dimanche 6 août 2017

LE NOMADE DU TEMPS


LE NOMADE DU TEMPS

Soldat de Sa Majesté en mission au Kumbalari, un état limitrophe du Tibet, le capitaine Oswald Bastable survit à un tremblement de terre pour se retrouver inexplicablement projeté depuis 1902 dans le futur : un 1973 alternatif où les dirigeables des Grandes Puissances imposent une paix forcée à l'ensemble du monde. Mais la révolte gronde et, guidé par la mystérieuse Una Persson, Bastable va devoir interroger ses certitudes pour choisir le bon camp; un choix qui pourrait le conduire à errer sans fin à travers le multivers, à visiter mille destinées possibles d'un siècle de sang.


Le Nomade du Temps
Auteur : Michael Moorcock
Type d'ouvrage : Fantasy
Première Parution : 07 septembre 1982
Edition Française : 4 septembre 2008
Titre en vo : A Nomad of the Time Streams
Pays d’origine : Royaume-Uni
Langue d’origine : anglais
Traduction : Denise Hersant, Jacques Schmitt
Editeur : Folio SF
Nombre de pages : 720

Mon avis : Déception aurait put être le constat qui serait resté de la lecture de cette trilogie de Mickael Moorcock où cette fois ci, l’avatar du Champion Eternel est un soldat de l’Empire Britannique qui se ballade sans cesse entre divers univers alternatifs où la technologie et les sciences ont pris un autre chemin et où règnent dans le ciel de majestueux dirigeables tandis que la vapeur a remplacée l’électricité et le pétrole. Bref, et les spécialistes l’auront compris, Le Nomade du Temps est une trilogie que l’on pourrait qualifier de Steampunk, genre de SF moins connus du grand public mais qui possède ses admirateurs. Alors, si j’ai parlé de déception en préambule de cette critique, c’est que je dois avouer que j’attendais énormément de cette œuvre : étant fan de Moorcock et de ses divers ouvrages, ainsi que de Steampunk, le mélange des deux semblait s’annoncer comme explosif et, du coup, j’ai probablement mis la barre un peu trop haut, oubliant par exemple bien des défauts habituels de l’écrivain britannique comme ses récits, souvent trop courts. Car une chose est évidente après coup ; incontestablement, les trois ouvrages qui composent Le Nomade du Temps auraient mérité d’être plus approfondis tant les univers proposés méritaient que l’on s’attarde sur eux. De plus, je m’attendais également à plus de diversité entre eux, ce qui ne fut pas le cas. Mais l’explication vint vers la fin du troisième tome et il est temps de s’attarder sur chaque volume séparément, afin d’approfondir le sujet. Incontestablement, c’est avec Le Seigneur des airs que j’ai pris le plus de plaisir dans ce cycle, et le fait que celui-ci présente les divers protagonistes et en gros, la base qui formera les univers proposés par la suite y est pour beaucoup. Les premières pages sont d’ailleurs tout bonnement excellentes, lorsque Bastable (l’avatar du jour du Champion Eternel) et ses troupes tombent dans le piège d’une tribu fanatique aux confins de l’Inde, dans une citée vieille comme le temps, mais qui, malheureusement, l’on ne reverra plus par la suite. Dommage car la cité de Teku Benga avec tous les mystères qui l’entourent aurait mérité un autre traitement et les questions a son sujet que l’on se posait des le départ resteront sans réponses. C’est certes regrettable mais a ce moment là, on ne le sait pas encore et l’on poursuit la lecture avec le plus vif intérêt, surtout que Bastable se retrouve projeter dans ce qui apparaît être comme une Terre parallèle, dans le futur et le lecteur, comme le personnage principal, découvre petit a petit celui-ci, avec émerveillement et curiosité même s’il faut reconnaître que quand on connaît un tant soit peu le Steampunk, cela n’a pas grand-chose d’original. Cependant, une nuance de taille s’impose : la date de parution du roman, datant du tout début des années 70, a une époque donc où tout cela était « nouveau » et peu commun dans la littérature fantastique en général ; le temps qui passe faisant que l’ont soit un peu blasé parfois, oubliant qu’a un moment donné, tout cela était original et rare. Mais quoi qu’il en soit, il est incontestable que Le Seigneur des airs est un bon petit roman de SF, dans la lignée malgré ses différences notables, des autres productions de Moorcock et qui se lit indéniablement avec plaisir. L’intrigue est suffisamment prenante pour captiver le lecteur, même s’il faut reconnaître que celle-ci pêche légèrement par sa longueur, bien trop courte à mon gout ; les personnages sont nombreux, ce monde de 1973 est fascinant tant par la technologie Steampunk que par les implications politiques qui sont abordées par un Moorcock qui visiblement, se délecte dans sa critique de l’Utopie Britannique, mais dans les deux cas, l’auteur ne s’attarde guère, retrouvant un peu ses travers déjà entraperçus par ailleurs. Alors, au final, reste un roman sympathique, bon préambule pour la saga à venir et assez prometteur pour celle-ci. Avec Le Léviathan des terres, les choses se compliquent un peu et l’on commence, indéniablement, à se poser quelques questions. 