dimanche 29 janvier 2012

Historia n°656 : Quand la nudité était sans gêne



Après une bien cruelle désillusion que fut le cinquante huitième numéro de La Nouvelle Revue de l’Histoire de ce mois-ci, comme on peut le voir ici, je me suis replonger, une fois de plus, dans mes valeurs sures, c’est-à-dire mes vieille revues que j’aime bien relire de temps en temps, lorsque je me trouve en manque de nouveautés. Et parmi celles-ci, la dernière en date est un numéro obscur de la revue Historia dont, franchement, j’avais oublié l’existence et qui avait, pour sujet principal : la nudité à travers les siècles. Sujet a priori peu engageant a première vue mais qui s’est avéré bien plus intéressant que prévu comme nous allons pouvoir le constater :

Historia n°656 – Au lit, dans le bain, dans l’art : Quand la nudité était sans gêne.
Août 2001

Au lit, dans le bain, dans l’art : Quand la nudité était sans gêne
- La chronique d’Alexandre Adler : De Nuremberg à La Haye
- Controverse : Les vacances, une invention du XIXe siècle ?
- Evènement : Pouvoir : quand les étés étaient chauds
- Actualité : Poutine s’accroche aux iles Kouriles
- Tests nucléaires sur des bébés mort-nés
- Les premières images du cimetière marin du 6 juin 1944
- Amnesty International fringante quadragénaire
- De Gaulle sous écoute… anglaise
- Héraklion livre ses secrets
- Un dinosaure géant en Egypte
- Un crocodile de 45 millions d’années
- Moments d’Histoire : Profession : chasseurs de trésors engloutis
- Nicolas Appert : les marins lui disent merci !
- La Castiglione, diplomate de charme
- Le laboratoire de la Seconde Guerre mondiale
- A l’aube, le mur de la honte
- Dossier : Quand la nudité était sans gêne
- Au bain : l’intimité partagée
- Au lit : sans chemise sans pyjama
- Dans l’art : Dieu merci, l’Eglise veille
- Biographie : Louis Jouvet, un magnétisme inoubliable
- Patrimoine : Le pont du Gard : un travail de Romain
- Art de l’Histoire : Al-Qwazînî, le Buffon arabe du XIIIe siècle
- Voyage historique : Florence : sur les pas de Laurent le Magnifique

Six cent cinquante sixième numéro de la revue Historia – inutile, avec un tel titre, de vous dire quel est le sujet de prédilection de celle-ci ; et oui, ce n’est pas la pèche – ce vieux numéro datant déjà de plus d’une décennie (août 2001, je le croyais légèrement plus récent) est la parfaite antithèse de ce que j’ai pu souvent vous dire lors de mes nombreux billets consacrés à la presse sur ce blog : en effet, je n’ai jamais cacher ma grande préférence pour les numéros hors-séries, possédant un sujet principal, le plus souvent complet et de qualité, chose qui, bien évidemment, est bien plus difficile pour un simple mensuel qui, de par le nombre de sujets traités, n’approfondis jamais véritablement ceux-ci. De même, et c’est souvent le cas avec les revues scientifiques ou historiques (mais quelque part, cela est valable pour l’ensemble de la presse), qui dit nombreux articles dit forcement articles que l’on survoler rapidement voir que l’on met de côté, tandis que, si dossier principal est annoncé, celui-ci est bien trop souvent tellement court que, parfois, il est plus court que d’autres articles dans la même revue – ce qui est un comble, mais bon, plus rien ne m’étonnes en ce bas monde. Pourtant, comme je vous l’ai dit, cet Historia dément littéralement tout cela, et franchement, c’est une agréable surprise.

D’abord, quelques mots sur le dossier de ce six cent cinquante sixième numéro d’Historia : quoi que l’on dise, et malgré les réticences que l’on peut éprouver au départ (franchement, la nudité dans l’Histoire, bof), celui-ci est bien plus intéressant que l’on pourrait le penser. En effet, c’est finalement un sujet méconnu, pour ne pas dire inconnu ; de plus, l’on se méprend souvent sur les différentes meures de nos ancêtres et, une fois de plus, l’on se rend compte que le fameux Moyen-âge que l’on prétend, encore aujourd’hui, obscur et placé sous la coupe moralisante de la toute puissante Eglise Catholique, fut en fait, bien plus liberticide que ce que l’on essaie de nous faire croire. Ah, belle époque que celui-ci où la nudité – au lit, au bain – n’était pas un problème, contrairement à ce qui arriva par la suite : réforme protestante (bien plus dur dans le dogme) tout d’abord, puis pudibonderie extrême du XIXe siècle avant – car l’Histoire est un éternel cycle – n’importe quoi actuel. Bref, l’on se retrouve avec un dossier fort intéressant qui ne pèche, malheureusement, que par son nombre de pages, beaucoup trop court car, sans nul doute, il y avait matière à faire plus.

Mais le meilleur est encore à venir car ce numéro d’Historia, en plus de posséder un dossier principal intéressant (ce qui, en soit, n’a rien d’exceptionnel) se paye le luxe d’être quasiment parfait de bout en bout : en effet, la quasi-totalité du reste de la revue mérite le détour et trouvera, à coup sûr, preneur parmi les amateurs du genre. Si l’on passera rapidement sur l’édito d’un Alexandre Adler bien trop partisan pour être crédible, pour le reste, c’est du tout bon : ainsi, entre les origines des vacances (pas si récentes que ça finalement), des sujets d’actualité assez riches, l’invention des conserves (et surtout, leur inventeur méconnu et pourtant français !), l’article passionnant et parfois étonnant sur La Castiglione, d’autres certes peu originaux mais bien écrits sur la Guerre d’Espagne et le Mur de Berlin, et, pour finir, un petit détour dans la Florence de Laurent le Magnifique, force est de constater que nous avons là un excellent numéro d’Historia. Et vu qu’une telle qualité pour un simple mensuel est si rare, je ne pouvais décidément pas ne pas louer la chose. 

samedi 28 janvier 2012

Le Journal de Feanor a 4 ans !



Quatre ans ! Le Journal de Feanor a quatre ans ! Et ben, comme le temps passe vite ; certes, désormais, je n’en suis plus à me dire que j’avais l’impression que c’était tout juste hier que je me lançais dans cette grande aventure qu’était la création d’un blog (le temps qui passe attenue pas mal les choses) mais quoi qu’il en soit, quatre années, c’est à la fois beaucoup et peu : beaucoup parce que bon, comment dire, quarante-huit mois, ce n’est pas rien, et peu car que représente cette durée dans une vie ? Pas grand-chose, j’en conviens. Pourtant, je dois avouer que j’éprouve une certaine fierté à ce que mon blog atteigne cette date et entre alors, de plein pied, dans sa cinquième année. Sincèrement, et je pense que ce n’est pas la première fois que je le dit (que dis-je, je suis même sur !), je n’aurais jamais cru, lorsque j’ai débuté Le Journal de Feanor, que celui-ci dure aussi longtemps. Commencer alors que j’étais alors en instance de départ de mon précédant travail et que j’allais passer quelques mois à la maison, les débuts de ce blog étaient alors un simple passe-temps qui aurait pu n’être qu’une vulgaire passade. Or, avec le temps, je me suis pris au jeu et assez rapidement, malgré les aléas de la vie, le manque de temps parfois flagrant, voir, même, le fait que je ne peux nier que ce blog prenne parfois le pas sur d’autres loisirs, l’évidence s’imposa d’elle-même : je ne l’arrêterais pas tant que je ne m’en lasserais pas, et vu sous cet angle, il se pourrait bien que Le Journal de Feanor dure encore quelques belles années.

