dimanche 24 mai 2009

SGT. PEPPER’S LONELY HEARTS CLUB BAND


SGT. PEPPER’S LONELY HEARTS CLUB BAND

The Beatles (1967)

1. Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band 2:02
2. With a Little Help from My Friends 2:43
3. Lucy in the Sky with Diamonds 3:27
4. Getting Better 2:47
5. Fixing a Hole 2:36
6. She's Leaving Home 3:34
7. Being for the Benefit of Mr. Kite! 2:37
8. Within You Without You (George Harrison) 5:05
9. When I'm Sixty-Four 2:37
10. Lovely Rita 2:41
11. Good Morning Good Morning 2:40
12. Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band (Reprise) 1:18
13. A Day in the Life 5:33

Celui là, comment voulez vous que je puisse écrire une critique alors que, 42 ans après sa sortie, tout a été dit, mille et une fois et que je ne vois pas ce que je pourrais ajouter de plus. Tache ardue donc devant laquelle je m’attelle, car c’est tout simplement à un véritable monument que je m’attaque aujourd’hui. Car, cette « fanfare du club des cœurs solitaires du sergent Poivre » (c’est fou comme lorsque l’on traduit certaines choses, celles-ci perdent beaucoup de leur crédibilité) est tout simplement considéré comme étant le plus grand disque de tous les temps, occupant la plus haute marche de quasiment tous les classements possibles et inimaginables. Le chef d’œuvre absolu des Beatles, donc, groupe tout aussi génial (mais faut il le rappeler ?) qui, à l’époque, sortie quelques belles galettes du même acabit. D’ailleurs, histoire d’aller un peu à contre courant, je dois avouer que, à choisir, je préfère Revolver, sortis un an auparavant, voir, le somptueux Abbey Road, le chant du signe du groupe, sorti en 1969. Mais tout ceci ne reste qu’une affaire de goûts personnels, et, pour la majorité, c’est bel et bien Sgt. Pepper’s qui, encore à ce jours (mais sincèrement, quelqu’un croit il que, un jour, on fera mieux ? Evidement que non…) est le meilleur disque de pop rock.

Evidement, encore aujourd’hui, ce qui détonne tout d’abord, c’est la qualité intrésèque de ce son, une véritable révolution pour l’époque, avec cette basse libre, mise en avant et omniprésente tout au long des divers titres de l’album. Encore une fois, il est bon de rappeler que Mac Cartney, en plus de l’extraordinaire compositeur qu’il fut (depuis, il a un peu vieilli), fut également l’un des plus grands bassistes de l’histoire de la musique. De plus, reconnaissons que ce Sgt. Pepper’s doit énormément à Maca, à l’origine du projet et incontournable sur l’album de part son implication, mais aussi par le retrait (relatif, tout de même) de Lennon ainsi que d’Harrison (celui-ci en plein trip oriental), et ce, même si les meilleurs titres de celui-ci sont ceux où les deux « génies » collaborèrent comme With a Little Help from My Friends, offerte à Ringo, She's Leaving Home (Maca aidé par Lennon) et A Day in the Life (le contraire). Un album non loin de la perfection donc, rempli de somptueuses chansons ou le rock se mêle à la fanfare, aux cors de chasse, aux clavecins et à diverses cordes, peu communes à l’époque. Et si l’on ajoute à cela, en plus, la pochette la plus célèbre (et la plus copiée également) de l’Histoire du rock qui, dans le fond, ne connais qu’un seul et terrible défaut : la non inclusion des deux chefs d’œuvres que sont Strawberry Fields Forever et Penny Lane, sortis en 45 tours quelques temps auparavant et victimes de l’habitude que les Fab Fours avaient : les titres parus en singles ne paraissaient pas en album. Vraiment dommage, mais bon, on ne refera pas le passé.

samedi 23 mai 2009

LE LIVRE DE CENDRES : LES MACHINES SAUVAGES


LE LIVRE DE CENDRES : LES MACHINES SAUVAGES

Cendres a réussi à échapper au roi-calife de Carthage et aux Machines sauvages. Malgré tout, la menace pèse toujours sur elle, sur la Bourgogne et sur le reste de la Chrétienté. D'autant qu'à Dijon, la rumeur prétend que le duc Charles est au plus mal. Les Wisigoths, menés par la Faris, vont bientôt venir à bout des remparts de la ville, et la fuite semble à Cendres la seule issue possible. Pourtant, une question continue de hanter la jeune mercenaire : pourquoi la Bourgogne ?

