dimanche 23 septembre 2012

LE TRÔNE DE FER



LE TRÔNE DE FER

Le royaume des Sept Couronnes vit depuis près de quinze ans sous le règne du roi Robert Baratheon qui a mis fin à la lignée des Targaryen lors d'une rébellion qui vit la chute du roi Aerys II Targaryen. Depuis près de neuf ans, après la tentative de rébellion de lord Balon Greyjoy, le royaume est en paix et connaît la prospérité apportée par l'été le plus long connu de mémoire d'homme. Cependant, cette époque touche à son terme... Au-delà du Mur qui marque la frontière septentrionale du royaume, d'étranges événements annoncent la venue prochaine de l'hiver. Pendant ce temps, à Port-Réal, capitale du royaume, lord Jon Arryn qui fut la Main du roi Robert lors des quinze premières années de son règne, décède. Lord Eddard Stark, ami d'enfance du roi et seigneur suzerain du Nord est pressenti pour lui succéder, malgré son aversion pour les intrigues de la Cour. Mais un autre péril menace l'unité du royaume car, au-delà du détroit, dans les cités libres, les derniers héritiers de la dynastie targaryenne conspirent pour reprendre le Trône de Fer qui leur a été usurpé...

Dans a peu de choses prêt un mois, je vais avoir trente-huit ans, ce qui, pour certains, peut paraitre énorme, pour ne pas dire vieux, je n’en doute pas ; bref, quasiment quatre décennies complètes, souvent riches, parfois ennuyeuses, avec des hauts et des bas, comme tout à chacun, des moments de joie et d’autres que l’on préférerait oublier ou, du moins, ne plus jamais connaitre. Et en trente-huit ans, donc, vous imaginez bien la quantité pour le moins phénoménale d’œuvres, quel que soit le genre – cinéma, bande dessinées, romans etc. – que j’ai pu avoir l’occasion de découvrir, d’apprécier, lorsqu’elles le méritaient, de les dénigrer, lorsque je l’estimais, mais aussi, dans des cas plus rares, de les porter aux nues, cela, quand à mes yeux, celles-ci étaient tout bonnement de pures chef d’œuvres. Etant un pur latin avec tous les défauts et qualités qui vont de pair avec mes origines, je sais pertinemment que, bien trop souvent, j’ai tendance à m’extasier pour pas grand-chose, à louer le génie de tel film, tel roman avant de, quelques années plus tard, lorsque je reviens dessus, constater que tout cela ne valait pas un tel déballage d’éloges. Pourtant, en certaines d’occasions, l’évidence est telle que je sais pertinemment, en disant du bien d’une œuvre, que oui, mille fois oui, celle-ci est un véritable chef d’œuvre ; ce constat, même dix ans, vingt ans plus tard, je n’en démords pas le moins du monde. Certes, comme je vous le disais, cela n’arrive pas tous les jours et d’ailleurs, en trente-huit ans, ce ne fut que de façon plus qu’épisodique que j’ai pu découvrir de véritables chefs d’œuvres ; rare, donc, mais pas impossible, car oui, non seulement, ceux-ci existent bel et bien, mais en plus, aujourd’hui, j’ai le plaisir de vous parler de l’un d’entre eux.

Une œuvre a-t-elle déjà put changer votre vie ? J’ai conscience, parfaitement, qu’une telle question peut paraitre plus qu’osée et fort probablement, certains d’entre vous, qui liront ces quelques lignes, pourraient trouver que je vais beaucoup trop loin cette fois ci. Pourtant, cette interrogation, aussi osée puisse-t-elle paraitre de prime abord, ne m’en parait pas moins pertinente, car oui, je ne sais pas ce qu’il en est pour vous mais personnellement, certaines œuvres ont belle et bien changer ma vie. Alors oui, je sais parfaitement que ce n’est pas un film ou une série, voir même un dessin animé, aussi marquant puisse-t-il l’etre dans la vie d’une personne, qui le fasse vivre, lui apporte le bonheur (une partie mais pas la plus importante, ne nous voilons pas la face non plus) ou le fasse tout simplement etre heureux : enfants, famille, amis, relations diverses voir même travail (car il faut bien vivre sa vie), cela me semble plus important : la naissance d’un enfant, gagner au loto, la mort d’un proche, un mariage, ce sont tout de même des événements autrement plus importants que la lecture d’un roman, aussi bon soit-il (bien évidement, parmi ceux-ci, j’en ai inclus un qui n’est qu’une chimère, mais bon, cela ne coute rien de rêver après tout), pourtant, si la naissance de mes enfants auront plus changer ma vie que tout autre événement, je considère sans peine que certaines œuvres, elles aussi, ont jouer leur rôles, à diverses étapes de ces quatre décennies d’existence et que, sans elles, sans leur découverte, leur contenu, ce qu’elles m’ont apporter, je ne serais pas, aujourd’hui, l’homme que je suis, avec mes gouts, mes passions, voir même mes qualités et mes défauts. Alors oui, selon moi, une œuvre peut changer notre vie, et certes, cela n’arrive pas tous les jours, certes, oui, il y a plus important, mais que serions-nous sans ses romans, ses films, ses séries, ses bande dessinées, ses disques, bref, sans tout ce petit sel de la vie qui fait que nous sommes, avant toute chose, ce que nous sommes.

