dimanche 31 octobre 2010

MALHORNE : LE TRAIT D’UNION DES MONDES


MALHORNE : LE TRAIT D’UNION DES MONDES

Tout commence lorsque l’ethnologue Franklin Adamov découvre, au fin fond de l’Amazonie, une statue du XVe siècle représentant un homme de type européen, assis, armé d’une épée; sur la garde de l’épée est inscrit un mot : Malhorne. C’est impossible... Peu après, Franklin est contacté par une fondation appartenant à un riche financier, qui lui offre des moyens illimités pour résoudre cette énigme, d’autant qu’une deuxième statue, absolument identique, est mise au jour… Qui a laissé ces signes, et pourquoi ? Alors débute une traque haletante, une quête initiatique à travers l’Histoire, les cultures et les religions du monde entier, dont l’enjeu est rien moins que l’éternité.

Deux ans et des poussières. Ce fut le temps qui me fallut pour, enfin, me plonger dans la lecture du premier tome de la tétralogie de Jérôme Camut, Malhorne. Le temps d’attendre que les autres volumes paraissent en livre de poche (je fais parti de cette espèce radicale qui, quand elle débute un cycle quelconque, qu’il soit en deux ou en trente volumes, lit tout d’un bloc), le temps aussi de finir d’autres romans, d’autres cycles, le temps, bref, d’être finalement prêt. Deux ans et des poussières donc, mais deux ans où je n’ai jamais oublié totalement ce fameux Malhorne, et encore moins le synopsis de celui-ci : cette fameuse histoire où un homme traverse les époques, se réincarnant au fil du temps et se souvenant a chaque fois de ses vies passées. Pourquoi ? Dans quel but ? Eternelles questions qui m’ont longtemps hanté, et qui me hantent encore d’ailleurs, étant actuellement plongé en plein tome 2, et dont j’ai hâte de savoir le dénouement et les explications a tous ces mystères, mais pour cela, j’ai encore le temps.

Car indéniablement, et sans exagération aucune, mon attente aura été récompensée car a mes yeux, et pour ce que j’en ai lu jusqu’à maintenant, Malhorne est l’un des bouquins les plus captivants qu’il m’ai été donné de découvrir depuis belle lurette ; cette fois ci, pas de grand cycle connu de tous, pas de monument de la SF ou de la Fantasy style Elric ou Fondation, non, dans le cas qui nous préoccupe aujourd’hui, un auteur, Jérôme Camut donc, français de son état, et un cycle certes connu des amateurs du genre mais pas plus que ca non plus. Et puis, pour ce qui est de la SF et la Fantasy, mettons les choses au point tout de suite : ni vaisseaux spatiaux, ni dragons, ni magie quant aux trous noirs, oubliez-les, dans Malhorne, place au monde réel, ou supposé tel, et au Fantastique, genre que j’ai un peu trop délaissé ces dernières années… mais qu’importent les genres finalement ? L’important, c’est le contenu, et franchement, je n’ai pas été déçu une seule seconde.

Le trait d’union des mondes, premier tome de Malhorne, est donc mon gros coup de cœur de cet automne, et sincèrement, j’en avais besoin surtout après ma grosse déception a l’issu de la lecture de La lune et le Roi Soleil il y a quelques semaines. Bien évidement, je n’étais pas entièrement en terrain inconnu, je connaissais le gros de l’histoire, je m’étais renseigner un peu sur le net, lu quelques critiques enthousiastes et même fait un tour sur le site de l’auteur, histoire de. Et mon intérêt pour ce roman, qui était déjà grand a la base, ne fut qu’en augmentant au fil de la lecture des pages de ce premier tome de la tétralogie. Bien évidement, les éléments traités dans ce roman y sont pour beaucoup : mystères relatifs au passé avec ces fameuses statues retrouvées au quatre coins du monde, mystère de la survivance de Malhorne, forcement puisque lui-même n’y comprend fichtrement rien, un petit coté « Indiana Jones », même de loin, puisque bon nombre des protagonistes sont des savants, une fondation aux moyens illimités qui mène l’enquête et dont on se doute que les relations entre ces membres et les personnages principaux ne seront pas toujours roses, un petit peu d’ésotérisme, quelques questions sur la survivance de l’âme humaine etc. bref, tout un condensé servi sur un plateau et qui était fait pour me plaire. Mais là où un Bernard Werber, dont je ne peux m’empêcher de comparer certaines œuvres, me laisse froid neuf fois sur dix, là, avec Malhorne, cela fonctionne du premier coup, quasiment des les toutes premières pages, et c’est comme cela jusqu'à la fin !

Car indéniablement, si l’on accroche à l’histoire, il est du coup tout bonnement impossible de lâcher ce premier tome tant qu’on ne l’a pas achever et l’on se surprend alors à suivre les pas de Franklin Adamov et de la Fondation, partant aux quatre coins du monde, a la recherche des fameuses statues de Malhorne, essayant avec eux de comprendre qui les a sculptées et dans quel but, essayant toutes les méthodes, réfléchissant a toutes les hypothèses possibles et inimaginables avant que la solution du problème, le fameux Malhorne, s’offre a eux. Et là, le roman qui jusque la oscillait plus du coté polar scientifique bascule ouvertement dans la quête ésotérique pur et dur avec le récit de Malhorne, où plutôt les récits de ses diverses vies au fil des siècles. Et on aborde là quasiment un deuxième roman, tout aussi passionnant et si l’on comprend plus rapidement que les membres de la Fondation que tout cela est bel et bien la vérité (bah, c’est un peu le but du roman non ?), cela n’empêche pas de partager parfois leurs doutes, leurs interrogations et ce, jusqu’à que l’inévitable soit établi : Malhorne dit la vérité.

Alors tout n’est pas parfait et cela doit être souligné : le portugais d’origine que je suis a apprécier grandement qu’une courte partie de l’intrigue ait eu lieu au Portugal, cependant, il serait bon de rappeler a Jérôme Camut que Pedro Alvares Cabral n’est nullement mort au cour d’un naufrage prêt des cotes brésiliennes. Dommage de commettre une telle boulette dans un récit fortement lié a l’Histoire. Ensuite, si les premiers récits des différentes vies de Malhorne sont captivants au possible, ce n’est pas vraiment le cas pour les derniers, vite faits expédiés par un auteur peut être pressé de finir ? Et autre bémol que l’on ne peut nier : les personnages féminins dans Le trait d’union des mondes sont tout sauf inoubliables, surtout qu’il n’y en a guère, de même, les stéréotypes de certains me semblent parfois un peu trop marqués. Mais bon, ce n’est qu’un début et ces quelques défauts sont loin de nuire à la qualité intrinsèque d’un ensemble indéniablement excellant.

Bref, a mes yeux et malgré quelques petits point de détail, Le trait d’union des mondes est un excellant premier tome, captivant de bout en bout, avec un univers et une intrigue comme je les aime et qui ne donne qu’une seule et unique envie : découvrir la suite de la saga Malhorne qui, je l’espère, sera aussi bonne.

mardi 19 octobre 2010

MILLÉNIUM 2 – LA FILLE QUI RÊVAIT D’UN BIDON D’ESSENCE ET D’UNE ALLUMETTE


MILLÉNIUM 2 – LA FILLE QUI RÊVAIT D’UN BIDON D’ESSENCE ET D’UNE ALLUMETTE

Après l'enquête menée avec Mikael Blomkvist, journaliste pour la revue Millénium, Lisbeth Salander a disparu dans la nature. De retour en Suède, elle est mêlée à une histoire de meurtre d'un journaliste préparant un article sur un réseau de prostitution. Soupçonnée par la police, elle mène de son côté une enquête afin de découvrir l'identité du meurtrier, qui semble être lié à l'avocat Bjurman, qu'elle fait toujours chanter. Pendant ce temps, Mikael tente d'entrer en contact avec elle, et essaie par le fait même de découvrir l'identité du mystérieux Zala.

Celui là, on pourra dire que je l’aurais attendu longtemps, bien plus longtemps que prévu même vu que j’avais vu le premier volet il y a environ un an a quelques jours près, et que j’avais grande hâte, depuis lors, de connaître la suite des péripéties de la charismatique et parfois inquiétante Lisbeth Salander. Certes, il y a quelques mois de cela, lors de mon séjour a la Bresse, j’étais tombé sur les derniers épisodes de la série, alors diffuser sur Canal +, mais en toute franchise, non seulement, je n’avais pas tout compris, ce qui est logique vu que j’avais loupé le gros de l’histoire, mais en plus, cela m’avait légèrement frustré, amplifiant davantage mon attente. Ensuite, ce fut encore pire : Millénium 2 sortit bel et bien dans nos salles vers le mois de juillet mais, car il y a un mais et il est de taille, celles que j’ai l’habitude de fréquenter ne le diffusaient pas, a ma grande surprise et comme je n’ai pas souvent le temps d’aller au ciné, j’étais donc passé a coté de cette suite, tant attendu… jusqu'à il y a quelques jours, finalement où j’ai enfin (et je pèse mes mots) pus voir ce fameux Millénium 2 avec son nom a rallonge : La fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une allumette.

Bon, comme chacun sait, ce n’est pas l’attente qui fait la qualité d’une œuvre cinématographique, au contraire, bien souvent, l’espoir s’en retrouve déçu. Cependant, j’avoue que sur ce point, j’étais assez confiant : ayant apprécié le premier film pour ce qu’il était : l’adaptation ma fois réussie d’un bon petit polar suédois qui avait été l’un des plus gros best seller de ces dernières années, je savais par avance deux choses : Millénium 2 et 3 n’allaient pas être, comme le premier d’ailleurs, les films de la décennie, ainsi, il était inutile de placer la barre trop haut ; de même, vu que l’on retrouvait les mêmes acteurs, réalisateurs etc. que l’univers était connu, que l’on savait que les adaptations seraient fidèles, plus que d’attendre monts et merveilles, mon seul souhait était juste de connaître le fin mot de l’histoire, c’est tout. Car comme je l’avais dit lors de ma critique du premier volet de la saga, et cela a son importance, je n’ai, jusqu’au jour d’aujourd’hui, jamais lu les livres. C’était donc en parfait novice que j’avais vu Millénium premier du nom, c’est en tant que novice, toujours, que je vis le deuxième épisode… Mon seul intérêt, et je me répète étant de savoir ce qu’il allait advenir des protagonistes. Un peu comme une… série.