Troisième tome de cette extraordinaire tétralogie qu’est Le livre de Cendres, Les machines sauvages, voient le retour de Cendres, notre capitaine de mercenaires, et ses compagnons, revenir à Dijon, en plein cœur de cette Bourgogne, prise en tenaille par les troupes de la Faris, et qui semble sur le point de tomber d’un jours à l’autre. Certes, après les nombreuses révélations du volume précédant (qui, au lieu de nous éclaircir sur les nombreux mystères planant sur l’intrigue, n’ont fait que les complexifiés), le lecteur se doute, que dis-je, sait parfaitement que quelque chose de bien plus énorme ce cache derrière tout cela : que ces étranges machines sauvages, créations humaines antédiluviennes ayant pris vie, au fil des millénaires, et souhaitant apparemment et absolument la destruction de la Bourgogne, prêtes à tout pour parvenir à leurs fins, ne laisseront aucune minute de répit à notre héroïne, encore bouleversée par tant de révélations (sur elle, sur le véritable ennemi etc.) et qui aura bien du mal à en venir à bout. Mais nous en sommes encore loin de cela, et pour le moment, ce troisième tome, toujours aussi bon et sur la lancé de ses prédécesseurs, nous entraîne dans une intrigue toujours aussi imprévisible, où les coups de théâtres sont légions, les morceaux de bravoure nombreux, et où il est très difficile pour le lecteur (devenu fan à ce moment de l’Histoire, les autres ayant abandonnés en court de route) de lâcher le livre, tant qu’il n’est pas parvenu à l’ultime page (et après, il se jette comme un fou sur la suite). Pourtant, avec du recul, on à l’impression qu’il ne s’est passé pas grand-chose dans ce tome : Cendres arrive à Dijon, Cendres retrouve le reste de ses hommes, Cendres va voir le Duc, mourrant, ou la Faris, cela dépend du jour, etc… Et pourtant, cette impression, sans être inexacte, n’en est pas moins trompeuse, car le texte est toujours aussi riche (même si, parfois, certains détails de détails semblent superflus à la compréhension de l’intrigue) et si les événements ne sont pas si nombreux que le nombre de pages (plus de 500) pourraient le laisser croire, chacun est fort bien détailler, diaboliquement bien écrit et passionnant au possible : on se délecte avec Cendres, sur une très courte période de deux jours, les moments soit disants plus calmes n’étant que des pauses entre nouvelles révélations et coups de théâtres. Bref, ces machines sauvages, sont dans la lignée de la série, avec ses personnages hauts en couleurs comme Angeloti, mon chouchou, l’androgyne et superbe Floria (qui vous étonnera grandement à la fin de l’ouvrage, je n’en dis pas plus), la charismatique et inquiétante Faris, et Cendres, bien évidemment, incontournable ; et ses mystères, qui se dévoilent petit à petit, tandis que d’autres se font jours. Car n’oublions pas qu’a notre époque, des découvertes curieuses font leur apparition, et que, au lieu de simplifier les données du problème – les textes de Cendres furent ils réels ou sont ils à classer dans le domaine du « légendaire » - ils les compliquent bien plus. Et pas qu’un petit peu. Alors, le lecteur, en achevant ce troisième volume, toujours aussi bon que les deux premiers, du Livre de Cendres, n’aura qu’une hâte : dévorer le dernier tome afin de, finalement, obtenir les réponses à toutes ses, nombreuses, questions. Puissent elles être à la hauteur de nos attentes…

