samedi 31 mars 2012

LES DRUIDES : LE MYSTÈRE DES OGHAMS



LES DRUIDES : LE MYSTÈRE DES OGHAMS

Gwenc'hlan ... Mon maître, celui vers qui se tournent toutes mes pensées maintenant, à l'heure où il me tarde de le rejoindre dans l'autre monde, là-bas, par-delà les brumes... Nous druides, pensions à raison que l'écriture ne devait pas figer nos sciences, que nous devions les enseigner par la parole et non par l'encre. Mais vint le crépuscule des druides, et maintenant que nombre d'entre nous se sont convertis à la religion du dieu unique et que les autres ont disparu, il nous faut consigner par écrit ce qui sera perdu faute de bouche pour initier... Il apparaît donc fort louable que ceux qui restent, et dont je fais partie, transcrivent notre mémoire sur ce papier, si éphémère, mais qui demeure en ce jour notre seule possibilité de perdurer au travers des époques à venir... Mes souvenirs étreignent mon cœur, se changent en larmes, se mêlent à l'encre... Gwenc'hlan... Mon maître...


Pas plus tard qu’hier, dans la critique du premier tome de Brögunn, je vous narrais un peu mes petites histoires d’amour/haine vis-à-vis des éditions Soleil et dont mes sentiments, vis-à-vis de celle-ci, ont considérablement évolués au fil des années. Bien évidemment, je ne vais pas revenir dessus, cela ne servirait pas à grand-chose sauf, forcément, a me répéter pour la énième fois, ce qui serait franchement ridicule et improductif. Cependant, comment ne pas rendre hommage a une maison d’éditions souvent décrié dans le milieu, mais qui, finalement, lorsque l’on s’y intéresse un peu, possède un catalogue de titres de valeur, qui méritent le détour, mais aussi, qui sait prendre des risques. Après, des titres de moins bonne qualité, pour ne pas dire mauvais, Soleil en possède également son petit lot, mais finalement, pas plus ou pas moins que d’autres. Ceci étant dit (finalement, je n’ai pas pu m’empêcher de revenir dessus mais promis juré, c’est la dernière fois), il est temps d’aborder l’œuvre qui nous intéresse aujourd’hui, ce premier tome de Les Druides, un cycle de grande qualité et dont le sixième tome (déjà) est sorti il n’y a pas très longtemps, et dont j’en ai entendu que du bien au fil des années.

Je dois reconnaitre que j’aurais dû me lancer bien plus tôt dans cette série, surtout que, contrairement à d’autres que j’ai pu découvrir sur le tard, celle-ci ne m’était pas du tout inconnu, habitué que j’étais de la voir trôner en bonne place dans les rayons. Mais comme, il y a quelques années, j’étais bien plus passionner par des œuvres en rapport avec le Vatican, les secrets de l’Eglise et autres délires du même genre qui vont de l’excellent, comme Le troisième testament, au… comment dire, moyen voir pire (je ne cite pas de titres mais si le cœur vous en dit, vous trouverez quelques exemples dans mes critiques BD de 2008), je n’ai jamais osé franchir le pas, délaissant donc Les Druides. Qui plus est, et je ne m’en cache pas, à l’époque, je dois avouer que le sujet était loin de me passionner : il m’était pourtant familier, j’avais déjà certaines œuvres plus ou moins du même genre qui auraient pu éveiller mon intérêt – comme Le Codex Merlin – mais non, décidément, ce n’était pas ma tasse de thé. Terrible erreur que je commis alors. Enfin bon, rien de grave, en soit, sauf, bien entendu, pour ce qui fut de l’argent gaspillé pour des bandes dessinées de moindre intérêt. Du coup, me voici donc, quelques années après les débuts de cette série, bien décidé à me la procurer dans son intégralité, ce qui, premièrement, représente une certaine somme (même en cherchant d’occasion, va falloir y mettre le prix), surtout que, entre-temps, d’autres titres continuent à sortir… enfin bon, ce n’est pas comme si c’était la première fois que cela m’arrivais… Mais au fait, pourquoi un tel intérêt subit pour une série que je connaissais mais qui ne m’avait jamais intéressé jusque-là ? Il y a, bien évidemment, une certaine évolution de mes gouts, je ne le nie pas, qui, au fil des années et surtout de tout un tas d’œuvres lues, m’ont ouvert de nouveaux horizons. De plus, le fait que j’ai lu bon nombre de critiques positives vis-à-vis de cette œuvre aura su, petit à petit, éveiller mon intérêt, ne serais ce que par son synopsis ; et là, il me semble qu’il est grand temps de rentrer dans le vif du sujet, c’est-à-dire, ce que vaut vraiment ce premier tome de Les Druides ?

Indéniablement, Le mystère des Oghams, premier volume de la saga, ne peut que marquer le lecteur, et pour cela, nul besoin d’être un fan absolu de l’univers celtique en général, ou des druides en particulier. Pourtant, l’on sent le travail ardu et précis de Jean Luc Istin (que l’on peut retrouver sur ce blog avec Le cinquième évangile dans un tout autre genre), scénariste et dessinateur (mais pas sur cette œuvre) spécialisé dans l’univers celtique : ainsi, que ce soit pour l’univers décris, les costumes, le langage, les légendes abordés ainsi que les personnages, dont une partie ont réellement exister, le lecteur ne peut qu’apprécier le fait que, pour une fois, il ne soit pas pris pour une truffe et que les auteurs aient vraiment réaliser un gros travail en amont qui, non seulement, donne un sérieux à l’ensemble, mais aussi, un gage de qualité non négligeable. De plus, le choix d’Istin de placer son intrigue a une époque, le cinquième siècle – pour rappel, fin de l’Empire Romain, début du Moyen-Age, disparition petit à petit des religions dites païennes devant l’avancée inexorable de l’Eglise Chrétienne – qui n’est que trop rarement abordé me semble assez judicieux : en effet, plutôt que de nous proposer une série sur les Druides à leur âge d’or, Istin a préféré, ce qui est excellent de mon point de vu, nous les présenter dans leurs dernières années, avant que la vague chrétienne ne les absorbe totalement, les reléguant dans les oubliettes de l’histoire, ou presque. Et comme, personnellement, j’aime l’Histoire, et que je suis toujours avide de découvrir des périodes de celle-ci que je connais mal, je ne peux qu’adhérer à un tel choix scénaristique – bien évidemment, je précise que, quoi que l’on dise, quoi que l’on pense de cette série, tout cela ne vaut pas, bien entendu, un bon livre sur le sujet. Mais ce n’est pas tout puisque, en dehors du cadre, qui me convient parfaitement, le synopsis en lui-même est assez accrocheur et fait beaucoup pour la qualité intrinsèque de cette œuvre : en effet, Istin, probablement fortement inspiré par Le nom de la rose, nous retranscrit un peu le scénario du roman d’Umberto Eco quelques siècles plus tôt, et, à la place de Guillaume de Baskerville, nous propose son équivalent druidesque, un certain Gwenc'hlan qui, curieusement, ou pas, a des airs de famille avec un certain… Sean Connery ! Et que l’on ne vienne pas me dire que le dessinateur, Jacques Lamontagne, n’a pas fait exprès. Et justement, puisque j’aborde le sujet, comment ne pas parler de la qualité des dessins ? Sincèrement, ceux-ci sont de très bonne facture et le coté réaliste de ceux-ci collent assez bien à l’ambiance générale, renforçant celle-ci de la meilleur des façons. Certes, tout n’est pas forcement parfait et j’ai un peu titillé sur quelques expressions de visages ainsi que sur des cases plus grandes et qui ne se justifiaient pas forcement, mais dans l’ensemble, le travail de Jacques Lamontagne est suffisamment bon et renforce l’ambiance de l’ensemble. D’ailleurs, tant d’un point de vue scénaristique que graphique, il n’y a pas grand-chose à redire, surtout que, comme je vous l’ai dit, le travail de recherche effectuer en amont transparait dans le résultat final.


