lundi 20 février 2017

LE LABYRINTHE DE PAN


LE LABYRINTHE DE PAN

En 1944, la guerre d'Espagne est achevée depuis 5 ans, et l'Espagne est désormais sous la coupe de Franco. Les maquisards se terrent dans les montagnes. La jeune Ofelia, une enfant rêveuse aimant les contes de fées, voyage avec sa mère Carmen, enceinte et de constitution fragile. Celle-ci est partie rejoindre son nouveau mari, le tyrannique et sanguinaire capitaine Vidal de l'armée franquiste, qui a pour tâche d'éliminer la résistance des maquisards dans la région. La nuit de son arrivée, Ofelia est guidée par un étrange insecte qu'elle prend pour une fée, et découvre au cœur d'un antique labyrinthe voisin de sa nouvelle maison un faune inquiétant. Il lui révèle qu'elle serait la réincarnation de la princesse Moanna, du monde souterrain et égarée sur la Terre. Pour en être certaine et afin de retrouver ses vrais parents, Ofelia doit réussir trois épreuves.


Le Labyrinthe de Pan
Réalisation : Guillermo del Toro
Scénario : Guillermo del Toro
Musique : Javier Navarrete
Production : Estudios Picasso, Tequila Gang, Esperanto Filmoj
Genre : Fantastique
Titre en vo : El laberinto del fauno
Pays d'origine : Espagne, Mexique
Langue d'origine : espagnol
Date de sortie : 11 octobre 2006
Durée : 118 mn

Casting :
Ivana Baquero : Ofelia
Doug Jones : le faune / l'homme pâle
Sergi López : le capitaine Vidal
Maribel Verdú : Mercedes
Ariadna Gil : Carmen
Álex Angulo : le docteur Ferreiro
Roger Casamajor : Pedro

Mon avis : Ce n’e pas la première fois que je regardais Le Labyrinthe de Pan, mais le plaisir, près de dix ans après l’avoir découvert à l’écran, n’a pas changer d’un iota, bien au contraire. Ce fut donc avec un certain enthousiasme que je me lançais donc dans ce fort beau film, de Guillermo del Toro, emprunt d’un onirisme enchanteur dans un univers mêlant à la fois le fantastique, le conte de fées, a la réalité la plus brutale, la fin de la guerre civile espagnole. Il est assez rare que des genres aussi différents que le merveilleux et la guerre soient mélangés dans des films, mais force est de constater que ceux-ci fonctionnent à merveille dans cette œuvre qui ravira plus les amateurs de contes de fées que de guerre, cela est incontestable. En effet, l’élément militaire n’est là qu’en toile de font de l’intrigue, celle-ci se déroulant quelques années après la guerre civile espagnole, après la victoire des troupes franquistes alors que de rares poches de résistance républicaines poursuivent vainement le combat. C’est donc dans ce contexte de guerre, de brutalité et de mort que la jeune Ofelia, héroïne de l’histoire, se retrouve après avoir, en compagnie de sa mère enceinte, rejoint son beau père, le cruel commandant du camp, le terrible Capitaine Vidal (magnifiquement interprété par un Sergi López bigrement inspiré et diabolique à souhait, que l’on aime détester dans ce film). Et alors, la jeune fille va sans cesse osciller entre ce réel, si dur et cruel, et ce merveilleux, a la fois enchanteur et inquiétant mais à la violence bien codifiée (l’ogre, sublime, le crapaud géant) dont on ne sait, tout au long de l’histoire si celui-ci doit être pris pour argent comptant ou si, tout ceci n’est issu que de l’imagination de la jeune adolescente qui trouve ainsi, telle une Alice, un moyen d’échapper a sa triste réalité. Et c’est justement là que réside l’une des grandes forces du film, ce vas et vient constant entre deux mondes très différents et ou seul Ofelia semble aller, de l’un à l’autre, au point que le spectateur ne peut que se dire que, forcement, tout ceci n’est que le résultat d’un imaginaire particulièrement développé. D’ailleurs, personnellement, c’est bien ce que je pense, ou, du moins, ainsi que je vois cette œuvre avec néanmoins un petit bémol, un petit doute que je ne peut m’empêcher d’avoir vers la toute fin, lorsque la jeune fille s’évade. N’y aurait il pas une part de réel dans tout ceci ? Et donc, si l’intrigue est incontestablement une belle réussite, si les acteurs sont tous excellents, n’oublions pas la bande son et le visuel, donnant à l’ensemble un coté enchanteur et oppressant à la fois. A la réalité de la guerre répond un univers certes de contes de fées, mais pas le genre auquel l’on s’est habitué, celui de Disney, si fade et sans grand intérêt. Non, l’univers du Labyrinthe de Pan renvoie aux contes d’antant, de ceux qui plaisaient aux enfants tout simplement parce qu’ils étaient effrayants. Et incontestablement, effrayant, le film de Guillermo del Toro l’est, ne serais ce que par une violence parfois très crue et non cachée, mais aussi et surtout grâce a ce décor inquiétant, oppressant, sombre et ces personnages qui ne le sont pas moins, comme le Pan du titre, ce faune a la fois attirant et repoussant (ne sent-il pas la terre, la chèvre, comme le dit Ofelia, mais n’est il pas, dans le fond, bien plus « humain » qu’un Vidal ?). Et cette bande son, qui tout au long du long métrage, nous accompagne, véritable ode aux films du genre… Bref, difficile de trouver des défauts à un film à priori sans grande prétention, mais qui, indéniablement, ne pourra que plaire aux amateurs du genre et qui est une belle réussite. Certes, les gros bourrins et les amateurs d’hémoglobine et d’action passeront leur chemin, ne trouvant aucun intérêt a ce soit disant conte pour enfants mais cela n’est pas important, après tout, Le Labyrinthe de Pan n’est pas pour eux, ce qui n’est pas plus mal. Quand au conte de fée, oui, mais pour grands enfants…