1904, Oswald Bastable croit avoir retrouvé son monde d’origine mais il doit bien vite se rendre à l’évidence que ce n’est pas le cas. A la place, une fois de plus, une évolution divergente dans la ligne temporelle et une Terre, a la technologie fortement évoluée qui connu l’Utopie dans les dernières décennies du dix neuvième siècle avant de connaître une guerre totale entre les nations. Le préambule de départ est a priori intéressant, sans nul doute, le problème, que l’on retrouvera également dans le dernier tome de la trilogie, c’est que les points communs restent légions, ainsi, les différences technologiques, par exemple, entre le 1973 du Seigneur des airs et le 1904 du Léviathan des terres sont tenues et le lecteur n’a pas véritablement l’impression de passer forcement d’un univers a un autre, ne serais ce les histoire des deux mondes, divergentes dans les grandes lignes, mais qui n’en gardent pas moins des points communs fortement troublants. Par la suite, vers la fin du cycle, on comprendra pourquoi il en est ainsi, ou pourquoi, les mêmes personnages reviennent aussi, sans cesse, mais il est clair qu’ à la lecture du deuxième tome, le lecteur est loin de s’en douter et, du coup, toutes ces ressemblances peuvent, par certains cotés, joué quant a l’intérêt d’un roman qui, pourtant, n’en a pas moins ses qualités. Car l’intrigue de ce Léviathan des terres est particulièrement bien trouvée : la conquête du monde par un dictateur africain qui joue de la revanche des siens contre les occidentaux, ainsi que les implications politiques une nouvelle fois abordées, sont, je trouve, assez bien trouver. De même, les explications quand au pourquoi de ces conquêtes, et l’image que se donne ce fameux Attila Noir est l’une des réussites de ce livre. Alors, le lecteur saura trouver du plaisir à la lecture de ce deuxième tome du Nomade du Temps, cependant, une fois de plus, il faudra faire avec les habituels défauts de l’auteur, quelques raccourcis un peu trop faciles et quelques protagonistes un peu trop stéréotypés, auquel, s’ajoute, comme je l’ai déjà préciser, cette impression de déjà vu, une impression qui nui un peu à l’œuvre, et qui ne trouvera son explication que par la suite. Alors, au final, que penser de ce Léviathan des terres ? Roman sympathique, sans aucun doute, avec ses qualités et de bonnes idées, je n’en doute pas mais loin des meilleurs ouvrages de Moorcock, incontestablement. Ce fut donc avec une certaine perplexité que j’ai abordé la lecture du dernier tome du Nomade du TempsLe Tsar d’acier. Il est évidant que, comme je l’ai précisé dans les autres volumes, le fait d’attendre monts et merveilles de ce cycle, auquel, il faut ajouter le fait, non négligeable, que les divers mondes traversées par notre voyageur du multivers, Oswald Bastable, se ressemblent tous dans les grandes lignes, avait commencer à m’ennuyer un peu, au point que, dans les premières pages de ce troisième volume, la déception était présente, indéniablement. Pourtant, malgré le fait que ce monde de 1941, une fois de plus, ressemblait presque comme deux gouttes d’eau a ses prédécesseurs et que Bastable, pour ne pas changer, allait pour la énième fois essayer de travailler dans un dirigeable, petit à petit, alors que l’intrigue avançait, ce sentiment de déception commençait à s’atténuer, alors que les implications générales du cycle, ainsi que les explications de tous les mystères et, surtout, du pourquoi tous ces univers étaient si proches, se révélaient. Car sans rentrer dans des explications qui priveraient ceux qui n’ont pas lu ce cycle du plaisir de la découverte, en fait, bon nombre de choses, comme ses points communs agaçants, ses personnages que l’on retrouvait sans cesse, n’étaient pas une facilité de l’auteur, ni la preuve d’un ratage complet, mais au contraire, la démonstration évidant que Moorcock, en écrivant Le Nomade du Temps, avait une idée précise de ce qu’il faisait et que l’explication finale, avec ses implications sur d’autres cycles, était, malgré tout, une bonne idée. Alors bien sur, l’on pourra regretter que pour en arriver la, il faille passer par une intrigue pas forcement passionnante, puisque franchement répétitive… Mais bon, sans atteindre des sommets dans la production habituelle de l’auteur britannique, ce troisième tome n’en reste pas moins nécessaire, ne serais ce que pour la compréhension de l’ensemble du cycle, se lisant bien, même si le plaisir des débuts n’est plus aussi intense. Une fin donc qui vaut plus par ses explications que par son intrigue générale mais qui conclut néanmoins bien un cycle qui n’est pas forcement exceptionnel mais qui mérite tout de même que l’on le découvre, surtout pour les passionnés de Moorcock. Pour les autres, peut être ne sera-t-il pas nécessaire.