Bref, vous l’avez compris, Le mystère des Oghams, premier tome de Les Druides, à confirmer tout le bien que j’ai pu lire, depuis longtemps, au sujet de cette série ; tant Jean Luc Istin que Jacques Lamontagne, part un travail sérieux et précis, lancent là une série finalement assez originale et captivante au possible et qui ne donne qu’une seule envie, en savoir davantage sur cette période historique. De plus, le fait de nous avoir fait une espèce de Nom de la rose a la sauce druidique, ce côté enquête policière et ce mélange des genres, entre deux religions, deux modes de pensées – celle dite païenne, des celtes, et la nouvelle, qui s’imposera, la chrétienne – que tout, ou presque, oppose, renforce l’intensité dramatique du scénario. Surtout que, à la fin de l’album, et malgré la révélation finale, le mystère reste entier, ou presque : est-ce vraiment des Druides qui sont à l’origine de ces meurtres de moines ? Il semblerait bien que oui… à moins que ? Mais bon, je suis sûr que ce charismatique Gwenc'hlan – joué ici par Sean Connery – démêlera le vrai du faux ; en tous cas, vivement le tome 2 !

vendredi 30 mars 2012

LES CANTOS D'HYPÉRION : LA CHUTE D'HYPÉRION



LES CANTOS D'HYPÉRION : LA CHUTE D'HYPÉRION

L'Hégémonie gouverne plus de trois cents mondes. Quant aux Extros, ils ont pris le large après l'Hégire. Reviendront-ils ? Un de leurs essaims, depuis trois cents ans, se rapproche d'Hypérion. Les habitants de cette planète ont fini par devenir nerveux ; ils réclament l'évacuation. Pour l'Hégémonie, le jeu n'en vaut pas la chandelle. Mais, sur la même planète, on annonce l'ouverture prochaine des Tombeaux du temps. Le Techno-Centre n'arrive pas à produire des prévisions fiables à ce sujet. Alors, l'Hégémonie agit : elle envoie sept pèlerins sur Hypérion. Drôles de pèlerins ! Celui-ci n'arrive pas à se débarrasser d'un parasite de résurrection ; celui-là écrit un poème qui, selon lui, infléchira le cours des événements. Deux d'entre eux veulent tuer le Gritche ; un autre hésite à lui sacrifier sa propre fille, qui naîtra dans trois jours. Et le dernier semble trahir tout le monde, ce qui étrangement ne trouble personne. Bref, l'Hégémonie en fait le minimum ; qu'est-ce qui se cache là-dessous ?

Ah, ce chef d’œuvre absolu que sont Les Cantos d’Hypérion, quel plaisir de les relire, quelques années après leur découverte, et de retrouver un univers, des personnages et un scénario tout bonnement exceptionnel qui aura porté bien haut la science-fiction il y a de cela deux décennies déjà. Sincèrement, ce qui me chagrine le plus dans tout cela, c’est que, quelque part, j’envie celui ou celle qui, n’ayant jamais lu cette œuvre, la découvrirait pour la toute première fois et plongerait alors dans ce qu’il faut bien appeler l’un des plus grands cycles de la science-fiction. Mais bon, cela n’étant plus possible, je me contente de relire une œuvre qui, en son temps, aura fait date et marqué à jamais les amateurs de fantastique en tout genre ; et si, de nos jours, au vu des gouts des plus jeunes générations, Les Cantos d’Hypérion ne sont plus vraiment à la mode (je n’aime pas cette expression mais elle semble convenir malheureusement), celle-ci étant aux récits de vampires et de sorciers pour adolescents, nul doute, et j’en suis convaincu, que ceux-ci marqueront encore bien des lecteurs qui seront touchés par la grâce du chef d’œuvre de Dan Simmons. Mais bon, après vous avoir proposé, en début de mois, la critique du premier tome de celle-ci, Hypérion, et avant de, dans les semaines à venir, d’aborder le cas Endymion, il est temps, aujourd’hui, de m’intéresser à La chute d’Hypérion.

Comme je vous l’avais dit il y a quelques semaines, Les Cantos d’Hypérion sont un cycle de science-fiction divisés en deux parties distingues, chacune composée de deux tomes : ainsi, dans les deux premiers volumes, le lecteur suit les pérégrinations des sept pèlerins qui partent sur la lointaine planète Hypérion où vit le terrifiant Gritche tandis que les deux derniers volumes de la saga, eux, se dérouleront quelques siècles plus tard et que les protagonistes principaux seront Endymion et une certaine Énée – mais chut, n’en disons pas plus, chaque chose en son temps. Mais si les différences entre les deux parties des Cantos sont, assez naturellement, nombreuses et flagrantes, cela se comprend aisément : après tout, cette « suite » fut écrite quelques années plus tard, l’action se déroule alors que les protagonistes des deux premiers tomes sont morts (enfin… chut !) tandis que le contexte, lui-même, a considérablement changé. Par contre, ce qui a surpris bien des lecteurs – y compris moi-même – c’est que, entre Hypérion et La chute d’Hypérion, on a parfois l’impression de lire un roman différent ; oh, certes, pas complétement puisque l’intrigue générale, les personnages, les lieux sont plus ou moins les mêmes, cependant, entre une flopée de nouvelles têtes qui prennent une importance capitale, une action qui se déroule un peu partout sur les divers mondes de l’Hégémonie, et même, du côté du Technocentre, des allers retour dans le passé, le futur et surtout, le fait que l’on voit beaucoup moins les pèlerins du premier tome (même si ceux-ci sont toujours actifs, rassurez-vous, sauf qu’ils doivent partager la vedette cette fois ci), nul doute que tous ses changements en auront perturber plus d’un.


Mais ce n’est pas tout puisque, la plus grande différence, à mes yeux, entre Hypérion et La chute d’Hypérion, c’est le style qui passe d’un récit intimiste, où la principale action est de voyager d’un point A (L’Arbre-Monde des Templiers) a un point B (Les Tombeaux du Temps) en quelques jours tout en se racontant tranquillement sa vie, son passé, le pourquoi du comment de s’être trouver sélectionner pour participer à ce pèlerinage – et ce qui a permis à ce malin de Dan Simmons, de nous offrir par ce biais un condensé de tous les genres de SF, réalisant un superbe melting-pot – dans le premier tome, a quelque chose de complétement différent dans le second. En effet, ici, l’action prend le pas sur tout le reste, et si, bien entendu, les moments plus calmes, les pauses dans le récit, sont toujours présents, nul doute que la structure narrative de La chute d’Hypérion se déroule a cent à l’heures, qu’elle fourmille d’événements et que, sincèrement, il est très difficile de poser son bouquin tellement les événements se succèdent aux révélations et celles-ci aux coups de théâtre. Et comme en plus, par le biais de nouveaux personnages (ou alors, à peine entraperçus ou nommés) comme, principalement, la présidente de l’Hégémonie, Meina Gladstone, ainsi que le cybride Joseph Severn, second essai de personnalité récupéré du poète John Keats, le lecteur découvre une nouvelle vision des choses, d’autres points de vus et d’autres préoccupations (que l’on pourrait presque qualifier de plus générales), La chute d’Hypérion, du coup, lorgne beaucoup plus du côté du Space Opéra (ce qui n’est pas un mal en soit) et une dimension cosmique que son prédécesseur, à dessein, n’avait pas. Ici, en effet, en plus des préoccupations de chaque protagoniste, des envies et des doutes des pèlerins, c’est l’avenir de l’Hégémonie, et donc, de centaines de milliards d’êtres humains, qui est en jeu. Du coup, les passages avec Gladstone et ses collaborateurs – conseillers, sénateurs, militaires – sont un pur régal. Et si l’on ajoute à cela toute la dimension philosophique déjà présente dans Hypérion et qui se trouve renforcée ici par la présence de Joseph Severn, des passages tout simplement exceptionnels et qui marqueront a jamais les lecteurs (quand Sol offre sa fille au Gritche… Martin Silenus empalé sur l’Arbre du Gritche, les derniers jours de Severn, qui remeurt une seconde fois, de la même manière que Keats, quelques siècles plus tôt, de la description de l’apocalypse final et de Meina Gladstone face à une foule en colère composée d’un millions de personnes), nul doute que si, déjà, Hypérion était un chef d’œuvre, sa suite, La chute d’Hypérion, dans un style à la fois proche et tellement différent, en est un aussi.

Si j’avais les connaissances nécessaires en poésie, je me serais probablement attardé sur la construction du récit faite par Simmons autour des œuvres de John Keats, tant une grande partie de celles-ci transparaissent dans les Cantos. De même, si j’en avais le talent, tout simplement – mais aussi le temps, et l’envie – j’aurais abordé, car ils les méritent, chacun des personnages, avec leurs problématiques personnelles et leurs implications et places respectives dans l’intrigue. Pour finir, et toujours pour les mêmes raisons, j’aurais pu vous parler de tout le coté religieux qui transparait de cette œuvre, de ce besoin de créer, être en relation avec une entité supérieure, mais aussi, du rapport entre l’homme et la nature et de la destruction de toute espèce pouvant rivaliser avec lui (et quand il se retrouvera dans cette situation, ça sera une autre paire de manches) et même, quelque part, de la vision de Dan Simmons qui, avec l’Infosphère, créa l’Internet avant Internet. Mais bon, je le reconnais, je ne suis ni suffisamment doué, ni très courageux pour tout cela. Ainsi, je me contenterais, en guise de conclusion, de rappeler, une fois de plus, tout le bien que je pense de ce cycle, de son importance même dans l’histoire de la science-fiction. Et comme je vous l’ai dit, si Hypérion était un chef d’œuvre, La chute d’Hypérion l’est également, et les deux récits forment, sans nul doute, l’un des ouvrages de SF les plus réussis de l’histoire. Mais bon, rappelez-vous, tout cela n’est pas finie puisque, quelques siècles vont s’écouler, un certain poète fera des siennes tandis que le Gritche pourrait bien repointer le bout de son nez (qu’il doit avoir forcément piquant), mais l’on se retrouvera, pour cela, dans Endymion