Mais plus que des questions existentielles, je tenais surtout aujourd’hui à fêter comme il se doit les quatre années de mon blog, et à remercier tous ceux qui suivent celui-ci, qu’ils soient connus ou anonymes, qu’ils me laissent des commentaires ou pas, et que ce soit des petits nouveaux ou des vieux de la vieille. D’ailleurs, les plus anciens, ceux qui connaissent Le Journal de Feanor depuis les tous débuts se souviennent peut être de toutes les modifications que celui-ci a connu : que cela soit d’un point de vu graphique (oh, le marron/jaune des débuts…) qui, comme vous l’avez remarquer depuis mercredi dernier, a encore évoluer, ou de contenu, ce blog, au jour d’aujourd’hui, n’est plus vraiment le même que lors de ses débuts : cela fait longtemps que les articles politiques qui représentaient la grande majorité du blog ont quasiment disparus (est-ce que vous m’avez vu poster le moindre billet sur les futures élections présidentielles françaises, et non, pas encore, et franchement, même si c’est l’un des grands événements de cette année, je ne suis pas pressé de le faire, la politique me lassant de plus en plus), quant à l’international, c’est presque encore pire. En fait, je pense que je m’en moque un peu de tout ça désormais et que je préfère me concentrer sur les critiques de romans ou de films, par exemple, le foot parce que je suis fan de la chose, la nécrologie, par habitude (rien de morbide la dedans) et quelques infos par ci par là qui, éventuellement, éveillent ma curiosité. De toutes façons, je l’avais dit il me semble lors des débuts de ce blog : celui-ci allait révéler mes gouts, quels qu’ils soient, et comme je me suis lasser de ce qui pouvait m’intéresser il y a quatre ans, les changements s’expliquent. Comme le côté « fourre-tout » de la chose – qui a cout sur, le dessert plus qu’autre chose mais bon – qui fait du Journal de Feanor un blog, je l’admets, parfois curieux.

Quoi qu’il en soit, encore une fois, un très joyeux anniversaire à mon blog, un grand merci à tous les habitués de celui-ci et, bien évidemment, je vous donne rendez-vous dans douze mois, afin de fêter les cinq ans du Journal de Feanor, et là, cinq années, ça sera, mine de rien, une date à ne pas manquer. Mais bon, j’ai franchement le temps d’y penser et je compte bien, d’ici là, vous retrouvez régulièrement par ici, en essayant, petit à petit, de m’améliorer davantage et de rendre ce blog encore plus intéressant. 

mardi 24 janvier 2012

LA CITÉ INTERDITE



LA CITÉ INTERDITE

L’empereur Ping est un homme d’humble origine et à la forte ambition, monté sur le trône à partir du rang modeste de capitaine. Il a abandonné sa première femme pour épouser la princesse de Liang, aujourd’hui son impératrice Phœnix. L’empereur n’aime pas sa seconde femme, met son humeur aigre sur le compte de la maladie et l’oblige à prendre un traitement qu’il a concocté lui-même toutes les deux heures depuis dix ans. Elle et le prince héritier Wan, le fils que l’empereur a eu de sa première femme, ont une liaison depuis trois ans. Wan se sent coupable de cette liaison et entretient une seconde relation secrète avec Jiang Chan, la fille du médecin impérial. Il souhaite s’échapper du palais, qu’il n’a jamais quitté, et voir le monde réel avec Chan. Le prince Jai, le deuxième fils et l'aîné de l’impératrice, a dirigé l’armée de l’empereur Ping aux frontières du royaume pendant trois ans. Le palais a préparé une cérémonie d’accueil grandiose pour le retour du prince à la veille de la fête des chrysanthèmes, mais l’empereur annule celle-ci au dernier moment pour rencontrer son fils dans une auberge voisine où Jai a reçu instruction de l’attendre. Là, l’empereur provoque son fils en duel comme un acte de domination, après quoi il avertit Jai de ne jamais répéter une erreur passée, non précisée, insistant sur le fait que tout ce que Jai reçoit provient de la volonté de l’empereur et que toute tentative d’obtenir quelque chose de l’empereur par la force est vouée à l’échec.

Je ne remercierais jamais assez France Ô de nous avoir proposé, hier soir, pour fêter la nouvelle année chinoise, ce très beau film qu’est La Cité Interdite, œuvre du réalisateur chinois Zhang Yimou et déjà responsables de véritables petits bijoux comme Le secret des poignards volants, Hero ou Epouses et concubines. Ainsi, et alors que je m’apprêtais a passer une soirée peu engageante, en zappant sans grande conviction, et dans l’attente d’une sale nuit où j’aurais bien du mal à trouver le sommeil suite à mes quintes de toux, j’eu l’agréable surprise de tomber par hasard – comme l’on dit, celui-ci fait décidément bien les choses – sur ce film que je ne connaissais pas (franchement, vu sa date de sortie, mon plus jeune fils était tout petit et j’avais bien d’autres chats à fouetter que de suivre l’actualité cinématographique) ou que j’avais oublié (ma mémoire et moi) et, en moins de deux minutes, décision fut prise de m’exiler au salon (et oui, ça n’enchantait pas madame qui préféra, soupir, L’amour est dans le pré sur M6) et de m’installer confortablement devant un bon moment de cinéma.


Bon, avant toute chose, je dois reconnaitre que cela faisait belle lurette que je ne voyais pas un film asiatique alors qu’il fut un temps – plus insouciant, moins de responsabilités, en gros, je n’avais que ça à faire – où je ne me lassais pas de ceux-ci : ainsi, entre des véritables petits bijoux de Kurosawa comme Les Sept Samouraïs ou La Forteresse cachée pour les films de sabres nippons, mais aussi, Battle Royal ou Ring dans des genres différents ainsi que, du côté du cinéma chinois, des pépites d’humour et d’action comme Il était une fois en Chine et des fresques comme Hero ou Tigres et Dragons, pour ne citer que les plus connus, les premières années du vingt et unième siècle, pour moi, furent asiatiques ! Par la suite, et les aléas de la vie, j’ai un peu abandonné le genre et ce, même si celui-ci me plaisait toujours au temps ce qui a fait que, depuis que Le Journal de Feanor existe (quatre ans), je n’ai eu l’occasion que d’en voir un seul : Les Trois Royaumes, superbe fresque semi légendaire, semi historique des Royaumes combattants, il y a de cela trois ans environ. Ainsi, telle ne fut pas ma joie de retrouver ainsi un genre aimé, pour ne pas dire adorer, et que j’avais laissé, selon moi, bien trop longtemps de côté.


