méprisé par les habitants. Pourtant, lorsque les premières victimes sont retrouvées calcinées et que la rumeur d'un dragon commence à courir, se sont ces braves représentants de la Loi (enfin, c'est un bien grand mot) qui vont s’atteler a la tache et sauver la cité. Terry Pratchett a un don extraordinaire pour nous créer des personnages qui deviennent instantanément cultes (ce que, il faut bien le reconnaître, est assez rare) et ce, quelque soit leur degré d'importance dans l'histoire. Et, bien évidement, les membres du Guet n'en sont pas en reste : entre le Capitaine Vimaire, stéréotype même du flic de polar, désabusé et alcoolique mais qui ne lâche rien, Carotte, le Nain d'adoption, plutôt naïf et qui ne voit que par son manuel de Loi, Colon le sergent grassouillet et Chicard, sale, petit et voleur, on est plus que servis. Surtout que (a part Carotte, nouvelle recrue idéaliste), la devise du guet est d’éviter les problèmes et que la lâcheté est un bon moyen de survie, on se dit que ces fis limiers n'iront pas bien loin. Et pourtant... Cependant, si nos braves gardes de nuit attirent l'attention, les autres protagonistes ne sont pas en reste : entre le Praticien, de plus en plus développé au fil des tomes, le Bibliothécaire toujours égal a lui même, J'me tranche la Gorge, vendeur ambulant, Dame Ranking a la forte... euh, personnalité, les dragons, omniprésents et, le mystérieux Grand Maître Suprême, a l'origine de tous les ennuis, chacun, a sa manière est inoubliable. Mais si les personnages sont parfaits, il en va de même de l'histoire : passionnante, drôle (on est dans les Annales pardieu !), assez bien ficelée, il est quasiment impossible de lâcher ce livre tant il est prenant. Autant qu'un polar, comme je vous le disais en préambule, un très bon polar dans un monde médiéval fantastique ubuesque ou tout peut arriver, surtout le plus improbable ! Bref, vous l’avez compris, Au Guet ! est un véritable bijou, qui vous fera mourir de rire et que vous n'oublierez pas de sitôt.


Points Positifs :
- Premier ouvrage où apparait le guet d'Ankh-Morpork, Au Guet ! est indéniablement un incontournable : il faut dire qu’ici, tout est parfait, ou presque, et que ces antihéros sont tellement bourrés de défauts qu’ils en deviennent immédiatement attachant et… cultes !
- Samuel Vimaire image même du flic désabusé et alcoolique, Carotte Fondeurenfersson, jeune recrue idéaliste, Frédéric Côlon, prototype même du sergent et le Caporal Chique, formidable petite frappe, sont des protagonistes que l’on n’est pas prêt d’oublier ; et comme ils reviendront par la suite…
- Une intrigue captivante qui fera que vous ne lâcherez par ce bouquin tant que vous ne l’aurez pas finit !
- Que de thématiques abordées dans cet ouvrage : le respect de la loi, l’image que la population a des forces de l’ordre, le pouvoir de la démagogie, la défense des animaux, les sociétés secrètes.
- Fantasy parodique, polar, Au Guet ! est un formidable hommage, comme Pratchett le dit lui-même, a tous ces gardes qui, dans toutes œuvres de Fantasy, apparaissent rapidement dans l’histoire pour se faire trucider bêtement par le héros sans qu’on leur demande leur avis.

Points Négatifs :
- Pas vraiment de points négatifs a signaler dans cet ouvrage, après, certains pointeront du doigt certains personnages stéréotypés, certaines situations convenues, mais bon, c’est du Pratchett donc c’est normal et si vous appréciez cet ouvrage, cela ne vous dérangera guère, bien au contraire.

Ma note : 8,5/10

mercredi 20 septembre 2017

ZOULOU


ZOULOU

Au lendemain de la défaite d'Isandhlwana, au Natal, une centaine de Tuniques rouges défendent Rorke's Drift, une ferme faisant office de mission au révérend Jack Witt, contre 4000 guerriers Zoulous. Malgré de nombreuses attaques coordonnées des indigènes, les soldats britanniques repoussent les assauts. Alors qu'ils croient la bataille perdue, ils reçoivent un hommage de leurs ennemis saluant leur courage et leur ténacité.