lundi 11 mai 2009

LE GROOM VERT-DE-GRIS



LE GROOM VERT-DE-GRIS

Nous sommes en 1942. La Belgique est occupée par l'envahisseur nazi qui contrôle le rationnement et prive le pays de ses libertés. Spirou travaille au Moustic Hôtel, mais celui-ci a été réquisitionné par l'armée allemande qui l'oblige à revêtir un costume de groom aux couleurs nazies. À quelques minutes du couvre-feu et alors que le jeune héros rentre chez lui, il tombe nez à nez avec une affiche incitant les jeunes à rejoindre la légion Wallonie, une unité militaire qui combat aux côtés des nazis. C'en est trop pour lui, qui doit déjà les supporter à longueur de journées à l'hôtel. Il sort un feutre et écrit sur l'affiche un « mort aux boches » très éloquent… lorsqu'il est surpris par un militaire. Il se retourne et découvre qu'il s'agit de Fantasio, qui lui fait une blague. Ce dernier lui présente sa nouvelle invention, le fantaérosol qui permet de peindre de manière très précise. Une petite démonstration s'impose et Fantasio écrit à son tour un « mort aux boches » qui recouvre tout le mur… lorsqu’une vraie patrouille arrive dans leur direction ! Or, l'acolyte de Spirou n'arrive plus à arrêter sa machine et les deux héros se font repérer. Le groom prend la machine de son ami et la jette au sol en direction des nazis. L'explosion qui s’ensuit leur permet de s'enfuir. Mais ils n'ont pas le temps d'aller très loin qu'une autre patrouille les contrôle et les embarque. Heureusement, Spirou sort son document prouvant qu'il travaille comme groom au siège de la Geheime Staatspolizei et l'armée les laisse reprendre leur route...


Le Groom vert-de-gris
Scénario : Yann
Dessins : Olivier Schwartz
Couleurs : Laurence Croix
Genre : Aventure, Action, Fantastique, Etrange, Humour
Editeur : Dupuis
Pays d’origine : France
Langue d’origine : français
Parution : 07 mai 2009
Nombre de pages : 64

Mon avis : Il aura fallu attendre d’avoir presque 35 ans pour que, pour la toute première fois de ma vie, je lise un album de Spirou, une œuvre pourtant fort connue et vieille de plusieurs décennies mais qui, jusque-là, ne m’avait jamais intéressé. Cependant, lancée en 2006 par les éditions Dupuis, la série Une aventure de Spirou et Fantasio par... permet à divers auteurs de réaliser un one shot, chacun donnant sa vision particulière du monde de Spirou, ce Groom vert-de-gris étant le cinquième tome de ces aventures modernes de ce personnage on ne peut plus culte sous nos vertes contrées. Une œuvre qui avait fait pas mal parler d’elle avant sa sortie et que j’attendais avec impatience, ne serait-ce que par curiosité. Et, ma foi, mon attente fut à la hauteur de mes espérances puisque cette BD dont l’intrigue se déroule sous l’occupation allemande, est un véritable bijou que tout amateur de bande dessinée se doit de posséder, ou à défaut, de lire au moins une fois dans sa vie. Découvrir un personnage, aussi « naïf » (pas dans le genre péjoratif) que Tintin, plongé en pleine guerre mondiale, mêlé à un réseau de résistance, et etre confronter aux horreurs de son époque, cela fait un bien fou et nous change un peu de nos vieilles habitudes. Le Groom vert de gris est une réussite incontestable, où les personnages principaux, sans perdre leur humour et leurs traits de caractères, vivent une « aventure » bien plus sombre, où le danger et la mort sont bel et bien présents, où les considérations politiques ne sont pas occultées, de même que le sexe (et oui, ce sont des hommes, inutile de sombrer dans une parodie X comme Le mariage de Tintin pour s’en rendre compte). Un univers plus sombre, donc, que l’habituel, où certes Spirou est résistant et Fantasio cache des pilotes alliés chez lui, mais où chacun croit que l’autre n’est plus qu’un vulgaire collabo. Une collaboration non occultée d’ailleurs, comme le marché noir (avec un clin d’œil amusant à La traversée de Paris) et la déportation. Et si les nazis sont, bien évidemment, la cible des auteurs, comme leurs sympathisants, tout n’est pas rose au royaume paisible de Belgique et la tonte des femmes coupables d’avoir couché avec l’ennemi ou le mépris des habitants pour le sort des juifs est mis en avant, laissant un certain malaise planer, remettant en cause une certaine légende dorée de l’époque, valable pour la Belgique mais également pour la France. Et, tandis que le lecteur dévorera avidement cette BD bien plus adulte que l’on pourrait le croire, les amateurs s’amuseront à chercher les milles et une références et divers hommages des auteurs à Tintin (quel plaisir de revoir le terrible Docteur Muller), en majorité, et à d’autres héros de l’époque ou à des films bien connus. D’ailleurs, ceux-ci sont tellement nombreux qu’ils justifient à eux seuls une relecture attentive afin de ne passer à coter d’aucun d’eux. Et, personnellement, ces hommages n’ont fait que renforcer l’opinion plus que positive que j’ai de ce Groom vert de gris. Un véritable bijou que je vous disais. Si, comme vous pouvez le constater, j’ai apprécié au plus haut point cette aventure « moderne » de Spirou, il est incontestable qu’une telle œuvre remet en cause l’idée comme quoi l’on ne devrait pas toucher certaines icônes sacrées suite au décès de leurs auteurs. Certes, pour cela, il faut que la qualité soit au rendez-vous, ce qui est le cas ici, mais ce qui est loin d’être assuré en d’autres occasions, malheureusement. Mais, l’on voit bien qu’avec des auteurs inspirés et respectueux, l’on peut avoir de très bonnes surprises et que bon nombre d’autres séries (qui a dit Tintin ?), mériteraient peut être un petit dépoussiérage. Le Groom vert de gris nous prouve que cela ne serait pas forcement une hérésie.


