mardi 31 mai 2011

THE ROYAL DOLL ORCHESTRA - II


THE ROYAL DOLL ORCHESTRA - II

Le monde est en pleine déliquescence, une épidémie frappe la population et transforme les gens en zombies qui attaquent sauvagement le reste de la population ! Menée par Rutile, une bande de baladins parcourt le monde, tentant de réaliser des miracles grâce à leur musique… Mais cela a-t-il encore un sens ? Alors qu’il fait route vers un nouveau hameau, l’orchestre de Rutile est intercepté par un groupe de personnes disposant également d’un pouvoir. Il s’agit du véritable Orchestre Royal, Rutile ayant déserté la cour plusieurs années auparavant. Ils viennent le chercher pour le ramener à la capitale car après les événements qui ont secoué le village de Toussaint, Rutile doit rendre des comptes à la Reine en personne…

Nous voila déjà au deuxième volume de la nouvelle création de Kaori Yuki, The Royal Doll Orchestra dont je vous aie parlé du premier tome il y a un peu plus d’une semaine. Bien évidement, et ceux qui auraient lu ma précédente critique le savent déjà, j’avais été assez enthousiasmé par cette nouvelle œuvre de la créatrice de ce qui restera a jamais comme étant l’un de mes mangas préférés, Angel Sanctuary, et la lecture de premier volume m’avait conforter sur ce que je pensais des indéniables talents de dame Kaori Yuki ; ainsi, tant par ses scénarios tordus au possible, ses personnages ambigus et tourmentés et ses dessins, souvent superbes, a la fois simples et compliqués, a la fois dépouillés et fourmillant de détails, ce fut donc avec un plaisir non dissimulé que je retrouvais cet auteur, plusieurs années après l’avoir quitter. Et ce premier volume de The Royal Doll Orchestra, malgré un scénario pour le moins curieux – dans un territoire plus ou moins indéterminé, même si inspiré de la France du XVIIème siècle, un virus frappe la population transformant celle-ci en marionnettes, les fameuses poupées du titre – et quelques protagonistes qui sont tout de mêmes assez stéréotypés, force est de constater que celui-ci m’avait grandement plu et j’avais hâte de découvrir la suite.

Et bien, je ne vais pas tourner plus longtemps autour du pot et encore moins m’attarder inutilement puisque tout ce que j’ai put dire, en bien comme en mal (même si je n’ai pas dit énormément de choses de négatifs lors de ma première critique) pour le tome un de The Royal Doll Orchestra est parfaitement valable pour cette suite. Et après tout, est ce vraiment une surprise ? Franchement, non. Surtout pour ce qui est des mangas. Les habitués ne me contrediront pas, les albums tels quels que l’on est habituer à lire dans nos vertes contrées ne sont que des assemblages d’histoires parues, au Japon, de façon hebdomadaire ou mensuelle, ainsi, avant qu’elles ne soient regroupées en un certain nombre de tomes, suivant l’importance de l’œuvre. Forcement, dès lors, les différences entre albums sont minimes et si, sur de longues sagas, il peut avoir évolution graphique entre les premiers volumes et les derniers, c’est plus rare dans les œuvres plus courtes, comme c’est le cas avec The Royal Doll Orchestra. Du coup, que dire de plus, que pourrais-je ajouter à la critique de ce deuxième volume qui ne serait pas une réédite ? Que parfois, dans certaines planches, le style de Kaori Yuki fait un peu fouillis et que l’on a du mal a tout comprendre – accessoirement, c’était déjà le cas avec Angel Sanctuary – effectivement, c’est le cas et d’ailleurs, c’est la le seul point faible graphique que je pourrais souligner vis-à-vis d’un auteur que j’apprécie ; mais vu que dans l’ensemble, c’est tout de même souvent magnifique (quand on aime le style), on passera facilement sur ce défaut mineur. Reste alors bien évidement l’intrigue en elle-même, qui elle, bien évidement, évolue et là, il y a déjà de quoi dire : si dans le premier volume, Miss Kaori Yuki installait son univers et ses protagonistes, force est de constater que celle-ci n’avait pas entièrement finie cette mise en place. En effet, des le premier chapitre intitulé Sa majestée la Reine et son fou (toujours diviser en deux parties), de nouveaux personnages font leur apparition, la Reine – forcement – mais aussi le cousin de celle-ci qui s’avère être également celui de Rutile ; et oui, notre mystérieux chanteur androgyne s’avère être le frère de la Reine. Ainsi, ce premier chapitre de ce deuxième tome a son importance puisque l’on en apprend un peu plus sur Rutile, sur sa famille et son passé, forcement pas très clair. Et si, comme on s’en doute, cela a son importance pour l’ensemble de l’œuvre, curieusement, je l’ai trouvé légèrement inférieur a ce que j’avais lu jusqu'à maintenant ; non pas que cela soit rater en soit mais j’ai moins accroché, pourtant, une telle révélation avait son importance. Heureusement, dès le chapitre suivant, Tragédie lyrique, la série repart sur les chapeaux de roues avec une enquête dans un mystérieux couvent où des nonnes sont retrouvées assassinées. Personnellement, j’ai trouvé cette deuxième partie franchement excellente, les protagonistes sont à la fois inquiétants et attachants, on se demande bien ce que cache ce couvent avec cette Mère supérieure trop souriante pour être honnête et cette sainte sœur pour le moins inquiétante ; de plus, Kaori Yuki s’en donne a cœur joie dans l’une de ses activités favoris : le travestissement de ses personnages ; entre un Rutile qui se plait décidément beaucoup en femme et la jeune Eles – personnage féminin elle – qui ne se complait qu’en garçon et se retrouve mal a l’aise en jupe, c’est un vrai plaisir que de suivre le duo dans des situations pour le moins cocasses. Mais Tragédie lyrique voit également entré en scène de nouveaux protagonistes : tout d’abord, les mystérieux membres du Sénat qui se prétendent vieux tout en ressemblant à des enfants et le pour le moins dangereux ancien pianiste de l’orchestre de Rutile, une espèce de psychopathe portant un masque de chat (non, je ne blague pas). Bref, tout serait parfait – en plus, ce tome se conclut par un magnifique et inquiétant cliffhanger – si je ne trouverais a redire quant au fait que les deux compagnons de Rutile soient si peu utilisés jusqu'à maintenant ; sincèrement, on peut se demander a quoi ils servent ?

Pour être bref, la qualité est toujours au rendez vous dans ce deuxième volume de The Royal Doll Orchestra, bien évidement, l’élément de surprise n’est plus la mais Kaori Yuki réussit encore a maintenir l’intérêt de son histoire par l’apparition de nouveaux protagonistes dont certains tout bonnement hauts en couleurs ainsi que par une histoire suffisamment captivante et pleine de rebondissements – ainsi que de très lourds secrets cachés – qui ne peut que ravir le lecteur. Bien évidement, il y a quelques défauts comme la quasi absence des fameuses marionnettes zombies et des compagnons de Rutile mais cela n’enlève rien a une œuvre, pour le moment, de fort bonne qualité.

lundi 30 mai 2011

LE CODEX DE MERLIN : CELTIKA


LE CODEX DE MERLIN : CELTIKA

Des siècles avant sa rencontre avec Arthur, Merlin voyage à travers le monde, immortel et éternellement jeune, à la recherche du savoir. Il se lie d'amitié avec le héros grec Jason et l'accompagne dans sa quête de la Toison d'or. Une décision qui lui coûtera cher... Quelques centaines d'années plus tard, Merlin entend parler d'un navire perdu dans un lac gelé du Nord et d'où jaillit une longue plainte. Il découvre qu'il s'agit de l'Argo, le vaisseau de Jason, où gît l'âme du héros pleurant ses fils volés par l'enchanteresse Médée. Merlin décide de retrouver les fils de Jason. C'est ainsi qu'il aborde pour la première fois l'île qui deviendra l'Angleterre. Un roman mêlant la mythologie grecque et l'univers médiéval fantastique, où le célèbre Merlin traverse les siècles et les légendes.

