mardi 5 novembre 2013

TRANSFORMER


TRANSFORMER

Lou Reed, 1972

1 – Vicious (Lou Reed) 2:58
2 – Andy's Chest (Lou Reed) 3:20
3 – Perfect Day (Lou Reed) 3:46
4 – Hangin' Round (Lou Reed) 3:35
5 – Walk on the Wild Side (Lou Reed) 4:15
6 – Make Up (Lou Reed) 3:00
7 – Satellite of Love (Lou Reed) 3:42
8 – Wagon Wheel (Lou Reed) 3:19
9 – New York Telephone Conversation (Lou Reed) 1:33
10 – I'm So Free (Lou Reed) 3:09
11 – Goodnight Ladies (Lou Reed) 4:21


Le dimanche 27 octobre dernier (il fallait que ce soit un dimanche), disparaissait, comme vous le savez probablement, l’une des figures les plus importantes de la musique populaire occidentale de la seconde moitié du vingtième siècle, je veux bien évidement parler de Lou Reed. L’une des plus importantes, certes, mais pas la plus connue, bien au contraire, car le sieur Lou, entre ses débuts chaotiques au côté de son vieux compère John Cale avec le Velvet Underground qui, en plein Flower Power et d’amour niais en veux-tu en voilà, nous narraient les tréfonds de l’âme humaine, vendant au passage, au mieux, un millier de disques – mais comme le dit plus tard Brian Eno, chaque personne qui en acheta un forma un groupe – et une carrière en dents de scies qui ne le vit connaitre le succès qu’a une seule reprise, on ne peut pas vraiment dire que notre regretté Lou Reed disposait de toutes les cartouches pour se faire connaitre du grand public. Mais comme dirait l’autre, « fuck le grand public » car les vrais amateurs, eux, connaissaient l’animal… après, pour ce qui était de l’apprécier, c’était une autre affaire mais peu importe. Lou Reed nous a donc quitter, il y a de cela un peu plus d’une semaine et même s’il n’était plus connu que d’une poignée de gens, avec sa disparition, le monde de la musique a perdu, une fois de plus, l’un de ses grands noms.


Et donc, je ne pouvais pas rendre meilleur hommage à celui-ci qu’en vous proposant la critique, justement, du seul album qui le vit connaitre le succès, je veux bien évidement parler de Transformer, son second opus en solo après avoir quitté le Velvet au début des années 70. Trop facile comme choix ? Certes, et je ne le nie pas, mais bon, quelque part, c’était ça ou un disque du Velvet, et comme cela faisait longtemps, justement, que je n’avais pas eu l’occasion d’écouter cet album, je me suis dit que l’occasion de le faire était parfaite ; dont acte.

Et justement, ce fut un véritable plaisir que de me replonger dans ce superbe album, de réécouter certains titres comme Vicious, Andy's Chest, Satellite of Love, le sublime Perfect Day et, forcément, le parfois trop célèbre Walk on the Wild Side (probablement la seule chanson de Lou Reed que tout le monde connait même si la plus part des gens ne savent pas qu’elle est de lui), de me souvenir à quel point j’appréciais cet album et de me demander, du coup, par quelle aberration cela faisait aussi longtemps que je ne l’écoutais pas ?! Mais bon, quoi qu’il en soit, plus de quatre décennies (comme le temps passe vite) après la sortie de ce Transformer, alors que tout et son contraire fut raconté, souvent de fort belle manière, au sujet de cet album, que pourrais-je ajouter de plus que de simples banalités ? Que le père Lou, sorti du caniveau ou presque par un Bowie fan du personnage et alors au sommet de sa gloire, doit énormément a celui-ci ainsi qu’a Mick Ronson, le premier produisant la chose et le second nous livrant une performance aussi bonne si ce n’est meilleure que dans un certain The Rise and Fall of Ziggy Stardust and the Spiders from Mars, mais que, malgré cela et quoi qu’on pourrait en penser, les titres sont tous de Lou Reed et que malgré l’habillage et les postures glam, malgré l’importance indéniable des deux anglais, nous avons là un Lou Reed au sommet de sa forme et qui nous livre une prestation et un album de tout premier ordre. Que ce soit les chansons, les mélodies, les paroles et les sujets traités, le père Lou sans donne à cœur joie, nous entrainant, comme à son habitude, dans les bas-fonds de New-York aux cotés de prostituées, de travestis, de gays en veut-tu en voilà, de camés notoires, de fêtards indécrottables et d’individus qui, franchement, n’ont pas une vie facile… Et au-dessus de tout ça, toujours la voie de Lou Reed, parfois chantant, souvent parlant, portant sur l’ensemble un regard désabusé, le siens.


Comme il se doit, Transformer ne fut pas très apprécié par une certaine frange des fans du personnage : forcément, un artiste maudit qui ne vend jamais plus d’une centaine d’albums, cela ne peut paraitre suspect que lorsqu’il réussit. Du coup, pour cette raison, l’album fut blacklisté par certains et Bowie condamné à l’échafaud, ce qui me semble pour le moins ridicule. A mes yeux, Transformer est bel et bien un bon disque, que dis-je, un grand disque et fort probablement, du moins c’est mon avis, le meilleur de la carrière de Lou Reed en dehors de sa période Velvet Underground ; après, bien entendu, les gouts et les couleurs… Quoi qu’il en soit, entre les compositions de Lou Reed dont certaines sont tout bonnement géniales, l’implication de Mick Ronson vraiment excellente et un Bowie qui chapote le tout – en nous livrant quelques magnifiques chœurs de ci de là – nous avons au final un album mythique, l’un de ceux que tout amateur digne de ce nom se doit de posséder dans sa discothèque, bien entendu. 

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