Points Positifs :
- Un excellent conte de fées comme on n’en fait plus trop de nos jours. Mélangeant habilement le fantastique et le réel, Le Labyrinthe de Pan est une œuvre rare et qui nous entraine dans un univers à la fois enchanteur et inquiétant.
- Si le faune du film et les autres créatures sont effrayantes, force est de constater que le véritable monstre de cette œuvre est le capitaine Vidal, un sadique qui nous prouve que, souvent, le monde réel est bien le plus cruel.
- Guillermo del Toro réussi à nous faire douter, jusqu’à la toute dernière scène du film, sur la réalité supposée de ce monde imaginaire, ce qui, ma foi, est un beau tour de force. A chacun de se faire son opinion…
- Des décors réussis et qui sont pour beaucoup pour la réussite de ce film. Il en va de même pour la bande originale qui apporte tant a cette ambiance a la fois enchanteresse et oppressante.
- Coté acteurs, il n’y a rien à redire et les rôles principaux sont bons voir très bons. Petite mention pour Sergi López dans le rôle du capitaine Vidal.
- Il est super l’Homme Pâle !

Points Négatifs :
- Peut-être que le coté politique du film prend un peu trop le pas sur l’intrigue par moments. D’ailleurs, sur ce point, Le Labyrinthe de Pan est un film bien plus politisé qu’on pourrait le penser de prime abord.
- Dommage que la partie fantastique ne soit pas un poil plus dévellopée…

Ma note : 8/10

dimanche 19 février 2017

MONSTRESS – L'ÉVEIL


MONSTRESS – L'ÉVEIL

Il y a des années, une terrible guerre eut lieu entre les Humains et les Arcaniques, des hybrides entre hommes et animaux. Âgée de 17 ans et vierge, Maika est présentée entièrement nue à une assistance de riches humains. Celle-ci est une Arcanique ayant l'apparence d'une jeune femme et a une curieuse marque en forme d'œil sur la poitrine. Maika trouve grâce aux yeux des enchérisseurs et finit par repartir avec Sophia de l'ordre des Cumaea, une organisation scientifique qui effectue des expériences sur les Arcaniques. Conduite avec d'autres de son espèce dans la cité de Zamora, Maika va se retrouver emprisonnée, attendant son tour pour être torturée. Alors que ses geôliers s'en prennent à de jeunes Arcaniques, Maika intervient et reçoit une correction. Seulement, cela déclenche un pouvoir chez elle qui envoie valser ses gardiens. Désormais libérée, elle peut explorer un endroit où elle a tout fait pour être enfermée...