Voilà, le mot est lâché et quelque part, voilà le problème principal qui se pose : Millénium 2 (et le 3, ne l’oublions pas celui là) est il un film que l’on a coupé en plusieurs parties pour en faire une série ou bien est ce la série que l’on a regroupée pour en faire un film ? Les deux, plus surement, de toute façon, dans le cas présent, c’est la même chose. En fait, quelque part, on sent presque l’arnaque : que l’on fasse, des deux romans, deux films ou une série, cela n’avait guère d’importance, mais que l’on fasse les deux, cela ressemble plus a de la surexploitation d’une franchise qui marche vu que visiblement, l’un des deux médias est inutile ; ainsi, l’on peut parfaitement se contenter des films, ou bien, de la série, l’on ne manquera rien… puisque de toute façon, a bien y regarder, c’est la même chose. Mais bon, nous vivons une époque où tous les moyens sont bons pour se faire un maximum d’argent et à ce petit jeu là, nos amis et voisins suédois nous ont montré qu’ils n’étaient pas plus bêtes que d’autres.

Mais je parle, je parle et je n’ai toujours pas abordé la question la plus importante : qu’en est il de ce Millénium 2 – La fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une allumette ? Et bien, même si je n’ai pas put le voir en VO a mon grand regret (ca change beaucoup de choses en fait), j’ai retrouvé avec plaisir les péripéties de Lisbeth Salander dont on en apprend énormément sur le passé, du journaliste Mikael Blomkvist, de son journal, le fameux Millénium, ainsi que quelques nouveaux personnages. D’ailleurs, l’intérêt principal du film (ou de la série ?) tourne autour de la petite gothique déjantée et des révélations sur son passée, sa famille et pourquoi elle se retrouve mêlée a une affaire de meurtre. A l’issu du film, on en sait beaucoup plus, mais pas encore tout (la suite, c’est dans le 3 les amis !) et là, une fois de plus, on ne peut s’empêcher de se dire que tout cela ressemble bigrement à une série : première saison (ou film), on fait connaissance avec les protagonistes ; deuxième saison, révélations sur le passée de Lisbeth ; troisième saison, celle-ci aux mains des autorités (je n’en dis pas plus, après tout, il faut que j’en laisse pour la critique du troisième film), que va-t-il lui arriver etc. jusqu'à la conclusion finale. Alors, je sais que dit comme cela, tout ceci n’a pas l’air franchement engageant a première vue, et pourtant, ca marche, on se prend au jeu, on attend la suite avec impatience tant l’intrigue est prenante et tant l’envie de connaître le fin mot de l’histoire est forte.

Alors oui, pour moi, et à défaut d’être un grand film, ce Millénium 2 m’aura plu, en particulier pour ses protagonistes et pour son ambiance, comme ce fut le cas de son prédécesseur (même si j’ai préféré l’intrigue du premier film) et comme ce sera le cas a coup sur pour sa suite. Maintenant, j’y j’avais lu les romans, peut être que mon jugement aurait été différent, du moins, j’aurais put faire des comparaisons entre les deux versions, là, je m’en tiendrais a celle que je connais, c'est-à-dire, le film. Et là, curieusement, depuis que je l’ai vu, une drôle de petite constatation me trotte dans la tête : la même histoire dans un film américain se déroulant aux Etats-Unis avec des acteurs américains m’aurait probablement laissé froid alors que là, ca fonctionne… probablement le petit coté « exotique » suédois auquel l’on est peut habituer avec des noms, des lieux etc. qui sonnent différemment a nos oreilles et auquel l’on est peux habituer. Mais cela ne peut m’empêcher de me laisser songeur…

dimanche 17 octobre 2010

Les Collections De L'histoire Hors-série N° 18 : Hitler, Le Nazisme et les Allemands


Il n’y a pas que dans les gares que l’on occupe son temps à lire des revues, il y a aussi… les toilettes. Et oui, vous savez la terrible vérité, je fais partie de ces millions de personnes qui lisent aux WC. Bah oui, c’est un passe temps comme un autre, et puis, entre ca et fixer stupidement le mur, mon choix est fait depuis longtemps. Tout cela pour vous dire qu’il y a deux semaines environ, en fouillant dans mon bazar au garage, j’ai retrouvé un vieux numéro des Collections de l’histoire, datant de 2003 (comme le temps passe vite) et qui avait pour titre : Hitler. Le nazisme et les Allemands. Même si, depuis tants d’années, au grès des diverses publications, des ouvrages consacrés au sujet, des reportages etc. on a l’impression de tout savoir sur cette sombre période de l’Histoire récente de l’humanité, je dois tout de même mettre au crédit de ce numéro spécial (qui d’ailleurs, fut un record de vente avec 42 000 numéros vendus en kiosque lors de sa parution, comme quoi, certains sujets attirent toujours le client) qu’il se démarque largement de ce que l’on a l’habitude de trouver d’habitude de part les thèmes abordés et le sérieux de ceux-ci, mais aussi par la clarté et l’approfondissement des différents articles. Certes, cela ne vaut pas un essai sur Hitler ou le nazisme mais en toute sincérité, si vous avez l’occasion de vous le procurer (j’ai vérifié, sur le net, c’est possible) malgré son ancienneté (sept ans déjà) et si, bien évidement, la période vous intéresse, n’hésitez pas un instant, il ne vous décevra pas :

Les Collections De L'histoire Hors-série N° 18, Hitler, Le Nazisme et les Allemands
Les Collections De L'histoire
– janvier/mars 2003

Table des matières:

I. LA PRISE DU POUVOIR

- L'irrésistible ascension d'Adolf Hitler (Serge Berstein)
(Le 30 janvier 1933, le président de la République allemande appelle Adolf Hitler à la chancellerie. Comment cet ex-caporal autrichien a-t-il pu ainsi accéder aux marches du pouvoir ? Une implacable stratégie autant que les erreurs de ses adversaires ont permis à Hitler d'effectuer une telle ascension, et d'imposer le totalitarisme national-socialiste)

- Hitler: Portrait privé (Édouard Husson)
(Qui était Adolf Hitler ? Pourquoi ce marginal velléitaire est-il entré en politique ? Que sait-on de sa vie privée ? Au-delà des préjugés, des erreurs, des fantasmes, et à la lumière de 50 années de recherches, le portrait du plus grand criminel de l'histoire de l'humanité)
- Les biographies d’Hitler
(Ce n'est que tardivement, dans les années 1980, que les historiens ont entrepris de reconstituer la biographie de Hitler)
- Hitler était-il fou ? L'analyse des psychiatres
- « Le monstre se mit à fasciner... »
(Sebastian Haffner décrit Hitler en 1930. Un personnage hideux, vulgaire et inquiétant, dont le pouvoir de fascination s'exerçait déjà)

II. AU COEUR DU IIIe REICH
(Comment fonctionne la dictature nazie ? Par le règne de la terreur, par l'embrigadement de millions d'Allemands dans le parti et ses organisations satellites, et par une gigantesque œuvre de propagande, avec à sa tête une poignée d'hommes rivalisant pour interpréter au mieux la volonté du Führer)

- Le Führer, un dictateur absolu ? (Philippe Burrin)
(Singulier IIIe Reich ! Les analyses les plus contradictoires peuvent en être données. Pour les uns, Hitler a été un dictateur absolu, décidé à réaliser méthodiquement son programme: élimination des Juifs, conquête de l'espace vital, etc. Pour les autres, le nazisme ne peut se résumer à une seule personne, car le IIIe Reich est une véritable jungle institutionnelle... Reste que Hitler fut bien le responsable des grandes orientations qui donnèrent sa figure historique au nazisme)
- Portrait des hommes d’Hitler
- Document: « Mein Kampf », une vision du monde
(L'idéologie d’Hitler se trouve déjà présente dans cet ouvrage publié en 1924)

- La SS: « L'ordre noir » (Marlis G. Steinert)
(La SS demeure le symbole du totalitarisme nazi. Elle devient, dès 1933, l'instrument clé du système de répression et de terreur du IIIe Reich et le gardien de son idéologie. De la police à la production économique, en passant par la gestion des camps de concentration, peu de secteurs de la société allemande échappent à son emprise)

- Berlin rentre dans le rang (Pierre Ayçoberry)
(Dès le printemps 1933, Berlin, ville phare de la culture, des artistes et du non-conformisme, est mise au pas par les nazis, qui rêvent pour elle de régénération et de projets grandioses, avec l'assentiment mitigé de la population)

- Le Grand Capital a-t-il soutenu Hitler ? (Henry Rousso)
(Le grand capital allemand n'apporta pas son soutien à l'avènement du nazisme. En revanche, après 1933, il est indiscutable qu'industriels et financiers surent s'accommoder du régime pour en tirer un profit maximal, jusqu'à renoncer à une part de leur liberté d'action. Reste que, dès 1937, des tensions apparurent, et qu'à partir de 1943 les grandes entreprises allemandes adoptèrent des stratégies de survie, anticipant l'effondrement du IIIe Reich)
- Bertelsmann, fournisseur de la Wehrmacht
(Le géant des médias Bertelsmann doit une partie de son essor aux profits réalisés sous le IIIe Reich)

- Le génie de la propagande (Henri Burgelin)
(Une gigantesque œuvre de propagande fut au cœur du nazisme. Explique-t-elle son succès auprès des Allemands ? A-t-elle trompé les contemporains sur la nature du régime ? A-t-elle réussi à souder le peuple à son Führer ?)

III. LES ALLEMANDS ET LE NAZISME
(Chef charismatique, orateur accompli, Hitler a fasciné les Allemands. Mais dans quelle mesure ont-ils adhéré à ses projets criminels ? Quelle est leur responsabilité dans les meurtres de masse perpétrés par le IIIe Reich ?)

