dimanche 29 avril 2012

ROSEMARY'S BABY



ROSEMARY'S BABY

Rosemary Woodhouse est une jeune maîtresse de maison, épouse d'un acteur de théâtre, Guy Woodhouse. Le couple s'installe dans un appartement de la célèbre maison Bramford, un vieux bâtiment de Manhattan assez inquiétant du fait de la réputation sinistre de certains résidents d'autrefois. Rosemary est une femme jeune et heureuse, qui se consacre totalement à sa maison et à son mari dont elle souhaiterait vivement avoir un bébé. Guy, de son côté, voudrait devenir une star. À la suite de circonstances bizarres, les Woodhouse nouent une amitié avec Roman et Minnie Castevet, un ménage d'âge avancé, qui vit au même étage et qui se transforme en « parents » de substitution à l'égard du jeune couple. Bientôt, Guy accède au désir de Rosemary d'avoir l'enfant qu'elle souhaite tant et ils envisagent la date idéale pour que Rosemary soit enceinte. Cette nuit-là, Rosemary a des hallucinations et des cauchemars, au cours desquels elle a l'impression d'être violée par le diable en personne. Quand elle se réveille, Guy s'excuse d'avoir fait l'amour avec elle pendant qu'elle était inconsciente. Elle découvre qu'elle est enceinte.

En quatre années et quelques d’existence de ce blog, je ne vous avais parlé du moindre film réalisé par Roman Polanski, pourtant, le nom de celui-ci ne fut pas absent du Journal de Feanor puisque, lors des derniers mois de l’année 2009, suite à son arrestation en Suisse, j’avais publié deux billets sur ce que je pensais de tout cela : Au sujet de l'affaire Polanski et Ah, quand on s’appelle Roman Polanski. Je l’avoue, à l’époque, j’avais été particulièrement dur envers le cinéaste, mais mes propos d’alors, et même si cela doit en choquer plus d’un, je dois admettre que je ne les regrette nullement ; en effet, sur cette affaire qui poursuit le réalisateur d’origine polonaise depuis trois décennies, j’ai mon opinion, et, vous le devinez, celle-ci ne lui est pas favorable – d’ailleurs, je ne fais pas partie de ceux qui disent que l’on devrait tout pardonner à quelqu’un sous prétexte que celui-ci est un génie. Cependant, si je remets sur le tapis cette part d’ombre du cinéaste, c’est pour faire la distinction, justement, entre ce que je pense d’une personne en tant que telle, et son œuvre. Car oui, même si je ne porte guère Roman Polanski dans mon cœur, je reconnais son problème que celui-ci, en tant que réalisateur, est excellent. Quant à ses œuvres, je dois avouer que j’apprécie grandement certaines d’entre elles.


Et justement, il y a quelques jours, ma chaine préférée, ARTE, proposait une rediffusion de ce qui est probablement la plus belle réussite du sieur Polanski, ce Rosemary’s Baby depuis longtemps entré dans la légende du cinéma d’horreur. Pour la petite histoire, comme cela faisait belle lurette que je n’avais pas eu l’occasion de revoir cette petite merveille, ce fut avec un plaisir non dissimulé – et malgré le fait que je venais de passer la nuit à la mairie, suite aux élections – que je me suis confortablement installé devant mon petit écran afin de revoir cette œuvre que je savais aimer, mais que, le temps passant, j’avais un peu oublier ce qui s’y passait ; car, de mémoire, la dernière fois que j’avais eu l’occasion de voir Rosemary’s Baby, je pense que j’étais encore au collège, bref, ça faisait un sacré bail ! Bien évidemment, je n’avais pas oublié le synopsis du film – une femme, Mia Farrow, tout bonnement sublime, qui tombe enceinte du Diable, ni plus ni moins – mais si les grandes lignes m’étaient connues, pour le reste, ce fut comme une redécouverte.

Indéniablement, je ne pense pas que les jeunes générations puissent apprécier à sa juste valeur un film comme Rosemary’s Baby : non pas que je veuille dire par là que les plus jeunes d’entre nous soient idiots, mais que, habitués qu’ils sont aux films d’horreurs modernes, s’ils ne possèdent pas une certaine culture cinématographique ainsi que l’habitude de regarder de vieux films – avec d’autres codes cinématographiques, par exemple – nul doute qu’ils ne pourront que trouver celui-ci franchement ennuyeux, voir même, ringard. Car si Rosemary’s Baby est considéré depuis sa sortie comme étant l’un des plus grands films d’horreurs de tous les temps, il faut savoir remettre un peu les choses dans leurs contextes : lors de sa sortie, et préfigurant d’autres chef d’œuvres comme, pour ne citer que le plus connu, l’Exorciste, l’œuvre de Roman Polanski brisait littéralement les cadenas du genre puisqu’ici, tout est suggéré, subtil ; exit les vieux manoirs brumeux, les vampires et autres loups garous, place à la réflexion, au doute – après tout, Mia Farrow est-elle véritablement enceinte du démon ou bien, tout cela n’est-il que les délires mentaux d’une femme qui vit visiblement une grossesse plus que difficile ? – à l’introspection et à la paranoïa. Mais ce qui fait aussi la différence avec les codes des anciens films de la Hammer, c’est que l’intrigue de ce Rosemary’s Baby se déroule dans un cadre familier : grande ville, New-York, appartement a priori banal, des voisins, certes excentriques mais bon, cela arrive, télévision, voitures, téléphone ; bref, tous les éléments nous poussant à l’identification avec les protagonistes sont présents et, justement, c’est cette normalité qui est dérangeante. En effet, lorsque l’on regarde un film sur Dracula, on sait tout de suite que tout cela n’est qu’un divertissement, dans Rosemary’s Baby, c’est beaucoup plus insidieux et plus les minutes s’écoulent, plus Mia Farrow, au début tellement ingénue qu’elle en est presque énervante, se rend compte que rien ne cloche dans son entourage et plus la tension éprouvée par le spectateur est à son comble. Et ce, jusqu’à la scène finale, terrible non pas pour ce que l’on voit – car non, on ne voit rien de spécial en soit, et surtout pas le fameux bébé – mais surtout pour ce qu’on ne voit pas ; la réaction finale de la mère étant, de mon point de vu, la petite cerise sur le gâteau finale d’une œuvre décidément grandiose.


Bien évidemment, depuis, on pourra me dire qu’on a fait aussi bien voir mieux, cependant, il fallait un début à ce genre – l’horreur psychologique -  et cette première, ce film qui a tout bouleverser, c’est Rosemary’s Baby. Tant de par son synopsis, le cadrage des scènes, la façon de filmer le quotidien pour mieux pointer du doigt la non normalité de ce qui va arriver, la bande originale, tout bonnement parfaite ainsi que pour ses acteurs principaux, Mia Farrow, bien sûr, mais aussi John Cassavetes, trop souvent mésestimer dans ce film et qui pourtant, dans ce rôle de mari complice accompli là une excellente performance, Rosemary’s Baby est un grand film ; un film qui mérite largement tous les qualificatifs positifs qui on put être dits à son sujet depuis une quarantaine d’années et qui rappelle, une fois de plus que, quoi que l’on pense de Roman Polanski, celui-ci est tout de même un grand réalisateur. 