Mais alors, que vaut vraiment cette Cité Interdite ? Car bon, comment dire, ce n’est pas parce que l’on aime un genre particulier que l’on doit tout accepter sans emmètre la moindre critique. Et ben, tout d’abord, reconnaissons-le tout de suite, ce film n’est pas le meilleur que j’ai eu l’occasion de voir du cinéma chinois, certes, à l’époque de sa sortie, il en était le plus cher – mais cela n’a jamais été un gage de qualité. Ensuite, et quelque part, ceux qui connaissent et apprécie le genre peuvent trouver cela curieux de ma part mais sur ce coup-là, je n’ai pas franchement aimé les exagérations habituelles des combats. Certes, par-là, je n’émets pas de critiques sur tous les combats du film, après tout, le dernier, dans son exagération même – deux armées qui s’affrontent en plein cœur de la Cité interdite, le massacre qui suit, l’un des personnages principaux qui tient tête à des centaines d’adversaires à lui tout seul (ah, les bons souvenirs de l’un des jeux les plus extravagants et jouissif de tous les temps : Dynasty Warriors !) est un modèle du genre et ravira les amateurs dans mon genre. Par contre, le côté mecs qui volent sur ce coup, était de trop car ne se justifiait pas vraiment. Pire encore, le fait que certaines femmes aient des prédispositions au combat et plus particulièrement la fille du médecin royal : franchement, ce fait a desservi le film alors que dans d’autres, ça passait assez bien. Mais alors, pourquoi ses griefs ? La Cité Interdite est-il une œuvre ratée ?

Et ben non, pas le moins du monde en fait ! Le problème qui se pose ici, c’est qu’en fait, nous nous trouvons la devant une œuvre plus profonde, plus intimiste et plus, comment dire, axé sur la réflexion que ce que l’on a l’habitude de voir dans le cinéma chinois. Véritable drame que n’aurait pas renié Shakespeare, La Cité Interdite vaut énormément pour son coté terriblement oppressant, renforcé par ses décors certes somptueux et féeriques, mais dans lesquels chaque protagoniste n’est en fait qu’un jouet dans une prison dorée, soumis aux bons vouloirs d’un souverain, à la fois cruel et aimant (selon ses gouts), mais aussi au poids encore plus important des traditions ancestrales qui régissent l’ensemble de la société chinoise et plus encore la classe dirigeante. Cette oppression, ce sentiment d’étouffement est amplifié par une bande son qui colle parfaitement bien à l’intrigue et qui écrase davantage – comme s’ils n’en avaient pas encore assez – les personnages de ce drame. Car oui, c’est un drame qui se cache derrière cette intrigue de palais, cette volonté de l’impératrice de formenté un coup d’état, tentative forcement voué à l’échec mais qui reste sa seule et unique solution, condamnée qu’elle est selon la volonté de son époux. Mais drame aussi pour son beau-fils, le Prince héritier, qui souffre d’avoir perdu sa mère, mais aussi de sa liaison avec sa belle-mère ; drame également pour les autres enfants, l’un tirailler entre son père et sa mère et qui pourrait tout perdre, l’autre, véritable cinquième roue du carrosse, nourrissant sa haine secrètement pour l’ensemble de sa famille. Drame également pour d’autres protagonistes, que je ne dévoilerai pas davantage afin de ne pas trop en révéler sur l’intrigue et gâcher l’effet de surprise ; sachons seulement qu’entre jalouseries, haine, inceste, les pauvres protagonistes de cette histoire, accablés par le destin et sachant par avance que celui-ci ne leur sera pas profitable, n’en sortiront pas indemnes, loin de là.

Car malgré ses somptueux décors, ses costumes flamboyants et ses hauts faits d’armes, La Cité Interdite est avant tout une œuvre en vase clôt, une affaire de famille qui ne peut que se finir mal, une œuvre dont le personnage principal, et de loin, est cette impératrice – formidable et magnifique Gong Li au sommet de son art – qui écrase de sa prestance tout le reste. Tant de par son jeu, tout bonnement parfait, alternant entre lucide et révolte, sensualité et folie, amour et haine, celle-ci remporte haut la main de personnage le plus intéressant, et ce, malgré un lot assez bien fournie pour une fois. Mais du coup, lorsque l’on regarde La Cité Interdite, et malgré un combat final, comme je l’ai dit, qui mérite le coup d’œil, ce que l’on recherche, ce sont les relations entre personnages, d’une complexité rare, ce que l’on regarde, ce sont ces décors, tout bonnement grandioses, et surement pas, à coup sûr, ces types costumés qui volent dans tous les sens de façon grand guignolesque. Sincèrement, ceux-ci n’auraient pas été présents et ce film ne s’en serait que mieux porté. 

MASQUÉ : ANOMALIES



MASQUÉ : ANOMALIES

Dans les estives de la frontière russo-géorgienne, une troupe de militaires français repère un phénomène curieux sur le sol. En alerte, ils sont soudain attaqués par un drone russe autonome enterré, qui fait un carnage. Seuls le sergent Frank Braffort et sa copine Melissa Tales s’en sortent indemnes, mais blessés, grâce à une intervention aussi providentielle que mystérieuse… Une poignée d’années plus tard, Braffort est de retour à Paris-Métropole. Il ne reconnaît plus sa ville, à l’urbanisme gigantesque et effréné, et en proie à une vague indéterminée d’« anomalies ». Ces anomalies, ce sont des composants électroniques venus de nulle part, qui s’amalgament n’importe où, jusqu’à former des entités intelligentes et agissantes. L’une d’elle agresse même le Préfet de police Beauregard, en pleine conférence de presse. Braffort, lui, est instantanément contacté par un ancien camarade de l’armée travaillant pour la Métropole. Ce dernier lui propose un poste de premier choix : assurer la sécurité du Préfet. La réputation d’homme de terrain de Braffort l’a visiblement précédé. Mais il semble que les raisons de ce recrutement express dépassent largement le cadre de ses réelles compétences…

