mardi 29 novembre 2011

LA GRANDE ILLUSION


LA GRANDE ILLUSION

Pendant la Première Guerre mondiale, l'avion du lieutenant Maréchal et du capitaine de Boëldieu est abattu par le commandant von Rauffenstein, un aristocrate connaissant par hasard la famille du capitaine de Boëldieu. Les deux officiers français sont envoyés dans un camp en Allemagne. Là, ils retrouvent de nombreux prisonniers français, de tous grades et issus de différents milieux sociaux. Ensemble, les prisonniers organisent différentes activités, partagent leurs maigres ressources et vivent au rythme des nouvelles de l'armée française qui prend et perd successivement des positions sur le front nord, notamment lors de la bataille de Douaumont. La chambrée, outre Maréchal et Boëldieu, regroupe également le lieutenant Demolder un amoureux des lettres, le lieutenant Rosenthal, fils d'une riche famille juive dans les finances, un ingénieur du cadastre et Cartier, un sergent populaire et volubile. Ils décident de s'échapper du Lager en creusant un tunnel dans des conditions périlleuses. La veille de leur évasion, le sort veut qu'ils soient transférés dans un autre camp. Les mois passent, et Maréchal et Boëldieu après diverses tentatives d'évasion avortées sont transférés dans un ultime camp fortifié en montagne, où ils ont la surprise de découvrir qu'il est dirigé par von Rauffenstein, maintenant infirme après une grave blessure et inapte au service actif.

Aujourd’hui est un grand jour pour ce qui est de ma rubrique Cinéma puisque, avec La grande illusion, j’ai l’honneur de vous annoncé que je vous propose là ma centième critique cinématographique. Bien évidemment, pour un tel événement, je ne pouvais décidément pas vous parler d’un film quelconque, d’une vulgaire comédie française ou américaine, je ne pouvais pas non plus vous proposer en tant que centième critique de film un navet ou un film moyen, non, il fallait que ce soit un bon film, que dis-je, un grand film, l’une de ces rares œuvres qui mettent tout le monde – ou presque – d’accord, l’une de ces œuvres qui, intemporelles, auront marquer, à la fois leur époque, mais aussi, l’histoire du cinéma. Alors, forcément, sur ce point, il fallait que je vise haut, que je ne me loupe pas mais aussi, détail qui a son importance, que je me prive de films depuis une semaine, histoire que le centième ne soit pas un quelconque navet indigeste. Et bien heureusement, j’y suis parvenu, et avec quel film d’ailleurs ; La grande illusion, le chef d’œuvre de Jean Renoir, ça le fait plutôt bien comme centième critique, non ? Quoi que, a bien y réfléchir, si je n’avais pas été aussi négligeant vis-à-vis de ma rubrique Cinéma, ma centième critique aurait été écrite depuis longtemps, je dois vous l’avouer : en effet, lors des premiers mois d’existence du Journal de Feanor, je n’avais publié que les critiques des films vus au cinéma, laissant de côté (mais pourquoi ?) pas mal d’autres vu en DVD ou à la télé. Et ensuite, cette aberration réparée, j’ai, au fil des années écoulées, comment dire, oublier – faute de temps ou d’envie – quelques œuvres, ce qui fait que cette critique, si elle est bel et bien la centième du genre, n’aurait pas dut, n’aurais jamais dut, l’être. Mais bon, ce qui est fait est fait et l’on ne refera pas le passé ; quoi que, je pourrais techniquement mais à quoi bon ? Donc, La grande illusion sera la centième critique cinématographique et c’est très bien ainsi.

Il se pourrait néanmoins que pas mal de personnes se demandent pourquoi un tel choix ? Après tout, ce film, datant déjà de 1937 n’est plus vraiment, de nos jours et si l’on excepte les connaisseurs, connu du grand public dont une grande partie pourrait faire la fine bouche devant une vieille œuvre en noir et blanc, avec Jean Gabin, une BO improbable (de nos jours) avec des titres de l’époque (mon Dieu, Frère Jacques, Il était un petit navire, Frou-Frou), des acteurs inconnus des plus jeunes (et pourtant, et pourtant…), un film de guerre sans aucun combat (oh, il y a bien une balle tirée à un moment donné mais c’est tout) et en plus, par-dessus le marché, des discussions sans fin et d’un autre âge sur les rapports entre classes, le patriotisme, les valeurs des hommes et des phrases bateaux du genre : « mais il faut bien qu’on la finisse cette guerre ». Oui, j’imagine très bien la tête du grand public en 2011 devant un film comme La grande illusion ; je pense même que TF1 devrait le diffusé en prime time histoire de ne pas faire d’audience.

Mais si La grande illusion parait si daté dans le temps, cela n’en fait pas moins qu’il s’agit d’un chef d’œuvre ; est-ce le film qui a mal vieilli (ce sont des choses qui arrivent) où le public moderne qui, abruti depuis des décennies par des stupidités – tant au cinéma qu’à la télévision – qui n’a simplement plus les capacités mentales pour l’apprécier à sa juste valeur, personnellement, et je pense que vous vous en doutez si vous me connaissez un minimum, je pense que c’est la deuxième explication qui est la bonne. Car tous ces petits détails dont je vous ai parlé dans le paragraphe précédent, toutes ces petites choses qui apparaissent datées, d’un autre âge et sur lesquels l’on peut doucement sourire, et ben, il faut que l’on se dise une bonne fois pour toutes que c’était ainsi que pensaient et vivaient les hommes d’alors et que faire un film, sur la guerre de 14/18, avec des protagonistes qui réagiraient comme leurs homologues de maintenant, la, cela serait absurde ; et pourtant, c’est souvent le cas dans les reconstitutions historiques. Du coup, acceptons La grande illusion pour ce qu’il est, c’est-à-dire, un film datant des années 30, avec la mentalité d’alors, et dont l’action se déroule deux décennies plus tôt, en plein premier conflit mondial.

Et là, même plus de soixante-dix ans plus tard, c’est toujours la même claque car oui, mille fois oui, La grande illusion est un sacré bon film. Tout ce que j’ai pu dire vous parait être des défauts ? Que nenni, ce sont là des qualités, parmi tant d’autres, de cette œuvre, de ce film de guerre où l’on ne voit pas forcement celle ci – tout se déroule quasiment dans des camps de prisonniers – même si, forcément, elle n’en est pas moins présente et dont le sujet principal est indéniablement les rapports de classe au sein de la société et qui vont même au-delà des frontières ; ainsi, que ce soit les représentants de l’aristocratie avec le capitaine Boëldieu et von Rauffenstein, ennemis car dans des camps opposés mais qui se respectent grandement, la grande bourgeoisie avec Rosenthal, la classe moyenne avec l’instituteur et la classe populaire avec Maréchal, les affinités se font malgré les aléas de la guerre. Et ici, ce qui prime d’abord, c’est le respect : celui entre représentants d’une même classe, forcément, mais aussi, celui aux camarades, a la patrie, à leur camp, quel que soit leur origines (Boëldieu n’est pas du même monde que ces compatriotes prisonniers mais « c’est un type bien ») nous avons là des hommes tels qu’il n’y en a plus, des hommes qui faisaient leur devoir parce qu’il fallait le faire, des hommes qui nous apparaissent, avec du recul, forcement étranges, surtout pour notre société occidentale qui n’a plus connue de conflit majeur depuis sept décennies et qui est devenue plus insouciante, plus égoïste mais aussi moins patriotique et peut être tout simplement moins adulte.

Mais par ces mots, je ne viens pas faire là l’apologie de la guerre, surtout qu’il faut reconnaitre que La grande illusion est une formidable œuvre pacifique, comme le sera, mais avec moins de force, quelques années plus tard, Les sentiers de la gloire. Ici, et il faut louer Jean Renoir pour cela, l’ennemi est semblable à l’ami, il n’y a pas de différences entre les deux camps et les gardes allemands – ici âgés car les jeunes, eux, sont au front – sont compréhensifs et les relations sont assez bonnes, voir mêmes pour certains, amicales. D’ailleurs, c’est plutôt une bonne chose que La grande illusion nous les montre ainsi : le temps ayant passé, la propagande des deux camps n’étant plus qu’un vieux souvenir, il serait de bon ton, je pense, que l’on admette finalement que ce fameux conflit de 14/18, aussi meurtrier et horrible fut-il, n’a strictement rien à voir avec celui qui suivit, deux décennies plus a tard. Dans ce que l’on surnomma la der des ders, pas de « gentils » ni de « méchants », mais un conflit, finalement inévitable et voulu par les deux camps où les responsabilités des pertes humaines sont à partagées par tout le monde. Mais aussi, un conflit qui, quelque part, fut fatal à l’Europe et à ses siècles d’histoire, a sa grandeur et à sa domination culturelle, scientifique et matérielle sur le reste du monde. Comme le dit Boëldieu a von Rauffenstein, cette guerre est la fin d’un monde, le leur, celui de l’aristocratie, et ceux qui les remplaceront sont déjà là, représenter ici par Rosenthal (la bourgeoisie) et Maréchal (les classes populaires). « Pour un homme du peuple, mourir à la guerre est triste. Pour nous, c’est une bonne solution » ; autres temps, pourtant pas si lointain quand on n’y pense, autres façons de penser, voir même, de se sacrifier dans ce qui reste comme l’un des grands moments du film avec cette opposition – pour des gens du commun – entre Boëldieu et von Rauffenstein.

