dimanche 26 juin 2011

LES INVITÉS DE MON PÈRE


LES INVITÉS DE MON PÈRE

Lucien Paumelle a toujours eu des convictions fortes. Médecin retraité, il reste un homme d'action, réputé pour son implication dans de nombreuses causes humanitaires. Son engagement le conduit jusqu'au mariage blanc avec une jeune femme moldave, Tatiana, pour lui éviter l'expulsion. Mais ses enfants, Babette et Arnaud, s'aperçoivent rapidement que le comportement de leur père n'a plus grand-chose à voir avec les principes qu'il a toujours prônés : malgré ses 80 ans, Lucien aurait-il succombé au charme de sa flamboyante épouse ? Tandis que Tatiana et sa fille prennent leurs marques chez les Paumelle, le chaos s'installe dans le quotidien de Babette et Arnaud. Bientôt, ce sont toutes les relations familiales qui sont à redéfinir...

Avant tout autre chose, je ne peux nier le fait que je n’étais pas franchement enthousiaste à l’idée de regarder ce film ; après tout, celui-ci possédait en lui tout un tas d’éléments qui ne jouaient pas vraiment en sa faveur : milieu bourgeois parisien, crises existentielles, conflit(s) de famille, Fabrice Luchini. Bref, en gros, tout ce que je déteste dans le cinéma français, surtout le sieur Fabrice Luchini, probablement l’un des acteurs pour lequel j’éprouve le moins de sympathie – avec les tristes sirs, parmi les plus connus même si dans un tout autre genre, que sont Stallone, Bruce Willis ou Robin Williams, mais aussi, du coté du septième art franchouillard, les sieurs Christian Clavier et Samy Nacery – pour couronner le tout. Ainsi donc, ce fut presque à reculons que je me suis installé pour ce que je craignais être une soirée fort peu engageante.

Et puis, finalement, les premières minutes ont réussi à me surprendre positivement, j’entends bien : dans cette famille bobo où le père, Michel Aumont, est porté aux nues pour l’ensemble de sa carrière et de ses nombreux combats sociaux par sa fille, Karin Viard, tandis que le fils, en quelque sorte le mouton noir de la famille – puisque lui, il aime l’argent et ne s’en caches pas - Fabrice Luchini ne le porte pas forcement dans son cœur, les grandes idées de gauche, la solidarité envers les sans papiers, les miséreux volent littéralement en éclat lorsque la famille de ce bon vieux patriarche charismatique de près de 80 ans accueille chez lui une jeune femme slave avec sa fille ; qui plus est, non seulement celles-ci vont vivre dans la demeure familiale, mais en plus, le frère et la sœur, ainsi que leurs compagnons et compagne respectif, découvrent avec stupeur que le vieux médecin retraité a épousé – soit disant afin de faciliter l’obtention des papiers de séjours – la sulfureuse Tatiana. Et là, forcement, c’est le début des problèmes comme il fallait s’y attendre et ce fut un véritable plaisir que de voir la pauvre Karine Viard voir sa vieille icône de père tandis que celui-ci s’écroulait, a vitesse grand V, de son piédestal, le tout sous le regard, d’abord hilare, d’un Luchini curieusement d’une sobriété bienvenue – qui m’aura fait passer pour un médisant de première – dans son jeu mais qui, lui aussi, finira par s’inquiéter par la tournure des événements qui, vous vous en doutez, vont aller de mal en pis.

En toute sincérité, sans être un film franchement exceptionnel, Les invités de mon père est une bonne satyre sociale de ce milieu bobo parisien tellement pétris de grandes idées, de solidarité envers les plus démunis mais non exempt d’énormes défauts ; car dans ce film, des défauts, tout le monde en a : que ce soit Michel Aumont, ce grand défenseur des causes humanitaires qui, pour satisfaire ses désirs sexuels, est beaucoup moins noble qu’il n’y parait, cette même Tatiana, stéréotype type – même un peu trop selon moi – de la femme slave prête a tout pour l’obtention de ses papiers mais aussi du compte en banque de son vieux mari, voir même la pauvre Karine Viard qui, déboussolée par les événements, part littéralement en vrille mais aussi, avoue qu’elle aussi ne fut pas toujours aussi exemplaire qu’on pouvait le penser. Et finalement, quelque part, le plus noble dans cette affaire est finalement le personnage jouer par Fabrice Luchini : certes il aime l’argent, la réussite, mais il ne s’en cache nullement, ce qui n’est pas forcement le cas de tout le monde dans cette famille. Quant a l’élément final, que je ne dévoilerais pas ici pour ne pas gâcher l’effet de surprise, qui a tellement choquer certains et certaines, s’il a put leur paraître a ce point horrible, je trouve personnellement qu’il colle parfaitement avec le reste du film et qu’il en est, surtout quand on voit la psychologie des personnages et la tournure des événements, une conclusion plus que logique.

Les invités de mon père est donc un film assez sympathique, assez plaisant dans sa première partie, souvent hilarante et juste, et qui, selon moi, manque un peu de souffle vers la fin – mais vu que j’étais particulièrement fatiguer lorsque je l’ai vu, peut être que cela a jouer sur mon avis ? – de plus, la réalisatrice Anne Le Ny (que je ne connaissais pas) a sut particulièrement reconstruite avec justesse ce fameux microcosme d’une famille bobo typique, qui donne une image certaine image extérieure mais qui n’en est pas moins exempt de défauts assez rébarbatifs. Bien évidement, tout cela est loin d’être franchement original et d’ailleurs, je pense que ce film mérite plus d’être vu comme ca, a la télévision, qu’au cinéma (parce que bon, une place de ciné, c’est cher tout de même) ; enfin bon, quoi qu’il en soit, a défaut d’être le film de l’année, Les invités de mon père, pour peu que l’on ne soit pas entièrement allergiques au cinéma français, pourra éventuellement vous faire passer une agréable soirée. Et comme en plus, Fabrice Luchini est pour une fois assez sobre, rien que ce simple fait mérite presque que l’on s’attarde sur ce film.

vendredi 24 juin 2011

LE CODEX DE MERLIN : LES ROYAUMES BRISÉS


LE CODEX DE MERLIN : LES ROYAUMES BRISÉS

Dans ce troisième et dernier volet du Codex Merlin, la colline sur la quelle est bâtie Taurovinda, la forteresse d'Urtha (Haut roi des Cornovides), prend vie : le royaume de l'Autre Monde, celui de l'Ombre des Héros, veut annexer les terres du roi. Mais cette fois, les Morts sont mus par une force plus sombre et plus ancienne que le plus vieux de ces fantômes. Qui les réveille ainsi ? Merlin, qui séjourne dans la forteresse, doit répondre à cette question s'il veut sauver ce monde de l'anéantissement. Le vaisseau de Jason, Argo, est de retour, attiré là par la culpabilité attachée à son passé et un terrible secret dont seul Merlin aura la révélation. Argo et Jason détiennent la clé du mystère.

Depuis environ une bonne dizaine d’années, si ce n’est plus, la littérature fantastique en générale (Fantasy, SF etc.) est phagocyter par deux œuvres majeures, de part leur importance, que même les néophytes et les réfractaires au genre connaissent, Le Seigneur des Anneaux et Harry Potter, ou plutôt même, depuis les adaptations de celles-ci sur grand écran, on pourrait presque dire que le genre fantastique, et plus particulièrement la Fantasy (la SF marchant bien moins de nos jours) fourmille d’œuvres écrites « a la manière de » ; combien de clones du monument de Tolkien ou du magicien a lunettes devront nous encore nous taper pour que ce genre retrouve enfin des couleurs, et surtout, une originalité qui lui a fuit depuis longtemps ? Ainsi, en ce début de vingt et unième siècle, combien d’éditeurs nous assènent, le plus sérieusement du monde, qu’un nouveau cycle majeur de fantasy voit le jour tous les mois, que cette fois ci, tel nouveau cycle qui au passage, s’étalera sur une bonne vingtaine de tomes va bouleverser l’univers du fantastique, que le lecteur sera enfin conquis par une œuvre culte avant même sa sortie ? Or, au final, que des clones, c'est-à-dire soit un gamin ou un adolescent qui s’avère être l’héritier ou/et futur sauveur du monde et qui, accompagner par une troupe de personnages que même Donjons & Dragons renierait, c'est-à-dire, un vieux magicien sage qui sert de mentor, un ou deux guerriers bourrus mais sympathiques finalement, et toute une faune vu et revu des milliers de fois composer d’Elfes, de Nains et d’Orcs ; soit, un ou une magicienne/sorcière/enchanteur qui se retrouve – soupirs – d’en une école de magie etc., vous connaissez la suite. Bien évidement, il y a pire, mille fois pire, comme les vampires qui sont a la mode ces derniers temps avec ces histoires oh combien passionnantes de lycéens boutonneux aux prises avec ces indécrottables suceurs de sang, qui fréquentent les salles de classes également et toutes ces merveilles histoires d’amour impossible et d’une niaiserie confondante qui, accessoirement, doit faire se retourner ce pauvre vieux Comte Dracula dans sa tombe. Bref, vous l’avez compris, c’est ce que l’on appelle une époque tout bonnement formidable et où ces œuvres sont à l’originalité ce que Staline fut, en son temps, à la démocratie.

