dimanche 19 avril 2009

BUFFALO SPRINGFIELD AGAIN


BUFFALO SPRINGFIELD AGAIN

Buffalo Springfield (1967)

1-Mr Soul (2:35) N. Young,
2-A Child's Claim to Fame (2:09) R. Furay,
3-Everydays (2:38) S. Stills,
4-Expecting to Fly (3:39) N. Young,
5-Bluebird (4:28) S. Stills,
6-Hung Upside Down (3:24) S. Stills,
7-Sad Memory (3:00) R. Furay,
8-Good Time Boy (2:11) R. Furay,
9-Rock & Roll Woman (2:44) S. Stills
10-Broken Arrow (6:13) N. Young

Il est parfait incroyable de constater à quel point les années 60 et 70 ont put nous donner d’aussi bons groupes, et ce, en quantité inimaginable aujourd’hui. Cependant, ce qui est dommage à mon avis, c’est que bon nombre d’entre eux sont tombés dans l’oubli depuis longtemps alors qu’ils auraient mérité un tout autre sort. Prenez par exemple les Buffalo Springfield : qui, en 2009, les connaît ? Franchement, à part les amateurs et les spécialistes, pas grand monde. Et pourtant, quel groupe formidable il fut en son temps. Certes, il n’eut pas une longue durée de vie (deux ans, ce n’est pas grand-chose), mais en ces quelques mois d’existence, celui-ci sortit trois bons albums et quelques petits bijoux inoubliables. Et en parlant d’album, leur deuxième, « Buffalo Springfield Again » est incontestablement le meilleur.

Formé par Stephen Stills et Neil Young qui venait de débarquer aux USA en 1966, le groupe se fit rapidement connaître avec un hit que chacun à au moins une fois écouter dans sa vie, « For what it’s worth », repris dans un nombre incalculables de longs métrages se déroulants dans les sixties. L’année suivante, ce fut donc leur deuxième album, ce « Buffalo Springfield Again » à la pochette vraiment bof mais superbe, du point de vu musical, de bout en bout. Car aux compositions du duo Stills / Young, déjà en grande forme à leurs débuts, ce joignirent celles du troisième larron de la foire, l’excellent et méconnu Richie Furay, qui aurait probablement mérité de connaître une carrière aussi prestigieuse que celle des deux autres (plutôt que de finir pasteur dans un quelconque trou perdu du Colorado ; véridique !). Le tout donnant un très bon album, assez éclectique sans temps morts, ou l’on ne s’ennuie pas une seconde, tant la qualité des compositions est de haut niveau. Certes, l’on regrettera peut être que le son ne soit pas excellent mais tout le monde, en 1967, n’avait pas accès aux meilleurs studios d’enregistrement comme de nos jours (mais à la différence de la plupart des musiciens d’aujourd’hui, le talent était présent). Cependant, même ainsi, ce « Buffalo Springfield Again », malgré un son moyen et une durée assez courte n’en reste pas moins inoubliable et ce laisse écouter encore et encore avec un grand plaisir. Entre un Neil Young déjà enchanteur avec un « Mr Soul » rentre dedans et un « Broken Arrow » plus pop, un Stills tout bonnement excellant, « Bluebird » et son banjo, « Hung Upside Down » et « Rock & Roll Woman », ainsi qu’un Richie Furay inspiré, « A Child's Claim to Fame », on se retrouve au final avec un album certes typique de l’époque, mais néanmoins de grande qualité et qui laisse déjà présager de ce que donnerons les carrières futures des deux leaders, Stills et Young, que cela soit en solo ou en groupe (CSN&Y), c'est-à-dire, du tout bon.

samedi 18 avril 2009

ROMA AETERNA


ROMA AETERNA

Et si l’Empire romain n’avait jamais disparu ? Voici l’histoire parallèle d’un Empire romain qui a connu bien des vicissitudes, des guerres et des crises politiques mais qui n’a jamais cessé d’exister et de faire régner, avec quelques interludes sanglants, la Pax Romana. Le christianisme y est inconnu, ne serait-ce que parce que les Juifs n’ont jamais réussi à quitter l’Egypte des pharaons. Quelques siècles plus tard, un envoyé spécial de l’Empereur élimine un prophète d’Arabie avant qu’il ait eu le temps de fonder l’islam. La technologie évolue plus lentement que dans notre continuum. Vers l’an 2650 A.U.C. (Ab Urbe Condita : depuis la fondation de la Ville), qui correspond à la fin de notre XIXe siècle, le téléphone existe et l’automobile fait son apparition. Une uchronie saisissante par un des grands maîtres de la science-fiction.