Il y a de cela un an environ, janvier 2011 fut indéniablement le mois de La Brigade Chimérique. Cette œuvre, devenu culte pour bon nombre d’amateurs de bande dessinée et de rolistes, qui ne connut certes pas des ventes ditirambiques mais qui n’en gagna pas moins le cœur d’un petit nombre de fidèles, les marquant a jamais de par sa profondeur et les thèmes abordés, je l’aurais donc découvert il y a un an. Pour cela, je pense que je serais a jamais reconnaissant a Lord Orkan Von Deck, le génial maitre d’œuvre du non moins excellent blog Steampunk, Science-Fiction et Fantasy devenu depuis peu A contre-courants qui me l’avait alors fait découvrir, chose que je regretterais jamais. Mais si les connaisseurs savent de quoi je parle, il me semble qu’avant de rentrer dans le vif du sujet, c’est-à-dire, la critique du premier tome de cette nouvelle série, Masqué, je me dois de revenir un peu sur le synopsis de cette fameuse Brigade Chimérique : œuvre de Serge Lehman et Fabrice Colin au scénario, de Gess aux dessins et de Céline Bessonneau aux couleurs, celle-ci aborde le sort des super héros européens avant la seconde guerre mondiale. Certes, La Brigade Chimérique n’est pas la seule bande dessinée qui nous propose un matériel superhéroique européen – il suffit de ne pas oublier ce très bon titre qu’est Les Sentinelles qui se déroule, lui, lors de la Grande Guerre – mais jamais auparavant, une œuvre n’avait été aussi loin dans le propos. En effet, ici, plutôt que de nous proposer une simple intrigue avec des héros que l’on qualifierait d’indigènes au vieux continent, les auteurs ont préféré poser (et répondre) a la question suivante : pourquoi, alors que l’Europe possédait un matériel de base dans sa culture populaire tellement important, les super héros locaux n’ont pas pris ici, le genre, s’il a marché, étant bien évidement celui venu d’outre atlantique ? Et tel est le propos, donc, de La Brigade Chimérique qui, tout au long de six tomes, nous dévoile tout un monde oublier – celui d’avant-guerre, avec toutes ses figures majeures de la culture feuilletonesque européenne – mais aussi et surtout, sur son sort. Œuvre majeure donc, car désormais, on peut dire sans crainte qu’il y a un avant et un après Brigade Chimérique.


Et nous sommes donc maintenant dans l’après avec ce que les amoureux de La Brigade Chimérique espéraient sans trop y croire : la parution, non pas vraiment d’une suite pure et dure – quoi que, on en est pas loin – mais du retour des super héros européens à notre époque, tâche ardue s’il en faut. Car en effet, et je pense ne l’apprendre à personne, si le genre est très populaire sous nos contrées, c’est par le biais de personnages américains avant tout : après tout, que l’on soit fan ou pas, tout le monde connait Superman, Batman, Spider Man, les X Men et les autres. Quant aux productions locales, si l’on met de côté les auteurs britanniques qui, soyons francs, ont surtout travaillé avec du matériel US – franchement, Captain Britain, ce n’est pas trop le top du super héros – c’est le néant, tout simplement. Du coup, et je pense ne pas me tromper en l’affirmant : tout fan de comics et de BD européenne a dut, a un moment ou un autre de sa vie se poser la question suivante, presque vitale : mais ils sont où nos super héros à nous ? Bien évidemment, La Brigade Chimérique y répond, mais cela n’empêche pas que désormais, ce que l’on souhaite, justement, c’est des histoires avec des super héros bien de chez nous, un mélange des genres qui comblera d’aise les amateurs des deux genres – car bon, à part Les Sentinelles, il n’y a pas grand-chose – et ça tombe bien, Masqué est arrivé !


Comme par hasard, qui retrouve-t-on aux commandes ? Un certain Serge Lehman, maitre d’œuvre de La Brigade et qui poursuit donc son travail de sape de nous imposer ses super héros du vieux continent. Et mine de rien, pour toute une génération moins visible que celle des mangas, mais tout aussi présente, celle des Strange, Nova et autres titres cultes, il se pourrait bien que le bougre soit prêt de parvenir à ses fins. En effet, c’est comme un besoin que nous avions en nous depuis longtemps (car oui, j’en fais partie) et franchement, quel bonheur que ce mélange des genres, mais aussi, terrible constat : et dire qu’il aura fallu attendre si longtemps. Bien évidemment, il aura fallu que cette génération, désormais quadra ou plus pour la plus part, ai donné des scénaristes, des dessinateurs et, quoi que l’on dise, plus important encore, des responsables chez les maisons d’édition bel et bien décidés à imposer leurs gouts. Du coup, il se pourrait bien que le genre superhéroique local prenne pied, oh certes, pas de façon aussi spectaculaire que ses « frères » américains ou que les mangas, mais que, petit à petit, ce genre réussisse à percer sa petite place au soleil. Du moins, c’est ce que j’espère. Et en tête de fille, nous avons donc Serge Lehman qui, comme il l’annonçait du temps de La Brigade Chimérique, nous revient aujourd’hui avec Masqué.

Tout d’abord, ce qui ressort avant tout à la lecture de ce premier tome de Masqué, c’est indéniablement le plaisir. Oui, le plaisir de lire une histoire de super héros – quoi que, on ne peut pas dire que ceux-ci soient vraiment présents pour le moment – dans un décor familier ou presque : Paris, ou plutôt, un Paris tentaculaire, une véritable mégalopole qui n’a plus rien à envier à Londres, Tokyo ou New York. Ah, le nom est cité : New York, lieu d’origine de tant d’individus masqués comme si, pour que ceux-ci soient présents, il faudrait que la ville y soit pour quelque chose ? Et d’ailleurs, quand on voit ce Paris là, ce Paris qui a des faux airs de Blade Runner, comment ne pas se dire que c’est justement le cas ? Comme si la ville, devenu donc tentaculaire, était devenue un organisme vivant et qu’il pourrait, désormais, si dérouler certaines choses ? Bien évidemment, je ne vais pas en dévoiler davantage, autant vous laisser le plaisir de la lecture ainsi que votre propre questionnement sur la problématique posée, cependant, il me semble clair que la transformation de Paris soit l’élément déclencheur qu’il manquait à l’apparition – ou plutôt, devrais-je dire, au retour – des super héros. Et donc, dans ce premier tome intitulé Anomalies – vous comprendrez rapidement pour quelle raison – l’on se plait à jongler entre éléments familiers comme le treizième arrondissement, Montmartre, la Tour Eiffel vue de loin, quelques titres de magazines etc. ainsi que, des nouveautés marquantes comme cette place de la Défense qui ne dénoterais pas à Metropolis – la ville de Fritz Lang, pas celle de Superman. Et c’est justement là qu’est la grande force de Masqué : amener le lecteur à accepter, dans un environnement finalement familier ce qu’il a l’habitude de voir par ailleurs. Et sincèrement, ça marche. Tel n’est pas la conclusion d’un fan aveuglé par la lecture toute récente de cette œuvre, mais plutôt celle d’un vieux routard de la bande dessinée – tous genres confondus – et du fantastique en général.