GOD OF WAR



GOD OF WAR

Poséidon, Dieu des Océans, a chargé Kratos de tuer l'Hydre de Lerne qui ravage les navires de la flotte grecque sur la mer Égée. Après s'être acquitté de cette tâche, Kratos appelle la déesse Athéna. Depuis dix ans qu'il est au service des dieux, il souhaite enfin obtenir la récompense qu'il désire plus que tout : l'oubli des horreurs qu'il a commises par le passé. Avant d'accéder à sa requête, Athéna lui demande d'intervenir en sa faveur. En effet son frère Arès a attaqué sa ville, Athènes, avec son armée de monstres tout droit sortis des Enfers. Mais comme Zeus a interdit tout conflit entre Dieux, elle ne peut intervenir directement. Athéna est formelle : seul un mortel entraîné par un Dieu aura une chance de vaincre un autre Dieu. Elle s'engage par ailleurs à ce que les Dieux de l'Olympe pardonnent à Kratos ses actes passés en cas de succès. Arrivé à Athènes, Kratos se fraye un chemin entre cyclopes, morts-vivants et gorgones, et rencontre en chemin un étrange fossoyeur qui creuse une tombe au beau milieu du champ de bataille. Il arrive finalement au Temple de la ville où l'Oracle lui révèle que le seul moyen de vaincre un Dieu pour un mortel est d'entrer en possession de la boîte de Pandore, enfermée au fond du Temple de Pandore, que le Titan Cronos est condamné à porter sur son dos dans les tourbillons de sable du Désert des âmes perdues.

Il y a de cela un peu plus d’un mois, alors que j’achevais mes avant derniers congés (et oui, ça se passe comme ça par ici), je vous proposais sur ce blog la critique du deuxième volet de l’une des sagas les plus réussies de ces dernières années dans le domaine des jeux vidéo, je veux bien évidement parler de God of War ; Divine Retribution, car tel était son nom, m’avait alors tout bonnement époustouflé, que ce soit de par son univers mythologique réussi, son synopsis accrocheur, son personnage principal, le désormais célèbre Kratos, grand bourrin devant l’éternel, violent, sans morale et sans scrupules et, à ma grande surprise, bien plus charismatique que ce que je pensais à son sujet, mais aussi, ce jeu m’avait plu de par ses combats d’une violence extrême, ses adversaires inoubliables, ses décors grandioses ainsi que des décors, variés et réussis, qui faisaient de ce deuxième volume de God of War tout bonnement le summum du genre ; je veux bien entendu parler du  beat them all qui avait déjà connu ses lettres de noblesse avec des titres aussi bons que Devil May Cry ou Soul Reaver. Mais ce que God of War II m’avait apporté, principalement, c’était un sentiment que je ne ressentais plus depuis une éternité : la satisfaction d’être devant un grand, un très grand jeu. Et ce genre de plaisirs vidéoludiques – qui déplait tant à certains – et dont j’étais coutumier autrefois, sincèrement, quel plaisir de le ressentir a nouveau !


Mais comme je le signalais à la fin de la critique de God of War II, j’avais tellement été emballé par les aventures de Kratos qu’en finissant le jeu – dans un superbe cliffhanger rarement vu dans le genre ; seul Soul Reaver, premier du nom, faisait aussi fort, voir, de mémoire, beaucoup plus – que je n’avais alors qu’une seule et unique envie : me procurer le premier titre de la série, celui par qui tout avait commencé, chose que je fis, et ce, assez rapidement puisque, quelques jours plus tard à peine, le premier volume de God of War était logé dans ma PS2 ! Et une fois de plus, c’était parti pour une virée mythologique en compagnie de Kratos, prêt à en découdre face à des centaures, des minotaures, des cyclopes mais aussi, carrément des dieux !

La problématique, dans un cas comme celui-là, c’est que, lorsque l’on joue au deuxième tome d’une série avant de passer au premier, on sait déjà plus ou moins tout ce qui se passe dans le titre précédant, et bien évidement, les grandes lignes scénaristiques de God of War, premier du nom, m’étaient connues. Ainsi, la vengeance de Kratos, sa lutte contre Arès, le dieu de la guerre et certaines scènes (entraperçues dans le deuxième volet) m’étaient connues, ce qui, accessoirement, et bien heureusement, ne gâcha nullement le plaisir du jeu, et ce, même si l’effet de surprise, bien évidemment, n’était plus vraiment là. De même, puisque je parle d’effet de surprise, forcément, tant l’univers que les protagonistes ne m’étaient plus inconnus, et, bien entendu, pour ce qui est du style de jeu en lui-même, les combats et les adversaires proposés, j’étais tout de suite en terrain connu, ce qui eut, bien sur l’avantage non négligeable que je n’eut aucune difficulté a me lancer dans l’aventure. Car forcément, la seule différence, ou presque, entre les deux titres, c’était de pouvoir prolonger le plaisir de jouer Kratos dans deux aventures différentes, et sur ce point, force est de constater que je n’ai pas été déçu : certes, le synopsis est loin d’être original – bah, ce n’est qu’une histoire de vengeance après tout – et comme l’effet de surprise n’était plus présent, j’aurais pu éprouver une légère déception avec ce premier God of War, or, il n’en fut rien et, sincèrement, dès le premier épisode, les petits gars de chez Sony basés à Santa Monica, aux Etats Unis, avaient tout compris… ou presque.


Car si, indéniablement, God of War, premier du nom, est un superbe beat them all, probablement le meilleur du genre (pour ce qui est de la série, j’entends bien), quelque part, j’aurais préféré faire celui-ci avant de me lancer dans sa suite. Car en effet, aussi bon soit-il, malgré des passages époustouflants, des combats inoubliables et des idées déjà fortement en place, il faut bien avouer que God of War II lui est largement supérieur : déjà, pour ce qui est des graphismes, il n’y a pas photo et d’ailleurs, la différence de qualité (et pourtant, ceux du premier volet sont plus que corrects mais avouons qu’ils ne tiennent pas la comparaison face à ceux de sa suite) est telle qu’il m’aura fallu un moment pour m’y faire. Ensuite, God of War II, c’est le premier mais en largement mieux : plus long, plus complet, plus beau, plus spectaculaire, plus de boss (seulement trois, dont Arès, une misère), plus de décors variés, plus d’énigmes, d’adversaires, d’événements marquants, ce qui démontre simplement que si les développeurs du premier God of War avaient fait un grand coup avec celui-ci, ils l’ont tout simplement sublimer avec le deuxième titre.


Cependant, cette constatation n’enlève rien au fait que le premier God of War n’en reste pas moins un excellent, un très grand jeu qui ne possède quasiment aucune faiblesse, en dehors du fait qu’il soit un peu trop court à mon gout, ainsi que pour ce qui est des boss, en trop petit nombre. Mais pour le reste, il n’y a vraiment rien à redire, c’est du tout bon que je ne peux que vous conseiller vivement si jamais vous n’avez jamais jouer a aucune des aventures de Kratos. Après, que sa suite soit supérieure, c’est un fait incontestable, mais cela n’enlève rien aux qualités propres de son prédécesseur. Mais bon, désormais, pour ce qui est de Kratos et de sa lutte contre les dieux de l’Olympe, il va falloir que j’en reste là pour un certain temps : comme vous le savez, God of War III existe bel et bien, mais sur PS3, et comme je ne possède malheureusement pas cette console… quoi que, si les finances le permettent, et elles devraient le permettre, cet été, il se pourrait fort bien que je me fasse un gros cadeau… et vous vous doutez bien que si je m’achète une PS3, mon premier jeu sera God of War III !

