samedi 31 juillet 2010

Les Cahiers de Science & Vie n°109 : Les civilisations sont-elles vouées à disparaître ?


J’ai laissé pour la fin le gros morceau, la petite cerise sur le gâteau et accessoirement, la revue qui m’aura le plus intéresser parmi les trois dont je viens de vous parler ; plutôt curieusement, celle-ci n’est pas récente puisqu’elle date de février 2009 et que ce n’est pas la première fois que je la lie dans son intégralité, mais disons que ce numéro 109 des Cahiers de Science & Vie, intitulé Les civilisations sont-elles vouées à disparaître ? mérite largement le détour, surtout si l’on s’intéresse au sujet. Il est rare, je l’avoue, de part les temps qui courent, et surtout, après des années et des années a lire et relire un tas d’articles plus ou moins semblables sur un sujet quelconque, de réussir a se passionner encore, comme ce fut le cas avec ce numéro, pour celui-ci. Car si à la base, si la fin des civilisations est un sujet d’étude qui , comme je le disais dans mon article précédant, intéresse les foules qui bien souvent, mettent en parallèle leur propre mortalité et la fin du monde ou de leurs mondes, et qui ne m’a jamais laisser indifférent, ce n’est pas pour cela que n’importe quelle énième revue sur le sujet me passionnera comme ce numéro des Cahiers de Science & Vie a put le faire. Ainsi, quand les articles sont de qualité, quand les thèmes abordés sont divers et judicieux, l’on peut avoir d’excellentes surprises, et ce, malgré un titre que certains pourront trouver limite racoleur. Ainsi, je ne peux que vous le conseiller en toute honnêteté, car même s’il est paru il y a un bon bout de temps, se le procurer n’est pas chose impossible.

LES CIVILISATIONS SONT-ELLES VOUÉES Á DISPARAÎTRE ?
Les Cahiers de Science & Vie
Numéro 109, février 2009

SOMMAIRE :
p.8 : Qu'est-ce qu'une civilisation?
p.8 : A quel moment peut-on dire qu’une société s effondre?
p.9 : Peut-on parler de disparition?
p.12 : Mythes, peurs, fantasmes
p.12 : Nostradamus, source d’Apocalypses
p.24 : De la crise à l'effondrement
p.25 : L’effondrement, rien de plus normal ?
p.26 à 35 : Suicide ou homicide ?
p.35 à 37 : Le bois manquant, les hommes se sont tournés vers d'autres dieux
p.38 à 42 : La cité qui avait trop discipliné l'eau
p.42 : Avant et après Angkor
p.45 à 49 : Quand les dieux ont retenu la pluie
p.50 à 51 : Grandeur et décadence du Grand Zimbabwe
p.58 à 60 : Quand la mémoire s'efface
p.64 à 69 : S'adapter ou disparaître
p.83 : Une fin introuvable
p.86 à 89 : L'Orient imprime sa marque
p.90 à 97 : La tradition contre l'immobilisme
p.100 à 105 : Nos sociétés sont-elles en péril?
p.106 à 109 : CAO Civilisations

Franchement, un véritable régal à lire et à relire…

Les collections de l'Histoire n°48 : Comment meurent les Empires ?


Comment meurent les Empires ? Excellente question auquel tente de répondre la revue Les collections de l’Histoire dans son numéro 48 de ce mois de juillet. Une question pertinente pour un sujet qui plait souvent a la plupart des gens, attirés qu’ils sont (mais je suis dans le cas) par l’habituel concept de fin de civilisation, un peu comme on nous promet depuis des décennies la fin de l’Empire américain, qu’au passage, l’on attend toujours. Bon, personnellement, si le sujet m’intéresse et que les choix éditoriaux – Alexandre, Napoléon, les aztèques, les ottomans, les byzantins etc.- sont assez attractifs, je dois reconnaître que j’ai moins accroché que prévu, peut être pour être un vieil habitué de la chose et d’avoir pas mal lu sur le sujet, d’où, peut être, un certain sentiment de déjà-vu assez présent tout au long de cette revue. Pourtant, je ne remets absolument pas en cause l’intérêt que peut avoir ce Comment meurent les Empires, assez bien écrit et qui ravira les lecteurs amateurs de l’Histoire avec un grand H.

La Nouvelle Revue de l’Histoire N°49 : L'Afghanistan, un sacré piège !


Ce qui est de bien avec les vacances, c’est que l’on a un temps fou pour faire tout un tas de choses, y compris glander (oui, cela m’arrive) ; et forcement, dans mon cas, j’ai énormément lu. Si vous avez lu mes derniers articles, ou du moins, jeter un coup d’œil vite fait à ceux-ci, vous avez compris de quoi je veux parler. Mais en plus des bouquins, dont je me plongeais dedans tous les soirs (et jusqu’à des heures peu raisonnables), j’ai lu, ou relu, quelques revues dont je vais vous parler rapidement et qui m’ont plutôt intéressé. Bien évidement, de part mes gouts personnels, celles-ci vont traiter de l’une de mes grandes passions : l’histoire.

Pour commencer, je tenais à vous parler de la Nouvelle Revue de l’Histoire, et plus précisément du numéro 49 de juillet 2010 (le plus récent donc). Cela fait quelques années que je connais et que j’apprécie cette revue qui, comme son nom l’indique, traite de l’histoire, et même si je ne l’achète qu’occasionnellement, je n’ai jamais été déçu par son contenu, qui sort bien souvent des sentiers battus, ses excellents articles et longs dossiers, allant de l’histoire antique au monde contemporain. Certes, de part des opinions bien tranchées et une europhilie affiché et revendiqué, cette revue est depuis ses débuts décriée par bon nombre d’intellectuels de gauche mais aussi, et c’est tout aussi amusant, par d’autres de droite, comme quoi… Mais personnellement, au bout de tant d’années, je dois avouer que la Nouvelle Revue de l’Histoire ne m’a jamais déçu, bien au contraire, et que sans être d’accord avec touts les articles proposés, dans la grande majorité, cela est tout de même le cas, et pourtant, je n’en suis pas devenu un adepte nostalgique du fascisme comme certains membres de la gauche la plus extrême ont catalogué d’office la revue en raison, bien souvent, du fait que bon nombre des auteurs qui publient des articles dans celle-ci aiment l’Europe dans le sens large du terme. Mais bon, ce sont souvent les mêmes qui ensuite vont s’extasier sur le patriotisme américain, ce qui est paradoxal. Enfin, je ne suis pas là pour rentrer dans un débat interminable mais pour vous parler de ce fameux numéro de juillet.

L'AFGHANISTAN
Un sacré piège !

Le titre en lui-même est tout un programme et il me semble évidant que tous ceux qui souhaiteraient en savoir plus sur le conflit afghan encore en court (et pour longtemps, c’est sur) se doivent de se procurer cette revue qui nous offre là un dossier assez complet qui ne se contente pas uniquement de nous narrer les événements actuels mais qui au contraire, s’intéresse aux origines de ce pays en commençant par l’antiquité et Alexandre, en passant par les mongols, la rivalité entre russes et britanniques, la période soviétique, les talibans, et maintenant, donc, les américains, avec toujours en point d’orgue, cette fameuse question posée par Kipling : « qui remportera le Grand Jeu ? ». Une question toujours d’actualité mais dont la réponse pourrait parfaitement être, tout simplement : « personne ». Franchement, un numéro a se procurer si le sujet vous intéresse.

vendredi 30 juillet 2010

ESTHER


ESTHER

Après avoir perdu l'enfant qu'elle attendait, la fragile Kate voit ressurgir les douloureux souvenirs d'un passé qu'elle préférerait oublier. Hantée par des cauchemars récurrents, et décidée à retrouver une vie de couple équilibrée, elle fait le choix, avec son compagnon John, d'adopter un enfant. A l'orphelinat voisin, Kate et John se sentent étrangement attirés par une fillette, Esther. Mais Kate ne tarde pas à découvrir la face cachée de la « douce » enfant. Autour d'elle, personne n'a rien remarqué, et nul ne semble partager ses doutes et ses inquiétudes...

