dimanche 4 juillet 2010

LE CYCLE DE FONDATION : FONDATION


LE CYCLE DE FONDATION : FONDATION

En ce début de treizième millénaire, l'Empire n'a jamais été aussi puissant, aussi étendu à travers toute la Galaxie. C'est dans sa capitale, Trantor, que l'éminent savant Hari Seldon invente la psychohistoire, une science nouvelle permettant de prédire l'avenir. Grâce à elle, Seldon prévoit l'effondrement de l'Empire d'ici cinq siècles, suivi d'une ère de ténèbres de trente mille ans. Réduire cette période à mille ans est peut-être possible, à condition de mener à terme son projet : la Fondation, chargée de rassembler toutes les connaissances humaines. Une entreprise visionnaire qui rencontre de nombreux et puissants détracteurs...

Ouh la vache ! Cette fois ci, je m’attaque a du lourd, a du très lourd même car il me semble inutile de rappeler, sauf pour les néophytes du genre, que le Cycle de Fondation est l’un des monuments de la littérature fantastique, peut être même le plus grand cycle de SF de tous les temps, rien que ca ! Et pourtant, au cours de ma vie, j’en ai lu des bouquins, et pas des moindres, d’ailleurs, il suffit de jeter un petit coup d’œil rapide a mes lectures depuis les débuts de ce blog pour le constater ; et encore, je ne vous parle pas de tout ce que j’ai pu dévorer avant. Pourtant, rarement je me suis attaqué à une telle œuvre, sur laquelle tout le monde est d’accord, ou presque, un bouquin culte, sans discussion possible, qui truste depuis des décennies les premières (la première) places de bon nombre de hits. D’ailleurs, à ce petit jeu là, Fondation serait à la SF ce que Le Seigneur des anneaux est à la Fantasy, et sur ce point, l’on peut rapprocher, malgré les nombreuses différences, les deux auteurs, le grand Isaac Asimov au non moins célèbre JRR Tolkien. Chacun dans son genre, et dans son style, a sut créer a la fois des œuvres intemporelles, mais aussi un univers, cohérent, riche, renouvelant les genres et posant même les bases de la SF et de la Fantasy pour des décennies de suiveurs et de copieurs a venir. Bref, vous l’avez compris, cette fois ci, la barre va être mise bien plus haut que d’habitude. Et à raison.

Je dis a raison mais il y a quelques jours, je n’aurais put être aussi affirmatif car, comme souvent, et aussi incroyable que cela puisse paraître, je n’avais jamais lu le Cycle de Fondation. Cela peut paraître être une belle hérésie surtout que je connais celui-ci depuis… oh, presque depuis toujours en fait, mais c’est un fait : une fois de plus, cette œuvre, comme tant d’autres (Elric pour ne citer que la plus connu) a fait partie de ma fameuse liste de « trucs vitaux qu’il faut absolument lire un de ces quatre » et que je repoussais sans arrêt pour de multiples raisons, certaines valables, d’autres non, mais le plus souvent, c’était tout simplement parce que je lisais tout autre chose. Ce qu’il faut bien appeler une aberration ayant durer bien trop longtemps a mon gout, et après quelques petites hésitations (euh, ce truc me botterais bien juste avant !?), je me suis finalement lancé et, ait rapidement dévoré (le terme est plus qu’exact) le premier tome de cette œuvre monumentale en quelques jours a peine, d’où mon affirmation du début de ce paragraphe.

Intitulé sobrement Fondation, le premier tome de ce cycle fut plus que conforme a mes attentes. Voir, presque, les a dépasser en quelques sortes. Prenez une œuvre, quelle qu’elle soit et peu importe le genre ; lorsque vous en avez tellement entendu parler depuis des années et des années, lorsque tout le monde est d’accord pour reconnaître ses immenses qualités, et bien, souvent, l’on s’en fait tout un plat et au final, cela arrive puisque j’en parle en connaissance de cause, un petit sentiment de déception peut poindre le bout de son nez. Or, avec Fondation, ce n’est absolument pas le cas, bien au contraire mes amis, bien au contraire ! D’un autre coté, peut-on véritablement en être étonné ? Franchement, pas vraiment. Si de nos jours, un nom comme Tolkien est bien plus célèbre et respecté, ce ne fut pas toujours le cas et les amateurs de la chose fantastique savent parfaitement a quel point le nom d’Asimov restera au firmament de la littérature SF mais aussi générale, voir même, n’ayons pas peur, un peu plus… Voilà donc un homme, juif d’origine russe, naturalisé américain en 1928, qui, dans son autre cycle majeur, Les robots, nous a tout bonnement pondu ce que l’on appelle les trois lois de la robotique, que tout amateur du genre a un jour ou l’autre entendu parler, mais pas seulement puisque ces fameuses lois (« Un robot ne peut porter atteinte à un être humain… » Etc.) en plus d’apparaître souvent dans d’autres œuvres, pourraient bien, un jour, être mises en application dans l’avenir. Après tout, les premiers robots existent et quelques chercheurs, le plus sérieusement du monde, réfléchissent souvent a la question d’instaurer une morale, les dites lois, dans les intelligences artificielles a venir. Bref, comme vous pouvez le constater, tout cela fait qu’Asimov restera comme bien plus qu’un simple auteur de science fiction ; en tout cas, cela vous pose le personnage.