jeudi 26 avril 2012

LES CANTOS D’HYPÉRION : ENDYMION



LES CANTOS D’HYPÉRION : ENDYMION

« Vous êtes en train de lire ceci pour de mauvaises raisons. Si vous lisez ces lignes pour savoir quel effet cela fait de faire l'amour avec une messie - notre messie -, vous auriez tort de continuer, car vous n'êtes rien de plus qu'un voyeur. Si vous les lisez parce que vous êtes un fan des Cantos du vieux poète et que la curiosité vous dévore de savoir ce qui s'est passé ensuite dans la vie des pèlerins d'Hypérion, vous risquez fort d'être déçu. J'ignore ce qui est arrivé à la plupart d'entre eux. Ils ont vécu et sont morts environ trois siècles avant ma naissance... » La chute du Retz est déjà de l'histoire ancienne. Trois siècles se sont déjà écoulés depuis. L'Eglise s'échine à maintenir un semblant de stabilité, alors que la guerre contre les Extros fait rage. Les soldats de l'église attendent un événement prévu depuis maintenant des centaines d'années: la venue d’Enée, la fille de Brawne Lamia, doit sortir des tombeaux du temps. Et Enée est une menace pour la Pax, le groupuscule armé de l'Eglise, et elle le sait: trente mille soldats attendent la petite enfant à sa sortie. Il en sera ainsi: Raul Endymion sera la dernière chance de la petite Enée, son seul espoir de survie. Il l'accompagnera dans sa fuite à travers les portes distrans...

Après avoir abordé, lors de ces dernières semaines, les deux ouvrages de Dan Simmons qui composent Les Cantos d’Hypérion, je veux bien évidement parlé d’Hypérion et de La chute d’Hypérion, il est temps désormais de nous tourner vers la suite de ce qui est considéré comme l’une des plus grandes œuvres de Science-Fiction du vingtième siècle, Les voyages d’Endymion, lui aussi composé de deux titres, Endymion (ouvrage qui nous préoccupe aujourd’hui) et L’éveil d’Endymion. Bien évidemment, et avant de voir ce que vaut cette fameuse suite, comment ne pas s’attarder sur la problématique de, lorsque l’on tient un chef d’œuvre, devoir lui donner ou non une suite ? Car, il y a de cela deux décennies, voilà le problème où se trouvait Simmons : fort de son succès colossal acquis avec les Cantos, il apparaissait comme risquer de se hasarder a décevoir les fans en proposant une suite à un récit qui, en toute franchise, pouvait se suffire a lui-même – en effet, la fin de La chute d’Hypérion est une véritable fin en soi et on pouvait parfaitement en rester là. Surtout qu’il est de bonne guerre que, lorsqu’une œuvre remporte un grand succès, une suite éventuelle à tendance à être bouder par le public, forcément très critique que l’on revienne sur ce qu’il considère comme son propre chef d’œuvre intouchable. Et puis, quelque part, écrire une suite aux Cantos, c’était un peu comme si Tolkien, une fois Le Seigneur des anneaux achevé, lui aurait donné un « petit frère » quelques temps plus tard ; vous imaginez ce qu’auraient dit les fans ? Certains tiqueront probablement avec cette comparaison – on ne touche pas au dieu Tolkien – mais personnellement, celle-ci ne me choques pas outre mesure et puis, quelque part, cela permet de remettre un peu les choses dans leurs contextes, car, vous l’imaginez fort bien, la sortie d’Endymion, quelques années à peine après son prédécesseur, ne fit pas que des heureux.

Pourtant, avec du recul, il apparait depuis longtemps que Les Cantos d’Hypérion ne se limitent pas uniquement aux deux premiers romans et que l’œuvre, désormais, est indissociable de cette fameuse suite, de ces pérégrinations de ce formidable anti-héros (mais pas forcément dans le sens que vous imaginez, mais je reviendrais dessus) qu’est Raul Endymion, et de cette messie à la fois attendue et redoutée, la fille de Brawne Lamia, Énée. Pourtant, la cassure, ici, est belle et bien nette puisque, si l’univers reste le même, si certains protagonistes sont encore présents – comme Martin Silenus, l’androïde Bettik qui faisait une très courte apparition dans Hypérion, mais aussi le père Hoyt, devenu Pape, ainsi que, bien entendu, le Gritche – et si, très rapidement, le lecteur s’apercevra que certaines menaces que l’on croyait écartées sont encore présentes, avec ce nouveau tome de la saga, Dan Simmons va encore plus loin et change un peu la donne : en utilisant les mêmes ficelles que précédemment puisque, une fois de plus, c’est vers les œuvres du poète John Keats qu’il faut se tourner (lui aussi écrivit en son temps un Endymion) et en rendant une fois de plus un superbe hommage à la Science-Fiction dont il réussit une nouvelle fois a sublimer le genre, l’auteur réussit le pari – franchement pas gagner au départ – de, non seulement, réussir sa suite, mais qui plus est, la rendre indispensable… ou presque. Car si les Cantos peuvent se suffire à eux-mêmes, il serait dommageable pour le lecteur de ne pas découvrir quel fut le destin de l’ex-Hégémonie, quel pouvoir pris sa place, créant de fait un nouvel empire galactique, qu’advint-il du Technocentre, du Gritche, des pèlerins mais aussi, et surtout, de passer à côté de ce qui restera probablement comme l’un des plus réussis couples de la SF, je veux bien évidement parler de Raul Endymion et Énée.

Car si le coté messianique de cette dernière, dans cet ouvrage, ne transparait pas encore de par son très jeune âge, il en est tout autrement de cet impayable Endymion, anti-héros, comme je vous l’avais dit, décidément pas comme les autres. Car, en utilisant cette dénomination si souvent utiliser à tort et à raison, suivant les cas, je ne veux pas entendre par là que le protagoniste principal de cette suite des Cantos est un quelconque loup solitaire, bourru, qui agit aux frontières du bien et du mal mais qui n’en a pas moins un grand cœur ; non, Raul Endymion, à part le fait qu’il se refuse à porter le cruciforme (et oui, celui-ci est présent deux cent ans après la chute), n’a rien d’un rebelle, bien au contraire, et surtout, rien d’un héros, mais alors là, rien du tout ; et justement, c’est cela qui le rend si spécial. Oui, Raul, c’est vous, c’est nous, c’est un mec banal, pas forcément plus sportif, résistant, courageux ou héroïque que la moyenne et qui se retrouve, contre son gré, embarquer dans l’une des plus extraordinaires et improbables quêtes qu’il m’ait été donné de lire dans une œuvre du genre (je n’en dis pas plus pour ceux qui ne connaitraient pas l’intrigue), et justement, le fait que ce soit un homme banal, qui va en baver, qui va commettre des erreurs et qui va sacrément dérouiller au fil des pages le rend tellement plus humain et attachant que bon nombre de soit disant « héros » auquel on est habitués dans d’autres œuvres que l’on ne peut que s’en réjouir. Et si, quelque part, c’était déjà un peu le cas dans les Cantos avec les pèlerins du Gritche (franchement, à part le Colonel Kassad, on ne peut pas dire que les autres brillaient vraiment de part d’éventuelles qualités héroïques, du moins, dans le sens habituel du terme), Simmons, ici, va encore plus loin dans son idée surtout que, comme ici, le récit est écrit à la première personne, l’identification avec le narrateur – Raul Endymion donc – est encore plus forte ce qui renforce sans nul doute l’immersion dans l’intrigue.