Je ne remercierais jamais assez (mode ironique, cela va de soit) ma femme de m’avoir révéler, le soir où elle avait vu Esther au cinéma, le secret de cette mystérieuse et inquiétante petite fille si diabolique par ses actes. Car en toute franchise, une fois celui-ci connu, une grande partie du plaisir de la découverte et de l’intérêt de l’intrigue sans retrouve fortement diminué, ce qui, forcement, a jouer sur mon opinion du film et à gâcher un peu l’ensemble. Mais bon, dois-je véritablement en vouloir à mon épouse de m’avoir révéler ce secret ou bien, plus justement, à moi-même, pour ne pas avoir dit non il y a quelques mois ? En toute franchise, si coupable il y a, c’est de moi qu’il s’agit, gros curieux indécrottable que je suis. Après, je ne peux que m’en prendre qu’à moi-même et en aucun cas aux autres. Certes, je m’étais dit à l’époque que je ne verrais probablement jamais ce film, que cela ne prêterais jamais à conséquence de connaître le secret et… une fois de plus, je me suis lourdement et superbement tromper sur toute la ligne ! La prochaine, je tacherais de contrôler ma curiosité…

Quoi qu’il en soit, et malgré cette fameuse connaissance de la révélation finale, grand moment du film puisqu’après tout, l’intérêt, c’est de le découvrir et en aucun cas de le savoir à l’ avance, que peut-on dire d’Esther (le film, pas le personnage) ? Et bien, je vais tacher, pour une fois d’être bref car avant toute chose, il ne faut pas se faire illusion, nous n’avons pas là un chef d’œuvre absolu, loin de là. Le spectateur se retrouve devant un banal film du genre, ni moins bon, ni meilleur que la production habituelle, avec les qualités et les défauts que peuvent avoir les films d’horreurs ; ne vous inquiétez pas, tous les stéréotypes ou presque auquel l’amateur est habitué sont présents et si, indéniablement, le comportement d’Esther inquiète et interpelle, celle-ci écrase littéralement tout les autres protagonistes, tant par sa présence a l’écran que par l’absence d’intérêt que l’on peut avoir pour les autres personnages. D’ailleurs, sur ce point, je tenais à saluer la performance d’actrice de la toute jeune Isabelle Fuhrman qui réussit presque, je dit bien « presque » a nous inquiéter par moments. Car oui, si son attitude est dérangeante, et si elle est dangereuse à souhait, on n’a pas forcement peur pour les autres protagonistes (et du coup, on se trompe), et puis, plus que l’intrigue en elle-même qui n’est rien d’autre que du vu et du revu cent cinquante mille fois, au final, le seul intérêt de cet Esther, est uniquement de savoir pourquoi elle agit ainsi, quel est son problème, son terrible secret ? Et le pire, enfin pour moi, c’est que pour une fois dans ce genre de films, celui-ci est assez original et surprenant. Mais bon, comme je vous l’avais dit, autant pour moi puisque je le connaissais par avance.

Au final, Esther peut néanmoins être un agréable passe temps, si vous aimer le genre et souhaiter trembloter un petit peu ; de plus, la révélation finale est véritablement bien pensée a mon avis et mérite rien que pour cela que l’on regarde ce film. Et puis, si vous passez outre la fin plutôt kitch et le manque d’originalité de l’ensemble (sauf du secret), vous passerez un moment sympathique (quoi que, c’est tout de même violent la chose alors je ne sais pas si le mot est bien choisis ?). Et puis, rien que pour le rôle d’Esther, tout cela vaut probablement le coup. Personnellement, ce n’est pas un truc inoubliable et réussi comme L’orphelinat par exemple, mais bon, ca se regarde et c’est déjà ca.

LE PARRAIN


LE PARRAIN

En 1945, à New York, les Corleone sont une des cinq familles mafieuses de la ville. Don Vito Corleone est le Parrain de cette famille. Sollozzo, dit « le Turc », qui est protégé par le Parrain de la famille Tattaglia propose à Don Vito une association dans le trafic de drogue. Mais celui-ci refuse, car il risquerait d'y perdre ses appuis politiques. Sonny, son fils ainé, y est quant à lui favorable. Afin de traiter directement avec Sonny, Sollozzo décide de faire tuer Don Vito qui réchappe miraculeusement à l'attentat. Commencent alors une série de représailles qui amèneront Michael, le frère benjamin de Sonny, à devenir le nouveau parrain…

Je ne dirais jamais assez a quel point il peut être bien souvent judicieux de ne pas voir un film pendant des années, de se forcer à essayer de l’oublier, de dire non lors de chaque rediffusion, afin de, lorsque suffisamment de temps se sera écouler, pouvoir à nouveau en apprécier toute la force qui avait fait que, à un moment donné, celui-ci nous avait plu. C’est ce qui c’est tout simplement passé avec Le Parrain, œuvre culte de Francis Coppola qu’il est, inutile il me semble de vous présenter plus en détail : vers la fin de mon adolescence, j’ai dut le voir deux ou trois fois, puis, plus rien, j’ai tout simplement fait comme je vous l’ai dit plus haut ; d’abord par manque d’envie (après tout, a force, même les meilleurs œuvres finissent par lasser), puis, sur la fin, en me disant à chaque fois que cela serait pour la prochaine diffusion. Quoi qu’il en soit, tout ce cirque dura presque une quinzaine d’années, ainsi, ce lundi soir, lorsqu’en zappant, je suis tombé sur le début du film, je me suis d’abord dis : oh aller, cinq minutes, puis, allez, encore cinq autres minutes, jusqu’à que, finalement, je m’avoue à moi-même que j’avais une furieuse envie de le revoir. Au passage, je remercierai mes habituelles insomnies estivales qui m’ont permis de tenir jusqu’à près de deux heures du matin (et encore, je n’avais pas sommeil ensuite), mais bon, je commence à être légèrement hors sujet.

Ensuite, avant de vous parler de ce film, je tenais à préciser une chose qui pour moi, a une grande importance et que je pensais devoir être signaler : je connais personnellement des personnes qui ne voient que par des films sur la mafia, les gangsters etc. où bien souvent, ceux-ci sont glorifiés de même que leurs activités ; ces mêmes personnes, parfois, poussent le bouchon jusqu’à ne plus voir que par eux. Personnellement, ce n’est pas du tout mon genre cinématographique : mafia, yakusas, gangsters, vendettas et divers trafics du crime organiser ne m’attirent pas le moins du monde, comme l’ultra violence qui en découle ainsi que, de façon plus générale, les films policier et d’action dans le sens large du terme (oui, j’ai une préférence pour le vieil inspecteur Colombo que pour tous ces fiers à bras qui pullulent depuis bien trop longtemps sur nos écrans). Mais arriver à ce point précis, vous vous demandez peut être où je veux en venir, voir, et vous n’aurez pas tord, si je n’aime pas le genre, pourquoi avoir regardé son plus célèbre représentant ? Tout simplement, et tel était le but de ma petite mise au point, pour vous dire que certaines œuvres atteignent parfois un tel degré d’excellence que celles-ci dépassent le genre où elles sont cantonnées et que même les plus réfractaires peuvent les apprécier à leur juste valeur. Et, vous l’avez compris (mais je pourrais aussi citer un autre monument qu’est Il était une fois l’Amérique), Le Parrain en fait indéniablement partit.

Alors, je ne rentrerais pas dans les détails d’une intrigue qui à la base n’a finalement pas grand-chose d’original (le fils d’un parrain du crime qui ne veut rien avoir à faire avec les activités de sa famille finie, par la force des choses par basculer petit à petit dans celles-ci et prendre la relève), sauf pour vous dire que, malgré sa simplicité apparente, celle-ci fonctionne à la perfection et que le spectateur, des les premières minutes, se passionne immédiatement pour cette famille Corleone. La faute (ou plutôt devrais-je dire grâce) a un Coppola au sommet de son art tant dans la mise en scène que par la réussite incontestable de l’adaptation du roman d’où le film est tiré, Mario Puzo's The Godfather (et oui petit scarabée, avant un film, il y a presque toujours un livre), mais aussi par une musique superbe, dont le thème principal est devenu un classique du genre, mais aussi, car il ne faut pas l’oublier, grâce a la performance remarquable d’acteurs comme Marlon Brando, alors sur le déclin et dont les producteurs ne voulaient surtout pas, et qui rafla au passage un Oscar plus que mérité, Al Pacino, que les producteurs, également, ne voulaient pas en raison, je cite, de sa petite taille et de son manque de notoriété alors, mais aussi Robert Duval et James Caan, tous deux parfaits comme tout le restant d’ailleurs.

Alors, le spectateur ne peut, subjuguer par l’intrigue, que se plonger dans cette saga, dramatique et violente par moments, mais qui reflète si bien une certaine histoire occulte de l’Amérique et des liens qui pendant si longtemps (aujourd’hui encore ?) lièrent le pouvoir a la Mafia ; après tout, le gouvernement américain ne c’était-il pas lier avec la Cosa Nostra pendant la guerre afin de faciliter le débarquement en Sicile ? Tenez, juste un exemple, un seul que je trouve parfaitement éloquent : comment ne pas voir en ce chanteur protéger par Don Corleone, Franck Sinatra lui-même ? Vous croyez que j’exagère, franchement, c’est que vous êtes bien naïfs alors…

Alors certes, oui, je n’aime pas le moins du monde les films sur la Mafia, mais j’apprécie Le Parrain, incontestablement. Il est peut être très loin d’être mon film préféré, mais en toute franchise, je sais en reconnaître l’immense valeur et son importance dans l’histoire du cinéma. Un film à voir, tout bonnement.