Monstress – L'éveil
Scénario : Marjorie Liu
Dessins : Sana Takeda
Encrage : Sana Takeda
Couleurs : Sana Takeda
Couverture : Sana Takeda
Genre : Heroic-Fantasy
Editeur : Image Comics
Titre en vo : Monstress – Awakening
Pays d’origine : Etats-Unis
Parution : 19 juillet 2016
Langue d’origine : anglais
Editeur français : Delcourt
Date de parution : 18 janvier 2017
Nombre de pages : 208

Liste des épisodes
Monstress 1-6

Mon avis : C’était avec une grande impatience que j’attendais, depuis quelques semaines, la sortie en français de l’une des séries qui aura le plus marqué le petit monde des comics l’année passée, je veux bien évidement parler de Monstress, œuvre du duo Marjorie Liu et Sana Takeda. Il faut dire que cette série, proposé chez nous par Delcourt sous une édition tout bonnement somptueuse, a, d’entrée de jeu, tout pour plaire, du moins, pour un certain public : ainsi, cet univers, original en diable pour ce qui est des comics et qui lorgne allègrement du coté des mangas, cela, par le biais de sa dessinatrice qui est nippone mais aussi et surtout par cette ambiance tout droit sortie du folklore du pays du soleil levant et qui plaira, indéniablement, aux amoureux de l’Asie et du Japon en particulier. Ensuite, il y a les protagonistes, fort nombreux et principalement des femmes d’ailleurs : ainsi, de l’héroïne, l’inquiétante Maika Demi-Loup au simple figurant, tous possèdent un petit je ne sais quoi qui les rend charismatiques en diable. Ajoutons a cela une intrigue diablement bien amenée et qui, sans être linéaire, nous captive de bout en bout, ce, tout en nous apprenant au passage tout un tas de choses sur cet univers décidément bien complexe par moments. Ajoutons a cela une certaine violence, une guerre impitoyable entre divers peuples, d’anciens dieux qui essaient de revenir, un peuple de chats décidément bien singulier et tout un tas d’énigmes sur le passé de notre héroïne et l’on obtient, au final, un savant mélange qui donne, indéniablement, une fort belle réussite. Car oui, ce premier volume de Monstress est bon, très bon même et, surtout, promet énormément pour la suite ; avec cette œuvre, Marjorie Liu et Sana Takeda ont frappé juste et fort et, ma foi, m’ont totalement conquis. Après, je pense qu’il ne faut pas avoir d’aprioris vis-à-vis des mangas en général car, colorisé ou pas, il est clair que les codes graphiques de Sana Takeda lorgnent allègrement du coté de son pays d’origine, mais bon, pourquoi se limiter a un style, surtout que, comme on peut le voir ici, le mélange des genres est capable de nous offrir de fort belles merveilles !?


Points Positifs :
- Un univers assez complexe, fortement inspiré de la mythologie nippone, et qui ne se dévoile que petit à petit. Cependant, tout cela est parfaitement maitriser et même si certains pans de celui-ci ne se dévoilent que petit a petit – et ce n’est pas finit – il est clair que Marjorie Liu n’avance pas a l’aveuglette et qu’il y a, derrière ce premier volume, un formidable travail en amont dont devraient s’inspirer bien des auteurs.
- Si Maika Demi-Loup est bien évidement la figure la plus marquante de Monstress, il est clair que la quasi-intégralité du casting brille par un charisme plus ou moins prononcé et que, des seconds rôles les plus importants aux figurants, tous possèdent un petit quelque chose qui marque les esprits.
- Coté dessins, Sana Takeda est japonaise et cela se voit, et pas qu’un peu, car oui, Monstress est, graphiquement parlant, un manga (colorisé) et comme en plus, l’ambiance générale est très fortement marquée par la culture asiatique et nippone plus particulièrement, on est a mille lieux du comic de base. Cependant, ce mélange des genres est loin d’être désagréable, bien au contraire.
- Une intrigue complexe, certes, mais captivante au possible et qui se dévoile, petit à petit, au fil des pages et qui donne envie d’en savoir plus sur une série oh combien prometteuse.
- Delcourt a réalisé un travail remarquable pour cette édition française !

Points Négatifs :
- Le mélange comics/mangas est plutôt réussi, cependant, le lecteur attentif remarquera quelques petits défauts inhérents au genre issu du pays du soleil levant, comme certaines cases un peu trop vides par moments, des protagonistes aux visages plutôt anguleux, etc. Du coup, ceux qui sont totalement allergiques aux manges risquent de ne pas vraiment accrocher a Monstress en raison de sa partie graphique. C’est dommage, certes, mais bon, les gouts et les couleurs…
- L’intrigue et l’univers sont plutôt complexes et ne se dévoilent que petit a petit, du coup, les moins courageux risquent d’être très rapidement perdus.

