dimanche 30 novembre 2008

BIENVENUE CHEZ LES CH’TIS


BIENVENUE CHEZ LES CH’TIS

Philippe Abrams est directeur de la poste de Salon-de-Provence. Il est marié à Julie, dont le caractère dépressif lui rend la vie impossible. Pour lui faire plaisir, Philippe fraude afin d'obtenir une mutation sur la Côte d'Azur. Mais il est démasqué: il sera muté à Bergues, petite ville du Nord. Pour les Abrams, sudistes pleins de préjugés, le Nord c'est l'horreur, une région glacée, peuplée d'êtres rustres, éructant un langage incompréhensible, le "cheutimi". Philippe ira seul. A sa grande surprise, il découvre un endroit charmant, une équipe chaleureuse, des gens accueillants, et se fait un ami : Antoine, le facteur et le carillonneur du village, à la mère possessive et aux amours contrariées.

Avant d’aller plus loin, mettons les choses au clair tout de suite : jamais je n’aurais cru, qu’un jours, j’aille à écrire la critique de « Bienvenue chez les Ch'tis », et ce, pour de multiples raisons. Même si, depuis quelques temps, je me doutais bien que le DVD du film finisse tôt ou tard par débarquer chez nous ; ce qui arriva hier. Si je n’ais jamais eu d’a priori véritable vis-à-vis de ce que pouvait être ce long métrage, un divertissement agréable, tout le « cirque » médiatique fait autour du film me dégoûta littéralement, comme trop souvent de toute envie de le découvrir. Sincèrement, ce n’est pas la première fois que je réagis ainsi, je ne supporte pas les emballements vis-à-vis des œuvres cinématographiques, quel que soit leurs genres, et ce, depuis longtemps. D’ailleurs, à ce propos, un exemple tout bête : à l’époque ou sorti « Titanic », j’avais jurer haut et fort que je ne verrais jamais cette « daube », et, évidemment, je finis par céder, et, forcement, sinon ce ne serait pas drôle, par adorer… Autre grief que j’avais vis-à-vis de « Bienvenue chez les Ch'tis », et ce n’étais pas des moindres : tout le cinéma fait sur les gens du nord, les fameux Ch’tis, forcement plus beaux, plus accueillants et plus sympas que les autres (non pas qu’ils ne le soient pas, loin de moi une telle idée, mais il y a des limites à force de l’entendre). Donc, c’est un peu pour toutes ses raisons, ainsi que pour les biloutes prononcées à tout bout de champs, que je n’aurais jamais cru, un jours, voir ce film. Et encore moins en écrire la critique.

Mais alors, que vaut donc ce « Bienvenue chez les Ch'tis » qui ne m’attirait pas le moins du monde ? Avais je tort de vouloir passer à coté de ce film ? Sincèrement, oui. Mais pas un « oui » majuscule, le genre de « oui » incontestable qui signifie tout bonnement que c’est un chef d’œuvre. Il aurait été dommage de ne pas voir ce film, mais pas indispensable non plus : j’aurais juste perdu un divertissement sympathique et franchement drôle, mais c’est tout. Car il faut mettre les choses au point tout de suite, « Bienvenue chez les Ch'tis » n’est qu’une comédie. Une bonne comédie, je le reconnais, mais pas une grande comédie, ce qui n’est pas vraiment la même chose. C’est un film sans prétention, dont l’immense succès en France, surpris tout le monde, en commencent par le principal intéressé, Dany Boon, réalisateur et acteur sympathique, aux faux airs, parfois troublants, de Bourvil. Sans prétention mais réussi, incontestablement. Certes, pas de grand message philosophique a chercher, mais une histoire simple, mille fois vue et qui fonctionne : un type débarque dans un lieu inconnu, pétrie de préjugés, et, bien sur, au fil du déroulement de l’intrigue, va se lier d’amitié et accepter ce qu’il avait en horreur et craignait au départ. Rien de bien original, et puis, on sait pertinemment que tout finira bien, mais peu importe, car on rentre très facilement dans l’histoire, on rigole du début à la fin (c’est si rare de nos jours) et on se surprend même, lorsque survint le générique de fin, à dire « biloute » avec un sourire niais. Alors, on se souvient de nos propres préjugés que l’on pouvait avoir et l’on ne peut se dire que l’on était bien stupide de les avoir eu…

