jeudi 29 mai 2008

LA VÉNUS ANATOMIQUE


LA VÉNUS ANATOMIQUE

1752. L'Europe en dentelles est teintée de sang. Le philosophe-chirurgien Julien de la Mettrie, dont les ouvrages ont jadis été brûlés, mène une vie sans histoire derrière les remparts de la bonne ville de Saint-Malo. Repos troublé, un soir, par une convocation fort déplaisante : le Secret du Roi, ce cabinet obscur qui conduit la diplomatie souterraine de Louis XV, souhaite l'exposer aux feux de Versailles… Une telle invitation ne se refuse pas, mais qu'attend-on de lui ? Du paradis à l'enfer, le chemin est tout droit… Ainsi bascule la vie de la Mettrie. Biomécaniciens et sculpteurs de chair, monarques cyniques, séducteurs emperruqués et femmes de tête se succèdent en des lieux que la morale réprouve : magasin d'enfants, mausolée des plaisirs ou Manufactures de Cadavres, tandis que plane en coulisse l'ombre mécanique des automates anatomies mouvantes de chair et d'acier.


La Vénus Anatomique
Auteur : Xavier Mauméjean
Type d'ouvrage : Uchronie, Cape & Épée
Première Parution : 27 octobre 2004
Edition Française : 13 septembre 2006
Titre en vo : La Vénus Anatomique
Pays d’origine : France
Langue d’origine : Français
Traduction : Néant
Editeur : Le Livre de Poche
Nombre de pages : 352

Mon avis : Avec cette Vénus Anatomique, Xavier Mauméjean signe là un fort sympathique roman qui nous réconcilie avec les récits de cape et d’épée et les vieux films tels que le Capitaine Fracasse ou le Bossu ; mais n'oublions pas qu'il s’agit d'une uchronie, ce petit détail à son importance, surtout dans la deuxième partie de l’ouvrage. Car en effet, il faut savoir que La Vénus Anatomique se décompose en deux parties distinctes : La première, l'Anopticon est dans la lignée des récits de l’époque avec ses personnages hauts en couleur, les intrigues de la cour et un souffle chevaleresque qui prend toute son ampleur dans les divers affrontements et courses poursuites qui parsèment ces premières pages. La deuxième, le Panopticon, est bien plus sombre, nous entraînant et nous maintenant dans un lieu unique et fermé, a la limite de la claustrophobie, tandis que l’on suit pas a pas la passionnante création de cette nouvelle Eve, partageant les inquiétudes et les doutes de La Mettrie et de ses compagnons. Et si, dans la première partie de l'œuvre, Xavier Mauméjean nous donne a peine l'impression que l'on a affaire a une uchronie par le biais de quelques armes « évoluées », ce n'est plus le cas par la suite, et l'on y plonge de plein pied des l'entrée dans ce fameux et inquiétant Panopticon, ce qui ravira, naturellement, les amateurs du genre. Pour ce qui est des personnages, ils sont tous assez charismatiques : du protagoniste principal, La Mettrie, dont le rôle aurait put être joué par Jean Marais, et ses deux compagnons a l'inquiétant Menzel Von Castelberg en passant par le Marquis de la Rothière ainsi que des figures connues comme Casanova (hilarant) ou le célèbre Chevalier d'Eon, ils ont tous un je ne sais quoi de particulier qui les rends attachants et inoubliables. Quand a la création de cette fameuse Eve (dont le lien évidant avec la créature de Frankenstein est révélé a la fin), si elle n'est, bien évidement, a nos yeux du vingt et unième siècle, pas crédible pour un sou, elle l'est (et c'est la un beau tour de force de l’auteur) pour ce qui en était de la science de l'époque. Bref, un Xavier Mauméjean inspiré et qui nous offre la une bonne petite uchronie sans prétention a première vue mais qui se révèle indispensable aux amateurs du genre.


Points Positifs :
- Un habile mélange des genres entre roman de cape et d’épée et uchronie plutôt efficace et qui captive d’entrée de jeu le lecteur.
- Xavier Mauméjean nous propose tout un tas de personnages – qu’ils sortent de son imagination ou historiques – plutôt réussis et qui marquent les esprits de par leur charisme et le rôle qu’ils jouent dans l’histoire.
- Les références sont fort nombreuses dans cette Vénus Anatomique : Frankenstein, bien sur, mais aussi et surtout les romans et films de Cape et d’épée comme les œuvres d’Alexandre Dumas ou certains films de Jean Marais comme Le Bossu ou Le Capitaine Fracasse.
- Certes, la façon dont la Eve du roman acquière la vie n’est pas crédible pour un sou, par contre, au vu de la science de l’époque, si, et c’est là l’une des bonnes idées de l’auteur.