Plus de sept décennies se sont donc écoulées depuis la sortie de La grande illusion et ce film n’a toujours rien perdu de sa force ; que ce soit par ses acteurs, Jean Gabin, Pierre Fresnay ou Erich von Stroheim, tous tout bonnement excellent, par les sujets abordés, son synopsis et son message pacifique assumé – qui lui voudra bien des ennuis par la suite sous l’occupation – il est indéniable que l’œuvre de Jean Renoir, malgré le temps qui est passé, n’en est pas moins un formidable instantané de ce que fut une époque, aujourd’hui révolue et que l’on a tendance à oublier. Un grand film, français de surcroit (mais avant la deuxième guerre mondiale, le cinéma européen rivalisait largement en qualité avec les productions US), qui connut en son temps un succès extraordinaire (ne dit-on pas que même le Duce en était fan) et que tout amateur de cinéma digne de ce nom se doit d’avoir vu au moins une fois dans sa vie. Décidément, pour ma centième critique, il était difficile de faire mieux que La grande illusion.

PORTUGAL


PORTUGAL

« J'avais une furieuse envie d'acheter du tabac. Après deux ans sans fumer une seule clope... Le pire, c'est que je m'en foutais copieusement. En fait, j'étais vraiment ravi d'avoir été invité par ce festival. Plus de vingt ans que je n'étais pas venu. Mes premiers pas d'adulte dans ce pays. J'étais fasciné et heureux. Un vrai crétin. Et je me demandais bien d'où venaient cette étrange colère puis cette douce mélancolie qui m'étaient tombées dessus sans crier gare en moins de 24 heures ». La vie est grise. Simon Muchat, auteur de bandes dessinées, est en panne d'inspiration et son existence est en perte de sens. Invité à passer quelques jours au Portugal, il retrouve par hasard ce qu'il n'était pas venu chercher : les odeurs de l'enfance, le chant des rires de vacances, la chaleur lumineuse d'une famille oubliée - peut-être abandonnée. Quel est le mystère des Muchat ? Pourquoi Simon se sent-il de nulle part ? Et pourquoi, sans rien comprendre de cette langue étrangère, vibre-t-il à ses accents ? Des réponses et d'autres questions l'attendent au cours de ce voyage régénérateur. Ancré dans son passé gommé, Simon pourra enfin retracer sa propre trajectoire. Et la vie retrouver ses arcs-en-ciel. Aux frontières de l'autofiction, avec humour et vivacité, Cyril Pedrosa signe- en couleurs directes et émotions immédiates - un récit essentiel sur la quête d'identité.

En septembre dernier, sortait chez nos libraires un véritable pavé – 264 pages – signé d’un certain Pedrosa et qui s’intitulait sobrement Portugal. Forcément, de par mes origines, une telle œuvre ne pouvait qu’éveiller ma curiosité, ne serais ce qu’en raison de son nom, et celle-ci fut assez vite assouvie puisque j’eu la chance de tomber sur de nombreux articles, assez enthousiastes, dans la presse ; cela commence par un vulgaire 20 Minutes et alla jusqu’à Zoo. Et, bien évidemment, au vu du sujet et surtout des critiques positives (y compris sur le net, sur les sites spécialisés) vis-à-vis de ce Portugal, l’envie me prit de me procurer cette bande dessinée. Certes, le prix pourrait sembler prohibitif de prime abord puisque celui-ci dépassait allègrement les trente euros, cependant, je n’ai pas hésité bien longtemps et ce, même si pour le même tarif, j’aurais presque put me permettre d’acheter trois albums normaux. Mais, quand je vois les déceptions sur lesquelles je tombe régulièrement, autant mettre le prix sur une valeur qui me semblait sure.

Et puis, n’oublions pas le sujet car je l’avoue franchement, si je n’étais pas moi aussi un portugais né en France, je ne me serais jamais intéresser à cette œuvre ; certes, en disant cela, l’on pourrait croire que ce Portugal est réservé aux luso descendants qui vivent en France, ce qui serait bien réducteur pour l’auteur et son travail, car après tout, quelque part, cette histoire pourrait parfaitement convenir à tous les déracinés, tous les enfants – depuis devenus adultes – dont les parents venaient d’ailleurs, tous ces fils et filles d’immigrés, qui ont pu, a un moment ou un autre de leur existence, ressentir cette curieuse et si désagréable impression de ne finalement, n’être jamais chez soit nulle part ; portugais en France, français au Portugal, c’est bien évidement mon histoire comme celle de tant d’autres, et, bien entendu, pas forcements d’origines portugaises. Mais l’on peut également apprécier à sa juste valeur ce Portugal tout en étant un véritable français de souche depuis x générations ; il suffit pour cela de s’intéresser au monde qui nous entoure, de vouloir comprendre ce que peuvent ressentir ces enfants de l’immigration, voir même, tout simplement, de vouloir se satisfaire de découvrir une excellente bande dessinée, plus intimiste et réfléchie que ce que la production de masse nous propose en temps normal. Quoi que, malgré tout, nous autres luso descendants ne partons nous pas avec un avantage certain ?

Je m’attendais à une œuvre de qualité, qui pourrait même me marquer, ainsi, j’ai pris mon temps pour m’y attaquer ; ces dernières semaines, je n’avais pas forcement le courage et l’envie, en raison du travail, de lire ces deux cent pages et quelques qui composent ce Portugal. Ainsi, j’ai attendu une période de congés, et d’être seul à la maison pour le faire, afin de prendre mon temps et de bien analyser l’œuvre. Si l’on ajoute à cela le fait que depuis quelques mois, j’ai un sacré coup de nostalgie envers tout ce qui touche à mon enfance et mes origines et vous comprendrez à quel point la lecture de cette bande dessinée tombait bien, mais aussi et surtout, comment elle pouvait me toucher. Et bien évidement, ce fut le cas.

Certes, contrairement à Pedrosa – l’auteur de ce Portugal pour ceux qui ne suivent pas – mes parents sont à cent pour cent portugais, de même, je maitrise (enfin, moins qu’avant car ça fait longtemps que je n’y vais pas) parfaitement la langue et mon rapport au pays de mes ancêtres et bien plus fort et n’a jamais été entièrement coupé, ne serais ce qu’en raison du football ; comme quoi, ça peut aider parfois. Mais malgré nos différences, combien de fois, en lisant le récit, je ne me suis reconnu dans certaines situations vécues ou ressenties par le narrateur : que ce soit cet accent tellement particulier, ce sentiment, comme il est dit vis-à-vis de la famille, d’amour et de honte, mais aussi – le hasard faisant décidément bien les choses – le fait que, comme dans la mienne, dans la famille du narrateur, on ne se parle pas ; du moins, pas des choses qui comptent vraiment. De même, cette quête d’identité, ces questions vis-à-vis de nos origines, je me les suis posés également. Et ce personnage – Pedrosa – tellement paumé et qui ne sait pas ce qu’il veut, comment, là aussi, ne pas me reconnaitre un peu dans ce qu’il est ?! Personnellement, en lisant ce Portugal, je me suis dit que probablement que moi aussi, je devrais aller voir un psy, que mon rapport au pays, celui a la famille mériterait d’être analyser un de ces jours, mais bon, nous sommes ici pour parler d’une bande dessinée, pas de ce qui se passe dans ma tête… non ?

Mais au fait, cette BD, que vaut-elle véritablement ? Et ben, en toute franchise, je dois reconnaitre que je me suis trop identifié au personnage principal pour être parfaitement objectif et que, du coup, je ne saurais pas trop quoi dire. Certes, la qualité est présente, certes, tant d’un point de vu narratif que pour ce qui est des dessins, le style plaira a ceux qui aiment réfléchir, qui aiment prendre leur temps, et surtout, qui n’ont pas peur du particularisme des planches, de ce style le plus souvent esquissé, de ces tons de couleurs qui varient suivant les pages, les situations et qui ne plairont pas forcement a tout le monde. De même, l’utilisation quasi permanente en fond sonore de la langue portugaise en déroutera plus d’un et si pour moi, ce ne fut jamais un problème, je serais curieux d’avoir l’avis d’un lecteur ne maitrisant pas la langue de Camoes sur ce point. Ce qui me fait me dire, une fois de plus, qu’il vaut probablement mieux être d’origine portugaise pour apprécier à juste titre cette œuvre ?!