Ma note : 8/10

samedi 18 février 2017

GÉO HISTOIRE 31 – 1917, LA RÉVOLUTION RUSSE


GÉO HISTOIRE 31 – 1917, LA RÉVOLUTION RUSSE
Février/Mars 2017

Géo Histoire 31 – 1917, la Révolution Russe
Edito : Cette Russie qui nous manque
Panorama : Un empire au bord du gouffre
- L’abdication : Piégé dans le train impérial
- Focus : Raspoutine, un bouc émissaire idéal ?
L’entretien : « Octobre 1917 ? Autant un putsch qu’une révolution »
Le leader : Pourquoi Lénine ?
La révolution : Les heures rouges
La parenthèse : Alexandre Kerenski ou les espoirs déçus de Février
Les femmes : « Travailleuses, réveillez-vous ! »
La répression : La Tcheka, bras armé de la terreur
Focus : Le mystère de la fausse Anastasia
La culture : Artistes de toutes les Russies, unissez-vous !
Focus : Mais où se cache l’or des Romanov ?
La propagande : Octobre, le film qui à réécrit l’Histoire
La guerre civile : A Mourmansk, l’enjeu du Grand Nord Russe
Focus : Des cannibales au pays des soviets
Chronologie : Les prémices de la révolution et l’année 1917
- Carte : De l’empire Russe a l’URSS
- Portraits : Les grands leaders bolcheviques
- GEOthèque : Une sélection de livres pour en savoir plus
L’actu de l’Histoire
Mémoire : L’Amérique version noire
- À lire, à voir

Mon avis : S’il est plutôt rare que j’achète la revue Géo Histoire, force est de constater que je n’ai jamais été déçu par un numéro de celle-ci : ainsi, après l’excellent numéro consacré a Verdun puis le plutôt bon qui revenait sur le Nazisme, en ce mois de février, je me suis laisser retenter par ce magazine grâce a un dossier principal on ne peut plus d’actualité et consacré a la Révolution Russe. Car aussi incroyable que cela puisse paraitre, surtout quand, comme moi, on a un certain age, cela fait 100 ans cette année que ces événements, qui auront bouleversé le XXème siècle, ont eu lieu et donc, fort judicieusement, nombreux sont les revues qui, en ce mois de février, font leur une sur les débuts d’une révolution qui, quelques mois plus tard, finit par porter au pouvoir l’un des régimes les plus durs et répressifs de l’Histoire. Car n’en déplaise aux derniers communistes qui existent et aux vieux fans de Staline, oui, la révolution soviétique, même si par la suite, elle permit au monde de vaincre la nazisme, fut responsable de millions de morts de par le monde et, sous ses couverts d’égalitarisme social, permis surtout a des individus peu scrupuleux et avides de pouvoir d’écraser leur peuple sous une main de fer. Certes, ce numéro ne fait pas le bilan du communisme, cependant, en se basant uniquement sur la révolution de 1917 – et sur ses conséquences immédiates – on comprend d’entrée de jeu qu’entre terreur et répression, le rouge fut plus présent par le sang que par le drapeau des travailleurs. Quoi qu’il en soit, ce numéro de Géo Histoire est tout simplement excellent, très complet dans son ensemble – pour faire plus, il faudrait lire un essai spécialisé – et on ne peut plus instructif. Autant que celui consacré a Verdun ? Presque car il manque peut-être une partie qui serait revenue sur des figures comme Trotski ou Staline, ces deux là brillant curieusement par le peu de présence dans ces pages. Mais bon, malgré ce léger défaut, il est clair que ce numéro de Géo Histoire consacré a la révolution russe mérite largement le détour et que, si vous êtes un passionner d’Histoire, il serait fort dommage de passer a coté…


Points Positifs :
- Rares sont les revues qui, lorsqu’elles proposent un dossier principal, soient aussi complètes, et il est évidant que ce numéro de Géo Histoire est passionnant de bout en bout : fort instructif, s’attardant sur des détails peu connus, captivant par moments, c’est un pur régal.
- Si une figure comme Lénine ou la révolution d’Octobre ne sont bien évidement pas oubliées, il n’est pas fait l’impasse sur la première (et réelle) révolution, celle de Février, qui vit l’arrivée au pouvoir d’un régime porteur d’espoir et d’une figure quasiment oubliée de nos jours, Alexandre Kerenski.
- Mine de rien, j’en aurai appris des choses sur la révolution russe alors que je connaissais déjà plutôt bien le sujet, alors, pour le néophyte, cela doit être un régal !
- Nombreux sont les clichés d’époque et certains sont tout bonnement exceptionnels.

Points Négatifs :
- Curieux qu’il est peu fait mention de Trotski et encore moins de Staline. Mine de rien, ce ne sont pas des seconds couteaux tout de même !
- Un éditorial limite hors-sujet.