BRÖGUNN : APRÈS LA FIN



BRÖGUNN : APRÈS LA FIN

Brögunn est un mystérieux guerrier qui a trouvé refuge au sein d'un peuple de créatures sylvestres, les faunes. Avec l'aide de Seth, un jeune faune qu'il a pris sous son aile, Brögunn parcourt les terres enneigées afin de trouver de quoi nourrir les faunes. Hélas, la terre se meurt et la nourriture se fait de plus en plus rare. Un soir, au coin du feu, le guerrier reçoit la visite d'un monstre géant, le Guzzil. Ce dernier a la ferme intention de se nourrir du jeune faune, mais Brögunn réussit à le convaincre d'aller plutôt au sud. Un groupe de rescapés de la bataille contre le seigneur des ténèbres a posé son bivouac là-bas. Ils sont dans un sale état et représentent du coup une proie de choix pour le Guzzil. La créature remercie l'humain et part dans la direction indiquée. Le lendemain, Brögunn raconte au chef des faunes la rencontre qu'il a fait durant la nuit. Cependant, il n'a pas le temps de terminer son récit, qu'un faune vient les prévenir qu'un petit groupe composé d'humains et de nains arrive en direction du village. Le général, qui dirige les rescapés, explique à Garma, le chef de la tribu faune, qu'ils ont dû fuir leur bivouac suite à l'attaque d'un géant et qu'ils viennent en paix solliciter leur hospitalité. Garma accepte de les recevoir pour la nuit, mais pas plus, car son peuple est trop pauvre pour pouvoir les garder parmi eux au-delà d'une journée. Durant la veillée, le général relate les derniers événements de la guerre entre les peuples libres et Yclomedias, le seigneur des ténèbres. Les nouvelles sont des plus mauvaises : la dernière forteresse de la rébellion est tombée...


Lorsque j’ai débuté Le Journal de Feanor il y a de cela quatre ans, je dois reconnaitre que lors de la première année d’existence de ce blog, j’avais pu, à quelques reprises, émettre quelques griefs à l’encontre des éditions Soleil ; choix de bande dessinées hasardeux, mauvais titres ou, plus simplement, déceptions dut au fait que j’attendais bien mieux de mes acquisitions d’alors, il me semble évidant, avec le recul, que si j’ai pu être assez dur à l’époque, cela se justifiait amplement. De même, si au fil du temps, et plus particulièrement depuis une bonne année, mon opinion au sujet de cette maison d’édition a considérablement évoluée, c’est que les titres parus depuis, du moins, ceux que je me suis procuré, étaient d’un tout autre calibre et même, pour certains, tout bonnement excellents. Comme quoi, il ne faut jamais juger une maison d’édition pour quelques déceptions, comme, a contrario, il ne faut pas non plus s’emballer outre mesure. Mais quoi qu’il en soit, il me semble évidant de reconnaitre que mine de rien, les petits gars de chez Soleil proposent tout de même dans leur catalogue, quelques petites pépites, et qu’il se pourrait bien que Brögunn, l’un des tout derniers de leurs titres parus, en soit une nouvelle.


J’attendais avec impatience la sortie de ce tout premier tome de Brögunn depuis le début de l’année et puis, comme souvent, lorsqu’il fut finalement disponible, je ne me le suis pas procurer tout de suite – entre les vacances et moult dépenses, c’était un petit peu compliquer, et puis, comme cette nouvelle BD n’en était qu’une parmi tant d’autres parmi toutes celles que je souhaitais ardemment acquérir – et que les sorties sont nombreuses ces semaines ci – ce n’est que très récemment que je me le suis procurer. Mais hier soir, satisfait par le fait d’être déjà en week-end, je me suis confortablement installer pour découvrir finalement ce que ce Brögunn avait dans le ventre, voir si, finalement, toutes ces petites choses qui m’avaient attirer lorsque je l’avais découvert pour la toute première fois (le contexte, le personnage principal, l’univers enneigé mais aussi désespéré car, ici, visiblement, les forces du mal l’ont emporter) suffisaient pour en faire au moins une bonne petite bande dessinée comme je les aime, mais aussi, ne le nions pas, avec une petite pointe d’appréhension parfaitement compréhensible : après tout, dans un marché – celui de la BD – où il y a tellement de sorties chaque mois, et où même certains cycles finissent par ne pas s’achever, toute nouveauté est regardée d’un œil méfiant ; après tout, rien ne dit que cela ne sera pas une déception puisque la qualité ne peut pas être tout le temps au rendez-vous. Et cela, je ne vous le cache pas, arrive assez souvent avec certains genres, comme la Fantasy par exemple, tellement de fois utilisés par les auteurs qu’à force, on a l’impression de lire tout le temps la même histoire. Pourtant, quelque part, j’avais confiance en Brögunn

Est-ce le fait que, quelque part, dans cette œuvre, les choses sont bien plus originales qu’il n’y parait mais force est de constater que, assez rapidement, mes craintes vis-à-vis de ce premier tome de Brögunn se sont envolées. Pourtant, ce n’était pas gagner puisque, avec un univers typique de la Fantasy à la Tolkien (avec son lot de nains, d’Elfes etc.) et son personnage principal tellement bourru, limite immoral, asocial et quasi invincible qu’il me fit penser immédiatement a un certain Wolverine, le lecteur avait de quoi se poser quelques questions. Pourtant, là où l’on pouvait craindre un manque flagrant d’originalité, on s’aperçoit assez rapidement que quelques petits détails viennent rendre tout cela bien moins banal qu’il n’y parait : déjà, les faunes. On ne dirait pas mais dans le genre Fantasy, finalement, on ne peut pas dire que ceux-ci soient souvent présents – à la rigueur, dans les œuvres traitant de la mythologie et encore. Du coup, j’ai fortement apprécié leur présence dans cet univers. Et puisque l’on parle d’univers, justement, là aussi, le fait que l’action de ce premier tome se déroule dans les montagnes, là où règne neige et gel, change un peu la donne – ouf, on a échappé aux forets avec leurs elfes ! Personnellement, je suis un grand fan des territoires désolés, des landes perdues, des montagnes inaccessibles, des conditions de vie difficiles et ici, dans ce premier tome de Brögunn, force est de constater que j’y trouve mon bonheur de ce côté-là. Mais le meilleur, selon moi, et encore à venir : dans cette œuvre, les forces du mal l’on emporter et les quelques humains, nains, elfes et faunes survivants fuient sans grand espoir de changer la donne – c’est un peu comme si, dans Le Seigneur des Anneaux, Sauron l’avait emporté et régnait sur les Terres du Milieu, ce qui, selon moi, aurait été pas mal d’un point de vu scénaristique – et là aussi, personnellement, ce côté limite post apocalyptique, ce côté désespéré, sans espoir, j’y adhère totalement. Bref, vous l’avez compris, ne serais que par son synopsis de base, son univers et ses protagonistes, ce premier tome de Brögunn ne pouvait que me plaire.

Bien évidemment, ici, c’est ce que l’on peut appeler un premier album typique, calibré pour lancer une série et où le scénariste, Tristan Roulot, met tout cela gentiment en place. Quoi que, à bien y regarder, il s’en passe des choses dans ce premier tome et déjà quelques révélations et événements importants ont lieu – ce n’est pas plus mal et cela nous change de certaines séries où, dans le premier tome, il ne se passe pas grand-chose… quoi que, dans d’autres, au bout de vingt tomes, il ne se passe toujours rien. Brögunn – le personnage, pas la BD – même s’il semble trop bourru pour être franchement original, possède un petit je ne sais quoi qui donne envie d’en savoir un peu plus sur lui et comme en plus, cet univers est vraiment prometteur, cela donne envie de découvrir la suite. Mais je m’aperçois que je n’ai encore rien dit sur les dessins : réalisés par Patrick Boutin-Gagné, que l’on avait vu sur La bête du lac (autre titre que je devais acheter et qui est toujours en attente), ceux-ci sont, je dois le reconnaitre, dans un style un peu particulier, de bonne facture ; certes, parfois, certains visages sont un peu bizarres dans leurs expressions (je me souviens d’une ou deux cases où les visages des soldats humains sont, comment dire, pour le moins curieux) mais, outre ce petit détail mineur, le reste est assez bon, voir même, dans certaines planches, excellent – plus particulièrement dans celles où l’on voit des créatures comme le Guzzil, que j’ai bien aimé, ainsi que l’espèce de démon à la fin. Bref, un dessinateur qui sort un peu des sentiers battus, ce qui n’est pas plus mal, et qui donne incontestablement un plus certain à cette œuvre. Une œuvre, donc, qui démarre assez bien, finalement bien plus originale qu’il n’y parait et qui promet énormément. Et si la suite est aussi bonne que ce premier tome, nul doute que ce bourru de Brögunn sera un nom à ne pas oublier.

lundi 19 mars 2012

THE ARTIST



THE ARTIST

Hollywood 1927. George Valentin enchaîne les films et les succès. Son art de la pantomime en a fait une vedette du cinéma muet. L'arrivée des films parlants va tout bouleverser. Ne croyant pas à cette nouvelle technique, il rate le train en marche et sombre peu à peu dans l’oubli. Peppy Miller, jeune figurante qu'il a aidée dans sa carrière, va-elle être propulsée au firmament des stars. Ce film raconte l'histoire de leurs destins croisés, ou comment la célébrité, l'orgueil et l'argent peuvent être autant d'obstacles à leur histoire d'amour.


