samedi 19 août 2017

13 REASONS WHY – SAISON 1


13 REASONS WHY – SAISON 1      

Clay Jensen, un adolescent de dix-sept ans, reçoit une boîte contenant sept cassettes de la part d'une de ses amies, Hannah Baker, qui a mis fin à ses jours quelques semaines plus tôt. Ces sept cassettes, composées chacune de deux faces à écouter, contiennent chacune des treize raisons qui ont poussé Hannah à prendre cette décision. Chaque face correspond également à une personne qu'elle considère comme responsable de son acte. Perturbé par la réception de ces cassettes, Clay va vite découvrir au fur et à mesure des révélations d'Hannah que ses camarades ne sont pas vraiment ce qu'ils laissent paraître.


13 Reasons Why – Saison 1
Réalisation : Brian Yorkey
Scénario : Tom McCarthy
Musique : Eskmo
Production : July Moon Productions, Kicked to the Curb Productions, Anonymous Content et Paramount Television
Genre : Drame
Titre en vo : 13 Reasons Why – Season 1
Pays d’origine : États-Unis
Chaîne d’origine : Netflix
Diffusion d’origine : 31 mars 2017 – 31 mars 2017
Langue d'origine : anglais
Nombre d’épisodes : 13 x 56 minutes

Casting :
Dylan Minnette : Clay Jensen
Katherine Langford : Hannah Baker
Christian Navarro : Tony Padilla
Alisha Boe : Jessica Davis
Brandon Flynn : Justin Foley
Justin Prentice : Bryce Walker
Miles Heizer : Alex Standall
Ross Butler : Zach Dempsey
Devin Druid : Tyler Down
Amy Hargreaves : Lainie Jensen
Derek Luke : Kevin Porter
Kate Walsh : Olivia Baker
Josh Hamilton : Matt Jensen
Brian d'Arcy James : Andy Baker
Michelle Selene Ang : Courtney Crimsen
Sosie Bacon : Skye Miller
Steven Weber : le principal Gary Bolan
Mark Pellegrino : shériff Standall
Henry Zaga : Brad
Steven Silver : Marcus Cole
Tommy Dorfman : Ryan Shaver
Ajiona Alexus : Sheri
Keiko Agena : Pam Bradley
Brandon Larracuente : Jeff Atkins
Timothy Granaderos : Montgomery de la Cruz

Mon avis : Indéniablement, 13 Reasons Why fait parti de ce genre d’œuvres qui ne laissent personne indifférent, et ce, que cela soit en bien comme en mal ; ainsi, si certains ont put portées aux nues cette série de chez Netflix, louant ses louanges, encore et encore, d’autres n’ont pas hésités à la descendre en flèche, ne pointant du doigt que ses défauts. Les choses, comme souvent, ne sont pas aussi simples et si, effectivement, on peut regretter principalement deux choses, c’est-à-dire, la longueur excessive de certains épisodes qui ne se justifiait pas et la solution de facilité qui fut de nous pondre une seconde saison, alors que cela n’était pas forcément nécessaire, force est de constater que, pour le reste, 13 Reasons Why est une bonne, que dis-je, une très bonne série. Il faut dire que malgré mon peu d’attrait pour ces histoires mettant en scène des adolescents et leur vie au lycée, rien qu’en lisant le postulat de départ de cette série, j’ai été attiré par celle-ci : une jeune fille s’est suicidé, elle a enregistré sa confession sur des K7 audio et un de ses amis les écoute afin de savoir pourquoi elle avait commis ce geste fatal. Bien sur, le spectateur n’est pas dupe et comprendra aisément qu’il faudra patienter jusqu’au tout dernier épisode pour connaitre les tenants et les aboutissements de ce suicide, cependant, et c’est là une des grandes forces de ce 13 Reasons Why, c’est que, en se concentrant sur un protagoniste lors de chaque épisode, en mêlant habilement passé et présent et, accessoirement, en nous rappelant au passage les ravages commis par les harceleurs et comment cela peut entrainer certains gamins au suicide, nous avons là une œuvre bien plus profonde qu’on aurait put le penser de prime abord. Bien évidement, il y a les jeunes acteurs qui ne sont pas pour rien pour la réussite de cette série et si, bien évidement, les deux protagonistes principaux sont ceux qui brillent le plus, quand je pense a des Justin, des Alex ou des Jessica, pour ne citer que les plus évidant, je me dis que 13 Reasons Why brille également de par ses protagonistes qui marquent durablement les esprits. Bref, une série dont je n’avais jamais entendu parler jusqu’à il y a peu de temps mais qui m’a franchement emballer, pour ne pas dire, captiver même par moments. Quand au besoin d’une seconde saison ? Selon moi, ce n’était pas nécessaire, mais bon, vu le final de la première et vu ce que celui-ci laisse sous entendre comme suite possible, je me dis que celle-ci pourrait fort bien être intéressante…