Ma note : 8/10

COMIC BOX 104 – CIVIL WAR 2


COMIC BOX 104 – CIVIL WAR 2
Janvier/Février 2017

Sommaire :
Interviews
- Chris Claremont (X-Men, Wolverine, Excalibur, Iron-Fist…)
- Phil Jimenez (Superwoman, Wonder Woman, New X-Men…)
- Joyce Chin (Xena, Red Sonja, Lady Demon, Wynonna Earp…)
- Stefano Gaudiano (Walking Dead, Daredevil…)
Articles
- Civil War 2, points forts et promesses non tenues du crossover Marvel
- Mister Miracle, le génie immortel de Jack Kirby
- Kang, tout est paradoxe chez cet ennemi des Avengers
- Eduardo Risso, le dessinateur de 100 Bullets dans la cible
- Lovecraft, comment les comics se sont appropriés l’imaginaire du maitre de l’horreur
- Ed Brubaker, un fil directeur de Captain America à Westword en passant par Criminal
- Heroes Reborn, la parenthèse qui divise toujours, 20 ans après
- L’Homme qui valait 3 milliards, Steve Austin, astronaute et… héros de comics
- The Fix, la nouvelle sensation de Images Comics, par Spencer et Lieber
- Joe Maneely, le pilier perdu de Marvel
Preview
Monstress (Majorie Liu et Sana Takeda)
Tony Chu

Mon avis : Complètement dégouté par le centième numéro de Comic Box, en avril 2016, qui était tout sauf un numéro anniversaire, mais aussi, d’une manière générale, par les productions Marvel, de plus en plus médiocres, j’avais complètement laisser tomber cette revue ces derniers mois, estimant, a juste raison d’ailleurs, que je n’avais nul besoin de me procurer une revue qui, de toutes façons, passe beaucoup plus de temps a mettre en avant les productions Marvel et DC que celles des autres maisons d’éditions, accessoirement, bien plus intéressantes. Pourtant, suite a une info plutôt alarmante, c’est-à-dire, le fait que ce numéro serait peut-être le tout dernier de Comic Box – pour toujours, pendant quelques mois, on ne sait pas encore – je me suis dit que, ne serais-ce que, parce que dans l’ensemble, ce magazine n’est pas dénué de qualité, me le procurer pourrait être une bonne chose. Et, ma foi, je n’ai pas regretter mon choix, car bon, comment dire… s’il y a bien une chose que l’on ne peut pas enlever a Comic Box, c’est sa qualité d’ensemble, toujours aussi bonne. Car si, effectivement, on peut regretter, à juste titre, que la rédaction mette toujours en avant les productions de Marvel et de DC – alors que, si l’on doit être tout a fait franc, c’est du coté de Image et des indépendants que l’on doit chercher les bons comics actuels – dans l’ensemble, ce numéro reste de très bonne qualité. Diversifié, abordant moult auteurs, genres et séries, on a même droit a un très bon article sur les liens entre l’univers de Lovecraft et les comics mais aussi, dans un autre genre, a Heroes Reborn qui fête cette année son vingtième anniversaire, sans oublier, d’une manière plus fun, un autre consacré a L’Homme qui valait 3 milliards, ancienne série qui rappellera quelques souvenirs aux plus agés d’entre nous. Alors je ne sais pas si ce numéro de Comic Box sera le dernier ou si, dans un avenir plus ou moins proche, cette revue ne se poursuive, sous une forme ou une autre, mais bon, quoi qu’il en soit, même si j’avais fait l’impasse sur les derniers numéros, celui-ci aura confirmer que, malgré ses défauts, Comic Box reste (ou restera) comme une très bonne revue. Souhaitons-lui tout de même que ce numéro ne soit pas le dernier…


Points Positifs :
- Si ce numéro s’avère être le dernier de Comic Box, ce qui est loin d’être sur, en tous cas, il s’avère être bon, voir très bon même. Assez varié, abordant moult séries et auteurs différents, nous avons droit a un contenu fort intéressant et qui ravira les amateurs de comics.
- Le dossier consacré aux liens entre Lovecraft et les comics (bien plus présent qu’on pourrait le penser de prime abord) est bien évidement le plus intéressant de ce numéro. Cependant, il y a d’autres articles intéressants comme ceux qui reviennent sur Heroes Reborn (quel catastrophe tout de même cette série à l’époque), Civil War 2 (le nouveau crosover Marvel qui s’avère être très moyen), ou Kang, ennemi des Avengers a la chronologie fort complexe.
- Les vieux de la vieille souriront en lisant l’article consacré a L’Homme qui vallait 3 milliards, ce bon vieux Steve Austin…