Bien évidemment, Anomalies n’est que le premier tome de la série et, forcément, le propos principal des auteurs, ici, est d’installer leur univers et leurs personnages ; il sera temps par la suite de développer le matériel proposé et de voir où tout cela nous mènera. Mais franchement, je suis assez optimiste quant au devenir de cette série : tant dans son propos, son ambition que par sa qualité et narrative et graphique, il me semble clair que Masqué sera le grand évènement BD de cette année 2012. Et si l’on ajoute à cela le fait qu’un lien est plus qu’évidant avec La Brigade Chimérique – hologramme du Fantôme (Fantomas), ancienne base du Nyctalope occupée, apprend-t-on, jusqu’en 1940, affiche ciné sur Harry Dickson – nul doute que la suite promet bien des révélations. Et d’ailleurs, ça tombe bien, il ne faudra pas attendre trop longtemps pour en savoir plus puisque, comme ce fut le cas avec La Brigade Chimérique, les quatre tomes de Masqué sont prévus pour paraitre en moins d’un an. Si ce n’est pas une bonne nouvelle ça !?

BLUR : THE BEST OF



BLUR : THE BEST OF

1- Beetlebum – 5:05
2- Song 2 – 2:02
3- There's No Other Way – 3:14
4- The Universal – 4:00
5- Coffee & TV – 5:18
6- Parklife – 3:07
7- End of a Century – 2:47
8- No Distance Left to Run – 3:26
9- Tender – 7:41
10- Girls & Boys– 4:18
11- Charmless Man – 3:33
12- She's So High – 3:49
13- Country House – 3:57
14- To The End– 3:51
15- On Your Own – 4:27
16- This Is A Low – 5:02
17- For Tomorrow – 6:02
18- Music Is my Radar – 5:29

Décidément, en musique, depuis quelques mois (plus précisément, depuis la rentrée de septembre dernier), plutôt que de passer mon temps à réécouter mes vieux classiques dont je ne me lasse jamais – Beatles, Stones, Bowie, Neil Young etc. – mon intérêt s’est porté vers certains genres complétements différents ou certains groupes et artistes que l’on peut regrouper sous une dénomination commune : la nostalgie. En effet, depuis que l’été s’en est allé, je me suis replonger – vieux coup de blues provoqué, qui sait, par la quarantaine qui est proche ? – dans des genres musicaux qui avaient pu marquer ma vie, sans que j’en aie été, véritablement, fan jusque-là. Le parfait exemple, de la fin d’année 2011 ayant été, bien évidemment, Los Machucambos, vieux groupe latino qui débuta sa carrière au début des années 60 et qui avait, par le biais de mon père, bercé ma plus tendre enfance. Mais le sympathique trio spécialiste des reprises des standards de la musique sud-américaine ne fut pas le seul à me permettre de replonger a une époque où les soucis étaient inexistants : ainsi, de par mes origines portugaises, le fado, musique emblématique de la nostalgie s’il en est – la fameuse saudade – revint à l’ordre du jour. Mais tout cela n’était qu’un début. Et pour le moment, je ne sais pas encore jusqu’où cela pourra me mener ?

Est-ce cette fameuse saudade ou un je ne sais quoi de nostalgie pour ma jeunesse dont je ne me suis jamais tout à fait débarrasser (franchement, il m’arrive de penser que j’aurais besoin d’une bonne analyse) mais plus les mois passent et plus je ne souhaite qu’une seule et unique chose : redécouvrir ce que j’ai pu aimer autrefois, ou bien, tout simplement, ce qui m’était familier a certaines époques de ma vie. Et cela n’engage pas uniquement mon enfance, quoi que celle-ci occupe une place primordiale dans tout cela ; non, d’autres moments, heureux et insouciants me reviennent en mémoire et parmi ceux-ci, les années 90 ne sont pas négligeables et plus particulièrement ma période du service militaire et de mon retour en France, qui en suivit : jeux vidéo, comics, musique, mes loisirs d’alors occupent mes pensées depuis quelques semaines, et justement, pour ce qui est de la musique, un groupe plus que d’autres est la source de mes préoccupations actuelles : Blur.


Il est amusant de constater à quel point nos gouts peuvent évoluer avec le temps, pour ne pas dire, changer complétement du tout au tout : prenez donc cette fameuse décennie, les années 90, dernier symbole d’un rock triomphant qui disparaitra bientôt – mais on ne le savait pas encore – sous les coups de boutoir du rap et de la variété (le premier, devenant grand public, perdant sa substance pour se fondre dans la masse de la production industriel et pouvant être qualifier, aujourd’hui, de variété – je sens que je vais me faire des amis) et qui, après des années 80 franchement peu engageantes, renaquit de ses cendres tout d’abord outre atlantique grâce à l’explosion du grunge, avant que, comme une trentaine d’année auparavant, les groupes anglais ne mettent tout le monde d’accord, tandis que quelques vieilles gloires – Bowie, Neil Young – sortaient ce qu’il faut bien appeler leurs derniers albums majeurs. Et parmi ces groupes d’outre-manche, deux sortaient indéniablement du lot : non pas U2, devenus pépères et représentatifs des années 80, mais Blur, justement, mais aussi et surtout Oasis ; deux groupes majeurs qui dominèrent le paysage musical de la seconde moitié de la dernière décennie du vingtième siècle, nous refaisant, pour la plus grande joie de la presse britannique, le vieux coup des Beatles contre les Rolling Stones. Mais là où la rivalité des deux plus grands groupes de tous les temps était dut à la presse, puisqu’en fait, ils s’appréciaient fortement au point de jouer sur les disques les uns des autres, pour ce qui était de la rivalité Blur/Oasis, celle-ci n’était pas feinte, bien au contraire. Et à l’époque, comme autrefois, l’on pouvait dire que l’on était soit Beatles, soit Stones, je le reconnais, je préférais largement le groupe des terribles frères Gallagher. Que ce soit pour l’image du groupe, pour les chansons ainsi que pour leurs albums, beatlesiens en diable, Oasis, a un certain moment, occupa une place plus qu’importante dans mon lecteur CD – oui, pas de MP3 à l’époque.


Pourtant, j’aimais bien les petits gars de chez Blur : ils avaient une tête sympathique, étaient plus sobres que les Gallagher dans leur guéguerre parfois, avouons-le, ridicule,  et en plus, avaient le don de nous pondre des – pardonnez-moi l’expression – des putains de clips rigolos au possible qui me firent passer de superbes moments et dont je ne me lassait jamais, mon préféré d’alors étant, et de loin, Country House. Alors certes, je préférais Oasis, plus sérieux, plus bad boys, sensiblement meilleurs musicalement selon moi, mais, pendant que j’achetais les albums des frangins Gallagher, les clips que je voulais voir absolument, et ben, c’étaient ceux de Blur ! Curieux, surtout que je n’avais jamais acheté le moindre album du groupe de Damon Albarn ? Oui et non, car en fait, mon gout pour Blur s’expliquait assez bien de par mon propre éclectisme musicale qui me faisait passer (et cela continue) d’un genre à l’autre, et surtout pour mon gout, pour ne pas dire ma préférence – finalement – pour la pop pure et dure, ces superbes petites chansons sans prétention qui nous remontent le moral quand rien ne va plus, ces refrains imparables et ses airs que l’on fredonne sous la douche – enfin, pour ceux qui prennent une douche, j’entends bien.