Points Positifs :
- Traiter du harcèlement en milieu scolaire et du suicide chez les adolescents n’est pas une chose aussi simple qu’on pourrait le penser, or, cette série y parvient et le fait d’ailleurs de manière fort intelligente. Ainsi, d’épisodes en épisodes, on découvre petit à petit comment une adolescente, moqué de tous, bascule de plus en plus au point de commettre l’irréparable.
- Chapeau bas a la quasi-intégralité du casting – pour la plupart composé d’acteurs plutôt jeunes – pour la manière dont ils campent les nombreux protagonistes. Bien évidement, Dylan Minnette et Katherine Langford qui jouent les deux personnages principaux crèvent l’écran, mais ceux qui interprètent Alex, Justin ou Jessica ne sont pas en reste.
- 13 épisodes, 13 faces de cassettes à écouter et un personnage mis en avant à chaque fois. Le déroulement de la saison est simple mais terriblement efficace, surtout qu’il nous permet, petit à petit, d’en apprendre davantage sur les causes et les responsabilités de chacun quand au suicide de Hanna Baker.
- Certaines scènes sont dures, très dures mêmes, cependant, elles ne font, finalement, que retranscrire une certaine violence quotidienne ayant lieu en milieu scolaire ; car bon, si tout arrive a Hanna Baker, tout le monde a dut subir au moins une fois des brimades ou s’est moquer de quelqu’un…
- Même si l’on peut être dubitatif quand a l’intérêt d’une suite, les pistes annoncées n’en restent pas moins intéressantes.
- Les fans de Grey’s Anatomy retrouveront avec plaisir Kate Walsh.

Points Négatifs :
- Certains épisodes sont beaucoup trop longs et l’on peut douter de l’intérêt de prolonger excessivement certains de ces derniers – curieux tout de même que certains épisodes duraient 40 mn tandis que d’autres flirtaient allègrement avec les une heure !?
- Si 13 Reasons Why s’était conclu au bout d’une saison, on aurait été proche de la perfection, une suite n’étant pas nécessaire.
- Certains personnages sont un poil trop stéréotypés.

Ma note : 8/10

vendredi 18 août 2017

LE FABULEUX MAURICE ET SES RONGEURS SAVANTS


LE FABULEUX MAURICE ET SES RONGEURS SAVANTS

Les déchets magiques de l'Université de l'Invisible ont transformé le chat Maurice et les rats des environs en créatures super intelligentes, dotées de parole et d'une conscience du monde très aiguë. Maurice est devenu le roi de l'arnaque. Avec sa bande de rats, il parcourt les cités qu'il pille joyeusement en simulant des invasions, grâce à un complice benêt, le joueur de flûte. Mais arrivés à Bad Igoince, la petite bande tombe sur un os. Un village sans rats où vivent pourtant des chasseurs de rats, voilà qui est étrange. Voire carrément malsain...