Et pour finir, je ne pouvais m’empêcher de rappeler un petit détail croustillant : « Bienvenue chez les Ch'tis » est sorti au même moment que Le film qui devait tout casser en début d’année, le fameux « Astérix aux Jeux Olympiques », le film « bling-bling » par excellence, celui qui fut projeter à l’Elysée, pour le plus grand plaisir de notre Empereur. Et bien évidemment, l’un connu le succès que l’on connaît, et l’autre… et bien, comment dire, même les intéressés n’en parlent plus, préférant oublier un tel ratage. Comme quoi, et heureusement, les budgets records ne sont pas synonymes de réussite.

vendredi 21 novembre 2008

HIGHWAY 61 REVISITED


HIGHWAY 61 REVISITED

Bob Dylan (1965)

1- Like a Rolling Stone
2- Tombstone Blues
3- It Takes a Lot to Laugh, It Takes a Train To Cry
4- From a Buick 6
5- Ballad of a Thin Man
6- Queen Jane Approximately
7- Highway 61 Revisited
8- Just Like Tom Thumb's Blues
9- Desolation Row

Comment ? Un Dylan ? Et en plus, tout simplement son meilleur album ? Et accessoirement, l’un des plus grands de tous les temps, tout juste devancer par un ou deux Beatles ? A croire que j’aime me compliquer la vie, et avec cet « Highway 61 Revisited », je suis gâté. Mais bon, après tout, il est logique que je vous parle des films, livres, BD et albums qui font l’actualité (enfin, la mienne surtout) et comme j’ai énormément de mal à me passer de ce somptueux album, il fallait bien que, tôt ou tard, je vous propose ma petite critique.

Tout d’abord, on ne reviendra pas sur « Like a Rolling Stone » et de polémiquer pendant des heures si, oui ou non, celle-ci est la plus grande chanson rock de tous les temps (déjà, lors de sa sortie, c’était la plus longue), ce que même les Stones reconnaîtront près de 30 ans plus tard.
Personnellement, c’est mon avis ; mais après, faut il rentrer dans les préférences de chaque individu (qui lui sont propres), je ne pense pas que cela en vaille la peine. Disons que, incontestablement, « Like a Rolling Stone » est un véritable monument qui n’a rien perdu de son intensité, 43 ans plus tard (comme le temps passe vite !) et qui me fait toujours autant frissonner à chaque écoute, comme si c’était la première fois.

Mais « Highway 61 Revisited » ne se limite pas a une chanson, loin de la, et à ce propos, les autres titres de l’album ne sont pas en reste. Celui-ci sorti à une période cruciale pour Dylan qui se « métamorphosais » pour la première fois, mais pas la dernière, de sa carrière et ce, au grand dam de ces fans de la première heure qui s’étaient habitués a des chansons folk engagés et qui arboraient le rock. Or, Dylan, attentif à ce qui se passait en Angleterre, électrifia sa musique, tout d’abord de façon mesurée sur « Bringing It All Back Home » puis, bien plus radicalement avec cet « Highway 61 Revisited » où le folk disparu (au grand désespoir des fans) et au son brut, dur et si moderne (nous sommes en 1965, on ne dirais pas). Alors le sieur Zimmermann se fit huer au festival folk de Newport mais l’évolution était en marche et rien n’allait arrêter cet ezarts d’ange des ténèbres beau comme un Dieu (enfin, plus maintenant).

Sincèrement, il n’y a aucun point faible dans cet album ; toutes les chansons sont excellentes, même si certaines, sont d’un niveau supérieur, comme le titre phare, déjà cité plus haut, mais aussi Tombstone Blues, Queen Jane Approximately ou Desolation Row, final apocalyptique d’un album parfait, comme il ne s’en fait plus. Alors, je vous ais citer ces trois titres, mais ce n’est juste que mes préférés : lorsque l’on se retrouve devant un tel monument où il n’y a rien à jeter, on prend tout et on se donne même le luxe de choisir en sachant que le reste est aussi bon.

« Highway 61 Revisited » est indémodable, vital même et je pense que tout amateur de musique, se devrait de l’avoir écouté, ne serais ce qu’une fois dans sa vie ; de plus, c’est un excellent moyen de découvrir Bob Dylan. Avec le temps et les nouvelles générations, il est très difficile de s’imaginer ce que celui-ci put représenter dans les années 60, mais il serait vraiment dommage de passer a coté d’un tel monument de la musique…

LA OU VONT NOS PERES


LA OU VONT NOS PERES

Pourquoi tant d'hommes et de femmes sont-ils conduits à tout laisser derrière eux pour partir, seuls, vers un pays mystérieux, un endroit sans famille ni amis, où tout est inconnu et l'avenir incertain ? Cette bande dessinée silencieuse est l'histoire de tous les immigrés, tous les réfugiés, tous les exilés, et un hommage à ceux qui ont fait le voyage...

