dimanche 27 mai 2018

DE CAPE ET DE CROCS – VINGT MOIS AVANT


DE CAPE ET DE CROCS – VINGT MOIS AVANT

C’est la belle saison des moissons. Eusèbe, petit lapin blanc courageux et candide, fait route à pied vers la capitale, où il espère se faire engager au sein de la compagnie armée des gardes du cardinal. Il possède une lettre de recommandation de son père – lui-même ancien garde – ainsi qu’une bourse de 100 écus. Sa première rencontre avec Monsieur de Limon, le Grand Veneur, manque pourtant de tourner au drame : après avoir mis en fuite l’innocent faon qui servait de cible à la troupe de chasseur, Eusèbe est lui-même pris en chasse. Il se réfugie au sein du manoir d’une marquise de la haute, qui lui offre le gîte et le couvert (chic, une carotte !). Le lendemain, Eusèbe reprend la route, en compagnie d’un montreur d’ours et de sa bestiole. Hélas, ces compagnons le dépouillent sitôt la capitale atteinte. Démuni, Eusèbe rencontre un poète ambulant, Monsieur de Lisière. Celui-ci vient d’honorer un juteux contrat auprès d’un noble inconnu… ce qui lui permet d’inviter Eusèbe à la table d’une taverne (chic, du navet !). Le lendemain, Eusèbe tente toute de même sa chance en postulant auprès de monsieur de Roquefort, le sévère maître des gardes. L’homme reconnait en Eusèbe le fils du lapin qui l’a jadis sauvé… et ainsi Eusèbe est-il accepté dans la formation. Cependant, en marge de ce parcours, un jeu de manigances se trame au sommet de l’état pour la place de premier ministre, que se disputent trois prétendants : Colvert, Souchet et… Monsieur de Limon.


De Cape et de Crocs – Vingt mois avant
Scénario : Alain Ayroles
Dessins : Jean-Luc Masbou
Couleurs : Jean-Luc Masbou
Couverture : Jean-Luc Masbou
Editeur : Delcourt
Genre : Cape et Épée, Aventure
Pays d’origine : France
Langue d’origine : français
Parution : 05 novembre 2014
Nombre de pages : 48

Mon avis : On aurait put penser, a juste raison d’ailleurs, que cette magnifique bande dessinée qu’est De Cape et de Crocs s’était achevée avec son dixième volume, or, telle ne fut notre surprise lorsque, deux ans après la sortie de ce dernier tome, un nouvel album était annoncé en grandes pompes, ce fameux Vingt mois avant qui nous occupe aujourd’hui. Bon, je ne vais pas vous le cacher, il y avait de quoi être dubitatif quand a l’intérêt d’une suite a donner a une œuvre qui, ma foi, avait connu une conclusion plus qu’acceptable et qui ne nécessitait nullement que les auteurs y reviennent – surtout que, l’on sait très bien que le problème qui finit toujours par survenir avec ces cycles sans fin, c’est que la qualité finit toujours, tôt ou tard, par baissée. Or, fort heureusement d’ailleurs, Vingt ans avant n’est pas vraiment une suite mais plutôt une préquelle où le personnage principal est le lapin Eusèbe, ce qui, au passage, allait nous permettre de savoir enfin comment celui-ci avait été garde du Cardinal et avant finit dans une galère. Une fort bonne idée qui nous éviterait la déception qui serait survenue, fatalement, avec un étirement d’une intrigue belle et bien achevée mais qui, au passage, allait permettre aux fans de retrouver un univers, une ambiance, des dialogues et des dessins toujours aussi bons, sans oublier, bien entendu, le plaisir de connaitre enfin le fin mot de l’histoire au sujet du passé d’Eusèbe. D’un autre coté, si le plaisir est bel et bien au rendez vous et si les dessins de Jean Luc Masbou sont toujours aussi excellents, il est clair que ce premier tome du dytique consacré a Eusèbe reste inférieur aux aventures hautes en couleurs du duo composé de Villalobos et Maupertuis ; cela n’est pas vraiment une surprise, il faut le reconnaitre, mais bon, si l’on est fan, si l’on a vibrer pendant près de 15 ans aux péripéties de ces deux là, il est clair qu’il est tout bonnement impossible de passer a coté de cette préquelle…