Sur ce blog, en presque cinq années d’existence de celui-ci, j’ai pu vous parler de bien des chefs d’œuvres, et, pour en rester uniquement aux romans, je peux parfaitement classer des titres comme Les Cantos d’Hypérion, Fondation ou Elric, pour ne citer que les plus marquants, comme de purs chef d’œuvres qui oui, chacun a leurs façons, m’ont suffisamment marquer comme on aurait pu me le faire au fer rouge ; par ailleurs, d’autres titres furent tout aussi importants même si, ne les ayant plus lus depuis longtemps, je n’ai jamais eu l’occasion de vous en parler dans le Journal de Feanor : ainsi, entre les œuvres de Lovecraft ou celles de Tolkien comme le sublime Silmarillion et celui que l’on ne présente plus, Le Seigneur des Anneaux, à plusieurs reprises, au cours de ma vie, certains titres, certains auteurs, se démarquaient des autres. Et parmi ceux-ci, nul ne doute que la découverte de Tolkien, à la fin des années 80, alors que j’avais quatorze ans, fut probablement l’un des plus spectaculaires : recevant la trilogie pour Noël, j’avais tellement été enthousiasmé que je l’avais lu six fois de suite, sans discontinué ! Le Seigneur des Anneaux, donc, que j’ai lu à une époque où je me lançais dans les Livres dont vous êtes le héros, fut le catalyseur de mon entrée en Heroic Fantasy pour de longues, très longues années, avec le meilleur, mais aussi le pire, et si, avec le temps qui passe et l’évolution de mes propres gouts personnels, je me suis de plus en plus éloigné du genre que je jugeais trop figé dans des canons dépassés, jamais je ne reniais mes premiers amours, et ce, même si je n’aurais pas été contre qu’Elric vienne trucider Frodon avec Stormbringer et s’empare allègrement de l’Anneau Unique ! Bref, je pense que les connaisseurs du genre l’ont compris, j’étais plus que prêt pour passer à autre chose, a une autre Fantasy, plus sombre, plus adulte, plus à mon gout pour faire court…

Le Trône de fer, voilà, après un préambule qui n’en finissait pas, il est temps d’aborder enfin ce qui nous intéresse aujourd’hui, je veux bien évidement parler de ce qui est tout simplement considérer par beaucoups comme étant l’une des œuvres de Fantasy les plus importantes de ces dernières années, si ce n’est la toute meilleure, rien que ça ! Exagération, effet de mode dut a la série (que, pour la petite histoire, je dois etre le seul encore à ne pas avoir vu) et qui passera bien vite, sincèrement, non, je ne le pense pas, mais comment en convaincre quelqu’un qui n’aurait pas lu, qui n’aurait pas découvert cet univers, ces personnages, ces intrigues toutes droits sorties de l’imagination de son auteur, George R. R. Martin, considéré par certains comme le Tolkien moderne. Hérésie hurleront aux loups (Stark) les fans du vieux maitre ? Eh bien, pour avoir lu les deux auteurs, et tout en étant le plus objectif possible, chaque œuvre se valant et n’étant, finalement et après mure réflexion, nullement comparable si ce n’est par leur propre importance, cette comparaison ne m’apparait pas forcément exagérée, bien au contraire. Martin, comme Tolkien, a su créer de toutes pièces un monde, que dis-je, un univers crédible et magistrale, des personnages en veut-tu en voilà charismatiques en diable et une intrigue… ah, cette intrigue… qui vous empêche tout simplement de reposer le bouquin tant que vous ne découvrez pas la suite ! Pourtant, rares finalement sont les points communs entre les deux œuvres, le contraire étant plutôt à souligner : d’une part, chez Tolkien, nous avons un récit, voire carrément le récit fondateur de tout un genre, l’Heroic Fantasy avec son manichéisme de bon aloi, ses héros destinés à sauver le monde et ses méchants terriblement diaboliques, tandis que chez Martin, oubliez tout de go les Elfes aux oreilles pointues, les Nains et leurs haches, les magiciens barbus et les forces du mal car dans Le Trône de fer, la magie, les créatures fantastiques, si elles ont pu exister ou existent encore, ne sont qu’à peine esquisser et le lecteur de se retrouver davantage devant un récit plus proche du roman historique que de la pure œuvre de Fantasy – d’ailleurs, quand on connait les références de Martin comme Les rois maudits, la guerre des deux roses ou le Mur d’Adrien, pour ne citer que les plus importantes, l’on comprends mieux où l’auteur veut nous entrainer : ici, pas de héros ni de grands méchants mais toute une flopée de protagonistes, tout aussi importants les uns que les autres et que l’on suit, chapitres après chapitres, selon le point de vue de chacun. Cette façon de procédée, qui peut en troubler plus d’un, permet pourtant de suivre le déroulement de l’intrigue selon le point de vu de protagonistes souvent antagonistes dans le récit et est, accessoirement, une véritable bouffée d’oxygène dans un genre pour le moins convenu en temps normal. Chaque lecteur aura, du coup, ses préférences, selon ses personnages préférés et le fait que, suivant ces fameux points de vue, tel protagoniste peut, d’un chapitre à l’autre, passer presque d’un type bien à un véritable salaud est une façon de procédé que je trouve pour le moins judicieuse et parfaitement bien trouvée.