Points Négatifs :
- Le choix de diviser le roman en deux parties très distinctes n’est pas la meilleure idée de Xavier Mauméjean, la rupture de style étant, par moments, un peu trop importante.
- Du coup, on en viendrait presque par moments a préféré la première partie, très marquée Cape et épée, a la seconde, plus fantastique.
- Même si La Vénus Anatomique est un roman fort sympathique, cela reste une œuvre de divertissement avant tout, sans grande prétention.

Ma note : 7,5/10

vendredi 23 mai 2008

SEPT GUERRIÈRES


SEPT GUERRIÈRES

Lybie, VIe siècle de notre ère. Tamecheq, la capitale du royaume de N’nas Amon, est assiégée de toutes parts par une coalition d’armées perses et byzantines. A la tête du royaume, la reine Tsin’Inan n’entretient guère d’espoir sur une issue favorable au conflit. Après avoir confié la défense de la ville à de robustes mercenaires crétois, thraces, vandales et sarmates, la reine cherche à préserver sa dynastie, incarnée par son fils, le prince Aksamon, âgé d’une vingtaine d’années. La veille de l’ultime combat, alors que la cité portuaire de l’autre côté du fleuve est en flammes, elle demande un service à Targitaï, une jeune capitaine sarmate qui a toute sa confiance. Qu’elle choisisse six de ses plus valeureuses guerrières et qu’elle fasse traverser à son fils les lignes ennemies pour le mettre à l’abri au-delà des combats. N’en déplaise à son orgueil de mâle belliqueux, Aksamon n’a d’autre choix que celui d’obéir. Après avoir validé une sélection de six guerrières jeunes, belles et néanmoins farouches, la reine met au point une entrevue mystérieuse entre elles et son fils, dans les appartements d’Aksamon, lors de laquelle tout le monde est drogué. Le lendemain, la petite troupe se met en route, commençant le périple par un souterrain secret et truffé de pièges de toutes sortes, qui doit déboucher de l’autre côté du fleuve…


Sept Guerrières
Scénario : Michaël Le Galli
Dessins : Francis Manapul
Couleurs : Christelle Moulard
Couverture : Francis Manapul
Editeur : Delcourt
Genre : Aventure, Action, Historique
Pays d’origine : France
Langue d’origine : français
Parution : 01 mai 2008
Nombre de pages : 62

Mon avis : Mais quelle déception ! Franchement, je me doutais bien que je risquais de ne pas être autant convaincu par ce nouveau volume de la série Sept que par son précédent, l'excellent Sept Missionnaires. Après tout, dans une série ou agissent sept scénaristes et sept dessinateurs, et ce, pour sept histoires différentes, le niveau ne peut pas être égal a chaque volume. C'est normal. Et jusque la, on était passé du très bon Sept Psychopathes au rigolo Sept Voleurs suivi par le très moyen Sept Pirates (dont je vous proposerai les critiques en temps et en heure) et le jouissif Sept Missionnaires. Il manquait le mauvais ? Et ben on l'a avec ces Sept Guerrières terriblement décevantes... Mais quel ennuie ! J'avoue avoir passé un grand moment de solitude a la lecture de cette BD, en étant ressorti dubitatif et perplexe devant un tel gâchis tout en espérant que les deux derniers volumes de cette série sauront relever le niveau, parce que là, on est tombé bien bas. Avant toute autre chose, le dessin : désolé, mais je n’ai pas du tout accroché ! Ainsi, malgré quelques (rares) planches sympa, j’ai eu par moments la très désagréable impression de me retrouver devant un mauvais comics ; vous savez, genre les épisodes bouches trous, les annuals ou ceux où le dessinateur habituel est en congé... Et le pire, c’est que ça ressemble a du comics inspiré par du manga, bref, un mélange des genres qui a aucun moment ne fonctionne… Mais bon, l'on dit toujours que ce qui compte dans une BD, c’est le scénario ; ce n'est pas faux, une bonne histoire passe avec de mauvais dessins tandis qu'un navet, malgré le meilleur des artistes, restera toujours un navet. Hélas, mille fois hélas, le scénario ne tient pas vraiment la route tant, malgré une idée de base qui aurait put être moyennement intéressante, il est mal amener et ennuyeux. Une citadelle assiégée, une mission pour sept guerrières qui doivent faire s'en échapper le prince héritier, des pièges, des morts, des combats, encore des morts, et hop, on arrive a la destination finale et… bah c’est tout, c’est-à-dire, un scénario qui archivue qui tient sur un timbre poste. De plus, on n’a même pas le temps de s’attacher aux protagonistes puisque certains ne sont là que pour servir de chair a canon tandis que les autres, c’est encore pire : en effet, vu qu'ils sont présents plus longtemps, on aurait put croire qu’ils allaient être plus développés, or ce n'est pas vraiment le cas, ce qui est grave ! Et je préfère ne pas m'attarder sur le charisme proche de celui d’une huître de ce pauvre prince qui finit de se ridiculiser dans une mémorable scène en bateau ou, victime d’un petit bobo, il passe son temps à geindre tandis que les femmes font tout le boulot ! Quant a la fin, afin de ne pas spoiler, je me terrais sur le contenu de celle ci, mais, je tenais néanmoins à ajouter que des la dixième page, je l’avais devinée... Pour l'effet de surprise, on repassera.... Pareil pour la qualité de ces Sept Guerrières, décidément aux abonnées absentes…