L’HOMME QUI TUA LIBERTY VALANCE


L’HOMME QUI TUA LIBERTY VALANCE

En 1910, le sénateur Stoddard et sa femme Hallie, un couple âgé, reviennent à Shinbone, dans l'Ouest, pour l'enterrement de Tom Doniphon. Le journaliste local, intrigué par la présence d'un sénateur venu assister à l'enterrement d'un cow-boy inconnu, presse Stoddard de s'expliquer. Stoddard, d'abord réticent, finit par accepter. Il évoque l'époque où fraîchement diplômé en droit, il débarqua avec l'idéal d'apporter la légalité dans l'Ouest. Peu avant son arrivée à Shinbone, la diligence est attaquée par une bande de hors-la-loi. Stoddard est dévalisé et frappé par leur chef qui le laisse pour mort. Tom Doniphon le trouve, lui apprend le nom de son agresseur : Liberty Valance, un bandit de notoriété publique, et le dépose dans le restaurant de Hallie (sa fiancée) et de ses parents. Stoddard, encore faible, parle de faire arrêter Valance, ce qui provoque les sarcasmes de Doniphon. à Shinbone, c'est la loi des armes qui prévaut. Stoddard n'obtient pas plus le soutien du shérif, couard notable.

« On est dans l'Ouest, ici. Quand la légende dépasse la réalité, alors on publie la légende ».

Cette réplique culte est tout bonnement l’une des plus célèbres de l’histoire du cinéma est résume parfaitement, à elle seule, le film, mais pourrait aussi s’adapter de façon plus générale a l’histoire avec un grand H ; après tout, entre « l’histoire est écrite par les vainqueurs » et celle-ci, c’est un peu la science de l’Histoire qui s’en trouve superbement définie. En effet, le néophyte pourra peut être ne pas comprendre où je veux en venir mais, pour tous ceux qui, un jour ou l’autre, et sans tomber dans la parfois stupide paranoïa de la théorie du complot à tout vas, se sont intéresser à tel période de l’histoire humaine, savent depuis longtemps que les faits que l’on connaît et qui apparaissent comme établit après coups, ne reflètent pas toujours la vérité la plus exacte. Mais ces réflexions mériteraient à elles seules un article tant elles pourraient être développé a l’infini, et ce n’est ni le lieu, ni le moment.

Assez curieusement, L’homme qui tua Liberty Valance est le premier western que je critique sur ce blog, mais cela tient plus au fait que sur les deux années et demi d’existence de celui-ci, je n’ai eu l’occasion d’en voir aucun ; pourtant, Dieu sait qu’au fil de ma vie, les westerns, genre qui marcha énormément dans les années 50 et 60, ont défiler, et que, sans être un grand spécialiste de la chose, je m’y connais un minimum, en particulier sur ceux dits de l’âge d’or. De même, depuis les débuts du Journal de Feanor, on ne peut pas dire que j’eu l’occasion de vous parler d’énormément de « vieux » films, ce qui, au vu de mes gouts personnels, est un peu paradoxal au vu de ma passion pour ceux-ci. Mais bon, peu importe et puis, il faut bien qu’il y ait un début à tout mais il est temps de rentrer dans le vif du sujet.

L’homme qui tua Liberty Valance est l’avant dernier long métrage de ce monument du cinéma que fut John Ford et représente, en quelque sorte, son testament cinématographique. Véritable chef d’œuvre du genre, ce film voit réunis pour la première fois deux autres géants du septième art, John Wayne et James Stewart, tous deux au sommet de leur art. Bon, j’entends déjà certains hurler au loup au sujet du premier cité, arguant son prétendu jeu monolithique, son machisme exacerbé, son conservatisme et son attachement au parti républicain (comme si les opinions politiques avaient quelque chose a voir avec le talent, ridicule) et cette apparence que dans toute sa carrière, il ne joua qu’un seul et unique rôle : le sien. Oui, cela est vrai et faux à la fois car tous ceux qui, au lieu de critiquer juste pour le plaisir de critiquer, on daigner regarder plus d’un film du « Duke », auront certes remarqué que celui-ci a toujours, effectivement, joué « son » rôle, mais que celui-ci (un chef parfait, infaillible, effectivement macho, bagarreur mais tellement mal à l’aise avec les femmes que ses histoires ne marchent quasiment jamais) est bien plus complexe que l’on pourrait le croire à l’origine. Et puis, quelque part, est-ce le seul acteur dans le cas ? Franchement pas le moins du monde. Et forcement, dans L’homme qui tua Liberty Valance, John Wayne fait donc du « John Wayne » tandis que James Stewart, lui, en quelque sorte, et bien, fait du « James Stewart » : ce grand type un peu maladroit sur les bords, épris de grandes idées et qui cherche à les faire partager. En toute franchise, rien que pour la rencontre de ces deux géants du septième art, le film valait déjà le coup. Or, cela va beaucoup plus loin.

J’ai dit un peu plus haut que pour John Ford, L’homme qui tua Liberty Valance, fut son testament cinématographique, et cela est plus qu’exact : dans ce film, baignant dans une certaine mélancolie profonde, voir même désabusée par moments, le spectateur voit s’affronter, non pas l’habituelle opposition entre le « méchant » et le « gentil », mais celle de deux mondes, l’ouest ancien, représenter par John Wayne (le héros individualiste et honnête) et Lee Marvin (Liberty Valance, le voyou individualiste et sanguinaire) à James Stewart (anti-individualiste et honnête et représentant le progrès, l’avenir, le monde nouveau). Dans ce film, donc, si la présence d’une crapule comme Liberty Valence peut a priori faire croire que l’on se trouve dans un western dit classique, la véritable opposition se trouve entre les deux héros ; une opposition entre le passé et l’avenir d’un pays, les Etats-Unis, qui pour évoluer, se doit d’avoir des règles, des Lois et des structures, d’où l’évolution d’un territoire en Etat, thème abordé et important dans le film. Du coup, ceux qui représentaient la loi du plus fort, quelle soit bonne ou mauvaise, se doivent de s’effacer devant celle du progrès, que représente donc James Stewart qui finira sénateur tandis que pour les deux autres protagonistes, l’un finira abattu comme il a vécu, et le second, seul, malheureux d’avoir perdu la femme qu’il aime.

Le duel, la scène forte du film, est un modèle du genre : des le départ, le spectateur a parfaitement conscience que celui-ci est disproportionné au possible, que Valance va abattre son adversaire, la chose étant même souligner par le tablier porter par James Stewart. Et pourtant, celui-ci s’en sort, tuant, du moins le crois t’on, le bandit et devenant par cette action un véritable héros, le glorifiant et l’amenant au final, vers la carrière fructueuse annoncée. Or, dans un flash-back (dans le flash-back qu'est l'histoire elle-même), l’on s’aperçoit qu’en fait, c’était John Wayne, tapis dans l’ombre, qui abattit Valance, mais laissant néanmoins l’honneur de la chose a son rival en amour, se retirant alors devant lui. Ainsi, malgré une carrière bâtie sur une imposture initiale, et malgré ses révélations à des journalistes sur le tard, le peuple préférera toujours l’homme qui a tuer Liberty Valance à celui qui a véritablement tuer Liberty Valance. D’où la célèbre réplique finale : « On est dans l'Ouest, ici. Quand la légende dépasse la réalité, alors on publie la légende ».

L’homme qui tua Liberty Valance est donc un très grand film qui mérite amplement d’être vue, et ce, quelque soient les réticences que certains pourraient avoir à l’encontre de John Wayne ou d’un genre considéré comme dépassé (et en plus, c’est en noir et blanc ajouteront les incorrigibles insatisfaits). Plus qu’un Western où l’on verrait pour la énième fois des bons face a un méchant très méchant (mais bon, encore de nos jours, les œuvres manichéennes continuent à représenter la grande majorité de la production), ce film, si riche, avec d’excellents acteurs, est porteur de tellement de messages, allant bien au-delà du simple western classique que tout amateur de cinéma, dans mon opinion, se doit de l’avoir vu au moins une fois dans sa vie.

jeudi 29 juillet 2010

QUAI D’ORSAY : CHRONIQUES DIPLOMATIQUES


QUAI D’ORSAY : CHRONIQUES DIPLOMATIQUES

Le jeune Arthur Vlaminck est embauché en tant que chargé du « langage » par le ministre des Affaires étrangères Alexandre Taillard de Worms. En clair, il doit écrire les discours du ministre ! Mais encore faut-il se faire une place entre le directeur du cabinet et les conseillers qui gravitent dans un Quai d'Orsay où le stress, l'ambition et les coups fourrés ne sont pas rares... Inspiré de l'expérience d'Abel Lanzac qui fut conseillé dans un ministère, cet album restitue une vision de la politique à la fois pleine d'acuité et d'humour. Un pur régal !