Alors la, l’affaire est entendue tout de suite : nous nous trouvons devant un chef d’œuvre. Tout simplement. Mais, est ce une BD, un roman graphique ? Les deux à la fois, mais la terminologie importe peu, ce qui compte, c’est la valeur intrinsèque de cette œuvre de Shaun TAN, un auteur et illustrateur australien déjà primé à de multiples reprises ; et l’on comprend pourquoi.

Ce n’est pas évidant de critiquer un chef d’œuvre, et sincèrement, je pense que ce post ne sera probablement pas à la hauteur de cette BD, mais je vais essayer de faire de mon mieux, afin de vous convaincre de ne pas passer à coté d’un tel monument. Pour l’apprécier, il n’est nullement besoin d’être un amateur de bande dessinée, loin de là. Cependant, peut être vous faudra t’il une certaine sensibilité d’une part, un goût certain pour l’imaginaire et, surtout, vous aménager un certain temps au calme et au silence, seul, afin de mieux vous immerger dans cette œuvre féerique.

Après un préambule ou l’on voit des dizaines de visages aux origines diverses, l’on entre doucement dans l’histoire elle-même, avec le départ d’un père et sa séparation, forcement douloureuse d’avec ses proches, le tout sous un fond sépia du plus bel effet qui ne nous quittera pas tout au long de l’album, lui donnant un aspect graphique du plus bel effet. Cette scène, mille fois vue et revue, voir vécue, n’est qu’une entrée en matière, et ne nous permet pas d’imaginer la suite. Tout au plus sais t’on que cet homme part travailler « ailleurs », dans un lieu où, forcement, la vie sera plus facile pour lui et les siens. Les raisons de son départ, on ne les connaît pas précisément, mais la dernière case, nous les laisse deviner, et ce, de façon métaphorique…

En fait, c’est ainsi que j’ai vu cet album, où notre réalité est dépeinte avec des paraboles, des métaphores, mais que l’on peut parfaitement reconnaître. Shaun TAN n’a jamais caché que « Là où vont nos pères » était une parabole sur l’immigration. Cependant, je ne m’attendais pas à une telle réussite. En fait, lorsque l’on avance dans l’histoire, on s’aperçoit que tout est suggéré et que les liens entre cet étonnant pays des merveilles, digne d’Alice, et notre monde sont nombreux, ne serais que pour la scène où le navire qui emmène les immigrés arrive devant le port de ce qui ressemblerait bien à New York si un architecte sous acide en avait tracé les plans (évidemment, une « statue de la liberté » a la sauce TAN est présente). Mais, le parti pris graphique de l’auteur, au demeurant somptueux, alternant des cases intimistes à de grandes doubles pages magnifiques, nous montre, ainsi, ce que peut ressentir un étranger arrivant pour la première fois dans un nouveau pays, si différent du sien, avec les difficultés qui l’accompagnent : se faire comprendre, trouver un logement, un travail, apprendre la langue, découvrir de nouvelles coutumes etc. Alors, bien évidemment, notre personnage principal a de quoi être perdu en arrivant en un tel endroit. Mais si, dans cette BD, le coté « ville féerique » est mis en avant, dans notre monde réel, les difficultés n’en sont pas moins importantes.

Alors, je ne vous dévoilerais pas davantage l’histoire en elle-même, cela serait gâcher le plaisir si important de la découverte par sois même. Tout au plus me répéterais je en vous conseillant vivement cette œuvre emplie de métaphores, aux graphismes féeriques et inoubliables qui ne pourra vous laisser insensible, en particulier, si comme moi, vous vous retrouver dans cette histoire. De part mes origines, c’est le cas : mes parents, un jours, on quittés leurs pays natal comme tant d’autres, et c’est pour cela que « Là où vont nos pères » m’a autant toucher. Les difficultés vécues par le personnage principal ne me sont pas entièrement étrangères. A moi, comme a tant d’autres. Et sincèrement, on peut être davantage toucher par ce que certains apeleraient dédaigneusement une vulgaire BD que part un énième reportage sur l’immigration…
A découvrir de toute urgence !