- « L'Allemagne rêvait d'un grand homme » (Ian Kershaw)
(Culte du chef, grands-messes ritualisées: le charisme d’Hitler tient moins à sa personne qu'à la position exceptionnelle qu'il occupa. Dans un contexte de crise, le dynamisme extraordinaire d'une propagande totale fit de ce tribun de brasserie le héros d'une Allemagne à la recherche d'un rédempteur. Les explications d’Ian Kershaw, auteur d'une remarquable biographie d’Hitler)

- Les Allemands étaient-ils tous nazis ? (Philippe Burrin)
(Qui étaient ces Allemands entraînés par Hitler ? Réponse habituelle: les « classes moyennes », les chômeurs, les marginaux et autres déclassés. Philippe Burrin s'inscrit en faux contre cette idée trop simple. Le parti nazi n'était pas seulement ce « parti des classes moyennes » que l'on a souvent décrit, mais une formation politique composite, qui recrutait ses partisans dans tous les milieux)

- Le IIIe Reich a-t-il tenu ses promesses sociales ? (Hans Mommsen)
(Hitler avait promis aux Allemands une amélioration de leur niveau de vie, une société plus juste et plus humaine, « la force par la joie ». Il n'en fut rien. Sans l'exploitation des prisonniers, internés et déportés venus de toute l'Europe pendant la guerre, les Allemands n'auraient pas pu survivre)

- Bilan d'une œuvre de destruction (Jean-Pierre Azéma)
(La guerre accélère brutalement le processus d'élimination des « ennemis » du nazisme: les résistants et les opposants politiques, les « asociaux », les malades mentaux et les handicapés, les Slaves, les Juifs et les Tsiganes. Voici l'effroyable bilan de cette œuvre de destruction)

- Ceux qui résistèrent... (François Bédarida)
(Les premiers camps de concentration ont été créés pour y enfermer les adversaires allemands du régime. La gauche, puis les Églises et les élites, notamment celles de l'armée, ont essayé, à leur manière, de résister. Une série d'attentats ont été tentés contre Hitler, dont le plus célèbre reste celui du 20 juillet 1944. Sur quelles forces cependant pouvait s'appuyer cette résistance ?)

- « Solution finale »: Qui est responsable ? (Édouard Husson)
(Qui est responsable de l'extermination des Juifs ? Hitler seul ? Ses plus proches collaborateurs ? Le peuple allemand tout entier ? Depuis les années 1950, les historiens n'ont cessé d'en discuter)

Pour la science n° 396 : L'homme a-t-il failli disparaître ?


En ces temps où vous avez de fortes chances de passer énormément de temps a attendre l’arrivée d’ un éventuel train dans une gare, et plutôt que de faire comme la majeure partie des usagers qui ont le nez plongé dans le 20 Minutes, L’Équipe, Femme Actuelle ou Le Parisien du jours, je vous invite plutôt a jeter un œil attentif au numéro d’octobre de la revue Pour la science, que je n’achètes qu’occasionnellement mais qui ce mois ci, du moins, pour les amateurs du genre, mérite amplement le détour et les six euros vingt qu’il faudra débourser pour se la procurer (et après, je me demande pourquoi je n’ai pas beaucoup d’argent), surtout pour son sujet principal et qui est à la une de la revue : L'homme a-t-il failli disparaître ? Malgré le coté un peu racoleur du titre, le contenu est assez intéressant pour les amateurs, de même que le reste de la revue, mais il me semble judicieux de prévenir les amoureux inconditionnels du catastrophisme de tout poil, ici, il n’en sera pas fait état, bien au contraire… quoi que, la réalité est souvent bien plus fascinante que la fiction.

Quoi qu’il en soit, voila le contenu de la revue :

Pour la science
N° 396 – octobre 2010

L'homme a-t-il failli disparaître ?
Chassé par le froid, il a survécu sur les côtes d'Afrique du Sud.

Nous sommes sept milliards sur Terre. Comment imaginer qu'un jour, l'humanité a failli disparaître ? Pourtant, notre ADN indique que cela a failli se produire il y a moins de 200 000 ans. Nous proposons ici un scénario expliquant comment nos ancêtres auraient survécu : ils se seraient réfugiés à l'extrémité de l'Afrique du Sud, parce qu'ils y auraient trouvé des conditions favorables à leur survie…

Également dans ce numéro :

Les esclaves des tombes néolithiques
La toundra, la taïga et le réchauffement climatique
Exoplanètes : certaines seraient aussi accueillantes que la Terre.
Le bisphénol A : quels risques pour la santé ?
Les lasers aléatoires : L'effet laser avec...juste de la poudre !
Sondage international : Faites-vous confiance à la science ?

Bref, un régal pour les amateurs et les amoureux de la science, même s’il faut bien souvent s’accrocher si l’on n’est pas un spécialiste, ce qui parfois mon cas avec cette revue.

samedi 16 octobre 2010

KELTOS : LA GRANDE QUÊTE


KELTOS : LA GRANDE QUÊTE

En 279 avant notre ère, 50 000 Celtes traversent la Grèce, écrasent une armée grecque aux Thermopyles et mettent le siège devant Delphes, la ville sacrée, le nombril du monde. D'où venaient-ils ? Qui les commandait ? Pour quelle raison avaient-ils choisi d'entamer cette expédition contre les descendants d'Alexandre le Grand ? C'est cette histoire que nous allons vous raconter. Une menace mortelle pour Ys et tous les clans celtes. Le prince Ursus a eu la révélation de sa quête; afin d'y faire face il doit se rendre maître des trois attributs de la royauté: le chaudron de Dagda, qui contient une nourriture infinie et guérit toutes les blessures, la lance de Lug, qui ne rate jamais sa cible, et l'épée de Nuada, aux coups de laquelle nul ne survit... Après avoir obtenu l'épée foudre, le prince Ursus poursuit sa quête à la recherche des deux autres attributs qui doivent le sacrer roi des Celtes. Accompagné du Corbeau des batailles, il récupère sur l'île blanche la lance de Lug. Reste à s'emparer du dernier attribut : la coupe depuis longtemps disparue... Ursus apprendra qu'elle se trouve à Delphes dans le sanctuaire le plus sacré des Grecs.

Décidément, cette rentrée est plutôt fournie en sorties de BDs, et cela n’est qu’un début, jusqu’à la fin de l’année au moins, il va falloir que je jongle entre les diverses publications et que je serre la ceinture sur certaines de mes dépenses afin de pouvoir me procurer sans peine toutes les suites des séries que je suis depuis plus ou moins longtemps. Arrêter de fumer serait une excellente initiative, d’abord pour ma santé mais également pour être sur de ne pas avoir de problèmes devant ce raz de marrée de bande dessinées qui me tombe dessus. Mais bon, on verra bien. D’ici là, et en attendant le reste, intéressons nous au deuxième tome de l’énième série des infatigables Jean Pierre Pécau et Igor Kordey, Keltos.

Paru en début d’année, Le corbeau des batailles m’avait enchanté de par l’univers et l’époque abordé, les celtes, a l’époque grecque, et plus précisément la méconnue razzia effectuée par ceux-ci sur Delphes en 279 av JC et l’autre bataille des Thermopyles, mais aussi, Pécau oblige, de part les liens évidant de par les noms des protagonistes avec les légendes Arthuriennes, avec un décalage de mille ans qui aura put faire sauter au plafond les puristes mais qui, de mon point de vu, ne m’aura pas gêner plus que cela : dans une œuvre de fiction, il y a « fiction », et cette évidence ne saute pas forcement aux yeux de tout le monde ; si les auteurs on fait remonter le mythe Arthurien a une époque aussi reculée, autant prendre la chose comme ce qu’elle est : un divertissement avant tout. Et puis, accessoirement, cela vaut mieux que de se taper pour la millième fois les chevaliers de la table ronde, Merlin et Excalibur en plein moyen âge hollywoodien, ce qui, historiquement, est bien plus une hérésie, mais bon… Ceci étant dit, qu’en est-il de ce deuxième tome ? Voilà la question qui nous préoccupe aujourd’hui.

Si dans Le corbeau des batailles, nous faisions connaissance avec l’univers et les divers protagonistes de la série, dans La grande quête, le lecteur, en territoire connu désormais, s’attend le plus naturellement du monde à ce que l’intrigue suive son cour et se développe. Ayant laissé, a l’issu du premier volume, les personnages principaux de la saga devant la quête des trois objets sacrés de leur peuples, afin qu’Ursus, le fameux « Roi perdu », puisse prendre la tête des siens face a la menace des envahisseurs Cimbres, ce deuxième tome débute de la meilleure des manières par les souvenirs du fameux Corbeau des batailles, ancien mercenaire ayant servis Carthage dans ses guerres contre les hellènes et le lecteur, ravi d’en savoir plus sur le passé de ce personnage charismatique sera confronté a la violence de l’époque, bien servie par un Kordey au sommet de son art, et apprendra également pourquoi ce personnage est maudit, et aussi, qui le poursuit. Et c’est là l’un des grands tournants dans ce cycle, l’entrée de plein pied dans le surnaturel. Si dans le premier volume de Keltos, celui-ci était esquissé, c’était plus dans le sens folklorique qu’autre chose, après tout, rien ne laissait présager la suite : les druides n’avaient rien de franchement exceptionnels, ressemblants plus a des charlatans qu’autre chose, et les allusions a la magie et aux légendes ne laissaient en rien présager que celles-ci étaient réelles ; de même, ces fameux trois objets sacrés n’avaient, a priori, rien de magique. Or la, tout s’accélère est l’on ne peut plus nier la réalité des faits : déjà, et c’en est même inattendu, des Dieux marchent parmi les hommes, mais pas des divinités omniscientes comme dans l’Ancien Testament, mais bel et bien des Dieux dits primordiaux, plus « humains » dans leur comportement tels des divinités grecques ; sauf que dans le cas présent, celles-ci sont celtes pour la plupart (mais bon, vu que selon les divers peuples de l’antiquité, les Dieux n’étaient que des variantes locales des mêmes archétypes primordiaux, l’on pourrait presque dire que, a part les noms, c’est presque du pareil au même dans de nombreux cas). Ensuite, la magie n’est pas si irréel que cela : si dans le premier tome de Keltos, or quelques visions et rêves, celle-ci ressemblait plus a du charlatanisme qu’a autre chose, là, il serait difficile au lecteur de ne pas se convaincre de son existence. Bref, Pécau et Kordey nous on contacter une bonne petite BD où se mêlent, pour notre plus grand plaisir, mythes, divinités et civilisation celtes et grecs (intéressant par ailleurs d’opposer ces deux civilisations vu que l’on a plus l’habitude de voir les celtes face aux romains, c'est-à-dire à une époque plus récente de l’Histoire), matinée de légendes a consonances Arthuriennes, mais où des personnages du nom de Jason (pour les connaisseurs) et ou une cité état comme Carthage est présente nous présente un formidable panorama des civilisations méditerranéennes antiques.