J’ai découvert Celtika, livre premier du Codex de Merlin, il y a déjà quelques années, plus précisément fin 2005, début 2006 (sur la date exacte, ma mémoire me fait défaut) et en toute franchise, je dois reconnaître que ce n’est surement pas pour Merlin que je m’étais alors procurer ce livre. D’ailleurs, cela est compréhensible ; combien d’auteurs ont utilisé Merlin au fil des siècles, combien de romans, de cycles entiers lui sont consacrés, et les films, les séries, les dessins animés, les bande dessinées ? Sincèrement, énormément pour ne pas dire beaucoup trop. Ainsi, même une figure comme Merlin – ce fameux magicien des légendes arthuriennes aux pouvoirs incommensurables – une figure marquante, que tout le monde connaît, peut, à force, lasser : un cycle sur Merlin ? Encore ! Non, en toute franchise, il m’en faudrait énormément pour me convaincre. Mais alors, pourquoi l’achat de ce Celtika ? Et bien, tout simplement pour deux raisons : tout d’abord, son originalité, chose si rare dès que l’on sort Merlin ; ensuite, si ce roman est original, c’est que le deuxième protagoniste principal est un certain Jason. Oui, vous l’avez deviné, le fameux Jason des Argonautes, l’un des plus grands héros de la mythologie grecque. Et là, forcement, ca change beaucoup de choses, ca donne envie d’en savoir plus, de voir ce que ce bouquin, où l’on retrouve des figures aussi marquantes que Merlin et Jason, mais accessoirement anachroniques, pourrait bien avoir dans le ventre. Et ce furent ces interrogations, qui m’ont poussé il y a cinq ans à me procurer ce roman, Celtika, que, bien évidement, je viens de relire il y a peu.

Le regretté Robert Holdstock – il nous a quitté en novembre 2009 – est plus connu dans nos vertes contrées pour ce que beaucoup qualifient comme étant son chef d’œuvre, La forêt des mythagos, ouvrage que je n’ai pas lu mais qui, comme tants d’autres, et sur mes tablettes, quant a moi, je le reconnais sans honte, je n’ai lu que les deux premiers volumes du Codex de Merlin ce qui fait que j’aurais un peu de mal a vous parler de l’œuvre de cet auteur, des éléments de comparaisons entre ses créations et je m’en excuse par avance auprès de ses fans. Ainsi, cette critique (et celles qui suivront) ce limitera au Codex de Merlin ; cela, je tenais à le préciser. Mais justement, que vaut donc ce Celtika, livre premier de ce cycle, pour le moins singulier de part ses protagonistes ? Car si mêler deux figures très connues comme Merlin et Jason est, sans nul doute, faire preuve d’originalité, force est de constater que ce n’est pas pour cela que le résultat final sera forcement a la hauteur, et pourtant, il l’est, comme je vais vous l’expliquer.

Superbe, tout simplement ; telle fut ma première réaction lorsque j’ai lu Celtika il y a quelques années et mon opinion ne se modifia pas d’un iota lors de cette deuxième relecture, et sur ce point, comment ne pas saluer le travail de Robert Holdstock devant ce que je ne peux que nommer comme étant une belle réussite. Oui, il fallait avoir une sacrée dose de courage pour mélanger des personnages, des mythes aux antipodes les uns des autres, mais il fallait également posséder une bonne dose de talent : a ma droite, Merlin, tout bonnement le fameux magicien, issu des légendes bretonnes, du cycle arthurien et figure d’une certaine fantasy – celle du vieux sorcier a longue barbe grisonnante – et que l’on ne présente plus ; a ma gauche, Jason, chef des argonautes, celui la même qui, a bord de l’Argos, s’en est allé en Colchide a la recherche de la Toison d’or, l’une des grandes figures – lui aussi – des mythes grecs, accessoirement, pas le même lieu que Merlin, et bien plus tôt. Ce qui est clair quand on présente les choses ainsi, c’est que l’on ne peut se demander ce que ces deux personnages peuvent avoir en commun, et, en toute franchise, la première réponse qui nous vient a l’esprit est : rien. Pourtant, Robert Holdstock, ce lien, il va le trouver, ou plutôt, l’inventer. Ainsi, l’auteur va réinventer le mythe de Merlin, lui modifiant ses origines – même si celles-ci demeurent obscures -, le rendant beaucoup plus ancien – ne dit-il pas qu’il est vieux de plus de dix mille ans – mais permettant ainsi a celui-ci d’avoir participé au fameux voyage des argonautes en Colchide. Ainsi, par un procédé finalement pas très compliqué à mettre en place, nous avons la une histoire originale, des liens établis entre Merlin et Jason qui apparaissent finalement crédibles et la promesse d’une bonne intrigue, ce qui en plus, sera le cas. En effet, en débutant son histoire dans les terres enneigés de Finlande, Robert Holdstock entraine Merlin sur les bords d’un mystérieux lac afin que celui-ci rende la vie a son ancien compagnon d’armes, le fameux Jason, mort depuis sept cent ans et engloutis dans ce lac gelé avec son navire, l’Argo. La raison de ce retour a la vie ? Merlin a finalement appris que les fils de son ami n’ont pas été tués par leur mère, la cruelle Médée, et qu’ils ont été envoyés dans le futur, plus précisément a l’époque où débute Celtika. Ainsi se pose donc le synopsis de base de ce premier tome, où Jason, Merlin et les nouveaux argonautes – une chamane finnoise entichée de Merlin, un roi celte originaire de ce qui sera un jour la Grande Bretagne (et qui prendra de plus en plus d’importance) et ses compagnons, un dace et son cheval, un crétois forcement spécialiste des labyrinthes, une guerrière scythe, un hibernian qui se perd tout le temps dans les passages sous le monde et deux jeunes garçons se présentant comme les fils d’un Dieu, Lug – partent en quête des fils de perdus de Jason, toujours a bord de l’Argo, reconstruit pour l’occasion et cette fois si sous la houlette d’une divinité finnoise, d’une déesse des terres gelées, la cruelle et terrible Mielikki.

Et ce qui pourrait ressembler a un simple exercice de style, une banale quête dans l’Europe de l’antiquité de ce transformer en un roman tout bonnement superbe, tant par le fond que par la forme, et sur ce point – certes, je me répètes mais tant pis – comment ne pas saluer une fois de plus tout le travail, mais aussi les idées de Robert Holdstock. Ainsi, que cela soit par son synopsis, son intrigue captivante au possible, ses protagonistes forcement hauts en couleurs, mais aussi et surtout, les divers coups de théâtre, les relations entre personnages ainsi que la multitudes de lieux traversés – cela débute dans le grand nord finlandais, se poursuit du coté des iles britanniques puis de la Gaulle, la Germanie, l’Europe centrale et ses fleuves avant de s’achever en Grèce, a Delphes avec avant, un petit passage par le monde souterrain – mais aussi et surtout, le nombre de cultures différentes qui nous sont présentés – certes, beaucoup de celtes (mais de différentes tribus) mais aussi grecs, finnois, voir même orientaux – le lecteur ne peut que s’émerveiller devant ce formidable assemblage réaliser de main de maitre, cette belle invitation au voyage dans notre antique Europe, celle des Dieux et des légendes, celle de tants de peuples différents de par les croyances, les coutumes et l’apparence et pourtant si proches a la fois. Une époque finalement peu abordée, du moins, uniquement en temps normal du coté grec et qui nous permet d’en apprendre énormément sur les divers peuples, leurs coutumes et surtout sur leurs légendes.

