samedi 16 novembre 2013

SANCTUAIRE – MÔTH


SANCTUAIRE – MÔTH

Alerté par un mystérieux signal de détresse, l’USS Nebraska, sous-marin nucléaire américain, s’engage au fond d’une gigantesque faille rocheuse. Là, l’équipage découvre l’entrée d’un sanctuaire antédiluvien. Ils y envoient une première équipe de reconnaissance… qui ne donne aucun signe de vie sitôt la porte du sanctuaire refermée. Le commandant décide alors d’aller sauver ses hommes en prenant la tête d’une seconde équipe. A l’intérieur du sanctuaire orné d’inquiétantes sculptures sumériennes, ils sont immédiatement pris en chasse par une créature démoniaque. Au même moment, une folie meurtrière s’empare des membres de l’équipage. Sabordé par l’un d’entre eux, le sous-marin est en péril. Les officiers se disputent deux alternatives. Les plus égoïstes veulent s’enfuir à bord d’un bathyscaphe ne pouvant contenir que 5 personnes, et laisser l’équipage périr dans l’implosion du submersible. Les autres optent plutôt pour une hypothèse plus hasardeuse : percer la cloison supérieure de la faille et faire sortir tout le monde… en plein cœur du désert syrien ! Ils sont encore bien loin d’imaginer la véritable problématique de leur situation…

Au tout début de mes congés estivaux, en juillet dernier, je vous avais présenté le premier tome d’une énième bande dessinée (car bon, comment dire, le genre est plutôt pas mal représenté sur ce blog), un certain Sanctuaire, paru au tout début des années 2000 et œuvre d’un duo d’auteurs pour le moins fort talentueux : Xavier Dorison (Troisième Testament et les Sentinelles) et Christophe Bec (Prométhée). Partant d’un postulat de départ qui n’était pas forcément original en soi – un lieu clos, le sous-marin nucléaire américain, la découverte d’anciennes ruines cyclopéennes, une menace indicible et tout qui part en cacahouètes pour ne pas dire autre chose de plus cru – ce premier volume n’en s’en était pas moins avéré etre plutôt agréable suite a sa lecture, ce que la suite, Le puits des abîmes, avait confirmer. Cependant, tout n’était pas parfait non plus : si le scénario tenait suffisamment la route, comme je l’ai dit, le manque d’originalité se faisait tout de même sentir, mais plus que cela, les dessins de Christophe Bec, ne me semblaient pas forcément à la hauteur de ce que celui-ci a réalisé par la suite, sur d’autres œuvres. Car si pour les décors, il n’y avait rien à redire, les visages des différents protagonistes, prétendument copiés sur ceux d’acteurs hollywoodiens (bon, j’ai reconnu Johnny Deep par contre, Bruce Willis, je n’ai jamais su qui c’était) bien trop semblables entre eux, faisaient que, la plus part du temps, on se perdait à se demander qui était qui – déjà que les personnages n’étaient pas vraiment charismatique, vous imaginer la galère lors de la lecture !? Enfin bon, malgré cela, les deux premiers volumes de Sanctuaire, s’ils ne révolutionnaient pas le genre, restaient tout de même dans la moyenne haute du genre et laissaient envisager un final du même acabit.

Ce final, justement, j’ai pu le fantasmer pendant un peu plus de deux mois puisque ce n’est qu’il y a quelques jours à peine que je me le suis procurer et lu – depuis la rentrée, entre les économies à faire suite à mon déménagement et pas mal d’achats de Playmobils, les bande dessinées furent reléguées de coté en attendant des jours meilleurs. Et donc, le week-end dernier (oui, il m’aura fallu du temps pour m’atteler à l’écriture de cette critique), j’étais assez confiant quant au contenu de ce dernier tome de Sanctuaire, même si, après coup, je pense que j’aurais probablement dut relire ses prédécesseurs afin de me rafraichir la mémoire, quoi que, cela n’aurait probablement rien changé au problème. Hein, quoi, comment, quel problème ? Eh bien, comment dire, disons que ce troisième volume de Sanctuaire, répondant au doux nom de Môth (le fameux dieu sur lequel tombe l’équipage de l’USS Nebraska au cours de ses pérégrinations) fut loin, bien loin d’etre à la hauteur de mes espérances, me laissant avec une impression plus que mitigée. Mais alors, qu’est-il arrivé au cours de ce troisième tome, surtout que, comme je l’ai rappelé dans le paragraphe précédent, jusque-là, si cette bande dessinée n’était pas forcément un chef d’œuvre, elle n’en était pas moins plutôt bonne dans l’ensemble ? Disons que si dans les grandes lignes, il n’y a pas grand-chose à dire, si les qualités et les défauts présents précédemment sont toujours au rendez-vous, bref, que tous les éléments étaient au rendez-vous pour que ce final soit à la hauteur des débuts de la saga, ici, les points négatifs prennent malheureusement le pas sur les positifs : les dessins, bien entendu, mais là, il n’y a rien de nouveau, on a compris le problème de Bec depuis les toutes premières pages de la saga, mais surtout, le scénario, oui, surtout le scénario. Selon moi, Sanctuaire fait partie de cette catégorie de BD qui partent avec un postulat de départ excellent ou, du moins, plutôt bon, mais qui pèche par une conclusion loin d’etre à la hauteur des espérances qu’on pouvait avoir. Certes, cette fin, en soi, n’est pas mauvaise et, aussi pessimiste et terrible soit-elle (attention spoiler : afin d’éviter à l’humanité de connaitre une éternité de souffrance dans les mains d’un dieu maléfique, l’un des héros préfère en finir avec elle, provoquant de fait un génocide), elle convient parfaitement a la série, cependant, quel dommage que tout cela ne soit pas un peu développée, quel dommage que les auteurs n’aient pas un peu mieux broder l’ensemble, quitte a qu’un que la saga soit composé d’un quatrième tome. Car en l’état, il manque un petit quelque chose, malheureusement…


Après quelques jours de recul, je ne peux tout de même m’empêcher de me demander si je n’aurais été plus indulgent avec ce dernier tome de Sanctuaire si je n’avais pris autant de temps pour le lire ? Une lecture de l’intégralité de la saga qui ne ce serrait pas étirée dans le temps aurait-elle changé quelque chose ? Je ne sais pas, peut-être un peu mais je ne démordrais pas un iota sur mes principales critiques, c’est-à-dire, le fait que les dessins pèchent pas mal pour ce qui est du visage des protagonistes, ce qui embrouille le lecteur, et que le final me semble plus qu’expédié par les auteurs. Bien entendu, cela reste un avis personnel et dans l’ensemble des critiques que j’ai pu lire au sujet de ce dernier tome de Sanctuaire, je dois reconnaitre que les avis sont plutôt positifs, mais bon, si j’ai été déçu, je ne vais pas m’en cacher non plus. Enfin bon, malgré un final en deçà de ce à quoi je m’attendais, cette trilogie des sieurs Dorison et Bec n’en reste pas moins une bonne BD, plutôt plaisante et qui aurait pu atteindre un pallier qualitatif supérieur si ce n’étais tous ces défauts. Enfin bon, on ne peut pas toujours tomber sur des chefs d’œuvres non plus, même si on voudrait que ce soit toujours le cas… 

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