Zoulou
Réalisation : Cyril R. Endfield
Scénario : Cy Endfield et John Prebble
Musique : John Barry
Production : Diamond Films
Genre : guerre, historique
Titre en vo : Zulu
Pays d’origine : Royaume-Uni
Langue d'origine : anglais, zulu
Date de sortie : 22 janvier 1964
Durée : 138 minutes

Casting :
Stanley Baker : le lieutenant John Chard
Michael Caine : le lieutenant Broomhead
Jack Hawkins : le révérend Otto Witt
Ulla Jacobsson : Margaretta Witt
James Booth : Henry Hook
Nigel Green : le sergent Bourne
Paul Daneman : le sergent Maxfield
Patrick Magee : le chirurgien Reynolds
Chef Buthelezi : Catewayo
Richard Burton : narrateur

Mon avis : Quinze ans avant l’excellent Zulu Dawn, dont je vous ai parlé sur ce blog le mois dernier, Cy Endfield avait déjà sorti au cinéma un autre long métrage sur la guerre anglo/zulu de la seconde moitié du dix-neuvième siècle, je veux bien évidement parlé de Zoulou. Pour la petite histoire, Zulu Dawn, qui retrace la bataille d’Isandhlwana, est la préquelle de Zoulou et, dans ce dernier, il est fait mention du massacre subit par les britanniques faces aux troupes du roi Catewayo. L’idéal, bien entendu, est de regarder les deux films dans cet ordre, donc, est de se plonger dans ce qu’il faut bel et bien appeler une excellente, que dis-je, une merveille du septième art. Car en effet, si Zulu Dawn n’était pas loin du chef d’œuvre, Zoulou, lui aussi, n’a pas grand-chose à lui envier : déjà, que le même homme soit aux manettes des deux films aide beaucoup, c’est un fait, ensuite, si le long métrage de 1979 est l’un des meilleurs dans le genre massacre en règle, son prédécesseur, donc, est un pur bijou du genre « siège ». N’ayant rien à envier à un certain Rio Bravo, Zoulou est une pure merveille de bataille de sièges, de défense acharnée par une petite troupe face aux hordes nettement plus nombreuses qui leur font face. L’amateur du genre, bien entendu, ne peut qu’être aux anges face à cette interminable bataille qui ne le laisse, à aucun moment, reprendre son souffle ! Glorifiant davantage l’armée britannique que dans Zulu Dawn, Zoulou n’est cependant pas manichéen pour un sou et les deux armées sont glorifiées, que ce soit dans leurs exploits que dans leurs hauts faits d’armes. Bien évidement, la distribution, britannique, est somptueuse et si Stanley Baker, grand acteur en son temps, occupe le haut de l’affiche, un certain Michael Caine qui tenait là son premier rôle majeur n’est pas en reste. Bref, un excellent film de guerre comme on n’en fait plus – il faut le reconnaitre – et qui, avec son successeur, est un indispensable pour tous les amateurs du genre qui souhaiteraient se replonger dans ce conflit colonial oublié de nos jours…


Points Positifs :
- Comme ce sera le cas avec son successeur, Zulu Dawn, Zoulou est un film de guerre historiquement parfait de bout en bout et qui se regarde avec grand plaisir ; il faut dire que si la bataille d'Isandhlwana méritait un film, celle de Rorke's Drift, plus glorieuse pour l’armée coloniale britannique, n’était pas en reste.
- Un pur bijou des films de siège et les amateurs du genre ne pourront que se délecter de ces assauts successifs sur une petite garnison et de la manière dont celle-ci se défend, encore et encore. Un film digne de Rio Bravo ou d’Alamo !
- Une distribution à la hauteur de l’événement avec un certain Michael Caine qui trouve là son premier rôle marquant sur grand écran.
- La bataille est fort longue, or, on ne s’ennui pas une seule minute !
- Même si la résistance héroïque des quelques britanniques glorifient certainement ces derniers, Zoulou est tout sauf une œuvre manichéenne.
- Ces magnifiques décors en extérieur !