Une intrigue, justement, fascinante, et pourtant, j’en conviens, il ne se passe pas grand-chose de franchement exceptionnel en soit puisque, quasiment tout au long du récit, nos héros se contentent de fuir leurs poursuivants sur un… radeau ! Mais le contexte, l’univers, les protagonistes, tous d’une richesse incroyable, font que cela fonctionne de la plus superbe des façons et, sans trop en dévoiler afin de ne pas gâcher le plaisir de la découverte a ceux qui souhaiteraient découvrir cette œuvre, dans un monde où, désormais et par le biais du cruciforme, l’Eglise, autrefois moribonde, domine littéralement les anciennes planètes de l’Hégémonie, imposant sa loi, dans un monde où, désormais, les humains ont acquis une semi-immortalité, un danger menace, et ce danger, c’est Énée ; du moins, pour l’Eglise. Pour quelle raison, quels sont les enjeux, les forces en présence, cela, je vous le laisse découvrir par vous-même, mais sincèrement, j’ai été conquis à la fois par le récit – et oui, un voyage en radeau peut être passionnant au possible – l’univers, les nouveaux protagonistes – dont mon préféré, le Père Capitaine De Soya, soldat de la Pax, force armée du Vatican – les nombreux sous-entendus, révélations et coup de théâtre qui jalonnent l’intrigue ainsi que, bien évidemment, le coté religieux omniprésent tout au long des six cent et quelques pages qui composent Endymion. Et si, aux yeux de certains, cette suite est inférieur aux Cantos et était dispensable, personnellement, je la trouve certes différente, mais tout bonnement aussi bonne et indispensable !

LES REINES DE SANG - ALIÉNOR LA LÉGENDE NOIRE



LES REINES DE SANG - ALIÉNOR LA LÉGENDE NOIRE

1137. Aliénor, duchesse d'Aquitaine, âgée d'une quinzaine d'années, devient reine de France. Humiliée en public par sa belle-mère, traitée comme une enfant par le conseiller du roi, tenue à l'écart des affaires du royaume, la jeune femme fait le serment de prendre la place qui lui revient. Femme politique, intrigante, amoureuse perfide ou sublime, elle décidera du cours de l'Histoire.


Ce n’est pas la première fois que je le signale sur ce blog, et, j’en suis persuader, encore moins la dernière, mais j’éprouve, et cela, depuis ma plus tendre enfance, une grande passion pour l’Histoire. De quoi cet amour immodéré pour notre passé est-il venu ? Franchement, c’est un peu difficile à dire, surtout que, aussi loin que je me souvienne, celle-ci m’a toujours passionné ; films vus enfant, dessins animés, bande dessinées, reportages ? Petit à petit, au fil des ans, ma passion grandissait et, alors que j’approche petit à petit de la fatidique et symbolique barrière des quarante ans (enfin, j’ai encore deux ans avant de voir venir), mon gout pour la chose historique ne s’est pas encore démenti, bien au contraire, puisque, plus le temps passe et plus j’ai l’impression que l’Histoire m’intéresse de plus en plus au point que je ne me lasse jamais – parfois au grand dam de mes proches – de tout ce qui pourrait me permettre d’apprendre de nouvelles choses sur telle période historique que je connais peu ou prou. Ainsi, vous imaginez ce que je peux ressentir devant n’importe qu’elle œuvre – cinéma, bande dessinée, roman – qui a, de prêt ou de loin, un quelconque lien avec l’Histoire ; car si, et je ne m’en cache pas, la SF et la Fantasy me permettent de rêver, les œuvres historiques, en plus de me faire passer un bon moment, elles, me permettent de parfaire mon savoir. Et cela, à mes yeux, n’a pas de prix.


Du coup, telle ne fut pas ma surprise – et, bien évidemment, l’éveil de ma curiosité – en découvrant la toute dernière série en date de chez Delcourt – éditeur que j’aime bien, comme on a pu le voir à de multiples reprises sur ce blog, mais qui, ces derniers temps, et en dehors de ses séries phares que je suis depuis longtemps, était un peu en dessous de la concurrence pour ce qui est des nouveautés – allait traiter de l’histoire des reines de France. Pas toutes, certes, mais de certaines suffisamment marquantes, mais néanmoins obscures – du moins, pour le grand public et les non-initiés – ce qui, fort heureusement, nous évitera de nous taper pour la énième fois une biographie soporifique sur Marie Antoinette – ceux qui, comme moi, ne peuvent plus la voir sans éprouver de fortes nausées me comprendront aisément. Et justement, ce parti pris éditorial, ce choix de s’attarder sur des reines moins connues de nos jours fut sans nul doute l’élément déclencheur, le petit plus indéniable qui me décida, depuis quelques temps, à me procurer ce tout premier tome de ces Reines de sang – le titre, certes accrocheur, est tout un programme – chose que je fis, alors que je me trouvais à Bergerac la semaine passée ; mais bon, ce détail, franchement, n’intéressera pas grand monde.

L’année passée, j’avais déjà côtoyé la grande Aliénor d’Aquitaine dans une autre œuvre, l’excellent Roi d’août qui m’avait laissé une très bonne impression, et que, accessoirement, je recommande à tout amateur d’histoire et de fantastique qui se respecte. Cependant, dans ce roman de Michel Pagel, celle-ci n’avait qu’un rôle pour le moins minime puisque son nom était plus cité que ses propres apparitions et que sa progéniture avait plus d’importance qu’elle-même, qui, dans le roman, était plus en arrière-plan. Ici, dans ce premier tome du tryptique qui lui est consacré et intitulé La légende noire, son rôle est bien évidement de tout premier plan, comme il fallait s’y attendre – le contraire aurait été stupéfiant, quoi que, parfois, plus rien ne m’étonnes – et ce fut donc avec un certain intérêt et une volonté d’en apprendre davantage au sujet de cette fameuse Aliénor d’Aquitaine que je me lançais dans la lecture de cet album. Et, arrivé à ce point de mes propos, il me aborder l’un des sujets principaux d’une critique d’une œuvre dite historique : je sais ce que certains vont penser (d’ailleurs, une fois, on m’en fit le reproche alors qu’en plus, l’œuvre ne le justifiait même pas puisqu’il s’agissait d’une Uchronie mais bref, c’est le passé), que ce n’est pas en lisant une bande dessinée (ou en regardant un film ou en lisant un roman) que l’on va apprendre l’Histoire, la vraie, celle qui s’écrit avec un H majuscule ; quelque part, je suis parfaitement d’accord avec cela, cependant, ici, et malgré le fait qu’il ne faille pas prendre l’intégralité du scénario, des dialogues, des situations et des pensées des protagonistes au pied de la lettre (bien évidement), je trouve que, dans l’ensemble, les auteurs ne se sont pas moqués de nous et que, dans l’ensemble, l’intrigue – utilisant habilement des figures historiques et des faits réels – reste assez plausible, ce qui, j’en conviens, n’est pas toujours le cas. Bien évidemment, la lecture de ce premier tome d’Aliénor ne permettra pas à certains de faire une dissertation sur cette ancienne reine de France, mais bon, cela peut aider, du moins, comme point de départ – ensuite, bien entendu, il suffit d’approfondir la chose par avec du matériel, comment dire, plus sérieux. Mais en tout cas, sur ce point, louons le travail scénaristique du duo Arnaud Delalande et Simona Mogavino, qui, tout en romançant la réalité, en reste suffisamment proche pour garder de la crédibilité mais qui ne renonce jamais à rendre l’intrigue captivante.