Points Positifs :
- Une version moderne des aventures de Spirou et Fantasio qui place nos héros dans une période sombre de notre Histoire, la Seconde Guerre Mondiale, et ici, plus précisément, l’occupation de la Belgique par les troupes allemandes. On sent l’important travail des auteurs qui maitrisent parfaitement leur sujet, y compris, bien entendu, historique.
- De très nombreuses références à d’autres œuvres contemporaines comme Tintin, bien entendu, mais aussi, Blake et Mortimer, et même un fort sympathique clin d’œil à La traversée de Paris.
- Excellents dessins d’Olivier Schwartz qui s’inspire fortement des albums d’après-guerre, ce qui apporte une petite touche datée du plus bel effet.
- Des personnages plus adultes, plus fouillés ; bien entendu, le synopsis y est pour beaucoup mais cela fait plaisir de sortir un peu des sentiers battus.
- Un humour néanmoins présent.
- Mine de rien, l’intrigue est pas mal et il ne faudrait pas l’oublier…
- Œuvre moins manichéenne qu’il n’y parait de prime abord : les nazis sont bien entendus les grands méchants de l’histoire mais certains comportements contestables de la résistance belge ne sont pas occultés (tonte des femmes) quant au sort des juifs, on montre bien à quel point la population s’en moquait comme de sa première chemise.

Points Négatifs :
- Les deux premiers tiers de l’histoire sont quasiment parfaits, par contre, une fois arrivé à ce point de l’intrigue, la fin est un peu plus poussive ; dommage, on n’était pas loin de la perfection.
- Hum, il faudrait etre un expert en bande dessinée franco-belge pour reconnaitre et apprécier à sa juste valeur toutes les références qui jalonnent l’album, et elles sont nombreuses, très nombreuses même !
- Euh, Spirou est un résistant, il est arrêté par les allemands et il n’est pas fusillé sur place ? Pas très crédible ce passage…

Ma note : 8/10

LE LIVRE DE CENDRES : LA PUISSANCE DE CARTHAGE


LE LIVRE DE CENDRES : LA PUISSANCE DE CARTHAGE

Prisonnière à Carthage, où le soleil ne brille plus depuis longtemps, Cendres n'a jamais été aussi près du Golem de pierre. Pourtant, simple esclave, sa vie ne tient plus qu'à un fil. Ou plutôt au bon vouloir des amirs wisigoths. Ceux-ci, et leur Faris, ont presque achevé leur croisade contre la Chrétienté et seule la Bourgogne leur résiste encore. Prête à tout pour survivre et retrouver la compagnie du Lion, Cendres découvrira-t-elle le secret de ses voix ?