Ainsi donc, La grande quête est dans la droite ligne de son prédécesseur et les lecteurs qui auront apprécié le premier volume de la saga seront une fois de plus ravis de retrouver un univers et des protagonistes qui valent amplement le détour ; Jean Pierre Pécau, même s’il a ses défauts et que bien souvent, a tendance a trop en faire, n’en reste pas néanmoins un excellant scénariste qui a le don de captiver ses lecteurs, quant a Igor Kordey, franchement, il m’épates d’albums en albums et celui-ci est une véritable petite merveille ; il aura fallu le temps pour que l’ancien illustrateur des X Men arrive a maturité, mais depuis, ce n’est que du bonheur. Franchement, pour moi, Kordey est l’un de mes dessinateurs préférés à l’heure actuelle. Bref, vous l’avez compris, La grande quête, deuxième tome de Keltos, sans être non plus exceptionnel, il ne faut pas exagérer non plus, vient confirmer tout le bien que je pensais de cette sympathique et intéressante énième série du duo magique de L’Histoire secrète, Pécau et Kordey, une série a l’univers original, avec des personnages qui n’ont pas encore livrés tous leurs secrets et leurs potentiel et dont j’ai hâte de connaître la suite, bien évidement. Espérons juste qu’elle soit a la hauteur de mes espérances.

mardi 12 octobre 2010

BLOCK 109


BLOCK 109

Le 22 mars 1941, Adolf Hitler est assassiné. L'Histoire vient de basculer. Goering, Hess et de nombreux dignitaires du parti sont éliminés dans la foulée. Himmler devient chancelier et crée, deux ans plus tard, le Nouvel Ordre Teutonique pour contrer l'influence des SS. Juin 44, la première bombe atomique allemande est opérationnelle. Juin 45, l'opération « Nuit Noire » déclenche le feu nucléaire sur la Grande-Bretagne et les Etats-Unis. Le IIIème Reich n'a plus d'adversaire à l'Ouest. A l'Est par contre, la situation se complique. Les soviétiques se rapprochent sans que les nazis puissent tirer avantage de leurs nouvelles armes par crainte des retombées radioactives. La Wehrmacht, exsangue, manque de recrues. Le Grand Conseil autorise bientôt l'incorporation des sujets non allemands puis des femmes, sans que cela soit suffisant. En 1953, après la mort d'Himmler et alors que le tout puissant Hochmeister Zytek est à la tête du Reich, les savants allemands font une découverte inattendue. Alors qu'ils cherchaient à mettre au point le sérum du super-soldat, appelé le « Sang des Dieux », leurs recherches ont en fait permis d'élaborer un virus redoutable qui transforme n'importe quel être en monstre violent, incontrôlable et... cannibale. Zytek souhaite utiliser cette arme virale à grande échelle. Mais son véritable projet est encore plus terrifiant et pourrait causer la fin du monde. Entre les partisans de diverses factions se joue maintenant l'ultime bataille qui mettra fin aux horreurs nazies ou accouchera de la plus terrible.

Dans le petit monde de l’Uchronie, genre de plus en plus développé au fil des ans et qui a depuis longtemps, par le biais d’œuvres majeures, conquis ses galons de noblesse ainsi qu’un public fidèle et toujours enthousiaste, il est incontestable que la seconde guerre mondiale est l’époque la plus utilisée, et ce, de loin. A cela j’ajoute bien évidement la fameuse question : « et si les nazis avaient gagné la guerre ? ». Bref, rien de neuf sous le soleil, on connaît l’histoire depuis le célèbre Maitre du haut château. Cependant, l’un des risques majeurs, lorsqu’un thème est trop souvent utilisée, et dans ce cas précis, on pourrait sans peine ajouter qu’il l’est trop, c’est qu’à force, naisse une certaine lassitude devant un tel manque d’originalité de la part des divers auteurs, toujours prêts a nous narrer pour la énième fois la victoire du Reich sur les alliés (peu importe de quel façon, là n’est pas le problème) plutôt que de s’intéresser a d’autres époques, d’autres lieux, d’autres peuples, ce qui est d’ailleurs dommageable puisque dans le fond, avec l’Uchronie, tout est possible ou presque et il y aurait vraiment de quoi faire. Mais bon, régulièrement, hop, on a droit donc a une nouvelle mouture sur la seconde guerre mondiale (et la première alors ?), ce qui, j’en conviens, est tout sauf original. Pourtant, a la décharge de ces mêmes auteurs, avouons tout de même que ce conflit, ses protagonistes, les forces en présence justifient bien souvent un tel engouement ; de plus, le public est demandeur, c’est un fait. Alors, l’on pourra toujours râler devant de telles non prises de risques évidentes, voire même boycotter celles-ci, pour ne retenir que le meilleur, mais quoi qu’il en soit, et même si en découvrant la couverture et le synopsis de ce Block 109, les plus blasés d’entre vous se diront « oh non, encore eux ! », je vous demanderais de mettre vos idées reçues de coté une petite minute car incontestablement, cette fois ci, cela vaut vraiment le coup.

Je découvris Block 109, la BD mais aussi tout l’univers qui gravite autour (car ce n’est pas finis, loin de là, il y a tout un tas de préquelles de prévues a cet univers), il y a quelques semaines, par le plus grand des hasards, comme quoi, trainer sur le net lorsque l’on s’ennuie, cela a parfois du bon (et dans mon cas, du très bon même). Immédiatement, je me la suis procurer même si, faute de temps devant ce gros pavé de 100 pages (pour une BD, c’est peu commun par les jours qui courent), j’attendis quelques temps avant de me plonger dedans, chose faite finalement aujourd’hui (merci la grève). Et sincèrement, le résultat aura été a la hauteur de mes espérances comme je vais tacher de vous l’expliquer ci-dessous.

Hitler, mort, Himmler le remplace avant de perdre la vie à son tour ; le nouveau dirigeant suprême du Reich est un parfait inconnu, un certain Zytek. L’occident ? Ravagé par le feu nucléaire que maitrise l’Allemagne, l’Afrique servant de réservoir à celle-ci, l’Amérique Latine et l’Asie étant a feu et a sang, reste l’URSS en conflit avec les nazis depuis 1944. Sauf que cette fois ci, ceux-ci ont beaucoup de mal (où l’Uchronie rejoint un peu la réalité) et qu’au bout de huit ans, le Hochmeister Zytek envisage l’utilisation contre les slaves d’armes bactériologiques plutôt radicales qui feraient passer le virus Ebola pour la simple grippe porcine. Voici donc le synopsis de départ, plutôt accrocheur j’en conviens et qui m’a convaincu immédiatement pour l’achat de cette œuvre, car malgré ce que j’ai put écrire en préambule de ma critique sur le manque d’originalité de bien des œuvres uchroniques, j’ai énormément de mal a dire non a un récit se déroulant pendant le second conflit mondial. Cependant, tout en étant enthousiasme, je m’étais dit que je n’allais pas placer la barre trop haute, que je risquais d’être déçu etc. A ce moment là, c’était compréhensible, je ne m’attendais pas a ce qu’était véritablement ce Block 109, et d’ailleurs, même si je m’étais amuser à réfléchir à toutes les hypothèses possible et inimaginables, je pense que je n’aurais jamais trouvé (au pire, j’aurais eu des soupçons, et encore). Car les deux auteurs, parfaitement inconnus au bataillon à mes yeux ont sut créer une œuvre tout simplement magistrale tant par le fond que par la forme, une œuvre où le lecteur s’attend a la base a suivre les pérégrinations de quelques soldats allemands aux prises avec ces fameux infectés dans des scènes dignes parfois d’Alien ou de Resident Evil (surtout celui la d’ailleurs) tout en se demandant bien qui pouvait être ce mystérieux Zytek et quels sont ses buts alors qu’en fait, le véritable intérêt de cette bande dessinée est tout autre : déjà, tout tourne autour du nouveau maitre du Reich (qui est il, pourquoi agit il ainsi etc.) et de ses objectifs, bien moins évidant que l’on pourrait le croire a première vue, ensuite, il ne faut pas négliger les autres dirigeants nazis, des plus connus aux plus obscurs et des diverses lutes de pouvoir en cour, d’ailleurs, il est particulièrement jouissif de les voir déambuler, au milieu de protagonistes crées pour l’occasion, avec leurs travers, souvent poussés a leur paroxysme et de les voir se faire dégommer par des auteurs qui s’en donnent a cœur joie. Du coup, les personnages que l’on croyait être les « héros » au départ, les quelques soldats du front russe, ont une importance moindre que celle supposé, tout en étant présents du début à la fin du récit. Récit soit dit en passant que l’on lit, pour ne pas dire « dévore » d’une traite, et ce, malgré ces deux cent pages, en particulier a partir du milieu, où le scénario et les véritables motivations de chacun commencent à se faire jour et qu’il devient tout simplement impossible, sauf cas de force majeure, de stopper la lecture avant l’ultime page. Bien évidement, le style graphique n’est pas en reste pour magnifier le tout, et ce, malgré le fait que celui-ci pourra en rebuter quelques uns de part sa simplicité affichée, tout en crayonnés : l’ensemble, dynamique à souhait est d’ailleurs plutôt avare en couleur dans lesquels le sépia domine largement, une petite étoile rouge par ci, une croix gammée par la, du sang, quelques flammes, encore du sang, quelques pages colorées pour les souvenirs de Zytek et hop, encore du… sang, bien évidement. Personnellement, j’ai bien aimé le style même si j’ai parfaitement conscience que celui-ci ne fera probablement pas l’unanimité parmi ceux qui ne jurent que par des graphismes plus conventionnels. Mais ce qui fait également la force de cette BD, c’est qu’en partant d’un postulat de départ pas franchement original, les auteurs, de part leurs divers talents et leurs soucis du détail, ont su créer un univers diablement cohérent et suffisamment surprenant pour le lecteur qui ne pourra qu’être surpris par le dernier tiers du récit ; certes, l’ultra violence règne et n’est nullement occultée, mais de grandes questions digne d’une épreuve de phylo du bac comme « l’espèce humaine mérite t’elle d’être sauvée » ou bien « jusqu'à quelle extrémité doit on aller pour ses convictions, aussi louables soient elles a la base » donnent plus a y réfléchir que l’on aurait put le croire en découvrant la couverture et les premières pages de cette bande dessinée.