Points Positifs :
- Le plaisir de retrouver un univers, une histoire, des personnages auquel on pensait avoir fait définitivement nos adieux et qui reste, il faut le reconnaitre, toujours aussi passionnant et attachant puisque toutes les bonnes choses que l’on avait apprécié dans le premier cycle de De Cape et de Crocs est toujours au rendez vous.
- L’idée de nous proposer une préquelle plutôt qu’une suite est une très bonne chose, surtout que, au passage, celle-ci nous permet de, enfin, connaitre le passé bien mystérieux du lapin Eusèbe.
- Pour ce qui est des dessins, c’est sans la moindre surprise – mais avec grand plaisir – que l’on retrouve un Jean Luc Masbou au sommet de son art.
- Dans la saga, Eusèbe n’a jamais fait parti de mes personnages préférés, pourtant, le retrouver ici, toujours aussi paumé dans ce grand monde qui l’entoure, est assez amusant.

Points Négatifs :
- Il faut reconnaitre qu’aussi sympathique soit Eusèbe, il ne possède nullement le charisme d’un Don Lope ou d’un Armand.
- Une intrigue sympathique mais qui reste inférieure à celle du premier cycle – mais bon, est-ce vraiment une surprise ?
- J’ai trouvé que les auteurs reprenaient un peu trop quelques ficelles déjà usées dans la saga.

Ma note : 7,5/10

LES DÉPORTÉS DU CAMBRIEN


LES DÉPORTÉS DU CAMBRIEN

Révolutionnaires de toutes obédiences, arrêtés par un gouvernement trop magnanime pour les condamner à mort, ils ont été déportés. Plus loin que l'Alaska, la Sibérie ou l'Antarctique. Dans le passé. L'ère primaire, le Cambrien. Un milliard d'années avant notre ère. Le Marteau, ce gigantesque piston à refouler dans le temps, les dépose sans espoir de retour dans un monde où la vie n'a pas encore quitté les océans. Avec les années, ils succombent peu à peu au désespoir et à la folie. Jusqu'à ce que soit déporté parmi eux Lew Hahn qui ne ressemble en rien à un prisonnier politique. Pourquoi a-t-il été condamné ?


Les Déportés du Cambrien
Auteur : Robert Silverberg
Type d'ouvrage : Science-Fiction, Anticipation
Première Parution : 1967
Edition Poche : 17 avril 2002
Titre en vo : Hawksbill Station
Pays d’origine : États-Unis
Langue d’origine : Anglais
Traduction : Guy Abadia
Editeur : Livre de Poche
Nombre de pages : 191

Mon avis : Après le fort réussi Roma Æterna, voici le second roman de cette grande figure de la SF Nord-Américaine, je veux bien évidement parlé de Robert Silverberg, dont je vais vous parler sur ce blog : Les Déportés du Cambrien, une œuvre plutôt intéressante même si pas exempt de défauts… Déjà, le concept de départ avait plus qu’éveiller ma curiosité – des prisonniers politiques envoyés des milliards d’années dans le passé, lors des débuts de l’apparition de la vie sur Terre, sans espoir de retour, bref, la prison idéale – et, au bout de quelques pages, j’ai été plus que conforter dans mon choix, celle-ci s’avérant être captivante. Robert Silverberg, jongle de fort bonne manière entre deux récits, c’est-à-dire, l’intrigue principale qui s’étale sur quelques jours entre, l'arrivée de cet étrange Lew Hahn parmi les autres détenus dans la station de Hawksbill jusqu'à la révélation finale, et l’intrigue secondaire, s’intéressant elle a la vie de Jim Barret, protagoniste principal du livre, et, accessoirement, plutôt touchant, de ses débuts de révolutionnaire jusqu'à son arrestation – la, sur une période bien plus longue, plus de 20 ans. Et, non seulement on prend un certain plaisir a alterner les deux récits, découvrant petit a petit le passé du héros tout en se demandant qui peut bien être ce tout nouveau détenu, mais en plus, dans ce récit, Silverberg se permet de nous tenir en haleine avec son histoire de mouvements clandestins dans cette Amérique devenue une véritable dictature. Vous l’avez compris, sans être le roman de l’année et malgré un coté un peu rétro, Les Déportés du Cambrien s’est avéré être une fort bonne surprise, assez prenant, qui se lit d’une traite et dont la fin, pour être tout a fait franc, m’aura surpris, bref, une œuvre que je ne saurai trop que vous conseiller et dont, finalement, le principal défaut aura été qu’elle soit trop courte, beaucoup trop courte, et qu’il y aurait eu beaucoup plus a dire sur ce pénitencier en plein Cambrien…