Et puis, parfois, sans crier gare, il existe autre chose, d’autres œuvres, d’autres écrivains, qui essayent de sortir des sentiers battus, de nous proposer un matériel original, de qualité. Bien souvent, car il faut le reconnaître, ces fameuses œuvres ne se vendent pas aussi bien que le dix septième tome du cycle de machin truc, mais cela importe peu, même si c’est tout de même dommage pour le compte en banque de ces dits auteurs. Bien évidement, sans être totalement obscures, ces fameuses œuvres sont beaucoup moins connues que les autres, on a un peu plus de mal a les trouver, cachées qu’elles sont au fin fond du rayon SF/Fantasy de la FNAC, mais tout cela importe peu car quand on a la joie, que dis-je, le bonheur de les connaître, la satisfaction est telle que l’on se moque bien du marasme actuel de la littérature fantastique car quelque part, l’on sait pertinemment que ces œuvres, elles, seront toujours lues dans cent ans ; ce ne sera pas forcement le cas de toute la production actuelle.

Mon plus grand regret, finalement, avec Robert Holdstock, puisque tel est le sujet du jour avec Le royaume brisée, troisième et dernier tome du Codex de Merlin, est que celui-ci nous ait quitté bien trop tôt – foudroyer fin 2009 par la bactérie E. coli dont on nous parle énormément depuis quelques semaines – et que celui-ci nous aura laisser une œuvre certes d’excellente qualité, mais qui aurait put être plus importante encore si le destin lui en avait laisser l’opportunité. Bien évidement, je ne vais pas revenir sur la façon dont je l’ai découvert, il y a quelques années – il suffit pour cela de relire mes critiques précédentes du Codex de Merlin – mais ce qui est sur, c’est que, contrairement a bon nombre de romans et d’autres cycles de la production actuelle de Fantasy, oui, mille fois oui, nous avons la une œuvre majeure du genre. Et bien évidement, comme il fallait s’en douter, une œuvre finalement assez méconnue, même parmi les amateurs du genre. Ce cycle, ce Codex Merlin, il m’aura fallut plus de cinq ans pour en venir a bout : entre les deux premiers volumes, lus il y a maintenant longtemps puis la longue attente de la sortie en poche des Royaumes brisées qui ne vint jamais, ce n’est donc que ces jours ci que j’aurais donc lu ce fameux troisième tome. Une longue attente donc, sans nul doute, pour la conclusion de l’un des cycles de Fantasy qui m’aura le plus marquer cette dernière décennie.

Inutile de revenir sur le synopsis de base, sur Merlin, Jason et Urtha, le cadre antique, les mélanges des genres, accessoirement parfaitement réussis, inutile également de revenir sur la qualité d’écriture et de narration de Robert Holdstock, sur le coté prenant qu’a put avoir les divers tomes de ce cycle ; tout cela, vous le retrouverez dans mes critiques de Celtika et du Graal de fer. Non, aujourd’hui, pour ces Royaumes brisés, ce que je voulais vous raconter, ce qui m’a le plus marquer, c’est que ce troisième tome, tant attendu, m’aura plus fait penser a une conclusion qu’a un véritable roman. Des toutes premières lignes a la dernière, tout au long des quatre cent pages et quelques que j’ai parcouru avec plaisir, c’est surtout cela que j’ai ressenti, comme si, Holdstock avait avant tout souhaité prolonger son récit, lui donnant ainsi une fin en nous narrant le sort de ses divers protagonistes. Et pour cela, plutôt que de nous offrir Merlin & Jason III, l’auteur, tout en finesse, nous entrainait sur leur suite, amenant de nouvelles énigmes, en expliquant d’autres, statuant sur le sort des protagonistes qui nous suivaient depuis le début du cycle, nous offre un magnifique voyage, qui mènera l’Argo d’Alba jusqu’en Crète, avant de revenir a son point de départ où le destin de chacun aura lieu. Et le personnage principal de ce dernier volume, si le terme convient exactement, aura finalement été le temps. Oui, le temps omniprésent dans ce volume, où passé, présent et futur en cessent de se mélanger, au point de parfois en dérouter le lecteur, ce temps qui vient reprendre son dut, que ce soit a Jason, pour lui rappeler sa mortalité prochaine, a Médée, qui en aura trop abuser, a Niiv bien évidement, qui aura raccourci le sien en jouant avec des forces qui la dépasse, a cet étrange Façonneur qui fait son apparition dans ce volume, mais aussi et surtout a Merlin qui, a force de ne pas user ses dons, vivait, en quelque sorte, hors du temps. Ainsi, et même si Les royaumes brisés ne viennent pas expliquer tous les mystères, les questions que l’on pouvait se poser depuis le tout début de Celtika, il en est une formidable conclusion, qui laissera, tandis que Merlin s’apprête à reprendre son chemin, sans nul doute le lecteur orphelin d’un univers et de personnages tout bonnement époustouflants.

Je pourrais chipoter sur quelques petits détails, comme quelques petits raccourcis un peu faciles, quelques oublis en court de route et des contradictions tout de mêmes assez embêtantes avec les volumes précédant (et ce, même si Robert Holdstock en a conscience puisqu’il nous met en garde contre celles-ci en préambule de son ouvrage), cependant, tout cela est accessoire et ne gâche pas trop le plaisir, indéniable lui, de la lecture. J’avais peut être espérer, après tant d’années d’attente, que ce dernier tome du Codex Merlin soit différent, peut être un peu plus conventionnel finalement ; plus héroïque ? Mais finalement, et même si je lui ai préféré les deux volumes précédant (mais qui sait ce que donnerait une nouvelle lecture, n’est ce pas Le Graal de fer ?), Les royaumes brisés, de part son tempo, finalement assez lent et sobre, comme le court d’une rivière, son coté long, très long épilogue où le temps rattrape, les uns après les autres, tous les protagonistes, est une excellente conclusion a ce superbe cycle qu’est le Codex de Merlin. Et son final, tout bonnement somptueux et triste a la fois, ou des centaines de cygnes occupent l’horizon, tellement féerique en soit, me marquera, je le pense, pendant encore très longtemps…

Sciences & Avenir n° 172 : Les nouvelles histoires de l’Homme



Pour un passionné de paléontologie comme moi, le numéro du mois de juin de Sciences & Avenir ne pouvait que m’intéresser, et ce, des sa couverture, aguichante au possible et qui mettait forcement l’eau a la bouche où l’on voyait le célèbre Yves Coppens, posant les mains sur deux cranes de nos lointains ancêtres avec le titre suivant : Les nouvelles histoires de l’homme. Bigre, ni une, ni deux, je me suis jeté sur le magazine afin de le dévorer. Le jeu en valait-il la chandelle ? C’est ce que je vais essayer de vous expliquer après le sommaire de ce numéro de juin de Sciences & Avenir :

Sciences & Avenir: Les nouvelles histoires de l’Homme
N° 172 Juin 2011

Au sommaire :