Mais quoi qu’il en soit, si vous aimez les récits intimistes, si vous aimez ce qui sort des sentiers battus, tant d’un point de vu de l’originalité du synopsis que pour ce qui est du style graphique, si vous êtes de ceux qui pensent que la BD, ce n’est pas seulement que de l’esbroufe, alors, ce Portugal vous conviendra peut être. Si vous êtes d’origine étrangère, si depuis toujours, vous vous sentez entre deux mondes, alors, ce Portugal vous conviendra probablement. Mais si, surtout, vous êtes d’origine portugaise, alors, à coup sûr (sauf si vous n’aimez pas ce genre), Portugal sera indéniablement fait pour vous et cette œuvre vous prendra à la gorge, vous entrainant dans un tourbillon de souvenirs qui remonteront a la surface, sans crier gare.

lundi 28 novembre 2011

LES PILIERS DE LA TERRE


LES PILIERS DE LA TERRE

Dans l'Angleterre du XIIème siècle ravagée par la guerre et la famine, des êtres luttent pour s'assurer le pouvoir, la gloire, la sainteté, l'amour, ou simplement de quoi survivre. Les batailles sont féroces, les hasards prodigieux, la nature cruelle. La haine règne, mais l'amour aussi, malmené constamment, blessé parfois, mais vainqueur enfin quand un Dieu, à la vérité souvent trop distrait, consent à se laisser toucher par la foi des hommes. Abandonnant le monde de l'espionnage, Ken Follett, le maître du suspense, nous livre avec Les Piliers de la Terre une œuvre monumentale dont l'intrigue, aux rebonds incessants, s'appuie sur un extraordinaire travail d'historien. Promené de pendaisons en meurtres, des forêts anglaises au cœur de l'Andalousie, de Tours à Saint-Denis, le lecteur se trouve irrésistiblement happé dans le tourbillon d'une superbe épopée romanesque.

Cela faisait presque deux bonnes années que l’on m’avait prêté un roman intitulé Les piliers de la terre, une œuvre que je n’avais jamais lu, mais que je connaissais néanmoins depuis près de deux décennies pour voir le livre, régulièrement, en bonne place au rayon librairie depuis lors, mais aussi et surtout, pour tout le bien que j’avais entendu dire à son sujet. D’ailleurs, la personne qui m’avait prêté ce roman (accessoirement, la même qui est venu s’occuper de mon ordi hier, comme je vous le disais tout à l’heure, dans un précédant article), en me le passant, ne tarissait pas d’éloges à son sujet. Du coup, je m’étais alors dit qu’en le lisant, je m’attaquerais et découvrirais l’un des romans majeurs de la fin du vingtième siècle ; du moins, de par son succès commercial. Cependant, comme je vous l’ai dit, c’était il y a deux ans, et depuis, des livres, j’en ai lu, énormément même comme vous pouvez le constater avec mes nombreuses critiques et si j’avais toujours sous le coude ce précieux livre de poche légèrement vieilli par ses nombreuses lectures, je ne me décidais jamais a le commencer ; trop long, il me faudra du temps, j’ai trop de trucs à lire avant etc. bref, j’avais toujours de bonnes excuses pour ne pas le commencer, pour repousser la lecture de ces fameux Piliers de la terre a plus tard – aux prochaines vacances, quand j’aurais le temps, après la fin d’un cycle en x volumes etc. – et ce, jusqu’au jour, en octobre dernier, où enfin, je me suis enfin lancé dans la lecture de cette œuvre monumentale – par son nombre de pages déjà, plus de mille – du sieur Ken Follet.

Oui, le terme me semble plus qu’exact d’ailleurs : monumental. Comme cette fameuse cathédrale que l’on battit, tout au long de l’intrigue, et qui jaillit de la terre pour se perdre dans le ciel, Les piliers de la terre sont bel et bien une œuvre monumentale comme il m’est rarement arrivé d’en lire. Pourtant, arrivé à ce point de ma critique, un point se doit d’être souligner au sujet de celle-ci : quoi que l’on pense de cette œuvre, quoi qu’on puisse l’aimer – et franchement, je ne m’en cache pas, je l’ai tout bonnement adoré – la grande force de ce livre, Les piliers de la terre, est indéniablement son côté captivant ; ainsi, de la première a la toute dernière page (mille et quelque les amis, ne l’oublions pas), il est quasiment impossible au lecteur de poser ce livre et de faire autre chose tant l’immersion dans l’histoire est d’une intensité rarement atteinte. Pourtant, des livres, j’en ai lu au cours de ma vie, et si Les piliers de la terre n’est pas le roman le plus captivant que j’ai pu découvrir (mais à ce niveau-là de qualité, cela se joue a presque rien), force est de constater qu’il est indubitablement l’un des plus passionnants. Car oui, je n’ai pas exagéré en disant qu’il est très difficile de lâcher ce livre et si je ne devais pas dormir, travailler etc. (ce genre de choses quoi) et ben, je pense que je l’aurais probablement lu, peut-être pas d’une traite, mais presque ; et pour rappel, mille pages ! Mais si Les piliers de la terre est une œuvre indéniablement captivante au possible, reconnaissons tout de même – et ce sera là son seul et unique petit défaut – que le style, lui, ne vaut pas, par exemple, celui du Nom de la Rose (que je suis en train de lire), autre œuvre qui, par l’époque où se déroule le récit, se rapproche de celle de Ken Follet, mais assez différente avec un style d’écriture bien plus recherché et complexe ; trop comme certains l’ont dit ? Mais non, il suffit de s’accrocher, mais je reviendrais en temps utile sur le chef d’œuvre d’Umberto Eco.

Mais, comme je vous le disais, cela importe peu et quelque part, ce style, plus accessible – plus grand public ? – fait aussi la force du roman de Ken Follet. Alors bien sûr, je pourrais vous parler pendant des heures de ces fameux Piliers de la terre, vous proposer un long résumé de l’intrigue, vous raconter avec passion de tout ce qui m’a plu dans ce roman, de ces protagonistes divers et nombreux, auquel l’on s’attache immédiatement, à la fois charismatiques pour certains – comme le prieur Phillip et bien évidement, le sombre et machiavélique Waleran Bigod – mais aussi stéréotypés mais dans le bon sens du terme (si, si, c’est possible), de tous ces bouleversements qui parsèment le récit, de ces innombrables coups de théâtre qui, à chaque fois que l’on pense que tout va aller mieux, surgissent encore et encore, pimentant encore plus une intrigue déjà forte en émotions ; je pourrais aussi vous parler de ces moments forts qui parsèment Les piliers de la terre, que ce soit de cet accouchement en pleine forêt, de nuit, de ce personnage important qui, à un moment donné, perd la vie tellement subitement, que l’on en ressort presque choqué, voir aussi, car il y en a tant, que je ne peux pas – et ne veux pas – tous les citer, de l’une des scènes finale, celle de la pendaison, à la fois attendu, cruelle et terrible à la fois (mais bon, euh, méritée tout de même). Oui, je pourrais vous parler de cette œuvre encore et encore et il y aurait matière à dire, mais à quoi bon ? Il n’y aurait plus de suspens puisque, forcément, je révèlerais des choses, et puis, le meilleur, quelque part, n’est-il pas finalement de se faire sa propre opinion par soit même, de plonger dans ce moyen-âge finalement tellement méconnus, d’avoir l’impression d’y vivre, de découvrir tant de choses sur la façon de penser des gens d’alors, sur leurs espérances, leurs doutes, mais aussi, leurs nombreux malheurs. Et puis, que l’on n’oublie pas le protagoniste principal du roman – car il n’est pas vivant – la fameuse cathédrale, omniprésente du début à la fin et qui, l’on s’en doute bien, finira bien par être achevée.

Les piliers de la terre est donc l’un des tous meilleurs romans que j’ai pu lire depuis que j’ai commencé Le journal de Feanor il y a de cela presque quatre ans, que dis-je, presque l’un des tous meilleurs qu’il m’ait été donné de lire, tout bonnement. Bien évidemment, tout cela est une question de gout personnel mais en toute sincérité, non seulement j’ai été plus que conquis par ce roman, mais en plus, je ne peux que le conseilleur, comme on le fit avec moi. De temps en temps, c’est bien de sortir de ses lectures habituelles – dans mon cas, la Fantasy et la SF – et alors, si en plus, c’est pour se taper un chef d’œuvre – ca y est, je l’ai dit – que demander de plus ? Voir l’adaptation en série qui apparemment, est pas mal ? Ouais, ça serait une bonne idée !

