vendredi 28 mars 2008

LA MACHINE A EXPLORER LE TEMPS


LA MACHINE A EXPLORER LE TEMPS

Londres, à l’extrême fin du XIXe siècle. Dans la maison d’un savant, un groupe d’amis écoute celui qui prétend être le premier voyageur du temps narrer ses aventures. Le voyageur du temps commence son récit en décrivant le monde de l’an 802701. La Terre est habitée par les Éloïs, descendants des hommes. Androgynes, simplets et doux, ils passent leur temps à jouer tels des enfants et à manger des fruits dans le grand jardin qu’est devenue la Terre. À la surface de celle-ci, ne subsiste plus aucune mauvaise herbe, ni aucune autre espèce animale. Le monde semble être devenu un paradis. Seulement l’explorateur du temps ne tarde pas à se rendre compte que cette apparente harmonie cache un terrible secret. Des puits menant à des systèmes d’habitations souterraines sont répartis un peu partout, et un bruit de machine s’en échappe. C’est sous terre que vit une autre espèce descendante aussi des hommes, les Morlocks, sortes de singes blancs aux yeux rouges ne supportant plus la lumière à force de vivre dans l’obscurité. La nuit, ils vont et viennent à la surface en remontant par les puits, pour kidnapper des Éloïs dont ils se nourrissent, devenus ainsi leur bétail à leur insu. L’explorateur, dont la machine à voyager dans le temps a disparu, va devoir descendre sous terre affronter les Morlocks, s’il veut pouvoir retourner chez lui. Entre temps, il va se lier avec une Éloïe, Weena.


La Machine à explorer le temps
Auteur : H. G. Wells
Type d'ouvrage : Science-Fiction
Première Parution : Juin 1895
Edition Poche : 8 octobre 2001
Titre en vo : The Time Machine
Pays d’origine : Royaume-Uni
Langue d’origine : Anglais
Traduction : Henry-D. Davray
Editeur : Folio SF
Nombre de pages : 166

Mon avis : Décidément, cette fin du mois de mars est plutôt faste pour ce qui est de la littérature fantastique puisque, après le méconnu Ariosto Furioso dont je vous ai parlé il y a quelques jours a peine, voilà qu’aujourd’hui, j’aborde ce qui est tout bonnement un monument de la science-fiction, un classique incontournable, je veux bien évidement parler de La Machine à explorer le temps. Bon, tout d’abord, je dois reconnaitre qu’il m’est fort difficile d’émettre une critique au sujet d’une telle œuvre, après tout, que pourrais je ajouter de plus a ce qui a déjà été dit et redit un nombre incalculables de fois sur ce roman tout bonnement culte, connu de tous, et ce, que l'on soit passionné du genre ou non ? Bien évidement, pas grand-chose… Mais bon, je vais tout de même essayer. Tout d'abord, je dois reconnaitre que j'ai décidé de relire ce livre afin de pouvoir ensuite me lancer dans Les vaisseaux du temps de Stephen Baxter (roman qui rend hommage a HG Wells en donnant une suite aux voyages dans le temps de l’explorateur), et ce, dans les meilleurs conditions, histoire que je me replonge un peu dans le contexte. Ceci avoué, qu'ai je ressenti en relisant cette œuvre, lu pour la première fois alors que j’avais sensiblement quatorze ans ? Tout d'abord, une impression de dépaysement total – dans les récits du même genre, on aborde rarement un futur aussi lointain – de découverte, auprès de l'explorateur, de ces années 800000, mais, ne l’oublions pas, de pessimisme également. Car La Machine à explorer le temps, même si elle nous narre un voyage onirique dans un futur lointain, est une œuvre sans compromis pour l'avenir de l'espèce humaine, chose que l’on a tendance a oublier, plus d’un siècle après sa sortie. Que cela soit les Eloïs ou les terrifiants Morlocks, nos descendants sont bien loin d'avoir les capacités intellectuelles que le voyageur du temps s'attendait à trouver, ce qui, a une époque où l’homme n’avait pas encore cesser de croire aux bienfaits du progrès et de la science, est plutôt a contre-courant. Plus qu'un simple livre de science-fiction, La Machine a explorer le temps est également, voir surtout, une satyre de la lutte des classes de l'Angleterre Victorienne, et, bien sur, des dégradations, poussées a leurs paroxysmes des relations entre le monde d'en haut (les oisifs) et celui du bas (les travailleurs) ; parallèle que l'on retrouvera dans le Metropolis de Fritz Lang quelques décennies plus tard... En relisant ce chef d'œuvre de la littérature SF, je n'ai pu m'empêcher de penser a ses adaptations cinématographiques, si éloignées du sens profond du récit original (avec des Eloïs bien trop intelligents vis a vis de ce qu'ils devraient être....) et dans le fond, si décevantes... Mais ceci est un autre problème... Quoi qu'il en soit, plus d'une centaine d'années après sa parution, La Machine a explorer le temps n’a rien perdu de sa force et se classe incontestablement parmi les plus grandes réussites de la SF. Bref, un incontournable !


Points Positifs :
- Déjà, le coté culte de la chose. Que l’on veuille ou pas, La Machine à explorer le temps est l’un des romans les plus connus du genre fantastique, et, accessoirement, un des tous premiers de la science-fiction telle qu’elle se développera au cours du vingtième siècle. Maitre étalon du genre du voyage dans le temps, l’œuvre de Wells sera souvent copié, jamais égalé.
- Un futur très lointain, plus de 800000 ans, et, un avenir bien sombre pour ce qui est de l’évolution humaine ; ici, la science a failli, l’homme à régresser, et, que ce soit les insouciants et un peu idiots Eloïs ou les terrifiants et plus malins Morlocks, notre voyageur du temps connaitra bien des désillusions.
- Il fallait oser pour l’époque tout de même de nous proposer un futur loin d’être aussi radieux que celui-ci annoncé par la science ; Wells n’est décidément pas Jules Verne.
- Captivant, bien écrit, le récit n’a pas pris une ride.
- Le passage où l’explorateur du temps ne cesse d’avancer, encore et encore, jusqu’aux tous derniers jours de notre planète m’aura marqué a jamais.

Points Négatifs :
- Difficile d’en trouver face a un tel chef d’œuvre qui, comme je l’ai dit, n’a pas pris une ride – ce qui n’est pas le cas d’autres œuvres contemporaines. Disons que, s’il fallait en trouver une, le fait que ce soit trop court, j’aurai préféré que le plaisir dure un peu plus…

Ma note : 9/10

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