Car c’est là aussi l’une des grandes forces de ce premier tome de cette série consacré à Aliénor d’Aquitaine : son intérêt. Sincèrement, il est toujours agréable d’apprendre, de se cultiver en s’amusant, et sur ce point, je ne peux que constater qu’ici, le contrat est parfaitement rempli ; en effet, loin des habituels semi-BD sensées nous apprendre l’histoire de France et qui, franchement, n’ont de scénario que de nom, ici, le lecteur est immédiatement plongé au cœur d’un scénario captivant et ce, par le biais d’une intrigue accrocheuse, de personnages bien plus intéressants qu’on ne pourrait l’imaginer – Aliénor, bien sûr, mais comment ne pas souligner ce pauvre Louis VII, complétement soumis à la beauté et au charisme de son épouse, voir même, le conseiller, Suger, que j’ai découvert dans ces pages – mais aussi, par la qualité des dessins : je ne connaissais pas Carlos Gomez (dont le nom me fait davantage penser à celui d’un camarade de classe qu’à celui d’un dessinateur), apparemment fort connu de l’autre côté des Alpes, en Italie, mais sincèrement, quel beau coup de crayon qui retranscrit à merveille toute la crasse, le luxe, la misère et la violence du Moyen-âge, ce qui fait pour beaucoup pour la qualité finale de ce premier tome.


Indéniablement, Aliénor, la légende noire ouvre superbement bien cette toute nouvelle série de chez Delcourt intitulé Les reines de sang ; d’autres titres et d’autres reines seront, dans les mois à venir, a l’honneur, (et ce, avec d’autre auteurs) comme Isabelle la Louve de France et Frédégonde la reine sanguinaire, mais en attendant celles-ci, force est de constater que pour une première, Aliénor est une parfaite réussite, ce qui, bien évidemment, ne pourra que ravir les amateurs d’œuvres historiques, bien entendu, mais aussi tous les amateurs de bande dessinée qui souhaiteraient passer un bon moment sans que, pour une fois, aucune oreille pointue d’un Elfe, aucun complot du Vatican ni aucun OVNI ne pointe le bout de son nez, ce qui, franchement, n’est pas plus mal de temps en temps. En tout cas, vivement la suite des aventures de cette Aliénor décidément bien plus redoutable que ce que sa belle-mère et Suger escomptaient au départ ; et quand on est un habitué de l’Histoire et que l’on connait ce qui arrivera par la suite, cela laisse présager du meilleur…

HAUTEVILLE HOUSE : FORT CHAVAGNAC



HAUTEVILLE HOUSE : FORT CHAVAGNAC

Après avoir exploré les fonds marins de Nouvelle-Calédonie et repéré une présence inconnue dans les eaux de Vanikoro, les différents équipages naviguent vers Cherbourg. Le navire de guerre sudiste, L'Alabama, atteindra les côtes de la Manche dans quelques heures. À ses trousses : le sous-marin nordiste Le Kearsarge. Enfin, Le Charlemagne, bâtiment de l'Empire français... La bataille est imminente.


Cela fait désormais un bon nombre d’années que j’ai découvert cette sympathique série qu’est Hauteville House ; œuvre de Fred Duval au scénario et de Thierry Gioux aux dessins, cette bande dessinée, dont le premier tome, Zelda, est paru en février 2004 (mine de rien, ca fait un bail tout de même), a sut, au gré des années et des albums parus, être un honorable, que dis-je, un bon représentant du genre Steampunk, mélangeant habilement Les Mystères de l’Ouest, dont on sent l’inspiration, le second Empire (qui, décidément, inspire bien des auteurs français du genre, il suffit de se souvenir d’œuvres comme La Lune seul le sait, déjà chroniqués sur ce même blog), présenté ici – de même que les sudistes – comme les « méchants » de l’intrigue, a un exotisme qui fleure parfois allègrement avec la science-fiction pure et dure puisque, entre artefacts venus d’autres mondes, contact avec des intelligences venus d’ailleurs et même, quelques heures Lovecraftiens par moments, l’amateurs du genre – des genres – ne pourra qu’être ravis du matériau final. Pourtant, et je ne peux le cacher, au gré des sept albums parus avant ce Fort Chavagnac, tout ne fut pas toujours tout rose avec cette série, et il m’arriva, quelques fois, d’éprouver une certaine déception vis-à-vis de certains albums des deux cycles existants. Cependant, dans l’ensemble, mon opinion sur cette série n’en est pas moins positive et ce fut donc avec un certain plaisir que je me suis procurer ce huitième tome, attendu, de Hauteville House.


Et force est de constater que si, justement, les premiers tomes de ce second cycle, débuté en mars 2009 avec USS Kearsarge, m’emballaient moins que le précédant, qui lui, reste inégaler jusqu'à présent, au point qu’il me soit arriver d’écrire une ou deux critiques assez dures, ce huitième tome, Fort Chavagnac, dans la lignée du septième, rehausse petit a petit le niveau global de la série. Certes, les amateurs de celle-ci pourront toujours trouver a redire sur la qualité intrinsèque de l’ensemble, cependant, et malgré quelques critiques assez négatives que j’ai put trouver sur la toile, j’ai envie de défendre ce dernier tome en date de Hauteville House ; non pas parce que celui-ci est exceptionnel en soit, non pas parce qu’il marquera l’histoire – loin de la – mais surtout en raison du fait que, avec ses qualités et ses faiblesses, il est, selon moi, le digne représentant d’une série sans prétention, assez sympathique en soit et qui, plutôt que de nous fatiguer le cerveau avec de grands thèmes métaphysiques, se contente de nous offrir le genre d’aventures que l’on aime, celles avec un A majuscule, comme n’importe quelle œuvre de série B – ca tombe bien d’ailleurs puisque c’est le nom de la collection où elle parait.

Mais alors, qu’ais-je trouver de si rafraichissant – oui, le terme me semble convenir – dans ce huitième tome de Hauteville House ? Et ben, tout d’abord, le plaisir de retrouver des protagonistes, qui, avec le temps, me sont devenus familiers et qui ont, pour la plus part, et malgré le fait qu’ils sont tous un peu trop stéréotypés, un petit je ne sais quoi qui fait qu’ils sont assez attachants. De même, retrouver cet univers et une intrigue que j’accompagne depuis maintenant un petit paquet d’années est un point hautement positif, surtout que celui-ci, et même s’il n’est pas le plus original qu’il m’ait été donné de connaître et que, comme je vous l’ai dit, tout n’est pas parfait, me plait suffisamment pour que j’éprouve a chaque fois le même plaisir des qu’un nouveau tome parait. Et si l’on ajoute à cela que ce Fort Chavagnac est peut-être l’un des plus réussis de mon point de vue de ce second cycle et que, par ce fait, l’intrigue de celui-ci, qui paraissait au départ un peu nébuleuse et ne semblait mener nulle part, commence a devenir captivante, et vous comprendrez mon enthousiasme pour ce huitième « épisode » de Hauteville House. Car force est de constater qu’ici, les auteurs vont encore plus loin que d’habitude et que si certains pouvaient trouver l’univers général de la série un peu… comment dire, exagéré par moments… ici, c’est le pompon (mais pas forcément dans le mauvais sens du terme) : liens entre l’humanité et des extraterrestres (où l’on apprend, justement, pourquoi cet univers est si particulier – le fameux point de divergence propre de toute bonne uchronie qui se respecte), navire hantée (en fait l’équipage est possédé mais chut, inutile de tout dévoiler…) qui flirte avec le célèbre Hollandais volant, grande leçon de morale de la part de nos « frères » venus des étoiles sous un ton écologiste au sujet de notre responsabilité quant au devenir de notre planète, massacre sanguinolent de toute une poignée de curieux a un moment donné, bref, tous les poncifs du genre, ou presque, sont la sans que l’intrigue, pourtant, ne tourne au grand guignolesque – et pourtant, ce n’était pas gagner de réussir un tel numéro d’équilibriste. Ajoutez à cela le fait qu’il y eut bel et bien, lors de la Guerre de Sécession, un combat naval entre… le CSS Alabama et l’USS Kearsarge au large de Cherbourg le 19 juin 1864, ce qui ne pourra que plaire aux amoureux d’Histoire, mais aussi que, du coté des dessins, Thierry Gioux est égal a lui-même, c'est-à-dire, bon (attention néanmoins, son style ne plaira pas forcément a tout le monde) et vous obtiendrez au final un excellent tome, en tous cas, bien plus réussi que ce que le début de ce second cycle le laissait présager.