Après un premier tome plus que prometteur, qui mettait en place l’univers si particulier du Livre de Cendres, quadrologie où se mêlent allègrement fantasy, uchronie et science fiction, La puissance de Carthage rentre de plein pied dans le vif du sujet, ne perdant en rien en qualité, imposant le cycle comme une réussite incontestable du genre. Car si dans le volume précédant, l’auteur s’attelait à développer ce passé à la fois si proche et si éloigné du notre, cherchant à le crédibiliser autant qu’il soit possible (en particulier grâce aux fameuses feuilles de correspondance insérées entre chaque chapitre), ce qui se justifiait mais pouvait parfois paraître lassant, ce deuxième tome ne possède quasiment aucun temps mort. Désormais, le lecteur, familiariser par ce moyen age alternatif, peut se délecter d’un récit toujours aussi excellant, qui donne la place belle à l’action et aux retournements de situations, et, surtout, humanise définitivement Cendres, cette héroïne qui n’apparaît plus que comme étant une simple machine de guerre implacable, mais également comme une femme, certes forte, mais rempli de doutes, de faiblesses, et qui va connaître bien des déboires pendant une bonne partie de l’intrigue. En effet, si le premier chapitre de La puissance de Carthage est la suite directe du tome 1, et voit l’arrivée de Cendres et de sa compagnie au cœur du royaume de Bourgogne, les préparatifs du combat à venir contre les troupes Wisigoths de la Faris puis, l’affrontement à proprement parler, la suite est bien différente. Prisonnière de ses ennemis, notre héroïne va être amenée à Carthage, ou elle rencontrera enfin son « père ». Et ce deuxième tome de prendre des tons bien plus intimistes, où Cendres, parfois brisée, tant physiquement que moralement, essayera par tous les moyens d’apprendre la vérité sur son passé mais également de tout faire (y compris par des moyens peu glorieux) pour sauver sa vie. Le talent de l’auteur fait le reste : on souffre avec celle qui, il n’y a pas si longtemps, menait ses hommes d’une main de fer et semblait capable de tout encaisser sans férir, on partage ses joies et ses nombreuses peines, ses espoirs et ses désillusions, et surtout, comme elle, on est stupéfait des nombreuses révélations qui nous assènent tout au long du récit, et qui viennent petit à petit, à la fois révéler bon nombre de solutions à quelques mystères, mais, également, apporter de nouvelles énigmes, comme ces inquiétantes machines sauvages, qui semblent tirer les ficelles dans l’ombre.

Quasiment omniprésente de bout en bout (les habituels personnages secondaires ne faisant que de courtes apparitions en certains points de l’intrigue, mais même ainsi, Fernando Del Guiz gagne encore en charisme), de part la force des choses, le personnage de Cendres acquière un statut supérieur, bien plus intéressant que dans le premier volume. De plus, les multiples révélations dévoilées, ainsi que les multiples complots viennent complexifier un récit déjà riche à la base, mais qui devient de plus en plus passionnant, au point que l’on à énormément de mal à lâcher la lecture, et ce, même si le style est parfois ardu et rebutera sans doute certains. Mais ils auraient tort de ne pas s’accrocher, tant ce cycle grouille d’excellentes idées et tant il apparaît de plus en plus que le mélange des genres fonctionne à merveille. Comme chaque réponse donnée à une question en entraîne deux nouvelles, le lecteur, tout en échafaudant ses propres théories, ne pourra que rester en haleine devant une intrigue aussi bien ficelée. Un deuxième tome excellant, donc, qui laisse présager du meilleur pour la suite, et qui classe, le cycle de Cendres comme une réussite incontestable de ces dernières années.

mardi 5 mai 2009

MONSIEUR MARDI-GRAS DESCENDRES : BIENVENUE !


MONSIEUR MARDI-GRAS DESCENDRES : BIENVENUE !

Mais où est donc tombé Victor Tourterelle ? Une glissade fatale sur la petite voiture que son fils avait oubliée dans la salle de bains, et voici Victor Tourterelle expédié sans transition de l'autre côté du miroir, au beau milieu d'un désert de craie, sous un ciel noir comme l'encre. Pas un bruit, pas une âme. De son nouvel état, Victor se réjouit d'avoir encore toute sa conscience, qui est bien plus claire que sur Terre ! Mais de son corps, il ne reste que les os. Hagard, le trépassé n'imagine pas qu'il est à l'aube de l'aventure la plus folle qu'aucun défunt n'ait jamais tentée une fois débarqué dans l'autre monde.

Il y a quelques semaines, alors que je me promenais dans les rayons d’une grande enseigne culturelle (La Fnac pour ne pas la citer), j’étais tomber par hasard sur une curieuse bande dessinée au titre pour le moins aussi curieux que son contenu : « Monsieur Mardi-Gras Descendres » où l’on suivait les pérégrinations d’un squelette dans un au-delà pas franchement engageant. Tombant immédiatement sous le charme, je me suis dis alors que, lorsque j’irais mieux financièrement, cette saga en quatre volumes vaudrait largement un petit investissement. Ce qui est chose faite (du moins, pour ce premier tome), comme vous avez probablement compris.

