lundi 18 mars 2013

LA FERME DES ANIMAUX



LA FERME DES ANIMAUX

Un certain 21 juin eut lieu en Angleterre la révolte des animaux. Les cochons dirigent le nouveau régime. Snowball et Napoléon, cochons en chef, affichent un règlement : « Tout ce qui est sur deux jambes est un ennemi. Tout ce qui est sur quatre jambes ou possède des ailes est un ami. Aucun animal ne portera de vêtements. Aucun animal ne dormira dans un lit. Aucun animal ne boira d'alcool. Aucun animal ne tuera un autre animal. Tous les animaux sont égaux. » Le temps passe. La pluie efface les commandements. L'âne, un cynique, arrive encore à déchiffrer : « Tous les animaux sont égaux, mais (il semble que cela ait été rajouté) il y en a qui le sont plus que d'autres. »

Il existe des livres qui devraient etre obligatoires. Par cela, j’entends bien entendu que leur lecture devrait etre faite, d’office, pendant le cursus scolaire de tous les élèves, et je ne peux m’empêcher de me souvenir de certains titres, que je terrais ici, que j’ai été obligé de me taper pendant mon adolescence, alors que leurs intérêts était pour le moins discutable, je ne peux m’empêcher de me dire que, décidément, le système scolaire est bien mal fait. A vous en dégouter de la lecture ? Non, le problème n’est pas la puisque, malgré certains ouvrages dont je me serais bien passé, j’ai toujours ressenti le même plaisir à lire, encore et encore. Non, le problème, selon moi, c’est que lorsque l’on dispose d’une œuvre comme cette Ferme des animaux, courte – une centaine de pages – et très facile d’accès, en priver ses élèves, ne pas les pousser à la découvrir, en devient presque un crime. Vous trouvez que j’exagère ? Allons bon, La ferme des animaux conviendrait si bien à tout élève de troisième qui, au même moment, en cours d’Histoire, étudierai la révolution russe, que parfois, je me demande comment ce titre n’est pas au programme scolaire. Personnellement, je ne l’ai découvert qu’une fois sorti de celui-ci, alors que je devais avoir 21 ou 22 ans, et après avoir lu l’autre chef d’œuvre d’Orwell, le célèbre 1984… oui, une fois de plus, par moi-même… Mais au fait, pour quelle raison La ferme des animaux est si peu étudiée dans notre beau pays ? Car elle pointe du doigt l’utopie communiste et plus particulièrement les dérives sanguinaires du stalinisme, figure déifiée de tant d’enseignants à mon époque ? Explication peut etre un peu paranoïaque mais, quand je me souviens de certains de mes cours, et de mes anciens profs, peut-être pas tant que cela en fait ?!

Quoi qu’il en soit, ce livre est un pur chef d’œuvre, oh certes, il est bien moins connu que l’illustre 1984, mais ici, par le biais d’une fable animalière, quel formidable pamphlet Georges Orwell a offert à l’humanité ! Bien évidemment, ses détracteurs, souvent les mêmes, titilleront sur tel point comme le fait que transposer la révolution bolchévique dans une ferme ou faire des dirigeants de l’URSS des cochons est plutôt simpliste, de même, ils trouveront que, pour ce qui est de dénoncer le totalitarisme, il y a mieux ailleurs, ce qui est peut-être vrai, ou pas ? Car sincèrement, si j’avais, lors de ma lecture, été fasciné par 1984, jamais je n’ai trouver une œuvre aussi juste et précise que cette Ferme des animaux : ici, pas de faux semblants, pas de complexité superflu, mais tout juste une histoire, celle d’animaux qui, suite à un rêve fait par un vieux cochon idéaliste, font leur révolution, prennent le pouvoir, cela, avant que les choses, bien entendu, et comme l’Histoire l’a démontré, ne tournent mal, la morale finale de cette fable, finalement, étant que, quel que soit le système qui nous gouverne, communiste, capitaliste, le bonheur n’est décidément pas pour nous, uniquement pour ses dirigeants, et que les points communs sont bien plus nombreux qu’il n’y parait – d’où le final où les cochons se transforment en humains. Bien entendu, un minimum de connaissances en Histoire du vingtième siècle s’avère plus que nécessaire pour une parfaite compréhension de cet ouvrage, car sans cela, il est tout simplement impossible de découvrir, derrière les figures de Napoléon et Snowball, celles de Staline et Trotski et de leurs nombreuses divergences, mais aussi, de ce que fut l’Union soviétique de la révolution jusqu’à l’après-guerre, d’abord, un immense espoir, puis, finalement, une désillusion lorsque les crimes du stalinisme furent découverts. Et sur ce point, chaque page, ou presque, renvoi finalement à un événement historique, de propagande, de promesses non tenues et même de guerre, ce qui fait, comme je vous l’avais dit, que sans les connaissances de base, vous passerez à côté de la substance même de cette œuvre, ce qui serait fort dommageable.


Cela devait franchement faire près de quinze ans que je n’avais pas lu La ferme des animaux et lors de mon séjour à Rome, entre deux lectures, je me suis enfin décidé pour la relecture de cette œuvre, ce que je fis, chose qui ne m’arrivait plus depuis des lustres, d’une traite. Mais il faut dire que devant un tel chef d’œuvre, et comme en plus, il est court, il est tout simplement impossible de le lâcher une fois commencer. Bien évidemment, il est inutile, au vu de tout ce que j’ai dit jusque-là, que je vous donne mon avis sur ce roman, vous l’avez compris, je l’adore, tout simplement, mais une fois de plus, et même si je vais me répéter, la seule chose que je souhaite au sujet de celui-ci, c’est qu’il soit obligatoire au programme scolaire ; sincèrement, quand je vois certains ouvrages que les adolescents doivent lire, il y a vraiment de quoi etre perplexe… en tous cas, personnellement, je le ferais lire à mes propres enfants dès qu’ils auront l’âge, après tout, si l’école ne fait pas son travail, c’est à nous, parents, de prendre le relai !

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