Block 109 est incontestablement l’une des œuvres majeures de cette année 2010, une excellente surprise qui sort un peu des sentiers battus tout en utilisant des thèmes et des lieux maintes fois abordés. Indéniablement, tout amateur de bande dessinée se doit de la lire, sous peine de passer a coté d’un petit bijou comme on n’en voit que trop rarement. Certes, les dessins et la violence en rebuteront certains mais malgré ces faits, il est évidant que cette œuvre est bien plus profonde que l’on pourrait le croire a première vue et qu’il serait dommage de passer a coté pour cela. Désormais, je serais curieux de voir ce que donnera les diverses préquelles, donc une est déjà parue d’ailleurs tout en espérant que la qualité soit toujours au rendez vous… quoi que, je suis très perplexe quand au fait de faire aussi bien que l’œuvre originale. A voir donc…

LA RAFLE


LA RAFLE

1942. Joseph a onze ans. Et ce matin de juin, il doit aller à l'école, une étoile Jaune cousue sur sa poitrine... Il reçoit les encouragements d'un voisin brocanteur. Les railleries d'une boulangère. Entre bienveillance et mépris, Jo, ses copains juifs comme lui, leurs familles, apprennent la vie dans un Paris occupé, sur la Butte Montmartre, où ils ont trouvé refuge. Du moins le croient-ils, jusqu'à ce matin de 16 juillet 1942, ou leur fragile bonheur bascule... Du Vélodrome d'Hiver, où 13 000 raflés sont entassés, au camp de Beaune-la-Rolande, de Vichy à la terrasse du Berghof, La Rafle suit les destins réels des victimes et des bourreaux. De ceux qui ont orchestré. De ceux qui ont eu confiance. De ceux qui ont fui. De ceux qui se sont opposés. Tous les personnages du film ont existé. Tous les évènements, même les plus extrêmes, ont eu lieu cet été 1942.

« Je me méfie de toute personne qui ne pleure pas en voyant le film, Il lui manque un gène : celui de la compassion (…) On pleure pendant La Rafle parce que… on ne peut que pleurer. Sauf si on est un « enfant gâté » de l’époque, sauf si on se délecte du cynisme au cinéma, sauf si on considère que les émotions humaines sont une abomination ou une faiblesse. C’est du reste ce que pensait Hitler : que les émotions sont de la sensiblerie. Il est intéressant de voir que ces pisse-froid rejoignent Hitler en esprit, non ? En tout cas, s’il y a une guerre, je n’aimerais pas être dans la même tranchée que ceux qui trouvent qu’il y a « trop » d’émotion dans La Rafle ».
Ainsi donc, je suis un Nazi !? A quelques jours de mon trente-sixième anniversaire, j’aurais donc appris la terrible vérité. Bigre, je ne m’en serais jamais douté pourtant ? Voyez donc un épileptique (faut-il rappelez ce que la doctrine nazi réservait à ceux-ci ?), mariée à une juive ashkénaze, avec trois enfants a moitiés juifs donc, et dont certains membres de la famille, originaire d’Europe de l’est (Hongrie, Roumanie, Pologne) connurent les camps de concentration, s’avère donc être un Nazi ! Et, accessoirement, ma femme aussi par-dessus le marché. Vous voyez l’absurdité de la chose ? Oui, bien évidement, mais selon Roselyne Bosch, la réalisatrice de La rafle, cela nous empêche pas d’être des nazis ! On croirait rêver et pourtant, ce n’est pas le cas. Mais au fait, pourquoi une telle affirmation, pour ne pas dire une telle accusation ? Tout simplement parce que ni moi, ni ma femme, n’avons pleuré a l’issu de ce film ! Ubuesque ? Ridicule ? Oui, c’est le cas et sincèrement, au vu des propos de cette dame, qui a sur le coup perdu une belle occasion de se taire, il m’était impossible de ne pas débuter la critique de La rafle par ce coup de gueule. Surtout que son œuvre, est loin, très loin de mériter que l’on verse la moindre larme dessus.

Tout cela n’est pas une question de sensibilité, loin de là ; je n’ai pas honte de vous avouer (et vu les films dont je vous ai parler sur ce blog au fil des ans, les plus anciens l’auront probablement remarquer) qu’il peut m’arriver de verser une petite larme, ou d’être ému par un film ; attention, je ne suis pas non plus un sentimentaliste qui s’en va pleurnicher devant tout et n’importe quoi, cela m’est déjà arriver, oui, je l’admet sans honte, mais cela est rarissime. Mais pour en revenir a La rafle, et ben non, ce ne fut pas le cas. Et arriver a ce moment précis, je ne peux m’empêcher de faire la comparaison avec La liste de Schindler : que l’on aime ou pas ce film, mettre les deux œuvres cotes a cotes, c’est un peu comme comparer Dieu avec un ver de terre, bref, ce n’est pas la même catégorie. Mais dans le long métrage de Spielberg, il y a toujours une scène, malgré le nombre de fois où j’ai put le voir, où, à défaut de m’écrouler en pleurs, je suis suffisamment ému pour verser une petite larme, celle où Oskar Schindler regrette de ne pas avoir put sauver plus de juifs. Mais comme je l’ai dit plus haut, il y a des choses qui ne sont pas comparables, et là, malgré tout le cirque fait autour de La rafle, il faut bien avouer que celui-ci ne tient absolument pas la comparaison.

Déjà, histoire de renvoyer tout de suite Roselyne Bosch dans les cordes, a aucun moment du film, et malgré la gravité du sujet abordé, mais aussi sa véracité, je n’ai été ému où n’ai ressenti de l’empathie pour les protagonistes, même si on annonce des le départ que ceux-ci ont bel et bien existé. Et déjà, c’est un gros problème selon moi : un film comme La rafle était nécessaire, comme il est indispensable également de ne pas occulter une partie de l’histoire de France, celle qui collabora, celle qui fut antisémite, celle qui alla jusqu'à étonner Hitler de part son enthousiasme à se débarrasser de ce quelle considéra comme des « indésirables », mais si un reportage sur le sujet m’aurai vivement intéresser, et même ému, ce ne fut pas le cas, mais alors pas du tout dans le cas présent, et ce, tout simplement parce que La rafle n’est pas un bon film.

Le cinéma, ce n’est pas uniquement prendre un sujet fort qui a lui seul fera la publicité du film, des acteurs connus et ensuite, espérer que la sauce prenne comme par magie, puis, devant les critiques, justifiées, se prendre pour je ne sais qui et s’en aller traiter les spectateurs de nazis. Non, le cinéma, c’est autre chose que cela : un bon sujet ne fait pas forcement un bon scénario, des acteurs connus ne sont pas nécessaires, surtout quand ceux-ci sont loin, très loin d’être inspirés, et puis, il est toujours bon d’éviter de partir dans tous les sens, d’aller nous montrer des scènes qui ne servent a rien l’ensemble, et si, pour finir, on peut éviter un petit happy end miraculeux et peu crédible, ce n’est pas plus mal. Or, dans La rafle, tous ces défauts sont présents, et déjà qu’a la base, on n’était pas émus pour un sous (ce n’est pas faute d’avoir essayé, mais non), on en vient, assez rapidement, a ne plus noter que tous les défauts d’une œuvre décidément pas vernie, comme on peut le voir ci-dessous :

Si je ne suis pas contre l’intervention de personnages historiques et si celle de Pétain et de Laval se justifiait, mais qu’est-il donc passer dans la tête de la réalisatrice pour nous avoir sortit un Hitler plus proche d’un film comique que d’autre chose ; tenez, sa première apparition est un must du jeu d’acteur raté : en le voyant discourir devant un micro, ma première réaction fut de rigoler (un comble), puis, je me suis dit que cela devait être un personnage de théâtre, un imitateur, et ce, jusqu’à que je m’aperçoive que non, c’était bel et bien Adolf, qui au passage, s’envoie un petit shoot de je ne sais quoi comme un vulgaire junkie de bas étage ! Et le plus marrant, ou le pire, c’est que ma femme a eu la même réaction que moi, croyant que c’était un faux. Bah non, c’était sensé être le vrai, sauf que l’on n’y croit pas une seule seconde… et par charité chrétienne, on passera sur Himmler, encore pire… Mais non seulement, Adolf n’est pas crédible pour un sou, mais par dessus le marché, à quoi servent donc ces multiples apparitions ? Franchement, a rien vu que scénaristiquement, elles n’apportent rien a l’intrigue, et comme en plus, Chaplin dans Le Dictateur faisait plus peur que cet Hitler de carnaval, cela en devient tout bonnement risible… et on s’étonne ensuite que l’on ait du mal à verser une larme ?

Mais ce n’est pas tout, il y a aussi le problème des têtes d’affiche, et là, c’est encore pire ! Bon, à la base, je n’aime pas du tout Jean Reno, ce qui fait que c’était bien mal barré. Sauf que, agréable surprise, celui-ci est plus sobre que d’habitude, ce qui aurait put être un excellent point sauf que, malheureusement, sa sobriété est telle que celui-ci a l’air de dormir a chacune de ses apparitions et que, une fois de plus, a force de trop en faire, et ben, on n’y croit toujours pas. Mais il y a pire, car on trouve toujours pire, Gad Elmaleh ! Franchement, qu’il retourne a son registre de comique (enfin, encore faut-il aimer) car là, c’est une catastrophe ambulante : visiblement, celui-ci a dut trop regarder Roberto Benigni dans La vie est belle, sauf que, problème majeur, n’est pas Benigni qui veut et là, le père Elmaleh nous montre qu’il en est a des années lumières, et son personnage se retrouve du coup creux, pas très crédible, pour ne pas dire chiant. Bref, une catastrophe auquel il faut ajouté le reste, c'est-à-dire, une Mélanie Laurent qui surjoue au possible et des enfants pas émouvants du tout qui en deviennent même parfois agaçant… Mais toutes ces performances visiblement peu réussies sont elle dut aux talents des comédiens ou d’un scénario et d’une réalisation franchement ratée ? Vaste débat, un peu des deux, un peu beaucoup trop même mais n’accusons pas les acteurs d’aberrations dont ils ne sont pas responsables comme la scène où un enfant, dans le wagon perd son doudou qui tombe sur les rails et qui est retrouver miraculeusement, dans la scène suivante, comme si de rien n’était, en plein milieu du quai de la gare !!! Mais je suis mesquin (en plus d’être un nazi, souvenons nous), le doudou a dut ramper jusque là…