Points Positifs :
- Avec Le Nomade du Temps, Moorcock s’essaye au genre Steampunk avant même que celui-ci ne soit crée et, ma foi, c’est une réussite dans son genre. Certes, les trois univers proposés se ressemblent trop, mais ces derniers n’en restent pas moins plutôt réussis dans leur genres et on se plait rapidement à imaginer ces formidables dirigeables géants pilotés par des aéronautes.
- Critique de l’Empire Britannique, critique du racisme, critique du socialisme : Moorcock profite de ses trois romans pour régler quelques comptes et, ma foi, tout cela est plutôt judicieux surtout que l’auteur est bigrement doué pour faire passer ses messages.
- Oswald Bastable est un Champion Eternel pour le moins singulier mais qui se démarque un peu du lot par son originalité. Bien évidement, comme ses autres avatars, il geint énormément et se lamente sur lui-même.
- Le Seigneur des airs est très bon et nous permet de faire connaissance avec cet univers et ses personnages, quand au Léviathan des terres, il mérite le détour pour sa critique intéressante du racisme et la belle revanche du fameux Attila noir.

Points Négatifs :
- Bastable se ballade entre trois époques différentes et plusieurs univers parallèles mais ceux-ci se ressemblent beaucoup trop ce qui fait que, vers la fin, on finit par se lasser de toutes ces similitudes.
- Certes, a la fin du Tsar d’acier, on comprend pourquoi ces univers se ressemblent tant et pourquoi certains protagonistes reviennent sans cesse, cependant, il faut s’accrocher pour saisir toutes ces subtilités métaphysiques souvent peu évidentes…
- Je n’ai pas vraiment accroché à l’intrigue du Tsar d’acier et j’ai trouvé ce Staline franchement insupportable.
- Les deux premiers romans auraient mérités d’être plus longs.

Ma note : 7,5/10

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