Et quelque part, la qualité de l’œuvre. Dans Fondation, c’est du coté de la psychohistoire, une science inventée par Asimov donc, sorte de thermodynamique de l’Humanité, dont l’objet est l’étude statistique des comportements de grands groupes d’êtres humains (de plusieurs milliards d’individus), dans le but de prévoir son évolution future. Et tout l’intérêt de ce premier roman, et du cycle dans son intégralité, et de voir comment l’auteur, par le biais d’une intrigue qui s’écoule pendant des centaines d’années, va nous convaincre que cette fameuse psychohistoire est plus que crédible, et comment. Car des le départ, le topo est placé : L’Empire galactique est sur le déclin et sa fin est éminente, ce fait, établi va entrainer une longue période de barbarie qui doit durer 30 000 ans. Le seul moyen de raccourcir cette durée a environ 1000 ans, un homme la possède, Hari Seldon, l’homme qui a porter la science de la psychohistoire a son paroxysme et qui a prévu tout ce qu’il faut pour préserver les connaissances scientifiques, le lieu ou une poignée d’hommes doivent aller pour réussir cette fameuse « fondation », mais aussi toutes les difficultés a venir, toutes les péripéties qui forcement, a un moment précis, devra faire face la Fondation. Dit comme cela, le néophyte, méfiant, pourra craindre de se retrouver dans de la mauvaise SF de gare, tant cela semble inconcevable. Et pourtant, le grand tour de force d’Isaac Asimov, est de réussir à nous convaincre, voir nous prouver, que sa psychohistoire fonctionne parfaitement, voir même, que celle-ci pourrait bien être une science réelle, au point que cela en devienne plus que troublant.

Ainsi, dans ce premier volume du Cycle de Fondation, le lecteur, par l’entremise de plusieurs nouvelles, suit les prémisses de la chute de l’Empire galactique, les débuts de la Fondation, les premières difficultés subies par celles-ci, que l’on nomme les « crises Seldon », et le moyen de les surmonter (car a chaque fois, il n’y en a qu’un seul et unique, toujours prévu a l’avance par Hari Seldon), mais aussi l’évolution, petit a petit, de cette communauté isolée aux confins de l’Empire, entouré de voisins belliqueux. Le tout, qui pour certains paraitra peut être de par la forme, assez curieux, est pourtant superbement captivant comme rarement. Certes, le lecteur moderne, habitué de ces cycles composés de monumentaux pavés de huit cents pages chacun, sera parfois troublé de part la rapidité de certains des récits. Mais une chose est claire : ce sont des nouvelles qui composent ce premier tome du Cycle de Fondation, écrites il y a soixante ans, bref, a une autre époque, où la SF dépassait très rarement les cent pages. D’ailleurs, passé les trois premiers volumes, la suite, écrite près de vingt ans plus tard est bien plus longue, ainsi que les préquelles. Et en lisant Fondation, je n’ai pas put m’empêcher de me dire que, écrit de nos jours, ce simple premier tome aurait put se décomposer en trois ou quatre tomes. Mais cela enlève t’il une quelconque qualité au récit ? Non, loin de la. Celui-ci n’en souffre guère, au contraire, et malgré le temps qui a passé, a sut conservée toute son intensité, de part ses idées développées (comme, par exemple, le rôle de la religion, du commerce, les implications de la connaissance et du contrôle que l’on peut exercer avec celle-ci sur les autres etc.), ses personnages diablement bien trouvés, et surtout, je le rappelle, par le magistral tour de force d’Isaac Asimov qui réussit à rendre plausible et pourtant complètement inattendu chaque embûche et chaque réponse de Seldon, la « momie virtuelle » qui sert de guide fantôme à la Fondation, et dont le génie ne cesse de surprendre au fil des pages de ce premier tome.

Bref, Fondation, premier tome du cycle du même nom est un grand roman de science fiction, fidèle a sa réputation et qu’il faut absolument lire de toute urgence si, comme moi, vous ne l’avez pas encore découvert. A voir maintenant si l’intégralité du cycle est du même acabit mais quelque chose me dit que cela va être le cas.

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