Eh bien, on pourra dire que celui-là, je l’aurai attendu avec impatience et que, même, il ne serait pas exagéré de dire que cela faisait belle lurette que je n’étais pas aussi pressé de voir un film, ne serais ce que pour constater par moi-même ce qu’il valait. Car, depuis un an, qui n’a pas entendu parler de The Artist ? Franchement, a moins de vivre sur une ile déserte ou au fin fond du Sahara, il aurait été fort difficile de passer à coter de toute la campagne de pub faite autour de cette œuvre, chose qui, au demeurant, a dut en agacer plus d’un, chose qui aurait pu m’arriver, finalement, il n’y a pas si longtemps que cela puisque, moi aussi, j’ai pu être agacer, a de multiples reprises, par tout le cirque médiatique que l’on fait à certains films, au détriment d’autres, accessoirement plus méritants. Mais ici, curieusement, ou non, cela ne m’a jamais gêné. Pour quelle raison ? Principalement pour deux raisons : tout d’abord, bien souvent, ce qui a pu m’agacer, j’ai finis par l’aimer lorsque je l’ai vu ce qui me fait dire qu’une œuvre, quelle qu’elle soit, ne doit être jugé qu’en étant vue. Ensuite, The Artist m’attirait, énormément même ; oh, pas pour toute la pub fait autour, pas pour les multiples récompenses que ce film a reçu, y compris et surtout aux Oscars, non, si je tennais tellement à voir ce film, c’est avant tout pour ce qu’il est avant toute autre chose : un magnifique hommage au cinéma américain.

Cela peut paraitre incongrus voir stupide d’affirmer une telle chose mais l’une de mes premières réactions que j’ai eu après avoir finalement vu The Artist samedi soir dernier, c’est que je l’ai comparé à Kill Bill. Certes, dit comme cela, cela peut paraitre complétement idiot mais je m’explique : comme je l’ai dit lors des critiques du premier et du second volet du dytique de Tarantino, Kill Bill est avant tout un film de fan fait pour les fans ; et quelque part, avec The Artist, c’est un peu le même topo et pour pouvoir l’apprécier à sa juste valeur, comment ne pas être obliger de connaitre et d’apprécier toute une partie du cinéma américain de la grande époque, des films hollywoodiens des années 30, du cinéma muet, bref, d’aimer un genre certes aujourd’hui révolu, mais aussi, comme je vous l’ai dit, d’avoir les connaissances cinématographiques qui vont avec afin d’apprécier les innombrables clins d’œil qui parsèment le film et qui renvoient à d’autres œuvres et, bien entendu, a une autre époque. Mais alors, The Artist serait-il un film élitiste ? Quelque part, c’est le cas, mais pas dans une connotation forcément négative comme le terme peut le laisser sous-entendre : non, par élitiste, j’entends que le grand public, celui qui ne jure que par des œuvres à grand spectacle, des films comiques ou des comédies sentimentales a la Harlequin, ne peut qu’avoir du mal avec un film comme celui-ci, un film muet, rempli de références et d’hommages, un film pour les connaisseurs avant tout, qui eux, ne seront pas perturbés comme ces spectateurs d’un cinéma de Liverpool qui, en dix minutes, quittèrent la salle en exigeant le remboursement des tickets d’entrée – anecdote réelle. D’ailleurs, c’est pour cela que The Artist n’a pas marché, ne pouvais pas marcher en France : absolument pas grand public, muet, en noir et blanc mais aussi… comment dire, pour les connaisseurs, les fans d’un certain genre.


Car regarder The Artist, c’est accepter avant toute chose de faire un superbe plongeon dans notre passé, ou, plus exactement, dans celui du cinéma ; car, finalement, que se passe-t-il dans ce film ? Un acteur célèbre, Jean Dujardin, véritable star du cinéma muet, se retrouve mis sur la touche par l’arrivée du cinéma parlant ; cet état de fait, véritable révolution à l’époque, bien plus importante, au demeurant, que l’arrivée de la couleur, mis effectivement de côté bon nombre d’anciennes gloires qui n’ont pas voulus ou tout simplement pas pu faire la transition entre le muet et le parlant. Et c’est ce drame, justement, qui se trouve au cœur de l’intrigue de l’œuvre de Michel Hazanavicius. Bien évidemment, lorsque l’on connait un tant soit peu l’histoire du septième art, c’est un petit régal que de voir un tel film, d’apprécier les clins d’œil à certains vieux chef d’œuvres comme, par exemple, celui a  Douglas Fairbanks dans Le signe de Zorro, la scène du repas en tête à tête qui renvoi a Citizen Kane ou certaines affiches des films de Peppy Miller fortement inspirées d’œuvres de l’époque. De même, comment ne pas voir dans le synopsis de The Artist des réminiscences d’Une étoile est née de William A. Wellman ou de ne pas penser, tout bonnement, a Chantons sous la pluie qui lui aussi traitait de l’arrivée du parlant dans le monde du cinéma ? Bref, avant toute chose, The Artist est un somptueux hommage, déclaré et qui ne s’en caches pas, a toute une époque, et cette volonté affichée, qui prime sur tout le reste, aura déplu à certains.

Curieusement, ou pas, ce sont les français qui auront le plus boudés ce film, ce qui est tout de même amusant quand on n’y pense : voilà un film français, fait par des français et avec des acteurs principaux français, qui se permet le luxe de triompher un peu partout dans le monde, et qui se voit décrier dans son propre pays, ce qui me laisse penser deux choses : tout d’abord, ici, on dirait qu’on en est encore a préféré l’éternel perdant au vainqueur (voir Anquetil – Poulidor) ce qui, à force, en devient un peu ridicule ; ensuite, je vais finir par croire que l’intelligentsia de notre beau pays ne jure que par le cinéma étranger et par, pour ce qui est de la production nationale, les films d’auteur pseudo intellectuels et les films… comiques, de temps en temps. Mais un film comme The Artist qui clame tout son amour au cinéma américain – mais attention, celui d’avant-guerre – et qui reprend tous les canons du genre, messieurs dames, on ne peut que le dénigrer ! D’ailleurs, qu’un journal comme Libération ait put en dire du mal n’a fait que, une fois de plus, confirmer tout le mal que je pense de lui… Car bon, est-ce un mal de faire un film muet et en noir et blanc qui raconte une histoire sur ce qui s’est passé dans le milieu du cinéma à l’orée des années 30 ? Visiblement, a en croire certains, oui. Attention, je ne vise absolument pas les gens qui, de toute façon, n’aiment pas les films muets, ou en noir et blanc, ou de toute façon trop anciens, avec eux, c’est une affaire de gouts et ceux-ci ne se discutent pas. Par contre, certains critiques français qui pestent contre The Artist pour des raisons limite ridicules, c’est autre chose.


Mais autant laisser ces prophètes de mauvais augure, ces éternels grincheux et insatisfaits dire du mal d’un film, d’un réalisateur et des acteurs et des actrices qui ont, premièrement, porter bien haut les couleurs françaises à l’étranger (même si c’est pour louer le cinéma américain d’antan, ce sont quand même des français qui l’on fait) et qui, au demeurant, ont réaliser un superbe film qui, selon moi, méritait toutes les distinctions qu’il a reçu, n’en déplaise à certains. J’ai aimé The Artist pour ce qu’il est, c’est-à-dire, un brillant hommage à une ère révolue, un film de fan pour les fans, j’ai aimé The Artist pour m’avoir rappeler tout un tas de films excellents et de grands acteurs, j’ai aimé The Artist pour son coté simple, nature, pour la fraicheur qui en découle, mais aussi, pour la performance de ses acteurs, Jean Dujardin bien sûr (quand je repense à Un gars, une fille, que de chemin parcouru depuis…) mais aussi  Bérénice Bejo, franchement excellente elle aussi, j’ai aimé The Artist car, quelque part, c’est cela aussi le cinéma que j’aime, et je pourrais vous parler encore, pendant des heures et des heures, de l’intrigue du film, des diverses symboliques entraperçues (comme les trois singes qui symbolisent bien ce que Jean Dujardin ne veut pas : voir ce cinéma muet qui arrive, entendre car dans ses films, il n’y a pas de son, parler car, bien entendu, ses rôles sont muets), des seconds rôles, eux aussi excellents et de cette impression tenace, d’être devant un film d’époque, mais, mieux que de grands discours, autant vous laisser découvrir par vous-même ce que vaut ce The Artist : il pourra vous plaire, vous déplaire, mais à coup sûr, il ne vous laissera pas indifférents. 