Toute ressemblance avec des personnages existants n'est pas fortuite: une BD décapante dissèque l'univers feutré et impitoyable du Quai d'Orsay à travers les yeux du jeune « porte-plume » d'un ministre des Affaires étrangères qui rappelle furieusement un certain Dominique de Villepin. Epaules larges, allure altière, chevelure ondoyante, verbe épique et parole qui claque, le ministre Alexandre Taillard de Worms, héros de Quai d'Orsay, chroniques diplomatiques, est sur la brèche jour et nuit et rend fou son cabinet. Ainsi découvris-je, il y a quelques semaines dans un hebdomadaire gratuit (lequel, ne me demandez pas, je ne sais plus), puis dans Marianne, ce fameux Quai d’Orsay dont je vous parle aujourd’hui, une BD un peu a part, dont on vantait les mérites et qui éveilla mon attention immédiatement de part le sujet abordé et le personnage principal qui a beau se nommer Alexandre Taillard de Worms n’en est pas moins Dominique de Villepin. Du coup, forcement, cette BD était sur mes tablettes, comme tant d’autres, et en vacances, en passant au rayon bande dessinée à Carrefour (comme quoi, parfois, on n’y fait des découvertes),ni une, ni deux, hop, je me la suis procurée.

La scène se passe dans un avion de la République, en route pour New York. Les bulles s'entrechoquent: les Américains, « il faut qu'ils comprennent que je les aime (...) Et puis, tout d'un coup, plaf! Il faut leur expliquer que jamais la France ne se compromettra dans les turpitudes de quelques républicains hypocrites », explique le ministre avec de grands gestes à son conseiller, Arthur Vlaminck, tout juste recruté comme « scribe ». « Notez, Arthur, notez ! » Difficile de ne pas penser à celui qui fut en 2003 à l'ONU l'incarnation de l'opposition de la France à la guerre en Irak... mais côté coulisses déjantées. Arthur, le petit nouveau, en prend plein la tête: « ce machin manque de souffle », « je ne vais pas vous mâcher le travail », « ce truc est à chier ». Mais il se prend aussi au jeu. Les épisodes hilarants et vachards se succèdent au fil des pages et de l'actualité internationale: terrorisme, construction européenne, Otan, otages, Proche-Orient... Les conseillers, plus ou moins dévoués, lèche-bottes ou cyniques, le directeur de cabinet qui s'arrache les cheveux ou encore la cour des amis écrivains du ministre, tout ce petit monde est assez judicieusement croqué au vitriol.

Franchement, cette BD est une vraie petite réussite ; oh, certes, nous n’avons pas là un chef d’œuvre et je dois même reconnaître qu’au final, je suis resté un peu sur ma faim, ressentant presque une petite déception. Mais cela s’explique plus par le fait que je m’attendais à ce que l’épisode à l’ONU contre les américains soit plus développé que dans le cas présent. En fait, et ce n’est pas la première fois que cela m’arrive, disons que je m’étais un peu imaginer des choses sur ce Quai d’Orsay avant de l’acheter et que le fait de ne pas les avoir m’a un peu désappointer sur le moment, mais bon, au final, cela n’enlève rien a la qualité de l’ensemble, loin de là.

Le scénariste de l'album, sous le pseudonyme d'Abel Lanzac, sait de quoi il parle puisqu'il fut lui-même (d’après ce que j’ai lu) membre de plusieurs cabinets ministériels. Sa rencontre avec le dessinateur Christophe Blain a permis à ce trentenaire de restituer en images, et humour, l'univers sans pitié de la politique et de la diplomatie. Les deux compères devraient, apparemment, continuer de collaborer pour un deuxième tome. Alors, d’ici là, si le cœur vous en dit et que vous voulez passer un bon moment avec une BD un peu décalée, il se pourrait que ce Quai d’Orsay ne vous laisse pas indifférent.

LE CYCLE DE FONDATION : FONDATION FOUDROYÉE


LE CYCLE DE FONDATION : FONDATION FOUDROYÉE

Prévoyant l'effondrement prochain de l'Empire galactique, le psychohistorien Hari Seldon a jadis créé deux Fondations, l'une officielle, l'autre occulte, afin de préserver la civilisation d'une interminable période de chaos. Pourtant, cinq siècles après leur établissement, alors même que la Première Fondation n'a jamais été aussi puissante, un nouveau protagoniste semble entrer en jeu, œuvrant dans l'ombre à l'insu de tous. Peut-être tient-il entre ses mains le devenir de l'humanité toute entière...

Comme je l’avais dit dans la critique précédente, celle du tome trois pour les deux ou trois dans la salle qui ne suivent pas, le cycle de Fondation se composait à la base de trois volumes. Pendant des décennies, Isaac Asimov c’était refuser, contre vents et marées et malgré les demandes incessantes de ses fidèles lecteurs, à écrire une suite a son œuvre la plus connue (avec les robots) ; cependant, au tout début des années 80, un peu contraint et forcé d’après ses propres dires, par son éditeur, l’auteur d’origine russe, se décida finalement a reprendre le récit qui lors de sa création, devait narrer la chute d’un Empire Galactique, et qui avait donner au final, l’œuvre que l’on connaît. Bien évidement, lorsque l’on se trouve devant un cycle dont une partie fut écrite dans les années 50 et l’autre trente ans plus tard, la première chose que l’on s’attend a trouver, c’est un changement de style. Cela, chacun en avait conscience et cela ne posait pas, a priori, aucun problème majeur. Cependant, et là, c’était une autre paire de manches, Asimov lui-même allait-il être, après tants d’années, aussi inspirer sur une série devenue entretemps cultissime dans le monde entier ? Par comparaison, qu’aurait on penser de Tolkien s’il avait un jour écrit une suite au Seigneur des anneaux (bon, bien évidement, ce n’est pas vraiment comparable puisque Fondation n’était pas véritablement finie à la suite de Seconde Fondation, mais bon) ? Probablement, pas mal de craintes.

Inutile de tourner autour du pot trop longtemps ni de faire des mystères : oui, malgré le temps écoulé entre le début de cycle et ce quatrième tome et le style qui évolua considérablement, Fondation foudroyée est une suite qui s’intègre plutôt bien dans la saga et qui n’a pas forcement à rougir de la comparaison avec ses glorieux ainés. Certes, ceux-ci restent et encore pour longtemps d’une espèce d’aura de magnificence dont probablement les deux derniers tomes n’atteindront jamais, mais même ainsi, une fois de plus devrais-je ajouter, Asimov a réussi à nous offrir, a nous pauvres lecteurs avides de ce cycle si passionnant, un excellent roman qui brille a la fois par ses différences et ses points communs avec le reste de l’œuvre. Mais… j’ai dit « roman » ? Oui, car cette fois ci, ce n’est plus a un assemblage de nouvelles auquel l’on a droit mais à un véritable roman (en fait deux avec le tome 5 mais je m’égare), beaucoup plus long et dans la tradition des productions plus modernes, ce qui n’est pas forcement ni illogique, ni une mauvaise idée.

Car Fondation foudroyée fonctionne du feu de Dieu ! Certes, les temps de personnages comme les premiers Maires ou des personnages ultra charismatiques comme Bel Riose ou le Mulet sont plus que révolus, mais Asimov, en complexifiant son œuvre, réussit le tour de force de nous faire douter des trois premiers volumes de la saga des les premières pages de ce quatrième tome et ce, en utilisant deux protagonistes, l’un de la Fondation, l’autre de la seconde Fondation, qui chacun de son coté, mettent en doute l’existence même du Plan Seldon. Celui-ci ne serait-il qu’une imposture ? Le lecteur, déstabiliser par ces doutes initiaux va alors, en compagnie d’un parlementaire intuitif de la Fondation, d’un vieil érudit en quête de la planète des origines, la Terre, d’un orateur exceptionnellement doué de la seconde Fondation accompagné d’une naïve paysanne de l’ancienne capitale impériale, Trantor, a la recherche de la vérité, le tout sous de sombres complots où personne ne sait plus où commence la vérité et où finie le mensonge, que, de façon surprenante, voilà que l’on nous parle de robots et où les deux fondations jouent au chat et a la sourie pour la main mise de l’avenir que certains voudraient voir arriver plus vite que prévue, tandis qu’une troisième « force », apparemment, agirais dans l’ombre mettant en péril le plan Seldon et les deux Fondations pour son propre profit. Apparemment car une fois de plus, entre fuyants et faux semblants, révélations et explications qui se succèdent, la vérité se perd en conjonctures tandis que les coups de théâtre et les traitrises se font jour, et ce, jusqu'à la dernière page, entrainant le lecteur dans une folle sarabande au point de ne plus savoir où en donner de la tête. Et tandis que toute cette quête s’oriente de plus en plus vers la fameuse planète des origines, la Terre, voilà que l’on découvre Gaïa et qu’une décision, une seule, de la part d’un seul homme, change l’avenir de la Galaxie.