Le Fabuleux Maurice et ses rongeurs savants
Auteur : Terry Pratchett
Type d'ouvrage : Fantasy Burlesque
Première Parution : 06 novembre 2001
Edition Française : 10 avril 2008
Titre en vo : The amazing Maurice and his educated rodents
Pays d’origine : Grande-Bretagne
Langue d’origine : Anglais
Traduction : Alain Névant
Editeur : Pocket
Nombre de pages : 285

Mon avis : Terry Pratchett et sa longue saga du Disque Monde... Je dois avouer que bien que connaissant l’auteur et son œuvre culte depuis des années (mais, pour les amoureux de la Fantasy et de SF, qui n'en a jamais entendu parler ?), je ne m’étais jamais hasardé à plonger dans l'un de ses romans. Peut être préférais je, avant, découvrir des œuvres dites plus« sérieuses », laissant pour plus tard cette saga humoristique qui parodie si bien les travers de Tolkien et de ses suiveurs. Mais a force d’attendre, le temps s’écoulait et peut-être que sans ce brave Maurice et ses rats, je n’aurais jamais franchis le pas ? Cependant, un livre qui a pour personnages principaux un chat, des rats et un joueur de flûte ne pouvait qu'interpeller ma curiosité. Et je ne le regrette pas le moins du monde car franchement, quel agréable moment j’ai passé a la lecture de ce Fabuleux Maurice et ses rongeurs savants. Bien évidement, vu que c’était du Pratchett et pour tout le bien que j’en avais entendu parler depuis des années, je m’attendais a rire et sur ce point, je ne fus pas déçu, mais il y a humour et humour, et dans le cas présent, Maurice n’est pas un humour bête mais plutôt un humour fin : en effet, Pratchett manie a la perfection l'art de la parodie, sachant mêler les légendes les plus connues comme celle du fameux joueur de flûte qui ère de villages en bourgs afin de chasser les rongeurs aux contes animaliers ; et l'on y croit ! Dès le début de l’ouvrage, on rentre dans le feu de l'action avec l'attaque de la diligence et l'intervention des rats, et voir ceux ci discuter le tout naturellement du monde me sembla parfaitement naturel. Mais l’auteur y est pour beaucoup, sachant donner a ses personnages principaux (mais également aux secondaires, ce qui est un tour de maître) une personnalité différente pour chacun, mais détaillée et crédible. Maurice, bien sur, calculateur et intéresser comme peut l’être un chat, mais a l’âme plus noble qu'il le croit lui même. Pistou, l’idéaliste qui rêve d'un grand destin pour son peuple. Noir Mat, meneur dans l’âme. Pur-Porc, le vieux chef, peut être le plus touchant, regrettant l’ancienne vie et ses règles simples ou il ne fallait pas réfléchir. Keith, le joueur de flûte, bien plus malin que l'on pourrait croire. Et pour finir, car je ne souhaite pas détailler tous les personnages même si l’envie est forte, Malicia, qui pour elle, chaque instant de l’existence a un rapport avec les contes de fées et est prétexte a une grande aventure. Alors, l'on suit avec plaisir les diverses péripéties de ces héros, dans des moments dramatiques ou plus heureux. Entre les nombreuses scènes d’action qui parsèment l’histoire, celles remplies d'humour, ou les autres, plus calmes, où des petits rongeurs pensent a l'avenir, au but de l'existence, a leur créateur, on ne s'ennuie pas une seconde. Et lorsque l'on sait que le mystérieux Roi des Rats rode, le plaisir ne peut en être que décuplé ! Et comme l'on est dans un conte, bien entendu, la fin ne sera pas malheureuse... Le fabuleux Maurice et ses rongeurs savants vous attendent, et il serait dommage de passer a coté d'une œuvre aussi réussie et rafraichissante. Personnellement, si les autres volumes du Disque Monde sont de la même veine, tout ceci m’a donné envie de découvrir le reste de la saga.