Bien évidement, Celtika n’est que le premier tome d’un cycle qui en comportera trois, et bien évidement, a l’issu de ce premier volume, énormément de questions resterons en suspens. Forcement, afin de ne pas gâcher le plaisir de la découverte a ceux qui seraient tenter de se lancer dans ce Codex de Merlin, je ne dévoilerais pas le scénario, cependant, je me contenterais de signaler que ce Merlin, tout a fois immensément vieux, n’en reste pas moins jeune et vous surprendra de moult façons, si différent qu’il est de l’image que l’on a de lui, que Jason, lui aussi, ne vous laissera pas indifférents, que des personnages comme Niiv et Urtha marquent les mémoires et que les mystères – relatifs aux origines de Merlin, de Médée, au monde en général – sont suffisamment nombreux mais aussi, plutôt bien trouvés. Bref, selon moi, Celtika est un superbe ovni dans la littérature fantastique actuelle, un beau patchwork où se mêlent peuples et légendes bien différents, superbement bien écrit, intelligent de surcroit et qui donne franchement envie d’en savoir un peu plus sur tous ces peuples, et leurs croyances, qui ont vécus a l’antiquité en Europe, bref, une belle réussite de Robert Holdstock.

mardi 24 mai 2011

LE LABYRINTHE DE LA MORT


LE LABYRINTHE DE LA MORT

Conçu par l'esprit diabolique du baron Sukumvit, le Labyrinthe de la Mort est truffé de pièges mortels et peuplé de monstres assoiffés de sang. D'innombrables aventuriers ont tenté avant vous de relever le défi de l'Épreuve des Champions. Ils ont franchi l'entrée du Labyrinthe et n'ont plus jamais reparu. Et VOUS, oserez-vous y entrer ? Vous serez l'un des six combattants sélectionnés cette année pour affronter les périls du Labyrinthe. Un seul d'entre vous gagnera peut-être, et les autres succomberont. Qui sera cet éventuel vainqueur ? Deux dés, un crayon et une gomme sont les seuls accessoires dont vous aurez besoin pour vivre cette aventure. VOUS seul déciderez de la route à suivre, des risques à courir et des créatures à combattre. Bonne chance…


Le Labyrinthe de la Mort
Série : Défis Fantastiques n°6
Auteur : Ian Livingstone
Illustration de la couverture : Iain McCaig
Illustrations intérieures : Iain McCaig
Titre original : Deathtrap Dungeon
Traduction : Patricia Marais
Année de l’édition Anglaise : 1984
Sortie de l'édition Française : septembre 1984
Edition Française : Editions Gallimard (Folio Junior)
Nombre de paragraphes : 400

Mon avis : Alors là, attention, chef d’œuvre ! Enfin, a mes yeux. En toute sincérité, et même avec une certaine émotion, je dois reconnaître que Le Labyrinthe de la Mort est l’un de mes Livres dont vous êtes le héros préféré, si ce n’est, tout bonnement, mon préféré ; déjà, ce fut mon premier, et ce genre de détails, vous le savez bien, joue fortement sur les émotions que l’on peut ressentir mais aussi sur notre avis sur une œuvre, mais quoi qu’il en soit, et presque trente ans après l’avoir acheter, découvert, essayer encore et encore jusqu'à en venir a bout puis le refaire encore et encore, je ne peut que constater que Le Labyrinthe de la Mort, pour moi, représente plus qu’un simple Livre dont vous êtes le héros ; car si d’autres titres lui sont supérieurs, et je pense là a la série Sorcellerie !, le fait qu’il ait été mon premier LDVELH, sa qualité intrinsèque, son ambiance, ses pièges, ses monstres, sa difficulté, bref, tout cela fait que, pour moi, il ait autant de valeur qu’un véritable roman. C’est donc avec une certaine fierté, et une émotion que je ne dissimule pas, que je vais vous parler de ce fameux Labyrinthe qui a fait suer et enchanter toute une génération d’amateurs. Sixième titre de la saga des Défis FantastiquesLe Labyrinthe de la Mort, œuvre d’Ian Livingstone, l’un des cofondateurs de la série avec Steve Jackson, nous entraine donc dans une formidable aventure qui a fait beaucoup pour la renommée du genre dans les années 80. Avec sa trame d’une banalité confondante – un baron a construit un labyrinthe souterrain, peuplé de monstres et de chausse-trappes, chaque année, des candidats se portent volontaires pour le traverser lors de l’Epreuve des Champions. Une bourse de 10 000 pièces d’or est le prix de cet exploit que nul, forcement, n’a jamais réussi a accomplir – et qui pourrait faire sourire cyniquement les plus blasés, Le Labyrinthe de la Mort est tout simplement une réussite quasiment parfaite de ce qu’est un excellent livre-jeu ; œuvre typique de Livingston, il en possède du coup toutes les qualités mais aussi les défauts, en particulier, pour les moins patients d’entre nous, ce que l’on nomme, dans le jargon des fans des LDVELH, le « one true path », c'est-à-dire, le chemin unique, ce qui signifie en gros que si vous avez le malheur, ne serais ce qu’une seule fois de vous tromper de chemin, de ne pas ouvrir telle porte ou de ne pas faire ce qu’il faut, et ben, c’en est finis de vous. Et ce fameux système dont use et abuse le sieur Livingston dans ses productions, pourtant si rébarbatif dans pas mal de titres, fonctionne ici à merveille : tout d’abord, nous sommes dans un labyrinthe, et même si on ne s’y perd pas, disons que le one-true-path en est justifié ; ensuite, indéniablement, cela pousse le lecteur/joueur a essayer, encore et encore, faisant fit des morts et des échecs successifs, jusqu'à que, finalement, au bout d’un nombre incalculables d’essais, il ne vienne a bout de ce fichu labyrinthe. Et là, même avec le temps et les décennies, jamais je n’oublierais la sensation de bonheur absolu que j’ai put ressentir quant j’ai enfin réussi à sortir du Labyrinthe du Baron Sukumvit ! Bigre, j’en aurai presque la larme a l’œil… Mais arriver là, une petite précision s’impose : le one-true-path, cela peut vite devenir agacent pour ne pas dire énervant et, bien souvent, c’est un gros défaut (au point que souvent, j’ai abandonné certains autres titres) et ce qui sauve Le Labyrinthe de la Mort, c’est tout simplement sa qualité. Cependant, il est parfois curieux de constater comment avec des idées assez simples – ici, l’exploration d’un labyrinthe jugé imprenable, par nous, c'est-à-dire, un banal guerrier comme le genre héroïco-fantastique nous en livre des tonnes – l’on peut se trouver avec ce que j’appellerais un chef d’œuvre du genre. Bien évidement, et je vous l’ai déjà dit, d’autres LDVELH sont supérieurs a ce Labyrinthe de la Mort, ce fait est indéniable, pourtant, dans sa partie, celui-ci est inoubliable et apparaît en haut des préférences, ou du moins fort bien placé, pour bon nombre des lecteurs qui s’y sont attelés. Cela est dut, bien évidement, a ses qualités, plus qu’a son style sur lequel, comme on a vu, on pourrait trouver a redire, et ces mêmes qualités, que cela soit son ambiance – une pure merveille – ses descriptions des lieux que l’on parcourt – l’on se croirait presque dans ce fameux Labyrinthe – la tension, souvent palpable – au point que, devant un choix de chemin, d’action ou autre, on en tremblerait presque – ses créatures, nombreuses, variées mais aussi assez balèzes lors des combats – entre la Manticore, la superbe Bête Sanguinaire qui illustre l’ouvrage, le Tyrannosaure, le Démon des Miroirs et bien d’autres, il y a de quoi faire – la complexité des pièges, souvent mortels – Livingston a dut s’en donner a cœur joie – et même, un certain coté parfois dramatique – comme le duel fratricide contre Throm le Barbare – quant aux illustrations, elles sont tout bonnement excellentes faisant pour beaucoup pour la qualité de l’ensemble – œuvres d’Ian McCaig, elles méritent amplement le détour – il est donc indéniable, avec tout ceci, que Le Labyrinthe de la Mort a tout pour lui. Alors oui, il n’est pas facile, oui, ce n’est qu’un one-true-path et oui, mille fois oui, d’autres LDVELH sont plus originaux, meilleurs etc. mais même ainsi, presque trois décennies après l’avoir fait pour la première fois – et accessoirement, m’être fait tuer, si ma mémoire est bonne, en mangeant des champignons (vachement héroïque comme mort) – ce fut encore un énorme plaisir que de l’avoir refait. Bien évidement, cela fait longtemps que je ne me souvenais plus de l’ordre exact des paragraphes où aller pour en venir a bout (et oui, je le connaissais par cœur) et j’ai eu un peu de mal a un moment donné mais même ainsi, j’en suis, pour la énième fois, venu a bout, et le plaisir, s’il ne fut pas aussi intense que lorsque j’étais adolescent, n’en fut pas moins grand. Personnellement, avec Le Labyrinthe de la Mort, Ian Livingston a probablement créé ce qui restera comme son meilleur Livre dont vous êtes le héros, une œuvre culte pour beaucoup, une parfaite réussite, et, a mes yeux, une pure merveille, tout simplement.