Points Positifs :
- L’amateur de bande dessinée qui ne souhaite pas se prendre la tête et qui n’est pas trop regardant trouvera éventuellement son compte a la lecture de cette BD qui reste un divertissement calibré grand public.
- Les couleurs de Christelle Moulard.

Points Négatifs :
- Un scénario vu et revu tant de fois qu’il n’apporte rien de nouveau, de plus, il est sans la moindre surprise, convenu au possible et tellement prévisible que tout cela finit par devenir rapidement navrant.
- Pour ce qui est des personnages, c’est du même acabit : ainsi, entre un prince au charisme digne d’une huitre et qui ne cesse de geindre, des protagonistes bouche trous – il fallait bien qu’elles soient sept – et d’autres dont les personnalités ne sont guère plus développés, on se retrouve devant une belle collection de personnages stéréotypés et sans le moindre intérêt.
- Les dessins de Francis Manapul tiennent  a la fois du style comics mais aussi de celui des mangas et comme en plus, il y a un petit soupçon de bande dessinée franco belge, on se retrouve au final avec un bouillon que je ne qualifierai pas d’indigeste mais pas loin…
- Non seulement la conclusion est ridicule mais en plus, on la devine dès la dixième page.
- C’est bien beau de vouloir faire dans l’historique, mais bon, on est davantage dans le grand n’importe quoi qu’autre chose !
- Certes, les couvertures de la série Sept ne sont pas réputés pour être belles, mais bon, même ici, on a droit a un truc plus moche que d’habitude…

Ma note : 1,5/10

PAVANE


PAVANE

Si la reine Elisabeth Ière avait péri en 1588 sous le couteau d'un assassin, si l'Invincible Armada avait triomphé de la tempête et vaincu, l'Histoire aurait suivi un autre cours où la papauté l'aurait emporté, où le progrès technique aurait été condamné comme démoniaque. Au XXème siècle, des locomotives à vapeur tirant jusqu'à cinq wagons disputent les routes aux cavaliers; les nouvelles sont transmises par des réseaux de sémaphores; on chasse les sorcières et les seigneurs féodaux appuient leurs révoltes sporadiques de sciences impies et hérétiques comme l'électricité et la chimie. Mais l'Histoire, imperturbable, entraîne dans sa pavane peuples et rois, humbles et riches, filles et garçons.


Pavane
Auteur : Keith Roberts
Type d'ouvrage : Uchronie
Première Parution : 26 octobre 1968
Edition Française : 16 avril 2008
Titre en vo : Pavane
Pays d’origine : États-Unis
Langue d’origine : Anglais
Traduction : Frank Straschitz
Editeur : Le Livre de Poche
Nombre de pages : 384