Points Positifs :
- Pour la petite histoire, Le fabuleux Maurice et ses rongeurs savants n’est pas un volume officiel du Disque Monde mais en fait, un ouvrage davantage destiné aux plus jeunes (pourtant, en le lisant…), cependant, pour un truc soit disant a part, quel coup de maitre de la part de Terry Pratchett, un auteur que je découvre donc par le biais de ce roman, et qui livre là une œuvre a la fois humoristique mais bien plus fine et touchante qu’on ne pourrait le penser de prime abord.
- Une belle petite flopée de personnages hauts en couleurs avec, en tête de liste, Maurice, bien sur, ce chat magouilleur mais qui n’en possède pas moins un cœur d’or, Malicia, franchement drôle dans son obsession des contes de fées, et, bien sur, les divers souris comme Pistou, Noir Mat ou Pur-Porc.
- Oui, c’est de la Fantasy burlesque c’est-à-dire que les canons du genre sont utilisés et parodiés à l’extrême, cependant, avec talent et c’est le principal.
- La légende du Joueur de Flute de Hamelin, celle du Roi des Rats… Pratchett use avec talent de celles-ci dans son histoire.

Points Négatifs :
- Certains, hélas, trouveront tout cela un peu trop enfantin – hein, quoi, comment, un truc avec des chats et des rats qui parlent – voir trop simpliste, préférant sans nul doute des œuvres plus sérieuses. Dommage car si ce récit est destiné a un public plus jeune, il n’en reste pas moins excellent dans son ensemble.
- La fin est un peu trop rapide de mon point de vu… j’aurai préféré quelques pages supplémentaires histoire de connaitre un peu le sort de tous les protagonistes. Mais bon, dans l’ensemble, c’est un roman plutôt court et c’est peut-être là où le bat blesse.

Ma note : 7,5/10

jeudi 17 août 2017

GLORIANA OU LA REINE INASSOUVIE


GLORIANA OU LA REINE INASSOUVIE

En ce nouvel âge d'or, Gloriana règne sur Albion et son empire. Si la cour vit au rythme de la reine, le gouvernement repose sur le chancelier Montfallcon et son réseau d'espions et d'assassins. Parmi eux, l'énigmatique et redoutable capitaine Quire. Et tandis que la reine de vertu languit dans son palais creusé de souterrains mystérieux, Quire, le prince du vice, trame dans l'ombre l'écheveau complexe de ses intrigues... Albion n'est pas l'Angleterre, Londres n'est plus dans Londres et le monde de la Renaissance a changé; de même Gloriana n'est pas Elisabeth Ier. Pourtant...


Gloriana ou la Reine inassouvie
Auteur : Michael Moorcock
Type d'ouvrage : Fantasy
Première Parution : 11 octobre 1978
Edition Française : 11 octobre 2000
Titre en vo : Gloriana or the Unfulfill'd Queen
Pays d’origine : Royaume-Uni
Langue d’origine : anglais
Traduction : Patrick Couton
Editeur : Folio SF
Nombre de pages : 570