Points Positifs :
- Sans discussion possible la plus belle réussite d’Ian Livingstone puisque, dans Le Labyrinthe de la Mort, même ses défauts (chemin unique, objets à trouver dont une bonne partie inutile, etc.) trouvent leur justification. Ce labyrinthe est mortel, personne n’a jamais réussi à en ressortir et vous allez rapidement comprendre pourquoi.
- Point de vu ambiance, vous allez être gâtés et assez rapidement, vous ressentirez toute la dangerosité des lieues, vous tremblerez devant les multiples pièges mortels, vous serez marquer a jamais par certaines scènes mémorables et, accessoirement, affronterez des adversaires tout bonnement cultes !
- Pendant un moment, on est accompagné d’un autre candidat, un barbare, et sa mort marque les esprits.
- Manticore, Tyrannosaure, Bête Sanguinaire, Démon des Miroirs, etc. Non mais quel bestiaire !
- Illustrateur régulier des débuts de la série, Iain McCaig se transcende et livre des dessins de toute beauté.
- Une couverture tout simplement culte !
- Oui, je sais, ce fut mon premier LDVELH, alors, il y a ce petit coté nostalgique…

Points Négatifs :
- On n’échappe malheureusement pas aux traditionnels défauts du genre et oui, c’est tout de même idiot de ne pas pouvoir faire marche arrière et revenir sur ses pas, de plus, il s’agit d’un terrible one-true-path, ce qui signifie, vous l’avez compris, que si vous vous écartez ne serais-ce qu’une fois du bon chemin, s’en est finis de vous !
- Bien évidement, scénaristiquement, c’est plus que basique : entrer dans un labyrinthe et en sortir.

Ma note : 9/10

LA CITÉ DES VOLEURS


LA CITÉ DES VOLEURS

La terreur s’est abattue sur la ville de Silverton depuis que Zambar Bone et ses Chiens de Lune, assoiffés de sang, y exercent leurs méfaits. Les paisibles marchands de la cité ont besoin d’aide et c’est VOUS, l’aventurier intrépides, qu’ils vont appeler à la rescousse. Votre mission vous conduira au long des rues sombres et sinueuses du Port-du-Sable-Noir où les créatures de la nuit guettent dans l’ombre le voyageur imprudent. Et si vous parvenez à traverser la ville, vous devrez alors affronter l’infâme Zambar Bone lui-même, retranché dans sa place forte… Deux dés, un crayon et une gomme sont les seuls accessoires dont vous aurez besoin pour vivre cette aventure. VOUS seul déciderez de la route à suivre, des risques à courir et des créatures à combattre. Bonne chance…


La Cité des Voleurs
Série : Défis Fantastiques n°5
Auteur : Ian Livingstone
Illustration de la couverture : Iain McCaig
Illustrations intérieures : Iain McCaig
Titre original : City of Thieves
Traduction : Janine Hérisson et Henri Robillot
Année de l’édition Anglaise : 1983
Sortie de l'édition Française : septembre 1984
Edition Française : Editions Gallimard (Folio Junior)
Nombre de paragraphes : 400