Points Négatifs :
- Dommage que la plupart des protagonistes n’aient pas été davantage présentés au début du film comme ce sera le cas dans Zulu Dawn, du coup, certaines morts marquent moins les esprits…

Ma note : 8,5/10

mardi 19 septembre 2017

LES ANNALES DU DISQUE-MONDE – PYRAMIDES


LES ANNALES DU DISQUE-MONDE – PYRAMIDES

Teppicymon XXVII est mort et il a un peu de mal à se faire à cette idée. Même s'il respecte le professionnalisme des embaumeurs, voir ces sympathiques artisans plongés jusqu'aux coudes dans vos entrailles a quelque chose qui vous remue les tripes. Son fils va lui succéder et lui aussi a quelque difficulté à s'adapter à la nouvelle situation. Pas facile d'hériter du trône quand on est encore un ado et qu'on vient d'achever ses études à la Guilde des Assassins... Vous voilà soudain responsable du lever du soleil comme de l'abondance des récoltes. Et les ennuis vous guettent : vaches grasses, vaches maigres, sphinx, prêtres fanatiques, crocodiles sacrés et momies vagabondes. Sans compter que la Grand Pyramide a précipité le royaume dans une faille spatio-temporelle.


Les Annales du Disque-Monde – Pyramides
Auteur : Terry Pratchett
Type d'ouvrage : Fantasy Burlesque
Première Parution : 03 mars 1989
Edition Française : 10 janvier 2011
Titre en vo : Pyramids
Pays d’origine : Grande-Bretagne
Langue d’origine : Anglais
Traduction : Patrick Couton
Editeur : Pocket
Nombre de pages : 320

Mon avis : Ce septième volume des Annales du Disque-Monde est un peu diffèrent des autres, puisque, pour une fois, nous quittons les personnages plus ou moins récurrents de la série pour nous plonger dans un ancien royaume dont toute ressemblance avec l’ancienne Egypte est tout sauf fortuite. Et c'est ce qui rehausse l'intérêt de ce livre et de la saga, par la même occasion, car ce dépaysement, nous évite de tourner en rond et nous montre un autre aperçu de la géographie du Disque et de toutes les possibilités romanesque qui en découlent, et ce, même si la cité d' Ankh-Morpork est présente dans la première partie de l'œuvre (avec au passage, de forts utiles développements sur les différentes guildes de la ville, en particulier la guide des Assassins, qui nous préoccupe ici, où l'on suit la formation de ces derniers). Donc, nous voila avec une géniale copie de l’Egypte, elle même entourée de deux autres nations qui nous font penser immédiatement a la Grèce et a la Perse. Le décor est planté, et l'on ne va pas s'ennuyer une seule seconde ! Car une fois de plus, Terry Pratchett ne déçoit pas et nous offre, avec Pyramides, un excellent roman à l'humour subtil et corrosif où un jeune héritier, Teppic, qui rêvait de devenir assassin, se voit forcé de rentrer chez lui a la suite du décès de son père afin de prendre sa succession. Bien évidement, pour avoir connu le vaste monde extérieur, notre héros du jour rêve d’apporter quelques progrès à ses sujets, mais cela ne sera pas aussi simple car il est difficile de changer des traditions vieilles de 7000 ans. Surtout que le garant de celles-ci, le grand prêtre Dios, veille au grain. A ce sujet, celui ci mérite une mention spéciale : jusqu'à présent, Pratchett nous avais inventé des personnages, qu'ils soient importants ou secondaires, attachants et charismatiques. Avec Dios, on a l'un des plus intéressants de part sa personnalité, inquiétante et complexe. Si de prime abord, celui ci ne semble pas payer de mine, il se découvre au fil de la lecture (et des diverses révélations) et gagne en intérêt, et ce, jusqu'à la révélation finale (mais chut!). Quand aux autres protagonistes de Pyramides, fort nombreux, on n’est pas déçus une seconde, et pourtant, ils sont légions entre l’architecte et ses deux fils (hilarants), l’embaumeur et son apprenti, Ptorothée et ses origines mystérieuses, les compagnons de la guilde des assassins, les philosophes, sans oublier, bien sur, le plus grand mathématicien du disque qui est tout bonnement un… chameau ! Mais il ne faut pas oublier le Pharaon précédant ; certes, il est mort, mais cela ne l’empêche pas de vaquer à ses occupations.... Bien évidement, comme d'habitude chez Pratchett, rien ne sera simple et les péripétie les plus loufoques font se succéder au fil des pages entre des pyramides de plus en plus grandes et de plus en plus dangereuses, un royaume entier qui disparaît, des momies qui se promènent, des Dieux qui apparaissent, un Sphinx et... son énigme (forcement!), Dios et ses secrets et Teppic, au beau milieu de tout ça, essayant de faire de son mieux. Et si je vous dis que les mathématiques, la physique quantique, les marges de bénéfice et la philosophie tiennent une place primordiale dans cette œuvre, vous comprenez peut être ou vous mettez les pieds ? Ou ça ? Dans un (une fois de plus) excellent volume des Annales. Bien évidement, a lire...