Points Négatifs :
- Le risque que ce numéro de Comic Box soit le dernier, du moins, pour un temps certain. Car malgré ses défauts, ce magazine est indispensable pour les fans de comics grand public, surtout que c’est le seul.
- Problème récurent dans Comic Box : le fait que par moments, on a l’impression que seul Marvel et DC existent alors que, depuis quelques années, c’est du coté de Image ou des indépendants que se trouve le renouveau du genre – et les meilleures séries.
- Je place énormément d’espoirs sur Monstress de Majorie Liu dont le premier tome vient de sortir en France (acheter depuis longtemps, pas encore lu), par contre, quelle preview misérable…

Ma note : 7,5/10

LES CAHIERS DE SCIENCE & VIE 167 – LA CONQUÊTE DES MERS


LES CAHIERS DE SCIENCE & VIE 167 – LA CONQUÊTE DES MERS
Janvier 2017

Au sommaire :
Edito : L’inventaire du monde
Actualités
En bref
- L’histoire du cheval esquissée en technicolor
- Une barque funéraire pour Sésostris III
- 400 ans et toutes ses dents
- Découverte d’une boîte à outils viking
- De la transmission des connaissances au Paléolithique
En question
- L’archéologie biblique face à ses démons
Découverte
- Cinq siècles d’histoire dans un cimetière
Patrimoine
- Un Saint Jean-Baptiste rayonnant
Dossier : La conquête des mers
- Océaniens. Les premiers maîtres des mers
- Gréco-Romains. La science s’aventure en mer
- Arabes. Un océan de savoirs oubliés
- Chinois. A la pointe des techniques navales
- Scandinaves. Et les Vikings découvrent l’Amérique
- En cartes. Le monde avant les Grandes Découvertes
- L’horizon s’élargit
- L’Europe dessine le monde
- Des représentations à la carte
- A la conquête du Pacifique
- Nord-Est, Nord-Ouest. La route de l’Orient change de cap
Interview « La cartographie des fonds marins sera la grande aventure du XXIème siècle » de Didier Ortolland
En coulisses
A voir
- Silence : au Japon, les épreuves de la foi
- Après Babel, traduire
- Présumées coupables
Livres & Idées
- Ponce Pilate
- Femmes de la Préhistoire
- Des rois et des monnaies
- Les frontières de la tolérance
- L’histoire des sciences pour les nuls

Mon avis : Après un assez bon numéro consacré aux monstres et qui avait conclu de fort belle manière l’année 2016, 2017 débutait, pour ce qui est des Cahiers de Science & Vie, avec un dossier principal qui, a priori, n’avait rien de bien original. En effet, sous son titre, La conquête des mers, on était en droit d’attendre un énième numéro sur les grandes découvertes et la conquête du monde, par la voie marine, des nations européennes. Pourtant, assez rapidement, a la lecture de ce dossier, on découvre, avec plaisir, que ce dernier porte plutôt bien son nom et que si, bien évidement, l’époque des grandes découvertes et de la mainmise mondiale par l’Europe est non seulement au rendez vous mais occupe aussi une place de choix, l’exploration maritime par les autres peuples ne sont pas absents, bien au contraire ! Ainsi, en partant des navigateurs océaniens qui ont, sur des milliers d’années, colonisés le Pacifique, jusqu’à l’exploration des pôles en passant par les marins grecs, les vikings ou les chinois, ce dossier s’avère être on ne peut plus passionnant. De plus, la partie consacrée aux grandes découvertes et a ses courageux marins portugais et espagnols qui ont bravé les océans, si elle est dans l’ensemble plutôt connue, n’en reste pas moins intéressante voir instructive par moments. Du coup, au final, ce dossier s’avère être très bon dans son ensemble, ce qui est une agréable surprise. Dommage, une fois de plus, que suite a la nouvelle formule des Cahiers, celui-ci ne soit pas plus long car je trouve qu’il y avait matière a cela. Car bon, comment dire, si le reste du contenu de cette revue n’est pas inintéressant, loin de là, et qu’il y a quelques bons articles, force est de constater que j’aurai préféré mille fois que l’on face l’impasse sur tout cela pour avoir, au final, un dossier bien plus complet que celui qu’on a eu et qui, au lieu d’être très bon aurait été exceptionnel…


Points Positifs :
- On pouvait craindre que le dossier consacré a la conquête des mers ne soit pas original pour un sou, or, il n’en est rien et celui-ci s’avère être plutôt bon et très instructif dans son ensemble, vu qu’on y apprend pas mal de choses, particulièrement pour ce qui est de la mise en avant de certains peuples de navigateurs qui sont souvent passés sous silence la plupart du temps.
- Les grandes découvertes par les marins portugais et espagnols sont archi-connues, pourtant, on apprend pas mal de choses dans ce dossier qui va bien plus au fond des choses que ce que peut en connaitre le grand public.
- Quelques articles intéressants comme ceux sur l’archéologie biblique, le Saint Jean-Baptiste de Leonard de Vinci ou celui sur Silence, le dernier film de Martin Scorsese.