Mon avis : Très beau livre que ce Pavane. Comme la danse du même nom, nous voila face a une œuvre qui avance lentement, prenant le temps de s'arrêter sur des extraits de vie de plusieurs personnages, qui, a première vue, n’ont aucun lien entre eux alors que l'on se rend compte, au fil de la lecture, que c'est tout le contraire, tant chaque chapitre a son importance dans le dénouement et la compréhension du récit. Certains y voient un assemblage de courtes nouvelles, dans un univers ou l'Église Catholique a maintenue toute sa splendeur et sa puissance depuis sa création ; je ne vois pas la chose ainsi. Tout d'abord, des liens existent entre la plupart des protagonistes, des liens familiaux pour certains, et ce, dans un déroulement du récit étalé sur plusieurs décennies. Mais, ceux qui a priori n'ont rien à voir (et je pense la, par exemple a Rafe Bigland), justifient leur présence dans le texte par les descriptions du mode de vie de cet univers, ou pour narrer des moyens de transports ou de communications qui lui sont propre. Œuvre tragique et triste, on se prend facilement d’affection pour ces héros, bien malgré eux, qui se contentent de vivre leur vie, pour certains, ou de marquer l'Histoire, de part leur prise de positions. Dans cette Uchronie ou règne l'Église Catholique, l'ancien peuple n'a pas disparut et sa présence se fait sentir, comme si, sans les lumières et la raison du 18em siècle, elfes, fées ou lutins n’avaient aucune raison de disparaître puisque les hommes croient encore en eux. Pour ce qui est des avancées scientifiques, elles sont très limités, Rome y veillant, et le Moyen Âge semble ainsi se prolonger indéfiniment. Mais, pour ceux qui y verraient un rôle néfaste de l'Église, les dernières lignes les feront peut être changé d'avis, surtout si l'on compare l'Histoire de cet univers, a notre vingtième siècle et a ses boucheries et a ses génocides. Indéniablement, Pavane est une œuvre a part : on n'y sauve pas le monde, les personnages principaux n'aspirent qu'a vivre et ont des préoccupations a priori banales, mêmes si ce dont de doux rêveurs. Mais l'on en tombe amoureux, tout simplement, un peu sans comprendre et par surprise. Et cela est le plus important....


Points Positifs :
- Le genre uchronique peut accoucher du pire comme du meilleur et, indéniablement, il me parait évidant qu’avec Pavane, Keith Roberts nous a offert l’un des plus beaux fleurons du genre : le point de divergence est bien trouver (l’assassinat de la Reine Elisabeth ce qui entraine le retour en force du catholicisme en Grande-Bretagne), une histoire différente de la notre et que l’on découvre par le biais de la vie quotidienne de plusieurs personnages et, la surprise du chef, a la fin, lorsque l’on se rend compte que malgré les apparences, cet autre monde serait probablement plus enviable que le notre…
- Justement, le fait que les personnages de ce roman n’aient pas de monde à sauver ou autres platitudes du même genre est indubitablement un bon point. Ce sont des gens du commun qui se contentent de vivre leur vie, et c’est tant mieux, surtout pour l’histoire du monde qui devient le sujet principal de cette œuvre.
- Par le biais de l’Eglise, le monde de Pavane n’a pas évolué autant que le notre ?! Certes, mais comme je l’ai dit, au final, le prétendu « grand méchant » aura empêché bien des tragédies…

Points Négatifs :
- Je reste tout de même dubitatif quand a l’intérêt de la présence du peuple féerique. Certes, celui-ci n’est pas gênant en soit, mais bon, on se serait parfaitement passés d’eux sans le moindre problème.
- L’Eglise est tout de même présentée, malgré le final, comme un empêcheur d’inventer en rond ; un peu réducteur tout de même !
- La lecture de Pavane pourra gêner certains lecteurs, principalement dut au fait qu’il n’y a pas de véritables héros mais plutôt une foule de protagonistes qui se succèdent, sans que ces derniers soient véritablement marquants.

Ma note : 8/10

mercredi 21 mai 2008

L’HISTOIRE SECRÈTE – NADJA


L’HISTOIRE SECRÈTE – NADJA

Paris en 1938. Dans une maison bourgeoise de Montmartre, la soirée s’annonce torride pour une partouze mondaine où se sont retrouvés la plupart des artistes surréalistes du moment : Aragon, Péret, Desnos… tout le monde est là. Tous ont dessiné une carte de tarot en laissant aller leur imagination. Le clou de la soirée prend la forme d’une femme mystérieuse et masquée qui choisit la carte désignant l’heureux élu qui pourra passer la nuit avec elle. La femme se dénude et emporte sa proie. Cette femme n’est autre que Reka. Elle a réuni une véritable collection de cartes de tarot toutes dessinées par des grands peintres modernes. 1940, Curtis Hawke a trouvé une nouvelle affectation au sein de la Royal Air Force et montre un talent et une chance incroyable. Erlin et Aker ont encore une fois besoin de ses services pour réaliser une nouvelle passe avec trois ivoires. L’idée est de trouver quelque chose qui modifiera le cours de la guerre de façon radicale…


L'histoire Secrète – Nadja
Editeur : Delcourt
Scénario : Jean-Pierre Pécau
Dessins : Igor Kordey
Couleurs : Chris Chuckry
Couverture : Manchu, Olivier Vatine
Genre : Fantastique, Etrange, Historique, Mondes décalés
Pays d’origine : France
Langue d’origine : français
Parution : 01 avril 2008
Nombre de pages : 48