Du coup, en ce début d’année, j’ai souhaité réparer ce qui était à mes yeux une petite injustice musicale et me procurer, près de quinze ans plus tard, mon tout premier album des petits gars de Blur. N’étant toujours pas convaincu par le téléchargement, préférant l’objet – je suis un indécrottable collectionneur, tant pis pour mon porte-monnaie – et étant un peu lasser de devoir aller sur You Tube à chaque fois que je voulais écouter une vieille chanson de Blur, je me suis donc lancer. Mais plutôt que de prendre un album au hasard de leur discographie, assez fournie finalement, qui m’aurait contenté pour certains titres mais qui m’aurait privé d’autres (à moins de me taper l’intégral, chose que je ne pouvais pas financièrement vu que je n’ai pas encore gagné à l’Euromillion), j’ai donc fais ce que je ne fais jamais – c’est un vieux principe d’un type bourré de principes a la noix – bref, je me suis acheter un best of. Solution de facilité, j’en conviens, qui laisse de côté bien des titres de qualité, certes, mais finalement, pour ce qui est de Blur, ce que je souhaitais, c’était simplement de retrouver le groupe que j’aimais bien il y a une quinzaine d’années, celui des clips et des titres les plus connus, et bien entendu, sur ce point, je me suis régalé !


Bien évidemment, n’étant pas un grand connaisseur du groupe, certains titres que les fans doivent connaitre par cœur me sont inconnus, je ne le nie pas, mais bon, rien ne m’empêche d’apprendre à les apprécier. Mais pour ce qui est des autres, de ceux que j’adorais lorsque j’avais une petite vingtaine d’années comme Country House donc, mais aussi Girls & Boys ou Song 2 que je connaissais surtout grâce a un vieux FIFA, ainsi que quelques autres (je n’ai citer que mes préférés) c’est toujours le même plaisir de les écouter, encore et encore. Mais la petite cerise sur le gâteau, ce fut un titre que j’avais totalement oublié (comment est-ce que cela put être possible !?) et que je reconnus dès les premières notes, me replongeant immédiatement quinze ans en arrière : Charmless Man ! Rien que pour cette chanson, l’achat de ce best of de Blur se justifiait, car franchement, ce qui a de plus beau dans la nostalgie, c’est lorsque l’on se souvient de quelque chose que l’on avait complétement oublié, qui était remisé tout au fond d’un vieux placard de notre mémoire, pour jaillir sans prévenir, a notre plus grande joie ! Et Charmless Man – avec son clip, forcement marrant – fut mon plus beau cadeau de ces derniers jours !


Alors oui, je sais, c’est Blur, ce n’est pas non plus le plus grand groupe de tous les temps, j’en conviens et quelque part, ce que je préfère d’eux, c’est leurs chansons légères et leurs clips débiles. Mais est-ce vraiment un mal ? Est-ce désobligeant pour un groupe ? Je ne le pense pas. Après tout, chacun aime, dans le cas qui nous préoccupe, un groupe, pour ses propres raisons, et celles-ci, bien entendu, ne sont pas forcément celles des autres. Vous connaissez les miennes pour ce qui est de Blur, ce n’est peut-être les vôtres, mais ce n’est pas grave. De même, ce côté léger du groupe qui faisait que, autrefois, je les aimais bien mais que je préférais Oasis, a justement fait que, parvenu à l’âge vénérable de trente-sept ans (oh putain !), je prenne toujours autant de plaisir à les écouter alors qu’avec Oasis, si j’aime bien encore ce qu’ils ont pu faire à leurs débuts, cela ne passe plus aussi bien. D’ailleurs, et est-ce aussi un effet qu’au cours de toutes ces années, pendant que les frangins Gallagher continuaient à nous faire du sous Beatles et à se taper dessus allègrement, au point de devenir une caricatures d’eux-mêmes, le nom de Damon Albarn lui, ne me quitta jamais : tourné vers d’autres cieux et plus particulièrement Gorillaz – que j’adore, ouais, j’aime les mélanges des genres – je découvris une facette de lui que je ne soupçonnais pas, un coté plus sérieux, plus artiste peut être qu’à l’époque Blur, mais qui fait qu’aujourd’hui, Damon Albarn est à mes yeux l’un des musiciens britanniques les plus talentueux, mais aussi que, quinze ans plus tard, je peux finalement le dire : je préfère Blur a Oasis. 

vendredi 20 janvier 2012

L’ARMEE DES DOUZE SINGES



L’ARMEE DES DOUZE SINGES

En 2035, l'humanité vit rejetée dans des souterrains suite à la propagation d'un virus mortel et à l'extermination de la majeure partie de la population en 1996. Le seul espoir des survivants est de retrouver la piste du virus dans le passé afin de l'identifier et de soigner la population. La technique du voyage dans le temps est alors balbutiante et seuls des prisonniers sont déclarés volontaires pour cette dangereuse exploration. James Cole (Bruce Willis), hanté par une image d'enfance, une image violente et douce qui revient comme un leitmotiv, est ainsi envoyé dans le temps à la recherche de cette fameuse Armée des 12 Singes qui a apparemment libéré le virus. Cole parviendra-t-il à obtenir ces précieux renseignements ? Qui est-il vraiment ? Que sont ces flashbacks qui le hantent ?


Cela peut paraitre incroyable quand j’y pense, mais, alors que L’armée des douze singes est l’un des films que j’ai le plus vu et revu (si l’on excepte les Louis de Funès et autres Ben Hur et Autant en emporte le vent), je n’avais jamais proposé la critique de celui-ci sur ce blog. Bien évidemment, il y a une explication à cela : le simple fait que cela faisait quelques années que je ne le regardais plus (c’est après tout une raison comme une autre) ce qui a un avantage certain : le fait de vous proposer une critique bien meilleur que je ne l’aurais fait en 2008 par exemple, mais aussi et surtout, comme ça faisait un bon bout de temps que je ne le revoyais plus, j’ai grandement apprécier cet énième visionnage de cette œuvre, surtout que, pour la toute première fois, je l’ai vu en VO ; ce qui, accessoirement, fut une bonne idée. Ainsi, ce mercredi, et pendant que ma femme et mes enfants partaient au cinéma voir La colline aux coquelicots (argh, fiévreux, je ne pus les accompagner), je me suis donc installer devant mon petit écran pour me replonger dans ce qu’il faut bien appeler l’un de mes films préférés.

Avant d’aller plus loin, une petite précision s’impose : oui, je suis parfaitement au courant que L’armée des douze singes est une adaptation du court métrage La jetée de Chris Marker et datant de 1962 (voir ici pour en savoir plus). Mais comme, malgré mes propres promesses de m’être jurer de le voir, je ne l’ai jamais fait (du moins, pour le moment quoi que cela fait juste une bonne dizaine d’années d’attente), je ferais l’impasse, dans cette critique, de La jetée. Du coup, et tout en sachant pertinemment ce que l’œuvre qui nous préoccupe aujourd’hui doit à celle de Chris Marker, cette critique sera uniquement considérer a L’armée des douze singes. Que l’on me pardonne donc par avance si je n’en ferais plus mention par la suite.