Points Positifs :
- Déjà, notons l’originalité du postulat de base : envoyés un milliard d’année dans le passé, sans la moindre chance d’en revenir, les prisonniers politiques d’une Amérique devenue une dictature se retrouvent donc bel et bien dans ce qu’il faut bien appeler une prison idéale. Bien entendu, les voyages dans le temps sont un thème souvent abordés dans le genre SF, cependant, pas de cette manière en tous cas.
- Robert Silverberg alterne plutôt bien entre deux récits et l’on passe de l’un à l’autre sans le moindre problème et toujours avec le même intérêt.
- Captivant, assez court, impossible de lâcher ce roman avant de le finir.
- La fin, surprenante.

Points Négatifs :
- Je suis peut-être habituer à des romans un peu plus longs et qui font un peu plus la part belle aux descriptions mais en tous cas, il est évidant que Les Déportés du Cambrien est beaucoup trop court et on ne peut s’empêcher de se dire qu’il y avait beaucoup a dire…
- De même, le style à un peu vieillit, mais, en comparaison avec d’autres œuvres, pas tant que cela…
- La surprise finale est plutôt réussie mais je trouve qu’elle arrive un peu trop rapidement ; mais bon, comme je l’ai dit, ce roman est court, ce qui explique sans doute cela !?

Ma note : 7/10

samedi 26 mai 2018

OUTLANDER – SAISON 2


OUTLANDER – SAISON 2

Claire revient en 1948 au Craig na Dun, malgré elle et effondrée en apprenant que la bataille de Culloden a été gagnée par les Anglais. Frank la retrouve, plein d'espoir, mais il retrouve sa femme désespérée et avec une nouvelle passion pour l'histoire de l’Écosse. Après quelques jours de repos, Claire consent à lui raconter toute son histoire depuis qu'elle a traversé le temps au Craig. Après une nuit à écouter son histoire, Frank est prêt à pardonner et reprendre sa vie avec elle jusqu'à ce qu'elle lui dise qu'elle est enceinte de Jamie. Frank est furieux, mais le prêtre qui les héberge le raisonne et lui suggère, devant la situation, de garder le secret et d'élever l’enfant comme le sien. Claire accepte donc de suivre Frank dans une nouvelle vie, à Boston. En 1743, Claire, Jamie et Murtagh arrivent au Havre. Claire et Jamie échafaudent un plan pour intégrer la rébellion jacobite et la détruire avant les batailles sanglantes à venir. Pour cela, ils trouvent un arrangement avec Jared, le cousin de Jamie installé en France. Mais pendant leur séjour dans la ville, Claire se fait un ennemi en empêchant une épidémie de variole de se répandre, forçant le comte de Saint-Germain à brûler sa cargaison.


Outlander – Saison 2
Réalisation : Ronald D. Moore
Scénario : Ronald D. Moore, Matthew B. Roberts, Ira Steven Behr, Toni Graphia, Anne Kenney et Diana Gabaldon d'après sa série de romans Le Chardon et le Tartan
Musique : Bear McCreary
Production : Tall Ship Productions, Story Mining and Supply Company, Left Bank Pictures et Sony Pictures Television
Genre : Fantasy, Historique
Titre en vo : Outlander – Season 2
Pays d’origine : États-Unis
Chaîne d’origine : Starz
Diffusion d’origine : 09 avril 2016 – 09 juillet 2016
Langue d'origine : anglais, gaélique écossais, français
Nombre d’épisodes : 13 x 55 minutes