Mon avis : Et si, contre toute attente, et malgré le monument de l’Heroic Fantasy qu’est Elric, ce Gloriana ou la Reine inassouvie était tout simplement le meilleur roman de Michael Moorcock ? Cela se pourrait bien à bien y réfléchir et, sincèrement, après deux lectures, cette impression s’est renforcée. Mais mettons les choses au point tout de suite : incontestablement, il est évidant que la saga d’Elric, dans son ensemble, est supérieure à toute autre production de Moorcock ; de part la classe et le charisme de son personnage principal, de part son cruel et triste destin, de part le simple fait que le cycle du prince albinos est depuis ses débuts, entré dans la légende de la littérature fantastique. Mais Elric souffre aussi de son écriture, écrite sur plusieurs décennies, où le meilleur, voir le sublime, côtoie le moyen, et le lecteur, lors de sa lecture, peu en être perturber. Quelque part, Corum n’en est pas loin également de la perfection, surtout que cet autre avatar du Champion Eternel, lui, est exempt des défauts de son glorieux et célèbre ainé. Mais Gloriana, sans atteindre le souffle épique des divers cycles consacrés au Champion Eternel, n’en possède pas moins une force, une cohésion, une intensité rarement atteint, tant chez Moorcock, qu’en règle générale. Car sans aucune discussion possible, avec Gloriana ou la Reine inassouvie, l’auteur britannique tient là presque son chef d’œuvre, un petit bijou comme on n’en voit que trop rarement. Cette fois ci, finis le « format » nouvelles et les cycles en x volumes, avec Gloriana, Michael Moorcock nous offre un roman qui se suffit à lui seul, flirtant bon avec la bonne vieille Uchronie des familles, même si, d’un point de vue stricte du terme, ce n’en est pas vraiment une : en effet, ici, point d’élément perturbateur dans la trame du temps qui aurait fait que l’Histoire ait déviée ; car si la Reine Gloriana ressemble par beaucoup à Elisabeth, par l’époque, proche de la renaissance, c’est plus par ses différences d’avec la « Reine Vierge », comme on la surnommait, aux antipodes de celle-ci : Gloriana, autant inassouvie dans ses désirs, malgré ses gargantuesques appétits sexuels, n’en a pas moins une fort nombreuse progéniture. De même, faut-il le souligner, Albion n’est pas l’Angleterre. Non, cet univers, à la fois si semblable au notre malgré ses différences, tient infiniment plus de la cosmologie Moorcockienne du multivers que de l’Uchronie ; ainsi, a la lecture, comment ne pas noter, pour le connaisseur, les multiples clins d’œil a d’autres œuvres du maitre ? Ces personnages qui jurent en utilisant des noms de Dieux du Chaos, comme Arioch ou Xiombarg, ces références subtiles a ce passé, fort lointain, où ces Dieux existaient réellement avant de disparaître ne nous rappellent-elles pas les dernières pages du Cycle d’Elric, lorsqu’un nouveau monde, une nouvelle humanité fait table rase du passé ? Ainsi, malgré son originalité, Gloriana fait partie intégrante du multivers de Moorcock et même si la traditionnelle lute entre le Chaos et la Loi n’est pas flagrante de prime abord, celle-ci, de façon détournée (mais l’œil aguerri du lecteur le notera), n’en existe pas moins. Mais ce qui fait la grande force de ce Gloriana ou la Reine inassouvie, c’est bien évidement son intrigue, son histoire, captivante au possible, que l’on dévore d’un trait ou presque, presque par surprise étant donné qu’au début, l’on peut être dubitatif devant un roman dont l’action se déroule à 95% dans le palais royal ou ses alentours et qui s’attarde quasi exclusivement sur les dialogues entre les nombreux protagonistes. Car que les amateurs d’action et de grandes épopées passent leur chemin, ici, c’est d’intrigues, de psychologie, de désirs (inassouvies pour la plupart, cela va de soit), de paraboles entre une Reine et son Royaume, de poésie (et oui), de sentiments et d’ambitions que l’on va parler, et de la meilleur des façons. Et c’est là la grande force de Moorcock, incontestablement : par le biais de ses personnages, de leurs ambitions, de leurs forces et de leurs faiblesses, l’écrivain britannique nous entraine dans une fantastique histoire, qui semble calme et posée de prime abord, où les apparences sont bien souvent trompeuses et où l’on s’aperçoit que le moindre petit grain de sable (dans le cas présent, le charismatique et ténébreux Quire, vexé que l’on ne reconnaisse pas son « art », et accessoirement, l’un des personnages les plus intéressants de Moorcock) peut venir faire dérailler les plans de toute une vie, ceux du Chancelier Montfallcon, et l’apparente gloire d’un Empire, celui d’Albion. Alors, au gré des pages, tant le royaume que sa Reine, sa sublime mais triste Gloriana, commencent leur chute, inéluctable vers un abyme insoupçonné, tel un navire en perdition, même si la fin, ressemble presque à un happy-end. J’ai bien dit, presque… En toute franchise, et le Cycle d’Elric mis a part pour des raisons évidentes, Gloriana ou la Reine inassouvie est fort probablement la plus grande réussite de Michael Moorcock, presque son chef d’œuvre, tant dans le fond que par la forme. Du moins, c’est ce que j’ai ressentis à sa lecture et personnellement, celui-ci est surement l’un des meilleurs ouvrages qu’il m’ait été donné de lire depuis longtemps, incontestablement. Une véritable perle, a ne pas manquer sans aucun prétexte.