Dossier : Les nouvelles histoires de l’homme
- L’homme aurait des ancêtres asiatiques
- Yves Coppens : « Il y a eu plusieurs sorties d’Afrique »
- Nous sommes le fruit d’un métissage multimillénaire
L’événement : Les réfugiés du nucléaire
Actualités :
- La vie sur Terre deux fois plus vieilles
- Pourquoi les vélos gardent l’équilibre
- Dans le couloir secret du serpent a plumes
- Le dirigeable revient
- La sharka menace les vergers
- A chacun son groupe de bactéries intestinales
- Doit-on manger 5 fruits et légumes par jour ?
Découvertes :
- Rêves urbains
- Les lois du Web : surfez, vous êtes sondez
- L’adieu aux navettes
- Les chasseurs de pollen

Bon, comment dire ? En toute franchise, je pense que je devrais arrêter une bonne fois pour toutes d’acheter ce genre de magazines car ils me laissent toujours sur ma faim. Je ne veux pas dire que ce numéro de juin de Sciences & Avenir soit mauvais en soit, cependant, a l’heure d’internet, a l’époque où, la moindre info est immédiatement consultable en ligne puis, immédiatement reproduite et diffusée aux quatre coins du monde (il suffit de voir certaines catégories de mes articles pour le constater), est ce que cela vaut vraiment le coup de dépenser quatre euros (certes, c’est peu mais tout de même) pour un magazine dont la quasi intégralité du contenu peut être trouvée gratuitement ? Eternelle question de notre époque qui ne me semble pas insensée et qui démontre, par exemple, les difficultés de la presse écrite en général ; quatre euros d’un coté, gratuité de l’autre, franchement, le choix est souvent vite choisis.

Pourtant, Sciences & Avenir est un excellent magazine scientifique qui mérite largement le détour, sans nul doute : articles intéressants, sujets variés, on ne peut pas dire que le lecteur n’en a pas pour son argent. Hélas, il souffre a mon avis d’un défaut important : un dossier principal ridiculeusement court, beaucoup trop court même. D’ailleurs, il est difficile parfois de voir la différence avec d’autres articles du magazine, ce qui est un comble. Dommage car ce n’est pas la première fois que je le constate (il suffit de voir le numéro de mars, tellement décevant avec ces quelques pages consacrées aux citées perdues voir même, par certains cotés, celui de novembre où les scientifiques nous parlaient de la vie extraterrestre) et au final, si le dossier est effectivement intéressant en soit, de part le sujet, l’on ne peut que rester sur sa faim devant la pauvreté des douze pages – dont la moitié consacrée aux illustrations – proposées. Du coup, je me serais plus intéresser par d’autres articles dans ce numéro de juin, comme celui qui nous narre l’histoire des navettes spatiales, ainsi que les nombreuses brèves, et ce, même si la plus part d’entre elles ne m’étaient pas inconnues. Alors oui, c’est un magazine de qualité, oui, c’est bien écrit, oui, c’est intéressant, mais est ce nécessaire à l’heure d’aujourd’hui ? Personnellement, je commence à en douter.

Je ne suis pas un adepte du tout gratuit que peut être internet – peut être suis-je couillon d’ailleurs – et je dois reconnaitre que j’aime bien l’objet que peut représenter un magazine par exemple ; pour moi, le format papier est irremplaçable. Cependant, je vais probablement arrêter de dépenser de l’argent dans ce genre de revues scientifiques qui, finalement, ne m’apportent pas grand-chose. Par contre, pour les hors séries, c’est une toute autre histoire, bien au contraire : consacrés a un sujet, celui-ci est parfaitement développer de long en large et la, indéniablement, on en a pour son argent. Alors, a quand un hors série sur cette fameuse nouvelle histoire de l’Homme ?

lundi 13 juin 2011

HAUTEVILLE HOUSE : EXPÉDITION VANIKORO


HAUTEVILLE HOUSE : EXPÉDITION VANIKORO

Une course contre la montre s’est engagée entre l’USS Kearsarge, à bord duquel se trouvent Gavroche et Zelda, et l’Alabama, allié au Diable de Tasmanie. Tous tentent de rejoindre au plus vite l’épave de la Boussole, qui gît à une dizaine de mètres de fond, près d’une île de l’archipel des Iles Salomon. L’occasion, enfin, de mettre la main sur la croix de La Pérouse. Mais les protagonistes vont découvrir, sous l’eau, une étrange cité sous-marine qui recèle bien des dangers.

« Parfois, et ce ne serait pas la première fois que cela m’arrive, une œuvre avec le temps, et avec une relecture ultérieure, surtout dans son ensemble, peut prendre de la valeur et monter dans mon estime. Cela sera peut être le cas pour Le Diable de Tasmanie et le second cycle d’Hauteville House en général. Personnellement, je l’espère, mais je suis très peu optimiste au jour d’aujourd’hui. Quoi qu’il en soit, j’irais jusqu’au bout de cette série, mais je ne m’attends pas à des miracles. » Feanor, Mai 2010 pour Hauteville House tome 6, Le diable de Tasmanie.

Si j’ai tenus à débuter cette critique du septième tome d’Hauteville House par la conclusion de son prédécesseur, intitulé Le Diable de Tasmanie, et datant d’il y a un peu plus d’un an, c’est que, selon moi, celle-ci méritait que l’on y revienne. En effet, et comme ce fut le cas pour Le graal de fer, deuxième tome du Codex de Merlin de Robert Holdstock (voir mon article précédant), une seconde lecture vint modifier mon opinion initiale qui, comme vous pouvez le constater, était loin d’être élogieuse. Bien évidement, il faut tout de même savoir relativiser mes propos et malgré tout, ce n’est parce que j’ai changé d’avis que cela suffit de faire de ce second cycle de la série de Fred Duval et Thierry Gioux une parfaite réussite exempte de tous défauts, cela ne serait pas exact ; cependant, force est de constater que malgré ses faiblesses, que l’on ne peut nier, avec plusieurs relectures et le recul nécessaire qui va avec, j’ai plus tendance a voir les points positifs de cette série, accrochant davantage a une intrigue qui a eu du mal a démarrer selon moi, mais qui, au fil des tomes – trois désormais pour ce second cycle – commence a atteindre le niveau du premier. Ainsi, comme je le disais il y a un an, il vaut mieux ne pas s’attendre à des miracles, l’effet de surprise n’en est que plus agréable par la suite.

Tout d’abord, premier bon point a mettre a l’actif de cette Expédition Vanikoro, sa couverture ; franchement belle, avec ce sous marin digne du Nautilus qui se balade au beau milieu d’un ban de méduses géantes, celle-ci renoue de la plus somptueuse des façons avec ses devancières, toutes excellentes – et accessoirement, l’une des marques de fabrique de la série – et qui n’avait connu qu’un seul, mais regrettable faux pas, lors du tome six : personnellement, quant on voit toutes les autres et celle du Diable de Tasmanie (avec ce pauvre Fantôme de Paris dans sa barque) il n’y a pas photo. Ainsi, lorsque je l’ai découverte il y a quelques semaines, j’avais été ravi de constater qu’au moins, pour ce qui était de la couverture, la qualité était de retour. Mais, bien heureusement, le contenu n’en fut pas en reste. Tout d’abord, après m’être replonger dans la lecture du sixième tome, afin de me remémorer un petit peu l’intrigue en court (au bout d’un an, je ne me souvenais pas de tout) et de voir que finalement, celle-ci n’était pas aussi mauvaise que je l’avais pensé de prime abord, ce fut le moment de m’attaquer au plat principal, si vous me permettez l’expression, c'est-à-dire, ce fameux septième tome, Expédition Vanikoro. Et la, franchement, je dois reconnaître que ce fut un véritable régal que de retrouver Gavroche et ses compagnons dans ce que j’appellerais l’aventure avec un grand A. Ainsi, dans cet univers Steampunk qui ravira bien évidement les amateurs du genre, entre multiples hommages a Victor Hugo et surtout Jules Vernes, multiples clins d’œil ma fois assez amusants comme un certain Nadar (personnage ayant véritablement exister) qui se plait a jouer les Yann Arthus-Bertrand, ses personnages hauts en couleurs pour certains comme ce terrifiant Diable de Tasmanie et cet agréable et réussi mélange des genres qui nous fait penser a 20000 lieux sous les mers, bien évidement, ainsi qu’au mythe de Cthulhu, avec cette ancienne citée cyclopéenne engloutie et ces créatures dignes des grands anciens, le récit est tout bonnement un pur régal qui saura accrocher le lecteur, surtout que l’intrigue de ce second cycle qui jusque la, n’avançait qu’a petits pas (d’où ma perplexité jusque là) c’est enfin emballer et en est devenu passionnante.