Mon avis : Nous voilà déjà au cinquième tome des Défis Fantastiques et après être parti, a deux reprises, tuer un méchant sorcier dans des souterrains/forteresse dans les deux premières aventures, s’être balader dans une foret pas si maléfique que le titre pouvait le laisser penser afin de retrouver le marteau de guerre des nains, puis, pour finir, faire un saut dans le futur le plus lointain pour jouer a Star Trek, voici que le sieur Ian Livingstone, aussi surnommé « l’homme qui écrit toujours le même livre » nous revient pour son deuxième opus en solo avec, cette fois ci, une nouvelle innovation apparente puisque dans La Cité des Voleurs, comme son nom l’indique, l’aventure aura lieue en milieu urbain. Grande première donc pour un Défis Fantastiques de pouvoir enfin visiter une ville, qui plus est, fortement mal famée comme on nous annonce ce qui ne peut qu’allécher le lecteur friand de nouveautés. Sauf que, hélas, cela ne sera pas entièrement le cas. Mais procédons dans l’ordre… Tout d’abord, force est de constater que nous avons droit, avant même l’ouverture du livre, a une superbe illustration de couverture, signée par un Ian McCaig en grande forme. Certes, on pourrait trouver celle-ci fortement aguichante, avec ce squelette portant une faux en premier plan – le grand méchant du jour, Zambar Bone en personne –, le Port-du-Sable-Noir derrière, et accessoirement, ce n’est pas entièrement faux ; cependant, elle n’en reste pas moins assez réussie en soit et laisse présager deux choses : premièrement, une grande aventure (chose que l’on attend encore depuis le premier tome des LDVELH), deuxièmement, un grand méchant charismatique en diable (bon, pour ca, Balthus était pas mal). Rassurez vous, ou plus tôt, désespérez vous, on n’aura ni l’un, ni l’autre ! C’est assez brutal dit comme cela, dès le début de cette critique, certes, je ne le nie pas, mais après tout, a quoi bon tourner autour du pot ? Et puis, pour la défense de cette Cité des Voleurs, tout n’est pas à jeter non plus dans ce titre non plus. Disons qu’il est en-deçà de nos espérances, malheureusement. Pourtant, ça commençait bien puisque, une fois admirer la belle couverture, l’introduction de Livingstone est, comment dire, vraiment bonne ; longue, bien écrite, certes pas génial en soit ou franchement originale, je l’accorde, mais celle-ci lance bien l’aventure et a ce moment là, on n’a qu’une seule hâte, débuter l’aventure au plus vite. Ça tombe bien, c’est un Défis Fantastique première génération tout ce qui a de plus basique, sans ajout de nouvelles règles (comme dans La Galaxie tragique par exemple ou dans d’autres titres à venir) a maitrisé et sans transition, on arrive au paragraphe 1. Et, assez rapidement, une fois pénétrer dans la ville, on se rend compte qu’au bout de cinq volumes, les choses n’ont toujours pas changé pour ce qui est de la structure de jeu : en effet, après avoir dut avoir a choisir entre le couloir de droite ou celui de gauche – avec possibilité d’ouvrir ou non une porte – puis, le sentier de droite ou celui de gauche – avec possibilité de jeter un œil dans une clairière ou dans une cabane – puis, pour finir, de choisir entre la planète de droite et celle de gauche – et de s’y poser ou pas – voila que Livingstone nous offre le magnifique choix entre la rue de droite et celle de gauche – avec, soyons fous, celle du milieu – et, bien évidement, la possibilité de rentrer, ou pas, dans des habitations et autres boutiques. Et comme depuis cinq volumes désormais, certains choix seront judicieux, d’autres non ; et comme depuis cinq volumes, on ne peut toujours pas retourner en arrière (pourtant, dans une ville, lorsque je me ballade, je vais où bon me semble). Pour quelle raison ? Parce que ! Et puis c’est tout. Bon, a la rigueur, on se dit que c’est les débuts des Défis Fantastiques, que tout n’est pas encore au point et que les améliorations seront à venir (on en reparlera avec Livingstone), ce qui n’est pas entièrement faux, alors, plein de courage et d’enthousiasme, on se lance dans l’exploration de cette fameuse Citée des Voleurs, cet antre de coupes jarrets, de malfrats, d’assassins et de trafiquants en tout genre, s’attendant du coup au pire et, au bout de quelques paragraphes, on commence a se poser des questions : « euh, ca a l’air un peu tranquille tout de même ». Certes, suivant le chemin que l’on choisit au départ, j’exagère un peu, mais pas tant que ca car question ambiance, on ne peut pas dire que cette première partie nous donne véritablement l’impression de risquer notre peau dans une ville de malfrats. Et puis, subitement, après n’avoir rien fait d’exceptionnel, voila que l’on arrive a un pont et que, sous celui-ci, on trouve tout de suite le fameux et puissant sorcier Nicodème ! Ah, Nicodème, encore un exemple type des sorciers de Titan (un peu comme Yaztromo), capable de nous transformer en grenouille d’un simple geste du doigt, mais incapable de lever son postérieur pour aller botter les fesses au grand méchant de service. Car bien évidement, mais je pense que vous l’aviez deviné, ce rôle nous incombera et ce bon vieux Nicodème se contente juste de nous annoncer ce qu’il faut faire pour vaincre le puissant Zambar Bone : trouver une liste d’objets indispensables sinon c’est la mort, comme dans tout bon vieux Livingstone, et parmi ceux-ci, cela va du truc le plus débile – les cheveux d’une sorcière – au plus ridicule – le tatouage d’une licorne sur le front – en passant, a la rigueur, par le seul qui soit crédible – la flèche d’argent – et, forcement, voilà que l’on comprend tout de suite que, désormais, c’en est finis de la petite ballade tranquille dans les rues car, une fois de plus, nous voila partis pour un bon vieux one-true-path des familles. Et forcement, cela se corse un peu. Bien évidement, pas pour ce qui est des combats, en toute franchise, ceux-ci, pour peux que vous ayez des caractéristiques convenables ne vous poserons guère de problèmes pendant les trois quarts du livre puisque seuls les tous derniers adversaires sont assez costauds. D’ailleurs, le fait d’avoir a se taper une flopée de rats, lutins et autres serpents a 4 ou 5 d’habileté m’aura plus ennuyer qu’autre chose, mais bon. Pour ce qui est de la difficulté, celle-ci vient forcement que, une fois Nicodème découvert, il faille ensuite retrouver ses fameux objets et là, comme tout amateur le sait, un seul mauvais choix d’orientation peut être fatal quant à la réussite finale. Pourtant, force est de constater que ces fameux objets obligatoires ne sont pas très difficiles a trouver et, que pour certains, il faut vraiment faire exprès pour passer a coté – je pense surtout au tatoueur et au jardin botanique – ainsi, il ne devrait pas être trop difficile de quitter la ville avec tous les ingrédients nécessaires. Pour la petite histoire, j’ai eu un coup de bol monumental puisque en le refaisant hier soir, j’ai trouvé le bon chemin du premier coup alors qu’en toute sincérité, j’ai presque avancé au pifomètre, ainsi, fort de mes trois objets – cheveux de sorcières, perles noirs et fleur de lotus –, de ma flèche d’argent et de mon tatouage à la con sur le front (non mais, et on accepte une telle honte, comme ca, sans réfléchir !?), j’ai quitter Port-du-Sable-Noir confiant, tout en me demandant finalement en quoi cette ville portuaire avait de véritablement dangereux. Certes, la rencontre finale avec les deux gardes trolls est vraiment bien (miracle, des adversaires qui m’ont posé des problèmes) mais elle arrive un peu trop tard dans l’intrigue et ne peut m’empêcher de me dire que, décidément, Livingstone aurait put approfondir l’ambiance d’une ville qu’on nous présentait comme un repaire de coupes jarrets… Et puis, ce fut le drame ! L’impardonnable erreur d’Ian Livingstone ! L’une des plus grandes aberrations de l’histoire des Livres dont vous êtes le héros ! Une fois quitter la ville, nous arrivons a un paragraphe qui nous annonce que si, nous n’avons pas tous les objets nécessaires pour vaincre Zambar Bone, c’est la fin ; nous n’avons même pas la possibilité, comme ce fut le cas dans des titres précédant, de retourner faire un petit tour dans la ville pour trouver ce qui nous manque. Bien évidement, c’est dur, mais, finalement, un peu conforme a la série. Or, qu’apprends-t-on dès le paragraphe qui suit ? Que finalement, on pouvait continuer ! Et oui, ce vieux sénile de Nicomède nous envoi un message pour nous apprendre qu’il n’arrive pas à se souvenir quels ingrédients il faut utiliser pour vaincre Zambar Bone, et qu’il nous faut choisir, comme ca, au pifomètre, entre le mélange Cheveux sorcière/Perles noires, Cheveux sorcière/Fleur de lotus ou bien Perles noires/Fleur de Lotus. Et déjà que je trouve ce procédé littéralement débile pour ne pas dire injuste puisqu’a aucun moment, on ne nous donne le moindre indice quant a la bonne combinaison (ne comptez pas sur Nicomède, il ne sert décidément a rien), pourquoi avoir éliminé d’office le joueur dans le paragraphe précédant alors que, si ca se trouve, il avait les bons ingrédients ? Non, sur ce coup là, Livingstone s’est littéralement planté et est impardonnable. Alors, le doute au ventre (car on ne peut s’empêcher de se demander si l’on a fait le bon choix), on parvient finalement a la Tour de Zambar Bone, et, après un combat assez ardu contre des Chiens de Lune, le reste est déceptionnant puisque ce final est d’une rapidité et d’un ennuie total, l’aventurier que nous sommes se contentant bêtement de monter les étages, un a un, avec toujours ce choix de pénétrer ou pas dans telle pièce, ou dans une autre (certaines donnent des bonus, d’autres peuvent être mortelles, sympa a quelques paragraphes de fin) ; aucune description, une tour fort peu peuplée, pas franchement dangereuse, un manque d’ambiance flagrant et navrant, on arrive rapidement devant le maitre des lieux, et puis, on se rends compte que c’est encore pire : allez, je ne vous avais encore rien dit jusqu'à maintenant mais franchement, Zambar Bone n’est pas l’ennemi le plus charismatique de l’histoire des LDVELH. Déjà, son nom me fait un peu penser au cirque, je ne sais pas pourquoi, mais voilà une espèce de Liche, un nécromant de premier ordre – enfin, on nous le présente ainsi – mais sans passé, sans histoire, sans but véritable – a part celui de se taper la fille du maire, mais comment fera t-il puisque ce n’est plus qu’un squelette ? – dont on ne sait rien, qui se contente de nous menacer et que l’on ne combattra même pas. Livingstone aurait tout de même put donner un peu plus d’épaisseur a son vilain du jour ; de même, les ingrédients auraient put nous permettre de devoir l’affronter, ca aurait fait un combat final contre un adversaire puissant, mais non, même pas, on n’a que deux choix : soit on a eu de la chance – au pif, pour rappel – soit non et la, on est mort ! Du coup, je dois vous faire une petite confidence : arriver devant le sieur Zambar Bone, je me suis évidement rendu compte que j’avais fais le mauvais choix d’ingrédients et je suis mort, sauf que, sincèrement, je n’avais aucune envie de devoir me retaper tout le bouquin, surtout que j’avais trouver tous les objets qu’il fallait, de revenir a la tour et, de prendre encore le risque de me gourer et de le refaire une troisième fois, surtout que, ca allait m’apporter quoi ? Rien du tout. Bref, petite tricherie finale mais compréhensible, selon moi, voir même nécessaire devant ce que j’appellerais le beau foutage de gueule de Mr Livingstone quant à son histoire d’ingrédients. Indéniablement, il m’apparaît que La Cité des Voleurs est porteuse de bien trop de défauts pour en faire un bon Défis Fantastique. Les bonnes idées existent, je ne les nie pas, comme le fait, bien évidement, de pouvoir pour la toute première fois, jouer en milieu urbain. Sauf que, malheureusement, Ian Livingstone ne parvient pas a nous captiver et que le manque d’ambiance est flagrant. De même, tout cela apparaît comme bien trop gentillet, les adversaires rencontrées sont, pour la plus part, d’une faiblesse maladive, les situations dangereuses peu nombreuses et même le grand méchant du jour, Zambar Bone, n’a pas un énorme charisme, bien au contraire. Reste alors les superbes illustrations d’Ian McCaig, qui rehaussent le niveau, quelques passages plus ou moins réussis mais bien trop rares et surtout, une énorme impression de gâchis car ce livre possédait un potentiel certain. Mais comme en plus, il faut se taper le coup des ingrédients à deviner complètement au hasard (plus le fait que l’on se fasse éliminer alors que si ca se trouve, il ne nous manquait que celui qui ne servait a rien) et que, pour moi, cela est impardonnable, je ne pourrais pas considérer La Cité des Voleurs comme un bon Défis Fantastique, malheureusement.