Sincèrement, c’est avec des oeuvres comme ce « Monsieur Mardi-Gras Descendres » que l’on se dit que l’Univers de la Bande dessinée peut nous apporter autant que le cinéma où la littérature, et ce, à sa façon. Car il faut être franc, là où un monde rempli uniquement de squelettes fonctionne parfaitement bien dans la BD, cela aurait été une autre paire de manches au cinéma (sauf avec pas mal d’effets spéciaux ou en animation, mais sans être sur du résultat final) ou dans un roman (imaginez donc les protagonistes squelettiques). Après tout, que ressemble le plus à un squelette qu’un autre squelette ? Pourtant, dans cette œuvre, l’auteur réussit l’exploit à apporter, parfois par de simples touches infimes, d’autres de façon plus évidentes, des différences entre les divers protagonistes, au point que l’on les reconnaît assez facilement, ce qui n’était pas évidant de prime abord. De plus, la quasi absence de couleurs (l’édition original était en noir et blanc, ce qui n’est pas le cas de celle-ci, je commenterais donc la plus récente) aurait put rendre la tache plus ardue mais au contraire, cela colle parfaitement à l’ambiance de cet au-delà cauchemardesque et désertique où, parfois, une ville gigantesque à l’architecture digne de Metropolis, surgit, pointant ses hautes tours vers un ciel étoilée. Alors, l’on se plait à suivre les premiers pas de ce nouveau venu, qui, tout juste après son décès pour le moins loufoque (il a glisser sur la voiture de son fils et s’est briser le cou ! Je me méfierais désormais), découvre un au-delà pour le moins inattendu, où règne une profonde tristesse et où ses innombrables habitants errent sans but, tels des âmes en peine. Bien évidemment, tout cela cache un mystère et notre brave Mardi-Gras jouera un rôle dans la découverte de celui-ci, mais cela, nous en saurons plus dans les tomes suivants, qui, je l’espère, serons de la même qualité tant graphique que scénaristique que ce premier. Alors, si vous souhaitez passer un agréable moment, découvrir ce qui arrive aux morts et sourire aux péripéties d’un « héros » raleur et peu satisfait de son sort (mais qui le serait), n’hésitez pas une minute et procurez vous donc cette sympathique BD.

LE LIVRE DE CENDRES : LA GUERRIÈRE OUBLIÉE


LE LIVRE DE CENDRES : LA GUERRIÈRE OUBLIÉE

1476. Gênes est à feu et à sang. Les Carthaginois et leurs golems maléfiques ont envahi le sud de l'Europe afin de détruire l'empire de Frédéric de Habsbourg. Une nuit éternelle les accompagne. Rien ni personne ne semble en mesure de les arrêter. Pourtant, une femme de dix-neuf ans, capitaine d'une troupe de mercenaires, va se dresser sur la route de l'envahisseur. L'histoire a oublié cette guerrière au visage couturé et aux cheveux trop blonds. Elle s'appelait Cendres, et la légende dit qu'elle était plus farouche que le lion et guidée par la voix d'un saint.

Avant tout autre chose, posons nous une question que certains estimeront sans grande importance, mais qui n’est pas dénuée d’intérêt : « Le livre de Cendres » doit il être considéré comme une Uchronie ou non ? A première vue, oui, puisque le récit nous entraîne dans une fin de moyen age alternatif où une guerrière, à la tète d’une compagnie de mercenaires, se voit entraînée dans une guerre d’invasion par des troupes Carthaginoises (petit rappel : Carthage, c’était à l’époque des Romains, plus de mille ans auparavant ; de plus, au XV° siècle, le nord de l’Afrique était musulmane) qui fondent sur l’Europe. Pourtant, si l’on s’en tient strictement à la définition de ce qu’est une Uchronie, nous n’avons nulle part (du moins, dans ce premier tome du cycle qui en comporte quatre) fait mention d’un élément divergeant (comme par exemple, Moise massacré par les troupes de Pharaon, ce qui met fin à l’Exode, ce qui empêche les hébreux de s’installer en Palestine. Conséquences : pas de Jésus, pas de Christianisme, un Empire Romain qui ne décline pas et devient « éternel ». Voir l’excellant « Roma Aeterna » ici : http://feanor-journal.blogspot.com/2009/04/roma-aeterna-et-si-lempire-romain.html ) qui provoque l’évolution différente de l’Histoire que l’on connaît. Certes, je reconnais que je chipote sur un détail et que, à bien y réfléchir, « Le livre de Cendres » se lit comme n’importe quelle Uchronie, et ce, même si, techniquement parlant, ce n’en est pas vraiment une (du moins, pour le moment. J’attendrais la fin du tome quatre pour en être tout à fait sur). Tout cela est bien compliqué et, franchement, pas forcement nécessaire pour une critique. Cependant, par ce détail, je souhaitais vous montrer que l’œuvre de Mary Gentle est un sacré mélange des genres, que l’on à du mal à classer, vu que ceux-ci se bousculent, entre Uchronie, Fantasy, Roman Moyenâgeux, le tout matinée d’un soupçon de SF (mais chut, nous n’en sommes qu’au premier volume). Un mélange qui aurait put ne pas fonctionner, or, c’est bien heureusement le contraire, et ce, même si ce n’était pas gagné au départ.