Mon avis : Lors des débuts de ce blog, en janvier dernier, L’Histoire Secrète, l’œuvre des deux compères, Jean-Pierre Pécau et Igor Kordey, avait été omniprésente au cours des premiers jours d’existence du Journal de Feanor où je vous avais proposer les critiques des dix premiers volumes de la saga – les neuf parus précédemment, et que j’avais donc relu, ainsi que le dixième tome, sorti en ce début d’année, La Pierre Noire. Et donc, quelques mois plus tard, nous retrouvons enfin avec plaisir (du moins, pour ceux qui espèrent encore quelque chose de cette œuvre, quoi qu’il faut reconnaitre que la qualité de celle-ci a augmenter depuis les débuts du second cycle), et après un dixième opus singulier – où aucun Archonte ne daignait montrer le bout de son nez – mais néanmoins intéressant,  un nouveau tome d’une série qui a fait couler beaucoup d’encre depuis ses débuts, le onzième déjà, intitulé Nadja. Ici, comme aux bons vieux temps des débuts, nous avons droit a un nouveau saut dans le temps sauf que, contrairement au premier cycle où quelques siècles s’écoulaient parfois entre chaque volume, ici, ce n’est qu’une dizaine d’années environ et nous nous retrouvons donc au début de la Seconde Guerre Mondiale, où l'on retrouve donc Curtis en pleine bataille d’Angleterre, accompagné des Archontes Erlin et Aker. Pendant ce temps, la sensuelle Reka, use de ses charmes afin de se constituer un nouveau jeu tandis que l'on retrouve Itzak aux USA (mais il m’a fallut un certain temps pour le reconnaitre) et que le professeur Einstein fera son apparition avant un final explosif à Prague ou l’un des Archontes perd vraisemblablement la vie. Et ben, dit comme cela, force est de constater qu’il s'en passe des choses, et encore, c’est un rapide résumé. Mais bon, comment dire ? Disons que si dans l’ensemble, ce onzième tome est dans la lignée de ses prédécesseurs et que dans l’ensemble, cela reste plutôt convenable, on ne peut nier que, par moments, il est un peu fouillis, tant le scénariste, Jean-Pierre Pécau, nous submerge d’évènements a priori sans rapport mais qu'il tient absolument à lier entre eux. Certes, toutes ces références ne sont pas dénuées d’intérêt et dans l’ensemble, je comprends plus ou moins la réflexion de l’auteur, mais bon, par moments, je me demande si simplifier un peu les choses – par exemple, avait-on besoin d’un passage aussi long sur les mafieux américains, je ne le pense pas – ne serait pas une bonne idée ? Pour ce qui est des dessins, c’est un Kordey en légère forme que l’on trouve dans cette album : certes, comme c’est le cas depuis l’arrivé de Chris Chuckry a la colorisation, c’est beaucoup mieux que dans les premiers volumes de la saga, mais bon, on ne peut nier que dans ce Nadja, il y a quelques ratés, que le croate a décidément du mal lorsqu’il y a trop de personnages sur une même case et que, pour être tout a fait franc, la double page où l’on voit les conséquences du duel entre Aker et Guillaume de Lecce est un peu loupée. Dommage car malgré ces quelques défauts, il y avait pas mal de bonnes idées et puis, le final, dramatique et inattendu m'a vraiment plu ; mais bon, dans l’ensemble et malgré une petite baisse de régime, cela reste un bon tome de L’Histoire Secrète, disons juste que cela fait longtemps que l’on a compris que cela ne sera jamais une grande série et qu’on s’est fait une raison…


Points Positifs :
- Les événements se bousculent dans ce onzième tome et le lecteur n’a pas le temps de souffler que, après avoir valdingué ici et la, survient un événement dramatique a la fin de l’album.
- Justement, ce dernier, c’est-à-dire, la mort d’un Archonte et plus précisément… attention spoiler… celle d’Aker, est l’un des points forts de cet album, comme il fallait s’y attendre.
- Une partie de l’intrigue a lieue a Prague, une ville que j’ai eu la chance de visiter l’année passée et que j’adore ; bref, rien que pour ça…
- C’est fou le nombre de figures historiques qui apparaissent dans ce onzième volume : Albert Einstein, Reinhard Heydrich, Pablo Picasso, Lucky Luciano et bien d’autres ; certes, ce n’est pas nouveau dans cette série mais là, c’est un défilé auquel on a droit.
- L’amateur d’Histoire s’amusera de découvrir pas mal d’anecdotes tout simplement réelles et qui parsèment cet album.