Casting :
Caitriona Balfe : Claire Randall (née Beauchamp) / Fraser
Sam Heughan : James « Jamie » Fraser
Tobias Menzies : Frank / Jonathan « Jack » Randall
Duncan Lacroix : Murtagh Fraser
Graham McTavish : Dougal MacKenzie
Gary Lewis : Colum MacKenzie
Romann Berrux : Fergus Fraser
Simon Callow : Le Duc de Sandringham
Andrew Gower : Prince Charles Édouard Stuart
Stanley Weber : Comte de Saint-Germain
Dominique Pinon : Maître Raymond
Rosie Day : Mary Hawkins
Frances de la Tour : Mère Hildegarde
James Fleet : Révérend Reginald Wakefield
Laura Donnelly : Janet « Jenny » Fraser
Robert Cavanah : Jared Fraser
Audrey Brisson : Sœur Angélique
Margaux Châtelier : Annalise de Marillac
Marc Duret : Joseph Duverney
Laurence Dobiesz : Alex Randall
Claire Sermonne : Louise de Rohan
Lionel Lingelser : Le Roi Louis XV de France
Oscar Kennedy : Lord John William Grey
Richard Rankin : Roger Wakefield
Rory Burns : jeune Roger
Sophie Skelton : Brianna « Bree » Randall Mackenzie Fraser
Clive Russell : Lord Lovat

Mon avis : Je dois le reconnaitre, ce fut avec un plaisir certain que je me suis plonger dans la seconde saison de cette fort sympathique série historico-fantastique qu’est Outlander, car bon, comment dire, si j’ai put émettre quelques petites critiques a l’encontre de celle-ci, comme, par exemple, certaines longueurs par moments et une romance entre les deux protagonistes principaux qui nous renvoyaient tout droit aux plus grands moments de la collection Harlequin, il est clair que, pour ses magnifiques paysages écossais, pour ses personnages, son intrigue et cette fort belle reconstitution historique, Outlander m’avait plut, et, ma foi, pas qu’un peu. La bonne nouvelle, c’est que, d’entrée de jeu, cette seconde saison s’avère être tout aussi bonne, en plus de déstabiliser d’entrée de jeu le spectateur par le biais d’un premier épisode pour le moins inattendu : Claire est de retour a son époque, mais que c’est-il passer, cela tombe bien, cette saison va nous l’expliquer ! Et, force est de constater que si vous avez apprécié la première saison de Outlander, alors, cette seconde est décidément faite pour vous ! Exit, dans sa première partie, les landes et la pluie de l’Ecosse pour le Royaume de France et la Cour de Louis XV, exit le gaélique pour le français, exit une bonne parti des protagonistes pour un renouvèlement quasi-total et… malgré tous ces bouleversements, cela fonctionne toujours aussi bien ! Certes, des défauts subsistent et on pourra toujours regretter certaines longueurs et certaines tournures scénaristiques pour le moins discutables, de même, la seconde partie, où nos héros retournent en Ecosse et ou l’on retrouve une bonne partie du casting de la première saison pèche également par certains épisodes un peu en-deçà, mais bon, sans atteindre la perfection, cette seconde saison de Outlander n’en reste pas moins assez bonne dans l’ensemble et plaira, sans nul doute, aux fans de romance, de reconstitutions historiques et d’aventure ; bref, un petit paquet de monde tout de même !


Points Positifs :
- Le plaisir de retrouver la suite des aventures – voir des mésaventures – de Claire et de Jamie, sans oublier, bien entendu, une intrigue qui reste toujours aussi passionnante et riche en rebondissements, le tout, sous un fond historique qui ravira les amateurs du genre.
- Une première partie qui se déroule en France, plus précisément du coté de la Cour de Louis XV, une seconde en Ecosse, en pleine révolte Jacobite et a la veille du désastre de Culloden.
- Une reconstitution que l’on peut qualifier de presque parfaite car, même si évidement, tout cela est plutôt romancée, il faut noter le sérieux de l’ensemble : que ce soit pour l’usage de nombreux protagonistes historiques mais aussi, pour l’usage des langues comme cela devrait être le cas a chaque fois, c’est-à-dire qu’en France, eh bien, on parle le français…
- Costumes, reconstitutions, décors, paysages, photographie, musique. Une fois de plus, il n’y a rien à redire, oh contraire !
- Black Jack Randall apparait moins dans cette saison, mais à chaque fois, c’est un pur bonheur !
- Ah, Murtagh, un de mes personnages préférés !
- Le fait que Claire revienne a son époque, dans le premier épisode, ce que cela implique et, bien entendu, le dernier épisode où 20 années se sont écoulées…