LE TOMBEAU D’ALEXANDRE : LE MANUSCRIT DE CYRENE


LE TOMBEAU D’ALEXANDRE : LE MANUSCRIT DE CYRENE

Alexandrie, juin 1858 : les pilleurs de sépultures se livrent à une bataille acharnée pour s'approprier les trésors des antiques catacombes. Parmi eux, sept ressortissants français découvrent les ruines d'une chapelle souterraine dédiée à Alexandre le Gand : le tombeau du conquérant ne peut être loin... Réunis par cette promesse de richesses, les sept aventuriers se mettent en quête du seul manuscrit capable de les guider, dans un dédale souterrain gorgé d'eau, jusqu'au tombeau. Mais ils ne sont pas les seuls à le rechercher : intrigues, complots, trahisons et meurtres ponctueront dès lors cette chasse au trésor peu commune...

Après avoir lu la dernière page de cette BD, la première chose qui m’est venue à l’esprit fut que, souvent, « les petites choses sans prétention » (et je ne suis pas péjoratif en disants ceci) sont les meilleures. Alors certes, ce premier tome du Tombeau d’Alexandre n’est pas exceptionnel au sens premier du terme, cependant, il fourmille de qualités dont bon nombre de BDs tant vantées par monts et par vaux sont dépourvues : plaisir, intérêt, passionnant, personnages sympathiques à souhait, lieu et époque, et surtout, un scénario bien écrit et parfaitement maîtriser. Que demander de plus ?

Les éditions Delcourt proposent régulièrement de nouvelles séries qu’il est difficile de ne pas suivre, une fois que l’on a plongé dedans. Loin de la publicité faite à l’Histoire Secrète, ce Tombeau d’Alexandre nous entraîne en Egypte, au milieu du XIX° siècle, une époque ou l’intérêt pour l’Egyptologie commençait à croître et ou divers aventuriers plus ou moins honnêtes, étaient près a tout pour faire de nouvelles découvertes. C’est justement un groupe de ces fameux « pilleurs de tombes » que l’auteur nous invite à suivre, dans la ville d’Alexandrie, à la recherche du mythique tombeau du plus grand conquérant de tous les temps : Alexandre le Grand.

Immédiatement, le lecteur est pris par une histoire passionnante à souhait, pleine de rebondissement ou le mot « aventure » prend toutes ses lettres de noblesse. Evidement, nous n’avons là rien de bien original, et pourtant, cela fonctionne parfaitement, tant le scénario est bien ficelé. De plus, les personnages, assez attachants et aux caractères bien trempés, donnent envie que l’on les suive, au gré de leurs pérégrinations. Surtout que, assez rapidement, on se doute bien que cela ne va pas être si simple que cela de trouver ce fameux tombeau : des rivaux sans scrupules aux méthodes bien plus musclées se mettent rapidement au travers de leurs chemins.

Alors, rien que pour le scénario, ce Tombeau d’Alexandre méritait d’emblé son achat, mais les dessins ne sont pas en reste, pour le plus grand plaisir du lecteur. Si à première vue, ils pourraient paraître « simplistes », il n’en est rien et nous avons plutôt à faire à un style particulier mais qui colle parfaitement à l’intrigue. De plus, celui-ci se révèle dans toute sa splendeur dans les divers décors qui parsèment l’album, que cela sois la ville elle-même ou les catacombes menant à d’anciennes salles oubliées depuis des millénaires, c’est un véritable régal pour les yeux. Encore un bon point pour cette BD !

Que demander de plus ? C’était la question que je posais à la fin de mon premier paragraphe. La réponse est simple : vu la qualité de l’œuvre en présence, tout simplement le deuxième tome. J’ai vraiment hâte de découvrir la suite des aventures de Louise, Lazare et leurs compagnons. Une réussite !

samedi 15 novembre 2008

THE VISITOR


THE VISITOR

Professeur d'économie dans une université du Connecticut, Walter Vale, la soixantaine, a perdu son goût pour l'enseignement et mène désormais une vie routinière. Il tente de combler le vide de son existence en apprenant le piano, mais sans grand succès...Lorsque l'Université l'envoie à Manhattan pour assister à une conférence, Walter constate qu'un jeune couple s'est installé dans l'appartement qu'il possède là-bas : victimes d'une escroquerie immobilière, Tarek, d'origine syrienne, et sa petite amie sénégalaise Zainab n'ont nulle part ailleurs où aller. D'abord un rien réticent, Walter accepte de laisser les deux jeunes gens habiter avec lui.