Points Positifs :
- Premier roman dit indépendant du cycle du Disque-Monde, Pyramides est indéniablement une petite réussite où Pratchett réussi à nous donner une vision fort intéressante de l’Egypte antique, mais aussi et surtout, de la force des traditions, celles-ci étant au cœur de l’intrigue. Bien entendu, l’auteur le fait par le biais de l’humour, mais avec grand talent !
- Dios est indéniablement un personnage fort intéressant dans cet ouvrage, surtout au fil de la lecture, lorsque l’on en comprend davantage à son sujet et que l’on apprend qui il est vraiment.
- Une flopée de protagonistes assez réussis dans l’ensemble, avec, en tête de liste, Teppic, le jeune pharaon assassin, la jeune et sensuelle Ptorothée, quelques momies, des architectes et tout un tas d’autres personnages plutôt plaisants.
- Références à l’Egypte antique, donc, mais aussi a L’Iliade, a La Bible, a la rivalité entre le monde grec et les perses, mais aussi, a la religion en règle générale avec tous ces dieux inventés par l’homme et qui prennent subitement vie, au grand dam des… prêtres !
- L’humour propre a la saga, bien sur, mais aussi tout un tas de références scientifiques plutôt bien trouvées.

Points Négatifs :
- Patrick Couton est indéniablement un excellent traducteur de l’œuvre de Pratchett, c’est un fait indéniable, cependant, dans Pyramides, je ne comprends pas pour quelle raison il a donné un accent marseillais aux grecs locaux ? Sincèrement, cela m’aura insupporté a chaque fois que l’un de ces derniers avait une ligne de dialogue et cela s’en est ressentit a la lecture…
- Un final un poil trop expéditif a mon gout.

Ma note : 8/10

dimanche 17 septembre 2017

ELMER


ELMER

En ce mois d’octobre 2003, Jake se réveille au beau milieu de la nuit. Vue l’heure très tardive à laquelle son cauchemar l’a sorti de son sommeil, il surfe sur le net. Il déprime en voyant les informations concernant la grippe aviaire, mais se réjouit en tombant sur des photos dénudées d’Anna Rosie, une actrice qu’il trouve irrésistible. Plus tard dans la matinée, il se rend à un entretien d’embauche. Il en est aussitôt refoulé et ne comprend pas pourquoi. Son CV est pourtant éloquent, ses qualités nombreuses... Jake est persuadé que si la recruteuse ne veut pas de lui, c’est tout simplement parce qu’il est un poulet. Il ne peut y avoir d’autres explications. Mis dehors par les vigiles de la société, le gallinacé rend ensuite visite à sa sœur qui travaille à l’hôpital. Celle-ci lui explique que les choses ont changé et que les poulets ont tous leur place dans la société actuelle. En rentrant chez lui, Jake apprend que son père Elmer est gravement malade. Il prend donc le bus pour aller le voir. Il retrouve toute sa famille, mais peu après, son paternel décède. Jake est décontenancé. Sa mère lui lègue alors le journal intime que tenait son père. La haine que Jake portait jusqu’ici pour les humains change peu à peu…


Elmer
Scénario : Gerry Alanguilan
Dessins : Gerry Alanguilan
Encrage : Gerry Alanguilan
Couleurs : Gerry Alanguilan
Couverture : Gerry Alanguilan
Genre : Chronique sociale
Editeur : Slave Labor Graphics
Titre en vo : Elmer
Pays d’origine : Etats-Unis
Parution : 24 novembre 2010
Langue d’origine : anglais
Editeur français : Çà et là
Date de parution : 24 novembre 2010
Nombre de pages : 141