Un Empire Romain éternel, tel est le postulat de base de cette uchronie de Robert Silverberg, bien plus profonde que l’on pourrait le penser de prime abord. Car en plaçant la ligne divergente au moment de l’Exode des Hébreux, qui, dans cet univers, échoua – les chars de Pharaon rattrapant les fugitifs et les massacrants tous jusqu’aux derniers -, l’auteur laisse entendre que si Moise n’emmenait pas son peuple hors d’Egypte, il n’y aurait pas eu d’Israël, puis, plus tard, le Christ ne serais pas né, donc, sans religion Chrétienne (et avec une communauté judaïque limité à quelques milliers d’individus), l’Empire Romain se serait maintenu et, en survivant aux invasions barbares, aurait prospérer, bon gré mal gré, jusqu'à nos jours, instaurant une « Pax Romana » qui évita bien des conflits à l’humanité. Certes, on pourrais discuter pendant des heures sur la possibilité pour un Empire aussi vaste de pouvoir survivre plus de deux mille ans, mais, et là où l’ouvrage de Silverberg est intéressant, et quelque peut subversif pour les grandes religions polythéistes, c’est qu’il pose la question suivante : celles-ci n’ont-elles pas causés plus de mal que de bien au fil d’une Histoire bien mouvementé ou se succédèrent conflits de religions, massacres au nom de Dieu puis, camps de concentrations ? A la lecture de ce « Roma Aeterna », il est permis d’y croire, car même s’il ne s’agit que d’un ouvrage de science fiction sans grande prétention, et si, l’auteur n’est pas plus complaisant envers cet Empire, capable lui aussi de bien des atrocités, il est indéniable que celui-ci, malgré ses travers, de part sa puissance, évite bon nombre de conflits qui ont emmailler notre Histoire. Composé de plusieurs nouvelles se déroulant à diverses époques de la très longue Histoire de l’Empire Roman, le récit nous entraîne dans les méandres de cette Rome éternelle, qui semble immuable et qui connaît, au court des ages, gloires et revers divers mais qui parvient à se maintenir coûte que coûte et quelque soit le régime. Si c’est mêmes nouvelles sont de qualités inégales, elles n’en restent pas moins indispensables pour saisir l’Histoire de l’Empire et le lecteur se retrouve entraîner dans une succession de complots, de conflits, de découvertes et d’explorations a la fois proches et forts éloignées de notre monde réel. Et, sincèrement, je dois avouer que l’on prend un certain plaisir à découvrir ce monde, issu de l’imagination fertile de Robert Silverberg, et que, malgré des passages légèrement moins intéressants, l’ensemble n’en reste pas moins suffisamment accrocheur pour faire de ce « Roma Aeterna » un excellant roman digne d’intérêt doublé d’une Uchronie plausible qui laisse songeur en plus de ne pas être tendre envers les religions.