Bien évidement, je ne peux cacher le fait que tout n’est pas parfait : dans l’ensemble, si l’on passe un bon moment lors de la lecture de ce Fort Chavagnac, on ne peut que regretter certains raccourcis faciles du scénario, quelques liens entre personnages qui semblent changer du tout au tout d’un tome a l’autre et quelques petits ratés : Napoléon III avec un exosquelette, c’est du déjà vu ( voir La Lune seul le sait) quant au message écolo des extraterrestres, il est un peu trop écolo, justement, et, selon moi, tombe un peu a plat. Mais bon, ces quelques détails ne viennent pas ternir l’ensemble et, au final, c’est plutôt un bon cru que ce huitième tome de Hauteville House : avec celui-ci, ce second cycle prend un peu plus d’ampleur et l’on ne peut qu’espérer que la suite soit a la hauteur de nos espérances. 

vendredi 13 avril 2012

DE CAPE ET DE CROCS : DE LA LUNE A LA TERRE



DE CAPE ET DE CROCS : DE LA LUNE A LA TERRE

Deux fiers bretteurs - l'un loup, l'autre renard - découvrent, grâce à une carte cachée dans une bouteille, l'existence du fabuleux trésor des îles Tangerines. De geôles en galères, nos deux gentilshommes s'embarquent pour une incroyable aventure avec pour compagnon le terrible Eusèbe, lapin de son état... De geôles en galères, d'abordages en duels virevoltants, leur quête de gloire et de fortune les a menés jusqu'à la Lune. À présent, il est temps pour messieurs de Maupertuis et Villalobos de regagner la Terre. Mais l'amitié, l'amour et le sens de l'honneur s'opposent parfois... Avant de tirer leur révérence, ils devront affronter d'ultimes et terribles coups de théâtre. Arriveront-ils tous à bon port ?

Plus de deux ans, il aura fallu vingt-huit mois – l’avant dernier tome, Revers de fortune était sorti fin 2009 – a peu de choses prêt, pour connaitre enfin la conclusion de ce qui restera comme l’un des cycles de bande dessinées les plus novateurs et amusants des deux dernières décennies, je veux bien évidement parler de l’œuvre de Alain Ayroles et Jean-Luc Masbou : De Cape et de Crocs. Débuté il y a de cela dix-sept ans déjà (c’est tout de même énorme !), en 1995 (la première fois que j’en ai entendu parler, c’était dans un vieux numéro de Dragon Magazine, c’est pour dire !), avec Le secret du janissaire, De Cape et de Crocs aura su, indéniablement, prendre son temps, mais malgré cela, et malgré les années écoulées, la série aura su fidéliser un public avide d’humour, d’aventures avec un grand A mais aussi, ne l’oublions pas, de connaisseurs : être un amateur de théâtre – Molière pour ne citer que lui – et de films de cape et d’épée est fortement un plus à prendre en compte, ne serais ce que pour pouvoir apprécier pleinement les multiples clins d’œil qui parsèment l’œuvre dans son intégralité – des plus flagrants comme le personnage de Cyrano, par exemple, aux plus obscurs comme certaines tirades, De Cape et de Crocs, plus qu’une simple bande dessinée qui a, pour protagonistes principaux, des animaux, est avant tout un formidable hommage au théâtre, bien entendu, a une période, plus particulièrement le XVIIème siècle, mais aussi, comme je vous l’ai dit, au films de cape et d’épée du genre Le Bossu, Capitaine Fracasse et bien d’autres, popularisés en France par l’inimitable Jean Marais. Mais comme toutes les bonnes choses ont une fin, il est temps, donc, de tirer le rideau avec ce dixième tome de la saga.


Sobrement intitulé De la Lune a la Terre (difficile de faire plus explicite que cela), ce dixième et dernier acte de la saga clôt assez bien toutes les intrigues en court, au point même que, quelque part, il n’y ait pas de grandes surprises pour le lecteur qui, après tant d’années, aurait peut-être espérer obtenir un final un peu plus… comment dire… grandiose. Car avant toute chose, il faut avouer que si ce dernier volume de la série est de bonne facture, force est de constater qu’il est plus dans la lignée des deux, trois derniers albums que du début de la saga : en effet, autant De Cape et de Crocs était particulièrement jouissif dans ses premiers tomes, autant, dans les derniers – est-ce un effet de la dramatisation à outrance des événements – l’humour, moins présent, faisait que l’on pouvait parfois avoir un peu plus de mal à accrocher au récit. Pourtant, en disant cela, il me fait néanmoins nuancer mes propos : en aucun cas, je n’affirme que les derniers tomes de la série sont dénués d’intérêt, non, loin de moi une telle idée, tout cela reste largement supérieur à la moyenne habituelle des sorties BD, tous genres confondus. Mais qu’il y ait une baisse de régime vers la fin est un constat qui, selon moi, se doit de ne pas être occulter. Mais relativisons tout de même, De la Lune a la Terre est une excellente fin, peut-être pas, aux yeux de certains fans hardcores, la meilleure qu’ils pouvaient espérer, mais une bonne conclusion, à la hauteur, en général, de l’ensemble de la série.

Pourtant, de ce que j’ai pu lire, ici et là, force est de constater que cette fin à diviser les fidèles de la saga, bon nombre n’ayant pas apprécié, par exemple, certains événements de ce dernier tome : ainsi, entre la dispute disproportionnée entre les deux protagonistes principaux, le fait que Séléné, finalement, préfère (attention spoiler) notre bon vieux Maitre d’armes à ce pauvre Armand de Maupertuis qui aura passer l’intégralité de la saga a la draguer ouvertement pour rien, voir même, au fait qu’il y ait des morts dans cet album (pourtant, ce ne sont pas les premiers) ainsi que les regards, plus que troublants, d’Hermine envers ce fat d’Andreo – alors qu’elle est promise (du moins, ainsi finis l’histoire) au mariage avec notre fougueux Hidalgo – bref, tout cela aura donner du grain à moudre a une frange des amateurs de la saga. Pourtant, rien de cela ne m’aura franchement gêné a la lecture de cet ultime tome : est-ce par ce que je suis bon public ou pour d’autres raisons plus obscurs, mais personnellement, même si c’est un peu tiré par les cheveux, le fait que Séléné – un peu cruche tout de même – ait offert son cœur au Maitre d’armes ne m’a pas vraiment choqué – sur ce point, le fait qu’ici, ce soit Maupertuis le « Cyrano » de l’histoire est assez marrant. Pour la dispute, là aussi, je ne vois pas où est le problème ? L’amour rend aveugle, certes, mais aussi fort colérique, et bien souvent, les plus grosses disputes commencent par rien du tout. Des morts ? Mendoza meurt, oui, et alors, le grand méchant de l’histoire y passe, franchement, il n’allait pas se rédempteur subitement non plus ; quant au sacrifice du Caillou, j’ai trouvé la scène, certes un peu gnangnan, mais juste dans l’histoire. Reste les deux regards d’Hermine envers Andreo ; là, je l’avoue, je donne ma langue au chat, surtout que, quoi que l’on dise, la série est bel et bien finie. Alors, qu’on voulut dire les auteurs par ces sourires ? Sincèrement, je n’en sais rien.