Je vous l’avoue, j’ai éprouvé énormément de mal à rentrer dans l’histoire, au point que, au bout de près de 80 pages, j’ai laissé cette « Guerrière oubliée » de coté pendant quelques semaines (en fait, le temps de lire « Roma Aeterna »). Sincèrement, ce n’est jamais bon signe venant de ma part (d’ailleurs, depuis les débuts de ce blog, c’est la première fois) et bien souvent, dans le passé, cela signifiait que j’abandonnais définitivement la parti. Pourtant, autant les difficultés étaient réelles au départ, autant, a force d’acharnement, et, surtout, en me disant que cette œuvre valait le détour, je me suis armé de volonté et, je ne l’ai pas regretter car, une fois passé la très lente description des débuts de Cendres, et une fois que l’on se fait au style narratif, assez lourd parfois, très descriptif (trop parfois) qui fourmille de détails dont certains ne sont pas franchement utiles, l’Histoire se lance petit à petit et l’on commence à se prendre de passion pour cette héroïne peu commune et à sa compagnie de mercenaires. Mais même ainsi, il faut s’accrocher pour ne pas se perdre parmi tous les personnages, principaux et secondaires, qui parsèment le récit, ce qui ajoute à la complexité narrative de celui-ci. Pourtant, une fois de plus, des que l’on commence à comprendre « qui est qui » et « quel rôle il joue », alors, l’on ne peut se dire que Mary Gentle à sut nous donner bon nombre de personnalités fortes ou faibles, charismatiques pour la plupart et qui gagnent à être développées (mais nous n’en sommes qu’au début) et dont les multiples relations entre eux, et surtouts avec Cendres, occupent une part non négligeable de l’intrigue. Car si l’on à droit à des scènes de batailles assez violentes, la majeure partie du texte s’intéresse plus aux sentiments de ses protagonistes que de coutume (enfin, surtout ceux de Cendres pour être tout à fait exact), ce qui peut paraître étonnant de prime abord mais qui s’avère un choix judicieux, permettant de les rendre plus humains, plus attachants. Ainsi, l’auteur, par un formidable travail, essaie au maximum de nous rendre les personnages crédibles, chacun possédant des forces et surtout bon nombre de faiblesses (là aussi, ce n’est pas très courrant dans le genre Fantasy), comme Cendres, bien évidement, mais également Florian ou Fernando Del Guiz par exemple (celui là, il gagne véritablement à être connu, mais chut, nous n’en sommes qu’au premier tome). Et ce soucis de crédibilité est sublimé par un artifice littéraire propre à cette saga : la correspondance, à notre époque, entre un écrivain qui souhaite démontrer que Cendres à bel et bien exister, et son éditrice. Ainsi, entre chaque chapitre, le lecteur à droit à quelques extraits de mails entre les deux personnes, où, petit à petit, au fil des découvertes, le premier essaie vaincre les nombreuses réticences du deuxième. Et là ou Mary Gentle fait très fort, c’est que parfois, on y croit, un peu comme si, à la fin du XV° siècle, Carthage existait bel et bien et avait lancé une invasion sur le continent européen, et que Cendres, loin d’être une création imaginaire, avait bel et bien exister. Bien entendu, cela n’est pas le cas. Cependant, la grande force du récit est de nous emmener à le rendre possible, en particulier au début (car ensuite, cela se gatte un petit peu avec les golems) et une fois de plus, on ne peut que tirer son chapeau à l’auteur.