Liste des épisodes
Elmer 1-4

Mon avis : Cela faisait très longtemps, grosso modo, sept ans, que je souhaitais lire ce fameux Elmer, œuvre pour le moins atypique de Gerry Alanguilan où, subitement, et sans grande explication, du jour au lendemain, les poulets accédaient a l’intelligence et a la conscience de soit. Un postulat de départ pour le moins singulier, il faut en convenir, mais fort propice pour nous proposer une belle critique sociale sur nous-mêmes, puisque, il faut le reconnaitre, si une telle chose arriverait dans le monde réel, si une espèce animale deviendrait subitement intelligente, je pense que la réaction de l’humanité ne serait pas tout de suite positive, bien au contraire. C’est donc sans grande surprise que, a la lecture de cet Elmer, le lecteur tombe tout de suite dans une critique sociale du plus bel effet, l’auteur usant de son postulat incroyable pour montrer les nombreux défauts de l’humanité, toujours prompte a taper sur son voisin, encore plus si celui-ci est différent. Les amateurs du genre, c’est-à-dire, d’œuvres un peu plus complexes que la moyenne seront bien évidement ravis par le propos de cet Elmer, surtout que, en plus d’une partie graphique qui, en toute sincérité, est superbe – et dire que Gerry Alanguilan est surtout connu dans le monde des comics qu’en tant qu’encreur – le scénario, lui, mérite le détour et on tombe très rapidement sous le charme de cette histoire familiale où se mêlent ressentis, regrets, amour mais aussi, ne l’oublions pas, d’autres thématiques plus large comme les relations sentimentales envers ceux jugés différents, le racisme, les excès en tout genre, mais aussi, car l’espoir existe aussi, l’amitié, malgré les différences. Elmer est donc une œuvre fort réussie, sans grandes surprises, il faut le reconnaitre, mais qui, par sa profondeur amène le lecteur a la réflexion : après tout, ne soyons pas dupes car si dans ce comics, ce sont les poulets qui sont pointer du doigt par les humaines, dans un sens plus large, on pourrait les remplacer par les noirs, les juifs et n’importe quelle autre communauté humaine qui, au cours de l’histoire, auront été victimes de la sauvagerie de leurs « frères » humains…


Points Positifs :
- Une œuvre mature qui, sous couvert de fantastique – des poulets qui accèdent a l’intelligence, il fallait oser – est en fait une fort belle critique sociale de l’espèce humaine dans son ensemble. Les défauts, mais aussi les qualités de cette dernière ne sont pas occultés et quand on pense a ce que l’Homme a put faire a ses semblables, on se doute bien que face a des poulets intelligents, cela sera du racisme puissance mille !
- Elmer est également une belle histoire familiale, qui revient sur les joies et les peines que tout a chacun peut ressentir au sein de la sienne, sur les non-dits, les préférences, les regrets, etc.
- Graphiquement, c’est une pure merveille et je trouve fort judicieux le choix du noir et blanc de la part de Gerry Alanguilan.
- Une couverture assez sobre mais néanmoins réussie.

Points Négatifs :
- En tant que critique sociale, il faut reconnaitre que d’autres œuvres ont déjà été bien plus loin et qu’il manque peut-être un petit plus – quelques pages – a Elmer pour devenir un chef d’œuvre absolu.
- Dommage que cette bande dessinée n’est pas été un peu plus longue : il y avait peut-être de quoi en faire un peu plus, surtout vers la fin.

Ma note : 8/10

samedi 16 septembre 2017

L'ATTAQUE DES TITANS – TOME 22


L'ATTAQUE DES TITANS – TOME 22

Il y a plus d’un siècle, les Hommes vivaient en paix. Mais, un jour l’Humanité a été presque entièrement décimée par des êtres gigantesques, les Titans. Personne ne sait d’où ils viennent ! Une chose est sûre, ils semblent animés par un unique but : dévorer les humains, un par un ! Depuis, les derniers rescapés ont bâti une place forte, une cité cernée de hautes murailles au sein de laquelle vivent leurs descendants. Ignorants tout du monde extérieur, ils se pensent au moins à l’abri des Titans ! Mais leurs vies basculent le jour où surgit un Titan colossal… Capturé suite à la dénonciation de son fils, Grisha est torturé puis condamné à la déportation sur l’île du Paradis. Curieuse surprise de découvrir qu’il connaît les officiers qui s’apprêtent à le supplicier...