Points Négatifs :
- Mine de rien, par moments, trop c’est trop et sincèrement, dans ce onzième tome, Jean-Pierre Pécau pèche par sa volonté de tout lier, du plus importante événement de l’Histoire au plus infime, aux Archontes et aux Ivoires ; certes, par moments, ça marche et, de toutes façons, la série est basée ainsi depuis ses débuts, mais dans ce volume, il y en a vraiment trop.
- Du coup, le lecteur lambda qui pèche par ses connaissances historiques et qui pouvait déjà se perdre ou être agacer par leur trop grand nombre dans les volumes précédant, va carrément se noyer dans ce Nadja !
- C’est un Igor Kordey inférieur a ce qu’il a fait dans les volumes précédant que l’on a droit : car si certaines planches sont une fois de plus superbes, ce n’est pas vraiment le cas pour d’autres et celle – une double page – où l’on voit les conséquences du duel entre Aker et Guillaume de Lecce est pour le moins… bah, incongrue.
- Il est tout de même bizarrement dessiné le père Einstein par moments ?!
- Ce serait bien de dire à Kordey qu’en 1938, Pablo Picasso était déjà chauve comme un œuf depuis belle lurette…

Ma note : 6,5/10

vendredi 9 mai 2008

LE HORLA


LE HORLA

Le narrateur mène une vie tranquille dans sa maison au bord de la Seine, en Normandie, lorsque d'étranges phénomènes commencent à se produire. C'est la carafe d'eau sur sa table de nuit qui est bue, des objets qui disparaissent ou se brisent, une fleur cueillie par une main invisible... Peu à peu, le narrateur acquiert la certitude qu'un être surnaturel et immatériel vit chez lui, se nourrit de ses provisions. Pire encore, cet être, qu'il baptise le Horla, a tout pouvoir sur lui, un pouvoir grandissant... S'il quitte sa maison, ce pouvoir disparaît ; mais bientôt, il ne peut plus sortir de chez lui, il est prisonnier. D'où vient cet esprit ? Du Horla ou de l'homme, l'un des deux doit périr.


Le Horla
Auteur : Guy De Maupassant
Type d'ouvrage : Fantastique
Première Parution : 26 octobre 1886
Edition Française : 10 août 2002
Titre en vo : Le Horla
Pays d’origine : France
Langue d’origine : Français
Traduction : Néant
Editeur : Le Livre de Poche
Nombre de pages : 96

Mon avis : S’il est probablement inutile de présenter Le Horla, œuvre pour le moins particulière de Guy de Maupassant, s’il y a bien une chose sur laquelle on peut revenir au sujet de cette œuvre, c’est sur sa classification qui aura toujours été sujette a la polémique : après tout, ce court roman est-il un œuvre fantastique ou uniquement un roman traitant de la folie ? Un classique ? Oui, avant toute chose, mais pour le reste… Pour la petite histoire, je l’avais découvert au collège, probablement en troisième si mes souvenirs sont exacts et je me souviens qu’a l’époque, mon prof de français avait davantage insisté sur la folie de Maupassant (atteint se syphilis, le célèbre écrivain finiras ses jours dans un asile) que sur le coté extraordinaire du roman, faisant fi, de fait, du coté fantastique de la chose. Or, en le relisant, il m'est apparu comme une évidence que ce fameux Horla est tout sauf un être imaginaire. C’était bien ce que je pensais a l’époque mais au fil des ans, et de l'oublie, le doute c'était installer mais ce n'est plus le cas et finalement, je suis assez satisfait d'avoir relu cette œuvre si singulière près de vingt ans après le collège. De plus, cette édition est des plus intéressantes puisque elle dispose des deux versions du Horla mais également de la Lettre d'un fou paru en premier et ébauche du chef d'œuvre à venir… Car du coup, il est intéressant de suivre les diverses évolutions du récit jusqu'à sa forme finale, de plus, l’éditeur a eu la bonne idée de nous fournir de nombreuses notes explicatives du plus grand intérêt. Le Horla est un classique, pas uniquement du fantastique mais de la littérature en général ; une nouvelle mélancolique, inquiétante où l'espoir perd petit à petit sa place pour un final dramatique et inéluctable, rappelant un peu les œuvres de Lovecraft, quelques décennies plus tard. Certes, la folie semble omniprésente, mais le narrateur devient fou devant l’inéluctable et l'indicible vérité : le Horla est réel, il est le représentant de la race qui va supplanter l’Homme et contre lui, tout espoir est vain. Bref, une œuvre incontournable, indéniablement de la même veine que celles d’Edgar Allan Poe et qui, bien entendu, est à lire absolument !