Alors oui, pour moi, La rafle est une catastrophe : scénario très loin d’être touchant (pourtant, avec un tel sujet, l’exploit, c’est qu’il ne le soit pas), acteurs peu concernés ou qui en font des tonnes, un Hitler inutile et plus proche de Papy fait de la résistance que de La liste de Schindler, raccourcis facile, personnages stéréotypés pour la plupart, quelques pompages sur d’autres œuvres, plus réussies elles, plus le coup du doudou voyageur (ne l’oublions pas celui la !) et celui de l’happy end absurde, coup de poignard final qui vient enfoncer encore davantage le clou. Oui madame Bosch (On évitera les jeux de mots), vous pouvez traiter de nazis tous ceux qui n’ont pas pleuré en regardant votre film, mais pour cela, encore aurait il fallu le réussir, ce qui, selon moi, fut très loin d’être le cas. Pourtant, c’est dommage car le sujet, important et trop longtemps occulté dans notre histoire mérite que l’on s’y attarde (j’espère que le film Elle s'appelait Sarah qui sort demain sera d’un autre calibre). Mais après tout, pour cela, heureusement que l’on a Arte !

dimanche 10 octobre 2010

ASH : ANGUIS SEDUCTOR HOMINUM


ASH : ANGUIS SEDUCTOR HOMINUM

En 1850, l'alchimiste Faust est parvenu au terme d'un long périple entre la Bohème et la Silésie, à savoir le cimetière de Karkonosze. En ces lieux sinistres, il met à jour le sanctuaire souterrain portant l'inscription Anguis seductor hominum et renfermant le sarcophage d'une jeune fille, Ash, dont le cœur bat encore. Après l'avoir ramenée à Prague, il la pousse à lui délivrer tous ses secrets dont le plus grand est celui de la vie éternelle. Mais malheureusement pour le scientifique, celle-ci ne peut abonder dans son sens car, contre toute attente, elle se révèle amnésique. Qui est-elle réellement ? Est-il vrai qu'elle est âgée de 400 ans et qu'elle est crainte par l'Eglise ? Tant de questions auxquelles elle va devoir trouver une réponse ! Mais pour cela, elle va être obligée de faire faux bond à son tortionnaire.

On ne peut pas toujours avoir raison, l’erreur est humaine, on peut se tromper… oui, franchement, tels sont mes impressions a l’issu de la lecture du premier volet du dytique Ash aux éditions Soleil. Personnellement, je fonctionne beaucoup au feeling et mes premières impressions, pour ne pas dire mes coups de cœur tombent souvent juste, cependant, cela ne marche pas à tous les coups, et en toute sincérité, et sans tourner trop longtemps autour du pot, je me suis bien planté cette fois ci. Bon, a ma décharge, je dois reconnaître que le fait de m’être procurer cette BD sur le net n’est pas étranger a cela ; si j’avais eu l’occasion d’en feuilleter ne serais ce que quelques pages dans une librairie, jamais, et j’insiste lourdement la dessus, jamais je ne l’aurais acheté. Tout bonnement parce que j’en aurais vu le contenu, le dessin et que j’aurais pris la poudre d’escampette, et ce, malgré un synopsis de départ qui avait suffisamment éveillé ma curiosité en découvrant cette BD. Le problème, c’est que le net peut être trompeur : déjà, et cela peut avoir son importance, on n’a pas le produit entre les mains, et Dieu sait que sur ce coup, cela m’a été fatal, ensuite, j’ai un peu trop fait confiance aux divers avis trouvés ici et la sur quelques sites spécialisés, ce qui n’est pas trop mon genre en temps normal, mais comme dirait l’autre, l’erreur est humaine. Le problème, c’est qu’a plus de 13 euros, cela commence a faire un peu cher pour une erreur, surtout qu’en cette rentrée, il y a tout un tas de BDs qui sortent, entre nouveautés, suites a tout un tas de séries en cour (dont certaines que j’attendais depuis des lustres), comment j’ai put être capable de claquer 13 euros sur cette chose, au lieu de les réserver pour une autre BD qui elle, ne m’aurait pas déçu comme ce Ash vient de me faire.

Oui, l’idée de départ joua pour beaucoup dans mon choix : cette histoire de mystérieuse jeune femme apparemment immortelle retrouvée dans un cimetière, le tout mâtiné d’une ambiance très dix neuvième siècle où se mêlaient le gothique et le Steampunk avait décidément tous les atouts pour me plaire, cela, je ne le nie pas. De plus, la couverture avait tout de suite attirée mon regard et je la trouvais (enfin, je la trouve toujours) superbe, de part ses couleurs en particulier. Hélas, mille fois hélas, pourquoi, en lisant les divers avis d’internautes, n’ais-je pas tilter sur le fait que le style manga risquait de me rebuter fortement ? Je ne peux même pas dire que j’ai été pris en traitre, non, je savais où je mettais les pieds, mais bon, probablement me suis-je laisser entrainer par mon impression de départ, un synopsis qui m’avait emballé et surtout, l’une de mes maximes préférées : l’important dans une BD, ce ne sont pas la beauté de ses dessins mais la qualité de son scénario. Cela est vrais, je ne le nie pas (même si avoir les deux au top, ce n’est pas négligeable, bien au contraire), le problème, c’est qu’au final, je me retrouve avec d’un coté, des dessins qui ne m’ont pas le moins du monde plu, et d’un autre, un scénario médiocre au possible. D’où, vous comprenez pourquoi, une immense déception de ma part.

Ash dont le premier volume du dytique est intitulé Anguis seductor hominum, malgré de bonnes idées de départ, est donc porteur, selon moi, de tout un tas de défauts hautement rédhibitoires qui font que je ne lui trouve aucunes circonstances atténuantes quant à sa qualité finale. Tout d’abord, le style manga qui aurait put passer ne fonctionne absolument pas ici : trop de grandes cases, où l’on a droit aux visages des protagonistes en gros plan, cela fait un peu léger selon moi, de plus, quand l’artiste daigne donner un corps a ces multiples têtes, c’est parfois ratée, ce qui est un comble. Quant aux décors, j’aurais peut être dut compter le nombre de fois où on en voit tellement ils sont rares, et encore, inutile de se leurrer, ceux-ci sont très souvent réduits a leur plus stricte minimum : une croix par ci, un chandelier par la, un meuble vite fait mal fait, un bout de rideau, décidément, même dans les mangas traditionnels, le lecteur est souvent plus gâté que dans le cas présent.

Ensuite, le scénario est vraiment navrant quant on y regarde de plus près : si les protagonistes sont loin d’être franchement charismatiques (déjà que le style de la dessinatrice fait que l’on ne fait guère de différences entre des ados et des personnages plus âgés, un exemple, le moine du début, visiblement la cinquantaine à en croire le texte et qui en parait… vingt !), ils sont tous par-dessus le marché stéréotypés au possible, entre Faust, savant fou comme on n’en fait plus depuis les vieux films de la Hammer, qui se la joue beau gosse ténébreux avec son cœur artificiel, la petite bande de voleurs sortis visiblement d’un roman de Charles Dickens et qui se sont retrouvés par hasard ici, le pensionnat de jeunes filles de bonne famille qui a de faux airs de Princesse Sarah (bigre, même Mlle Mangin est de la partie !!! Qui l’eu crut !), la cuisinière qui entretient une relation, forcement, avec le… euh, en fait je ne sais même pas a quoi il servait en fait le type a part s’envoyer en l’air avec tout ce qui porte une robe, et Ash, la fameuse mystérieuse jeune femme apparemment immortelle, qui cacherait un lourd secret, celle qui aurait put relever le niveau de tout ca et qui commence par jouer les pleurnicheuses amnésiques avant de rentrer dans le rôle de Sarah dans Princesse Sarah (argh !) puis qui se met a avoir des visions de mort pour ses proches avant que l’on n’apprenne qu’elle serait… non, pas de spoiler mes amis, non pas pour ne pas vous gâcher le suspens mais plus parce que la révélation finale est tellement ridicule qu’il vaut mieux en faire abstraction…

Vous l’aurez compris, je ne conseillerais a personne, mais vraiment à personne, la lecture (et encore moins l’achat, ne soyez pas fou comme moi, a moins d’avoir de l’argent à jeter par les fenêtres) de ce Ash : Anguis seductor hominum. Après, cela reste mon opinion et je n’oblige personne à la suivre, surtout que, au vu de toutes les critiques positives quant à cette BD, mon avis est complètement a contre courant. Mais bon, sincèrement, quand je pense a toutes les sorties de ces dernières semaines et de celles à venir, je ne peux m’empêcher de me dire que j’airais été plus avisé de réserver mon argent pour autre chose !

LES BEAUX GOSSES


LES BEAUX GOSSES

Hervé, 14 ans, est un ado moyen. Débordé par ses pulsions, ingrat physiquement et moyennement malin, il vit seul avec sa mère. Au collège, il s'en sort à peu près, entourer par ses bons copains. Sortir avec une fille, voilà qui mobilise toute sa pensée. Hélas, dans ce domaine, il accumule râteau sur râteau, sans toutefois se démonter. Un jour, sans très bien comprendre comment, il se retrouve dans la situation de plaire à Aurore, l'une des plus jolies filles de sa classe. Malgré des avances de plus en plus évidentes, Hervé, un peu nigaud, ne se rend compte de rien. Quand enfin il en prend conscience, Aurore refuse de sortir avec lui. Puis, sans prévenir, elle se jette dans ses bras. Enfin, il sort avec une fille ! Grand amateur de branlettes et de films X, Camel, son meilleur ami, convainc Hervé d'essayer de coucher avec sa copine. Devant son copain, Hervé se vante de sa virilité, mais quand il est avec Aurore, c'est une autre affaire...