L’attaque des Titans – Tome 22
Scénariste : Hajime Isayama
Dessinateur : Hajime Isayama
Genre : Shōnen
Type d'ouvrage : Action, Dark Fantasy, Dystopie, Horreur, Tragédie
Titre en vo : Shingeki no Kyojin vol. 22
Parution en vo : 07 avril 2017
Parution en vf : 16 août 2017
Langue d'origine : Japonais
Editeur : Pika Édition
Nombre de pages : 192

Mon avis : Comme les fans de cet excellent manga qu’est L’attaque des Titans le savent bien, il était attendu que ce vingt-deuxième volume de la saga soit celui des révélations, ce, vu que, dans le tome précédant, nos héros étaient enfin parvenus dans la fameuse cave de la maison d’Eren, celle où son père, disparu depuis des années, avait enfermé tous ses secrets. Et ce fut en découvrant les journaux du docteur Jäger que, petit à petit, les lecteurs, comme nos héros, apprenaient enfin la vérité sur le passé de ce dernier, mais aussi et surtout, sur celui de l’espèce humaine, sur l’origine des Titans et, plus important que tout, sur le fait que quasiment tout ce qu’ils (et nous) croyaient savoir s’avérait être faux ! Et c’est donc avec une certaine stupéfaction que l’on parcoure ce vingt-deuxième tome, principalement centré, donc, sur le passé du père d’Eren et sur la véritable histoire du monde. Franchement, l’auteur, Hajime Isayama, aura réussi son coup car en toute sincérité, même si cela faisait fort longtemps que l’on avait compris que les choses n’étaient pas aussi simple qu’on pouvait le penser de prime abord, il est clair que personne ne se serait attendu a ce que, en fait, l’humanité n’ai absolument pas disparue, que le peuple vivant entouré de Titans soit, en fait, des descendants de ces derniers et que, pour la petite histoire, celui-ci soit menacé par son puissant voisin, celui-ci, au demeurant, usant eux aussi de Titans afin d’écraser leurs adversaires – vous comprenez d’où viennent le Titan Bestial, Annie, Reiner et les autres !? Bref, un volume fort riche en révélations et qui ravira les amateurs de la saga, ne serais-ce que par les bouleversements que celles-ci auront apporté.


Points Positifs :
- Les révélations avaient débutées dans le tome précédant et se poursuivent dans celui-ci, sauf que, si jusque là, on en avait appris pas mal sur le passé du docteur Jäger, ici, on découvre tout un tas de choses sur l’histoire du monde, les origines des divers peuples qui le composent et sur celles des Titans. Et, sincèrement, on va de surprises en surprises tellement celles-ci sont inattendues !
- Chapeau bas a Hajime Isayama pour la tournure scénaristique que toutes ces révélations entrainent, car bon, comment dire, lors des débuts de la série, qui aurait put croire qu’en fait, tout ce que l’on croyait savoir s’avérait être faux !? Qui aurait put croire que tout cela serait bien plus complexe qu’une simple lutte entre les survivants de l’humanité et des créatures monstrueuses ?!
- En plus des révélations sur les origines de tout ce petit monde, il y en a une plutôt importante mine de rien : ainsi, les humains qui héritent des pouvoirs des plus puissants Titans sont condamnés à brève échéance…
- Pour ce qui est des dessins, ce n’est pas une surprise, Hajime Isayama n’est pas un artiste exceptionnel, loin de là, mais bon, lorsque l’on pense aux débuts, on se dit que l’auteur a fait quelques progrès notables.

Points Négatifs :
- Un grand bof pour cette couverture franchement pas engageante pour un sou…
- Certes, Hajime Isayama a fait des progrès pour ce qui est des dessins depuis les premiers volumes, mais bon, que de faiblesses par moments tout de même : ainsi, que dire des planches où les personnages sont derrière les barreaux ?! A chaque fois, c’est ridicule !