Et cela importe finalement peu car, au final, De la Lune a la Terre, s’il n’est pas génialissime comme put l’être les premiers tomes de la saga n’en reste pas moins une bonne conclusion, qui possède certes quelques faiblesses, je ne le nie pas, mais qui, quand on pèse le pour et le contre, n’en reste pas moins acceptable comme fin. L’intrigue s’achève, chacun rentre chez soi, il n’y a plus guère de mystères, sauf, bien évidemment, celui relatif a Eusèbe (mais cela, il fallait s’en douter qu’on ne le saurait jamais) et le final, certes ouvert, ne semble pas annoncer un deuxième cycle aux aventures de nos deux bretteurs, mais plutôt, le constat que quoi qu’ils veulent faire – y compris se ranger – l’aventure prendra toujours le pas sur tout le reste. De Cape et de Crocs m’aura donc accompagné pendant bien des années et, quelque part, je dois avouer que Maupertuis et Villalobos, mais aussi tous les autres protagonistes ainsi que cet univers en général, vont me manquer. Mais parfois, il faut savoir s’arrêter quand il faut, et je pense que le moment est idéal pour cela et qu’un second cycle n’apporterait pas grand-chose. En tout cas, un grand merci à Alain Ayroles et Jean-Luc Masbou pour nous avoir offert une œuvre originale, drôle et souvent géniale ; une œuvre qui, sans nul doute, marquera l’histoire de la BD de ces quinze dernières années et que, si jamais vous ne la connaissez pas, je vous invite à découvrir au plus vite : cela serait dommage de passer à côté d’un tel plaisir !

Picsou Magazine a 40 ans !



Aussi incroyable que cela puisse paraitre, Picsou Magazine fête ce mois-ci son quarantième anniversaire ! Bien évidemment, lorsque j’ai appris la nouvelle, il y a de cela quelques semaines, cela ne m’a pas vraiment étonné puisque, tout jeune, j’étais un inconditionnel des aventures du canard le plus riche – et le plus radin – du monde, souvent accompagner de son irascible neveu Donald, et que, le temps ayant passé depuis, et que moi-même, je fêterais en octobre prochain mes trente-huit ans, je me disais qu’au minimum, Picsou Magazine avait mon âge. En fait, deux ans de plus que moi ; une éternité presque, surtout aux yeux des plus jeunes d’entre nous, aujourd’hui, nouveaux fidèles de cette revue qui aura vu se succéder bien des générations de lecteurs et de lectrices.

Picsou Magazine a 40 ans ! Certes, cela ne m’étonnes pas mais tout de même, que de chemin parcouru depuis le début des années 70, que de changements de formules, de politique éditoriale, de styles de BD proposées, de looks différents – certains réussis, d’autres non – mais surtout, de se dire que cette revue est toujours présente au bout de quatre décennies d’existence ! Où sont les Pif Gadget, les Mickey Poche, autres revues pour la jeunesse qui connurent elles aussi leurs heures de gloires et qui sont retournés dans les limbes de l’oubli depuis si longtemps ? Certes, d’autres on subsister, comme le célèbre Journal de Mickey, pour ne citer que lui, mais quoi qu’il en soit, comment ne pas reconnaitre l’importance d’une revue aussi importante dans le paysage de la presse pour enfants (et quelques grands) que Picsou Magazine : que ce soit pour ses débuts, l’âge d’or de la revue, puis les nombreuses publications du maitre Carl Barks ainsi que les histoires de l’inimitable Don Rosa – La Jeunesse de Picsou entre autres – force est de constater que, même si d’un point de vue look, je n’ai jamais été trop fan des versions modernes (quoi que, à la fin des années 80, c’était déjà un grand bof), Picsou Magazine sera rester, tout au long de ces quatre décennies d’existence, comme un incontournable pour bon nombre de fans.

Bien évidement, 40 ans obligent, le Picsou Magazine de ce mois-ci aura été un numéro spécial, censé fêté l’événement comme il se doit : historique de la revue, anciennes couvertures, anciennes BD, dont les deux – signés Barks puis Rosa – sur Sangri-La ; bref, tout ce que l’on pouvait attendre d’un numéro anniversaire est bel et bien présent et fait de ce numéro un collector à conserver précieusement – et ce, même si je tiquerais sur le cadeau du mois : sincèrement, pour les 40 ans du magazine, il n’y avait pas mieux qu’un livre de blagues ? Mais bon, histoire de donner ma petite touche personnelle a ce qu’il faut bien appeler un événement – car comment ne pas appeler autrement l’anniversaire de ce qui fut ma revue préférée étant enfant, et qui plus est, porte le nom de mon personnage Disney préféré – j’ai souhaité, en guise de complément, vous proposer ci-dessous l’histoire de Picsou Magazine, un historique complet et intéressant que j’ai trouvé sur picsou.wikia.com et qui, pour bon nombre d’entre nous, se sera écrite tout au long de notre propre vie :

L’histoire de Picsou Magazine

Picsou Magazine ou PM est un magazine mensuel français de bandes dessinées destiné à la jeunesse. Il est édité par Disney Hachette Presse.

Origines

Le magazine fut créé en mars 1972 et prit étrangement le nom d'un personnage assez antipathique à l'époque : Balthazar Picsou.
Au début des années 1970, la société Édi-monde distribuait déjà Le Journal de Mickey et Mickey Parade. Cette société s'est associé avec un énorme groupe de presse italien, Mondadore, pour créer une version française de l’Almanacco Topolino. Dans ses premières années, Picsou Magazine reprenait seulement les histoires qui paraissaient dans l'Almanacco Topolino en les traduisant de l'italien au français. Picsou Magazine était à proprement parlé un copier-coller de son homologue italien (même papier, même format...) mais il prit soin de créer ses propres jeux.
Dès le début, les cadeaux étaient présents. Notamment lors du premier numéro dans lequel était organisé un concours sur trois mois pour gagner un lingot d'or, puis dans le deuxième numéro où le sou fétiche de Picsou, doré à l'or fin, était offert.
Le premier numéro s'est vendu à plus de 350 000 exemplaires, en partie grâce à son prix 2,50 francs à l'époque.