Points Négatifs :
- Le but de Claire et de Jamie dans cette saison est d’empêcher le massacre de la bataille de Culloden, or, à chaque fois, ils se compliquent la vie pour échouer lamentablement à chaque fois, alors que c’était prévisible. Pourtant, une solution, très simple, existait : tuer le Prince Bonnie d’entrée de jeu…
- La seconde partie, en Ecosse, comporte quelques épisodes un peu en-deçà. Il faut dire que l’on attend des batailles, du sang et des larmes, surement par les états d’âmes de Claire…
- Quelques longueurs subsistent encore, par moments, de même, on regrettera quelques scènes un peu gnangnan.

Ma note : 7,5/10

jeudi 24 mai 2018

ROMA ÆTERNA


ROMA ÆTERNA

Et si l’Empire romain n’avait jamais disparu ? Voici l’histoire parallèle d’un Empire romain qui a connu bien des vicissitudes, des guerres et des crises politiques mais qui n’a jamais cessé d’exister et de faire régner, avec quelques interludes sanglants, la Pax Romana. Le christianisme y est inconnu, ne serait-ce que parce que les Juifs n’ont jamais réussi à quitter l’Egypte des pharaons. Quelques siècles plus tard, un envoyé spécial de l’Empereur élimine un prophète d’Arabie avant qu’il ait eu le temps de fonder l’islam. La technologie évolue plus lentement que dans notre continuum. Vers l’an 2650 A.U.C. (Ab Urbe Condita : depuis la fondation de la Ville), qui correspond à la fin de notre XIXe siècle, le téléphone existe et l’automobile fait son apparition.


Roma Æterna
Auteur : Robert Silverberg
Type d'ouvrage : Uchronie
Première Parution : 07 octobre 2003
Edition Française : 18 février 2009
Titre en vo : Roma Eterna
Pays d’origine : États-Unis
Langue d’origine : Anglais
Traduction : Jacques Chambon
Editeur : Le Livre de Poche
Nombre de pages : 535

Mon avis : Un Empire Romain éternel, tel est le postulat de départ de Roma Æterna, uchronie de Robert Silverberg, bien plus profonde que l’on pourrait le penser de prime abord. Car en plaçant la ligne divergente au moment de l’Exode des Hébreux, qui, dans cet univers, échoua – les chars de Pharaon rattrapant les fugitifs et les massacrants tous jusqu’aux derniers – l’auteur laisse entendre que si Moise n’emmenait pas son peuple hors d’Egypte, il n’y aurait pas eu d’Israël, puis, plus tard, le Christ ne serait pas né, donc, sans religion Chrétienne (et avec une communauté judaïque limité à quelques milliers d’individus), l’Empire Romain se serait maintenu et, en survivant aux invasions barbares, aurait prospérer, bon gré mal gré, jusqu'à nos jours, instaurant une Pax Romana qui aurait éviter bien des conflits à l’humanité. Certes, on pourrais discuter pendant des heures sur la possibilité pour un Empire aussi vaste de pouvoir survivre plus de deux mille ans, mais, et là où l’ouvrage de Silverberg est intéressant, et, quelque part, subversif pour les grandes religions polythéistes, c’est qu’il pose la question suivante : celles-ci n’ont-elles pas causés plus de mal que de bien au fil d’une Histoire bien mouvementé où se succédèrent conflits de religions, massacres au nom de Dieu puis, camps de concentrations et, désormais, fondamentalisme islamiste ? A la lecture de ce Roma Æterna, il est permis d’y croire, car même s’il ne s’agit que d’un ouvrage de science-fiction sans grande prétention, et si l’auteur n’est pas plus complaisant que cela envers cet Empire, capable lui aussi de bien des atrocités, il est indéniable que celui-ci, malgré ses travers, de part sa puissance, évite bon nombre de conflits qui ont emmailler notre Histoire. Composé de plusieurs nouvelles se déroulant à diverses époques de la très longue Histoire de l’Empire Romain, le récit nous entraîne dans les méandres de cette Rome éternelle, qui semble immuable et qui connaît, au court des âges, gloires et revers divers mais qui parvient à se maintenir coûte que coûte et quelque soit le régime. Si ces mêmes nouvelles sont de qualités inégales, elles n’en restent pas moins indispensables pour saisir l’Histoire de l’Empire Romain et le lecteur se retrouve entraîner dans une succession de complots, de conflits, de découvertes et d’explorations a la fois proches et forts éloignées de notre monde réel. Et, sincèrement, je dois avouer que l’on prend un certain plaisir à découvrir ce monde, issu de l’imagination fertile de Robert Silverberg, et que, malgré des passages légèrement moins intéressants, l’ensemble n’en reste pas moins suffisamment accrocheur pour faire de ce Roma Æterna un roman digne d’intérêt doublé d’une uchronie plausible qui laisse songeur en plus, bien entendu, de ne pas être tendre envers les religions monothéistes…