Points Positifs :
- Le plaisir de pouvoir, pour la toute première fois, se balader dans une ville, le fameux Port-du-Sable-Noir. Alors bien sur, celle-ci est un peu en-deçà de ce que l’on pouvait attendre, mais bon, ça nous change un peu des souterrains et autres couloirs.
- Incontestablement, les illustrations de Iain McCaig apportent un plus a l’ambiance générale de l’aventure.
- Une fort belle couverture ; accessoirement, l’une des plus cultes.
- Malgré pas mal de défauts, cela reste une aventure plaisante par moments, surtout qu’il y a quelques rencontres assez marquantes.

Points Négatifs :
- Du Ian Livingstone pur jus avec tous ses traditionnels travers : c’est un one-true-path sans aucune logique, il faut trouver tous un tas d’objets plus ou moins indispensables, un mauvais choix de direction et vous voilà mort, bref, rien de nouveau sous le soleil…
- Parlons-en de ces fameux objets à trouver : aucun indice quand au mélange à effectuer, le hasard a encore une place importante dans nos choix et, bien entendu, le prétendu grand sorcier Nicodème ne nous sert strictement à rien.
- Ian Livingstone se fout du monde : si l’on n’a pas tous les ingrédients en quittant la ville, on a perdu, puis, un paragraphe plus tard, on apprend qu’en fait, on n’avait pas besoin de tous les ingrédients, ce qui signifie, finalement, qu’on nous fait perdre alors qu’on pouvait avoir les bons !
- Zambar Bone est sans nul doute l’un des plus ridicules méchants de LDVELH alors que le bougre partait pourtant avec un potentiel certains : aucune motivation, aucun passé, on ne comprend pas bien son but (couché avec la fille du maire ?) et, pire que tout, on ne le combat même pas. Bref, une sacrée déception !
- Accessoirement, on retombe dans le super scénario où il faut aller tuer le méchant sorcier.
- Pour une cité soit disant remplie de coupe-jarrets et autres assassins, je l’ai trouvé plutôt tranquille Port-du-Sable-Noir…
- Ne nous emballons pas : si l’action se déroule dans une ville, il s’agit toujours d’aller a droite ou a gauche, les rues remplaçants les couloirs, les maisons, elles, les salles, etc.

Ma note : 6/10

lundi 23 mai 2011

LE VOYAGE FANTASTIQUE DE SINBAD


LE VOYAGE FANTASTIQUE DE SINBAD

Sinbad et son équipage interceptent un homuncule transportant une tablette en or. Koura, créateur de l’homuncule et adepte de la magie, veut récupérer la tablette et se lance à la poursuite de Sinbad. Entretemps, Sinbad a fait la rencontre du Vizir qui détient une autre partie de la carte d'or modulable, et ensemble ils décident de mettre sur pied une expédition à travers les mers en vue de résoudre l'énigme de la carte. Ils sont accompagnés d'une esclave qui a un œil tatoué sur la paume d'une main. Durant leur périple, ils croisent des animaux étranges, des tempêtes, et leur route est parsemée d'embûches laissées par Koura.