Points Négatifs :
- C’est l’un des défauts récurrents de la nouvelle formule des Cahiers qui commence à dater un peu – juillet 2015 – c’est-à-dire que, comme une bonne partie de la revue et consacrée a l’actualité, a des articles divers, aux musés, aux livres spécialisés, etc., du coup, a chaque fois, le dossier principal en souffre puisqu’il s’avère être trop court en comparaison de ce qui se faisait autrefois. Cela est dommage car il y avait vraiment de quoi faire avec celui de ce mois-ci.

Ma note : 7,5/10

lundi 13 février 2017

LA LA LAND


LA LA LAND

Los Angeles. Dans un embouteillage sur une autoroute bondée de la ville, Mia, serveuse dans un bar près des studios de Hollywood et actrice débutante, insulte Sebastian, un jeune pianiste qui vient de klaxonner derrière elle. Peu après, elle passe une audition qui se révèle infructueuse. Le soir, Mia se rend avec ses amies dans une fête organisée dans une villa sur les hauteurs de Hollywood Hills. En voulant rentrer chez elle, elle s'aperçoit que sa voiture a été emmenée à la fourrière. Durant un concert dans un restaurant où il est employé, Sebastian se laisse aller à jouer des improvisations de jazz au lieu de jouer des chansons de Noël comme l'exige le propriétaire. Alors qu'elle entre dans le restaurant, Mia entend son morceau et semble transportée. Le patron interrompt Sebastian et le renvoie. Touchée par sa musique, Mia essaie d'aborder Sebastian pour le complimenter mais, furieux, il quitte la salle en la bousculant. Plusieurs mois plus tard, Mia croise à nouveau Sebastian dans une soirée où celui-ci joue dans un groupe de reprises de chansons des années 1980. Elle se moque de lui et de sa carrière stagnante ; il réplique en se moquant de sa carrière d'actrice. Après le concert, ils repartent ensemble chercher leurs voitures, et se plaignent d'avoir passé la soirée ensemble, malgré une évidente bonne entente entre eux.


La La Land
Réalisation : Damien Chazelle
Scénario : Damien Chazelle
Musique : Justin Hurwitz
Production : Black Label Media, Gilbert Films, Impostor Pictures et Marc Platt Productions
Genre : Comédie Musicale
Titre en vo : La La Land
Pays d'origine : États-Unis
Langue d'origine : anglais
Date de sortie : 9 décembre 2016
Durée : 126 mn

Casting :
Ryan Gosling : Sebastian Wilder
Emma Stone : Mia Dolan
John Legend : Keith
J. K. Simmons : Bill
Callie Hernandez : Tracy
Jessica Rothe : Alexis
Sonoya Mizuno : Caitlin
Rosemarie DeWitt : Laura, la sœur de Sebastian
Jason Fuchs : Carlo
Anna Chazelle : Sarah
Terry Walters : Linda
Finn Wittrock : Greg
Josh Pence : Josh
Miles Anderson : Alistar, le photographe
Valarie Rae Miller : Amy Brandt
Tom Everett Scott : David
Meagen Fay : la mère de Mia