J’ai particulièrement apprécié ce Fondation foudroyée qui d’ailleurs, porte bien son nom (mais cela, vous verrez pourquoi dans les dernières pages). Dans un style différent, Isaac Asimov a réussi son pari d’écrire une suite crédible à son œuvre culte et à la rendre aussi captivante que ses prédécesseurs. Certes, je garde une préférence pour les premiers volumes mais incontestablement, celui-ci m’a suffisamment captivé et tenu en haleine pour que je le hisse presque (et oui, presque) au même niveau que ceux-ci. De plus, les coups de théâtre sont parfois tellement inattendus, surtout vers la fin, et la quête de la Terre, si passionnante, que j’aurais pris un grand plaisir a le lire et je ne saurais que trop vous le conseiller si vous avez lu le début de la saga et que vous hésitiez encore sur l’intérêt de cette suite.

LE CYCLE DE FONDATION : SECONDE FONDATION


LE CYCLE DE FONDATION : SECONDE FONDATION

Conçue par le psychohistorien Hari Seldon pour restreindre l'ère de chaos résultant de la décadence de l'Empire galactique, la Fondation est désormais aux mains du Mulet, un mutant imprévisible capable de manipuler les esprits et d'imposer sa volonté à quiconque. Avec ses pouvoirs et les immenses ressources que lui procure la Fondation, il s'est donné pour objectif d'étendre sa domination aux ultimes vestiges de l'Empire défunt. Mais déjà une nouvelle légende prend forme : il existerait une seconde Fondation, consacrée aux sciences mentales, œuvrant de façon occulte pour garantir l'accomplissement des desseins du légendaire Hari Seldon...

Seconde Fondation marque un coup d’arrêt dans la série : a l’issu de ce troisième volume, Isaac Asimov, lassé, mis celle-ci de coté afin de s’atteler a d’autres récits et ne revint, quasiment contraint et forcé que des décennies plus tard, avec les deux derniers tomes du cycle qui ne virent le jour que dans les années 80, mais aussi avec deux préquelles, datant de la même époque. Ainsi, pendant longtemps, le Cycle de Fondation ne fut composé que de ces trois premiers tomes originaux, eux-mêmes composés de nouvelles plus ou moins longues, tandis que la suite, elle, est tout a fait différente : le temps ayant fait son œuvre, le style de l’auteur évolua et les derniers tomes sont en fait de véritables romans, quand a l’aspect narratif et descriptif, il est bien plus imposant. Mais ceci est une autre histoire et intéressons nous donc maintenant au troisième tome de Fondation.

A l’issu de Fondation et Empire, le lecteur avait laissé le Mulet échoué dans sa quête de la mystérieuse seconde Fondation, mais si un coup d’arrêt fut porter a sa conquête, il n’en restait pas moins maitre d’une bonne partie de la Galaxie. Cinq années se sont écoulées et celui-ci qui n’a pas perdu l’espoir de découvrir ou se cache cette fameuse deuxième fondation annoncée par Seldon, se décide a envoyer deux hommes en mission a sa recherche : Han Pritchett, son général en chef et ancien adversaire « converti » et Bail Channis, un jeune membre de sa cour, arrogant et insouciant mais qui, selon le Mulet, pourrait être la clef de la découverte de la Fondation par le simple fait que, n’ayant pas été converti, il aurait conservé toute l’astuce nécessaire pour une telle quête. Cette première nouvelle, dans un tome qui en comporte deux, pas très longue, n’en reste pas moins indispensable pour l’intrigue générale de la saga. En effet, celle-ci va voir s’affronter d’un coté le Mulet et ses hommes, et de l’autre, la seconde Fondation qui fait là sa grande entrée de manière officielle dans l’histoire. Et je ne pense pas faire de grandes révélations en vous disant que la quête sera couronnée de succès, quoi que, sans dire ni comment, ni ce qui arrivera ensuite. Et le récit, plutôt court au vu des standards actuels, n’en reste pas moins un classique du genre avec tout ce qui a fait la qualité de la saga : rebondissements, révélations et autres coups de théâtres en pagaille auquel le lecteur ne s’attendait guère. Personnellement, j’ai bien aimé cette Quête du Mulet, en particulier le duel à trois final qui m’aura marqué de part son intensité.

La quête de la Fondation, deuxième nouvelle de l’œuvre et gros morceau de celui-ci réussis le coup de force d’aller encore plus loin dans la qualité intrinsèque de l’ensemble ; cette fois ci, l’opposition met aux prises les deux Fondations, la première, tout juste remise de sa chute face au Mulet, connaît désormais l’existence de la seconde et se retrouve partagé entre deux opinions bien distinctes : tout d’abord, la grande majorité de la population ne voient en celle-ci qu’une espèce de Deux-ex-machina qui leur sauvera la mise devant toutes les difficultés, tandis qu’une petite minorité craint pour sa survie et sa liberté face a des hommes capables, comme le Mulet, de contrôler les esprits. Pour ce qui est de la seconde, devant le danger que fut pour le plan Seldon l’apparition imprévue du Mulet, elle essaye de tout faire pour le remettre sur les bons rails, et pour cela, il faut que la première Fondation oublient leur existence, sinon, leur stagnation continuera et cela en sera finie du plan Seldon. Ainsi, tout l’intérêt de l’histoire repose sur cet affrontement et c’est par le biais d’un petit groupe de comploteurs de Terminus et d’une adolescente, en fuite dans la galaxie, que l’on suivra celui-ci. Si Asimov nous avait habitué jusque là a nous passionner avec ses récits diablement efficaces remplis de rebondissements, cette fois ci, tout cela est poussé a son paroxysme, dans une nouvelle parfois proche du polar et dont le final, avec ces multiples explications qui s’enchainent et se contredisent en permanence, restera comme l’un des grands moments de tout le cycle, incontestablement.

Bref, Seconde Fondation est tout bonnement dans la lignée de ces deux prédécesseurs et il n’y a tout simplement rien a jeter ni à redire. Une fois de plus, Asimov a sut nous entrainer dans un récit captivant et démontrer qu’il fut l’un des plus grands écrivains du genre du vingtième siècle. Le final nous laissait présager que des centaines d’années plus tard, le plan Seldon allait finalement aboutir au second Empire Galactique, mais souvenons nous qu’à la base, la série aurait dut en rester là… Or, il y a encore deux tomes et tout pourrait se compliquer…

LE CYCLE DE FONDATION : FONDATION ET EMPIRE


LE CYCLE DE FONDATION : FONDATION ET EMPIRE

Tandis que les crises qui secouent l'Empire redoublent de violence et annoncent son effondrement définitif, la Fondation créée par le psychohistorien Hari Seldon pour sauvegarder la civilisation devient de plus en plus puissante, suscitant naturellement convoitises et visées annexionnistes. En tout premier lieu, celles de Bel Riose, jeune général qui voit dans les secrets détenus par la Fondation le moyen de monter sur le trône. C'est alors qu'apparaît un mystérieux et invincible conquérant, surnommé le Mulet, que le plan de Seldon n'avait pas prévu...

Bel Riose et le Mulet, tout simplement les deux plus charismatiques et dangereux adversaires de la Fondation font donc leur apparition dans le second volume du cycle de Fondation. Le premier, général d’un Empire Galactique en pleine décomposition, le second, mutant aux pouvoirs psychiques insoupçonnés et imprévisibles, tous deux, conquérants géniaux, donneront bien du fil a retorde à une Fondation en pleine essor, mais encore loin, très loin, du second Empire Galactique annoncé par Hari Seldon. Ces deux protagonistes qui écrasent littéralement, et a juste raison, tous les autres dans ce tome, sont les personnages principaux de ce qui m’est apparu comme le point d’orgue d’une saga tout bonnement parfaite de bout en bout, d’un classique du genre comme on n’en voit rarement.

Il n’est pas évidant, au bout de plusieurs semaines, de devoir écrire après coup les critiques de plusieurs livres ; étant a l’heure actuelle dans les dernières pages du dernier volume de Fondation, ce deuxième tome, Fondation et Empire, est désormais loin dans ma mémoire, et de toutes évidence, la critique que j’aurais put écrire si je venais a peine de finir ce tome, aurait été d’un tout autre acabit et la qualité, bien meilleure. Mais bon, les choses étant ce qu’elles sont, je vais donc essayer de faire au mieux, ne serais ce que pour rendre justice a un cycle, considéré par beaucoup comme le plus grand cycle de SF de tous les temps, et plus précisément a ce second tome qui le mérite amplement.