X FILES – REGENERATION


X FILES – REGENERATION

En plein milieu de la nuit, une employée du FBI est enlevée chez elle... Guidés par un ancien prêtre pédophile aux étranges visions, les agents Whitney et Drummy enquêtent. Très vite, leur investigation s'enlise : les indices sont minces et le temps presse. L'agence gouvernementale décide alors de refaire appel à Mulder et Scully. Leur expérience sur ce genre d'affaires sensibles pourrait s'avérer capitale. Mais des années ont passé depuis la fermeture du service des affaires non-résolues. Scully est redevenue médecin et Mulder, en disgrâce auprès du FBI, est introuvable...

Le hasard fait souvent bien les choses et comme je vous le disais dans mon article précédent, il y a environ une semaine – le samedi – j’étais tombé par hasard sur la rediffusion de la célèbre série X Files ; or, qui fut diffusé dès le dimanche soir suivant ? Je vous le donne dans le mille : l’un des deux films de la franchise, le second pour être précis, X Files Régénération. Bien évidemment, comme je ne l’avais jamais vu, et comme en plus, je venais à peine de retomber dedans (comme on dit), je n’ai pas hésité une seule seconde et j’ai donc regardé ce fameux film, et ce, malgré les très nombreuses critiques négatives que j’avais pu lire à son sujet. Car oui, une chose était certaine avant que je ne visionne ce X Files Régénération : celui-ci trainait derrière lui une sérieuse réputation de navet.

Ce fut donc en étant un peu dubitatif que je me suis confortablement dans mon lit pour voir ce qu’il en était vraiment, car, après tout, je ne pouvais pas juger une œuvre avant de l’avoir vu, cependant, je ne vais pas vous le cacher plus longtemps, cette réputation – de navet – est, finalement, et je m’en désole, parfaitement justifiée. J’avais, il y a quelques années, vu la première adaptation sur grand écran de la franchise X Files ; sobrement intitulé X Files The Film, celle-ci, sans atteindre des sommets, se laissait néanmoins regarder et m’avait laissé, sur le coup, un souvenir agréable. Or, ce X Files Régénération, lui, est d’un tout autre acabit, et ce, au grand désarroi de tout fan qui se respecte. Bien évidemment, lorsque la nouvelle était tombée, en 2008, qu’un nouveau film sortait avec pour protagonistes les agents Mulder et Scully, j’étais alors enthousiaste de revoir les retrouvailles, bien des années plus tard, de mes enquêteurs du paranormal préférés. Certes, assez rapidement, au vu de ce que j’avais pu lire comme critiques, je compris vite que ce nouveau film, tant attendu par les fans, n’avait pas tenu ses promesses. Mais à ce point, franchement, je ne l’aurais pas imaginé.

Bien évidemment, cela fait plaisir de revoir nos héros avec quelques années – et quelques rides – de plus : Mulder est toujours aussi classe, même barbu, quant à Scully, décidément, les cheveux longs lui vont à ravir. Cependant, une fois l’effet nostalgie passé (en gros, au bout de quelques minutes), on commence à se dire que tout cela risque de ne pas voler bien haut et, hélas, la suite le confirme cruellement : manque de souffle évidant, le scénario ne vole pas bien haut et ne réussit, a aucun moment, à éveiller l’intention du spectateur qui ne peut que constater, effarer, que celui-ci aurait été digne d’un vulgaire épisode de remplissage entre deux autres plus intéressants. Bien évidemment, le fait qu’en plus, nul soucoupe volante ne pointe le bout de son nez n’arrange pas les choses ; je fais partie des fans de X Files qui jugent que le coté OVNI n’est pas forcement tout le temps nécessaire pour la réussite de la série et que bon nombre d’excellents épisodes de celle-ci ne traitaient pas du sujet. Mais pour un film, se priver intentionnellement du « gros truc » de la série, cela me semble assez osé. Surtout qu’en plus, franchement, cette histoire de vieux prêtre pédophile qui a des visions et de trafic d’organes, ça ne vole pas bien haut ; pour un épisode, a la rigueur, mais pour un film… Du coup, on regarde tout cela sans grand intérêt, se demandant comment les producteurs de la chose ont pu faire un tel ratage, attendant en vain une scène qui soulèvera le niveau de l’ensemble (mais elle ne viendra jamais) et en se disant qu’avec un ratage comme ce X Files Régénération, c’est sûr que le troisième film, prévu pour 2012, ne sortira jamais et que cette fois, c’en est bel et bien finis de Mulder et Scully.

Alors oui, et cela me fait mal, quelque part, de l’admettre, mais ce X Files Régénération est bel et bien un navet. Certes, je ne m’attendais pas, tant d’années après, a une superbe réussite – le temps a passé, la mode aussi – mais au moins, je me disais que sans être génial, ce film pouvait être sympa et, du coup, conclure sobrement une franchise qui fut, en son temps, tout bonnement exceptionnelle et qui méritait une autre fin. Hélas, tout cela finit en eau de boudin, Mulder et Scully (enfin, les acteurs) sont depuis longtemps passés a autre chose quand aux fans, et ben, ils n’ont plus qu’à imaginer que leurs deux héros finiront tranquillement leur vie ensemble, loin de toutes ces énigmes et complots qui les auront occupé pendant des années et ce, sans savoir jamais toute la vérité. Mais après tout, n’est-elle pas ailleurs ?

mardi 15 novembre 2011

SERVITUDE : LE CHANT D’ANORŒR



SERVITUDE – LE CHANT D'ANORŒR

Au royaume des fils de la terre, le chevalier Kiriel fait route vers la capitale pour y être marié à Lérine, la fille du roi Garantiel d’Anorœr. Sur le chemin, il passe prendre son ami vigneron Delorn, sur lequel il compte pour être témoin de la cérémonie. Cette alliance est critiquée, car Kiriel n’est pas de sang noble. Mais le roi, qui a toute confiance en lui, veut faire évoluer la lignée qui ne s’est que trop perpétrée à travers des mariages consanguins. D’ailleurs Tarquain, le propre frère de Lérine, tente encore d’influer sur la décision de leur père, car il est l’amant de sa sœur. Parmi les invités de la famille royale accueillant avec des sentiments mitigés ce roturier dans leur généalogie, se trouve une déléguée du prince de Vériel qui n’a pas daigné venir en personne. Outre ce mariage controversé, un vent de renversement souffle sur le royaume. Les vieilles querelles semblent refaire surface et des mercenaires sont mystérieusement recrutés à l’est. Le soir même de la noce, une légion entière est décimée à proximité du château. Dès le lendemain, le roi demande à Kiriel de lui servir d’ambassadeur auprès du prince de Vériel…


Servitude – Le Chant d'Anorœr
Editeur : Soleil
Scénario : Fabrice David
Dessins : Eric Bourgier
Couleurs : Eric Bourgier
Genre : Heroic Fantasy
Pays d’origine : France
Langue d’origine : français
Parution : 01 mai 2006
Nombre de pages : 60

