jeudi 12 mars 2015

LES AVENTURES DE TINTIN – COKE EN STOCK


LES AVENTURES DE TINTIN – COKE EN STOCK

En sortant d'un cinéma en compagnie de Tintin, le capitaine Haddock heurte le général Alcazar, qui perd son portefeuille. Tintin tente de le lui rapporter. A l’hôtel, Tintin dresse un portrait du Général mais il est inconnu à l'hôtel où il est censé être descendu. De retour au château de Moulinsart, Tintin et le capitaine découvrent qu'Abdallah et sa suite s'y sont installés. Par ailleurs, ils apprennent le lendemain par les Dupondt que le Général est venu en Europe pour négocier des avions qui lui permettront de renverser le Général Tapioca, ainsi que le véritable hôtel dans lequel séjourne Alcazar. En allant lui rapporter son portefeuille, qui contient notamment des photographies de chasseur-bombardier Mosquitos, Tintin et Haddock le retrouvent en conversation avec Dawson, l'ex-chef de la police internationale de Shanghai. Le capitaine Haddock lui rend son portefeuille pendant que Tintin suit discrètement Dawson, et surprend une discussion sur un mystérieux trafic d'armes. De retour à Moulinsart, il apprend par le journal qu'un coup d'État s'est produit au Khemed, perpétré par l'ennemi juré de l'émir Ben Kalish Ezab, le cheikh Bab El Ehr, ce qui explique la présence d'Abdallah au château. Tintin (voulant aider l'émir) et Haddock (voulant fuir Abdallah) décident de se rendre au Khemed.


Les Aventures de Tintin – Coke en Stock
Editeur : Casterman
Scénario : Hergé, Jacques Martin
Dessins : Hergé, Jacques Martin
Couleurs : Hergé, Jacques Martin
Couverture : Hergé
Genre : Aventure, Franco-Belge
Pays d’origine : Belgique
Langue d’origine : français
Parution : 1958
Nombre de pages : 62

Mon avis : Le plus célèbre des reporters est plutôt présent sur ce blog ces dernières semaines puisque, après vous avoir proposé la critique de Tintin au Pays de l’Or Noir fin février dernier, voici qu’aujourd’hui, je m’attèle à un certain Coke en Stock. Pour la petite histoire, cet album était l’un de mes préférés étant enfant même si, aujourd’hui, je ne sais plus très bien pour quelle raison ? Hum, pour la présence de Szut, qui fait ici sa première apparition et que l’on retrouvera par la suite dans Vol 714 pour Sidney, personnage assez attachant ? Pour un Capitaine Haddock encore plus déchainé que d’habitude ? Pour le nombre conséquent de seconds rôles présents dans l’album ? Probablement pour tout cela a la fois a quoi s’est ajouter, maintenant que je suis adulte depuis longtemps, la thématique de cette aventure, je veux bien évidement parlé de l’esclavage moderne. Car bien entendu, si comme dans Tintin au Pays de l’Or Noir, on retrouve le Khemed, contrée moyen-orientale imaginaire et donc, par la force des choses, les personnages qui y sont liés – un certain Abdallah – force est de constater que ce qui marque avant toute chose ce Coke en Stock, c’est justement ce trafic d’esclaves, en plein milieu du vingtième siècle, chose que l’occident découvrait alors avec stupéfaction et dont les victimes, comme toujours, étaient ces pauvres africains sub-sahariens et leurs bourreaux, a une époque où le politiquement correct ne sévissait pas encore, étaient issus du nord de l’Afrique et du Moyen-Orient. Par le biais de Tintin et Haddock, Hergé, donc, engagé contre la chose, fait vivre a ses héros une aventure bien plus sombre que d’habitude, plus sérieuse et, une fois de plus, fait preuve d’une vista incroyable en annonçant, bien des années avant que la chose ne soit connu, les collusions entre les multinationales et certains pays, les premières faisant et défaisant les régimes, suivant leurs intérêts. Plus adulte, sans nul doute destiné à un public moins enfantin, Coke en Stock n’en est pas moins un Tintin type, c’est-à-dire, que l’humour est toujours fortement présent, et justement, rien que pour la fameuse question d’Alan – est ce que le Capitaine Haddock dort avec la barbe sous la couverture ou au-dessus – devenu culte, on a un parfait exemple que, même en abordant une thématique sérieuse, Hergé savait toujours distillé tout ce qui avait toujours fait la grande force de sa plus belle création, c’est-à-dire, un mélange d’aventure, d’exotisme, d’avant-garde mais aussi, bien entendu, d’humour, et même si, objectivement, Coke en Stock n’est pas le plus réussi des albums de Tintin, il n’en reste pas moins excellent, et ce, même après moult relectures…


Points Positifs :
- Une thématique plus sérieuse qu’a l’accoutumée pour ne pas dire sombre : l’esclavage moderne, qui n’avait pas disparu, et que l’occident avait découvert avec stupéfaction quelques années avant la publication de cet album. D’ailleurs, si l’on voudrait enfoncer le clou sur le sujet, le sort des travailleurs dans certains pays comme le Qatar nous montre bien que les choses n’ont guère changées, bien au contraire.
- Esclavage, bien sur, mais aussi trafic d’armement international, liens entre multinationales et certains pays dont les premières font et défont les gouvernements, suivant leurs intérêts ; les thématiques sont nombreuses et pas des plus joyeuses.
- Fort heureusement, l’humour, lui, est toujours présent et ce, particulièrement par le biais d’un Capitaine Haddock, sans nul doute le personnage le plus réussi de l’univers Tintin, complètement déchainé et a qui il arrive absolument tout.
- Première apparition de Szut, un personnage que j’aime bien.
- Un casting exceptionnel où les seconds rôles sont légions.
- J’aime particulièrement la couverture de cet album.
- Bien évidement, il n’y a pas de mauvais Tintin, chaque album étant, à sa façon, excellent.

Points Négatifs :
- Un album plus adulte, abordant des thématiques plus sérieuses, c’est une bonne chose, cependant, pour les plus jeunes, je ne pense pas qu’ils puissent saisir toutes les subtilités scénaristiques… d’un autre coté, Tintin, comme on disait autrefois, cela se lisait de 7 a 77 ans, alors, ce n’est pas si grave que ça…
- Je reconnais que, en 2015, voir les personnages dirent « des noirs », cela peut choquer un peu, mais bon, il faut aussi savoir se remettre dans le contexte de l’époque et ne pas juger des œuvres vieilles de 50, 100 ans, ou plus, avec notre regard d’aujourd’hui.

Ma note : 8/10

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