mardi 2 décembre 2008

REQUIEM CHEVALIER VAMPIRE : RESURRECTION


REQUIEM CHEVALIER VAMPIRE : RESURRECTION

Lorsque Heinrich est mort sur le front russe durant la seconde guerre mondiale, il pensait trouver la paix. Au lieu de cela, il a découvert Résurrection, une planète cauchemardesque sur laquelle le temps recule. Là, il est devenu Requiem, Chevalier Vampire. Alors qu’il recherche Rebecca, son amour perdu, il se trouve entraîné dans un conflit cosmique entre des dieux étranges, parce qu’il détient l’épée qui en est la clé, et qui le mènera à la victoire où a la damnation éternelle.

Il y a 6 ou 7 ans, je découvrais, grâce à un copain de mon frère qui lui avait prêté les trois premiers volumes, Requiem Chevalier Vampire, et le choc fut tel que cela fut pour moi comme une révélation, et, accessoirement, l’occasion de me replonger dans la bande dessinée européenne après l’avoir trop longtemps délaissée. Des les premières pages, que dis-je, des la couverture ( !), je fus conquis par ce qui s’annonçait comme une saga époustouflante où se mêlaient bon nombre de mes thèmes favoris et qui, depuis, ne m’a jamais déçu. Et comme, il y a quelques jours, j’eu l’agréable surprise de m’apercevoir que le tome 8 venait de sortir après une interminable attente de presque deux ans, je me suis décider à relire l’intégralité de la saga et, du coup, vous en proposer ma critique. Tache longue, certes, mais amplement méritée au vu de la qualité de l’œuvre.

Huit ans après sa sortie, le premier tome, Résurrection, n’a rien perdu de ce qui fit sa force et le démarquait de la concurrence : une histoire passionnante, des personnages hauts en couleurs et des dessins tout simplement extraordinaires. Mais pour ce qui est de la qualité graphique, comment pouvait il en être autrement ? Olivier Ledroit est un Dieu, dans l’univers de la BD ; et même pour moi, qui à l’époque, était plus connaisseur de comics et de mangas, celui-ci n’était pas du tout un inconnu. « Les Chroniques de la Lune Noire », ça vous dit quelque chose ? Et si, avec du recul, les tomes suivants seront mieux travaillés, la claque graphique de ce premier tome fut magistrale. Et les dessins de Ledroit sont le complément indispensable du scénario et de l’univers mis en place par Patt Mills. Si je ne connaissais pas cet auteur britannique, rien que pour cette série, je pense sans me tromper que ce type vaut que l’on s’y intéresse un tant soit peu. Car ce monde de Résurrection, si étrange et inquiétant, en devient presque crédible tant l’alliance entre les deux auteurs est efficace. Mais tout ceci ne serait rien, sans une histoire solide.

Tout commence sur le front de l’est, en 1944, où l’on suit les derniers instants dramatiques d’un soldat allemand, Heinrich, abattu par un russe. Immédiatement, l’on abandonne les neiges et les tons à dominance blanche pour un rouge vif qui ne nous quittera quasiment plus jusqu’à la fin de l’album (accompagner du noir, évidemment, couleur gaie comme tout le monde le sait). Et notre brave Heinrich, se retrouve dans un univers digne de l’enfer de Dante, où très rapidement, il va comprendre que la violence et la mort sont toujours présentes. Et qui plus est, il s’avère qu’il vient de « renaître » en tant que Vampire. On pourrait croire à la lecture de ces quelques lignes qu’il n’y a rien de bien original là dedans et l’on se tromperais lourdement, car la suite viendra rapidement nous prouver le contraire : évidemment, dans ce premier tome, on suit surtout Heinrich qui va de découverte en découverte. De sa longue formation afin d’être adouber comme Chevalier Vampire, a sa rencontres avec des personnages clés de l’intrigue, comme Otto, Claudia, Mortis ou bien Cryptus, jusqu’a son arrivée à Necropolis, véritable mégalopole décadente, l’auteur met en place les éléments de son intrigue petit à petit, tout en nous dévoilant quelques pants du folklore de Résurrection. En particulier pour la race Vampirique (les autres viendront plus tard), plus haute caste des habitants de ce monde. Et l’on découvre avec joie, et grâce a des personnages charismatiques en diable et somptueusement dessinés sous la plume de Ledroit, des Vampires à la fois proches, de part leurs habitudes, et éloignés du modèle originel. Si la violence, le sexe et le sang tiennent une place importante comme il sied, s’y rajoute des tenues « sado-maso », un racisme et un mépris déclaré pour les autres morts vivants (que l’on ne peut que comparer qu’avec la fameuse « Race des Seigneurs » de l’idéologie Nazi, et si l’on se souvient que Requiem et Otto étaient des soldats allemands…), et surtout, cet ordre de chevalerie, omniprésent dans leurs culture. Bref, un monde crédible, un folklore original, et des personnages quasiment tous malsains et détestables, mais possédant une classe magistrale. Et à ce propos, chapeau bas pour Requiem. Son nom pourrait devenir sans problème un synonyme de charismatique.

Un excellent premier tome, vous l’aurez compris, que ce Résurrection. Entre la qualité du scénario, de l’univers et des dessins, on n’a envie que d’une seule chose : découvrir la suite, suivre les pas de ce chevalier des ténèbres, en apprendre davantage sur ce monde dément, ou l’on se doute bien que l’on n’entraperçu qu’une infime partie. Car Requiem, avec ses airs de « gothique sado-maso » et à la beauté du diable est tout bonnement captivant, comme cette série qui promet beaucoup des le premier tome. Une œuvre culte, tout simplement.

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