Il m’aura fallu deux semaines pour trouver enfin le temps de vous proposer ma petite critique du dernier film que j’ai eu l’occasion d’aller voir au cinéma (dire qu’il y a quelques mois, je vous disais que les occasions d’y aller étaient rares, on peut dire que je me suis légèrement rattraper cette année), The Visitor.
Bien évidemment, comme d’habitude, ce jours là, je n’étais pas vraiment très motivé pour voir un film, d’ailleurs, pour être franc, aucune des séances ne m’attiraient, et, The Visitor pas plus que les autres, loin de là (mais inutile de revenir sur mes éternels a priori sur certains films, après tout, il vous suffit de relire le début de ce post : http://feanor-journal.blogspot.com/2008/09/l-empreinte-de-l-ange-alors-quelle.html pour que vous vous fassiez une petite idée de la façon dont je peut être exécrable lorsque j’ai à choisir un film…).

Comme vous l’avez compris, ce fut donc en traînant les pieds que je du me résoudre a aller voir ce film et, alors que je n’en attendais pas grand-chose, en sortant de la salle, près de deux heures plus tard, je n’étais pas loin d’avoir le sentiment d’avoir tout bonnement regarder « le » film de l’année ; rien que ça !
Bien entendu, avec ce genre de phrases en préambule d’une critique, il est inutile de se demander si j’ai aimé ou détester The Visitor. Il me semble que la réponse est évidente. Mais alors, qu’est ce qui a put me faire changer d’avis aussi radicalement ?

A la base, on ne peut pourtant pas dire que le synopsis du film sois vraiment aguichant pour le profane : un type rentre chez lui et, oh surprise, s’aperçois qu’un couple à emménager dans son appartement à son insu. Franchement, pour quelqu’un qui n’avais jamais entendu parler de ce film, il était impossible de se faire une idée claire et précise sur le contenu même de celui-ci.
Or, ce qui pouvait apparaître comme un défaut (d’où le fait que je râlais, m’attendant a m’ennuyer ferme devant une énième comédie a l’américaine) s’avéra, à mes yeux plutôt positif puisque, du coup, la surprise n’en fut que plus agréable.
Et en parlant de surprise, The Visitor en est pourvu tout au long du déroulement de son intrigue. Certes, nous ne nous trouvons pas devant un film d’action ou les rebondissements sont légions (et c’est tant mieux), mais ils existent bel et bien, mais ce, de façon bien plus subtile et, a chaque fois, nous entraînant nous, spectateurs, et les protagonistes de l’œuvre dans des directions totalement imprévisibles auquel l’on ne se serait pas attendu quelques minutes plus tôt.
Car effectivement, a moins d’avoir lu des critiques détaillées avant le visionnage, qui aurait pu se douter une seconde de ce qui allait arriver a ce vieux professeur désabusé et aigri et ce jeune couple de clandestins qui occupaient son appartement.
Évidement, l’on se doute bien que des liens vont se créer entre eux, et que certaines mentalités vont s’adoucir. Et d’ailleurs, la première partie du film pourrait être qualifiée d’agréable divertissement, sans plus.
Mais c’est à la suite d’un événement a priori anodin et inattendu que tout bascule pour nos personnages et que The Visitor dévoile alors toute sa qualité indéniable : car ce qui n’étais alors que des jours heureux et simples, se transforme petit a petit en véritable cauchemar d’on l’issue, pourrait bien être fort cruelle.
Alors on veut bien espérer jusqu’au bout, surtout que quelques éclaircies amoureuses pointent le bout de leur nez, et du coup, on ne peut qu’avoir de plus en plus peur pour le destin de ces quelques personnes qui, au début tout séparait et qui se sont vite liées d’amitié (et plus) uniquement par le simple fait de s’être rencontrés.

Mais pour ce qui est de vous dévoiler la fin de l’histoire, ne comptez pas sur moi (déjà que je ne vous ai pas dit grand-chose sur l’intrigue même…), cela serait vous gâcher tout le plaisir que vous aurez a coup sur en allant voir ce fort beau film, très bien jouer par d’excellents acteurs qui, sans être vraiment connus auront réussis a me toucher, sincèrement.
Un film intelligent et juste, qui donne énormément à réfléchir sur certaines réalités de nos sociétés actuelles (en particulier, vous l'aurez devinez, sur le sort peu enviable des clandestins) et sur la seule chose que souhaite un homme ou une femme qui quitte son pays d’origine pour un ailleurs qu’il espère forcement meilleur : tout simplement travailler et vivre tranquillement sa vie, sans faire de mal à personne.
Mais un film qui nous narre également les sentiments et les liens qui peuvent naître entre des gens issus de cultures et de milieux que tout pourrait opposer, une oeuvre qui nous pousse a nous ouvrir aux autres et a oublier nos préjugés envers ceux qui sont différents.