Bref, vous l’avez compris, j’ai aimé, que dis-je, j’ai adoré ce premier volume (lu ici dans sa dernière version dite intégrale qui reprend le format de parution original, ce qui, selon moi, est une fort bonne chose) de cette exceptionnelle saga qu’est Le Trône de fer. Pourtant, tout ne fut pas aussi facile au départ : tout d’abord, il est dans mes habitudes de ne jamais, mais vraiment jamais me lancer dans la lecture d’une œuvre tant que celle-ci n’est pas achevée, hors, comme chacun sait, pour ce qui est du cas présent, nous n’en sommes pas prêt d’en connaitre la fin – et encore, la connaitront nous un jour, suffirait que Martin meure et adieu celle-ci – pourtant, à force d’entendre tellement de louanges au sujet de cette œuvre depuis tellement longtemps, je me suis laisser tenter, me disant qu’avec les quatre premières intégrales, j’en avais au moins pour un certain temps. Ensuite, et ceci est valable pour tout nouveau lecteur qui souhaiterait se lancer dans Le Trône de fer : que ce fut dur au début ! Ces changements de points de vue entre les chapitres, le nombre gargantuesque de personnages principaux, secondaires, de troisième zone, les familles, les régions, les ancêtres, les légendes m’ont tellement embrouillé qu’il m’aura fallu une bonne centaine de pages pour que je commence enfin à m’y retrouver – et encore, alors que j’ai attaqué le tome deux depuis une semaine, parfois, il m’arrive de tomber sur un protagoniste sur lequel j’ai un doute – a quoi il faut ajouter la fameuse traduction tant décriée du sieur Jean Sola qui n’arrange pas les choses : usant d’un français au style plutôt ancien, la tournure des phrases, lorsque l’on est pas habitué – ce qui est le cas de tout individu normal – a de quoi dérouter nos pauvres neurones. Pourtant, avec le temps, je m’y suis habituer et je dois avouer que, désormais, celle-ci ne me pose plus aucun problème. Pour finir, un petit avertissement s’impose : dans Le Trône de fer, ne vous attendez pas à de grandes scènes d’actions ou des descriptions de batailles grandioses, ici, c’est surtout énormément de parlote entre personnages, de pensées etc. Personnellement, cela ne me gêne pas mais un tel procédé pourrait déplaire à plus d’un lecteur. Mais bon, ce n’est pas comme si je ne les avais pas prévenus.


Ceci étant dit, il est temps que je me replonge dans la deuxième intégrale, que je suive la suite des aventures de Daenerys Targaryen, Jon Snow, Arya Stark et le génialissime Tyrion Lannister, que je retrouve le plaisir incommensurable que je ressens a la lecture de cette œuvre, que je tremble pour les personnages (et oui, ici, n’importe qui peut mourir !), que je m’extasie devant les intrigues, les coups fourrés et les divers retournements de situations qui ponctuent le récit. Pour cette première critique du Trône de fer, je ne me serais guère attardé sur celui-ci, ses personnages, cette intrigue et je tacherais de le faire pour la suite, mais pour une première, j’avais décidément bien plus à cœur de vous dévoiler mon ressenti sur cette œuvre, même si, pour cela, je me serais un peu éparpiller dans tous les sens. Bien plus haut, dans ce billet, je me demandais si une œuvre peut changer une vie ? La réponse, vous la connaissez fort probablement : même si je relativise les choses, même si, après tout, cela n’est qu’un roman, même si la vie fourmille de choses autrement plus importantes, c’est oui, un grand oui même ! Mais bon, comment pourrait-il en etre autrement ? Personnellement, des œuvres géniales, il en existe des tas, mais aussi magistrale que ce Trône de fer, sincèrement, je dois les compter sur les doigts d’une main !

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