Alors bien sur, tout n’est pas forcement parfait dans cet album et il serait faux de prétendre que ce septième tome de Hauteville Housse n’est pas exempt de défauts, mais quelque part, a bien y regarder, ce sont ceux qui sont propres a la série en elle-même : ainsi, tout en reconnaissant que le style de Thierry Gioux colle a merveille a cette série, force est de constater que je n’accroche pas toujours aux dessins, que je trouve parfois brouillons, surtout pour les personnages. De même, je ne peux que regretter que, point de vue des protagonistes, on se tape un peu les mêmes depuis les débuts et que tous n’aient pas le même traitement alors qu’ils mériteraient probablement d’être un peu plus présents ; j’ajouterais également pour conclure qu’il y a eu une ou deux situations un petit peu trop tirées par les cheveux a mon gout mais bon, quoi qu’il en soit, tout cela ne m’a pas empêcher d’apprécier dans l’ensemble cette Opération Vanikoro. Bonne intrigue qui décolle enfin, un coté mystérieux qui ne peut que me plaire – entre le mystère entourant la disparition de l’expédition de La Pérouse et le mythe de Cthulhu – et des personnages, certes pas vraiment originaux mais assez attachants font de ce septième tome de Hauteville Housse une sacrée bonne petite BD comme je les aime.

dimanche 12 juin 2011

LE CODEX DE MERLIN : LE GRAAL DE FER


LE CODEX DE MERLIN : LE GRAAL DE FER

Merlin est de retour à Alba - l'Angleterre -, où il est accueilli par de nouvelles menaces. La forteresse de Taurovinda a été prise par les troupes du Pays Fantôme. Urtha, Haut roi des Cornovides, est bien décidé à reconquérir sa place forte. La guerre contre le Pays Fantôme semble inévitable. Merlin est hanté par la certitude que Jason, s'il a survécu à sa blessure, reviendra à Alba pour y chercher son second fils, Kinos, caché par Médée. Mais qui peut dire quel rôle jouera Médée dans ces différentes quêtes qui, toutes, impliquent Merlin, son amour de jeunesse ?

Avant de rentrer dans le vif du sujet, je dois vous faire une confidence au sujet de ce deuxième tome du Codex de Merlin ; il y a quelques années, encore tout enthousiasmer par son prédécesseur, Celtika, qui voyait le plus qu’utilisé Merlin (oui, celui des légendes arthuriennes) partir en vadrouille en pleine antiquité aux cotés d’un certain Jason (oui, celui des argonautes), je m’étais donc lancer dans sa suite, ce fameux Graal de fer et puis, comment dire, la déception avait été grande. Bien évidement, celui-ci n’était pas mauvais en soit, bien évidement, la lecture était toujours aussi agréable – et sur ce point, je pense ne pas me tromper en affirmant que le monde du merveilleux a énormément perdu avec le décès prématuré de Robert Holdstock – sauf que, malgré cela, le contenu de ce deuxième tome m’avait moins emballé. Etais ce en raison du fait, indéniable, que Jason et bien des protagonistes de Celtika avaient un rôle bien moins important, étais ce en raison que le juste milieu, trouvé par l’auteur dans le premier tome, entre univers celtique et grec (sans oublier le début qui lorgnait du coté des légendes finnoises) était cette fois ci aux abonnés absents, le coté celtique ayant définitivement pris le pas sur tout le reste, étais-ce aussi pour un final, que j’aurais souhaiter plus long, un peu de tout cela a la fois, sans nul doute. Ainsi, ce fut avec un sentiment de déception, réel malheureusement, que j’avais donc abandonner (en attendant de me plonger dans le troisième et dernier volume, Les royaumes brisées, que, pour la petite histoire, je ne découvre que maintenant) l’univers de Robert Holdstock, son Merlin dix fois millénaire, son Jason aux antipodes de celui de la légende, bien plus sombre, bien plus ambigu, quelque part, bien plus intéressant, et tout cet univers, pourtant passionnant au possible.

Vous comprendrez donc pourquoi, après tant d’années et surtout, après avoir relu Celtika, je n’étais pas très chaud avant de m’attaquer de nouveau au Graal de fer. D’ailleurs, je dois avouer que je n’attendais pas grand-chose de celui-ci ; oh, bien sur, je savais que cela restait tout de même un bon roman, sans nul doute, mais quoi qu’il en soit, inférieur de part mes goûts personnels, au premier tome. Or, et ce n’est pas la première fois que cela m’arrive, cette fois ci, suite a cette deuxième lecture du Graal de fer, mon sentiment a son sujet a complètement changé ; certes, pas au point de dépasser son prédécesseur dans la saga, mais mon opinion finale, autant que le plaisir et l’intérêt lors de la lecture de celui-ci a été, cette fois ci, complètement bouleversé. Comme quoi, si parfois, certains romans qui nous avaient emballés lors d’une première lecture s’avèrent finalement plus conventionnels et moins intéressants en soit par la suite, le contraire est aussi vrai, ce qui m’amène a dire qu’il faut toujours – sauf dans les cas les plus désespérés – donner une seconde chance aux œuvres, quelles qu’elles soient. Et force est de constater, que même s’il m’a fallut plusieurs années pour changer d’avis au sujet du Graal de fer, ce roman le méritait amplement.

Bien évidement, ce deuxième volume du Codex de Merlin possédait à la base quelques atouts non négligeables ; que ce soit son intrigue, toujours aussi bonne, ses protagonistes, anciens comme nouveaux, l’écriture, forcement, de Robert Holdstock, toujours détaillée, passionnante, mais aussi l’érudition de celui-ci, qui est tout bonnement phénoménale : l’on voit tout de suite que le bonhomme connaissait très bien son sujet et tout au long du récit, quel plaisir d’en apprendre autant sur cet univers celtique finalement peu connu du grand public. Et l’on touche la l’un des nœuds du problème du Graal de fer : bien évidement, tout le monde connaît les celtes, tout le monde a déjà entendu de la musique celtique – et même en être fan – mais le peuple celtique en tant que tel, ses coutumes, sa façon de vivre, de penser, ses légendes, ses Dieux, quid de tout cela ? Très peu ou presque. D’ailleurs, je ne m’en cache pas le moins du monde, même si je suis un féru d’histoire, même si j’adore les légendes, qu’est ce que je connais mal le monde celtique dans son ensemble, un peu comme si – comme tant d’autres – j’en étais resté a la vision toute romaine de ces peuples, des barbares. Du coup, c’est peut être cela qui m’avait le plus déplut lors de ma première lecture : dans Celtika, comme je vous l’ai dit précédemment, l’univers grec était encore très présent et comme je suis un féru et connaisseur des mythes et du monde grec mais aussi, comme le fait de lier Merlin a Jason m’avait enthousiasmer au possible, j’avais immédiatement accrocher au récit, prenant les a cotés celtes, pourtant très présents, comme la cerise sur le gâteau, avec son coté que je qualifierait d’exotique, mais aussi, comme un moyen d’en apprendre plus sur un sujet méconnus a mes yeux. Or, bien évidement, dans Le graal de fer, Jason – et avec lui l’univers grec – est beaucoup moins présent, voir absent, et, du coup, pénétrer aussi profondément dans ce monde celtique, avec ses légendes et ses coutumes, m’avait moins intéressé, d’où, probablement, une déception vis-à-vis de ce tome que je ne pouvais m’empêcher de comparer a son prédécesseur.