Avant toute chose, il faut reconnaître la maitrise absolue d’Isaac Asimov dans Fondation ; en toute franchise, ce n’est pas tous les jours que, en lisant une œuvre, il m’arrive de me dire : « mais tout de même, c’est du très lourd ca ! ». Du très lourd, du bon, de l’excellent, je pourrais en rajouter des tonnes mais en gros, vous l’avez compris, Fondation et Empire (et la saga dans son ensemble), m’a procurer un plaisir de lecture rarement atteint : tant dans le fond que dans la forme, on nage en pleine perfection et si certains, comme je l’avais déjà dit dans la critique du premier volume ; trouveront peut être à redire quand au style parfois « vieillot » de la chose, cela est plus dut a une habitude littéraire qui font que les œuvres modernes ont bien évoluer depuis l’époque dorée des débuts. Un exemple, un seul : de nos jours, tant dans la SF que dans la Fantasy, l’amateur du genre se retrouve devant des productions composés de cycles en je ne sais combien de volumes, chacun épais de six cent ou sept cent pages minimum, ce qui peut donner au final des monstruosités de deux mille, trois milles pages ou plus même. Si l’on compare à Fondation (puisque c’est ce qui nous préoccupe aujourd’hui), la différence est notable, même avec les ajouts plus tardifs des deux derniers tomes. Et si dans le cas de l’œuvre d’Asimov, le lecteur moderne se retrouve avec une suite de nouvelles plus ou moins longues, cela ne signifie en rien que celles-ci soient inférieurs aux productions modernes, qui fourmillent de détails a chaque page, de discussions et d’explications en tous genres, au point de parfois, faire qu’il ne se passe pas grand-chose entre un tome et le suivant. Certes, je ne dis pas par la qu’avant, c’était forcement mieux, après tout, il existe d’excellents bouquins construits de cette façon, sauf que, bien trop souvent, une bonne partie de la production moderne ferait mieux d’être bien plus courte. Allez directement au but est parfois préférable. Mais bon. Quoi qu’il en soit, en lisant ce Fondation et Empire, et en le comparant avec d’autres titres plus récents, je n’ai pas put m’imaginer de deviner en combien de volumes les deux nouvelles qui le composent, auraient été nécessaires s’il avait été écrits de nos jours ?

Ce long aparté mis a part, comment ne pas vous parler de ce deuxième volume si fascinant, tant par ses protagonistes, Bel Riose et le Mulet, donc, que par ses intrigues bourrée de rebondissements en tout genre, de faux semblants et d’un sens inné d’Asimov pour noyer le poisson jusqu’au coup de théâtre final. Car franchement, dans un cas comme dans l’autre, mais surtout dans le premier, on se demande bien comment la Fondation va pouvoir s’en sortir, et puis, d’une façon qui en surprendra plus d’un, hop, une fois de plus, Hari Seldon avait vu juste et son mystérieux plan va pouvoir continuer, inlassablement, malgré les difficultés. Ceci est particulièrement vrais dans la première nouvelle, où Bel Riose, le plus grand des généraux de l’Empire, certes moribond mais qui n’en reste pas moins largement supérieur en force a la Fondation, est sur le point de la faire plier, avant d’échouer, d’une façon surprenante, certes, mais tellement logique et évidant que je n’ai pas put me dire qu’Asimov avait fait très fort ; pourquoi faire compliquer quand la simplicité est au rendez vous ? Et surtout, quand celle-ci donne de bien meilleurs résultats. Dans le cas du Mulet, c’est différent puisque, petit spoiler, la Fondation tombe sous son emprise, et du coup, on n’en vient a craindre véritablement pour le plan de Seldon pour la première fois. Mais une fois de plus, Asimov nous offre là un récit d’un grand intérêt, et ce malgré les apparences : après tout, nous n’avons la qu’une vulgaire quête pour essayer de faire tomber ce formidable conquérant qu’est le Mulet. Mais cette fois ci, nos certitudes tombent puisque depuis les débuts du premier tome, l’on nous garantissait que la psychohistoire ne prenait en compte que les évolutions futures d’une masse importante humaine (plusieurs milliards), et en aucun cas des individus séparés ; or là, c’est un petit nombre très réduit sur qui va reposer le sort de la galaxie toute entière. Le plan serait-il donc à revoir ? Disons plutôt que les apparences sont bien plus trompeuses que l’on pourrait le croire…

Au final, Fondation et Empire est tout bonnement un chef d’œuvre, et je pèse mes mots, dans la lignée du premier tome, qui brille tant par ses protagonistes principaux (dont les deux plus marquants, Bel Riose et le Mulet, dont je vous laisse deviner l’identité même si ce n’est pas si difficile que cela) que par son intrigue qui vous tiendra en haleine de bout en bout. Personnellement, il m’aura captivé et fait passer un excellent moment et je ne saurais trop que vous le conseiller, surtout que l’on commence à découvrir, petit a petit, des indices sur la mystérieuse seconde Fondation…

mardi 6 juillet 2010

SHREK 4, IL ÉTAIT UNE FIN


SHREK 4, IL ÉTAIT UNE FIN

Après avoir vaincu un méchant dragon, sauvé une belle princesse et le royaume de ses parents, que peut encore faire un ogre malodorant et mal léché ? Domestiqué, assagi, Shrek a perdu jusqu'à l'envie de rugir et regrette le bon vieux temps où il semait la terreur dans le royaume. Aujourd'hui, telle une idole déchue, il se contente de signer des autographes à tour de bras. Trop triste... C'est alors que l'habile et sournois Tracassin lui propose un contrat. Shrek se retrouve soudain transporté dans un monde parallèle totalement déjanté où les ogres sont pourchassés, où Tracassin est roi, où Fiona et son bien-aimé ne se jamais rencontrés... Shrek va-t-il réussir à déjouer le sortilège, à repasser de l'autre côté du miroir, à sauver ses amis, à retrouver son monde et reconquérir l'amour de sa vie ?

Le premier était excellant, le deuxième était superbe, tout simplement mon préféré, le troisième une immense déception. Donc, après ce troisième volet plus que calamiteux, j'ai eu un peu peur de ce qu'allait donner un Shrek 4 et j’avoue que je m’étais demander s’il était bien nécessaire de poursuivre dans une franchise que je voyais coulé dans la médiocrité, ce qui, au vu des deux premiers films, était tout de même dommageable. Ce fut donc, forcement, avec une méfiance certaine que j’aie donc accompagné tout à l’heure mes enfants au cinéma pour une petite sortie en famille par cette belle journée d’été. Une méfiance compréhensible, au vu donc de la très mauvaise expérience vécue lors du précédant volet ; déception on ne peut plus grande que les deux premiers m’avaient tellement plu, que celle-ci n’en avait été que plus grande. Or, a ma grande surprise, mais je ne vais pas m’en plaindre, je suis sorti du cinéma avec le sourire, ce que, je l’avoue, je ne m’y attendais pas vraiment.

Car Shrek 4, sans atteindre le niveau des premiers films de la saga, s’en sort indéniablement très bien. Très beau visuellement, avec une intrigue plutôt bien ficelée et un chouia captivante (au moins ce qu’il faut pour les plus jeunes et pour ceux qui ne veulent pas trop ce prendre la tête), l’on passe un assez agréable moment devant ce film d’animation que l’on nous a présenté comme étant le dernier de la saga (cela reste à voir, mais au pire, il reste le film avec le Chat Poté, prévu depuis belles lurettes). Bien évidement, au bout de tant d’années, le spectateur est en terrain connu, ce qui le permet de rentrer tout de suite dans le vif du sujet, et cela tombe très bien puisqu’il n’y a aucun temps morts et des une entrée en matière rapide, rappelant ce qu’est la vie de notre ogre vert préféré, l’on rentre dans le vif du sujet avec ce pacte établi entre Shrek et le nain Tracassin, et l’arrivée dans cet autre monde, où le « géant vert » n’a jamais put libérer la douce et belle princesse Fiona de sa malédiction, faute tout bonnement d’avoir exister. Et c’est parti pour une folle course contre la montre où Shrek, pour que tout rentre dans l’ordre, devra obtenir un baiser d’amour de sa belle avant vingt quatre heures.

Certes, on a beaucoup moins de références aux contes par rapport aux autres films, et pour ce qui est des clins d’œil aux autres œuvres cinématographiques, légion au début de la saga, elles ont quasiment disparue, ce que je trouve dommageable. Quant au fait de faire référence au premier film, avec l'histoire de Fiona enfermée dans sa tour, si je trouve que c’est une bonne idée (oui, bon, rien de bien transcendant non plus), j’aurais quand même bien voulu revoir des personnages majeurs comme Farquadd ou Charmant, qui, il me semble, avaient parfaitement leur place dans ce dernier opus des aventures de Shrek.

Avant de conclure, un petit mot vite fait sur la 3D. En toute franchise, autant celle-ci peut parfaitement se justifier dans des œuvres comme Avatar, autant là, et même si elle était plutôt bien réussie, l’intérêt de son utilisation ne m’est pas vraiment apparu comme une nécessité absolue ; il y a bien une ou deux scènes assez spectaculaire mais c’est tout, d’où ma perplexité quant au fait d’avoir réalisé Shrek 4 en 3D. Mais bon, vu qu’elle est à la mode de nos jours, il est difficile de ne pas y avoir droit a chaque fois. Mais gare a la surenchère inutile tout de même.