LES TROIS ROYAUMES


LES TROIS ROYAUMES

En 208 après J.-C., l'empereur Han Xiandi règne sur la Chine pourtant divisée en trois royaumes rivaux. L'ambitieux Premier ministre Cao Cao rêve de s'installer sur le trône d'un empire unifié, et se sert de Han Xiandi pour mener une guerre sans merci contre Shu, le royaume du sud-ouest dirigé par l'oncle de l'empereur, Liu Bei. Liu Bei dépêche Zhuge Liang, son conseiller militaire, comme émissaire au royaume de Wu pour tenter de convaincre le roi Sun Quan d'unir ses forces aux siennes. A Wu, Zhuge Liang rencontre le vice-roi Zhou Yu. Très vite, les deux hommes deviennent amis et concluent un pacte d'alliance. Furieux d'apprendre que les deux royaumes se sont alliés, Cao Cao envoie une force de 800 000 soldats et 2 000 bateaux pour les écraser. L'armée campe dans la Forêt du Corbeau, de l'autre côté du fleuve Yangtze qui borde la Falaise Rouge où sont installés les alliés. Face à l'écrasante supériorité logistique de Cao Cao, le combat semble joué d'avance, mais Zhou Yu et Zhuge Liang ne sont pas décidés à se laisser faire... Dans un déluge de puissance et de génie tactique, la bataille de la Falaise Rouge va rester comme la plus célèbre de l'Histoire et changer le destin de la Chine pour toujours.

Il m’est impossible de débuter cette critique sans revenir quelques années en arrière, plus précisément lors de la sortie de la PS2. A l’époque, j’avais fait l’acquisition d’un jeu, « Dynasty Warriors II » qui m’avait tout de suite emballer et qui entraînait le joueur, de batailles en batailles, dans une histoire quasiment inconnue sous nos latitudes, « Les Trois Royaumes ». Car si celle-ci est tout bonnement légendaire, pour ne pas dire culte, en Chine, on ne peut pas vraiment dire que cela soit le cas en occident, en dehors des spécialistes. Personnellement, avec mon frère, nous étions tombé sur le charme de cette époque où les conflits étaient magnifiés par des chefs de guerre exceptionnel, pour ne pas dire quasiment dignes d’être des demi-dieux. Ainsi, lorsqu’il y a quelques mois, j’appris que John Woo réalisait un long métrage sur les Trois Royaumes, il était évidant que je ne pouvais rater ce film et ce fut avec une certaine hâte que j’attendis sa sortie en France. Forcement, une seule personne pouvait m’accompagner au cinéma, mon frère, et ce jeudi, alors que nous nous installions dans la salle et que les lumières s’éteignaient, une impatience où se mêlaient pèle mêle une certaine appréhension (pourvu que ce ne soit pas un ratage complet !) et la joie de découvrir tous ces personnages de l’œuvre portés à l’écran.