Mais, comme je vous l’ai dit, mon opinion a considérablement évoluée lors de cette seconde lecture et c’est donc en toute sincérité que je peux affirmer, sans exagérer, que Le graal de fer est un très bon roman. Et pour cela, sans nul doute, il aura fallut que je sache prendre mon temps, que je puisse apprécier chaque page, chaque paragraphe, chaque ligne de ce que nous a écrit Robert Holdstock, de s’imprégner d’un récit toujours aussi bien écrit, et, accessoirement, passionnant que son prédécesseur. Certes, cette fois ci, s’en est finis de la longue quête d’Argo qui mena nos protagonistes des terres finlandaises jusqu'à la Grèce en passant par Alba (la Grande Bretagne), le Danube etc. puisque la quasi intégralité du récit se déroule sur les terres du Roi Urtha, que nous avions laissé en fort mauvaise posture (comme d’autres protagonistes par ailleurs) a la fin de Celtika. Mais aussi, le surnaturel est cette fois ci beaucoup plus présent dans Le graal de fer, et c’est un formidable voyage dans les légendes celtes que nous offre l’auteur : entre cet étrange pays de l’ombre des héros, où se meuvent les morts et ceux a naître (et parmi lesquels se trouve un certain Pendragon), ces dieux méconnus, ces coutumes étranges, Robert Holdstock nous apprend beaucoup, par le biais de son récit, sur un peuple – ou plutôt sur un agglomérat de peuples – finalement méconnus, et c’est forcement un plaisir que je ne pourrais nier. Cependant, je ne vous en dirais pas plus, pour ne pas gâcher le plaisir de la découverte, tout au plus, je me contenterais de citer quelques moments marquants, comme la rencontre de Merlin et des Trois de sinistre présages, la prise de la forteresse de Taurovinda, la rencontre avec Médée et, bien évidement, la dernière partie – hélas trop courte selon moi – où, à bord de l’Argo, Merlin, Jason et les autres explorent d’étranges iles dans ce fameux pays de l’ombre des héros.

Indéniablement, Le graal de fer, après cette relecture, m’apparaît comme un superbe roman, une suite dans la lignée de son prédécesseur (que je continue néanmoins a préféré) bien qu’assez différent par les lieux, bien évidement, mais aussi par le rythme tandis que de nouveaux personnages prennent de l’importance. Certes, l’on pourra déplorer certains raccourcis faciles ainsi que quelques passages qui auraient mérité un autre traitement, mais dans l’ensemble, il est difficile de ne pas accrocher a cette œuvre du regretté Robert Holdstock qui nous prouve une fois de plus son indéniable talent. Et, bien évidement, ce deuxième tome vient aussi démontrer et confirmer que Le Codex de Merlin est un superbe cycle qui mérite amplement le détour de part la qualité de l’écriture, ses personnages hauts en couleurs, son subtil et réussit mélange des genres mais également pour son non conformisme qui ose sortir des sentiers battus. Dommage hélas que la plus part des gens soient justement soient bien trop conventionnels pour l’apprécier a sa juste valeur.

samedi 4 juin 2011

REQUIEM CHEVALIER VAMPIRE : BAIN DE SANG


REQUIEM CHEVALIER VAMPIRE : BAIN DE SANG

A sa mort, Heinrich pensait trouver la paix, et non le chaos de Résurrection, un monde où les terres et le temps sont inversés, et où il découvre qu'il est un vampire. Adoubé chevalier sous le nom de Requiem, il est plongé dans un conflit cosmique entre dieux des étranges, et dont il est peut-être la clé. Las de la joute plus verbale que physique engagée entre sire Cryptus et maître Tengu, Requiem et Dragon décident de faire connaissance. Dans la tour sombre, Mitra et ses sbires ont investi les lieux. L'une est assoiffée de vengeance sur Dame Holodoror, les autres ne sont intéressées que par le trésor de Dracula. Voyant la situation échapper aux responsables de la tour, la Comtesse Elizabeth Bathory décide de prendre les choses en main. Pendant ce temps la Dystopie décide de réveiller le roi Neshrut pour vaincre Dracula, tandis que les combats opposants la flotte du Comte à l'armée dystopienne commencent...

Chaque nouveau tome de cette exceptionnelle saga qu’est Requiem Chevalier Vampire est attendue par moi presque comme le messie ; ainsi, plus d’un an après le neuvième volume de la série de Pat Mills et Olivier Ledroit, sortie pour rappel en mars 2010, voici enfin, oui, enfin car je n’en pouvais plus, le dixième tome de ce qui est a mes yeux ma bande dessinée préférée, du moins, des séries en cours de parution. Alors oui, je le trouve fort long ce temps entre chaque volume, oui, ce n’est pas toujours évidant et il faut savoir s’armer de patience, mais au final, reconnaissons tout de même que le résultat est a chaque fois a la hauteur de mes espérances, et rien que pour cela, cela valait amplement le coup d’attendre. Et puis après tout, il faut savoir ce que l’on veut dans le petit monde de la bande dessinée : soit l’on a un an, un an et demi d’attente entre chaque volume avec, au final, un excellent résultat, soit on peut avoir un rythme de parution bien plus rapide – en gros, tous les trois mois – comme, par exemple, ce qui est le cas de L’Histoire secrète, et, finalement, un résultat bien souvent décevant. Bien évidement, dans l’absolu, j’aimerais qu’il y ait un juste milieu, que l’on puisse, tout en gardant la même qualité, avoir un rythme de parution plus rapide pour Requiem, mais bon, comme ce n’est pas possible, et que, justement, la qualité de cette œuvre repose également sur le temps qu’il faut a Olivier Ledroit pour en tirer toute la quintessence de son talent, que les choses restent ainsi, c’est finalement préférable.

Mais alors, nous voila donc a ce fameux dixième tome – un cap est franchis – de la saga vampirique de Mills et Ledroit, dont le titre, Bain de sang, annonce la couleur d’emblée de jeu. Pour rappel, a l’issu du volume précédant (que bien évidement, je me suis empresser judicieusement de relire histoire de me remettre dans le bain), La citée des pirates, nous avions laissés notre sympathique Requiem aux prises avec un tout nouveau adversaire, un certain Dragon, samouraï vampire de son état et, accessoirement, renégat a sa race puisqu’il participait a l’attaque de la citée vampirique avec le reste de la flotte pirate de Dame Mitra. Un tome déjà excellent en soit même si j’avais un peu titillé le fait que de nouvelles têtes fassent leur apparition, et ce, au détriment de protagonistes plus anciens que l’on ne voyait guère du coup. Ce défaut, minime mais que je ne peux cacher, ne s’est pas améliorer puisque dans Bain de sang, c’est reparti de plus belle, pas forcement pour ce qui est des nouveaux personnages – quoique, il y a bien le Roi de la Dystopie, le spectaculaire, par l’apparence, Neshrut, qui a un petit coté Roi Arthur, mais sans morale – mais pour ce qui est du sort de certains comme, par exemple, Rebecca (mais où était-elle ?), Sabre (certes, il était occupé au lit mais tout de même) voir même Bénédiction (une ou deux cases, ca fait peu). De même, cette habitude de créer régulièrement de nouveaux protagonistes peu se justifier si ceux-ci trouvent la place qu’ils méritent, or, quand on voit ce qui arrive a Dame Holodoror (pour la petite histoire, mon image que vous pouvez voir sur mon blog, c’est elle) qui était tout juste apparue dans le tome neuf, il y a de quoi se poser quelques questions. Mais bon, ce défaut, car il en est un, ne remet absolument pas en cause la qualité intrinsèque de ce tome, bien évidement, et plus généralement, d’une œuvre tout bonnement excellente depuis ses débuts et qui, chose rare, n’a jamais connu d’albums décevants jusqu'à maintenant. Car ce Bain de sang, dixième volume de Requiem Chevalier Vampire, est bien évidement un superbe album, qui porte en lui toutes les qualités de la série – que ce soit cet humour ravageur, même dans les situations les plus absurdes et dramatiques, cette violence exacerbée, cette sensualité de pas mal de personnages féminins, tout bonnement sublimes, cette perversité ambiante, ces valeurs d’un monde, Résurrection, que je qualifierai de fascinant, même si, je l’admet, cette BD n’est pas a mettre entre toutes les mains – tant d’un point de vue scénaristique, bien entendu – et la, louons grandement un Pat Mills qui s’en donne a cœur joie – que des dessins, avec un Ledroit au sommet de son art, tout bonnement. Les habitués de ce blog l’auront probablement remarqué, depuis quelques semaines, je me suis enfin lancé dans une autre œuvre culte, Les Chroniques de la Lune noire, et sincèrement, comment ne pas voir la différence de niveau – après tout, compréhensible, entre le Ledroit des débuts, et celui de Requiem. Alors bien sur, tout n’est pas parfait : on a bien souvent l’impression que celui-ci ne sait faire que deux ou trois visages, et certaines cases sont parfois un peu brouillonnes, mais cela reste une affaire de style et sincèrement, c’est tout de même une sacrée claque visuelle que ce que nous a encore fait le sieur Ledroit sur ce dixième tome de Requiem !