Points Positifs :
- Guy de Maupassant, écrivain fantastique ? Vous en doutez, lisez donc Le Horla et vous comprendrez ce que je veux dire par la… Dans la même veine que ses contemporains, Maupassant nous livre une œuvre magistrale, inquiétante, où le héros n’a aucun espoir et où, peu a peu, devant l’indicible, il sombre petit a petit dans la folie ; une œuvre dans la même veine, finalement, que pas mal de productions de Lovecraft, quelques décennies plus tard.
- Cette édition est triplement intéressante puisqu’elle nous propose les trois versions du récit : deux du Horla, a proprement parlé, ainsi que Lettre d’un fou qui en est sa première ébauche.
- L’idée de ces créatures supérieures a l’humanité et qui, un jour, les remplaceront… ma foi, ça ne peut que plaire aux amateurs de Lovecraft !

Points Négatifs :
- Une édition sympathique et a fort petit prix, je ne le conteste pas, par contre, pour ce qui est de l’illustration de la couverture, on ne peut pas vraiment dire que cela soit une réussite…

Ma note : 9/10

ÉVOLUTION


ÉVOLUTION

Sur Terre, il y a soixante-cinq millions d’années. Alors que les dinosaures règnent en maîtres sur le monde, un petit mammifère appelé Purga lutte pour survivre. Sa principale occupation est de trouver de la nourriture pour elle et ses petits. Cela aurait pu continuer ainsi pendant plusieurs millions d’années, mais la chute d’un météore va tout bouleverser. L’écosystème subit de grandes mutations, les dinosaures s’éteignent, l’évolution est en marche... La fabuleuse histoire de l’humanité, comme vous ne l’avez jamais lue !


Évolution
Auteur : Stephen Baxter
Type d'ouvrage : Science-Fiction
Première Parution : 30 novembre 2002
Edition Française : 9 janvier 2008
Titre en vo : Evolution
Pays d’origine : Etats-Unis
Langue d’origine : Anglais
Traduction : Dominique Haas
Editeur : Pocket
Nombre de pages : 1000