Franchement, je ne suis pas fan du réalisateur chinois, et, à mes yeux, sa filmographie américaine est indigne d’intérêt, mais pas plus que bon nombre de films dits « d’action », d’où une certaine crainte de prime abord. Pourtant, au fond de moi, j’avais l’espoir que ce film, qui représentait un vieux rêve pour John Woo, serait d’un autre acabit. Et puis bon, sincèrement, étant rarement déçu par le cinéma asiatique pur, je fondais quelques espoirs dans la qualité de ces « Trois Royaumes ». Espoirs non déçus d’ailleurs. Franchement, il est incontestable que nous nous trouvons là devant un bon film. Certes, ce n’est pas un chef d’œuvre, mais il fonctionne parfaitement dans son genre, entraînant le spectateur dans un déluge de batailles le plus souvent spectaculaires où se mêlent de hauts faits d’armes, des actes héroïques et ou la flopé de personnages principaux rivalisent pour la plupart de par leur incontestable charisme. D’ailleurs, à ce point, il fut amusant de comparer les versions issues des jeux vidéo de Zhou Yu, Zhuge Liang et autre Cao Cao avec leurs homologues cinématographiques. A chaque nouvelle apparition, joie et surprise se mélangeaient, surtout lorsque l’on se souvenait de tel protagoniste. Cependant, à ce point de ma critique, je doit avouer que je me demande ce que j’aurais penser du film si je n’avais pas connu et jouer pendant des lustres à ce fameux « Dynasty Warriors » : l’aurais je trouver bon ? Oui, sans aucun doute. Par contre, il est indéniable que le fait de connaître l’Histoire des Trois Royaumes joue pour beaucoup pour mon sentiment final envers ce film : je n’étais pas en territoire inconnu, et du coup, chaque scène, chaque personnage me ramenaient quelques années en arrière et au jeu qui m’avait fait découvrir les « Trois Royaumes ». Du coup, le plaisir qui, je pense, aurait été réel, s’en trouva agrandit, ce qui, je l’avoue, ne me rendit pas forcement objectif vis-à-vis de l’œuvre de John Woo. Mais bon, même ainsi, et pour ne faire qu’une simple comparaison, nous sommes là devant un film autrement plus réussit qu’un « Troie » par exemple, que j’avais, en son temps, attendu et qui ne m’avait pas franchement convaincu. Avec « Les Trois Royaumes », c’est le niveau supérieur : entre batailles spectaculaires, grands sentiments héroïques et personnages surhumains, le néophyte sera peut être un peu perplexe devant tant de débauches guerrières pour la plupart du temps inconcevables et fort peu crédibles, mais ce n’est pas le plus important, car cette œuvre historique, comme l’Iliade ou le Mahabharata, est un savant mélange de faits réels pour certains et magnifiés pour d’autres ou légende et réalité se mêlent a un tel point que, bien souvent, on ne sait plus vraiment ou finit le vrai et ou débute le faux. Et la grande force de John Woo est d’avoir réussi a retranscrire au mieux ce coté spectaculaire du récit et à ce point, le choix de la bataille des falaises rouges fut judicieusement bien choisis, de part son coté grandiose et épique. Alors, entre scènes spectaculaires et d’autres plus intimistes, entre grands sentiments et sournoiseries, le tout matinée d’un certain humour, le spectateur, ne voit pas les deux heures passées, pris qu’il est par cette œuvre spectaculaire (dans le bon sens du terme) qui ne connaît pas de temps morts et qui ne donne qu’une seule envie : se plonger dans ces fameux romans des Trois Royaumes, histoire d’en savoir un peu plus sur le sujet, ou, à défaut, de se refaire une partie de « Dynasty Warriors » afin de prolonger le plaisir.

dimanche 12 avril 2009

VALSE AVEC BACHIR


VALSE AVEC BACHIR

Valse avec Bachir est un film autobiographique. Ari Folman, metteur en scène israélien, a rendez-vous en pleine nuit dans un bar avec un ami en proie à des cauchemars récurrents, au cours desquels il se retrouve systématiquement pourchassé par une meute de 26 chiens. 26, exactement le nombre de chiens qu'il a dû tuer au cours de la guerre du Liban, au début des années 80 ! Le lendemain, Ari, pour la première fois, retrouve un souvenir de cette période de sa vie. Une image muette, lancinante : lui-même, jeune soldat, se baigne devant Beyrouth avec deux camarades. Il éprouve alors un besoin vital de découvrir la vérité à propos de cette fraction d'Histoire et de lui-même et décide, pour y parvenir, d'aller interviewer à travers le monde quelques-uns de ses anciens compagnons d'armes. Plus Ari s'enfoncera à l'intérieur de sa mémoire, plus les images oubliées referont surface.

De temps à autre, au cours d’une vie, on tombe parfois sur ce que l’on appelle tout simplement un chef d’œuvre, et, la plus part du temps, cela nous tombe dessus de façon tout à fait inattendu. Alors certes, « Valse avec Bachir » promettait énormément, et je me doutais bien que, après avoir entendu moult louanges à son sujet, je n’avais que peu de chances d’être déçu. Non pas que je fasse énormément confiance aux critiques (ce n’est pas le genre de la maison) puisque je me méfie de celles-ci, mais que, au vu du sujet traiter, la guerre du Liban en 82, et de l’esthétique sombre, mélange de BD européenne et fausse 3D, j’étais persuader, avant coup, que cette œuvre allait me plaire. Après, des différences existent entre le bon ou l’excellent et le chef d’œuvre et celles-ci sont souvent immenses, mais là, oui, je l’affirme, « Valse avec Bachir » en est un, incontestablement. Alors, encore sous le choc du film (d’animation, mais là n’est pas le problème), je craignais de ne pas réussir à exprimer les divers sentiments ressentis, n’ayant de toutes façons pas le talent nécessaire pour réussir à rendre justice à une telle œuvre. Certes, j’aurais put essayer, mais, au vu du texte suivant, écrit par ma femme, je n’éprouve pas de regrets à m’être effacer et a lui laisser la plume (enfin le clavier) pour une fois : celle-ci réussit le plus simplement du monde à retranscrire exactement ce que j’ai put ressentir lors du visionnage de ce superbe film et je l’en remercie :

