dimanche 17 mars 2013

MYTHES RUSSES



MYTHES RUSSES

Contrairement aux Grecs, aux Indiens ou aux Iraniens entre autres, les Russes ne possèdent pas un ensemble cohérent de mythes sur les dieux païens, de textes sacrés antiques, de grands récits épiques. Mais ils disposent d'une vaste littérature de contes populaires évoquant les esprits les démons, de récits légendaires et merveilleux (avec l'effrayante Baba-Yaga), d'histoires qui racontent les exploits des premiers défenseurs de la Russie, de légendes où croisent des personnages de l'Ancien et du Nouveau Testament, des saints, des ermites, des gens du peuple... Des formes non littéraires – rituels, proverbes, incantations, arts populaires... – déploient aussi dans sa diversité cette « mythologie » authentiquement russe. Celle-ci est marquée par une conception animiste de la nature, par la croyance en la magie et le culte des morts – des traits encore vivants aujourd'hui et que le christianisme, à travers l'orthodoxie populaire a bien plus assumés qu'éradiqué.


Il y a de cela quelques années déjà, je m’étais procurer un petit ouvrage qui avait pour sujet, comme son nom l’indique, les mythes russes, thème finalement fort méconnu sous nos latitudes, bien plus habitués à la mythologie grecque et égyptienne, et dont je souhaitais ainsi, par le biais de cet ouvrage, découvrir un peu. Or, comme c’est souvent le cas avec moi, les années se sont écoulées, fort nombreuses, et ce Mythes russes, d’Elisabeth Warner, professeur émérite de russe à l'université de Durhat au Royaume-Uni, a tranquillement attendu son heure, trônant dans ma bibliothèque qu’un jour, je daigne m’y attaquer ; heure qui aurait pu ne jamais arriver, car après tout, j’ai toujours tellement de bons ouvrages à me mettre sous la dent, ne serais ce l’occasion qui s’est présenté ces jours ci, alors que je me trouvais à Rome en vacances, et sans rien de neuf à me mettre sous la dent. Ainsi, ni une, ni deux, j’embarquais cet essais avec moi et, finalement, ce fut dans la capitale italienne que j’ai enfin, après un peu plus de sept ans, me lancer dans la lecture de ce Mythes russes.

Indéniablement, si je devrais trouver un principal défaut à cet ouvrage, c’est sa longueur : tout juste une centaine de pages, force est de constater que ce n’est pas avec celui-ci que l’on approfondira le sujet, il faut en convenir. Pourtant, malgré ce fait, non négligeable, je ne peux nier que l’essai d’Elisabeth Warner n’en est pas moins parfait dans le sens où il représente une bonne entrée en matière a toute personne qui souhaiterait en connaitre davantage au sujet de mythes, légendes et traditions sur lesquels, en occident, on ne sait pas grand-chose pour ne pas dire rien du tout – d’ailleurs, en dehors de la sorcière Baba-Yaga, et a moins d’avoir des origines slaves soit même ou d’etre un spécialiste de la chose, qui peut se targuer, dans notre pays, de connaitre ces fameux mythes russes ? Franchement, pas grand monde, il faut l’admettre. Alors, forcément, et comme je vous l’ai dit, cet essai, si jamais vous souhaiter vous ouvrir à d’autres mythes que l’on pourra qualifier de plus exotiques que les traditionnels auxquels nous sommes habitués, est ce qu’il vous faut : découverte des Bylichki, contes sur les demi-dieux et les esprits... les Bylyni relatant les histoires des premiers héros de la Russie kiévienne... nombreux détails sur les principales divinités Perun, Khors, Striborg, Dazhbog ou Veles (Volos), mais aussi sur Baba-Yaga la gardienne de l'entrée des morts. Quelques lignes sur le poème d'Igor ou la campagne d'Igor, un texte poétique sur la campagne malheureuse du prince Igor Svyatoslavovich contre les Polovtses. Importance des poêles dans la culture russe, culte des ancêtres, croyances populaires, créatures des bois, des rivières ou des lacs, magiciens, dragons, mélange des croyances païennes et chrétiennes, au fil des pages, c’est un véritable univers, parfois déroutant, souvent fascinant, qui s’ouvre au lecteur. Car, comme l’on pouvait s’en douter, et malgré quelques points communs, la culture russe est décidément bien éloignée de la nôtre.


Alors, vous vous doutez que j’ai bien évidement fortement apprécier cet essai, et sur ce point, je ne saurais que vous donnez raison : comme je l’escomptais, l’ouvrage d’Elisabeth Warner répondit parfaitement à mes attentes et me permis de découvrir, plus en profondeur, des mythes et des légendes que je ne connaissais quasiment pas. Reste un problème, déjà abordé dans cette critique : le faible nombre de pages de cet essai. Car aussi intéressant soit-il, Mythes russes pèche indéniablement par sa faible longueur et j’ai trouvé, maintes fois, que l’auteur n’approfondissais pas suffisamment ses propos et que certains thèmes n’étaient que bien trop rapidement abordés. Mais bon, avec une centaine de pages seulement, il fallait s’en douter, hélas. Quoi qu’il en soit, malgré ce défaut, si comme moi, vous ne connaissiez pas grand-chose voir rien du tout aux légendes et coutumes russes, alors, Mythes russes est fait pour vous, après, pour approfondir le sujet, il faudrait s’attaquer à d’autres ouvrages, plus complets, et d’ailleurs, autant en profiter de l’occasion : si quelqu’un connait un titre, en français, à me conseiller, je suis preneur ! 

Aucun commentaire:

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...