Ceci étant dit, attaquons le problème à bras raccourcis, c’est-à-dire, cette fameuse Armée des douze singes, qui, en son temps, les années 90, marqua bien des cinéphiles et des amoureux de fantastiques. Œuvre du fantasque et génial Terry Gilliam que l’on ne présente plus, ce film est l’aboutissement, selon moi, de ce que doit être une œuvre fantastique comme je les aime : en effet, dans celle-ci, tous les éléments dont je ne me lasse pas sont présents. Ainsi, dès les premiers instants et une musique de générique inoubliable, le ton est donné ; s’ensuit, tout au long du film, des allés retours incessants entre passé/présent et futur au point où le spectateur ne sait plus où donner de la tête, et surtout, si tout cela est bel et bien réel. Et c’est surtout ce futur qui marque les esprits : dans une planète dévastée par un virus mortel qui décima la quasi-totalité de la population mondiale, des prisonniers de droit commun, volontaires d’office, sont envoyés dans le passé afin de trouver des indices sur cette fameuse Armée des douze singes, organisation suspectée d’avoir provoqué l’apocalypse. Et ce futur, forcement peu rassurant, est encore plus effrayant quand on voit ce que l’espèce humaine – ou ce qu’il en reste – est devenu, ne serais ce que ces scientifiques en blouse blanche, véritables archétypes du savant fou qui, dans des décors improbables, envoie donc de simples quidam vers, apparemment, une mort certaine. Et parmi ces « volontaires », il y a donc la grande star hollywoodienne de l’époque, le symbole même des films d’actions des années 90, Bruce Willis en personne dans ce qui, à mes yeux, restera comme son meilleur rôle au cinéma. Car ici, si, pour la énième fois dans sa carrière, Bruce Willis essaye de sauver le monde, c’est d’une façon bien plus subtile et intéressante que d’habitude car plutôt que l’habituel bourrin qui castagne tout ce qui bouge, dans L’armée des douze singes, s’il ne joue pas un enfant de cœur, c’est un personnage hautement plus attachant que d’habitude qu’il joue : paumé, souvent – par la force des choses – défoncé par les médicaments et baveux, Bruce Willis fait des allers retours entre passé et futur sans savoir si, finalement, tout cela n’est pas qu’une simple illusion de son esprit et qu’en fait, il ne soit complétement fou. Bien évidemment, on se doute bien que ce n’est pas le cas mais quoi qu’il en soit, le tout est si bien tourné que l’on peut avoir des doutes. Autre rôle marquant de ce film, un Brad Pitt complétement halluciné qui nous sort toute la panoplie du parfait amateur de camisole de force. Sincèrement, l’on peut aimer ou détester cet acteur mais ici, il est tout bonnement parfait et ce, même s’il pousse tellement à fond son rôle que parfois, on a l’impression qu’il surjoue un peu trop, allant toujours plus loin dans les profondeurs de la folie.


Folie, le mot est lancée : folie des hommes qui ont provoqué un tel drame, folie des hommes, dénoncé tout le long du film, qui n’ont pas respecté la nature, folie de la plus part des protagonistes – Brad Pitt, assumé, Bruce Willis, qui pense l’être, Madeleine Stowe, elle, jouant une… psychiatre – et puis, ces savants, pas très net, ces décors, faits de bric et de brocs, et cette musique, ah, cette musique, oppressante et qui reviens sans cesse. Mais le pire, du moins, ce que l’on retient avant tout de cette œuvre, c’est que, quel que soit nos connaissances du futur (ou du passé), quel que soit nos efforts afin d’essayer de le modifier, cela est tout bonnement impossible : chaque acte, chaque décision, chaque parole ne tendra que vers l’inéluctable vérité : ce qui doit arriver arrivera.

Bien évidemment, un film comme L’armée des douze singes ne laisse pas indifférent, ne serais ce que par son propos et son esthétisme, peu commun, il faut l’avouer. Peut-être un peu oublier, de nos jours, il n’en reste pas moins comme étant ce qu’il faut bien appeler, sans exagération aucune, un pur chef d’œuvre. Et que je vous dise cela alors que le rôle principal est tenu par Bruce Willis, ce n’est pas rien, je peux vous l’assurer. Quoi qu’il en soit, avec cette Armée des douze singes, Terry Gillian signe là l’une de ses plus belles œuvres, certes dérangeante par moments, peu commune, originale et qui, sans nul doute, mérite le détour. A voir ou à revoir… 

The Tudors - saison III



L’une des rubriques qui, depuis les débuts de ce blog il y a près de quatre ans (bientôt son anniversaire !) avait le potentiel pour être bien plus importante que ce qu’elle ne fut est indéniablement celle consacrées au séries télévisées. Ainsi, et en quatre ans donc, ce billet n’est que le dixième alors qu’en d’autres temps, nul doute que cette rubrique aurait put – aurait dut ? – être bien plus développée. Cependant, les aléas de la vie faisant que ces dernières années, j’ai eu bien moins de temps à consacrer aux séries qu’autrefois, ainsi que le fait que – comme dans d’autres cas – mon manque de temps légendaire a fait que certains billets sont tout simplement passés à la trappe au fil du temps, je me suis donc retrouver avec, en quatre ans, neuf – dix si l’on compte celui-ci – misérables petits articles traitant des séries TV, ce qui, sans nul doute, est peu, très peu même – surtout si l’on pense que sur ceux-ci, j’ai toujours parler des mêmes, n’est-ce pas Dr House et X Files pour ne citer que les plus connus (et les moins honteux) ? Mais en ce début de nouvelle année, en ce 2012 que certains prophètes de mauvais augure nous annonce apocalyptiques, il est temps de ne pas oublier que même si je n’en parle quasiment jamais, j’aime les séries, et qu’il serait peut-être bien de le rappeler.

Celle qui nous préoccupe aujourd’hui se nomme The Tudors, et plus particulièrement sa troisième saison dont j’ai vu les premiers épisodes sur ma chaine préférée, je veux bien évidement parlé d’ARTE. Pourtant, à la base (et comme cela m’arrive souvent), ce n’était pas gagner avec cette série, bien au contraire : traitant, comme son nom ne l’indique peut être pas du règne plus que tumultueux du Roi Henri VIII d’Angleterre qui rentra dans l’histoire pour avoir contracter six mariages – ce qui est peu commun – et dont deux épouses finirent sur l’échafaud, mais aussi, pour avoir rompu avec Rome, créant de ce fait la religion anglicane (dont le Roi devenait, ainsi, chef de l’Eglise et non plus le Pape) ainsi que pour avoir été le père de la grande Elisabeth, Henri VIII, personnage haut en couleur et charismatique, avec une vie aussi dissolue, était pourtant tout trouvé pour être le protagoniste principal d’une série – après l’avoir été dans bien des films. De même, comment ne pouvais-je pas être intéresser par une série sur un Roi que j’avais découvert jeune enfant dans un vieux livre d’histoire où l’on voyait une représentation du Camp du drap d’or où celui-ci rencontrait François 1er, figure importante de l’histoire de France (1515, ça vous dit quelque chose ?). Or, dès le départ, un détail me bloqua d’entrée : le manque de ressemblance plus que frappante entre le vrai Henri VIII (que vous pouvez voir ci-contre) et l’acteur Jonathan Rhys Meyers, beau gosse parmi les beau gosses, mais à mille lieux du véritable Henri VIII, bien moins beau, plus rustre et, comment dire, grandement plus imposant. Du coup, regardant d’un mauvais œil ces Tudors un peu trop moderne à mon gout, je me suis privé, pendant des années, de cette série, avant de regarder, l’année passée, un ou deux épisodes sur ARTE ; mais de façon si distraite que mon avis ne changea pas.