Points Positifs :
- Un postulat de départ franchement intéressant avec cet Empire Romain qui, plutôt que de disparaitre comme dans le monde réel, se serait maintenu contre vents et marées, toujours plus puissant, jusqu’à nos jours.
- La thématique générale qui ressort de cette uchronie et que, malgré ses travers, malgré des périodes de conflits inévitables, cet empire éternel, imposant sa Pax Romana, évite à l’humanité la plupart de ses conflits et des millions de morts.
- Si toutes les nouvelles qui composent cet ouvrage ne se valent pas, l’ensemble reste néanmoins assez bon et comme tout cela est lié, la lecture s’en trouve assez facile voir passionnante pas moments.
- L’ouvrage, mine de rien, est peu complaisant vis-à-vis des religions monothéistes, mais bon, quand on voit tous ce qu’elles sont causées – et causent encore – comme ravage au fil de l’Histoire, on ne peut s’empêcher de se dire que si elles n’avaient pas vu le jour, le monde ne s’en serait que mieux porter…

Points Négatifs :
- Comme je le disais, toutes les nouvelles ne se valent pas et on alterne allègrement entre le franchement bon et le moyen.
- Sincèrement, la dernière partie consacrée aux hébreux et à leur rêve de conquête spatiale, on s’en serait bien passée, surtout que tout cela n’apporte strictement rien au roman.
- Curieux cette volonté de Silverberg de revenir régulièrement sur la décadence de l’Empire Romain tout au long du livre… surtout qu’il dure plus de 2000 ans.

Ma note : 7,5/10

mercredi 23 mai 2018

BESTIARIUS – TOME 5


BESTIARIUS – TOME 5

La défaite de Britannia a causé bien des malheurs. Outre les nombreux morts, l'empereur Domitien a été contesté par son peuple et, afin de calmer certaines ardeurs, il a fait rouvrir les arènes. Dans celle-ci, il a envoyé Lucius Dias, un centurion rebelle. Ce dernier enchaîne les victoires sous le surnom d'Orcus, affrontant des ennemis toujours plus grands, forts et puissants. Domitien souhaite l'éradication de tous les non-humains. Les plus forts sont capturés et envoyés ensuite dans l'arène. La femme et le fils de Lucius sont prisonniers de l'empereur et servent d'otage à ce dernier. Si le centurion ne se bat pas, ils meurent. Un jour, une créature gigantesque est amenée pour combattre Lucius. Une abomination connue sous le nom d'Hannibal Barca et qui est l'arme ultime de Carthage. Enfermée juste à côté de la cellule de Lucius, la créature lui parle une fois la nuit tombée. Elle sait qu'elle fait peur et qu'elle est forte. Seulement, elle dit détester faire du mal aux gens. Le lendemain, dans l'arène, l'abomination entend des mots-clés prononcés par un sénateur. Le monstre devient alors une bête incontrôlable...