Mon avis : Ce fut par le plus grand des hasards (mais celui-ci ne fait décidément pas bien les choses ?) que j’ai découvert Servitude, en lisant un numéro du magazine Zoo, et, immédiatement, j’eu comme un coup de cœur : ni une, ni deux, je me suis renseigner sur cette BD et, sans plus perde de temps, me la suis procurer, tout cela, en moins de deux semaines. Mais malgré ce coup de cœur, la grande question était : est-ce que cela allait me plaire ? Et ben franchement, oui, sans nul doute et je m’en réjouie ! J’ai lu ce premier tome de Servitude, ce Chant d’Anorœr dans la soirée d’hier, d’une seule traite, et sincèrement, j’ai été conquis par celui-ci. Déjà, la couverture : à la fois sobre car pas vraiment tape a l’œil mais franchement belle avec ses tons sépias, l’on y découvre le protagoniste principal du récit, le maitre d’armes Kiriel. Et là, tout de suite, on se dit : « bigre, ce dessinateur a un talent fou pour les détails ! ». L’on tourne les pages, on découvre un long poème qui résume le passé de ce monde imaginaire puis la carte, comme il se doit, de celui-ci, mais aussi, toujours ce ton de couleur particulier qui d’ailleurs, sera présent de la première a la dernière page de cet album : car oui, le lecteur se doit d’être prévenu, dans Servitude, il ne faut pas s’attendre à des explosions de couleurs en tous sens puisque l’on en aura que trois : blanc, noir et marron, enfin, tout un tas de marrons, clairs, foncés etc. Bref, une ambiance sépia qui peut déconcerter de prime abord mais qui va à merveille dans le cas présent. Et comme en plus, personnellement, j’adore le sépia, vous imaginez bien à quel point une telle prise de risque (car s’en est une) pouvait me plaire. Ajoutez à cela des dessins tout bonnement excellents (je ne connaissais pas Eric Bourgier mais le bougre est franchement bon), que ce soit par les détails des décors (villes, paysages, architecture cyclopéenne) et des diverses tenues des nombreux protagonistes, je ne déplorerai qu’un seul petit bémol : le fait que bien souvent, l’on ait du mal à reconnaître qui est qui, la faute à une trop grande ressemblance des visages. Mais hormis ce détail – je le reconnais, gênant – pour le reste, il n’y a rien à dire, c’est du grand art. Mais le nerf de la guerre, ne l’oublions pas, plus encore que les dessins, c’est la qualité scénaristique d’une œuvre, et la, quand on s’attaque à un énième récit de Fantasy, l’on peut, a raisons, éprouver quelques craintes parfois compréhensibles. Bien heureusement, il n’en est rien, au contraire même ! Certes, dans ce premier tome de Servitude, l’auteur, Fabrice David, met tranquillement – mais surement car l’on ne s’ennuie pas une seconde – en place son univers, le passé de celui-ci, les forces en présence et nous présente, bien entendu, les protagonistes qui nous accompagnerons dans ce cycle. Mais immédiatement, toutes les craintes que l’on pouvait avoir quant au risque de se retrouver, pour la énième fois, devant un vulgaire copié/collé du Seigneur des anneaux comme la production de masse grand public de Fantasy a l’habitude de nous abreuver, toutes ces craintes donc, s’envolent aussitôt : ici, et c’est tant mieux, pas de nains et d’elfes (merci, oh merci !), du moins, pour le moment, mais des hommes dans un monde où d’autres créatures ont pu exister, certes, dans le passé, mais qui, désormais, ont, soit disparu – les géants – soit sont en sommeil – les dragons – et du coup, plutôt que de se taper pour la millième fois un truc avec des orcs, des elfes et des magiciens au chapeau pointu, Fabrice David nous propose un magnifique monde entré en décadence depuis longtemps, où subsiste encore quelques traces d’un passé bien plus glorieux, mais où l’homme (qu’il soit du commun ou descendant des géants) est la figure intelligente principal de celui-ci. Certes, on a compris qu’il y a encore des dragons et l’on se demande même qui peut être ces fameux anges dont on aperçoit, dans une case, l’un de leurs vaisseaux volants, mais pour le moment, tenons-nous aux hommes ; hommes et femmes dont les comportements – trahison, ambition, un certain racisme envers les classes inférieures, inceste caractérisé et assumé (rare en Fantasy) – nous donnent au final une œuvre adulte, assez éloignée des canons de la Fantasy de supermarché, ce qui, selon moi, n’en est pas plus mal. Bref, vous l’avez compris, j’ai été conquis par Le chant d’Anorœr, premier volume de Servitude, que dis-je, j’ai même été emballé par celui-ci et j’ai vraiment hâte de découvrir la suite, c'est-à-dire, de voir ce que les deux autres volumes parus jusqu'à maintenant ont dans le ventre, ce qui, d’ailleurs, ne devrait pas trop tarder.


Points Positifs :
- De la Fantasy adulte pour un publique adulte : c’est suffisamment rare pour ne pas le signaler et le mettre en avant. Complots, inceste, ambitions humaines, voilà ce qui prime dans ce premier volume ou le fantastique est quasiment absent pour le moment.
- Qui dit Fantasy adulte dit forcément protagonistes plus complexes qu’en temps normal et même si pour le moment, les auteurs nous les présentent, il y a de quoi commencer à se faire quelques idées sur ceux-ci.
- Graphiquement, c’est une pure merveille : Eric Bourgier maitrise le crayon d’une main de maitre et nous livre une prestation exceptionnelle, que ce soit au niveau des décors, souvent magnifiques, que des personnages.
- Le ton sépia de l’ensemble : de prime abord, ce choix artistique peut dérouter, pourtant, il s’avère etre un coup de génie et est un plus indéniable a l’ensemble.
- Un poème au début pour présenter l’univers, une carte pour que l’on s’y retrouve ; rien à dire, c’est parfait !

Points Négatifs :
- Eric Bourgier dessine merveilleusement bien, je ne le nie pas, mais par moments, il est difficile de reconnaitre certains protagonistes au look un peu trop semblable.

Ma note : 9/10

FULL METAL JACKET


FULL METAL JACKET

En Caroline du Sud, de jeunes marines font leur apprentissage dans un camp militaire instruit par un impitoyable sergent. Huit semaines en état de choc au bout desquelles, Guignol, La brute, Baleine, Blackboule, Cowboy et bien d'autres sont devenus des machines à obéir sans sourciller, des machines à tuer. Envoyés au Vietnam, le groupe participe alors à la Grande Offensive du Têt.

Aussi incroyable que cela puisse paraître, c’est a l’âge de trente sept ans que j’aurais vu pour la toute première fois le légendaire – a en croire les critiques plus qu’élogieuses a son égard – Full Metal Jacket du non moins cultissime Stanley Kubrick. Et oui, trente sept ans, ce qui, pour quelqu’un qui se dit aimer le cinéma, peut paraître osé quand on y pense bien. Pourtant, a la base, j’étais persuader que je l’avais déjà vu du temps désormais lointain de mon adolescence mais en fait, en regardant sa rediffusion hier soir sur ARTE, j’ai put constater que je devais confondre avec Apocalypse Now (et encore, pas en entier) voir même Platoon (lui aussi, il m’aura fallut le temps, voir ici), bref, qu’en fait, je ne m’étais pas encore attaquer a ce qui est considérer par beaucoup, comme un chef d’œuvre du septième art. Bien entendu, arrivé a ce point de mon billet, certains parmi vous me railleront avec dédains : « c’est quoi ce cinéphile a la noix !? » mais le pire est encore à venir et, accessoirement, les insultes vont tomber.

En effet, comment dire, et ben, je n’ai trouvé aucun intérêt a Full Metal Jacket. Voila, j’ai osé le dire et je m’attends désormais à être foudroyer sur place par les dieux du cinéma et par tous les amoureux de ce film qui ont installé celui-ci sur un piédestal depuis sortie, il y a prêt de vingt cinq ans. Mais franchement, j’ai eu beau faire des efforts en le regardant jusqu’au bout, j’ai eu beau essayer de m’intéresser au scénario, aux personnages et j’ai même put constater que certaines scènes – comme celle où Baleine disjoncte, tue son sergent et se suicide ainsi que le combat final contre le sniper Viet – méritaient le détour, cela ne m’a pas empêcher de trouver que tout cela ne méritait pas l’ensemble des éloges que l’on peut trouver a droite et a gauche, lorsque l’on lit les avis et les critiques – bien nombreuses – sur ce film. Certes, après avoir dit cela, l’on pourra me rétorquer que je n’ai que des gouts de chiotte, que je ne connais rien au cinéma et que je ne sais pas reconnaître un chef d’œuvre à sa juste valeur ; certains iront plus loin probablement, en me considérant comme un pauvre beauf inculte mais peu importe, selon moi – et c’est mon avis, que cela plaise ou non – Full Metal Jacket est tout sauf un chef d’œuvre !

Franchement, déjà, avec Platoon, j’avais été loin d’être enthousiaste mais au moins, l’intrigue de celui-ci m’avait un minimum captivé ; là, ce ne fut pas le cas, a aucun moment : la première partie, avec le sergent instructeur passe encore (j’ai fais mon service militaire et je sais que ce genre d’individus, dans l’armée, existe) mais même ainsi, c’est loin d’être franchement passionnant puisque, a part voir le sergent débiter un flot d’insanités en permanence, il n’y a pas grand-chose. L’on me rétorquera qu’il y a le cas Baleine ; certes, je ne le nie pas, mais même ainsi, je ne l’ai pas trouver si extraordinaire que certains ont put l’affirmer, le pire étant, selon moi, la scène où il disjoncte, prend son arme et abat le sergent : surjouée au possible, Vincent D'Onofrio, l’acteur, en fait des tonnes avec son regard bovin et, du coup, celle-ci m’a plus fait rire qu’autre chose, ce qui est un comble. De plus, elle est sans surprise, mais le pire est à venir parce qu’ensuite, une fois arrivé au Vietnam (enfin, des palmiers sont la pour nous le rappeler), l’on a droit a tous les poncifs du genre : des officiers littéralement incompétents, parfois obtus, parfois planqués, parfois les deux a la fois, des fous de la gâchette – le débile profond de la scène de l’hélicoptère, le Rambo du pauvre ensuite – comme tout film de guerre se doit de posséder, des scènes de sacrifice d’une profonde stupidité où chacun son tour, on part se faire canarder par un sniper et un personnage principal, en VF, surnommé Guignol, que j’ai eu envie de baffer tout au long du film avec son symbole de paix porté en badge et son inscription « Born to Kill » écrite sur son casque ; même lui s’est perdu dans sa tentative d’explication de cette dualité dans l’une des scènes les plus navrantes du film. Et puis, le final qui m’a laisser froid, quand le sniper est mourant et que Guignol répète comme un disque rayer : « on ne peut pas la laisser la » ; arriver a ce moment la, j’ai eu envie que le bourrin le laisse lui sur le carreau tellement il m’a exaspérer, mais non, même pas, je n’ai pas eu droit a ce petit plaisir simple.