Points Positifs :
- Complètement inclassable, roman a part chez Moorcock, Gloriana ou la Reine inassouvie brille de par son style littéraire, très recherché et qui se rapproche du théâtre de par sa conception. Nous sommes ici à mille lieux de la production traditionnelle de l’auteur.
- Pièce de théâtre aux faux airs d’Uchronie, roman d’aventure où se mêlent poésie, politique et philosophie, Gloriana se démarque également par ses cotés parfois crus et une originalité de chaque instant.
- Si Gloriana, reine qui se dévoue avant toute chose a son royaume mais qui souffre terriblement de ne pas être satisfaite sexuellement marque les esprits, force est de constater que Quire, l’homme de l’ombre, le mauvais garçon, est charismatique au possible et s’il est par moments détestable, l’individu fascine également.
- Certains des seconds rôles ne sont pas en reste, je pense à Lord Montfallcon, bien sur, mais aussi à la Comtesse de Scaith, le poète Wheldrake, etc.
- Le happy-end final en déstabilisera plus d’un mais n’est pas illogique.

Points Négatifs :
- Dommage que vers la fin, les événements se bousculent un peu trop rapidement et que Moorcock n’ai pas consacré davantage de temps à nous proposer un final un poil plus long.
- Gloriana est une œuvre très complexe et qui n’est pas faite pour tous les publics : on adore ou on déteste, il n’y a pas de demi-mesure…

Ma note : 8,5/10

mardi 15 août 2017

HAUTEVILLE HOUSE – DESTINATION TULUM


HAUTEVILLE HOUSE – DESTINATION TULUM

Mai 1864, dans le ciel mexicain. A partir d’un « bi-zeppelin », les forces spéciales de l’empereur Napoléon III lancent une offensive au sol. Leur objectif : intercepter l’agent républicain Gavroche recherché pour conspiration contre l’empereur. Ce dernier, toujours accompagné de son fidèle majordome Georges, fait route vers un temple maya, pour y faire déchiffrer un document top secret par un spécialiste. Poursuivis par l’armée napoléonienne, Gavroche et Georges ne doivent leur salut qu’à l’intervention musclée de Désiré, l’homme à qui ils allaient rendre visite. Après avoir provoqué un bain de sang, les trois hommes se réfugient derrière la lourde porte d’un temple en ruine. Enfin à l’abri, ils entreprennent d’analyser le mystérieux document qui se trouve être un extrait des mémoires d’un chroniqueur d’un certain Cortès. Ce dernier les renseigne sur une arme absolue dont tente de s’emparer l’empire français. Au même moment à Hauteville House, sur l’île de Guernesey, Eglantine est envoyée en mission par le général Duroc, de la résistance française. Elle doit infiltrer la famille du Général de la Touque, proche conseiller de Napoléon en poste au Mexique…


Hauteville House – Destination Tulum
Scénario : Fred Duval
Dessins : Thierry Gioux, Christophe Quet
Couleurs : Carole Beau
Couverture : Manchu, Thierry Gioux
Editeur : Delcourt
Genre : Aventure, Steampunk
Pays d’origine : France
Langue d’origine : français
Parution : 25 mai 2005
Nombre de pages : 48

Mon avis : Pour ce qui est du second volume de cette sympathique saga qu’est Hauteville House, force est de constater que celui-ci est dans la même lignée que son prédécesseur avec un petit plus : une couverture vraiment sublime ! Certes, je sais pertinemment que ce qui compte, c’est le contenu d’une œuvre, et non son apparence, mais bon, de temps en temps, cela fait plaisir de pouvoir avoir les deux : et là, on à tout de même un petit bijou que je ne me lasse pas d’admirer encore et encore. Mais bon, en dehors de ces considérations artistiques, où en est l’histoire en elle-même, puisque c’est cela qui nous intéresse principalement ? Et bien, disons que nos héros, que l’on avait laissés abandonnés en plein désert mexicain à la fin du premier tome n’ont pas un instant de répits : poursuites multiples, affrontements contre les troupes impériales, l’action est une fois de plus au rendez vous. Mais désormais, on n’en sait bien plus sur les plans de Napoléon III et sur les recherches de ses hommes au Mexique. Et là, j’ai forcement été conquis puisque des que l’on me parle de vieilles légendes aztèques, de Dieux qui s’affrontaient sur Terre et de technologie oubliées, je suis aux anges. Car tout cela, on y a droit dans ce Destination Tulum toujours aussi endiablé et prenant. Entre deux scènes d’actions, de nouveaux personnages apparaissent, d’autres sont un peu plus détaillés, le complot se dévoile ainsi que les diverses alliances, et le lecteur pourrait être aux anges si ce ne serait des dessins alternant le bon et le moyen : certaines planches sont parfois limites (trop même, surtout pour ce qui est des personnages), ce qui est dommage et gâche un peu l’impression finale. Mais le tout est néanmoins sauvé par un synopsis suffisamment accrocheur qui permet d’oublier les quelques défauts. Alors, au final, Destination Tulum est entièrement dans la ligne droite de son prédécesseur, ce qui ne fait peut être pas de Hauteville House une série géniale mais tout de même agréable.