Mon avis : S’il y a bien un genre cinématographique qui semblait avoir totalement disparu des écrans radars depuis des lustres, c’était bien celui des films musicaux, car bon, comment dire, si les comédies musicales connurent un immense succès entre les années 30 et 60, depuis, et en dehors de quelques tentatives avec plus ou moins de succès, ici et là, c’était le calme plat, pour ne pas dire le néant absolu. Du coup, lorsque le jeune réalisateur Damien Chazelle se décide à se lancer dans ce projet apparemment fou qu’était La La Land, qu’il décide, fin 2016, d’oser sortir une comédie musicale, on pouvait se poser quelques questions quant a la réussite de la chose, mais aussi, reconnaitre qu’on ne pouvait qu’être singulièrement curieux ; après tout, pourquoi pas ?! Un pari osé, donc, loin d’être gagner, malgré ce que les mauvaises langues vont affirmer ensuite, et qui s’est avéré, au final, une parfaite réussite car si je n’irais pas jusqu’à affirmer, comme certains, que si vous n’aimez pas La La Land, c’est que vous n’aimez pas le cinéma – désolé mais on a le droit de ne pas l’aimer et d’aimer le cinéma – force est de constater que oui, mille fois oui, nous nous trouvons bel et bien devant un bon, un sacré bon film même ! Alors certes, moi-même, j’avais quelques doutes quant a la réussite de la chose – une comédie musicale tout de même, a notre époque – et même si une partie de mon enfance fut bercée par ce genre, j’étais loin d’être assurer d’accrocher au concept. Pourtant, assez rapidement, mon opinion évolua de manière fort positive et suite a une entrée en matière tout simplement diabolique de réussite – ce délire musical sur l’autoroute qui nous renvoyait des décennies en arrière – et la présentation des deux protagonistes principaux qui respecte parfaitement les canons du genre, tout en se référant a de multiples reprises a tout un tas de films comme Chantons sous la pluie, Les Parapluies de Cherbourg et même La Fureur de vivre, au bout d’une demi-heure, on fait fit totalement de nos appréhensions et, happés littéralement par le film, c’est parti pour plus de deux heures de pur bonheur. Car oui, malgré une histoire simpliste (mais vous en connaissez énormément des comédies musicales a l’intrigue complexe ?), comment ne pas être émerveiller par cette intrigue tellement attachante, ces acteurs tellement inspirés qu’on ne peut que s’incliner bien bas devant leur performance, ce déluge de couleurs et de décors tout bonnement sublimes, ces effets de caméras et ces plans séquences qui nous en mettent plein les yeux ?! Et puis, bien sur, il y a la bande originale, car bon, c’est une comédie musicale avant tout, et là, on frôle le génie tellement tout cela est excellent et sublime de fort belle manière l’ensemble, ne serais-ce que pour toutes ces références aux jazz, qui raviront les amateurs, et le titre principal, bien sur, qui nous trotte dans la tête, encore et encore, quelques heures après le film. Alors oui, La La Land est une véritable petite pépite cinématographique, une espèce d’ovni, pour notre époque, qui rend un superbe hommage a tout un genre tombé en désuétude depuis des lustres ; original, novateur, bourré de références et servi par un duo d’acteurs et une bande originale excellente, c’est un film a voir et a revoir, sans le moindre problème. Bien sur, il faut reconnaitre que l’œuvre de Damien Chazelle ne plaira pas a tout le monde et qu’il faut, a la base, posséder une certaine culture cinématographique ou, du moins, un certain attrait pour le genre, mais bon, en dehors de ce qui est tout simplement une affaire de gouts personnels, force est de constater que La La Land est tout bonnement le film de ce début d’année 2017 et que, passer a coté serait fort dommage, ne serais-ce que pour se souvenir de ce que devrait être avant toute chose le cinéma : un grand spectacle qui nous fait rêver et nous entraine a mille lieux des problèmes du quotidien !


Points Positifs :
- Une comédie musicale en 2017 !? Le pari pouvait sembler totalement délirant et pourtant, il est réussi et de fort belle manière d’ailleurs car oui, La La Land est un fort bel hommage a tout un genre tombé en désuétude depuis des décennies mais, et c’est là le plus important, un hommage intelligent car nous n’avons pas un simple film qui se contenterait de reprendre les codes du genre mais plutôt une œuvre qui les sublimes.
- De la magistrale et étonnante scène d’ouverture sur l’autoroute a celle qui conclut fort bien le film – ce qu’aurait put être la vie des deux protagonistes si elle avait été différente – on ne s’ennui pas une seule seconde et l’on a droit a un véritable déluge visuel et musical tout au long de deux heures. Un pur régal !
- Emma Stone et Ryan Gosling sont tout simplement parfaits dans leurs rôles et on ne peut que tirer notre chapeau devant leur performance, pas si évidente que ça quand on y pense.
- Une bande originale tout simplement parfaite de bout en bout.
- Décors, couleurs, chorégraphies, effets de styles, plans séquences : on en prend plein les yeux tout au long du film.
- Que de références dans La La Land, que ce soit à des films du genre, bien entendu, mais aussi au jazz, autre genre lui aussi tombé en désuétude.
- La fin, qui ne plaira pas a tout le monde (spoiler, ce n’est pas un happy-end) est justement parfaite selon moi.

Points Négatifs :
- Il faut reconnaitre que si l’on ne possède pas une certaine culture cinématographique, on passera à coté de la plupart des références, de même, si les comédies musicales vont ont toujours indisposées, vous pouvez passer votre chemin.
- La fin, justement, qui en aura fait hurler plus d’un – eh oui, ce n’est pas un happy-end – et si, personnellement, celle-ci m’a convenue, pour d’autres, je ne pense pas que ce soit le cas…

Ma note : 8,5/10
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