La démarche psychanalytique est l’essence même de cette œuvre autobiographique d’un réalisateur israélien, Ari Folman, légitimement traumatisé par son expérience de jeune soldat durant la guerre du Liban de 1982. Le début du film nous plonge d’emblée dans une vision cauchemardesque bivalente : l’esthétique ultra réaliste et sombre de la bande dessinée, voir du jeu vidéo, et la terreur nocturne incluse dans la diégèse du film (le héros se trouve pris dans des visions noires terrifiantes qu’il n’arrive guère à s’expliquer). Lors d’une discussion avec un de ses camarades de guerre, il relate ses craintes et tente de remonter le passé, afin d’ associer ses propres images à une réalité qu’il pense avoir connu. De personnage en personnage retrouvé, le héros retrace son expérience traumatique, allant au plus profond de son Histoire puisque c’est la Shoah qui est aussi traitée ici. Car il va se rendre compte qu’en laissant les chrétiens libanais perpétrer ces massacres, lui, comme ses compatriotes israéliens, se sont mis dans la position des bourreaux, comme les sympathisants nazis lors de la seconde guerre mondiale qui ont laissé faire… L’histoire sert-elle de leçon ? L’homme sous l’autorité, en temps de guerre, ne devient-il pas un animal, à l’image de ces chiens errants et menaçants qu’on voit courir dès les premières images du film ? Tel est le questionnement philosophique de cette œuvre magistrale, magnifiée par une esthétique hyper obscure alliant la bande dessinée contemporaine européenne et le jeu vidéo. Instantanément, on est embarqué dans une aventure humaine d’où on ne peut sortir indemne. Le personnage principal, voyageant au plus profond de lui-même et de ses souvenirs qui reviennent petit à petit à la surface, accompagné par une bande son mêlant des musiques de l’époque, à du classique et de la musique de jeu, redevient le jeune soldat qu’il a été, coupable d’avoir su et de n’avoir rien fait, en recherche d’une rédemption, qu’il cherche pour lui et son peuple entier. La conclusion du film transgresse l’univers animé et mêle les images de plus en plus réalistes des massacres, aux vraies images, comme elles avaient pu être filmées à l’époque. Le procédé, bien que régulièrement utilisé (voir par exemple La liste de Schindler où l’on voit ce que sont devenus les vrais descendants), renforce l’émotion que peut ressentir le personnage à la révélation de son propre vécu, et celle du spectateur par la même occasion. La barrière jusque là maintenue par l’effet d’animation est anéantie face à la réalité, achevant le film sur une vision cauchemardesque malheureusement vraie et intense. Le réalisateur, par l’incarnation de son héros, a effectué sa catharsis, aussi dérangeante soit-elle pour lui et la position d’Israël face à ces massacres.

DÉJÀ VU


DÉJÀ VU

Crosby, Stills, Nash & Young (1970)

1-Carry On (Stills) – 4:25
2-Teach Your Children (Nash) – 2:53
3-Almost Cut My Hair (Crosby) – 4:25
4-Helpless (Young) – 3:30
5-Woodstock (Joni Mitchell) – 3:52
6-Déjà Vu (Crosby) – 4:10
7-Our House (Nash) – 2:59
8-4 + 20 (Stills) – 1:55
9-Country Girl (Young) – 5:05
.Whiskey Boot Hill
.Down, Down, Down
.Country Girl (I Think You're Pretty)

