vendredi 14 janvier 2011

THE IDIOT


THE IDIOT

Iggy Pop – 1977

1- Sister Midnight (Iggy Pop, Bowie, Alomar) – 4:19
2- Nightclubbing (Iggy Pop, Bowie) – 4:14
3- Funtime (Iggy Pop, Bowie) – 2:54
4- Baby (Iggy Pop, Bowie) – 3:24
5- China Girl (Iggy Pop, Bowie) – 5:08
6- Dum Dum Boys (Iggy Pop, Bowie) – 7:12
7- Tiny Girls (Iggy Pop, Bowie) – 2:59
8- Mass Production (Iggy Pop, Bowie) – 8:24

Ah, Iggy Pop, l’Iguane, toujours vaillant après toutes ces années écoulées. Pourtant, on ne peut pas vraiment dire que cela était le cas dans les années 70, bien au contraire : les Stooges aux oubliettes, il vit un temps dans la rue, enregistre un album qui sera refusé par toutes les maisons de disques de l’époque et passe un an en hôpital psychiatrique. Au même moment, un certain David Bowie qui a, depuis longtemps, tuer Ziggy, alors que le monde s’extasie pour des fadaises sans grand intérêt s’apprête à sortir, tout un tas d’albums qui vont marquer musicalement les dix années à venir et décide, une fois de plus, après la production du dernier album des Stooges quelques années plus tôt, d’aller chercher celui qu’il admire, Iggy Pop, d’abord sur la tournée Station to Station puis l’amène en Europe, où seront enregistrer, au Château d'Hérouville, Low et The Idiot, puis a Berlin pour Heroes et Lust for Life. L’homme qui, avec Brian Eno, inventa la new wave en cette fin de décennie, sera donc déterminant pour la renaissance artistique de l’Iguane, pour ne pas dire sa renaissance tout court.

Alors bien sur, les puristes stoogiens crieront au scandale en découvrant ce chef d’œuvre absolu, ce modèle d’aboutissement esthétique qu’est The Idiot, d’autres prétendront que le vampire Bowie utilisa Iggy Pop, ce qui peut paraître exagérer alors que le premier était au sommet de son art et le second, et ben, ne faisait plus grand-chose. Personnellement, pour moi, les choses sont claires depuis fort longtemps : d’Iggy Pop, je ne retiendrais que cinq albums : les trois avec les Stooges, The Idiot et Lust for Life, a quoi j’ajouterais, bien entendu, quelques chansons par ci, par la. Et dans cette sélection, certes réduite, mon préféré est incontestablement The Idiot, album qui nous préoccupe donc aujourd’hui.

Car malgré tout ce que l’on peut en penser, il est indéniable que le duo Iggy Pop/ David Bowie a réussie là un coup de maitre magistral, un disque que l’on peut qualifier sans peine de majeur et qui sera reconnu a sa juste valeur par des générations de musiciens et d’amateurs de musique. Prenant place par la force des choses dans la trilogie berlinoise de David Bowie, complément indispensable à celle-ci, The Idiot, superbe travail des deux hommes (qui, pour la petite histoire, travaillaient autant a la conception de la musique que des paroles), avec son son et son ambiance froide, lourde, oppressante, post apocalyptique par moments fait partie de ces rares albums qui ne possèdent pas de points de faibles comme on pouvait encore en trouver a l’époque : démarrant en fanfare par l’inquiétant Sister Midnight et ses jeunes garçons qui n’en ont pas finis avec le complexe d’Oedipe, l’on passe ensuite par ce classique de l’ennuie chic des années növo-diskö, cet extraordinaire titre qu’est Nightclubbing, déroulant sa mélancolie sur un riff sans fin de piano cabaret, tronçonnées par les guitares d’Alomar tandis que notre Iguane préféré chante le plaisir d’apprendre de nouvelles danses, comme « the nuclear bomb ». Personnages inquiétants et orgies dans le laboratoire miteux de Dracula dans Funtime, petites filles poursuivies dans les rues de l’Allemagne de Weimar dans Baby, histoire d’amour avec une China Girl (et oui, il n’y a pas que la version ultra connue de Bowie dans la vie, écoutez celle-ci si vous ne la connaissez pas, elle vaut son pesant d’or) tout en se rêvant en Marlon Brando et même, histoire semi autobiographique d’Iggy lui-même se racontant comme une vieille trave dans Dum Dum Boys, l’ensemble, jusqu'à Mass Production qui clôt l’album fait de The Idiot un classique du genre, un disque, si ce n’est le disque le plus abouti d’Iggy Pop (même si j’ai conscience que je vais en faire hurler plus d’un en affirmant cela) et tellement révélateur de son temps, et surtout, de la futilité et du désenchantement des années a venir. Bowie et l’Iguane partiront ensuite pour Berlin, où sera enregistrer Heroes et Lust for life, celui-ci plus divers et coloré (et accessoirement, plus facile d’accès pour les fans) mais la révolution est en marche, Ian Curtis met The Idiot sur sa platine et s’apprête a se pendre, ridiculiser voir tuer par le punk et la new wave naissante, les derniers survivants des sixties vont disparaître pour la plupart ou débuter une très longue traversée du désert, et l’homme commence a comprendre que la décennie qui arrive, les 80, ne seront pas faciles pour lui et que le rêve est bel et bien finis. Mais la musique à venir, devra beaucoup à quelques uns qui auront réalisé des albums majeurs, ici de là, sur le long terme, mais qui ne seront pas forcement bien vendus, et parmi ceux-ci, indéniablement, The Idiot y trouve toute sa place.

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