vendredi 1 février 2013

BLAKE ET MORTIMER – LE SECRET DE L’ESPADON



LES AVENTURES DE BLAKE ET MORTIMER – LE SECRET DE L’ESPADON

1947. Alors que dans le monde se multiplient les pactes et les conférences destinées à sauvegarder la paix, le mystérieux Empire Jaune de Basam Damdu « l’usurpateur », empereur du Tibet, lance une offensive généralisée. En quelques heures, la gigantesque armada anéantit les principales villes de la planète. Paris, Londres, Rome, Bombay, sont réduites à l’état de ruines fumantes, la flotte américaine du Pacifique gît au fond de l’océan, tandis que les couleurs de l’empereur sont hissées par ses parachutistes sur les gratte-ciel du nouveau monde… Cependant, dans la base militaire de Scaw-Fell, en Angleterre, le professeur Mortimer met au point une arme secrète dont la puissance de feu devrait permettre de contrer la fulgurante progression de l’armée « jaune » : l’Espadon. Mis au courant par ses espions, Olrik, aventurier habile et sans scrupules qui s’est mis au service de l’Usurpateur, attaque la base avec sa flotte aérienne. Le capitaine Blake, de l’Intelligence Service, ainsi que le professeur Mortimer s’enfuient à bord du Golden Rocket, emportant avec eux les plans de l’Espadon. Ils ne laissent derrière eux que les décombres de Scaw-Fell. Une fantastique poursuite s’engage alors dans les airs et sur terre entre Olrik, qui veut récupérer les plans, et Blake et Mortimer qui tentent de rejoindre une base secrète du Moyen-Orient où, déjà, s’organise la résistance, et où il leur sera possible de mener à bien la construction de l’engin qui représente le dernier espoir du monde libre : l’Espadon…

Je ne sais pas si cela vous est déjà arriver mais personnellement, cela en devient presque habituel chez moi : quel que soit le genre, mais ici, c’est de bande dessinée que nous parlons donc je m’en tiendrais a ce média, il est des œuvres tellement connues qu’elles dépassent de loin les simples amateurs du genre pour ne pas parler des fans purs et durs, ainsi, grand amateur de BD depuis mon plus jeune âge, je pense ne pas me tromper en affirmant que j’ai toujours connu l’une des plus grandes saga de la bande dessinée franco-belge a la papa, je veux bien évidement parler des Aventures de Blake et Mortimer. Pourtant, si le nom de la série m’était familier, si les deux protagonistes principaux également (mais qui ne les connait pas ?), le militaire flegmatique blond a moustache, Blake, et le scientifique brun et barbu, un peu sanguin sur les bords, Mortimer (amusant mais auparavant, j’étais persuader, allez donc savoir pourquoi, que c’était le contraire), si leur auteur, Edgar P. Jacobs ne m’était pas inconnu comme le fait que, depuis son décès, la série continue, reprise par d’autres et si bon nombre d’albums, à force de les voir des centaines de fois, voire plus, dans les rayons, m’étaient aussi communs que bon nombre d’autres bande dessinées que j’avais lu, jamais, jusqu’à ce jour, oui, jamais je n’avais lu ne serais-ce qu’une seule planche d’un quelconque album des aventures des deux britanniques. Hérésie ? Je n’en suis pas loin, j’en conviens, surtout aux yeux des fans purs et durs qui connaissent le moindre album de la saga sur le bout des ongles. Mais bon, que voulez-vous, comme je vous le disais un peu plus haut, c’est le genre de choses qui m’arrivent souvent, et non seulement, ce n’est pas la première fois que cela m’arrive – juste un exemple, Thorgal – mais ce n’est surement pas la dernière, vous pouvez en etre sur.

Et donc, après presque quatre décennies complètes à connaitre Blake et Mortimer mais sans lire le moindre album, il y a de cela quelques semaines, alors que je trainais sur le net pour passer le temps au travail (hein, chut, il ne faut pas le dire), en tombant un peu par hasard sur un titre de la saga, je me suis surpris à me renseigner sur celle-ci, son univers, ses protagonistes, bref, l’œuvre de Jacobs au sens large, et, du coup, je me suis dit que cela ne serait pas franchement idiot de, a l’occasion, tenter l’expérience, voir si moi aussi je m’enthousiasmerai pour une BD qui depuis des décennies n’a vraiment plus rien à prouver de par sa qualité, une BD qui certes, aux yeux des plus jeunes, a fait son temps et représente désormais une époque plus que révolue, mais une BD qui, contrairement à Tintin, pour ne citer que la série la plus proche, tant dans le temps que par le sens graphique (et puis, après tout, Jacobs et Hergé se connaissaient bien), a su dépasser la mort de son créateur ce qui permet à d’autres auteurs d’apporter leur propre vision du mythe – chose très bien faite, par exemple, du côté de Spirou, comme on peut le voir ici : Le groom vert de gris. Une aventure de Spirou et Fantasio. Et comme, encore en 2013, je ne me lasse pas d’un bon Tintin, comment ne pas me dire que Blake et Mortimer pourrait me plaire ? Et puis, qu’avais-je à perdre ? De l’argent ? Même pas puisque la ludothèque à côté de chez moi possède l’intégralité de la saga. Mon temps alors ? Oh, si ce n’était que ça, cela ne représentait pas un bien grand risque.