10-Everybody I Love You (Stills, Young) – 2:20

Ici, l’affaire fut entendue tout de suite : mais qu’allais faire le grand Neil Young dans ce ramassis de nains qu’était Crosby, Stills & Nash ? Comme souvent, le raccourci était facile et un peu trop réducteur, après tout Stephen Stills n’était pas n’importe qui et avait déjà fait ses armes de fort belle manière aux cotés du canadien chez Buffalo Springfield, ainsi que de façon ponctuelle par la suite, lorsque le cœur leur en dit (et qu’ils ne sont pas fâchés). De plus, pour être tout a fait honnête, Stills est un bon auto compositeur interprète, connaissant, au cours de sa carrière fait de hauts et de bas, quelques bonnes réussites. Certes, pour CS&N, il restait la problématique de Crosby et Nash, l’otarie et le grand dadais des familles. Une fois de plus, il faut savoir relativiser et ne pas tomber dans des clichés, ne serais ce que pour leur superbe mélange de voix, bande son de toute une époque à jamais révolue. Et puis, pour la première et dernière fois, ces deux là nous livrent deux compositions personnelles à la hauteur de celles de leurs complices, ce qui fait que ce « Déjà Vu », incontestablement, est un excellant album, riche, complet et tout simplement le meilleur d’un groupe miné bien trop rapidement par les immenses ego de leurs membres respectifs. Mais bon, comme tout à chacun sait, ce n’est pas parce que l’on met plusieurs « stars » ensemble que la mayonnaise prendra forcement (les amateurs de ballon rond ne me contrediront pas) et même si ce « Déjà Vu » est le meilleur album de la carrière du groupe, en est il pour le moins, tout simplement, bon ? Car c’est peut être cela qui compte dans le fond ?

Et bien oui, sans aucune discussion possible. Comme dit précédemment, outre Neil Young, véritable monument de la musique nord américaine depuis une quarantaine d’années, et Stills, qui en son temps, connu de grands moments d’inspirations, l’ajout des deux autres, si l’on peut être perplexe après coup, était parfaitement justifié à l’époque, et, en écoutant, vingt neuf ans après sa sortie, ce « Déjà Vu », il est indéniable que cet album était (et l’est toujours) tout bonnement excellent. D’ailleurs, pour être tout a fait franc, je dois avouer que c’est l’un des albums que j’écoute le plus, même si celui-ci est loin d’être mon préféré : les compositions sont soit excellentes soit fort agréables, il n’y a pas de temps morts et de morceaux a jeter aux oubliettes et, de plus, « Déjà Vu » possède un petit coté rétro fort accrocheur, nous faisant replonger dans une époque révolue (et que je n’ai pas connu, pour être né quelques petites années plus tard) mais qui m’a toujours attiré. Et puis, si Neil Young reste égal à lui-même et nous livre deux compositions de haute volée (en particulier le célèbre « Helpless »), à mes yeux, les deux meilleurs titres de l’album sont l’excellant et ébouriffant « Carry On » de Stills, qui ouvre l’album (et dont j’invite tout a chacun de découvrir la version de plus d’un quart d’heure de l’album live qui suivra, « 4 Way Street ») tout tambours battants, et la reprise du « Woodstock » de Jony Mitchell, dans la même veine. Et comme le reste de l’album, oscillant entre divers styles selon les compositeurs, et du même niveau, vous comprendrez aisément que ce « Déjà Vu » vaut largement le détour et mérite, incontestablement, de figurer dans votre discothèque idéale.

VICKY CRISTINA BARCELONA


VICKY CRISTINA BARCELONA

Vicky et Cristina sont d'excellentes amies, avec des visions diamétralement opposées de l'amour : la première est une femme de raison, fiancée à un jeune homme respectable ; la seconde, une créature d'instincts, dénuée d'inhibitions et perpétuellement à la recherche de nouvelles expériences sexuelles et passionnelles. Lorsque Judy et Mark, deux lointains parents de Vicky, offrent de les accueillir pour l'été à Barcelone, les deux amies acceptent avec joie : Vicky pour y consacrer les derniers mois de son célibat à la poursuite d'un master ; Cristina pour goûter un changement de décor et surmonter le traumatisme de sa dernière rupture. Un soir, dans une galerie d'art, Cristina "flashe" pour le peintre Juan Antonio, bel homme à la sensualité provocante. Son intérêt redouble lorsque Judy lui murmure que Juan Antonio entretient une relation si orageuse avec son ex-femme, Maria Elena, qu'ils ont failli s'entre-tuer. Plus tard, au restaurant, Juan Antonio aborde Vicky et Cristina avec une proposition des plus directes : s'envoler avec lui pour Oviedo, consacrer le week-end à explorer les beautés de la ville, à boire du bon vin et à faire l'amour. Vicky est horrifiée ; Cristina, ravie, la persuade de tenter l'aventure...