Bestiarius – Tome 5
Scénariste : Masasumi Kakizaki
Dessinateur : Masasumi Kakizaki
Genre : Shônen
Type d'ouvrage : Heroic Fantasy
Titre en vo : Bestiarius – vol 5
Parution en vo : 16 juin 2017
Parution en vf : 25 octobre 2017
Langue d'origine : Japon
Editeur : Kazé Manga
Nombre de pages : 208

Mon avis : Ayant compris depuis bien longtemps que Bestiarius ne fera jamais parti, a mes yeux, des mangas incontournables, j’avais put, néanmoins, apprécier a sa juste valeur le sursaut qualitatif du quatrième tome de la saga de Masasumi Kakizaki : ainsi, entre l’apparition d’un tout nouveau personnage le centurion Lucius, qui nous permettait de suivre l’intrigue du point de vu romain et, bien évidement, le sacrifice et la mort sublime d’Arthur, un des protagonistes majeurs de la série, le lecteur en avait enfin eu pour son argent, chose qui ne lui était plus arriver, en gros, depuis le premier volume ! La bonne nouvelle, c’est que si le quatrième tome de Bestiarius avait renoué avec le succès des débuts, le cinquième, lui, s’avère être encore meilleur ! Bien évidement, on passera rapidement sur la stupidité absolue qu’est le fait qu’Hannibal – oui, la glorieux général Carthaginois qui, en sont temps, faillit mettre Rome a genoux – est ici un… golem, l’auteur, selon moi, aurait mieux fait de se contenter de créer ce fameux golem sans en faire Hannibal. Mais pour le reste, c’est du tout bon ou presque, et ce, de la première a la dernière page de ce cinquième volume : ainsi, si l’on n’échappera pas a quelques scènes de bons sentiments toujours aussi agaçantes, pour le reste, entre le dilemme de Lucius, obligé de combattre dans l’arène pour sauver les siens, la révolte des esclaves et la mort – eh oui, encore une – de notre sympathique centurion face aux troupes romaines, elle aussi, oh combien marquante, on ne s’ennui pas une seule seconde ! Ajoutons a cela des dessins qui sont toujours aussi excellents et on se dit que si Bestiarius a connu un passage a vide, depuis lors, c’est un pur plaisir… enfin, sans être génial non plus… En espérant, désormais, que la suite sera tout aussi bonne !


Points Positifs :
- Encore une mort d’un protagoniste majeur de la saga et, cette fois ci, c’est autour de Lucius de passer de vie a trépas. Alors certes, on pourra me rétorquer que celui-ci n’avait fait son apparition que dans le tome précédant, mais bon, au vu de son charisme et de son importance, le bougre aura marquer les esprits. Et puis, quelle mort magnifique !
- Les dessins de Masasumi Kakizaki, toujours aussi bons et qui, bien entendu, sont la grande force de Bestiarius.
- Un cinquième tome qui se lit d’une traite, tellement il est captivant.
- Une fort belle couverture.

Points Négatifs :
- Personnages beaucoup trop stéréotypés, manichéisme omniprésent, sensation de déjà-vu… tout cela empêche Bestiarius de se démarquer totalement de la concurrence.
- Un coté gnangnan par moments franchement agaçant.

Ma note : 7,5/10

mardi 22 mai 2018

BESTIARIUS – TOME 4


BESTIARIUS – TOME 4

À la tête de nombreux soldats romains, le centurion Lucius Dias livre une guerre terrible aux Reptiliens. Alors que la victoire est là, il croise un ennemi agonisant sur le champ de bataille et l'interroge sur les raisons de sa révolte contre l'Empire de Rome. Le Reptilien n'a pas le temps de répondre que le Tribun Solonius l'achève. Ce dernier lui demande même de finir le travail en incendiant la forêt, au cas où des déserteurs ou des ennemis s'y trouveraient. De retour à Rome, Lucius pense pouvoir profiter un long moment de sa famille mais l'Empereur Domitien souhaite qu'il conduise l'armée prétorienne dans le Nord-Ouest, en Britannia. Là-bas, l'Empereur – qui l'accompagnera – souhaite retrouver la trace de Finn et de la wyverne Durandal. Domitien souhaite les voir mourir, lui qui a fait massacrer toutes les créatures de son empire... Une fois en Britannia, Lucius est étonné car l'endroit est loin d'être aussi dangereux que prévu. À la tête de plus d'un millier d'hommes, il est certain de l'emporter...


