samedi 15 janvier 2011

REMAIN IN LIGHT


REMAIN IN LIGHT

Talking Heads (1980)

1 - Born Under Punches (The Heat Goes On) (Talking Heads/Brian Eno) – 5:46
2 - Crosseyed and Painless (Talking Heads/Brian Eno) – 4:45
3 - The Great Curve (Talking Heads/Brian Eno) – 6:26
4 - Once in a Lifetime (Talking Heads/Brian Eno) – 4:19
5 - Houses in Motion (Talking Heads/Brian Eno) – 4:30
6 - Seen and Not Seen (Talking Heads/Brian Eno) – 3:20
7 - Listening Wind (Talking Heads/Brian Eno) – 4:42
8 - The Overload (Talking Heads/Brian Eno) – 6:00

Quelle claque magistrale j’ai put recevoir le jour où j’ai écouté, pour la première fois, ce Remain in Light, quatrième album des Talking Heads, sortie il y a déjà trente ans et dont on ne doit pas être bien nombreux, de nos jours, a se souvenir. Car ainsi va la mémoire des hommes, les effets de mode, les styles musicaux qui changent, indéniablement, et pas forcement pour le meilleur malheureusement. Tenez, faites un petit exercice, tout simple : allez dans la rue et demandez aux premiers passants que vous croiserez s’ils connaissent les Talking Heads ; en toute franchise, a moins de tomber sur un vieux fan ou sur un jeune possédant une bonne culture musicale, vous allez faire un sacré flop. Et pourtant, quel formidable groupe, en son temps, cela fut. Novateur, sacrément doué, n’hésitant pas à mêler les genres dans un savant mélange post mondialisation dans le bon sens du terme, le tout, chapeauté d’une main de maitre par le magicien Eno. Tient, Brian Eno, l’une des figures les plus marquantes musicalement de ces dernières décennies ; faites de même, demandez autour de vous, dans vos connaissances, au travail et l’on verra si cela marchera mieux qu’avec les Talking Heads ? Sincèrement, ce n’est pas gagner…

Mais pour en revenir à nos moutons, pourquoi donc vous-ais-je parler d’une belle claque en préambule de cette critique ? Tout simplement pour la simple et bonne raison que ce Remain in Light fait tout simplement partie de ces rares disques sur lesquels tout le monde ou presque est d’accord : c’est un très grand, un truc magistral, indéniablement le summum d’un groupe qui avait pourtant jusque là mis la barre assez haut mais qui lors de ce quatrième album, va réussir a atteindre des sommets carrément himalayesques et inattendus vis-à-vis des tout débuts, bien plus punks. Car cette fois ci, le fantasque David Byrne, écossais passé par le Canada puis la cote est des Etats-Unis où il rencontra par la suite les autres membres du groupe, entraine ceux-ci, sous la houlette du maitre, Brian Eno, alors officieusement cinquième membre a part entière du groupe (ce qui faisait par ailleurs grincer quelques dents, sauf David Byrne, aux anges, tellement celui-ci pris une place importante), dans des chemins esquissés jusqu'alors et qui mêleront allègrement dans un savant mélange parfaitement réussi pop music traditionnel, percussions africaines, cuivres funkesques, musique électronique voir parfois même, rappelant au bon souvenir du Bowie minimaliste de Low, de l’ambiant et réalisant donc un album qui n’est plus depuis longtemps du punk dont était issue le groupe, pas vraiment de la new wave mais plus, hum, comment dire, une espèce de prémisse de ce que l’on appellera plus tard la world music, tout simplement.

Car avec Remain in Light, les Talking Heads, qui n’étaient plus un simple groupe de rock depuis longtemps, vont franchir de nouvelles frontières, allant toujours plus loin dans le métissage des genres, un peu comme Bowie, toujours, dans Lodger, mais avec un son énorme, des basses omniprésentes, des cuivres en veut tu en voila, des percussions qui ne sont pas la pour faire « exotique » mais qui collent terriblement bien aux morceaux, parfait symbole des prémices d’une époque qui s’apprêtait a découvrir la musique africaine, asiatique (après l’indienne dans les années 60) et leurs fabuleux artistes locaux, bien avant que, la mondialisation, mais cette fois ci, dans le mauvais sens du terme, ne vienne formater, des années plus tard, tout cela au point que de nos jours, tout le monde se sent obliger d’inclure tel élément exotique sans que cela n’apporte pas grand-chose a la chanson a proprement parler. Personnellement, j’ai toujours aimé les mélanges des genres : de George Harrison et sa Sitar sur Revolver par exemple, au No Quarter de Jimmy Page et Robert Plant avec ses musiciens arabes en passant par le Bowie hybride d’Earthling, savant mélange de rock parfois punk, jungle, techno et drum'n'bass, sans oublier les délires d’un Eno, cette fois ci, électronique, du temps de Roxy Music, je peut même affirmer que quelque part, j’ai une préférence pour le métissage que pour le rock dit traditionnel. Et dans le cas présent, avec Remain in Light, c’est le cas. Certes, de nos jours, tout cela n’a pas franchement l’air, pour quelqu’un qui découvrirai cet album en 2011, si exceptionnel que cela, pourtant, en 1980, quelle belle claque musicale que ce fut.

Vous parler de Remain in Light sans faire mention de Once in a Lifetime serait une injure, bien entendu. Ce titre, il est quasiment obliger, pour les plus âgés d’entre vous, que vous le connaissiez, et ce, même si vous ne connaissez pas les Talking Heads. Allez donc sur Youtube et regardez : ce clip totalement déjanter, cette chanson ne vous dit décidément rien ? Hum, si vous avez plus de trente ans, cela m’étonnerais. Mais le plus curieux, finalement, c’est que, en préparant cet article, je me suis rendu compte que lors de sa sortie, Once in a Lifetime ne marcha pas si bien que cela : ventes très médiocres aux USA, tout juste quatorzième en Grande Bretagne, bof, bof, et pourtant, il fit partie de ces chansons qui accompagnaient mon enfance et qui m’étaient plus que familières alors. Mais bon, quelque part, il faut bien reconnaître que les Talking Heads, s’ils avaient leur petit noyau de fidèles, ne furent jamais un énorme groupe a succès, un peu comme Bowie avant Let’s Dance (vous croyez que la trilogie berlinoise se vendit a des millions et des millions d’exemplaires ?) voir, cas extrême, le Velvet Underground, mais eux, ils sont hors concourt.

Bien évidement, Remain in Light, ce n’est pas qu’Once in a Lifetime, et les autres titres de l’album, que cela soit Born Under Punches (The Heat Goes On) avec ses guitares africaines, The Great Curve que j’adore, ou The Overload et son final pré-atomique, par exemple, sont tout aussi bons. D’ailleurs, il n’y a pas de point faible dans cet album, parfait de bout en bout sauf, petite exception mais de taille selon moi et que je ne peut pas passer sous silence : sa pochette ! Non, mille fois non, je ne peux pas, c’est trop pour moi. J’ai beau être coulant, laisser passé pas mal de choses, mais cette pochette avec les photos des membres du groupe numériquement modifiés et colorées misérablement en rouge, franchement, je ne trouve pas cela terrible. Mais bon, au vu du contenu, tout bonnement exceptionnel, je le rappelle, je saurais en passer outre.

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