Le Voyage fantastique de Sinbad
Réalisation : Gordon Hessler
Scénario : Brian Clemens, d'après une histoire de Brian Clemens et Ray Harryhausen
Musique : Miklós Rózsa
Production : Columbia Pictures
Genre : Aventures, Fantastique
Titre en vo : The Golden Voyage of Sinbad
Pays d'origine : Royaume-Uni, États-Unis
Langue d'origine : anglais
Date de sortie : 20 décembre 1973
Durée : 105 mn

Casting :
John Phillip Law : Sinbad
Caroline Munro : Margiana
Tom Baker : Koura le magicien
Douglas Wilmer : Le Vizir
Martin Shaw : Rachid
Grégoire Aslan : Hakim
Kurt Christian : Haroun
Takis Emmanuel : Ahmed
John D. Garfield : Abdul
Aldo Sambrell : Omar
Robert Shaw : L'Oracle de toutes les connaissances

Mon avis : Ce fut il y a environ trois décennies, par le biais de l’excellente émission, présentée par l’inimitable Eddy Mitchell, l’inoubliable et cultissime Dernière Séance, que je fis la connaissance, du moins, a l’écran, de celui qui restera a tout jamais comme le magicien des effets spéciaux, le grand Ray Harryhausen. Cette découverte, que dis-je, cette révélation, eut lieu lorsque fut diffusée Le septième voyage de Sinbad et que, mes yeux d’enfants voyaient pour la toute première fois s’animer a l’écran un cyclope, un squelette et un dragon. Ce soir là, notre ami Eddy Mitchell nous proposa alors un petit sujet sur Ray Harryhausen qui me permit de découvrir quelques extraits de ses autres films comme Jason et les Argonautes (et le duel final contre les squelettes, l’une des scènes les plus connues du cinéma fantastique) et ce Voyage fantastique de Sinbad (avec le combat contre la statue de Kali). Dès lors, je n’eus plus qu’une seule envie, voir ses films et si, au cours de ma vie, j’eu l’occasion de croiser de nouveau la route des œuvres d’Harryhausen – comme par exemple Le choc des Titans – ce fut bien évidement Jason et les Argonautes, quelques années plus tard, qui remporta la palme de mes préférences. Quant a ce Voyage fantastique de Sinbad, et ce fameux duel contre les six sabres de Kali, il me fallut encore patienter quelques années, et ce fut un mercredi matin, dans une autre émission consacrée au cinéma, Cinéma de Quartier, présentée par Jean-Pierre Dionnet que je le vis pour la toute première fois. Ayant depuis acquis le DVD, j’eu l’occasion de voir et revoir ce film, chose que, vous vous en doutez donc, je viens de refaire puisque je vous en parle aujourd’hui. Alors bien sur, une fois de plus, les amoureux des effets spéciaux a l’ancienne seront aux anges puisque, avec un Griffon, un Centaure Cyclope, une espèce d’Homoncule, un golem de bois et, bien évidement, Kali dans toute sa splendeur, l’amateur du genre en aura vraiment pour son compte. D’ailleurs, sur ce point, la scène du combat contre la déesse étant autant culte que celle où Jason et ses compagnons affrontaient les squelettes en Terre de Colchide. Mais disons que, pour être tout à fait franc, on ne peut pas dire que le scénario soit exempt de tous défauts. Sans aller jusqu'à dire que celui-ci ait été écrit sur un timbre poste – cela serait exagéré – disons que tout cela ne vole pas bien haut : tombant par hasard (enfin, suite a un homoncule ailé touché par une flèche) sur un mystérieux artefact – le morceau d’un bijou – qui lui donne des cauchemars – où il voit une danseuse avec un œil tatoué sur sa main droite, un sorcier qui cache son visage et quelques trésors – notre sympathique Sinbad (aussi appelé l’homme qui change de tête entre chaque film qui lui est consacré) se retrouve embarqué dans une nouvelle aventure où, se lance une course contre la montre pour parvenir le premier a une espèce de fontaine de jouvence. Bien évidement, il faut un ennemi a sa mesure et cette fois ci, nous allons avoir droit a un méchant sorcier (curieux, ce n’est pas la première fois) qui, pour la petite histoire, a des petits airs de Jafar (le méchant dans Aladin) qui ne cesse de vieillir a chaque utilisation de son pouvoir (bof alors). Mais heureusement, Sinbad n’est pas seul et est accompagné du Vizir local (portant un masque doré parce que le pauvre, il est défiguré), de la fille au tatouage – la sublime Caroline Munro au décolleté ultra plongeant et qu’on ne fixe jamais dans les yeux tout au long du film – d’une espèce de fils de riche dilettante et de son fidèle second (enfin, a Sinbad, pas au pocherons). Et la joyeuse troupe va avoir fort a faire, entre coups bas, morceaux indéniables de bravoures, le tout saupoudré d’humour avec la fameuse phrase qui revient toute les cinq minutes : « attache ton chameau » (Au point de lasser, j’en conviens), et ce, pendant un peu moins de deux heures qu’en toute sincérité, on ne voit pas du tout passé. Bref, c’est un agréable divertissement, certes, mais au point d’en laisser un souvenir impérissable, non. Car bien évidement, Le voyage fantastique de Sinbad vaut énormément par ce que je nommerais les monstres de Ray Harryhausen qui une fois de plus, fonctionnent a merveille, et ce, même si on a déjà put connaitre plus spectaculaire dans le genre. Du coup, ceux-ci et, surtout, la scène du combat contre la déesse Kali marquera longtemps les esprits et c’est bien évidement avant tout cela que le spectateur retiendra de ce film. Quoi que, celui-ci n’est pas si mauvais que l’on pourrait le croire, les acteurs en font des tonnes, bien évidement mais Caroline Munro est sexy en diable, Tom Baker est parfait en grand méchant sorcier et, ma fois, John Phillip Law fait un Sinbad plus qu’acceptable (en tout cas, bien plus que celui du Septième voyage). Bref, une œuvre peut être pas exceptionnelle mais qui mérite tout de même que l’on s’y attarde, pour peux que l’on soit un vieux passionner de péplums a l’ancienne, et, bien évidement, d’effets spéciaux a la Ray Harryhausen, cela va de soit.


Points Positifs :
- La scène où Sinbad et ses compagnons affrontent une statue animée de la déesse Kali est l’une des plus cultes du cinéma fantastique – en toute sincérité, autant que celle où Jason a affaire aux squelettes dans Jason et les Argonautes.
- Bien évidement, ce sont les créatures du magicien Ray Harryhausen qui sont, une fois de plus, les vedettes du film : une fois de plus variées, marquantes pour certaines, l’amateur en a pour son argent.
- John Phillip Law est le Sinbad le plus crédible de la trilogie.
- Entre une Caroline Munro sexy en diable et au décolletée plongeant qui aura traumatisé toute une génération d’adolescents ainsi qu’un Tom Baker en méchant sorcier bougrement charismatique, le reste du casting n’est pas en reste.
- Un sympathique divertissement, sans prise de tête, et, ma foi, avec une certaine dose d’humour.

Points Négatifs :
- La réplique « attache ton chameau » est prononcée tellement de fois qu’au bout de 20 minutes, on a envie de foutre des claques à John Phillip Law !
- Bon, il faut reconnaitre que, scénaristiquement, tout cela ne vole pas bien haut et reste par moments limite.
- Ray Harryhausen est bien entendu au rendez vous avec ses créatures, mais bon, reconnaissons que si la statue de Kali est culte, le reste, c’est un ton en dessous.