Bestiarius – Tome 4
Scénariste : Masasumi Kakizaki
Dessinateur : Masasumi Kakizaki
Genre : Shônen
Type d'ouvrage : Heroic Fantasy
Titre en vo : Bestiarius – vol 4
Parution en vo : 16 septembre 2016
Parution en vf : 14 décembre 2016
Langue d'origine : Japon
Editeur : Kazé Manga
Nombre de pages : 208

Mon avis : Après la grosse déception que fut le troisième volume, Bestiarius retrouve indéniablement du poil de la bête par le biais d’un quatrième tome bien plus intéressant et riche en surprises. Certes, il ne faut pas se leurrer : si l’on met de coté les dessins du sieur Masasumi Kakizaki, franchement excellents et qui sont pour beaucoup pour la réussite de ce manga, scénaristiquement, cela reste trop léger pour satisfaire pleinement le lecteur âgé et qui possède une bonne expérience du genre. Car bon, Bestiarius, aussi sympathique soit-il – et en disant cela, je suis sur qu’une telle œuvre m’aurait plut si elle avait existé lorsque j’avais 14 ou 15 ans – a tout de même énormément de mal à sortir de la masse de la plupart des mangas, celui-ci ayant les qualités mais aussi les défauts du genre, c’est-à-dire, des combats exagérés, des combattants qui reçoivent mille blessures et qui ont un mal fou a mourir, sans oublier, un coté gnangnan hautement agaçant, surtout passé un certain age. Mais bon, comme je l’aie dit en préambule de cette critique, ce quatrième volet de Bestiarius remonte le niveau d’un manga qui commençait déjà à se perdre dans les méandres d’une certaine médiocrité, cela, par le biais de l’introduction d’un tout nouveau protagoniste – un de plus diront les mauvaises langues – un certain Lucius, officier romain de son état, ce qui, accessoirement, nous permet de suivre l’intrigue du point de vu du camp d’en face. L’idée s’avère être plutôt intéressante mais la grosse surprise de ce quatrième volume de Bestiarius, c’est bien entendu la mort de l’un des personnages principaux du manga, celle d’Arthur. Totalement inattendue, franchement marquante, si on n’échappe a une exagération qui frôle avec le grand n’importe quoi – mine de rien, a lui tout seul, il se bat contre des centaines d’adversaires – il est clair que cette mort, si elle touchera les lecteurs les plus sensibles, relance un peu l’intérêt d’une intrigue qui avait du mal a décollée depuis quelques temps, ne serais-ce que pour la simple et bonne raison que, désormais, on peut se dire que n’importe qui n’est plus a l’abris de passer l’arme a gauche !


Points Positifs :
- La mort d’Arthur qui, mine de rien, était l’un des protagonistes majeurs de la saga. Inattendue, elle relance de fort belle manière l’intrigue, ne serais-ce que pour la simple et bonne raison que, désormais, on se dit que n’importe quel personnage peut y passer !
- L’apparition de Lucius nous permet d’avoir le point de vu du camp d’en face. Bien évidement, on comprend rapidement que le centurion romain se retournera très rapidement contre les siens, mais bon, l’idée est plutôt pas mal.
- L’affrontement entre Lucius et Arthur.
- Les dessins de Masasumi Kakizaki, bien entendu, toujours aussi bons !
- Une couverture sobre mais qui, de mon point de vu, est la meilleure de la série depuis ses débuts.

Points Négatifs :
- On n’échappe malheureusement pas à une certaine simplicité scénaristique propre au genre. Il faut dire que même si Bestiarius est un manga fort sympathique, nous sommes à mille lieux des chefs d’œuvres issus du pays du soleil levant.
- Des méchants très méchants, des gentils forcements nobles de par leur comportement et leurs idéaux, des protagonistes tellement stéréotypés qu’on a l’impression de les avoir déjà vu mille fois auparavant et, petite cerise sur le gâteau, un coté gnangnan dont on se serait bien passer…
- Arthur qui affronte des centaines d’adversaires et qui en tue la plupart… hum, comment dire… autant ce genre de délires pouvait passer dans un Hokuto no Ken, autant là…

Ma note : 7/10
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