Franchement, je sais pertinemment que cette critique ne plaira pas a tout le monde, j’ai put constater, sur Allo Ciné, que le peux de personnes qui avaient émis un avis négatif en avaient entendu des vertes et des pas mures ; ce sera peut être mon cas, ou non, mais cela importe peu car finalement, la question qui se pose est la suivante : a-t-on le droit d’avoir un avis contraire a celui de la majorité ? Personnellement, je dis oui. Full Metal Jacket est porté aux nues par bon nombre de personnes, grand bien leur fasse, c’est leurs droits et leurs gouts ; pour moi, je le trouve trop surestimé, ennuyeux, trop stéréotyper, en un mot comme en cents, mauvais. Quand aux films antimilitaristes, je préférerais mille fois La ligne rouge de Terrence Malick et quitte a se taper un Kubrick, autant en rester a ce véritable petit bijou du septième art qu’est Les sentiers de la gloire, celui la, c’est la grande classe !

lundi 14 novembre 2011

Sciences et Avenir Hors Série n°155 : Moyen-Âge, le nouveau regard des chercheurs



Décidément, j’aurais consacré une bonne partie de cette année 2011 a me replonger dans l’une de mes périodes historiques préférées, je veux bien évidement parler du Moyen-Âge ; ainsi, que ce soit par le biais de mes multiples lectures – dont le point d’orgue sera forcement Les piliers de la Terre de Ken Follet que je suis en train de finir et dont vous aurez bientôt droit a la critique sur ce blog – des nombreux reportages visionnés, mais aussi, ne l’oublions pas, par la relecture de vieux magazines consacrés au sujet, cette période, trop souvent mésestimée par les historiens et le grand public qui ne le reconnaissent que trop rarement a sa juste valeur, mérite que l’on s’y attarde. Ainsi donc, après vous avoir parlé, ici même, d’un numéro des Collections de l’Histoire intitulé Héros et merveilles du Moyen-Âge, voici que je vous propose aujourd’hui, une autre revue, parue environ un an plus tard (mais qui date déjà de 2008) et qui, cette fois, approfondis le Moyen-Âge en tant que tel comme on peut le voir ci-dessous :

Sciences et Avenir Hors Série n°155 : Moyen-Âge, le nouveau regard des chercheurs
Juillet/Aout 2008

Au sommaire :

Moyen-Âge, le nouveau regard des chercheurs
- Edito : Les lumières du Moyen-Âge
- Entretien – Jacques Le Goff : « Le Moyen-Âge est une ère de progrès illimité »
Le goût des autres
- Nous sommes tous des barbares
- Le temps de l’errance
Les jeux de l’esprit
- Sur les pas des aventuriers du savoir
- Portfolio : Donjon, moulin et autres inventions médiévales
- Un monde de symboles
- Ours et licornes : les secrets du bestiaire
Les couleurs du plaisir
- Quand les cathédrales étaient peintes
- Le corps, entre pénitence et jouissance
- L’univers subversif des marges
- Livres : Les métamorphoses de Mélusine
- DVD : Sherlock Holmes au temps des inquisiteurs
- Rendez vous : Sur les chemins du Moyen-Âge
Le cadeau
- Poster : La Dame a la licorne
- Chronologie : Mille ans de Moyen-Âge

Le fidèle lecteur de ce blog pourra trouver que j’en fais trop avec ce Moyen-Âge, que se coltiner je ne sais combien de revues sur le même sujet peut, forcement, lassé au bout d’un moment ; pourtant, il n’en est rien. Tout d’abord, la période est passionnante, en tout cas, bien plus qu’on pourrait le croire de prime abord et, certainement, pas aussi « obscure » qu’on nous l’a trop souvent affirmé (en anglais, ne dit-on pas Dark Ages ?) ; ensuite, pour ce qui est de la revue dont je vous parlais précédemment, celle-ci était surtout consacrée aux légendes, aux croyances, au merveilleux médiéval alors que dans cet hors série de Sciences et Avenir, c’est la période en tant que telle qui est abordée : son style de vie, la façon de penser des hommes d’alors, mais aussi et surtout, tout ce que l’on ne savait pas a leur sujet : sexualité, humour, esprit inventif, a bien des points, l’homme du Moyen-Âge est plus « ouvert » que celui de la Renaissance. Et d’ailleurs, tout l’intérêt de cet hors série de Sciences et Avenir est justement là : découvrir toutes ces contre vérités, sortir un peu de ce carcan et cette fausse image que l’on a de cette période. Et sur ce point, les articles consacrés aux marges et aux couleurs des cathédrales sont hautement indispensables. Finalement, le seul défaut de ce magazine sera qu’il est trop court à mon gout, surtout si on le compare avec celui des Collections de l’Histoire dont je vous ai déjà parler. Mais bon, on ne peut pas toujours avoir ce que l’on veut.

BROTHERS


BROTHERS

Sam & Grace forment un couple parfait et sont les parents de deux petites filles. Sam est envoyé par l'ONU en mission à l'étranger et confie à Tommy, son frère tout juste sorti de prison, le soin de s'occuper de sa famille. Lorsque Sam est porté disparu et présumé mort, Tommy et Grace se rapprochent contre toute attente. C'est alors que Sam revient du front...

Indéniablement, Brothers fait, selon moi, partit de ce genre de films qui, de part son synopsis, ses acteurs ainsi que par la toile de fond du scénario et les sujets abordés, aurait put, aurait dut être bien meilleur que ce bien pauvre résultat final. Bien évidement, commencer de la sorte, en faisant état de ma déception, ne me fera pas que des amis, en premier lieu desquels, ceux qui ont apprécié cette œuvre, cependant, pourquoi aurais-je tourné cent sept ans autour du pot avant de dévoiler mon ressentit ? Pourquoi aurais-je dut analyser ce film, chose dont je n’avais pas forcement envie, avant de conclure que, finalement, celui-ci ne m’avait pas franchement emballé ? Certes, j’aurais put agir ainsi, cela aurait même été préférable d’ailleurs ; mais bon, parfois, entre la fatigue et le manque de temps, je préfère m’investir dans une bonne critique quand j’estime que cela vaut le coup. J’espère que les amoureux de ce film sauront me pardonner.

Quoi qu’il en soit, force est de constater que de prime abord, on ne pourra pas dire que le synopsis de base de ce Brothers soit d’une flagrante originalité : un triangle amoureux avec deux frères comme rivaux pour la même femme, franchement, c’est du vu et du revu ; ajoutez a cela le fait que celle-ci, au départ, déteste cordialement son beau frère (normal, avant l’amour, il y a la haine) puis que le mari, porté disparu et laisser pour mort, refasse sa réapparition quand il ne fallait pas et vous obtiendrez un scénario assez convenu qui ne surprendra pas grand monde. Enfin, bon, même ainsi, cela aurait put marcher ne serais ce que par le simple fait que bien souvent, quand on y réfléchit, la majeure partie des scénarios des films sont souvent du vu et du revu, non ? D’ailleurs, pour être tout a fait franc, cela commençait plutôt pas mal : entre ce frère, militaire, adoré de sa famille (Tobey Maguire) et porté aux nues par son père, ancien militaire lui aussi tandis que l’autre, petit voyou et brebis galeuse de la famille (Jake Gyllenhaal), est en permanence rabaissé et comparé a l’incomparable réussite de son frangin par un père (Sam Shepard) franchement pas malin sur le coup, force est de constater que, a mes yeux, Brothers débutait fort bien. Le problème, c’est que pour moi, ce qui m’intéressa dans ce film, ce fut justement ce lien entre le père et ses fils, pas assez aboutit et exploré selon moi, l’histoire d’amour passant presque du coup au second plan. Pourtant les amis, dans le rôle féminin, il y avait Natalie Portman, l’une de mes actrices préférées, ce qui aurait dut être un bon point pour Brothers, or, malgré son talent, indéniable, malgré sa présence a l’écran, et ben, j’ai été loin de la trouver transcendante. Mais il y avait pire selon moi : la présence de tête a claques, euh pardon, de Tobey Maguire. Je suis sincèrement désolé pour tous ceux qui apprécient cet acteur, mais décidément, je ne peux pas le supporter ; quoi qu’il fasse, quelle que soit ses rôles, je n’accroche absolument pas, cela n’a rien à voir avec ses talents d’acteur, c’est physique, tout bonnement. Du coup, quand je le vois dans un film, je n’ai qu’une seule envie : le claquer justement, d’où le surnom que je lui ai trouvé : Tête a claques. Certes, j’entends déjà des hurlements voir même quelques insultes a mon encontre, mais que voulez vous, quand on n’aime pas quelqu’un, bah, on n’aime pas, et avec lui, je n’arrive pas à faire la part des choses. Et comme en plus, c’est lui qui se tape le rôle du militaire borné et obéissant – bref, du frère chiant – tandis qu’en face, Jake Gyllenhaal brille de mille feux dans son rôle de mouton noir, bah, franchement, du coup, j’ai encore plus envie de le baffer. Et pourtant, ne suis-je pas trop dur à son encontre ? Tête à claques, euh pardon, Spiderman, euh non, Tobey Maguire est plutôt pas mal dans son registre, en particulier après son retour de captivité d’Afghanistan (un conseil, n’y partez pas en vacances) où il pete littéralement les plombs. Mais bon, que voulez vous, quand on ne peut pas, bah, on ne peut pas.