Oh la, la… mais comment écrire une critique de ce truc ? Sincèrement, depuis hier soir, je me prends la tête la dessus, ne sachant même pas comment faire. Bon, certes, c’est un film, cela serait difficile à nier (même si le format téléfilm n’aurait rien changé à la chose) mais bon, cela ne m’aide pas plus que ca. Un chef d’œuvre, ne plaisantons pas les amis, un bon film, même pas, un mauvais alors, et bien non, ce n’est pas le cas non plus… alors, un film moyen ? Bah, disons que le terme ne convient pas après visionnage de la chose. Mais bon, alors, c’est quoi c’est fameux Beaux gosses ? Dans le bon comme dans le mauvais, cette œuvre (j’ai tout de même beaucoup de mal a utiliser le terme) ne bouleversera pas la face du monde ; bon, la dessus, je pense que nous sommes tous d’accord, et encore, après tout, il n’est pas le seul dans ce cas : c’est ainsi pour la plupart des longs métrages. Sauf que régulièrement, on peut y trouver des défauts ou des qualités, dire ce que l’on a aimé, détester etc. Avec Les beaux gosses, c’est plus difficile : le spectateur se retrouve devant un film certes sympathique, il va rigoler, je ne peux le nier et sur ce point, je me suis bien éclater hier soir, mais après, bah, c’est tout… Ou peut être que non.

Les beaux gosses peut être sans peine être qualifier de film comique où l’on suit les déboires d’adolescents boutonneux, mal dans leur peau et en émoi devant de vieux catalogues de la Redoute datant de 1986. Déjà, pour l’originalité, on repassera, mais en disant cela, je ne dénigre absolument pas le film, disons juste que le sujet a déjà été maintes fois aborder et le sera encore dans l’avenir. Mais, car il y a un mais, cela fonctionne, et là, je peux trouver une réussite incontestable a cette … hum, comment dire, œuvre (vous voyez, finalement, je trouve un point positif a la chose !). Malgré un scénario sans surprise, voir parfois bancal (surtout la fin), des situations archivues et revues, des personnages sans génie, stéréotypés au possible, il y a un petit quelque chose qui fait que l’on accroche malgré tout au film et que, une fois le générique de fin passé, on se surprend, a repenser a telle scène avec un petit sourire où se bouscules quelques vieux souvenirs. Car la grande force des Beaux gosses, justement, c’est que ces adolescents boutonneux, mal dans leur peaux et obsédés, un jour, lointain pour certains, encore proche pour d’autres, et ben, c’était nous, vous, moi, bref, tout le monde ! Et ca, je peux vous assurez que même si l’on s’efforce d’oublier certaines choses de notre vie passée, que l’on se plait à croire que l’on était des braves petits tombeurs a l’aise avec les filles, des caïds qui nous nous moquions des têtes a claque sans l’être nous-mêmes, bref, malgré les sacrés beaux bobards que l’on s’est inventé par la suite et que l’on a raconter aux autres, ainsi qu’a soit même au fil des années, on a tous, un peu ou beaucoup, de ces Beaux gosses en nous.

Alors oui, là, les personnages ont toutes les tares possibles et inimaginables et je ne vais pas non plus m’autoflagélé en affirmant que je les avais toutes, mais tout de même, pourrais-je en nier certaines ? Non, cela serait vous mentir a vous tous, ainsi qu’a moi-même. Alors certes, j’échappe heureusement au coup de la chaussette, quant aux boutons, j’ai eu de la chance pendant mon adolescence, ceux-ci m’ont curieusement laissé tranquille ce qui fut un bon point… par contre, partant avec un avantage certain quant a mon physique, mon coté mal à l’aise et mon habitude de répondre a coté de la plaque ou de ne pas voir les bons signes firent que je fus longtemps le « fameux bon copain » de la gente féminine, vous savez, le super garçon a qui l’on se confie mais avec qui on ne sort pas (ouais, super !). Alors oui, je me suis un petit peu reconnu parfois hier soir, ou certaines scènes m’ont fait penser à de vieux copains, ainsi que certaines situations cocasses. Bref, tout un programme…

Les beaux gosses ne laisseront certes pas un souvenir impérissable dans l’histoire du septième art, mais en toute franchise, il semble évidant qu’à la base, il n’a pas été produit pour cela. Certes, l’on pourrait souligner ses faiblesses criantes comme le scénario faiblard par exemple ou ces personnages stéréotypés au possible mais peu importe, ce qui compte après coup, c’est que ce film est tout de même plutôt marrant, et que, surtout, viens nous rappeler a quel point l’on pouvait être parfois d’une stupidité sans nom lors de notre adolescence, même si avec du recul, on en rigole… hum, j’ai hâte de voir mes deux « beaux gosses » de garçons dans quelques années… je crois que je vais bien me marrer…

samedi 9 octobre 2010

FINAL FANTASY


FINAL FANTASY

Foulant des terres désolées, un audacieux guerrier élu des cieux eut le pouvoir de rétablir l'équilibre d'un monde en péril. Son cristal logé dans le creux de la main, il brandit son épée sur la menace venue des ténèbres et enraya le purgatoire à l'aide de la bienfaisante lumière. Mais cette lueur salvatrice n'aura raison de son rival qu'une fois la puissance des quatre cristaux rétablis... Celui du feu, qui anime l'essence de la vie et du confort. Celui du vent, porteur de l'essence de la mobilité et de l'animation. Celui de l'eau, baignant le monde de sa pureté infinie. Et celui de la terre, support de toute vie. Ainsi la légende naquit...

Tout d’abord, un peu d’histoire :

1986. Au Japon, une petite entreprise de programmation de jeux vidéo du nom de Squaresoft enchaîne échec sur échec. Chacun de ses jeux vidéo réalise des ventes trop limitées et l'entreprise est conduite au dépôt de bilan. Mais la création d'un ultime jeu, destiné à porter le dernier espoir de Square à travers l'industrie grandissante du jeu vidéo, va littéralement changer la donne. Final Fantasy, à comprendre par -l'ultime fantaisie- sortit l'année suivante. Pour tout fan de la série Final Fantasy qui se respecte, il faut avoir connaissance de la date de sortie de ce premier épisode qui constitue pour nous la racine la plus profonde liée à notre passion : le 19 décembre 1987.

Final Fantasy fut mis au point par cinq développeurs, à l'époque les seuls programmeurs qui constituaient l'effectif total de Squaresoft. Hironobu Sakaguchi (direction), Nobuo Uematsu (musique), Nasir Gebelli (programmation), Kenji Terada (scénario) et Yoshitaka Amano (design). Parmi ces cinq là, il faut en retenir au moins un : Hironobu Sakuguchi, car il est à l'origine du projet. Autrement dit, il est le père de la saga que l'on connaît tous aujourd'hui. En s'inspirant de la série à l'époque rivale de FF, Dragon Quest, Sakaguchi a imaginé un jeu centré sur le thème de l'Heroic-Fantasy et régi en priorité par l'histoire et non pas par l'action. On se souviendra de lui une phrase (ou plutôt deux) qui résume aussi bien la situation de l'époque que l'évolution de la série à l'heure actuelle : « Je ne pense pas être de ceux qui savent faire de bon jeux d'action. Je préfère raconter une histoire... ».
http://www.ffdream.com/ff1.html

J’ai tenu à débuter la critique de ce tout premier Final Fantasy par un peu d’histoire quant aux origines de cette saga connue depuis des années dans le monde entier, ce qui était loin d’être gagné au départ. Comme beaucoup de personnes, en particulier en Europe, j’ai découvert ce RPG mythique par le biais du septième épisode, le tout premier à avoir eu les honneurs d’une adaptation dans nos vertes contrées, sur la mythique, forcement, Playstation première du nom. Ce fut alors le début d’une longue histoire d’amour, qui me mena au fil des années, vers les huitièmes et neuvièmes épisodes, toujours sur la PSone, mais aussi, a me procurer FFVI, FFV (celui-là jamais finis) et FFIV en version US, le mythique FF Tactics, un peu a part dans la série, ainsi que tout un tas d’autres RPG, de Squaresoft mais aussi d’autres compagnies… j’y réfléchissait l’autre jour justement et entre la fin des années 90 et le début des années 2000, j’ai dut en faire près d’une vingtaines environ. Puis, vint la PS2, un Final Fantasy X qui m’horripila, tant par les protagonistes que pour l’histoire en général, et un abandon progressif du genre, ainsi que, il faut bien l’avouer, un manque de temps flagrant au fil des années qui fit qu’il m’étais impossible de me replonger pendant près de cent heures dans un RPG comme au bon vieux temps.

Pour moi, il me semblait évidant que je ne jouerais jamais aux trois premiers FF, épisodes mythiques sortis dans les années 80 sur NES. Ainsi, quelle ne fut pas ma surprise quant début aout de cette année, je me suis aperçu que le tout premier épisode était disponible sur mon téléphone (moyennement finance car rien n’est gratuit en ce bas monde, mais bon, qu’est ce que cinq euros environ face au plaisir de la découverte de l’épisode initial de la saga ? Bien peu de choses). Forcement, je sautais sur l’occasion et c’est donc ainsi que j’ai put, une douzaine d’années après FFVII, jouer enfin au tout premier Final Fantasy. Ou plutôt, a une version plus « moderne », la technologie ayant forcement fait d’immenses progrès depuis 1987.

Bon, disons le tout de suite : l’intérêt de ce tout premier FF tient plus du coté historique que véritablement videoludique a proprement parler. Si d’un point de vue graphique, c’est plutôt correct (enfin, si l’on accepte le fait que l’on n’est pas aux commandes d’une PS3 ou d’une XBOX 360) et étant habitué aux RPG « old school », le coté rétro ne m’a pas trop déranger. Par contre, il ne faut pas se leurrer, les amateurs de scénarios tortueux et captivants au possible pourront passer leur chemin car ici, on est à des années lumières de ce que Squaresoft nous habituera par la suite puisque le synopsis tient sur un timbre poste : quatre guerriers, sortis d’on ne sait ou débarquent et tout le monde les reconnaient comme étant les fameux « guerriers de lumière » dont, soupir, parlent les légendes. A eux ensuite de partir, je cite, « rétablir l’éclat des cristaux », en parcourant d’innombrables donjons, en affrontant des créatures moins diverses qu’a l’accoutumer (mais plus proches du modèle Heroic Fantasy que dans les épisodes ultérieurs), vaincre les quatre démons (feu, terre, eau et vent) avant de remonter le temps 2000 ans dans le passé et vaincre le grand méchant pas beau. Bon, et en plus, on ne comprend pas tout quant aux tenants et aboutissements de la chose, ce qui, quelque part, est un peu le comble devant un scénario aussi creux. Quant on compare avec Final Fantasy IV, tout juste sorti quatre ans plus tard, dont la complexité du scénario et le charisme des protagonistes sont à des années lumières de ce premier opus, on ne peut que constater l’évolution parcourue en si peu de temps, mais il est évidant que ce n’est surement pas pour son scénario, basique au possible, ses personnages, charismatiques comme des huitres et certaines répliques d’une niaiserie confondante que l’on se lancera dans ce premier Final Fantasy.