The Visitor, vous l’avez compris, est un film à voir absolument, pour moi, c’est incontestablement le film de l’année 2008.
Un film qui m’a presque fait pleurer (j’ai bien dit « presque ») et, surtout, pour la première fois de ma vie, la vision d’un drapeau américain, vers la toute fin, ne m’a pas donner les nausées habituelles, car, pour une fois, le symbolisme était bien loin de ce à quoi l’on nous a trop souvent habituer (le pays de la liberté etc...), et, du coup, ce fut la petite cerise sur le gâteau car les États Unis ne sortent pas grandis avec ce long métrage, mais l'on pourrait en dire autant de n'importe quel autre pays occidental.
Cependant, comme tout n'est ni blanc, ni noir, il est indéniable que, en sortant du cinéma, le spectateur ne peut que réfléchir sur les différents thèmes abordés (immigration clandestine, détention avant l'inévitable expulsion du territoire, machine judiciaire implacable et parfois inhumaine) et se dire que, incontestablement, la ou les réponses ne sont pas simples a trouver (pour citer Michel Rocard, "peut on accueillir toute la misère du monde ?")...

Je vais me répéter mais, pour une fois, oubliez les éternels films d’actions bidons qui se ressemblent tous, oubliez les films français, oubliez les films « comiques » ou d’horreur et allez donc voir un film intelligent et passionnant : The Visitor.

lundi 10 novembre 2008

TANÂTOS : LE MYSTERE DU LUSITANIA


TANATOS : LE MYSTERE DU LUSITANIA

Février 1915. Battue par la neige et les vents glaciaux d'un coin perdu du Canada, une base militaire alliée coupée du monde lutte contre le temps. L'objectif des scientifiques y travaillant ? Mettre au point le plus rapidement possible Appolyon-7, une arme infernale dont le poids militaire pourrait bien éviter que la balance de la guerre ne penche du côté allemand...
Tanâtos mettra-t-il la main sur l'arme atomique ?
Le troisième volet des machinations du génie du mal, par le scénariste du Triangle secret et le dessinateur des Nouveaux Tsars.

Il y a quelques mois, je découvrais Tanâtos et, d’emblé, j’avais été subjugué par cette uchronie qui mêlait astucieusement les Brigades du Tigre a Fantômas, comme on peut le voir ici : http://feanor-journal.blogspot.com/2008/04/tanatos-lhomme-aux-mille-visages-le.html
A la fin du post ou j’avais critiquer (dans le sens noble du terme) les deux premiers volumes de cette série, je vous donnais rendez vous au mois de novembre afin de connaître la suite des aventures tumultueuses de ce véritable génie du mal.
Et nous y voila.

Inutile de cacher le suspens plus longtemps, ce troisième tome est une réussite quasiment parfaite et ce que j’avais écris à l’époque au sujet des auteurs est toujours d’actualité, a part peut être les petits défauts qui n’ont même plus lieux d’être. Bref, la série a progressée qualitativement, ce qui est notable, vu que la barre avait été mise très haut, des les deux premiers volumes.
Si du coté du scénario, il n’y a rien a redire, tant celui-ci est toujours égal a lui-même et dans la même veine que ces prédécesseurs : action, intrigues tortueuses mais plausibles, rebondissements inattendus, je tenais néanmoins a rappeler aux éternels insatisfaits que j’entends déjà râler en affirmant qu’il n’y avait pas de bombe atomique en 1915 que, nous nous trouvons dans une fiction, qui plus est dans une uchronie et que du coup, énormément de choses sont permis, si, et ce « si » est important, cela reste du domaine du plausible, et cela est parfaitement le cas.
Quant au dessin, et bien comment dire ? Si le trait de Jean-Yves Delitte est reconnaissable entre mille, disons qu’il a évolué, légèrement certes, mais incontestablement, et que les petits problèmes de visages ne sont plus qu’un lointain souvenir.

Alors, qu’ais je pensé de l’histoire en elle-même ?
Sincèrement, il m’a pas été impossible de lâcher l’album tant que je ne suis pas parvenu à la dernière page, et ce fut avec regret que cela arriva puisque j’aurais bien aimé que le plaisir se prolonge. Du plaisir ? Oui, je l’avoue : je ressens du plaisir lorsque je me retrouve devant une œuvre de cette qualité que je conseille a tous.
Alors, vous me direz que je n’ai quasiment pas parler de ce qui se passe dans cette BD, mais déjà, a mon avis, je vous en ai trop dit (et le lien proposer plus haut vous éclaircira davantage sur le personnage) et je ne souhaite pas vous dévoiler une intrigue passionnante qui mérite amplement le détour.