Ma note : 7,5/10

BORGIA : DU SANG POUR LE PAPE


BORGIA : DU SANG POUR LE PAPE

Au XVe siècle, Rome est devenue le symbole du vice et de la luxure. Le haut clergé lui-même se complait dans une vie libertine et scandaleuse. C’est dans ce climat que le pape Innocent VIII se retrouve vieillard, un pied déjà dans la tombe. Paniqué à l’idée de mourir, il recourt à toutes sortes de folles méthodes pour retrouver la vigueur de son jeune âge : transfusion de sang de jeunes hommes, tétée de lait maternel… Mais rien n’y fait, la vieillesse poursuit son œuvre et sa Sainteté meurt, laissant derrière lui une place férocement convoitée. Le cardinal Rodrigo Borgia est peut-être le moins scrupuleux de tous les prétendants. D’origine espagnole, il a toutes les familles italiennes contre lui, et donc peu de chances de parvenir à ses fins par des moyens réguliers. Pourtant, ce père de 4 enfants va intriguer, comploter et assassiner les gens qu’il faut, pour parvenir à ses fins. Car s’il n’est pas le plus riche, il est sans aucun doute le plus machiavélique…

Cette année, j’ai eu l’occasion de vous parler des deux volumes qui constituent, pour le moment, la saga sur le Pape Jules II, c'est-à-dire, Le Pape terrible ; œuvre d’Alessandro Jodorowsky dont il est inutile de revenir sur la longue et fructueuse carrière et que l’on ne présente plus depuis le temps. J’avais particulièrement apprécié la vision, certes pas forcement conforme a la réalité historique de la vie de ce Pape – par ailleurs, assez méconnu de nos jours – que l’on qualifia de guerrier en son temps, que le scénariste chilien nous avait proposer. Ainsi, comme j’avais eu l’occasion de le dire lors de la critique du premier tome du Pape terrible, j’escomptais, a plus ou moins brève échéance, découvrir une autre série du même auteur consacrée elle aussi à un Pape de la même époque, postérieure à celle du Cardinale Della Rovere et qui avait pour protagoniste principal, Alexandre VI, plus connus sous le nom de… Borgia. Borgia, un nom mythique depuis – tout bonnement, la Renaissance – un homme que ses, très, nombreux détracteurs accusèrent de tous les maux, ceux-ci allant de la corruption, de la débauche, du meurtre voir même jusqu'à l’inceste. Ainsi, Borgia ou plutôt les Borgia, car la famille entière, de part la force des choses, entra dans la légende noire de la papauté, ne pouvait laisser indifférent, et ce, même si le personnage historique, et ses enfants – Cesare et Lucrécia – sont tellement connus, qu’il y a eu tellement d’adaptations que ce soit au cinéma, a la télévision, en littérature mais aussi en bande dessinée, de leur vie, que l’on avait tout entendue, y compris, bien souvent, n’importe quoi, que l’on pouvait se dire, en apprenant cette énième œuvre qui leur est consacré : « encore une ! A quoi bon ? ». Sauf que, quand l’auteur est un certain Alessandro Jodorowsky, on ne peut s’empêcher de se dire que son Borgia mérite peut être le détour.

Et c’est effectivement le cas, ne nous leurrons pas. Car si j’avais déjà apprécié Le Pape terrible, force est de constater que ce premier tome de la tétralogie – pour la petite histoire, paru postérieurement – consacrée aux Borgia est de très bonne facture et laisse présager une saga, a défaut d’être exceptionnelle en soit, au moins, bonne et qui mérite que l’on s’y attarde. Pourtant, comme je vous l’avais dit, ce n’est pas facile, de prime abord, d’intéresser le lecteur qui croit déjà avoir tout vu sur des figures historiques aussi célèbres ; prenez un Pape comme Jules II, quelqu’un comme moi, qui aime bien l’histoire, qui est curieux de découvrir une partie de celle-ci qu’il ne connaît pas ou un personnage un peu tombé dans l’oubli, peut vite se passionner pour une histoire (même si celle-ci n’a pas tendance a refléter la réalité telle qu’elle) qui va le mettre en valeur, qui donnera envie d’en savoir plus sur lui, de se documenter etc. Or, avec quelqu’un comme Rodrigo Borgia, ce n’est pas du tout la même chose : tout le monde, ou presque, sait parfaitement que ce Pape fut, en son temps, un superbe libertin, un débauché de la plus grande espèce qui pourrait faire passer un certain Dominique Strauss-Kahn pour un enfant de cœur. Et puis, comment faire abstraction de toutes ces fameuses adaptations, plus ou moins éloignées, de sa vie auxquels les médias populaires les plus diverses nous ont gavés depuis si longtemps ? Impossible, ou presque. Oui, tout le monde connaît les Borgia, leurs vies, leurs mœurs, les soupçons d’incestes et tout ce qui va avec. Oui, tout le monde, même les amateurs de films érotiques, dont un certain nombre sont consacrés à ce Pape immoral et à ses enfants.

Et pourtant, comme je vous l’ai dit, ca marche, et même plus tôt bien. On croyait avoir tout vu ? Et bien, Alessandro Jodorowsky nous démontre qu’on peut parfaitement faire du neuf avec du vieux, que l’on peut dépoussiérer une figure comme Rodrigo Borgia, et nous proposer une œuvre originale, pas par le fond de son histoire – finalement assez connue – mais plus par sa forme, et presque, une nouvelle vision. Et pour cela, le chilien c’est adjugé la collaboration d’un certain Manara, célèbre illustrateur de bande dessinée érotique d’origine italienne et connu depuis belle lurette par les amateurs du genre pour son coté réaliste et ses sublimes créatures sulfureuses et lubriques. D’ailleurs, que ceux qui comme moi auraient lu Le Pape terrible avant Borgia ne s’y trompent guerent ; en effet, le sexe, dans le premier cité est bien plus soft – et accessoirement, plus homosexuel – tandis que dans le second, tout cela est plus cru et certaines scènes vont plus loin, même si force est de constater que nous ne tombons jamais dans la pornographie pure et dure. Erotique, c’est le mot, forcement qui vient a l’esprit, par bon nombre de scènes, bien entendu, ainsi que pour toutes les femmes fraichement dévêtues, mais, comme son nom l’indique, Du sang pour le Pape, titre de ce premier volume de Borgia, est avant tout d’une violence extrême, ou le rouge, couleur du sang, prédomine en masse, où les morts, les scènes horribles (et marrantes a la fois, je pense a celle du sac de pénis… je dois être maso ?) sont légions, comme si les auteurs, Jodorowsky et Manara tenaient a nous rappeler, que les Borgia, ce n’est pas que du sexe, mais aussi et surtout de la violence, et encore plus, intrigues, complots politiques, perversion, chantage etc. Bien évidement, n’y chercher pas la d’exactitudes historiques, ce Borgia est tout – même si tous les protagonistes sont eux, réels – sauf un livre d’histoire, cependant, l’esprit de l’époque, des personnages, n’en était pas forcement très éloigner.

Indéniablement, et une fois de plus, Alessandro Jodorowsky, accompagné ici par le talentueux Manara, nous offre une œuvre superbe, parfois choquante de part certaines scènes et qui, de part sa violence et son érotisme pourra déplaire a certains. Cependant, il est indéniable que ce premier volume consacré a Borgia est de très bonne facture et qu’il annonce une excellente série, du moins, si le reste est du même acabit (après tout, je ne l’ai pas lu et je peux me tromper mais bon, cela m’étonnerais vu la qualité de ce premier volume). Sans scrupules, pervers, une morale plus que douteuse, voir carrément incestueux (mais cela reste à prouver quant a Lucrécia) les Borgia sont restés dans l’histoire pour tout un ensemble de mauvaises raisons mais au final, ils n’étaient que les plus formidables représentants d’une époque peu reluisante pour la chrétienté et ou Vatican rimait avec débauche et corruption. Du coup, de part leur célébrité qui aura traversé les siècles, les utiliser dans une œuvre n’est certes pas très original, cependant, réussir à le faire d’une telle qualité est bien plus rare, et, indéniablement, Jodorowsky et Manara y sont parvenus avec ce premier tome de Borgia.

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