Surtout que mon problème vis-à-vis de ce Brothers n’est pas dut uniquement a la présence de Tobey Maguire : comme je vous l’ai déjà dit, j’aurais aimé que la relation père/fils soit bien plus développée, surtout que ce vieux renard de Sam Shepard est franchement excellent dans son rôle de vieux patriarche obtus et borné, et pas psychologue pour un sous ; ensuite, mon impression est que l’histoire ne décolle pas vraiment, que cela manque un peu trop de temps forts et que – mais ce n’est que mon avis – les quelques rares scènes marquantes comme le retour du frangin laissé pour mort ou celle du repas de famille où l’une des petites pete littéralement les plombs manquent un peu de souffle : c’est bien mais cela aurait put être mieux, comme tout le film finalement. Ajoutez a cela un final un peu obscur, où l’on reste un peu sur notre faim (eh, Natalie, mais largue ce con de Spiderman et tape toi une bonne fois pour toutes la brebis galeuse, il y a la classe lui… ou alors, elle a vu Brokeback Mountain et a des doutes sur la sexualité de Jake Gyllenhaal !?) et l’Afghanistan qui me gonfle autant de nos jours que le Vietnam en son temps et vous comprendrez tout ce que je n’ai pas apprécier dans cette œuvre. Bien évidement, cette critique est probablement injuste a l’encontre de Brothers, je ne le nie pas : plus de mauvaise foi et de parti pris que dans celle-ci, j’ai rarement fait pire. Pourtant, malgré tout, je ne peux pas m’empêcher de me dire que ce film, avec quelques réajustements, aurait put être bien meilleur ?

dimanche 13 novembre 2011

INTOUCHABLES


INTOUCHABLES

A la suite d’un accident de parapente, Philippe, riche aristocrate, engage comme aide à domicile Driss, un jeune de banlieue tout juste sorti de prison. Bref la personne la moins adaptée pour le job. Ensemble ils vont faire cohabiter Vivaldi et Earth Wind and Fire, le verbe et la vanne, les costumes et les bas de survêtement… Deux univers vont se télescoper, s’apprivoiser, pour donner naissance à une amitié aussi dingue, drôle et forte qu’inattendue, une relation unique qui fera des étincelles et qui les rendra… Intouchables.

Je ne vais pas revenir pour la énième fois sur le fait que je ne suis jamais emballer pour voir un film français – surtout quand il s’agit d’un film dit comique – et que, neuf fois sur dix, après coup, je constate que j’avais tord. De telles affirmations, de telles craintes irrationnelles et qui me poursuivent depuis des années, j’en ai déjà fait mention tellement de fois sur ce blog, lors de l’écriture de mes critiques cinématographiques qu’a force, cela en devient forcement inutile. Mais alors, pourquoi au fait est ce que je continu a penser de la sorte ? Pourquoi renâcler en permanence quand ma femme me propose d’aller au cinéma voir un film français ? Car bon, comment dire, à force, j’aurais quand même put constater que ceux-ci valent le coup, non ? Et pourtant, ce n’est pas le cas. Franchement, bien souvent, je ne me comprends pas moi-même. Car bon, je pense que vous l’avez compris, j’ai été conquis par Intouchables, et ce, bien entendu, après avoir tout fait pour ne pas aller le voir… décidément, je pense être bon pour l’asile psychiatrique…

Mais au fait, Intouchables, c’est quoi au juste ? Je pense que la plus part d’entre le vous savent de quoi parle ce film mais dans le doute, voila un bref résumé : d’un coté, un pauvre gars des banlieues, Omar Sy, noir, magouilleur, sortant de prison avec tous les poncifs du genre, de l’autre, un riche, François Cluzet, blanc bien entendu, ayant fait les grandes écoles, avec lui aussi tous les poncifs du genre (j’allais dire de sa caste) mais tétraplégique ; bref, deux hommes, deux milieux, deux styles de vie que tout oppose et pourtant, le début d’une belle histoire d’amitié. Bien évidement, dit comme cela, tout cela n’a pas vraiment de quoi emballer : manque flagrant d’originalité, personnages caricaturaux au possible et même, gros risque de mièvrerie qui viendrait achever le tout. Du coup, et je l’avoue, ces éléments ne m’emballaient pas trop. Certes, je m’étais dit avant coup que je le verrais bien, a la rigueur, lors de son passage a la télé (pourquoi pas) et que, après tout, celui-ci me plairait peut-être ; mais de la a payé pour ca ? Non, oh que non. Et pourtant, il y avait bien des critiques plus que positives vis-à-vis de cet Intouchable (pas de tout le monde mais j’y reviendrais ultérieurement), celui-ci marchait très bien et quelqu’un qui avait été le voir me dit même qu’à la fin, il y avait eu deux standing ovation, chose que, en quelques décennies de sorties ciné, je n’avais jamais connu. Alors, finalement, je me suis laissé convaincre.

Et je ne le regrette pas le moins du monde, bien au contraire. L’on pourra me dire tout ce que l’on veut sur Intouchables, l’on pourra le descendre en flèche, pinter du doigt tous ses défauts, son manque d’originalité, son coté décalé, son humour omniprésent (et oui, certains trouvent que rire, c’est bon pour les beaufs et les cons, alors j’assume, je suis un beauf et un con et je suis fier !), cette rencontre improbable entre deux hommes que tout oppose (alors que le pire, c’est que cela est vraiment arrivé) voir même que tout cet humour vis-à-vis des handicapés n’est pas bien, que ca ne se fait pas, qu’ils vont trop loin etc. et ben, tout cela ne me fera pas changer d’avis sur ce que je pense : Intouchables est un putain de bon film (oui, c’est le terme qui conviens) qui traite certes d’un sujet sérieux mais par le biais de l’humour, un humour omniprésent qui nous fait rire de la première a la dernière minute mais un humour – comme dirait ma femme – d’une finesse rarement atteinte dans les productions modernes. Alors oui, on peut se moquer des handicapés, surtout que cela n’est jamais méchant ni gratuit, bien au contraire, oui Omar Sy confirme par sa prestation qu’il est bien plus qu’un simple comique de la télé et qu’il a bel et bien un talent comme j’avais put le constater dans deux autres films, Nos jours heureux et Tellement proches dont vous pouvez lire la critique ici, oui, même si cela semble improbable, même si tout cela semble tirer par les cheveux et même si les personnages semblent plus être des archétypes qu’autre chose, et ben ca marche, exceptionnellement bien par-dessus le marché et je pense que le public, lui, ne s’y est pas tromper.