Et vu les dernières cases, Tanâtos n’est pas prêt de s’arrêter, et ça, c’est une bonne nouvelle.
Vivement la suite !

LES CARNETS SECRETS DU VATICAN : TOMBÉE DU CIEL


LES CARNETS SECRETS DU VATICAN : TOMBÉE DU CIEL

Annunziata Sabini est attachée de presse au Vatican. Son destin exceptionnel l'entraîne jusqu'en Mongolie, en passant par les profondeurs de la forêt de Sibérie où elle découvre le sens de la catastrophe de Toungouska qui s'est produite le 30 Juin 1908.

Dans la collection "Les carnets secrets du Vatican", je demande, cette fois, le titre principal qui d'ailleurs, porte le même nom.
Jusqu'à ce jours, j'étais rester dubitatif au sujet de cette collection ; entre un premier (L'ordre des Dragons) moyen et un second (Le cinquième évangile) prometteur mais loin d'être original, il était difficile de se faire une opinion positive de celle ci.
Or, si a la base, j'étais méfiant, je dois avouer qu'après lecture de ce premier tome (de ce qui, au vu du titre, devrait être la série phare), je suis catastrophé car le verdict est sans appel : voila le plus mauvais des trois.
Et de loin !

Tout d'abord, ça commence mal, ou plutôt, par un énorme fou rire en découvrant le nom du dessinateur, un certain Popescu. Ceux qui aiment, et connaissent, le football, feront rapidement le lien avec l'excellent Gheorghe Popescu, ancienne gloire roumaine des années 90 qui étala de sa classe les diverses pelouses européennes.
Évidement, ce fut stupide de ma part, mais bon, moi qui me demandait ce qu'il était advenu de ce brave Popescu ?
Bon, soyons sérieux une minute, si c'est possible ; certes, le dessinateur se nomme Popescu, mais une fois passé les premiers rires, il serait peut être plus intéressant de voir ce qu'il vaut. Et la, c'est une catastrophe et, immédiatement, j'ai regretter que ce ne soit pas le footballeur qui ait dessiné cet album....
Si ce brave homme reste, de part son talent, supérieur a près de la moitié de ces confrères d'outre atlantique, et a 90% de ceux du Japon, pour une BD Européenne, c'est un peu juste... même un peu trop ! Et, du coup, difficile d'être emballer tant la crainte de se retrouver devant un navet est grande.

Mais il reste le scénario qui a lui tout seul peut, comme souvent, sauver l'affaire.
Alors, on veut y croire, surtout que l'idée de base, comme souvent, n'est pas mauvaise, loin de la : lier la catastrophe de Toungouska (et autres chutes de météorites) a l'évolution Humaine avec des surhommes au métabolisme modifié et le Vatican (décidément, un repaire de complotistes et de fourbes) qui s'y intéresse de très près.
Je ne sais pour vous, mais moi, je pense qu'il y avait de quoi en faire une histoire sympathique.
Hélas, mille fois hélas, ce ne fut qu'une lente et longue débandade au fil des pages, entre incohérences, personnages importants qui meurent, sans éveiller la moindre émotion, en une case, d'autres qui apparaissent, surgis d'on ne sais ou et un final, ou l'on ne comprend plus grand chose qui m'a demander une seconde lecture, au cas ou j'avais louper quelque chose, mais qui m'auras davantage embrouiller...
Une telle confusion au niveau du scénario est rare, sincèrement, au point que même les dessins du brave Popescu s'en retrouvent sublimés si l'on ose des comparaisons !

Vous l'avez compris, Les carnets secrets du Vatican sont une immense déception, et pourtant, je n'en attendais pas grand chose a la base.
On ne peut même pas sortir l'excuse du premier volume, qui a déjà sauver tant d'oeuvres, car je ne vois pas comment les auteurs peuvent se sortir de ce guêpier, tant l'histoire est confuse ?
Allez, un point positif, la couverture est sympa...