Et ce fut le choc ! Dès la première partie de ce Secret de l’espadon, premier titre des Aventures de Blake et Mortimer, je n’ai pas pu m’empêcher de me dire : « mais qu’est-ce que c’est que cette daube !? ». Dessins d’un autre âge, scénario simpliste au possible, personnages tellement stéréotypés qu’ils en deviennent navrant, bulles de texte inversées (souvent, il faut commencer par le bas avant de passer au haut), intrigue invraisemblable et termes plus que limites au sujet des asiatiques, les fameux « jaunes », cette première partie fut plus qu’un choc, un véritable séisme émotionnel qui me perturba au plus haut point. Certes, en affirmant cela, je sais pertinemment que je vais en froisser plus d’un, que certains vont me tomber dessus, mais franchement, j’étais persuader que Blake et Mortimer valait mieux que cela !? Et puis, j’ai essayé de relativiser les choses, de me dire que, par exemple, Tintin au pays des soviets n’avait rien à voir avec le reste de l’œuvre de Hergé et que, d’ailleurs, celui-ci avait retravaillé ses premiers albums, chose qui n’avait pas été faite ici. Pourtant, de mémoire, Tintin au pays des soviets ne m’avait pas laissé un aussi mauvais souvenir, et puis, ce côté limite raciste… ah les gens se plaignent tout le temps de Tintin au Congo, mais franchement, celui-ci, à côté du Secret de l’espadon, c’est du pipi de chat ! Bref, une sacrée déception, cela, pour ce qui est du premier album. Mais histoire d’enfoncer davantage le clou, le second, qui, accessoirement, ne justifie son existence que par de simples raisons mercantiles, est dans la même veine et réussi même, au bout d’une quinzaine de pages, à baisser de niveau graphiquement, ce qui est un comble ! En effet, suite à une colorisation différente, les deux tiers de cette deuxième partie du Secret de l’espadon atteignent des sommets de médiocrité dont on se serais bien passer, quant au scénario, n’allez pas chercher plus loin, rien n’a changer d’un iota et si en plus, il faut se taper moult pages possédant une seule planche et dont la justification est nulle, en dehors, bien évidemment, de remplir l’album inutilement toujours dans un but mercantile et vous comprendrez à quel point j’étais en plein désarroi à l’issu de la lecture des deux premières parties du Secret de l’espadon.

Arrivé à ce point de ma lecture, je dois vous avouer que je n’avais même plus envie de continuer tant ma déception était immense, et puis, finalement, après quelques jours, je me suis enfin décidé de franchir le pas, ne serais ce que pour conclure cet album est de passer définitivement a autre chose… et là, ce fut le choc ! Mais pas le même genre de choc, bien au contraire ! Soudainement, sans crier gare et alors que je n’attendais strictement plus rien de Blake et Mortimer, telle ne fut pas ma surprise en m’apercevant, dès les premières pages, que cette dernière partie du Secret de l’espadon était d’un tout autre acabit ! Bon, déjà, graphiquement, c’est un peu le jour et la nuit, ou, si vous préférez, c’est comme comparez Dieu a un ver de terre ; bref, le sieur Jacobs nous livre là un travail de maitre et l’on retrouve une ligne claire plus conforme à nos habitudes, des traits plus précis et travaillés, un encrage plus subtil et surtout, des couleurs moins tape a l’œil. Mais ce n’est pas tout car scénaristiquement, on se croirait presque devant une autre histoire, autrement plus complexe et adulte : avec un début long et complexe où l’auteur prend la peine d’exposer son intrigue, c’est un véritable régal, je le reconnais, que de s’immerger dans cet album qui est à mille lieux de ses prédécesseurs. Alors bien sûr, l’on sent l’évolution du coté de Jacobs, et l’on se prend à regretter qu’il n’ait pas retravaillé ses débuts car si le Secret de l’espadon aurait été réalisé dans la même veine, quel grand album aurait-il été ! Quoi qu’il en soit, cette dernière partie m’aura finalement fait comprendre pourquoi cette saga est loué par temps de personnes depuis des décennies, et, du coup, malgré des débuts pour le moins catastrophiques selon moi, cette évolution finale m’aura donné envie, a l’occasion, de lire d’autres albums du duo britannique ; pourtant, force est de constater que c’était bien mal barré au début ! Alors oui, sans nul doute que cette critique sera juger bien trop dure par certains, que l’on me trouvera injuste vis-à-vis des débuts d’une œuvre assez anciens et qui doivent etre remis dans leurs contextes, mais bon, je ne renie aucunement ce que j’ai dit : sur trois albums (deux auraient amplement suffis), seul le dernier fut à la hauteur de mes espérances, cela est tout de même peu quand on y pense. Et puis tout de même, les deux premières parties possèdent bien trop de points faibles, de mon point de vue, pour que je les passe sous silence, la suite, par contre, c’est autrement plus intéressant et laisse entrevoir le potentiel d’une saga qui, je ne le doute pas, mérité d’etre découverte. 

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