Comme je vous le disais précédemment, certains ont détesté Intouchables et comme par hasard, c’est du coté de Libération et des Inrockuptibles qu’il faut, une fois de plus, se tourner. Je ne connais pas les avis de chez Canal + mais pour ce qui est des deux autres, cela ne m’étonnes pas le moins du monde : en effet, depuis que j’ai débuté ce blog, j’ai put remarquer lors de l’écriture de mes critiques que la plus part du temps, mon avis se trouve aux antipodes de celui de ce que j’appellerais la presse bobo. Bien évidement, pour eux, une œuvre comme Intouchables ne peut qu’être suspecte : on rigole trop, les protagonistes principaux ne sont pas des schizophrènes dépressifs prêts a se pendre et en plus, ca plait au grand public, donc, forcement, ca ne peut qu’être suspect ; un truc de beaufs quoi ! Mais comme je l’ai déjà dit, alors, je suis fier, dans ce cas la, d’être un beauf ! Mais a un moment donné, je pense qu’il faut arrêter de se la peter plus haut que son cul (oui, je sais, je suis vulgaire mais ce genre de presse pseudo gauchisante mais réservée a une élite boboisante a tendance à me gonfler grave) et savoir reconnaître la véritable valeur d’une œuvre. Sincèrement, hier, et pour la toute première fois de ma vie, j’ai vu le public applaudir à la fin du film – ce n’est pas comme si je n’avais jamais été au cinéma ni vu que des nanards auparavant – mais aussi, une salle remplie, des gens qui faisaient la queue uniquement pour ce film, tandis que celles des autres étaient vides mais aussi, la sensation agréable de ne pas avoir claqué mon argent pour rien, bien au contraire. Alors oui, Intouchables n’est pas le film du siècle, oui il est surtout fait pour qu’on rigole (quoi que, il est plus profond qu’on ne le pense de prime abord) mais franchement, je pense que quand un film est autant plébisciter par le public, les eternels grincheux qui ne jurent que par d’obscures productions moldaves (je n’ai rien contre celles-ci mais il me fallait un exemple) ou qui seraient bien plus complaisant vis-à-vis d’un film équivalent, mais américain, et ben, ces fameux grincheux des Inrocks et compagnie, ils feraient mieux de se taire car depuis le temps, ils en deviennent pathétiques.

mardi 8 novembre 2011

DEUX SŒURS POUR UN ROI


DEUX SŒURS POUR UN ROI

Le duc de Norfolk, bien que déjà très fortuné, cherche constamment un moyen de s'enrichir. Tandis que le couple du roi d'Angleterre, Henri VIII, bat de l'aile, il décide d'envoyer la fille aînée de sa sœur, Anne Boleyn, en tant que maîtresse de celui-ci. Cela fonctionne, mais après une erreur d'Anne, le roi revient de sa partie de chasse blessé. La sœur d'Anne, Mary, nouvellement mariée avec William Carey, soigne le roi. Celui-ci s'éprend d'elle. Elle devient ainsi la maitresse du roi, doublant sa sœur, jalouse. Anne en vient alors à épouser secrètement l'homme dont elle était réellement amoureuse, Henry Percy. Mary l'apprend, l'avoue à son père. Comme le récent mari était déjà fiancé, et que leur union fut consommée, son oncle et son père, furieux, envoient Anne à la cour de France et ainsi annulent ce mariage, honteux, d'après eux. La guerre entre les deux sœurs, déjà latente, commence vraiment.

Décidément, depuis quelques années, les Tudors sont revenus a la mode ; il y eut bien entendu la série télévisé, que vous avez peut-être vu du coté de Canal + puis d’ARTE, qui connu son public même si, personnellement, pour le peu que j’ai put voir, je n’avais pas vraiment accroché (probablement les acteurs, je n’avais pas trop accroché avec eux, ainsi que la mise en scène, un peu trop, comment dire, moderne selon mes gouts), mais aussi, ne l’oublions, les deux films consacrés a la reine Elisabeth, dont je vous avais proposer la critique du second, Elisabeth l’âge d’or sur ce même blog en janvier dernier (voir ici), celle-ci étant la fille de ce fameux roi Henri VIII et de la non moins sulfureuse Anne Boleyn mais aussi, sujet qui nous préoccupe aujourd’hui, ce Deux sœurs pour un roi, sortit en 2008 qui s’attarde justement sur cette fameuse liaison entre Henri VIII et Anne Boleyn ; et encore, on oubliera de citer les œuvres plus anciennes dont la plus célèbre d’entre elles, le célèbre Henri VIII d’un certain William Shakespeare. Bref, cette période de l’histoire de la royauté britannique a, depuis longtemps, passionner suffisamment les foules pour que bon nombre d’auteurs nous aient proposé pas mal d’œuvres, certaines de qualité, d’autres non, et la question qui nous préoccupe aujourd’hui, vous l’avez compris, et de savoir dans quelle catégorie se classe ce Deux sœurs pour un roi ?

J’étais un peu passer a coté de ce film lors de sa sortie, en 2008 ; certes, j’en avais alors entendu parler, que ce soit par le biais d’articles, de critiques ou d’extraits, pourtant, j’avoue que depuis, j’en avais oublier jusqu'à son existence, du coup, quelle ne fut pas me surprise en le voyant au programme ce dimanche soir, sur une chaine du service public (ah, ce n’est pas TF1 qui nous offrirait ce genre de films) et, du coup, vu le sujet de celui-ci – et vu aussi la misère télévisuelle auquel l’on est bien malheureusement habituer également – je me suis dit que ce Deux sœurs pour un roi pourrait valoir le coup d’être regarder : comme chacun sait depuis longtemps (enfin, je parle pour les quelques habitués), j’aime l’histoire, et comme en plus – et malgré mon peu d’intérêt pour Les Tudors, la série – je m’intéressais, par le biais de quelques documentaires et lectures, au règne de ce brave Henri VIII depuis quelques temps, il me paraissait indéniable que ce film, a défaut d’être exceptionnel, pouvait au moins me permettre de passer une bonne soirée. Qui plus est, et ce détail est loin d’être négligeable, la présence, dans le rôle des deux sœurs Boleyn de Natalie Portman et Scarlett Johansson, deux de mes actrices préférées de ces dernières années, ne pouvait que jouer en faveur de ce film ; ainsi, que ce soit dans des œuvres, pour la première, comme Star Wars (ah, Padmé…), V for Vendeta ou bien Black Swan ainsi que, pour la seconde, Match Point et Vicky Cristina Barcelona, j’apprécie depuis longtemps ces deux actrices et je me faisais une joie de les retrouver ensemble dans le même film ; bon, quand a notre ami Eric Bana – Munich, Troie – on ne peut pas dire que j’étais autant enthousiaste mais bon, je n’ai rien contre lui non plus. Bref, tout semblait réuni pour faire, selon mes gouts personnels, de ce Deux sœurs pour un roi un bon film historique comme je les aime. En a-t-il été ainsi ?

Et ben, comment dire ? En fait, tout dépend de ce que l’on est capable d’accepter ou non, justement, d’un film historique ; je m’explique : si l’on aime l’histoire, il est difficile de ne pas titiller devant tel inexactitude du scénario, devant tel boulette scénaristique ou contre vérité flagrante. Forcement, l’on se doute bien qu’une œuvre, que ce soit un film, un roman ou une bande dessinée, ne respecte que quasiment jamais, pour ne pas dire jamais, la vérité historique en tant que tel (et encore, c’est quoi la vérité dans l’histoire ?), cependant, autant l’on fermer les yeux et accepter, et c’est mon cas, tel détail non exact mais qui sert le scénario, tel petit écart de l’auteur mais autant je ne peux pas cautionner le n’importe quoi : imaginez donc un film sur la seconde guerre mondiale où certains rôles sont inversés, ou c’est l’URSS qui attaque l’Allemagne en premier voir même, ou les alliances ne sont pas les mêmes ? Certes, cela existe, c’est ce que l’on appelle de la science fiction – plus précisément de l’Uchronie – mais dans le cas d’une œuvre présentée comme Historique (et je tiens a ma majuscule), ce genre de dérapages ne peuvent être accepté. Or, sans atteindre le cas extrême de mon exemple, c’est pourtant le cas de ce Deux sœurs pour un roi. Alors certes, c’est magnifiquement bien filmer, les acteurs sont assez bons, sans nul doute de même que les couleurs, les décors, les costumes sont fort agréable a regarder ; ajoutez a cela une trame scénaristique assez captivante bien que peu originale – bah, cela ne reste qu’un vulgaire triangle amoureux au final – et vous obtiendrez, sans nul doute, un fort bon divertissement. Sauf que… sauf que, autant cela passe pour un néophyte, pour un non spécialiste de cette période, autant pour quelqu’un qui s’y connaît un temps soit peu, c’est déjà plus problématique : et non, Mary Boleyn ne fut pas la petite sainte telle qu’elle est présentée dans le film, qui plus est, elle était l’ainée et, accessoirement, présentée allégrement comme une « putain » - dixit François Ier – et pour couronner le tout, son rôle fut finalement minime. Quand a sa sœur, voir en elle une dominatrice qui manipulait le désir du roi, se refusant a lui pour lui faire accepter n’importe quoi et qui le poussa a rompre avec Rome, franchement, c’est aller un peu vite en besogne. Quand au final, d’une mièvrerie navrante, c’est le plus gros point de ce Deux sœurs pour un roi. Enfin bon, dommage tout cela quand on voit le potentiel de départ, mais bon, il fallait une version romancée de l’histoire qui plairait au grand public, de l’hollywoodien en gros.

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