Ma note : 8/10

vendredi 15 septembre 2017

DIVA


DIVA

Annie Lennox

1 - Why (Annie Lennox) 4:53
2 - Walking on Broken Glass (Annie Lennox) 4:12
3 - Precious (Annie Lennox) 5:08
4 - Legend in My Living Room (Annie Lennox, Peter-John Vettese) 3:45
5 - Cold (Annie Lennox) 4:20
6 - Money Can't Buy It (Annie Lennox) 4:58
7 - Little Bird (Annie Lennox) 4:48
8 - Primitive (Annie Lennox) 4:16
9 - Stay by Me (Annie Lennox) 6:26
10 - The Gift (Annie Lennox, The Blue Nile) 4:52
11 - Keep Young and Beautiful (Al Dubin, Harry Warren) 2:17


Diva
Musicien : Annie Lennox
Parution : 6 avril 1992
Enregistré : 1991
Durée : 49:55
Genre : Pop, Rock indépendant, Soul
Producteur : Stephen Lipson
Label : RCA

Musiciens :
Annie Lennox : claviers, chants
Paul Joseph Moore : claviers
Marius de Vries : claviers, programmation
Peter-John Vettese : claviers, programmation
Edward Shearmur : piano
Kenji Jammer : guitare, programmation
Steve Lipson : guitare, claviers programmation
Doug Wimbish : basse
Gavyn Wright : violon
Dave Defries : trompette
Keith LeBlanc : batterie
Luís Jardim : percussions
Steve Jansen : batterie programmation

Mon avis : Jusqu’ici, Annie Lennox n’avait eu droit qu’a une seule petite apparition sur ce blog, ce fut cet été, avec l’excellent Touch, sans nul doute un des meilleurs si ce n’est le meilleur album du groupe qui la fit connaitre au grand public, je veux bien évidement parler de Eurythmics. Une hérésie, ou presque, très rapidement rattrapée puisque, aujourd’hui, c’est au tour de Diva d’avoir droit a sa critique et si Touch était le symbole de la première vie de la chanteuse écossaise, Diva, lui, est celui de la seconde… En effet, cet opus est le tout premier de la… euh… diva (sans la connotation négative que l’on ressent lorsque n’importe quelle chanteuse américaine se prétend en être une) après la séparation de Eurythmics ; un album attendu au tournant, donc, en cette lointaine année 1992, surtout que, a l’époque, nombreux étaient ceux qui pouvaient douter du potentiel de la belle sans son alter-ego, Dave Stewart. Or, si ses talents de chanteuse n’étaient plus une surprise pour personne, ce qui marque principalement les esprits a l’écoute de ce Diva, c’est que, non seulement Annie Lennox signe toute seule la quasi intégralité des titres qui composent cet album, mais que, surtout, ces derniers sont bons, voir très bons ! Une belle surprise, donc, pour ceux qui pensaient que l’écossaise se contentait de pousser – de fort belle manière, certes – la chansonnette tandis que le sieur Stewart faisait tout le reste – avec un soupçon de misogynie, vous ne trouvez pas – et la confirmation, incontestable, de son talent. Pour la petite histoire, Diva, premier d’une belle lignée, sera disque de l’année en Grande-Bretagne en 1992, et la miss Lennox, enfin reconnue à sa juste valeur. Bien évidement, avec des titres comme Why, Precious, Cold, Little Bird ou Walking on Broken Glass, la chose était on ne peut plus normale, mais bon, a une époque où le terme diva est usé a toutes les sauces, souvent de manière ridicule, il est de bon ton de rappeler que l’une des meilleures, incontestablement, est une certaine Annie Lennox, et que cet album en est le plus bel exemple…


Points Positifs :
- Le premier album solo d’Annie Lennox est peut-être voir sans doute son meilleur : il faut dire que dans ce Diva, l’écossaise confirme de fort belle manière qu’elle est une formidable chanteuse, mais aussi, et surtout, qu’en tant qu’auteur-compositeur, elle n’a rien à envier a beaucoup d’autres.
- Why, Precious, Cold, Little Bird, Walking on Broken Glass, pour ne citer que quelques exemples d’un album riche en bonnes voir très bonnes chansons.
- S’il y a une chose que l’on ne peut enlever a Annie Lennox, c’est sa voix : une pure merveille et, incontestablement, capable de faire ressentir bien davantage d’émotions que tant d’autres chanteuses qui, elles aussi, se prétendent divas…
- Une pochette riche en couleurs mais plutôt réussie.

Points Négatifs :
- Incontestablement lorgnant davantage du coté de la pop et de la soul, il manque le coté expérimental des meilleurs heures de Eurythmics selon moi.

Ma note : 8/10
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