ALL THINGS MUST PASS


ALL THINGS MUST PASS

George Harrison (1970)

1- I' d Have You Anytime (George Harrison/Bob Dylan) (3:00)
2- My Sweet Lord (4:43)
3- Wah-Wah (5:39)
4- Isn' t It A Pity (7:13)
5- What Is Life (4:27)
6- If Not For You (Bob Dylan) (3:33)
7- Behind That Locked Door (3:10)
8- Let It Down (5:01)
9- Run Of The Mill (2:52)
10- Beware Of Darkness (3:52)
11- Apple Scruffs (3:09)
12- Ballad Of Sir Frankie Crisp (Let It Roll) (3:52)
13- Awaiting On You All (2:50)
14- All Things Must Pass (3:47)
15- I Dig Love (5:00)
16- Art Of Dying (3:43)
17- Isn' t It A Pity (version Two) (4:51)
18- Hear Me Lord (6:00)
19- It's Johnny's Birthday [Original Jam] (0:49)
20- Plug Me In [Original Jam] (3:19)
21- I Remember Jeep [Original Jam] (8:09)
22- Thanks For The Pepperoni [Original Jam] (5:32)
23- Out Of The Blue [Original Jam] (11:16)

Franchement, j'avais le choix comme première critique musicale, vu le nombre de mes CDs mais, plutôt que de commencer par tel artiste ou tel album, je me suis dit que le mieux était de procédé comme pour les romans et les BDs que je lis, ou les films que je regarde : suivre l'actualité, encore et toujours le maître mot de ce blog.
Du coup, mon choix ne pouvait se porter que sur l'excellent All Things Must Pass de George Harrison, un disque connu des profanes mais largement mésestimé par le grand public (et le temps qui passe n'arrange rien a la chose). Un disque que j'ai écouté a de multiples reprises ces dernières semaines, pour sa qualité bien évidement, mais également pour les souvenirs qui lui sont liés (et qui me ramènent a l'été 1995....)

George Harrison a toujours été mon Beatle préféré et aurait largement mérité que ses compositions fusent mieux considérées par le duo Lennon/Mac Cartney qui vampirisaient, a eux deux la quasi totalité de la production des Fab Fours.
Forcement, il n'est pas étonnant que, suite à la séparation du plus grand groupe de tous les temps, le plus jeune des Beatles nous ait sorti ni plus ni moins qu'un triple album (!), le premier de l'histoire pour un artiste solo, rempli d'innombrables compositions jusque la inédites, puisque ne pouvant avoir leurs places sur les disques du groupe.
Il est clair qu'a raison de deux chansons par album, il était difficile à notre amoureux de la culture indienne de ne pas se sentir frustré (surtout lorsque l'on voit la qualité phénoménale de certaines de ces compositions), ce qui donne à All Things Must Pass cette impression de libération et de défouloir nécessaire, comme si Harrison souhaitait montrer au monde entier ce qu'il avait dans le ventre.

Et franchement, oui, il en avait !
Si toutes les compositions de cet album monumental (pour l'époque) ne sont pas toutes des hits imparables, aucune n'est mauvaise et la plupart ne sont pas loin d'atteindre la perfection, prouvant une fois de plus les talents hors normes de compositeur de George Harrison.
Évidement, il y a My Sweet Lord dont l'histoire mériterait un post a elle seule, hit imparable et inoubliable, mais comment ne pas tomber en extase devant de véritables petits bijoux comme
Isn' t It A Pity, I' d Have You Anytime (co-écrit avec Dylan), What Is Life, Beware Of Darkness ou Wah-Wah pour ne vous citer que quelques exemples parmi mes préférés ?
Mais des chansons du même acabit, All Things Must Pass en possède des tas, et sincèrement, il n'y a rien a jeter, tant la qualité est élevée.

Bien évidement, la suite ne sera pas a la hauteur de nos espérances et George Harrison visiblement de moins en moins concerné par la musique et n'ayant plus rien a prouver sortira quelques albums largement évitables, avant de s'occuper de sa société de production cinématographique, de suivre la Formule 1 avec intérêt et de ne pas oublier les prières quotidiennes a Krishna, et ce, jusqu'à son décès précoce en 2001.
Mais si, à l'époque des Beatles, son talent avait du mal a s'exprimer face aux deux génies du groupe, il ne serait pas exagérer d'affirmer, aujourd'hui, que le plus grand album solo d'un membre du groupe, sois ce fameux All Things Must Pass, car si Lennon s'était plutôt bien débrouiller et pourrait lui contester ce titre (par exemple avec le somptueux et inoubliable Imagine), qui, sincèrement, se souvient ne serais ce que d'un seul titre d'un album de Mac Cartney ?
Are Krishna George....
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