GOD OF WAR II: DIVINE RETRIBUTION



GOD OF WAR II: DIVINE RETRIBUTION

Après avoir vaincu Arès, Kratos est devenu le nouveau Dieu de la guerre. Haïssant les dieux, Kratos avait trouvé une nouvelle famille auprès des guerriers Spartiates. Ces derniers, soutenus par leur nouveau dieu, écrasaient de plus en plus de cités. Cependant à chaque nouvelle ville détruite, la colère des dieux grandissait. Le jeu commence lorsque Kratos s'apprête à porter en personne le coup final à la cité de Rhodes. C'est alors que Zeus, craignant de subir le même destin qu'Arès, trompa Kratos et put ainsi lui retirer tous ses pouvoirs grâce à la lame de l'Olympe qu'il avait jadis forgée pour gagner la guerre contre les Titans. Une fois le Colosse animé par Zeus vaincu, celui-ci apparaît devant Kratos, affaibli et grièvement blessé. Le roi des Dieux prend alors la lame de l'Olympe et tue Kratos, qui jure vengeance contre les dieux. Alors que le Spartiate est emmené aux Enfers, Gaïa lui apparaît en songe, et lui offre une opportunité de revanche, que Kratos accepte. Il se réveille, sort des Enfers, et chevauche le Pégase ...


J’ai déjà eu l’occasion de le signaler sur ce blog mais je pense qu’il est nécessaire de me répéter aujourd’hui : pendant des années, je fus un inconditionnel de jeux vidéo, passant des jours et des nuits, ne comptant pas mes heures, à jouer, encore et encore, a des multitudes de jeux sur consoles, connaissant de grandes satisfactions vidéoludiques, mais aussi, ne le nions pas, de superbes déceptions ; et cette période coïncidât avec l’arrivée tonitruante de la Playstation, première du nom, dans nos salons, ce qui eut pour effet de révolutionner le genre et de l’imposer comme un loisir pour adultes – avant, les jeux sur consoles étaient plus destinés aux enfants et à un public jeune en général – et alla, grosso-modo, jusqu’aux premières années de la génération de consoles suivante, la PS2. Etant devenu alors un fidèle de Sony, j’ai eu moult consoles : deux PSONE (comme on les appelle ainsi), une autre avec une puce pour lire les jeux japonais, et, pour finir, deux PS2, la première ayant rendu l’âme assez rapidement. Mais c’était le bon temps et justement, du temps, j’en possédais a foisons : c’était avant les problèmes, les séparations, les dettes, les enfants, la vie de famille mais aussi, ne le nions pas, ce blog qui occupe, finalement, le temps que je pouvais consacrer autrefois aux jeux vidéo. Ainsi, pendant quelques années, je n’eus guère l’occasion de jouer, jusqu’à ce que, fin 2008, je finisse par me procurer une énième PS2 (la PS3 étant trop chère) et me remette, petit à petit, dans le bain. Mais bon, pour être tout à fait franc, ce ne fut plus jamais pareil – chose qui était, je le conçois, impossible puisque je me vois mal, désormais, faire une nuit blanche et assumer les enfants ensuite – et si j’ai commencé, plein d’entrain, bon nombre de jeux, je finissais à chaque fois par les abandonner, passant finalement mon temps à faire et refaire des tournois de foot. Enfin, cela, jusqu’à il y a un peu plus d’une semaine désormais et l’achat d’un vieux jeu qui modifia, et de façon spectaculaire, la donne.

Ce jeu, vous l’avez compris, c’est God of War II. Même si pendant quelques années je n’avais guère eu l’occasion – ou la possibilité – de jouer et que je suivais l’actualité vidéoludique d’un œil plus que distant, je n’en avais pas moins entendu parler de ce jeu, enfin, de ce titre décliné depuis lors, à quatre exemplaires : deux sur PS2, un sur PS3 et le dernier sur la PSP. De même, je savais plus ou moins son contenu, son univers et son style de jeu : dans une Grèce mythologique que n’aurai pas renié le grand Ray Harryhausen, le joueur prenait le contrôle d’un certain Kratos, un individu a la mine patibulaire, violent et pas sympathique pour un sous et affrontait, comme dans tout bon Beat them all qui se respecte, toute une flopée de créatures mythiques, comme les cyclopes, les griffons ou les minotaures, mais aussi, des dieux, carrément ! Violent au possible, God of War était, selon moi, une espèce de Devil May Cry puissance mille, où, au lieu que l’on se mette dans la peau d’un beau gosse charismatique a la chevelure blanche, on faisait un gros bourrin chauve et tatoué qui ne semblait pas posséder un QI très élevé et qui annonçait, de plus en plus, la violence extrême et sans limites vers lesquels se sont tournés bon nombre de jeux au cours de ces dernières années. Du moins, telle était ma vision du personnage et de ce jeu qui m’intéressais par son coté « Mythologie grecque » mais qui me rebutait par son héros, aux antipodes de ceux auquel je m’identifie lorsque je joue. Mais bon, comme à l’époque de la sortie des deux titres sur PS2, je ne jouais pas, ou très peu, je dois reconnaitre que tout cela me passa un peu au-dessus de la tête, n’étant pas, je dois bien l’avouer, ma préoccupation principale.


Et puis donc, il y a quinze jours environ, j’eu l’envie subite de me trouver des jeux un peu différents que ceux de ma collection, des titres « neufs » (par neuf, j’entends auquel je n’avais jamais joué) que je voulais essayer, mais sans grand espoir, comme d’habitude, de trouver le temps de les finir un jour ; et étant partis pour me procurer l’un des Prince of Persia, vu que je n’avais jamais eu l’occasion d’en essayer un, je suis tombé, un peu par hasard, sur cet intriguant God of War II, qui ne coutait qu’une toute petite poignée d’euros, et qui, depuis que j’avais vu la bande annonce du troisième volume, sur PS3, m’attirait de plus en plus. Du coup, je me suis dit que cela pourrait valoir le coup et, quelques jours plus tard, vendredi d’il y a une semaine, après l’avoir reçu par la poste, je l’ai essayé et là, ce fut… la révélation !!!

En toute objectivité, je n’ai pas changer d’un iota sur ce que je pense de Kratos : ce mec est un indécrottable bourrin sans cervelle aux antipodes, a mille lieux, à des années-lumière même que ce que bien d’autres titres ont pu nous proposer dans la grande histoire des jeux vidéo – qui, mine de rien, commence à dater un peu avec ses trois décennies passées – de nos jours, l’un des loisirs principaux des habitants du monde occidental (oui, je me doute bien que le pauvre paysan africain ou chinois a d’autres chats à fouetter que de faire le guignol, manette a la main ; bien souvent, ce genre de réflexions relativisent bien des choses). Mais si, indéniablement, Kratos est un bourrin, je peux comprendre qu’il plaise à un certain public et même, quelque part, après qu’il m’ait accompagné tout au long d’une semaine, j’ai finis par lui trouver un certain charme (non, je ne suis pas tomber amoureux) et son coté cynique, tragique, frappé par le destin, mais aussi, sa lutte contre les dieux, décidément toujours aussi injustes dans leurs comportements envers les mortels m’a bien plu. Oh, pas au point que je le préfère a ce bon vieux Solid Snake ou au sublime Raziel, mais tout de même, ce brave Kratos, tout bourrin qu’il est, aura fini par être une bonne surprise – d’un autre côté, vu que je n’en attendais pas grand-chose, c’est peut-être normal ?

Mais bien évidement, ce qui compte avant tout, ce n’est pas de savoir si Kratos est charismatique ou pas mais le jeu en lui-même, ce qu’il vaut, ce qu’on y fait, la qualité des décors, de l’intrigue, la classe (ou pas) de nos ennemis, les combats et tout un tas d’autres choses qui font qu’un jeu vidéo peut être bon, génial, exceptionnel, mais aussi, passable, mauvais, nullissime ! Et là, franchement, je dois le dire, ce fut une belle petite claque que j’ai reçu comme cela faisait bien longtemps que ça ne m’arrivait pas ! Bien évidemment, les joueurs confirmés qui sont passés à la PS3 depuis des années rigoleront probablement devant mon enthousiasme pour un jeu aussi ancien et qui, à leurs yeux, apparaitrait comme moche. Pourtant, en jeux vidéo, il faut toujours relativiser les graphismes et surtout, les remettre dans leurs contextes de machine et de date de sortie : ce qui fait que, un jeu sortit sur Nintendo dans les années 80 puisse être encore une réussite graphiquement et qu’un autre, de nos jours, ne le soit pas – certains auront du mal à comprendre cela mais c’est bel et bien un fait. Et donc, ce second God of War (je ne parlerais ici que de cet épisode, n’ayant pas, comme vous l’avez compris, jouer au premier, même si bientôt, je devrais m’y mettre) est avant toute chose une pure merveille graphique : tant par les décors, variés, gigantesques et somptueux, que par le moteur graphique qui fait qu’il n’y ait pas de temps de chargements (c’est rare et il faut le saluer comme il se mérite), le joueur prend un plaisir certain à déambuler dans un univers, certes violent au possible et d’une dureté extrême, mais étonnamment beau, d’une beauté, même, parfois, a en couper le souffle. Mais il faut dire que, adorant les décors gigantesques, qui nous donnent l’impression d’être une minuscule fourmi, je ne peux qu’être gâté par ceux de God of War II. Mais ce n’est pas tout : comment ne pas apprécier toutes ces figures mythologiques que l’on ne cesse de rencontrer tout au long du jeu : entre de simples monstres mais aussi des héros – Persée, Thésée, Icare –, les Titans – Gaia, Atlas, Cronos – et des Dieux – Athéna, Zeus – quel plaisir de déambuler, et surtout, d’affronter des figures aussi exceptionnelles. Et là, nous arrivons à un point crucial de ce jeu, qui rappelons-le, est avant tout un Beat them all, les fameux combats. D’une violence inouïe et extrême avec ses membres arrachés, ses décapitations en tout genre et ce sang qui ne cesse de gicler, ceux-ci sont souvent dantesques au possible et vous feront passer de bons, que dis-je, de très grands moments : avez-vous déjà imaginé affronter le Colosse de Rhodes, Thésée ou même Zeus en personne ? Ici, ça sera le cas et franchement, quel plaisir de le faire, quel plaisir de se mesurer à des adversaires gigantesques de par leur taille démesuré, ou possédant des pouvoirs divins et même si parfois, vous penserez que cela est impossible, dite vous que personne, pas même Zeus, n’échappera a courroux de Kratos !