Bref, au final, Shrek 4, il était une fin est un bon film, plutôt sympathique, qui clôt les aventures de l’ogre le plus connu au monde avec panache et humour. Inférieur aux deux premiers volets de la série, il n’en reste pas moins comme une fin acceptable, qui vous fera passer un agréable moment et vous réconciliera avec un univers et des personnages qui semblaient à bout de souffle après un troisième film plus que poussif. A regarder, donc, si les précédant volets vous avaient enchanté, sinon, il y a probablement mieux par ailleurs.

lundi 5 juillet 2010

Sciences et Avenir HS n°163 : A la découverte de peuples mystérieux


Oyez, oyez braves gens ! Que tous ceux qui se passionnent pour les anciennes civilisations, quelles soient connues ou non, pour tous ceux qui aiment les mystères du passé, qui n’hésitent pas a plonger avec délice dans les méandres de l’histoire oubliée, pour tous ceux qui savent que les civilisations ne sont pas éternelles et qu’il reste encore de nos jours, a découvrir bon nombre de peuples fascinants, le dernier hors série ( numéro 163 de juillet/aout 2010) de la revue Science et Avenirs est pour vous ! Sobrement intitulé A la découverte de peuples mystérieux, celui-ci saura vous ravir en ces temps estivaux.

A lire dans ce numéro :

- Chachapoyas, le peuple des nuages : Caché dans les hauteurs des Andes péruviennes, ce peuple de guerriers, contemporain des Incas, est longtemps resté oublié de l'histoire. Ses incroyables nécropoles sont peu à peu mises au jour.
- Indus, la civilisation perdue : Il y a cinq mille ans apparut sur les rives de l'Indus une civilisation urbaine sophistiquée. Sans temple, palais, ni armée.
- Hittites, les guerriers aux mille dieux : Sophistiqué et profondément spirituel, leur royaume d'Anatolie fut aussi puissant que celui du Nil. Jusqu'à menacer le grand Ramsès II en 1275 avant J.-C.
- Mycéniens, les héros retrouvés de l'Iliade : Grâce à des décennies d'enquête sur les terres de la Grèce antique, les guerriers d'Homère surgissent peu à peu de la légende.
- Jomons, les irréductibles du néolithique : Alors que la révolution néolithique gagnait simultanément tous les continents, ces peuples du Japon sont demeurés envers et contre tout des chasseurs-cueilleurs.
- Vandales, des barbares très civilisés à Carthage : L'Eglise catholique leur a fait une mauvaise réputation. Mais ces cavaliers venus de Germanie ont offert à l'Afrique romaine un nouvel âge d'or.
- Mound Builders, des hommes entre terre et ciel : Durant cinq millénaires, ils ont élevé dans les plaines d'Amérique du Nord de gigantesques tumulus conçus pour être vus du ciel.
- Nan Madol, les Atlantes du Pacifique : De leur cité lacustre, bâtie autour de l'an Mil sur un îlot perdu du Pacifique, ne subsistent que de mystérieuses murailles mégalithiques.

Bref, un must pour les amateurs du genre, y compris pour ceux qui croiraient tout connaître sur le sujet ; personnellement, j’ai été bluffé par les Chachapoyas, le peuple des nuages que je ne connaissais pas avant l’achat de cet excellant hors série.

dimanche 4 juillet 2010

JOUR J – PARIS, SECTEUR SOVIÉTIQUE


JOUR J : PARIS, SECTEUR SOVIÉTIQUE

Et si l'Histoire avait pris un cap différent de celui que nous connaissons? Et si les Russes avaient réussi à marcher sur la Lune avant les Américains? Et si l'épicentre de la guerre froide s'était trouvé à Paris et non à Berlin? Et si l'attentat de Dallas avait eu lieu en 1973 et non en 1963? Et si l'Allemagne avait gagné la Première Guerre mondiale? Et si l'imagination avait pris le pouvoir en mai 68? Et si les anarchistes avaient renversé le tsar Nicolas II en 1917? Tous ces récits, fondés sur des faits historiques et des hypothèses réalistes, nous amènent à découvrir les conséquences de ce jour où tout a basculé: le Jour J.
6 juin 1944. Le débarquement allié en Normandie est un échec. L'offensive contre l'Allemagne est lancée en Provence, mais les Alliés s'enlisent autour de Lyon, laissant à l'Armée rouge l'opportunité de traverser le Rhin et de libérer Paris. Après la capitulation du Reich, la France est coupée en deux à hauteur de la Seine et Paris divisé en deux blocs... La guerre des espions y aura bientôt lieu.

En toute franchise, je commence vraiment à avoir très peur de cette série. Mes craintes, fort nombreuses après la lecture du premier volume de Jour J, Les russes sur la lune, qui m’avaient laisser fortement dubitatif quand à la qualité future d’une énième saga de la collection Série B des éditions Delcourt, s’en sont trouvées, a mon grand regret, parfaitement justifiées avec ce deuxième volume. Car non seulement, toutes les promesses que l’on était parfaitement en droit d’attendre au vu du postulat de base de la série n’ont pas le moins du monde été tenues, mais qui plus est, là où le tome un était fort moyen, le deuxième, lui, est franchement médiocre. Et je pèse mes mots.

De bonnes idées suffisent elles à nous donner une bonne série ? Si certains en doutaient encore, les deux premiers tomes de Jour J nous démontrent de la plus flagrante des façons que la réponse est non. Mais alors là, un grand non, écrit en majuscules, histoire qu’on le voit de loin, car je n’irais pas par quatre chemins : évitez cette BD ! De toute urgence ! Je ne prends aucun plaisir a descendre en règle cette série, ni à vous la déconseiller, croyez moi, ce n’est pas vraiment le genre de la maison ; certes, je râle souvent et je m’emballe dans un sens comme un autre bien souvent, mais là, trop c’est trop. Et j’ai beau chercher, je ne trouve aucune raison valable de vous conseiller l’achat de cette chose. Quoi que, si, il y en a peut être deux : les couvertures, tout simplement superbes, et l’idée générale (l’Uchronie). Mais voilà le problème, c’est tout. Et là, doit-on dépenser près de 13 euros pour une jolie couverture ? Hum, je ne crois pas. Quand a l’idée générale de départ, aussi bonne soit elle, encore faut il que le reste soit à la hauteur, ce qui n’est absolument pas le cas. On l’avait remarqué dans le premier tome, c’est encore pire dans ce Paris, secteur soviétique, au point d’en être tout bonnement affligeant. Un comble !

Bon, tout d’abord, certains, d’on j’en fais parti, pourront tiquer quand au fait que, si le débarquement allié aurait échoué, les russes auraient été jusqu’à Paris. Peut être, peut être pas, je laisse les discussions de clochés aux experts de la chose ; idem quand a un deuxième débarquement en province. Tout cela peut être discutable, mais à la rigueur, pourquoi pas après tout. Le soucis, et il me semble de taille, c’est qu’une fois ce fait uchronique établit, et bien, quelque part, il est oublié, tout simplement passé au second, voir au troisième plan d’une intrigue qui n’a plus rien a voir. Déjà, celle-ci n’a rien de bien enthousiasmant, une vulgaire enquête de meurtres, matinée d’espionnage a la « guerre froide », mais pour couronner le tout, voilà qu’on lui ajoute une pathétique histoire de meurtres a la « Jack l’éventreur », complètement hors sujet, évitable, et le pire, c’est quand le lecteur découvre l’identité du ou des meurtriers (mais je laisse le « plaisir » de la découverte pour ceux qui aiment souffrir). Mais le pire, car avec Jour J, il y a toujours un pire, malheureusement, c’est que, une fois arrivé a la dernière page, la seule question que l’on se pose est la suivante : mais au fait, avait on besoin de nous pondre une Uchronie pour ca ? Et la réponse est claire, net et précise : NON ! Transposé l’intrigue, les protagonistes (charismatiques comme un pou) à Berlin, et vous aurez la même chose, une série B d’espionnage, mais sans la prétention et l’attente que le lecteur est en droit d’attendre d’une Uchronie.

Jour J est pour le moment, avec ces deux premiers volumes, une immense déception. Les auteurs, Jean Pierre Pécau et Fred Duval nous ayant par-dessus le marché habitué à bien mieux par ailleurs, surtout que les deux hommes se plaisent à nous abreuver, parfois avec succès, parfois un peu moins, avec moult séries dites uchroniques. Mais si j’ai conscience que l’on ne peut pas toujours réussir son coup, là, franchement, c’est trop médiocre pour être honnête, surtout que l’attente était grande (punaise, l’idée de départ était géniale pourtant !). Peut être que les volumes suivants de Jour J relèveront un peu le niveau, mais croyez moi, j’en doute très fortement.