Bien évidement, vous l’avez compris, j’ai été entièrement conquis par ce Bain de sang ; entre une intrigue qui part dans tous les sens avec cette somptueuse attaque de la forteresse vampirique par les pirates, le duel – plus comique qu’autre chose – entre Requiem et le Samouraï (dont, au passage, on apprend comme il est de coutume dans chaque album, le passé de celui ci sur Terre juste avant qu’il ne meure), le combat impressionnant entre une Dame Mitra enfin active et la somptueuse et cruelle épouse de Dracula, la Comtesse Elizabeth Bathory qui dévoile, en plus de ses charmes, ses impressionnants pouvoirs (ouh, la scène où elle manie la hache marquera les mémoires), voir même, a un moindre degré, les pirates metaleux qui utilisent du hard (la musique, par les films bande de petits pervers) pour vaincre leurs adversaires, force est de constater que ce dixième tome fourmille de moments forts et spectaculaires qui font de ce Bain de sang un album excellentissime ; mais quelque part, on commence a avoir l’habitude avec cette série.

Pour la petite histoire, les éditions Nickel, pour marquer le coup lors de la sortie de ce dixième tome de Requiem, l’on sortit sous trois versions différentes, la première – celle que j’ai – avec la somptueuse Comtesse Elizabeth Bathory, les deux autres avec Rebecca (sympa, elle n’apparaît même pas) et Dame Holodoror. Bien évidement, cela plaira surtout aux collectionneurs en herbe, personnellement, cela sera sans moi : j’ai beau être un amoureux de la série, je n’en suis pas encore a acheter trois fois la même BD sous prétexte qu’il existe trois couvertures différentes. Quoi qu’il en soit, il va falloir désormais s’armer de patience et attendre 2012 (au moins) pour la sortie du onzième album de la série. Ah, que le temps va me sembler long…

vendredi 3 juin 2011

SUR LA TERRE DES GÉANTS


SUR LA TERRE DES GÉANTS

Bien avant l’apparition des dinosaures, d’étranges créatures, souvent cauchemardesques, hantaient les océans. Ce documentaire, aux images de synthèse de toute beauté, reconstitue un monde effrayant et méconnu. Sur la terre des géants s’arrête au début du Trias, juste avant l’avènement des dinosaures.

Séquence 1 -530 millions d'années - Cambrien

Alors que la Vie s'exprimait sous des formes rudimentaires jusqu'alors (bien qu'elle existe probablement depuis plusieurs milliards d'années), des créatures plus complexes apparaissent dans les mers. Certaines sont munies d'un squelette externe rigide composé de chitine, tels l'Anomalocaris, invertébré géant de deux mètres de long, et ses proies, les Trilobites, qui appartiennent à l'embranchement des Arthropodes (comme les insectes et les crustacés de nos jours). D'autres ont développé un squelette interne de cartilage, comme l'Haikouichtys ; cet animal de petite taille est le plus ancien poisson connu.

Séquence 2 -418 millions d'années - Silurien

Les poissons se sont développés, ont acquis des nageoires et ont développé leurs sens. Mais ils sont encore petits et faibles, et connaissent de terribles prédateurs, comme le Brontoscorpio, scorpion aquatique de 1 mètre de long. L'un d'eux prend en chasse un poisson Cephalaspis, avant de se faire lui-même capturé par un euryptéride Ptérygotus de 3 mètres de long ! Si l'atmosphère est pauvre en oxygène et peu propice à la vie animale, des plantes (comme Cooksonia, une sorte de mousse) s'installent déjà au bord de l'eau, et quelques animaux parviennent à remonter le cours des rivières.

Séquence 3 -360 millions d'années - Dévonien

Sur les marges des océans, des vertébrés se sont -partiellement- adaptés à la terre ferme. Ils ont acquis quatre pattes au lieu de nageoires, mais leur peau se déshydrate facilement, et, surtout, leurs œufs mous doivent se développer dans le milieu liquide: ce sont les batraciens. L'un d'entre eux, Hynerpeton, sorte de salamandre géante, est plus grand que tous les amphibiens actuels, avec la taille d'un crocodile. Mais, sous l'eau, milieu dont il dépend en partie, il craint de grands poissons prédateurs: les requins primitifs (Stethacanthus), et surtout le gigantesque poisson osseux Hyneria, de 5 mètres de long et 2 tonnes.

Séquence 4 -300 millions d'années - Carbonifère

La végétation s'est développée et la Terre est pour l'essentiel recouverte d'une forêt tropicale humide de fougères arborescentes, rendant l'atmosphère particulièrement riche en oxygène. Certains animaux sont moins dépendants de l'eau : les reptiles, avec une peau couverte d'écailles et des œufs à coquille rigide, sont apparus. Encore de petite taille, ils doivent combattre les arthropodes géants qui prolifèrent dans la forêt. La séquence débute avec l'apparition d'une araignée géante, Mesothelae, de la taille d'un ballon de football, qui dévore une couvée de Petrolacosaurus, petits reptiles à l'allure de lézards, avant d'en tuer un adulte. De retour à son terrier, elle se rend compte qu'il est inondé et part s'en creuser un autre en un lieu plus sec ; elle se fait voler sa proie par une libellule géante Méganeura, d'un mètre d'envergure, puis elle est dérangée par le mille-pattes Arthropleura de 2,5 mètres de long (le mille-pattes est ensuite tué par le batracien Proterogyrinus, proche de l' Hynerpeton de la précédente séquence), avant de trouver un lieu où creuser son nouveau terrier.

Séquence 5 -280 millions d'années - Permien inférieur

Le climat a changé; il est devenu plus sec, avec des saisons très marquées. Les plantes à graines (conifères) sont apparues ; plus résistantes au froid et à la sécheresse, elles remplacent les forêts de fougères du Carbonifère. Les arthropodes géants se sont éteints. Les reptiles prospèrent, et les premières espèces géantes sont apparues ; mais elles n'ont aucun rapport avec les dinosaures. Pour mieux résister aux écarts de température, elles ont mis au point un système de régulation thermique, au moyen d'étranges voiles membraneuses, parcourues de vaisseaux sanguins. Ces animaux bizarres, dits « reptiles mammaliens » auront pour descendants les mammifères. Parmi eux, le placide Edaphosaurus est un végétarien, qui vit en troupeaux. Il craint les assauts d'une espèce voisine, mais prédatrice, le Dimétrodon.

Séquence 6 -250 millions d'années - Permien supérieur

Les continents se sont réunis et forment la Pangée, dont le centre est un désert hyperaride, où ne survivent que des animaux hautement résistants. Le Scutosaurus, ancêtre des tortues pesant 1 tonne, est l'un d'entre eux; il peut survivre dans le désert grâce à son métabolisme lent, et à sa faculté de se priver d'eau et de nourriture pendant des mois. Un mâle solitaire de cette espèce est, au début de l'épisode, poursuivi et tué par un Gorgonopsien, reptile mammalien plus évolué que ces prédécesseurs, dont l'aspect évoque quelque peu celui des grands mammifères carnivores actuels. Cet animal règne sur un domaine de sable et de cailloux, au centre duquel se trouve une mare, précieuse pour les animaux en ce temps de sécheresse. Il ne le partage qu'avec les animaux qu'il ne peut capturer, comme le Diictodon, un autre reptile mammalien, mais de petite taille, au mode de vie fouisseur et aux allures de chien de prairie, et un batracien carnivore du groupe des Labyrinthodontes, le dernier de sa lignée, qui voit son domaine aquatique rétrécir de jour en jour sous l'effet de l'absence de pluies.