Bien évidemment, l’on pourrait pester contre une durée de vie bien trop courte finalement, comme si le genre voulait qu’il en soit toujours ainsi, signaler quelques petits pompages a d’autres titres comme Devil May Cry ou Soul Reaver voire même, reconnaitre que si certains passages du jeu sont d’une difficulté rare, d’autres sont beaucoup trop simples et que certaines combinaisons de touches, à certains moments, donnent des sueurs froides – Ouh le combat final contre Zeus !!! Mais dans l’ensemble, comment ne pas reconnaitre ce qu’est God of War II ? C’est-à-dire, un très grand jeu. Entre un univers original car, finalement, rarement abordé sur console et surtout, pas aussi bien, des graphismes (décors, personnages) somptueux, une bande son guerrière qui colle très bien à l’action et de nombreux moments inoubliables, force est de constater que nous avons là un jeu superbe, captivant au possible et dont il est très difficile de décrocher. D’ailleurs, il m’est arrivé quelque chose d’incroyable avec ce second God of War, quelque chose qui ne m’arrivait plus depuis des années, quelque chose que, franchement, je croyais ne plus être possible, c’est-à-dire : commencer un jeu, ne pas le lâcher et le finir en quelques jours… comme au bon vieux temps. Bien évidemment, les circonstances – j’étais en vacances – ont bien aidé pour cela, mais bon, en d’autres cas, j’abandonnais vite l’affaire. Mais ici, avec God of War II, ce ne fut pas le cas, bien au contraire, et franchement, quel jeu, mais quel jeu ! Du coup, vous l’avez compris, j’ai déjà commandé son prédécesseur, le tout premier titre de la série, ne serais ce que pour le plaisir de replonger dans cet univers avec ce gros bourrin de Kratos !

LES PILIERS DE LA TERRE – TV



LES PILIERS DE LA TERRE – TV

Passion et complots dans l'Angleterre du XIIème siècle. Maud, la fille du monarche Henri 1er, se dispute la succession au trône avec son cousin, Stephen. Une lutte de pouvoir qui cause des tensions et déchire le royaume. L'évêque Waleran Bigot et les Hamleigh en profitent pour tirer avantage de la situation et satisfaire leurs propres ambitions. Au milieu de cette guerre, le Prieur Philip doit surmonter les innombrables obstacles pour assurer la construction de la cathédrale de Kingsbridge. Face à l’ampleur de la tâche, il peut heureusement compter sur le maître-maçon Tom Builder, son beau-fils Jack, et jeune Aliena. Ensemble, ils vont se serrer les coudes pour réaliser leur rêve…


Assez curieusement, lorsque j’y pense après coup, il est assez singulier que, en quatre années d’existence, Le Journal de Feanor n’ai eu que quelques rares billets consacrés aux séries (12 jusqu’à maintenant, 13 avec celui-ci, cela va de soi) alors que, en d’autres temps, nul doute que cette catégorie aurait été bien plus développée : ainsi, entre les nombreuses séries que j’ai pu voir dans le passé, et que je suivais régulièrement, le potentiel pour vous proposer bien plus d’articles sur celles-ci existait. Mais bon, comme chacun sait, les aléas de la vie, le manque de temps mais aussi, ne nous cachons pas, le fait que ces dernières années, bon nombre de séries proposées sur nos petits écrans – genre Experts, NCIS etc. – ne m’attiraient absolument pas, a fait que je n’ai jamais accordé une grande importance à un genre autrefois, selon moi, plus passionnant. Pourtant, a bien y regarder, depuis le début d’année, je me suis un peu rattraper sur la chose et si, bien entendu, la septième saison de notre bon vieux Dr House (c’est un vieil habitué de ce blog) peut être mise à part, entre Borgen et la troisième saison des Tudors, Le Journal de Feanor aura connu, en très peu de temps, un net regain d’intérêt pour un sujet, jusqu’à cette année, considéré par la force des choses comme mineur sur ce blog. Et aujourd’hui, donc, vous l’avez deviné, c’est d’une autre série que je vais vous parler : Les piliers de la terre.

L’amateur éclairé de littérature connait parfaitement l’ouvrage de Ken Follet dont est tiré cette série : véritable best-seller en son temps, ce triller médiéval, comme il fut alors présenter, connu un succès mérité et passionna bien des lecteurs, conquis et captivés par une intrigue, à la base, curieuse – il s’agit de construire une cathédrale – mais qui s’avère être, très rapidement, bien plus complexe que cela et qui mêle complots, trahisons, ambitions démesurées et, forcément, une belle petite histoire d’amour, longtemps contrariée, sinon, cela serait bien trop simple, comme on s’en doute. Il y a quelques mois, j’avais lu pour la toute première fois ces fameux Piliers de la terre et, éventuellement, les curieux qui souhaiteraient en savoir davantage sur ce roman pourront trouver la critique de celui-ci sur ce blog. Mais bien évidemment, ce qui compte, aujourd’hui, c’est de savoir ce que vaut la série TV, que j’ai découvert hier soir, par le biais de France 3 qui diffusait les trois premiers épisodes de celle-ci. Et comme chacun sait, l’adaptation d’une œuvre est toujours un exercice plus que périlleux.

Eh bien, inutile de tourner autour du pot pendant des lustres et reconnaissons immédiatement que, pour ce que j’ai pu voir ce dimanche soir, il me semble évidant que l’adaptation des Piliers de la terre me semble être de qualité. Oh, que l’on ne se trompe pas, nous ne nous trouvons pas non plus devant la série de l’année, loin de là, cependant, dans l’ensemble, celle-ci apparait comme étant de bonne facture : ainsi, entre le choix des acteurs qui m’apparait comme judicieux – marrant, je me l’imaginais bien comme ça Jack, idem pour Tom le bâtisseur – et plus particulièrement, celui qui fait le rôle de Waleran Bigod, le grand « méchant » de l’histoire, charismatique en diable, les costumes, les décors et l’ambiance générale, cette série germano-canadienne (pourquoi pas ?) possède des bases solides, ce qui est un bon début. Ensuite, arrive le nœud du problème de toute bonne adaptation qui se respecte : les auteurs suivent-ils fidèlement ou pas l’original, quels sont les points communs, les différences ? Et à cette question, primordiale comme vous pouvez vous en doutez, l’on peut se réjouir que l’adaptation, dans les grandes lignes, suit celle du roman. Ici, et fort heureusement d’ailleurs, pas de délires d’un scénariste fou qui se serait cru obligé de caser des idioties scénaristiques ou de trop s’éloigner du synopsis original. Pourtant, comme il fallait s’y attendre, des différences n’en existent pas moins et si, la plus part du temps, celles-ci ne sont pas bien graves et peuvent même s’expliquer par le simple fait que, de toutes façons, une adaptation, aussi fidèle soit-elle, ne reste qu’un résumé de l’œuvre première et que l’on ne peut pas tout y caser, certaines, elles, sont, selon moi, un peu dommageables : ainsi, avait-on besoin de rendre incestueuse la relation entre Regan et William Hamleigh, déjà suffisamment compliquée dans le roman, mais aussi, et là, c’est à la psychologie des personnages et a une bonne part de tout ce qui suivra, pourquoi avoir modifier la scène où les enfants du comte Bartholomew vont lui rendre visite avant son exécution ? Dans le roman, c’est lui qui fait jurer à sa fille, Aliena, bref, qui lui impose, de ne pas trouver de repos, de tout faire pour que son frère récupère son titre ; or, ici, c’est le contraire, Aliena fait le serment sans que son père ne lui demande rien. Et si cette image de femme forte plaira au public de maintenant, elle n’était pas nécessaire pour deux raisons : à la base, Aliena est déjà une femme forte – dans la famille, c’est elle qui porte la culotte et pas son frère timoré, prétentieux et finalement inutile – ensuite, même si elle fait tout pour son frère, ce serment lui est imposé et c’est cela le drame de sa vie, de devoir aller à l’encontre de ses sentiments, de mettre sa vie entre parenthèse, uniquement pour satisfaire à ce fameux serment. Du coup, je trouve assez dommageable ce changement scénaristique qui, selon moi, ne s’imposait nullement.