Contenu et évolution

On peut distinguer plusieurs périodes dans l'histoire du magazine, d'après l'indexation de la base Inducks.
Des débuts jusqu'au milieu des années 1980 : grandes aventures issues de l'école Disney italienne, notamment Romano Scarpa, Giovan Battista Carpi, Giorgio Cavazzano, Marco Rota, Luciano Bottaro, etc. (publiées à l'origine dans Almanacco Topolino, dont le format a clairement inspiré Picsou Magazine) ; production dite Studio (scénaristes américains et dessinateurs argentins pour la plupart, ou italiens) produites aux États-Unis pour l'Europe et l'Amérique du Sud, et reprises directement de l'Almanacco Topolino. Également quelques histoires américaines anciennes de Carl Barks.
À partir de la nouvelle formule d'aout 1987, Picsou Magazine est centré sur trois pôles :
Les bandes dessinées sont de plus en plus centrées autour des personnages de Donaldville : Donald Duck, Picsou, etc. Les personnages comme Mickey Mouse se retrouvant plutôt dans Le Journal de Mickey ;
Les parties rédactionnelles pour jeunes adolescents se diversifient avec l'apparition de pages cinéma, télévision et jeux vidéo mais perdent les mini-récits;
Des gadgets ludiques : mini-répertoire aimanté, pistolet à eau, tours de magie, etc.
La fin des années 1980 et le début des années 1990 voient l'arrivée d'histoires d'auteurs italiens et néerlandais lorsque l'atmosphère de celles-ci correspond à celle des aventures de Carl Barks. Les histoires de l'univers de Donald Duck qui ont d'autres sources d'inspiration sont publiées dans Mickey Parade et Super Picsou Géant.
Le magazine se recentre sur les histoires de Carl Barks, tout en incluant les nouvelles productions hollandaises (Bas Heymans, style comique, Ben Verhagen), danoises (histoires courtes) ou brésiliennes (Irineu Soares Rodriguez, avec les histoires de Daisy, En direct de la rédac, ou L'Âge du rock).
À la fin des années 1980, la rédaction décide de publier en exclusivité les histoires de Don Rosa, dont La Jeunesse de Picsou qui a fait l'objet d'une publication intégrale dans un hors-série, réédité en juin 2004 ; un an plus tard un deuxième hors-série compile les épisodes « bis » et « ter » s'intercalant entre ceux du premier.
Les aventures de Don Rosa et Barks paraissent toujours dans le magazine. Vicar et Daniel Branca ont également rejoint l'équipe.
Depuis environ 2003, Picsou magazine publie surtout des histoires anciennes de Carl Barks et des récentes de Wiliam Van Horn, et parfois des grandes aventures de Don Rosa.
Actuellement, dans les publications Disney françaises, Picsou Magazine occupe le créneau de la branche bande dessinée issue du style et de l'univers de Carl Barks et la partie magazine vise un public de jeunes adolescents.

Alors, joyeux quarantième anniversaire a Picsou Magazine en espérant, bien évidemment, fêter comme il se doit, bientôt, son cinq centième numéro puis, dans dix ans, si nous sommes toujours là, le demi-siècle d’un magazine que, j’espère, durera encore le plus longtemps possible !

Les Cahiers de Science & Vie n°128 : Le génie de la Renaissance



Tandis que ces derniers mois, je vous avais proposé moult billet consacrés à diverses revues, qu’elles soient récentes ou plus anciennes, depuis quelques semaines, c’était un petit peu le néant total. Cependant, cela s’expliquait par le simple fait que les dernières sorties presse avaient été loin de m’emballer et que, pour ce qui est de l’ancien (en gros, ma collection de vieilleries dont certaines remontent aux années 60), rien ne m’emballait franchement ces derniers temps. Malgré cela, une revue était en attente de lecture, le dernier numéro en date des Cahiers de Science & Vie, et je dois reconnaitre que, pour une fois, j’ai mis un certain temps pour le finir.

Les Cahiers de Science & Vie n°128 : Le génie de la Renaissance
Avril/Mai 2012

Le génie de la Renaissance
- L'esprit de la Renaissance
- Quand l'homme repense l'homme
- Dieu, l'homme et l'Eglise
- La naissance de la méthode scientifique
- Interview : « C'est au XVIème siècle que le pluralisme émerge en Europe » Jean-François Mondot
I - La Renaissance en marche
- Europe : Un grand souffle venu d'Italie
- Florence : Au cœur du renouveau culturel
- France : A la cour des Muses
- Les châteaux de la Loire
- Les jardins de Poliphile
II - La révolution artistique
- Nouvelle perspectives
- L'art et la manière
- Musée imaginaire
- Visite privée
- Artistes universels
- Léonard de Vinci, un homme de son temps
III - Le temps des découvertes
- La fabrique du progrès
- L'imprimerie, génial véhicule de la pensée
- Le corps mis à nu
- Les découvreurs de mondes
- Cosmos : la révolution couve
- Interview : « Les expéditions du XVème siècle annoncent la mondialisation d'aujourd'hui » Serge Gruzinski

Autant je dois reconnaitre que Les Cahiers de Science & Vie est probablement l’une de mes revues préférées (comme on peut le constater lors de mes nombreuses critiques des précédents numéros), autant cela faisait belle lurette que je ne me laissais pas tenter par son achat – le dernier en date remontant à l’automne dernier avec le numéro consacré aux Gaulois. Du coup, ce furent les numéros 126 et 127 que j’ai laissé de côté : le premier, consacré au Nil et a l’Egypte, ne m’emballait guère de part un sujet plus que réchauffé, le second, consacré à l’Empire Romain, ne m’intéressait pas lors de sa sortie mais, après coup, j’éprouve quelques regrets de ne pas l’avoir acheté. Et comme, du coup, cela faisait pas mal de temps que je ne me procurais pas un nouveau numéro de cette excellente revue, je m’étais dit que, quel que soit le sujet de la prochaine (enfin, a moins d’un truc vraiment rédhibitoire), je ne passerais pas à côté. Mais alors, fus-je ravi de découvrir que le cent vingt huitième numéro des Cahiers de Science & Vie était consacré à la Renaissance ? En fait, pour être tout à fait franc, oui et non.

Oui car, indubitablement, la Renaissance est un sujet qui est beaucoup moins abordé que, par exemple (et dans le désordre) : la seconde guerre mondiale, la grande guerre, Napoléon, l’Egypte, l’Empire Romain, la Grèce antique, le Moyen-âge, la Révolution française, la Guerre de Sécession, les Cathares, l’Inquisition ou Louis XIV. Et même si cela arrive – car il s’agit néanmoins d’un sujet accrocheur et particulièrement intéressant – force est de constater que les revues historiques l’abordent bien moins que les thèmes cités précédemment. Certes, en comparaison avec, par exemple, la Mésopotamie ou la Chine des royaumes combattants, la Renaissance occupe une place importante, mais en fait, pas tant que ça. Du coup, qu’une revue aussi excellente que Les Cahiers de Science & Vie lui accordent la primeur d’un numéro ne peut qu’être une bonne nouvelle pour tout amateur d’Histoire qui se respecte. Ne serais ce que pour la haute qualité des articles, toujours excellents quel que soit le sujet abordé.

Cependant, je ne peux occulter, comme je vous le disais précédemment, que le non est également présent. Et oui, autant je peux être ravi que pour une fois, une revue historique traite de sujets moins habituels, autant je dois avouer que la Renaissance, en règle générale, ce n’est pas trop ma tasse de thé. Certes, ce numéro des Cahiers de Science & Vie m’aura appris bien des choses sur le sujet, certes, quelques articles auront particulièrement attiré mon attention, cependant, je n’aurais que trop rarement ressenti a la lecture de ce numéro printanier de la revue, le même intérêt que j’ai déjà pur éprouver en d’autres occasions. Est-ce une affaire de gouts ? Probablement car, comme je vous l’ai dit, la qualité de la revue n’est pas remise en cause. Mais bon, ce qui est sûr, c’est que depuis quelques mois, les thèmes abordés ne sont, malheureusement, pas parmi mes préférés ; et quand je pense au prochain – La naissance de l’astronomie – je ne peux pas dire que je suis franchement emballé… 
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