Et pourtant, lorsque la chaine franco-allemande diffusa les premiers épisodes de cette troisième saison, j’ai fait fis du cas Jonathan Rhys Meyers/Henri VIII et j’ai alors découvert que, finalement, cette série possédais un potentiel certain. Certes, il ne faut pas se leurrer, si vous souhaitez la véracité historique, une bonne biographie d’Henri VIII restera préférable, mais si certains détails ne correspondent pas vraiment à l’Histoire, il est difficile de ne pas accrocher à ces Tudors : connaissant la période par le biais de reportages et de lectures diverses, j’apprécie d’en savoir plus – même s’il faut être prudent – par le biais d’un média moins, comment dire, prise de tête. Surtout que tout cela est assez convenable lorsqu’on y regarde à deux fois : certes, les acteurs sont pour la plus part tous beaux et belles, certes, il y a une sensualité grandement présente qui attirera l’œil du spectateur de base, mais entre des décors assez bien réussis, de superbes costumes et une intrigue sans temps morts, on ne s’ennuie pas une seule minute et, après coup, pour ce que j’ai pu en voir pour le moment, il est indéniable que The Tudors peut plaire aux amateurs d’Histoire qui sauront prendre cette série pour ce qu’elle est avant tout : un bon divertissement en costumes qui, selon que l’on ait envie de pousser plus loin notre curiosité, peut nous apprendre des choses : personnellement, n’étant pas un spécialiste de l’histoire anglaise, je ne savais même pas qu’il existait deux Cromwell, Thomas, celui de la série, et Oliver, celui qui fut Lord Protecteur du Royaume par la suite – comme quoi, on en apprend tous les jours !


Bien évidemment, il faut être prudent avec ce genre de séries fortement romancées et ne surtout pas tout prendre pour argent comptant – c’est pour cela que je conseille à chaque amateur de cette série de se renseigner sur le règne d’Henri VIII, histoire de savoir où il met les pieds ; et puis, ça ne fait pas de mal. Mais quoi qu’il en soit, malgré tous les défauts que l’on peut trouver aux Tudors, force est de constater qu’une petite série historique, ça nous change des éternels séries policières qui polluent nos écrans depuis bien trop longtemps et qui se ressemblent toutes. Enfin la, c’est l’amoureux d’Histoire qui vous parle. 

lundi 16 janvier 2012

La Nouvelle Revue de l’Histoire n°58 : Les intellectuels et la gauche dans la Collaboration



Comme tous les deux mois est sortie le dernier numéro en date de l’une des revues historiques les plus anticonformistes de ces dernières années, je veux bien évidement parler de La Nouvelle Revue de l’Histoire qui en est déjà, mine de rien, a son cinquante huitième numéro. Hélas, mille fois hélas, ce ne fut de gaité de cœur que j’ai découvert le dossier principal de celui-ci comme vous pouvez vous en rendre compte ci-dessous :

La Nouvelle Revue de l’Histoire n°58 : Les intellectuels et la gauche dans la Collaboration
Janvier/Février 2012

Les intellectuels et la gauche dans la Collaboration
- La Collaboration en questions
- Otto Abetz et la collaboration politique
- Du pacifisme de gauche a la Collaboration
- Karl Epting et l’institut allemand
- Drieu la Rochelle et l’engagement de l’écrivain
- Quand Raymond Abellio s’appelait Georges Soulès
- Dictionnaire des collaborateurs de gauche
- La littérature de 1942

- Editorial : L’Histoire serait-elle impartiale ?
- Le Moyen-âge de Christine de Pizan – Entretien avec Françoise Autrand
- 1912. L’apogée de la course aux pôles
- Louis II de Bourbon, le Grand Condé
- Madame Vigée-Lebrun, portrait d’une portraitiste
- Mackinder, théoricien de la suprématie anglo-saxonne
- Hanna Reitsch, une aviatrice allemande
- Malraux : la grandeur et l’équivoque

Ceux qui me connaissent, que cela soit personnellement ou par le biais de ce blog et qui gardent en mémoire ce que j’ai déjà pu dire au sujet de ce qui est, à mes yeux, le principal défaut de La Nouvelle Revue de l’Histoire auront compris immédiatement mon désarrois. Pour les autres, je m’explique rapidement : que l’on aime ou pas cette revue – et je comprends que certains ne la supportent pas – ne peuvent nier la qualité, bien souvent, de ses dossiers et multiples articles qui vont au fond de choses et nous permettent, sous un regard différent, de redécouvrir des parties de notre Histoire, mais aussi, certaines figures marquantes de celle-ci. Le problème, c’est qu’un peu trop souvent à mon gout, les têtes pensantes de la NRH nous ressortent, tous les deux ou trois numéros des articles ou carrément des dossiers sur les années trente et la seconde guerre mondiale, ad vitam nauseam… Ce fait, que personne ne peut nier, à force donc, est assez lassant, pour rester poli. Du coup, comment voulez-vous que je réagisse en découvrant, désappointer, le sujet du dossier de ce premier numéro de 2012 ?

Alors, pour la première fois depuis que je vous parle de cette revue, je ne la conseillerais pas car au bout d’un moment, comme on dit, trop, c’est trop. Et là, je suis arrivé à saturation. Ce n’est pas la première fois que je signale cette politique éditoriale et, malheureusement, pas la dernière et sincèrement, après que l’on se soit taper il y a un peu plus d’un an, coup sur coup, deux numéros consacrés à la chose (Vichy et les années 30) tout en sachant qu’à chaque numéro suivant, nous avons eu droit – même lorsque cela ne se justifiait pas – a de nombreux articles sur cette période, et ben, a force, je n’ai même plus envie de faire l’effort de lire le dossier de ce cinquante huitième numéro que j’ai rapidement abandonner. Et comme en plus, les autres articles de ce numéro ne m’intéressaient guère, on pourra dire que, pour ce qui est de la NRH, ce premier numéro de 2012 sera vite à oublier. En espérant que le prochain soit d’un tout autre acabit. 
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