Mais au final, Les piliers de la terre n’en restent pas moins une bonne série qui, s’il est bien évidement inférieur à l’original – mais bon, comment faire mieux ? – n’en possède pas moins suffisamment de qualités pour, à la fois, satisfaire les amoureux du roman, mais aussi, attiré un nouveau public, chacun y trouveront sans nul doute leurs comptes. Pour ce qui est de mon avis personnel, on pourra dire que j’ai bien aimé ces trois premiers épisodes, que je regarderais bien entendu la suite – je serais fou de ne pas le faire – mais que, peut-être que le fait d’avoir lu le roman il y a quelques mois à peine, et que tout cela soit encore un peu trop frais dans ma mémoire, aura fait que j’ai titiller un certains nombres de fois sur des détails souvent mineurs et qui ne m’auraient probablement pas gêner en temps normal. Mais quoi qu’il en soit, une bonne série, sans nul doute !

dimanche 18 mars 2012

Préhistoire Magazine n°4 : Le Stégosaure



Dans l’ensemble de la presse, force est de constater que tous les sujets n’ont pas droit aux mêmes traitements : en effet, si la presse féminine ou les revues consacrées à l’automobile tiennent le haut du pavé, si la presse informatique ou celle consacrée aux jeux vidéo arrive tout prêt derrière, de même que celle qui traite de l’actualité, de l’histoire, des sciences ou de la musique, et si, les chasseurs et les pécheurs ont de quoi s’y retrouver, et on pourra dire la même chose des enfants, certains domaines sont moins abordés. Bien évidemment, il serait fastidieux de tous les énumérer ici, surtout que ce n’est pas forcément le sujet, et parmi ceux-ci, donc, la préhistoire me semble être un exemple parfait de sujet intéressant, qui intéresse bon nombre de personnes, mais qui ne brille pas par la diversité des titres qui lui sont consacrés. Ainsi, pour les amateurs, deux solutions existent : soit les revues scientifiques généralistes avec quelques dépêches vite expédiées dans la rubrique news, soit la presse enfantine, qui, comme son nom l’indique, plait aux enfants, mais laissera probablement de marbre les plus grands. Hors, depuis quelques mois, les amateurs de préhistoire possèdent eux aussi leur revue, et franchement, c’est une bonne nouvelle, son nom : Préhistoire Magazine.

Préhistoire Magazine n°4 : Le Stégosaure, un « reptile à toit » du Jurassique
Février, mars, avril 2012

Au sommaire :
- Les Insectes géants du Carbonifère.
- Le Stégosaure, un « reptile à toit » du Jurassique.
- Baluchithérium, un Rhinocéros hors du commun.
- L’Australopithèque, l’ancêtre de l’Homme ?
- L’Institut de Paléontologie Humaine.
- Les Hommes Fossiles en Os et en Chair.
- Les Dames du Temps Jadis.
- Evo, un Jeu de Société Préhistorique.

Préhistoire Magazine en est déjà à son quatrième numéro, et je ne connais ce trimestriel que depuis quelques mois, lorsque j’avais découvert, par hasard, le numéro précédant dans un Relais H de la Gare de l’Est ; vu que cela avait dut arriver en fin de mois, je ne l’avais pas pris à l’époque et, avais finis par oublier son existence, et ce, jusqu’à y a peu de temps où, en cherchant le dernier numéro de la Nouvelle Revue de l’Histoire, j’eu l’agréable surprise de tomber sur ce petit magazine – par le format – où trônait fièrement, en couverture, mon dinosaure préféré : le Stégosaure ! Du coup, comme pour beaucoup de monde, mes débuts de mois sont plus faciles que les fins de mois, je me suis laissé tenter par celui-ci, histoire de voir ce qu’il valait. Et donc, le résultat était-il à la hauteur de mes espérances ? C’est ce que je vais essayer de vous expliquer ci-dessous :

Déjà, je ne suis pas un chaud partisan des petits formats ; autant, pour les romans, je ne peux me passer des livres de poches, autant, avec les revues, j’ai un peu de mal lorsque celles-ci n’ont pas leur format « habituel ». Bien évidemment, ce n’est qu’un détail mineur, sans grande incidence sur la qualité de l’ensemble, de même, un tel format ne m’est pas inconnu, pour avoir acheté, dans le passé, quelques revues plus ou moins identiques. Par contre, ce que je ne comprends pas trop, c’est pourquoi celles-ci sont plus cher que les autres, au demeurant plus grandes ? J’ai beau chercher, je ne vois aucune raison valable pour justifier un tel écart de prix parfois conséquent au demeurant. Ces considérations étant dite, force est de constater que ce Préhistoire Magazine n’en possède pas moins certaines qualités : certes, les sujets sentent un peu le « déjà-vu », il ne faut pas s’en cacher, mais cela peut se comprendre pour deux raisons : tout d’abord, que l’on veuille ou non, et quel que soit le sujet par ailleurs, il est fort difficile d’être franchement original et il est normal, surtout lorsque l’on est un passionné, d’être blaser lorsque, pour la énième fois, on se tape un dossier sur les Stégosaures ou les Insectes géants ; ensuite, il y a un problème éditorial qui se comprend : pour appâter le client, surtout avec une nouvelle revue, on ne peut se permettre que de traiter de sujets obscurs, et, pour pouvoir placer ceux-ci, justement, la présence de dossiers qui plairont au plus grand nombre – comme le Stégosaure, ici – sont nécessaires afin d’attirer un maximum de clients. Et puis, après tout, ce qui compte avant tout, c’est la qualité de ces dossiers, le fameux nerf de la guerre de toute bonne revue qui se respecte.

Et ici, je suis un peu plus mitiger : certes, les différents articles proposés sont intéressants et la qualité est au rendez-vous, de même, il est intéressant que les éditorialistes de ce Préhistoire Magazine aient consacré des dossiers a des sujets moins connus comme l’époustouflant Baluchithérium, par exemple, le plus grand mammifère terrestre que la Terre n’ai jamais porté et qui n’avait pas grand-chose à envier aux grands dinosaures. Cependant, l’écriture même de ces articles est pour le moins curieuse par moments et se trouve gâcher, selon moi, par de nombreuses répétitions d’un paragraphe a l’autre, ce qui donne un peu l’impression que les auteurs ne se sont pas relus ?! Mais bon, cela est peut-être dut au fait que la revue est encore jeune et que, avec l’expérience, la suite ne pourra aller qu’en s’améliorant. Du moins, je l’espère vivement. Quoi qu’il en soit, si Préhistoire Magazine n’est pas l’excellente revue qu’un tel sujet méritait, elle pourra éventuellement intéresser les amateurs du genre qui ne seront pas trop regardants sur ses quelques défauts. Et puis, dans ce désert navrant qu’est la presse consacrée à la préhistoire dans notre beau pays, sachons donner sa chance a une revue encore jeune et qui mérite sa chance, en espérant, bien entendu, que la suite sera encore meilleure. 

mardi 13 mars 2012

KILL BILL – VOLUME 2


KILL BILL – VOLUME 2

Cinq ans après avoir été laissé pour morte par ses anciens complices, Black Mamba, alias la Mariée, poursuit sa vengeance. Elle a déjà éliminé deux de ses anciennes collègues, Vernita Green et O-Ren Ishii, membres comme elle de la brigade des Vipères assassines. Il lui reste à tuer trois personnes pour accomplir sa quête de justice : Budd, Elle et Bill, fondateur et redoutable chef de la brigade. Mais, avertis de sa démarche, tous se préparent à l'affronter. La Mariée se rend tout d'abord chez Budd, qui vit reclus dans une caravane posée dans le désert et travaille dans un bar miteux. Après l'avoir épié, elle se prépare à passer à l'action...