Mon avis : Indéniablement, ces dernières semaines auront été marquées par Stephen Baxter ; l’auteur, connu pour ses œuvres dites de « hard-science », c’est-à-dire, une science-fiction précise, probable et où l’on sent le coté scientifique de la chose, très loin des poncifs du genre, et qui, au demeurant, peut en rebuter plus d’un qui jugera tout cela particulièrement chiant et pénible à lire, nous entraine cette fois ci, après nous avoir offert avec Les vaisseaux du temps, une belle suite à La machine à explorer le temps, dans la plus fantastique histoire qui ne fut jamais compter : la nôtre ! En effet, ici, Stephen Baxter nous narre l’histoire (romancée) de notre évolution, depuis notre ancienne ancêtre connu, un petit purgatorius du nom de Purga et qui vivait à l’époque des dinosaures, et ce, jusqu'à la dernière de nos descendantes, imaginée par l’auteur, du nom d’Ultima (oui, il ne s’est pas spécialement foulé pour le nom mais après tout, pourquoi pas ?) 500 millions dans le futur. Romancé, donc, comme je vous l’ai dit, mais plausible. Voilà ce qui fait la différence et la réussite d’Évolution. Stephen Baxter nous propose donc de suivre, au fil du roman l’Histoire de l’Humanité telle qu'elle aurait pu être, en nous montrant, à chaque chapitre, des scènes de vie de nouveaux personnages à diverses époques de notre très longue évolution. Ainsi, de la petite Purga, la contemporaine des dinosaures, notre ancêtre la plus éloignée a Ultima, qui vécut dans un lointain futur sur une Terre mourante en passant par Noth, Vagabonde, le vieux Capo, Loin, Galet, l’incroyable et parfois terrifiante Mère, Jahna et tant d'autres, c'est un long fil conducteur évolutif qui nous narre des évènements aussi importants que la survie à la fin du Crétacé suite à la catastrophe qui mit fin au règne des dinosaures, le règne des mammifères qui s’en suivit, les bouleversements climatiques, la séparation entre les lignées qui donnèrent les singes actuels et les hommes, les premiers outils, l'invention de la religion, de la parole mais aussi, le début des inégalités, de la mainmise de l’homme sur l’environnement etc. Mais, car Stephen Baxter n’en reste pas là, également, une fin possible pour notre civilisation. Celle-ci, forcément, est imaginée, et certains pourront tiquer quant à ce qu’il nous propose : la fin de notre civilisation et la dégénérescence qui suivit pour nos descendants. Cependant, elle n’en reste pas moins plausible, et ce, même dans ses caractéristiques les plus extravagants de prime abord. Et, justement, c’est cela la grande force de Stephen Baxter : la plausibilité de son récit. Car l'auteur, s'il s'est bien documenté sur nos ancêtres, et sur la préhistoire en général, n'en n'oublie pas qu'il nous propose un roman et non une thèse comme il le rappelle lui-même à la fin du récit et il se permet quelques libertés avec les connaissances actuelles tels que les majestueux Cachalots des airs, les derniers dinosaures vivant en Antarctique, mais surtout sur une espèce de dinosaures évolués du Jurassique qui chassaient les grands sauropodes avec des lances, comme les Mammouths purent l’être il y a quelques milliers d'années par l’Homme. Ces « inventions » de Stephen Baxter, déplairont à bon nombre de lecteurs ainsi qu’aux spécialistes de la préhistoire, cependant, ces fameuses libertés, aussi incroyables sont-elles, demeurent du domaine du possible ; ne serais ce que, finalement, il faut bien que nous nous mettions une bonne fois dans la tête que nous ne saurons jamais tout sur les diverses espèces qui nous précédèrent et que la plupart resteront toujours dans l'oubli... Stephen Baxter joue bien évidement là-dessus, mais doit-on pour autant lui en tenir rigueur ? Après tout, comme il le précise lui-même : Évolution est un roman et non une thèse scientifique. Évolution est donc, vous l’avez compris, un très bon livre. J’ai eu énormément de mal à décrocher avant les dernières lignes et si, les divers personnages, très nombreux et variés, ne sont pas tous au même échelon, niveau charisme, au final, non seulement ils s'avèrent tous nécessaires pour l’intrigue, mais qui plus est, attachants de par leurs faiblesses et leur simplicité : après tout, la seule chose que souhaitent Purga, Capo, Mère ou Galet, ce n’est que de vivre le moins péniblement possible et transmettre leurs gènes. A présent que cela fait quelques jours que j'ai achevé sa lecture, j'ai encore énormément de mal à oublier certains chapitres qu' y m'ont très marquer comme, par exemple, celui qui est peut être le principal, Purga et la disparition cataclysmique des dinosaures après la chute du météore, « la queue du diable » ; mais également celui sur la fin de l'Empire Romain, certes court mais qui, par ce qui en ressort, nous apparait comme tellement contemporain, sans oublier, bien entendu, le dernier, avec la disparition des derniers êtres vivants tandis que les bactéries quittent notre planète agonisante allant apporter la vie, ailleurs, dans l'Univers.... Une fin très poétique pour une œuvre inoubliable à mes yeux et qui m’a redonner envie de me replonger dans mes vieux livres sur la préhistoire...


Points Positifs :
- Avec Évolution, Stephen Baxter ose se lancer dans une épopée plutôt casse-gueule – après tout, il s’agit, ni plus ni moins, que de l’Histoire de notre espèce qui va de notre plus lointain ancêtre a notre ultime descendant – or, non seulement on est rapidement captiver par le récit et les nombreuses histoires qui le parsèment, mais en plus, tout cela est traiter de façon si sérieuse qu’on finit presque par y croire, ce qui, ma foi, est une gageure.
- Justement, les connaissances du sujet de l’auteur permettent que l’on obtienne au final un ouvrage certes romancée mais qui n’en reste pas moins sérieux et crédible.
- Baxter nous offre une multitude de portraits tout au long du roman et même si toutes ne marquent pas autant les esprits, force est de constater que l’on s’attache rapidement aux nombreux protagonistes qui vont et qui viennent dans la longue, très longue histoire de l’humanité.
- Une petite préférence pour Purga, notre plus ancienne ancêtre, mais bon, dans l’ensemble, quasiment tous les personnages possèdent un petit quelque chose qui fait qu’on s’y attache.
- Particulièrement apprécier le chapitre sur la chute de l’Empire Romain et qui nous renvoi tellement a notre société occidentale décadente…
- Stephen Baxter ose quelques inventions, propose des hypothèses pour le moins osées, cependant, force est de constater que celles-ci passent plutôt bien.

Points Négatifs :
- Il se peut que certains n’apprécient guère les quelques inventions de l’auteur comme les dinosaures évolués qui chassent les sauropodes, la dégénérescence de l’espèce humaine, etc.
- L’intrigue sensée se déroulée plus ou moins a notre époque et que l’on suit en parallèle des autres est, de mon point de vu, bien moins intéressante.
- Reconnaissons que Évolution est une œuvre un peu spéciale à lire et que certains risquent de ne pas accrocher à ses multiples sauts dans le temps.

Ma note : 8,5/10
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