lundi 22 avril 2013

MICMACS A TIRE-LARIGOT



MICMACS A TIRE-LARIGOT

Fin des années 1970. Au cœur du Sahara Occidental (RASD), une explosion se produit alors que des soldats français sont en plein travail de déminage. Le téléphone sonne dans un pavillon d'une banlieue française. Bazil, âgé de neuf ans, voit sa mère pleurer au téléphone. Trente années plus tard, Bazil reçoit une balle dans la tête. Mais il survit bien que le projectile soit toujours logé dans son crâne. Il perd son travail et se retrouve à la rue. Il est alors recueilli par une bande de chiffonniers : Remington, un homme noir qui ne parle qu'avec des expressions désuètes ; Calculette, qui peut tout évaluer et calculer en un clin d'œil ; Fracasse, qui a battu le record de l'homme-canon ; Placard, qui a survécu à la guillotine ; la môme Caoutchouc, une contorsionniste ; Petit Pierre, qui bricole des automates et des mécanismes de toute sorte, et enfin Tambouille, la cuisinière qui a adopté toute cette tribu. Bazil tombe un jour, par hasard, devant les bureaux de deux compagnies. Il se souvient du logo des deux armes qui ont provoqué tout ce qui lui est arrivé. Avec l'aide de ses amis, Bazil va tenter de faire payer à ces deux grandes entreprises le mal qu'elles lui ont fait.


Je sais que je l’ai souvent dit sur ce blog, mais de nos jours, c’est fou que le petit écran est d’une médiocrité affligeante : ainsi, chaque français qui, pour rappel, paye une redevance audiovisuel, se voit proposer, chaque soir, soit une énième émission de télé réalité, soit un pseudo reportage sur, dans le désordre, la police, les pompiers, les infermières, les trafiquants, les couples échangistes ou les cougars, soit, une série américaine – sept fois sur dix, policière, deux fois sur dix, médicale, le reste… euh, quand il y en a, cela ne dure pas longtemps – soit une soirée spéciale Artur, Jean Pierre Foucault et compagnie, soit… de plus en plus rarement, un film… souvent l’énième rediffusion d’un pseudo succès, soit une nouveauté qui, effectivement, a bel et bien marché lors de sa sortie quelques années auparavant, mais qui, de nos jours, est tout (DVD, téléchargement oblige) est, justement, tout sauf une nouveauté. Bref, et si l’on fait abstraction d’ARTE et France 5 encore capables, de temps en temps, de coups de sortir des sentiers battus, le téléspectateur lambda, a son corps défendant, n’a franchement plus rien à se mettre sous la dent. Mais le pire dans tout cela, c’est que, sur une semaine, il arrive souvent que les deux ou trois seuls émissions ou films de potables soient diffusés le même soir, le reste du temps, vous l’avez compris, c’est le néant. Et donc, hier soir, c’était dimanche, la fin du week-end et, normalement, pour faire passer la pilule, dans un monde idéal, on aurait dut avoir droit à des supers films, des débats enflammés et des documentaires de folies… mouais, ca, dans un monde idéal, ou autrefois, car bien évidement, avant, c’était ainsi, mais comme dirait l’autre, ca, c’était avant…


Et donc, ce dimanche, c’était, histoire de ne pas changer une équipe qui perd, l’habituel néant télévisuel et donc, alors que je commençais à pester devant cette… télé de merde qui me fait décidément chier (excuser moi d’etre vulgaire mais dans ces cas-là, je suis obligé)… je me suis aperçu que notre très cher service public diffusait un certain Micmacs A Tire-Larigot, dernier film en date de Jean-Pierre Jeunet et qui, du moins en clair, était inédit sur le petit écran. Bon, je dois vous l’avouer, si lors de la sortie en salle de ce long métrage, en 2009, j’avais été enthousiasmé par la bande annonce, je n’avais jamais eu l’occasion de voir celui-ci, par contre, ma femme, elle, l’avait vu et n’en avait pas gardé un grand souvenir, bien au contraire. Du coup, et avec le passage du temps, je dois reconnaitre que je n’étais plus très chaud pour ce Micmacs A Tire-Larigot, mais bon, on était dimanche soir, j’avais eu un week-end de trois jours, je désespérais de retrouver le travail et, un peu par dépit, finalement, je me suis décidé… mais sans grand enthousiasme…


Pour la petite histoire, en préparant ce billet, je me suis rendu compte de deux choses : tout d’abord, dans la filmographie de Jean-Pierre Jeunet, je n’avais, finalement, regarder que deux de ses films : Le fabuleux destin d’Amélie Poulin et Un long dimanche de fiançailles, deux longs métrages que j’aime particulièrement et que j’ai vu un certain nombre de fois, surtout le second, passant, au passage, à côté d’œuvres comme Delicatessen et La Cité des enfants perdus, films dont j’ai entendu tellement de bien depuis deux décennies qu’il faudra bien, qu’un de ces quatre matins, je me décide à les voir. Ensuite, pour ce qui est des deux longs métrages cités plus haut, j’ai eu beau les voir et les revoir, ceux-ci brillent sur ce blog par leur absence, étrangeté qu’il faudra bien réparée, tôt ou tard. Enfin bon, quoi qu’il en soit, avec ce Micmacs A Tire-Larigot, j’allais donc regarder, personnellement, le troisième long métrage du sieur Jeunet, et si, comme je vous l’ai déjà dit, je n’étais pas franchement enthousiaste, si le titre était pour le moins biscornu, entre un casting pour le moins intéressant et la touche Jeunet, je me disais que, si ça se trouve, j’allais peut-être passer un bon moment ?


Eh ben en fait, pas vraiment. Oh certes, celui-ci ne fut pas particulièrement désagréable, loin de là, puisque cette intrigue de vengeance d’un pauvre gars qui en veut terriblement à des marchands d’armes sans scrupules se laisse plutôt bien regarder, je ne le nie pas. De même, la touche Jeunet fonctionne toujours assez bien : choix des couleurs, décors, plans de caméras, univers un peu barré, l’amateur du genre est en terrain connu et force est de constater que cela marche plutôt bien. Et puis, bien entendu, la flopé d’acteurs est franchement pas mal : ainsi, entre André Dussollier, Dominique Pinon, Omar Sy, Dany Boon, Yolande Moreau, Julie Ferrier et Jean-Pierre Marielle, nous avons droit à une sacrée bande de loustics plutôt inspirée et qui fait la grande force du film. Cependant, et malgré quelques scènes plutôt plaisantes et deux ou trois bonnes idées, je dois reconnaitre que l’ensemble a tout de même du mal à décoller : intrigue sympa, certes, mais loin d’etre inoubliable, situations un peu trop convenues et qui donnent plus l’impression que l’on affaire a un sous-Jeunet qu’a un grand Jeunet, surtout que, par moments, le coté tout délire, ça va un temps, mais qu’ici, ça devient parfois du grand n’importe quoi qui ne se justifie pas tout le temps d’ailleurs… et, justement, je pense que c’est cela le principal problème de ce Micmacs A Tire-Larigot : un film qui aurait pu etre sympa mais qui, au final, est aussi tordu que son titre. Car bon, délirer et proposer un univers un peu barré, c’est une bonne chose, mais quand celui-ci part trop en sucettes, la forme étant mise en avant au détriment du fond, alors, c’est que quelque chose cloche, et ici, c’est malheureusement le cas… 

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