Kill Bill – Volume 2
Réalisation : Quentin Tarantino
Scénario : Quentin Tarantino
Musique : RZA
Production : Miramax Films, A Band Apart
Genre : Action, Thriller, Arts Martiaux, Western Spaghetti
Titre en vo : Kill Bill – Volume 2
Pays d'origine : États-Unis
Langue d'origine : anglais
Date de sortie : 16 avril 2004
Durée : 136 mn

Casting :
Uma Thurman : Beatrix Kiddo, alias La Mariée alias Black Mamba
David Carradine : Bill, alias Snake Charmer
Michael Madsen : Budd alias Sidewinder
Daryl Hannah : Elle Driver alias California Mountain Snake
Gordon Liu : Pai Mei
Michael Parks : Esteban Vihaio
Perla Haney-Jardine : BB
Helen Kim : Karen
Larry Bishop : Larry Gomez
Samuel L. Jackson : Rufus
Christopher Allen Nelson : Tommy Plympton
Bo Svenson : le révérend Harmony

Mon avis : A la fin du premier volet de Kill Bill, nous avions donc laissée la Mariée, Uma Thurman, qui venait tout juste de tuer, et de quelle manière, O-Ren Ishii, magnifique Lucy Liu, poursuivre sa vengeance tandis que le fameux Bill, David Carradine – dont on ne voyait jamais le visage dans le premier film – apprenait, par le biais de Sofie Fatale, Julie Dreyfus, en bien mauvais état, que son ancienne protégée et amante était bien décidée à se venger de celui-ci. Et donc, Kill Bill – Volume 2 débute sur les chapeaux de roues avec la fameuse scène du massacre de la Chapelle où avait lieu la répétition du mariage de… bip…, oui, on ne connait le nom qu’un peu plus tard au fil de l’intrigue ; bref, dès le départ, on rentre dans le bain avec l’un des moments les plus importants des deux films, la scène primordiale, l’élément déclencheur de tout ce qui suivra et, sincèrement, celle-ci vaut le détour : tourné en noir et blanc, dans un ton calme, aux antipodes du trépidant premier volume qui se déroulait a cent à l’heures, cette première scène – dont on n’avait, jusque-là, entraperçue que quelques flashbacks – annonce bien la couleur puisque, cette fois ci, l’ambiance sera radicalement différente. Et comme je vous le disais dans ma critique précédente, si le premier Kill Bill était un formidable hommage au cinéma asiatique, et plus particulièrement au cinéma hongkongais d'arts martiaux et au chanbara japonais, ici, ce qui prime avant tout, c’est le western spaghetti de la grande époque, celui de Sergio Leone principalement, que ce soit par l’ambiance générale qui s’en dégage, les plans de caméras, la musique avec certains passages du grand Ennio Morricone, mais aussi, un rythme infiniment plus lent, plus posé et une attention accrue sur les protagonistes, choses quasiment absentes du premier volume qui se déroulait à grande vitesse tandis que sa suite prend le temps de construire l’intrigue et de s’attarder sur les relations entre personnages, voir même, de nous présenter leurs vies de tous les jours. Et du coup, la première chose qui saute aux yeux lorsque l’on compare ces deux films, c’est que, finalement, le choix de présenter Kill Bill en deux parties apparait assez judicieux car, si le fil conducteur de l’intrigue – la vengeance de la Mariée – reste, force est de constater qu’avec deux parties presque aux antipodes l’une de l’autre, nous avons bel et bien deux films ; pas forcement distincts dans le fond, mais pour ce qui est de la forme… quel changement, que de différences ! Bien évidemment, il n’y aurait aucun problème à regarder Kill Bill d’une traite, d’ailleurs, cela devrait être une expérience assez agréable à faire, mais bon, après coup, j’ai finalement compris – en dehors de l’aspect financier et de la volonté des décideurs – la justesse que l’on se soit retrouver avec deux films au lieu d’un seul. Et, bien évidemment, si j’avais déjà fortement apprécié et pris un pied d’enfer en regardant le premier, je dois reconnaitre que cette suite, pourtant dans un genre complètement différant, est toute aussi bonne. Forcément, comme je vous l’avais dit précédemment, Kill Bill étant avant tout un film de fan pour les fans, être un amoureux de ces genres – films d’arts martiaux, cinéma d’exploitation, western spaghetti – en devient presque primordial pour apprécier cette œuvre à sa juste valeur mais également, ne l’oublions pas, pour noter les innombrables clins d’œil et divers hommages qui la parsèment. Ici, comme je vous l’ai dit, on se croirait presque dans un film de Sergio Leone – et alors quand la musique s’en mêle et que la caméra s’attarde sur les visages en gros plans des protagonistes, c’est tellement flagrant que cela en devient troublant – et franchement, quel plaisir : mine de rien, et malgré tout le mal que j’ai pu dire à son sujet, ce renard de Tarantino est tout de même sacrément doué sur ce coup et n’hésite pas à oser l’impossible – comme de mélanger des genres tellement différents, de lorgner allègrement sur le kitch et le coté rétro, d’user et d’abuser de grosses ficelles et, surtout, de tout exagérer, mais à des niveaux tels que mêmes les originaux apparaissent, après coup, crédibles – et le pire, c’est que cela marche ! Un exemple, un seul ? La scène où la Mariée suit l’enseignement de Pai Mei, archétype du vieux maitre d’arts martiaux chinois poussé à son paroxysme a un tel point qu’il en est plus caricatural que les caricatures habituelles : tant le personnage que ses réactions, son look, sa toute-puissance ont été vues des milliers de fois, au point d’en devenir ridicule a force, mais ici, et contre toute attente, ça marche ! L’effet Tarantino ? Il y a de cela, bien évidemment, mais aussi, ne l’oublions pas, que quelque part, dans un film aussi extrême que Kill Bill, un vieux maitre d’arts martiaux chinois ne pouvait ressembler qu’à ça, tout simplement ! Mais ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres dans ce film. Alors bien sur, ce second volet de Kill Bill aura magnifiquement complété tout le bien que je pensais de son prédécesseur : après toute l’adrénaline du premier volume, ce côté « a cent à l’heures », le fait que la suite soit plus calme, plus posée, soit, finalement, bien plus intimiste relève presque du génie ; ainsi, là où les scènes de combats occupaient une bonne partie du premier film et s’avéraient grandioses de par leur démesures, ici, si celles-ci sont toujours aussi excellentes, leur rareté et surtout, leur extrême rapidité, modifient totalement la donne au point de surprendre. Et puis, pour un vieil amoureux des films de Sergio Leone et plus particulièrement de Mon nom est personne et de Le bon, la brute et le truand, comment ne pas apprécier ce formidable hommage à un genre aujourd’hui disparu ? Quant au final, à la fois étonnant et prévisible, ce long face à face entre la Mariée et Bill, avec les révélations qui vont avec et un combat qui se joue en quelques secondes, comment, après toute cette débauche d’hémoglobine versée, de membres découpés, arrachés, tous ses morts, ne pas apprécier ces longues minutes de calme, intimiste, tellement troublantes et où l’on croirait presque assister à une soirée de n’importe quelle famille ordinaire ? Dernier coup de génie de Tarantino, ce final clôt (pour le moment du moins puisque, à en croire Tarantino en personne, il se pourrait qu’une suite voit le jour dans les années à venir, affaire à suivre donc) magnifiquement, non pas uniquement de second film, mais une œuvre, en deux parties donc, mais tout bonnement magistrale, une œuvre décriée par certains pour son extrême violence et son scénario qui tient, il faut l’avouer, sur un timbre-poste, une œuvre culte pour d’autres, une œuvre que, comme tant d’autres, je n’aurais découvert que sur le tard, mais une œuvre qui, selon moi et avec le recul nécessaire, est probablement l’une des plus importantes de la décennie écoulée, tous genres confondus. Oui, Kill Bill est peut être un film de fan pour les fans, mais c’est aussi, ne l’oublions pas, un putain de chef d’œuvre comme on n’on voit pas suffisamment selon moi. 


Points Positifs :
- Probablement l’œuvre la plus abouti de Tarantino et, accessoirement, celle où le crédo « un film de fan pour les fans » sonne le plus juste tant Kill Bill fourmille de multiples hommages a tout un tas de longs métrages et a un certain cinéma aujourd’hui un peu tombé en désuétude – dans ce second volet, principalement, le western spaghetti.
- Le contre-pied parfait du premier volet puisque, autant celui-ci se déroulait a cent a l’heure, ici, tout est plus calme, plus posé, on s’attarde davantage sur les dialogues, les relations entre les personnages tandis que les scènes d’actions, elles, se règlent en quelques secondes. Ce changement radical étonne, certes, mais n’en reste pas moins parfait !
- Accessoirement, ce changement de ton fait que je trouve ce second volet supérieur au premier.
- Une fois de plus, comment ne pas mettre en avant le casting et, bien entendu, Uma Thurman, au sommet de son art ; n’oublions pas non plus David Carradine, égal à lui-même.
- Encore une fois, nous avons là un film qui ravira les amateurs des genres abordés – le Western Spaghetti, les films d’arts martiaux – qui seront en terrain familier.
- Tarantino va tellement loin dans ses exagérations que cela passe parfaitement : exemple, le maitre d’arts martiaux, tellement stéréotypé qu’il en devient génial !
- Comme a chaque fois avec Tarantino, une bande son excellente.

Points Négatifs :
- Comme je le disais pour le premier volet de Kill Bill, nous avons là une œuvre qu’on adore ou qu’on déteste, il ne peut pas y avoir de demi-mesure avec ce film. Bien sur, tout cela est une affaire de gouts personnels, mais bon, reconnaissons qu’il est normal que certains n’adhèrent pas…
- Une fois de plus, je pense qu’il faut posséder une certaine culture cinématographique pour apprécier à sa juste valeur une telle œuvre, ne serais-ce que pour toutes ses références…

Ma note : 9,5/10
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