Points Positifs :
- Si le premier tome était plutôt prometteur, force est de constater que celui-ci non seulement confirme les bonnes impressions que l’on pouvait avoir vis-à-vis de cette série mais que, en plus, il va encore plus loin, la qualité franchissant indéniablement un nouveau palier : coté aventuresque toujours aussi présent, personnages plus approfondis, quelques révélations sur les plans de l’Empereur, on ne s’ennui pas une seconde.
- Entre le fait que l’on n’en apprend un peu plus sur les origines de cet univers Steampunk mais aussi, le fait que l’on a droit a un soupçon de spiritisme et aux théories des anciens astronautes, l’intrigue gagne en profondeur et ravira les amateurs du genre.
- Pour ce qui est des dessins, je m’en tiendrais a ce que j’avais dit lors de la critique du premier volume, c’est-à-dire, qu’au vu du style particulier de Thierry Gioux, soit on aime, soit on déteste.
- Une couverture exceptionnelle, et je pèse mes mots !

Points Négatifs :
- Même si ce second tome est meilleur que son prédécesseur, force est de constater que Hauteville House est avant tout un sympathique divertissement sans prise de tête et que l’abus de situations convenues et de personnages un poil stéréotypés l’empêchent d’atteindre l’excellence.
- Les dessins de Thierry Gioux, à la fois un point positif comme négatif, suivant que l’on apprécie ces derniers ou pas.

Ma note : 7,5/10

HAUTEVILLE HOUSE – ZELDA


HAUTEVILLE HOUSE – ZELDA

Avril 1864. Le Clovis, un cuirassé du troisième empire mouillant à Rouen, est sur le point d’appareiller pour le Mexique. De nuit, Gabriel Valentin-La-Rochelle, espion infiltré à l’intérieur du bâtiment, s’empare de documents top-secrets. Plus communément appelé Gavroche, cet agent spécial de la république engagé dans la résistance contre le troisième empire, rejoint aussitôt sur Guernesey la base de Hauteville House. Cette demeure appartenant à l’écrivain Victor Hugo, abrite en fait un gigantesque quartier général sous terrain œuvrant pour la restauration de la république. Les documents rapportés du Clovis révèlent alors l’intérêt soudain de Napoléon III pour le Mexique. Souhaitant profiter du désintérêt des USA, trop occupés par leur propre guerre de sécession, pour se préoccuper de la guerre civile mexicaine, Napoléon III a en effet lancé de mystérieuses recherches dans un temple maya. Les forces occultes que souhaite réveiller l’empereur seraient alors susceptibles d’écraser la rébellion Juariste et d’étendre l’emprise de l’empire français au continent sud-américain…


Hauteville House – Zelda
Scénario : Fred Duval
Dessins : Thierry Gioux, Christophe Quet
Couleurs : Carole Beau
Couverture : Manchu, Thierry Gioux
Editeur : Delcourt
Genre : Aventure, Steampunk
Pays d’origine : France
Langue d’origine : français
Parution : 18 février 2004
Nombre de pages : 48