LE CYCLE DE FONDATION : FONDATION


LE CYCLE DE FONDATION : FONDATION

En ce début de treizième millénaire, l'Empire n'a jamais été aussi puissant, aussi étendu à travers toute la Galaxie. C'est dans sa capitale, Trantor, que l'éminent savant Hari Seldon invente la psychohistoire, une science nouvelle permettant de prédire l'avenir. Grâce à elle, Seldon prévoit l'effondrement de l'Empire d'ici cinq siècles, suivi d'une ère de ténèbres de trente mille ans. Réduire cette période à mille ans est peut-être possible, à condition de mener à terme son projet : la Fondation, chargée de rassembler toutes les connaissances humaines. Une entreprise visionnaire qui rencontre de nombreux et puissants détracteurs...

Ouh la vache ! Cette fois ci, je m’attaque a du lourd, a du très lourd même car il me semble inutile de rappeler, sauf pour les néophytes du genre, que le Cycle de Fondation est l’un des monuments de la littérature fantastique, peut être même le plus grand cycle de SF de tous les temps, rien que ca ! Et pourtant, au cours de ma vie, j’en ai lu des bouquins, et pas des moindres, d’ailleurs, il suffit de jeter un petit coup d’œil rapide a mes lectures depuis les débuts de ce blog pour le constater ; et encore, je ne vous parle pas de tout ce que j’ai pu dévorer avant. Pourtant, rarement je me suis attaqué à une telle œuvre, sur laquelle tout le monde est d’accord, ou presque, un bouquin culte, sans discussion possible, qui truste depuis des décennies les premières (la première) places de bon nombre de hits. D’ailleurs, à ce petit jeu là, Fondation serait à la SF ce que Le Seigneur des anneaux est à la Fantasy, et sur ce point, l’on peut rapprocher, malgré les nombreuses différences, les deux auteurs, le grand Isaac Asimov au non moins célèbre JRR Tolkien. Chacun dans son genre, et dans son style, a sut créer a la fois des œuvres intemporelles, mais aussi un univers, cohérent, riche, renouvelant les genres et posant même les bases de la SF et de la Fantasy pour des décennies de suiveurs et de copieurs a venir. Bref, vous l’avez compris, cette fois ci, la barre va être mise bien plus haut que d’habitude. Et à raison.

Je dis a raison mais il y a quelques jours, je n’aurais put être aussi affirmatif car, comme souvent, et aussi incroyable que cela puisse paraître, je n’avais jamais lu le Cycle de Fondation. Cela peut paraître être une belle hérésie surtout que je connais celui-ci depuis… oh, presque depuis toujours en fait, mais c’est un fait : une fois de plus, cette œuvre, comme tant d’autres (Elric pour ne citer que la plus connu) a fait partie de ma fameuse liste de « trucs vitaux qu’il faut absolument lire un de ces quatre » et que je repoussais sans arrêt pour de multiples raisons, certaines valables, d’autres non, mais le plus souvent, c’était tout simplement parce que je lisais tout autre chose. Ce qu’il faut bien appeler une aberration ayant durer bien trop longtemps a mon gout, et après quelques petites hésitations (euh, ce truc me botterais bien juste avant !?), je me suis finalement lancé et, ait rapidement dévoré (le terme est plus qu’exact) le premier tome de cette œuvre monumentale en quelques jours a peine, d’où mon affirmation du début de ce paragraphe.

Intitulé sobrement Fondation, le premier tome de ce cycle fut plus que conforme a mes attentes. Voir, presque, les a dépasser en quelques sortes. Prenez une œuvre, quelle qu’elle soit et peu importe le genre ; lorsque vous en avez tellement entendu parler depuis des années et des années, lorsque tout le monde est d’accord pour reconnaître ses immenses qualités, et bien, souvent, l’on s’en fait tout un plat et au final, cela arrive puisque j’en parle en connaissance de cause, un petit sentiment de déception peut poindre le bout de son nez. Or, avec Fondation, ce n’est absolument pas le cas, bien au contraire mes amis, bien au contraire ! D’un autre coté, peut-on véritablement en être étonné ? Franchement, pas vraiment. Si de nos jours, un nom comme Tolkien est bien plus célèbre et respecté, ce ne fut pas toujours le cas et les amateurs de la chose fantastique savent parfaitement a quel point le nom d’Asimov restera au firmament de la littérature SF mais aussi générale, voir même, n’ayons pas peur, un peu plus… Voilà donc un homme, juif d’origine russe, naturalisé américain en 1928, qui, dans son autre cycle majeur, Les robots, nous a tout bonnement pondu ce que l’on appelle les trois lois de la robotique, que tout amateur du genre a un jour ou l’autre entendu parler, mais pas seulement puisque ces fameuses lois (« Un robot ne peut porter atteinte à un être humain… » Etc.) en plus d’apparaître souvent dans d’autres œuvres, pourraient bien, un jour, être mises en application dans l’avenir. Après tout, les premiers robots existent et quelques chercheurs, le plus sérieusement du monde, réfléchissent souvent a la question d’instaurer une morale, les dites lois, dans les intelligences artificielles a venir. Bref, comme vous pouvez le constater, tout cela fait qu’Asimov restera comme bien plus qu’un simple auteur de science fiction ; en tout cas, cela vous pose le personnage.

Et quelque part, la qualité de l’œuvre. Dans Fondation, c’est du coté de la psychohistoire, une science inventée par Asimov donc, sorte de thermodynamique de l’Humanité, dont l’objet est l’étude statistique des comportements de grands groupes d’êtres humains (de plusieurs milliards d’individus), dans le but de prévoir son évolution future. Et tout l’intérêt de ce premier roman, et du cycle dans son intégralité, et de voir comment l’auteur, par le biais d’une intrigue qui s’écoule pendant des centaines d’années, va nous convaincre que cette fameuse psychohistoire est plus que crédible, et comment. Car des le départ, le topo est placé : L’Empire galactique est sur le déclin et sa fin est éminente, ce fait, établi va entrainer une longue période de barbarie qui doit durer 30 000 ans. Le seul moyen de raccourcir cette durée a environ 1000 ans, un homme la possède, Hari Seldon, l’homme qui a porter la science de la psychohistoire a son paroxysme et qui a prévu tout ce qu’il faut pour préserver les connaissances scientifiques, le lieu ou une poignée d’hommes doivent aller pour réussir cette fameuse « fondation », mais aussi toutes les difficultés a venir, toutes les péripéties qui forcement, a un moment précis, devra faire face la Fondation. Dit comme cela, le néophyte, méfiant, pourra craindre de se retrouver dans de la mauvaise SF de gare, tant cela semble inconcevable. Et pourtant, le grand tour de force d’Isaac Asimov, est de réussir à nous convaincre, voir nous prouver, que sa psychohistoire fonctionne parfaitement, voir même, que celle-ci pourrait bien être une science réelle, au point que cela en devienne plus que troublant.

Ainsi, dans ce premier volume du Cycle de Fondation, le lecteur, par l’entremise de plusieurs nouvelles, suit les prémisses de la chute de l’Empire galactique, les débuts de la Fondation, les premières difficultés subies par celles-ci, que l’on nomme les « crises Seldon », et le moyen de les surmonter (car a chaque fois, il n’y en a qu’un seul et unique, toujours prévu a l’avance par Hari Seldon), mais aussi l’évolution, petit a petit, de cette communauté isolée aux confins de l’Empire, entouré de voisins belliqueux. Le tout, qui pour certains paraitra peut être de par la forme, assez curieux, est pourtant superbement captivant comme rarement. Certes, le lecteur moderne, habitué de ces cycles composés de monumentaux pavés de huit cents pages chacun, sera parfois troublé de part la rapidité de certains des récits. Mais une chose est claire : ce sont des nouvelles qui composent ce premier tome du Cycle de Fondation, écrites il y a soixante ans, bref, a une autre époque, où la SF dépassait très rarement les cent pages. D’ailleurs, passé les trois premiers volumes, la suite, écrite près de vingt ans plus tard est bien plus longue, ainsi que les préquelles. Et en lisant Fondation, je n’ai pas put m’empêcher de me dire que, écrit de nos jours, ce simple premier tome aurait put se décomposer en trois ou quatre tomes. Mais cela enlève t’il une quelconque qualité au récit ? Non, loin de la. Celui-ci n’en souffre guère, au contraire, et malgré le temps qui a passé, a sut conservée toute son intensité, de part ses idées développées (comme, par exemple, le rôle de la religion, du commerce, les implications de la connaissance et du contrôle que l’on peut exercer avec celle-ci sur les autres etc.), ses personnages diablement bien trouvés, et surtout, je le rappelle, par le magistral tour de force d’Isaac Asimov qui réussit à rendre plausible et pourtant complètement inattendu chaque embûche et chaque réponse de Seldon, la « momie virtuelle » qui sert de guide fantôme à la Fondation, et dont le génie ne cesse de surprendre au fil des pages de ce premier tome.

Bref, Fondation, premier tome du cycle du même nom est un grand roman de science fiction, fidèle a sa réputation et qu’il faut absolument lire de toute urgence si, comme moi, vous ne l’avez pas encore découvert. A voir maintenant si l’intégralité du cycle est du même acabit mais quelque chose me dit que cela va être le cas.
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