« La guerrière oubliée » est donc, malgré une entrée en matière longuette et pas facile à aborder une bonne entrée en matière dans cette fantastique saga qu’est « Le livre de Cendres ». Certes, en tant que premier tome, il était logique que Mary Gentle, se doive de poser son univers, ses personnages et ses intrigues. Et, à ce propos, peut être s’y attarde t’elle un peu. Cependant, une fois que l’on rentre dans le vif du sujet, il est certain que l’on a énormément de mal à lâcher le roman qui fourmille de bonnes idées et dont ses personnages principaux deviennent vite attachants de part leur humanité. Ici, nous sommes à milles lieux de la Fantasy dans ce que celle-ci à de plus banal avec ses héros sans peur et sans reproche, sur qui repose l’avenir du monde, ses individus bien trop souvent ennuyeux au possible dont le destin est de terrasser le grand machin truc et de régner sagement sur tel royaume mille et une fois vu et revu. A la place, des individus sommes toutes banaux, avec bon nombre de défauts, mais avec une histoire solide et originale, qui nous donne envie de découvrir ce que fut la Bourgogne au Moyen-Âge ou de se renseigner sur ces fameuses compagnies de mercenaires qui parsemaient les champs de bataille. De plus, comme l’auteur sait régulièrement nous tenir en haleine avec des rebondissements complètements imprévus qui remettent nos certitudes en questions (vous verrez bien lorsque Cendres s’entretiendra avec la mystérieuse Faris), nous nous trouvons au final avec un excellant premier tome d’une saga qui promet énormément. A ne pas manquer sous aucun prétexte, même s’il faut s’avoir s’armer de courage pour un début qui pourrait en rebuter quelques uns.

dimanche 3 mai 2009

NEIL YOUNG


NEIL YOUNG

Neil Young (1968)

1-The Emperor of Wyoming – 2:14
2-The Loner – 3:55
3-If I Could Have Her Tonight – 2:15
4-I've Been Waiting for You – 2:30
5-The Old Laughing Lady – 5:58
6-String Quartet from Whiskey Boot Hill – 1:04
7-Here We Are in the Years – 3:27
8-What Did You Do to My Life? – 2:28
9-I've Loved Her So Long – 2:40
10-The Last Trip to Tulsa – 9:25

« L'album en lui-même était très bon. Mais ils m'ont fichu un nouveau procédé, le CSG, sur les mixes originaux, et ça l'a tué. Le CSG, c'était ce truc de merde qui écrasait littéralement le son pour faire sonner la musique de manière identique, qu'elle soit enregistrée en mono ou stéréo. En d'autres termes, cela a tout foutu en l'air. Il a fallu que la maison de disques choisisse de tester cette idée à la con sur mon disque, mon tout premier disque. En plus, il n'y avait que moi et Jack sur ce disque. Nous avions tout enregistré à deux, piste après piste. A l'époque, je trouvais encore cette technique valable, je voulais voir si elle pouvait vraiment fonctionner. Certaines chansons datent de l'époque Buffalo Springfield. »

Neil Young. Pleine Lune. Inrockuptibles 12/1992. Interview de Nick Kent.

Je me suis dit, alors que je m’apprêtais à écrire ma petite critique du premier album de Neil Young, que la citation du Loner résumait assez bien ce que celui-ci valait (et vaux toujours, plus de 40 ans après sa sortie). Car, incontestablement, ce qui choque, encore aujourd’hui, c’est ce son, légèrement écrasé, qui ne met pas vraiment en valeur le contenu de cette œuvre, qui aurait put être d’un tout autre niveau (mais avec des « si », on referait le monde). Car, en 1968, et suite à des divergences avec Stephen Stills qui le poussèrent à quitter les Buffalo Springfield, Neil Young, sur ce premier album de sa très longue, et pour le moment toujours en cour, carrière solo, laissait déjà entrevoir les immenses qualités qui allaient l’imposer comme l’un des plus grands auteurs-compositeurs de l’histoire de la musique de la fin du vingtième siècle. Si les réminiscences de la période « Springfield » sont encore présentes, ce qui est compréhensible, un titre atypique comme « The Last Trip to Tulsa », long de plus de 9 minutes (l’un des plus longs pour l’époque) annonce l’album suivant, l’excellent « Everybody Knows This Is Nowhere » qui sera d’un niveau supérieur et lancera la carrière du canadien. Mélange de rock, de pop et de country, ce premier album, sans nom, est un parfait mélange de ce qui fera le style de Neil Young dans les décennies suivantes, même s’il faut bien reconnaître que si les compositions sont certes honnêtes, voir très bonnes comme « The Loner » qui lui vaudra son surnom, la suite sera d’une toute autre facture. Mais cela n’empêche pas ce premier album, malgré un son trop moyen qui gâche l’ensemble, de s’en sortir avec les honneurs, cela, grâce à l’incontestable talent d’un Neil Young qui se cherche encore un peu sur cet opus, mais qui marquera très rapidement de son empreinte, l’Histoire de la musique.
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