Mon avis : Il y a quelques années environ, je découvrais une petite série chez Delcourt qui ne payait pas de mine de prime abord, et qui, finalement, sans être franchement extraordinaire, possédait quelques qualités pour ne pas avoir à regretter son achat. Son nom : Hauteville House. Celui-ci faisait bien sur référence à la demeure de Victor Hugo, lorsqu’il se retrouva exilé sur l’île de Guernesey, sous le second Empire. Et si le célèbre écrivain n’apparaît que sous forme d’ombre dans la bande dessinée, celle-ci est suffisamment pesante pour que l’on ne cesse de penser à lui.  Œuvre Uchronique comme je les aime, Hauteville House nous entraîne dans un dix-neuvième siècle à la fois semblable et différend du notre : en effet, dans celui-ci, Hugo ne représente pas qu’une résistance passive, bien au contraire puisqu’il se retrouve à la tète d’une puissante organisation plutôt bien équipée qui lutte contre l’Empire de Napoléon le Petit. Mais, comme dans d’autres œuvres Steampunk, la technologie de l’époque s’en trouve fortement modifiée et l’amateur du genre aura le plaisir de retrouver bon nombre d’objets et de véhicules aux relents d’anachronismes et à la technologie fortement inspirer de la révolution industrielle. Dans ce premier volume, forcement, l’on découvre les personnages, l’univers et les enjeux du récit à venir, mais plutôt que de s’attarder en de longues explications, l’auteur nous entraîne rapidement dans le feu de l’action et l’on passe allégrement de scènes d’action pures à d’autres, plus calmes, sans s’ennuyer une minute. Bien évidement, la grande force de ce Zelda est son univers, comme je l’ai déjà dit, et pour que celui-ci fonctionne parfaitement, il fallait des dessins à la hauteur. Bon, là-dessus, je serais un peu moins enthousiaste vu que je n’ai pas forcement accroché à l’artiste, même si certaines planches sont fort bien réussies. Peut être est-ce ce coté un petit peu simpliste qui m’a gêner mais là, je dois avouer que je chipote un peu, vu qu’au final, les dessins collent plutôt bien au récit. Reste les personnages : ceux-ci sont peut être stéréotypés au possible (le beau gosse aventurier et casse coup, la femme fatale, la prude jeune femme qui cache un passé difficile etc.), mais assez attachants. Certes, il ne faudra pas s’attendre à de grandes surprises avec eux mais bon, après tout, on se retrouve avec une belle petite saga qui débute, ma foi, fort joliment, et même si ce ne sera pas un chef d’œuvre, Hauteville House promet de bons moments divertissants, ce qui, part les temps qui courent, n’arrive pas toujours. Au final, un bon premier volume que ce Zelda avec un seul credo : l’aventure !


Points Positifs :
- Un univers certes loin d’être d’une grande originalité mais qui n’en reste pas moins sympathique. Certes, c’est du Steampunk pur et dur mais cela ravira les amateurs du genre.
- Un petit vent de fraicheur découle de ce premier album de Hauteville House et en fait un divertissement agréable où règne un seul mot d’ordre : l’aventure ! Et puis, on voit du pays dans ce premier tome où nos héros partent faire un tour du coté du Mexique.
- C’est moi où il y a de petits airs des Mystères de l’Ouest !?
- Les dessins de Thierry Gioux sont particuliers et je pense que son style fait que l’on aime ou on déteste, cependant, sans être un grand fan de l’artiste, je reconnais que je me suis fait a ce dernier et que certaines planches sont pas mal.
- Une fort belle couverture.

Points Négatifs :
- Si Hauteville House est une bande dessinée plutôt sympathique et plaisante, il apparait que son manque d’originalité, sur certains points, lui nuisent un peu et l’empêchent d’être un incontournable.
- Les dessins de Thierry Gioux : comme je l’ai dit, au vu de son style particulier, soit on aime, soit on déteste et je comprends parfaitement que certains n’accrochent pas du tout. Perso, je ne suis pas un grand fan.
- Les personnages sont trop stéréotypés pour être inoubliables, mêmes s’ils ne dénotent pas vraiment dans l’ensemble…

Ma note : 7/10
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