Séquence 7 -248 millions d'années - Trias inférieur

Le monde se remet de l'extinction de masse du Permien, les déserts reculent à nouveau devant les forêts. Plusieurs espèces de reptiles mammaliens ont survécu, et se développent à nouveau. Parmi celles-ci, le Lystrosaurus, grand animal à l'aspect d'hippopotame, présenté comme un descendant du Diictodon, qui vit en troupeaux nombreux. Malgré sa taille respectable et son comportement grégaire, ses déplacements sont périlleux du fait de plusieurs prédateurs qui chassent en embuscade, comme l' Ericiolacerta, un reptile mammalien carnivore, qui attaque les Lystrosaurus dans les ravins, et le Proterosuchus, un ancêtre des crocodiles, qui les guette dans les cours d'eau. Les ancêtres des dinosaures sont apparus, mais sont petits, tel Euparkeria, qui a un régime alimentaire à base d'insectes.

Après avoir, au mois de mars, débuter par Sur la Terre des dinosaures, puis poursuivis, en avril, par sa suite, Sur la Terre des monstres disparus, il était temps – après l’oubli du mois de mai – de conclure en beauté avec Sur la Terre des géants, dernier volet de la célèbre trilogie de documentaires consacrée a la préhistoire de la BBC ; oui, bon, je sais que ce n’est pas vraiment une trilogie puisque depuis, d’autres épisodes se sont vus greffés aux originaux mais peu importe, je m’en tiendrais a ces trois la. Ainsi, toujours avec mes enfants puisqu’a la base, ses achats avaient été effectués pour satisfaire leur gout – en particulier pour ce qui est du plus jeune – de la préhistoire, après avoir admirer (le terme me semble exact) les célèbres dinosaures puis les moins connus mais néanmoins spectaculaires mammifères géants de la mégafaune, il était grand temps de remonter encore plus loin dans le passé et de nous intéresser aux divers animaux qui ont peupler notre planète, des formes de vies les plus primitives jusqu’au tout début du Trias et l’ancêtre du dinosaure. Bref, un long, très long voyage dans notre passé qui ne pouvait que nous ravir.

Tout d’abord, il faut souligner le grand intérêt, peut être même supérieur aux deux autres documentaires, de ce Sur la terre des géants ; en effet, des reportages, des bouquins, des films sur les dinosaures, il en existe des tas et bien souvent, l’on frôle presque l’overdose, les mammifères qui les ont remplacer, c’est déjà un peu différent, ils sont moins connus pour la plus part mais même ainsi, ne serais ce que pour certaines espèces comme les mammouths, les tigres a dents de sabres ou le mégacéros, nous avons tous une image plus ou moins précise de ceux, en plus, la aussi, il n’est pas trop difficile de trouver matière a se documenter si on le souhaite. Par contre, pour ce qui est de la période précédant celle des dinosaures, on doit avouer que c’est bien souvent le flou total pour le grand public. Bien évidement, il y a le dimétrodon – que beaucoup confondent avec les dinosaures – voir le trilobite, de même, on sait qu’il fut un temps où des insectes géants vivaient sur notre planète (pour la petite histoire, le Carbonifère), mais c’est tout, ou presque : peu voir aucun reportages, idem pour les articles ou les bouquins où ils n’ont qu’une place trop souvent minime vis-à-vis des autres animaux de la préhistoire. Du coup, les premiers âges de notre planète apparaissent bien souvent comme étant assez obscurs et, a moins d’être un véritable passionné, la plus part d’entre nous ne savent pas grand-chose sur une faune et une flore pourtant tout aussi intéressante que celles qui suivit. Ainsi, rien que pour son coté éducatif, Sur la Terre des géants mérite amplement que l’on s’y attarde.

Bien évidement, tout n’est pas parfait dans ce documentaire et l’on pourrait regretter, comme ce fut le cas pour ses prédécesseurs, une trop grande mise en scène – mais bon, c’est le style des reportages animaliers modernes – voir une dramatisation des événements a outrance ; de même, quelques approximations scientifiques sont notables, et la, c’est un peu plus grave comme celle de l'araignée Mesothelae, dont le fossile, initialement attribué à cet animal, s'est avéré être celui d'un euryptéride ou scorpion marin. A la décharge de la BBC, il faut tout de même signaler que ces approximations sont dues a des découvertes postérieures au documentaire et qu’il est, surtout en paléontologie, fort difficile de créer une œuvre dans ce genre qui n’apparaisse pas comme étant partiellement erronée quelques années plus tard ; un exemple, les livres sur la préhistoire, pour en lire depuis trente ans, je peux vous assurer que des erreurs, il y en a sur les plus vieux, ce qui ne signifie pas que les plus récents détiennent la vérité absolue, bien au contraire.

Quoi qu’il en soit, et malgré quelques petits défauts qui ne nuisent en rien a la qualité de l’ensemble, Sur la terre des géants est un excellent documentaire, dans la lignée de ses deux prédécesseurs, qui plaira aux amateurs du genre, qui passionnera et émerveillera les plus jeunes (des vocations futures ?) et qui sait, intéressera peut être le néophyte. Des images superbes, des animaux étonnants et plus vrais que nature que l’on n’est pas habitué à voir sur nos écrans et un plaisir de bout en bout tout au long de cet excellent documentaire que je recommande, bien évidement, vivement aux amateurs de la préhistoire.

mercredi 1 juin 2011

THE ROYAL DOLL ORCHESTRA - IV


THE ROYAL DOLL ORCHESTRA - IV

Le monde est en pleine déliquescence, une épidémie frappe la population et transforme les gens en zombies qui attaquent sauvagement le reste de la population ! Menée par Rutile, une bande de baladins parcourt le monde, tentant de réaliser des miracles grâce à leur musique… Mais cela a-t-il encore un sens ? Revenus de force à la Cour de la Reine, Rutile et sa troupe tentent désormais d’échapper à l’inique dictatrice ! Mais face à tant d’indépendance, cette dernière s’emporte et décide de sévir. Voilà que les membres de l’Orchestre Royal sont recherchés comme de vulgaires criminels.

Je sais pertinemment que bien souvent, la vision que l’on peut avoir d’une œuvre peut être biaiser par l’enthousiasme que l’on ressent en la découvrant et que, lorsque l’on revient dessus par la suite – quelque soit le temps écoulé – notre avis peut alors s’en trouver légèrement moins positif et l’on peut apercevoir quelques défauts qui nous avaient échapper de prime abord. Bien évidement, cela n’arrive pas toujours ; après tout, certaines œuvres sont franchement bonnes et l’on ne s’en lasse pas, mais quoi qu’il en soit, c’est un fait qu’il ne faut pas négliger. Mais alors, qu’en est-il de ce Royal Doll Orchestra de la magicienne Kaori Yuki ? Sincèrement, et alors que je viens de lire le quatrième tome de ce manga, mon avis n’a toujours pas changer a son sujet : c’est du tout bon. Bien évidement, ce n’est pas non plus un chef d’œuvre absolu, bien évidement, si je devais faire un choix, je préfèrerais encore Angel Sanctuary, cependant, comment ne pas s’enthousiasmer pour cette histoire où dans un monde que l’on pourrait presque qualifier de post-apocalyptique – lorsque une bonne partie de la population mondiale est ou sera contaminer par un virus mortel qui la transformera en marionnettes/zombies, je pense que ce qualificatif me semble juste – une bande de musiciens paumés, pour la plus part porteurs d’un très lourd passé, errent dans le but… oui, justement, dans quel but ? Jouer de la musique pour apporter un peu d’espoir aux rares survivants ? Essayer, pour Rutile, de sauver sa sœur – la Reine – d’elle-même ? Voir, tout bonnement, en finir avec cette malédiction ? Un peu de tout cela a la fois. Ainsi, et même, comme je l’ai déjà dit lors des critiques des tomes précédant, même si tout cela finalement n’est guère original (il suffit de remplacer les guignols par des zombies si vous voyez ce que je veux dire), que les protagonistes ont un petit air de vu et de déjà vu et que les situations sont assez convenues dans l’ensemble, force est de constater que Miss Kaori Yuki s’est suffisamment bien débrouillée pour nous offrir néanmoins une série captivante, auquel on a du mal a décroché une fois lancé dans sa lecture ; bref, une bonne série qui, je pense, survivra au passage du temps.