Cependant, malgré tout cela, je dois reconnaître que j’y aie pris du plaisir. Certes, nous ne sommes pas là devant un équivalant de Final Fantasy VI qui reste encore pour beaucoup le must de la saga, mais quant même : sans ce premier épisode, qui, comme le dit la légende, sauva la compagnie de la faillite, nous serions tout de même passer a coté de tant de bonnes choses, de tellement de grands moments inoubliables pour la plupart, sans ce premier FF, où l’on retrouve déjà bon nombre des éléments a venir, quid de tout une partie de l’histoire des jeux vidéos ? Alors, pour le coté historique de la chose, passer à coté serait dommage, même si je reconnais qu’il faut accepter le coté vieillot, l’absence de scénario etc. Et puis, le support sur lequel j’ai joué a peut être fortement influencé mon intérêt, mais aussi ma volonté d’aller jusqu’au bout : il est en effet plus facile de jouer a un tel jeu sur son téléphone, ce qui est bien pratique dans les transports, aux toilettes (si, si, je ne plaisante pas), au boulot, quand il n’y a rien a faire ( un grand merci a Final Fantasy premier du nom pour m’avoir aider a tenir au cour de ce long, très long mois d’aout), dans le jardin, quand je vais fumer une clope etc. Cela aurait été une toute autre histoire sur console, pour sur, et je ne l’aurais probablement jamais fini. Quoi qu’il en soit, pendant deux mois, ce premier FF m’aura accompagné et même s’il ne restera pas dans les annales des réussites videoludiques, son coté historique indéniable (le premier d’une longue, très longue saga) et mon gout personnel pour les RPG « old school » m’en aura laissé, a défaut d’être exceptionnel, néanmoins un bon souvenir.

dimanche 3 octobre 2010

LA LUNE ET LE ROI SOLEIL


LA LUNE ET LE ROI SOLEIL

En 1693, le père jésuite Yves de La Croix, féru de philosophie naturelle et de science moderne, explorateur au service du Roi Louis XIV, ramène à Versailles un couple de créatures marines capturées dans les mers sauvages du Nouveau Monde. Aidé de sa jeune sœur qui, loin des intrigues de la cour, se voue à l'étude des sciences naturelles, protégé par le Roi qui espère découvrir le secret de l'immortalité, il cherche à percer les mystères du chant de ces sirènes vivantes. Mais revendiquer l'intelligence de la créature est un grave défi à l'obscurantisme chrétien. Il s'agit alors, pour Yves et sa sœur, de défendre l'impensable, le merveilleux et la difformité, en deux mots la liberté et la tolérance, au nom de la fondation de l'esprit scientifique naturaliste. Conte tragique où vérité historique et rêves mythologiques se côtoient, où le merveilleux le dispute à l'exactitude des sources, une belle Uchronie, lauréate du prestigieux Prix Nébula en 1998.

Il n’est jamais évidant avant de le lire, de savoir ce que va donner un roman. Dit ainsi, cela semble être d’une telle évidence que c’en est presque superflu de l’écrire, pourtant, l’on peut presque diviser les livres, mais cela pourrait être valable pour n’importe quelle œuvre en plusieurs catégories : il y a tout d’abord les valeurs surs, connues de toutes et de tous et que l’on aborde avec une certaine confiance ; alors certes, ce n’est pas pour cela que celles-ci nous plairont, mais au moins, on s’en où on met les pieds. Ensuite, il y a les œuvres sur lesquelles, pour x raisons, on place moult espoirs, dont en attends monts et merveilles et qui, finalement, ne répondent pas tout le temps à nos attentes. A l’opposé, les bonnes surprises : on en attendait pas grand-chose et puis finalement, on ressort éblouis, tant par la qualité générale de l’œuvre que par le sentiment de surprise que l’on n’attendait pas. Bref, on ne commence pas toujours la lecture d’un nouveau roman de la même façon, ce qui est normal : avec Fondation, je savais où je mettais les pieds, avec La Lune et le Roi Soleil, c’était une tout autre histoire ; entre un monument de la SF ultra connu et reconnu depuis des décennies et un obscur roman d’une non moins obscur écrivain, Vonda McIntyre, qui dans sa profession, est surtout reconnue pour ses romans sur Star Trek (non, ce n’est pas une blague), il y a bien entendu plus qu’un monde. Pourtant, je dois reconnaître que cela faisait une bonne petite poignée de mois que j’avais noter sur mes tablettes ce fameux La Lune et le Roi Soleil et que ce fut donc avec un enthousiasme certain que je me lançais dans les premières pages.

Bon, pour cela, forcement, il fallait que je sois attiré par quelque chose de concret, et dans le cas présent, le synopsis portait en lui suffisamment d’éléments propres à éveiller mon intérêt. Tout d’abord, le mot Uchronie, accolé à l’œuvre même si, comme je m’en doutais au départ, celui-ci ne se justifiait nullement. Ensuite, l’époque et le lieu, la fin du dix septième siècle, à Versailles, sous Louis XIV, le fameux Roi Soleil. Rien que pour cela, je ne pouvais ne pas lire cette Lune et le Roi Soleil pour la simple et bonne raison que dans le petit monde de la SF, il est rarissime que cette époque soit abordée : jusqu’à maintenant, et en comptant le présent ouvrage, ce n’est que la seconde fois, la première, et ceux qui suivent ce blog depuis longtemps s’en souviendront, étant la quadrilogie de L’âge de la déraison dont le premier tome se déroulait en partie à Versailles et dont les points communs, après coup, me sont apparus pour ce qui est de certains protagonistes. Restait pour finir l’idée de l’auteur d’inclure une sirène dans son intrigue et l’idée, ma fois, qui pourrait paraître saugrenue a certains, ne me déplaisait pas vraiment vu que j’étais curieux de voir ce que cela pouvait donner quand au déroulement du récit. Certes, il est bon, arrivé a ce point, de remettre un peu les pendules a l’heure : même ainsi, je n’attendais nullement monts et merveilles de ce livre, estimant avant coup que j’allais néanmoins passer de bons moments et, qui sait, avec un peu de chance, de tomber sur une bonne surprise.

Or, ce fut loin d’être le cas, au point que je peux vous avouer des maintenant que la déception fut au rendez vous. Ainsi, quelques furent les idées de départ de La Lune et le Roi Soleil, que je jugeais, et que je juge encore maintenant, tout bonnement excellentes, ou, du moins, propices a nous offrir une œuvre captivante, la mayonnaise ne prie jamais, ou plutôt, cela s’aggravait au fur et a mesure de la lecture. Tout d’abord, comme je le disais un peu plus tôt dans cette critique, ici, et malgré les promesses, aucune Uchronie n’est au rendez vous puisque aucun élément ne vient bouleverser l’Histoire dite normale pour nous faire basculer dans une histoire parallèle. A la place, nous nous retrouvons devant un récit se déroulant a la Cour de Louis XIV, ce qui n’a rien de déshonorant en soit (surtout que cela est tellement rare que cela en vaut le coup) mais qu’il y ait tromperie sur la marchandise, cela est un fait que l’on ne peut nier. Ensuite, si les protagonistes du récit sont convenables, l’on a du mal a accrocher véritablement, non pas parce qu’ils sont inintéressants (sur ce point, Lucien est une belle réussite), mais plus par le traitement qu’en fait l’auteur, tant avec les protagonistes réels que ceux qu’il a inventer : la plupart semblent ne faire partie que du décor, ne réagissent que ponctuellement au récit, et encore, de façon plutôt médiocre, ou sans rapport avec l’intrigue principale. Pourtant, j’aime bien les Uchronies et les récits historiques ou pseudo historiques justement pour le plaisir de voir évoluer des personnages connus dans une version romancée, et d’en découvrir d’autres ; mais le problème dans La Lune et le Roi Soleil, c’est que bon nombre d’entre eux sont assez fades, ou bien n’ont pas un grand intérêt comme Mademoiselle, la nièce du Roi, l’esclave de l’héroïne qui change de nom en cour de route et dont on se moque complètement de son sort voir même parfois des personnages plus importants comme le Père Yves de la Croix assez rapidement éclipsé par sa sœur, et qui ne cesse de tomber de bourdes en bourdes au point d’en devenir presque haïssable tant il en est inintéressant. Et si Louis XIV semble fidèle a lui-même, le Pape est un exemple de ratage monumental, peu crédible pour un sous. Certes, un personnage comme le Comte Lucien rattrape tout le reste (même s'il nous faut par la faute de l'auteur je ne sais combien de pages avant que l'on se rende compte qu'il s'agit d'un Nain !), mais le problème, c’est qu’il ne peut a lui tout seul quasiment, tenir sur ses frêles épaules tout l’édifice sur laquelle repose l’intrigue, et comme en plus, ce n’est pas lui le personnage principal, vous vous doutez que quelque chose ne va pas dans cette œuvre. Mais au fait, justement, quand en est il de l’héroïne, la sœur du prêtre ? Et bien, sans être méchant, disons qu’elle fait partie des personnages les plus soulants que l’on peut trouver dans la littérature en général : niaise des choses de la vie, inconsciente, toujours a pleurnicher pour sa copine la sirène, on en viendrait presque a un moment, exaspérer a un degré rarement atteint, a souhaiter que celle-ci finisse en plat principal du repas royal (la sirène, pas l’héroïne), ce qui, et je ne pense pas faire un gros spoiler, n’arrivera malheureusement pas. Dommage, car peut être qu’un fin triste aurait relevé la chose, mais même pas, on subits contraints et forcés un détestable happy end.

Car ce qui ressort finalement de cette Lune et le Roi Soleil, c’est un formidable gâchis, un roman niais selon moi, dont le potentiel de départ était excellant, mais qui c’est perdu dans des travers que je n’aurais cru trouver que dans de la littérature pour jeunes adolescents… mais bigre, peut être est ce cela le problème : étant trop vieux et encore moins une midinette de douze ans qui rêve encore du Prince charmant, ce roman n’était tout simplement pas fait pour moi ! Pourtant, quel dommage, l’idée de départ n’était pas inintéressante, comme quoi, les bonnes idées ne suffisent pas toujours…
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