Ce fut avec un certain plaisir que je m’aprétais à découvrir ce fameux « Vicky Cristina Barcelona » tant vanter par les critiques il y a quelques mois, lors de la sortie du film. Ce n’est pas que je suis un fan inconditionnel de Woody Allen (le contraire serait plutôt exact), loin de là, mais comme « Match Point » m’avait assez plu, en son temps, je me disais qu’au minimum, la nouvelle œuvre du réalisateur serait au moins équivalente. Or, comme vous vous en doutez peut être en découvrant ces premières lignes, je ne peux pas vraiment dire que ce fut le cas. D’ailleurs, par certains cotés, cela serait vous mentir que d’affirmer que je n’ai pas ressenti une légère pointe de déception à l’issu du film : « Ah bon, c’est tout ? Et bien bof » me suis-je dit alors que le générique de fin défilait. Bref, ce n’était pas cette fois ci que j’allais me réconcilier avec Woody Allen, qui nous a peut être pondu un film agréable et sympathique a regarder mais qui, sincèrement, ne vole pas bien haut et ne restera pas dans les mémoires. D’ailleurs, je ne voudrais pas être méchant, mais je ne vois pas (mais alors, absolument pas) pourquoi ce « Vicky Cristina Barcelona » reçu tant de louanges ? Les téléfilms de M6, diffusés dans l’après midi sont ils si différents ? Je ne le pense pas vu que c’est souvent le même topo : triangles amoureux, histoires d’amour qui ne finissent pas forcement bien, etc. Bon, si, il existe des différences, comme les moyens mis en œuvres, ainsi que les acteurs, tout simplement excellents et qui tiennent le film à bouts de bras de par leurs talents, incontestable. Mais justement, c’est là le problème de ce film : enlevez les et celui-ci ne vaut guère mieux qu’un téléfilm allemand ou américain comme on n’en voit des centaines par année sur nos chaînes nationales, ce qui signifie deux choses : soit ceux-ci ne sont pas si mauvais que cela, soit « Vicky Cristina Barcelona » ne mérite pas les concerts de louanges des critiques. A mon avis, la vérité est entre les deux. Mais que, un jour, il faudra se préoccuper sérieusement du cas de Woody Allen, un peu trop surestimé par la haute société soit disant intellectuelle qui décide ce qui est de l’art et ce qui n’en est pas. Personnellement, plus le temps passe et moins je comprends ce que l’on peut trouver de si extraordinaire à ce type ? D’ailleurs, « Match Point » était sympathique, mais c’était loin, également, d’être un chef d’œuvre.

Mais bon, j’ai été dur tout au long de cette critique, mais « Vicky Cristina Barcelona » n’en reste pas moins agréable a regarder et vous fera passer, incontestablement, un bon moment. L’intrigue n’est pas originale pour un sous mais n’en reste pas moins suffisamment accrocheuse et, de plus, les acteurs, excellents, valent à eux seuls le détour, en particulier une Scarlett Johansson égale à elle-même et, surtout, une Pénélope Cruz dans un rôle halluciné, passant de la folie la plus totale à une sensualité typiquement ibérique, le tout, en quelques minutes. Enfin, un film sympa, mais de là à en faire un chef d’œuvre comme certains se sont vite empressés de l’affirmer, il y a un pas que je ne franchirais pas, et que je ne comprends pas que certains le fassent (mais bon, les goûts et les couleurs…).
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