Mais alors, ce quatrième tome ? Et bien, j’ai à la fois pas mal de choses à dire et rien du tout. Rien car je ne vais pas revenir pour la énième fois sur la qualité des dessins, du scénario, du découpage des planches dynamiques, la beauté des personnages, des décors, les multiples rebondissements de l’intrigue etc. Pas mal de choses parce que bon, tout de même, cette critique est réservée au quatrième volume de cet Orchestre Royal de Guignols et qu’il faut bien que j’en dise quelque chose, n’est ce pas ? Surtout que, et je m’en tiendrais a l’histoire, celui-ci le mérite amplement. Ainsi, après m’être lamenter lors de la critique du tome deux du fait que les compagnons de Rutile soient sous exploités, j’avais eu la joie – oui, je ne m’en cache pas – de voir l’un d’eux, plus précisément, le silencieux Gwindel (autrefois sculpteur légèrement fou sur les bords) mis a l’honneur. Et dès le début de ce tome quatre, dans le court chapitre intitulé Stigmate, c’est le second, le fougueux et brutal Kohaku de nous révéler son passé, ce qui était tout de même temps quand on n’y pense. Forcement, en apprendre plus sur ces deux personnages jusque la mystérieux ne peut que faire plaisir aux lecteurs qui n’attendaient que ca, ce qui est dommage, c’est qu’ensuite, ceux-ci retournent presque a leurs rôles de quasi figurants. D’ailleurs, selon moi, c’est le gros point noir de ce Royal Doll Orchestra ; bien évidement, Rutile a tendance a tout écraser par sa présence charismatique, quant a Eles, celle-ci apparaît presque plus que celui-ci, ce qui, quant on ajoute a cela le fait que les personnages ponctuels en imposent également mais aussi que d’autres, comme Berthié, par exemple, voir Spinelle occupent une place non négligeable, la place restante pour nos deux compères, Kohaku et Gwindel s’en trouve forcement réduite ; il y a du mieux, indéniablement, mais cela ne m’empêchera pas de me dire que ces deux la n’en sont pas moins sous-exploités. Au moins, dans Angel Sanctuary, Kaori Yuki avait su développé toute une foule de personnages secondaires, leur accordant l’importance qu’ils méritaient. Ce n’est pas le cas ici, mais il faut, pour sa décharge, souligner qu’il est plus facile de développer ses personnages (mais aussi son monde, l’intrigue etc.) sur vingt tomes que sur cinq.

Pour le reste, cet album, bien évidement toujours aussi bon comme ses prédécesseurs, verra Rutile et ses compagnons, désormais devenus fugitifs, aux prises avec le Sénat et ses inquiétants membres dans Quatuor mosaïques, et se préparer pour le final, alors que la révolte gronde et que l’inquiétant Berthié fait des siennes, dans Le chant d'amour du troubadour, chapitre qui aura sa conclusion dans le cinquième et dernier tome. Révélations, amour, coups de théâtres, drames (attendez les dernières pages, l’un des protagonistes y passe visiblement, enfin, je ne vois pas comment il peut survivre), ce quatrième tome du Royal Doll Orchestra, fidèle a ses prédécesseurs, est de fort bonne qualité, et, bien évidement, ne donne qu’une seule envie, découvrir la suite ! Sauf que cette fois ci, il va falloir patienter un peu puisque je ne me suis pas encore procurer ce fameux cinquième tome…

THE ROYAL DOLL ORCHESTRA - III


THE ROYAL DOLL ORCHESTRA - III

Le monde est en pleine déliquescence, une épidémie frappe la population et transforme les gens en zombies qui attaquent sauvagement le reste de la population ! Menée par Rutile, une bande de baladins parcourt le monde, tentant de réaliser des miracles grâce à leur musique… Mais cela a-t-il encore un sens ? Ayant fui la capitale, Rutile et sa troupe trouvent refuge au couvent de Vienne. Il s’agit en fait d’y entrer incognito car la rumeur court qu’en son sein, se trouverait le fameux Oratorio Noir que recherche si désespérément Rutile… Mais la Reine le laissera-t-il vraiment agir à sa guise ?

Nous avions laissé, a l’issu du deuxième volume du Royal Doll Orchestra, Rutile en assez mauvaise posture face a son ancien pianiste, l’inquiétant et fantasque – il porte un masque de chat – Berthierite qui avait été laissé pour mort quelques années auparavant. C’est donc sur les chapeaux de roues que débute ce troisième tome avec la conclusion tant attendue (enfin, personnellement, je n’aurais attendue que cette nuit mais bref) de Tragédie lyrique, le plus long chapitre jusqu'à présent de la série avant que l’on passe au plat principal, si vous me permettez l’expression, Ma chérie – trois parties également – qui compose le gros de cet album. Bref, si j’avais put émettre quelques petites réserves quant au second volume de cet Orchestre royal de guignols, force est de constater que cette fois ci, tout est parfait, ou presque, et ce, pour le plus grand plaisir des lecteurs.

Bien évidement, il m’est difficile, au bout de trois volumes, de trouver quelque chose à ajouter a la qualité intrinsèque de cette œuvre vu que celle-ci n’a pas bougé d’un iota, se maintenant a un haut degré de satisfaction pour l’amateur du genre. Ainsi, tant dans les dessins que pour son scénario, ce troisième tome, dans la ligne droite de ses prédécesseurs, nous entraine toujours plus loin dans les méandres d’une intrigue qui va en se complexifiant et l’on sent que Kaori Yuki s’en donne a cœur joie, en particulier avec ses personnages dont elle se plait a accentuer au maximum leur ambigüité, leur travestissement au point que l’on ne sait plus si une femme ne se cacherait pas derrière un homme voir l’inverse. Alors, a chaque nouvelle « tête », impossible ou presque de ne pas se demander si l’on peut être sur a cent pour cent de l’identité sexuelle de celle-ci, ce a quoi s’ajoute, bien évidement, faux semblants puisque, en plus d’avoir un gout certains pour le travestissement, les personnages de Kaori Yuki adorent jouer les espions, se cacher derrière des masques, en gros, tromper son monde. Mais le plus drôle, c’est que ca marche ; certes, on pourrait se lasser mais cela n’arrive jamais, malgré des rebondissements parfois convenus et des situations un peu tirées par des cheveux. Car la grande force de ce Royal Doll Orchestra, c’est tout de même son intrigue, captivante au possible et ce, même si finalement, elle n’est pas si originale que l’on pourrait le croire de prime abord. Je me plaignais – a juste titre – du manque d’utilisation des compagnons de Rutile – celui-ci omniprésent – jusque la, cette fois ci, je vais en avoir pour mon argent puisque l’un d’eux, Gwindel, révèle enfin son lourd, très lourd passé, bien plus sombre, accessoirement, que je ne l’aurais penser au départ. Et comme en plus, on en apprend un peu plus a la fois sur celui de Rutile, sur ses relations passées avec Spinelle – que nous avions vue dans le premier volume – ainsi que sur ce fameux virus qui transforme la population de ce monde en marionnettes, force est de constater que ce troisième volume du Royal Doll Orchestra est plus qu’a la hauteur.

Pour une fois, j’ai été plus bref que d’habitude dans une critique, mais bon, je dois reconnaître qu’il est difficile de ne pas se répéter quant on se retrouve devant plusieurs volumes d’une même œuvre a la suite. Du coup, celle de ce troisième volume du Royal Doll Orchestra est plus courte qu’en temps normal mais cela n’enlève en rien à la qualité de celle-ci. Kaori Yuki nous a décidément offert la une très bonne série, suffisamment captivante pour nous tenir en haleine et avec des personnages et des intrigues qui ne donnent qu’une seule envie, découvrir la suite. Ca tombe bien, je vais m’y atteler rapidement justement.

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